30/04/2014
Ceci n'est plus une femme...
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Il songeait au mensonge social
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« Frantz souriait intérieurement. Il songeait au mensonge social qui sous-tend les idées d’égalité et de justice, et qu’il suffisait simplement que le réel se manifeste pour en faire sauter tous les verrous. Où était la vérité, en cette circonstance et partout, et toujours, sinon dans les rapports de forces, les pulsions brutes de la vie ? Comment être dupe de ce qui, à ce point, crevait les yeux ? Frantz, pour son malheur, était le contraire d’un naïf, et n’avait jamais pu se leurrer. Mais tous ces gens autour de lui, était-il possible qu’ils ne se rendent, eux-aussi, à l’évidence ? Qu’ils éliminent de leur pensée, afin de ne pas le reconnaître et, partant, ne pas s’en troubler, cet axiome de dissension et de violence enfoui inexpugnable au plus profond des créatures ? Loin de chercher à en ignorer les preuves aveuglantes, Frantz était porté à y voir le dévoilement brusque de ce que l’homme possède en lui d’essentiel , d’irréductible, d’inévitable : la dictée d’un instinct nécessaire poussé à l’extrême de sa nature et de ses ressources. Le sursaut d’un dieu renié, un retour à l’origine. Surtout y devinait-il la plénitude de ce qui est, la plénitude du véridique, son autorité sans partage. Ce lieu où tricher, masquer, feindre n’a plus cours. Et où, quelque chose du destin, une résonance du mythique, un vertige passent, laissant comme un sillage, un reflet de mystère et de drames sacrés, et sans doute de grandeur, jusque par-delà la vie, jusqu’au risque de mort. L’absolu qui se tient lové, serpent étincelant parmi les marbres, sous l’apport fragile des civilisations, et qui proclame, oui, l’identité de l’être en tant qu’animal divin. »
Jacques Sommer, Le meurtre
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Dieu n’est qu’Amour
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« Tout est dans le "NE QUE". Dieu est-il Tout-Puissant ? Non, Dieu n’est qu’Amour, ne venez pas me dire qu’il est Tout-Puissant. Dieu est-il, Infini ? Non, Dieu n’est qu’Amour, ne me parlez pas d’autre chose. Dieu est-il Sage ? Non. A toutes les questions que vous me poserez, je vous dirai : non et non, Dieu n’est qu’amour.
Dire que Dieu est Tout-Puissant, c’est poser comme toile de fond une puissance qui peut s’exercer par la domination, par la destruction. Il y a des êtres qui sont puissants pour détruire […]. Beaucoup de chrétiens posent la toute-puissance comme fond de tableau puis ajoutent, après coup : Dieu est Amour, Dieu nous aime. C’est faux ! La toute-puissance de Dieu est la toute puissance de l’amour, c’est l’amour qui est tout puissant !
On dit parfois : Dieu peut tout ! Non, Dieu ne peut pas tout, Dieu ne peut que ce que peut l’Amour. Car il n’est qu’Amour. Et toutes les fois que nous sortons de la sphère de l’amour nous nous trompons sur Dieu et nous sommes en train de fabriquer je ne sais quel Jupiter.
J’espère que vous saisissez la différence fondamentale qu’il y a entre un tout-puissant qui vous aimerait et un amour tout-puissant. Un amour tout-puissant, non seulement n’est pas capable de détruire quoi que ce soit mais il est capable d’aller jusqu’à la mort. J’aime un certain nombre de personnes, mais mon amour n’est pas tout-puissant, je sais très bien que je ne suis pas capable de tout donner pour ceux que j’aime, c’est-à-dire de mourir pour eux.
En Dieu, il n’y pas d’autre puissance que la puissance de l’amour et Jésus nous dit (c’est lui qui nous révèle qui est Dieu) : "Il n’y pas de plus grand amour que de mourir pour ceux qu’on aime" (Jean, 15 : 13). Il nous révèle la toute-puissance de l’amour en consentant à mourir pour nous. Lorsque Jésus a été saisi par les soldats, ligoté, garrotté au Jardin des Oliviers, il nous dit lui-même qu’il aurait pu faire appel à des légions d’anges pour l’arracher aux mains des soldats. Il s’est bien gardé de le faire car il nous aurait alors révélé un faux Dieu, il nous aurait révélé un tout-puissant au lieu de nous révéler le vrai Dieu, celui qui va jusqu’à mourir pour ceux qu’il aime. La mort du Christ nous révèle ce qu’est la toute-puissance de Dieu. Ce n’est pas une puissance d’écrasement, de domination, ce n’est pas une puissance arbitraire telle que nous dirions : qu’est ce qu’il mijote là-Haut, dans son éternité ? Non, il n’est qu’amour mais cet amour est tout-puissant.
Je réintègre les attributs de Dieu (toute-puissance, sagesse, beauté…) mais ce sont les attributs de l’amour. D’où la formule que je vous propose : "L’amour n’est pas un attribut de Dieu parmi ses autres attributs mais les attributs de Dieu sont les attributs de l’amour."
L’amour est : Tout-Puissant, Sage, Beau, Infini…
Qu’est ce qu’un amour qui est tout puissant ? C’est un amour qui va jusqu’au bout de l’amour. La toute-puissance de l’amour est la mort : aller jusqu’au bout de l’amour c’est mourir pour ceux qu’on aime. Et c’est aussi leur pardonner. S’il y en a parmi vous qui ont l’expérience si douloureuse de la brouille à l’intérieur d’une famille ou d’un cercle d’amis, vous savez à quel point il est difficile de pardonner vraiment. Il faut que l’amour soit rudement puissant pour pardonner, ce qui s’appelle réellement pardonner. Il faut de la puissance d’aimer !
Qu’est ce qu’un amour qui est infini ? C’est un amour qui n’a pas de limites. Moi, je me heurte à des limites dans mon humain, dans mes amitiés humaines. L’Infini de Dieu n’est pas un infini dans l’espace, un océan sans fond et sans rivage, c’est un amour qui n’a pas de limites ! »
François Varillon, Joie de croire, Joie de vivre
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La cloche, en argot, c’est le ciel...
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« La cloche, en argot, c’est le ciel. Sont clochards tous ceux qui n’ont que le ciel pour toit. Paris compte quelque vingt-cinq mille individus dans ce cas. On ne saura jamais, et pour cause, l’effectif exact de cette légion de pouilleux, vivant en marge d’une société dite organisée. On vient ; on s’en va ; on meurt dans le plus strict anonymat dans le monde de la guenille. Les loques sont une sorte d’uniforme qui, semblables à tous les autres uniformes, ôtent toute personnalité à qui les endosse.
Il ne faut pas croire à une prédisposition quelconque pour se retrouver, un triste soir, sans argent et sans domicile, complètement « de la zone » comme on dit. N’importe qui peut devenir clochard du jour au lendemain. Dans mon voyage au bout de la misère, j’ai connu un prêtre, un professeur, un avocat, un comptable, un notaire... Rien ne les distingue plus des haillonneux, des mal rasés qu’ils retrouvent dans les terrains vagues, sur les quais ou aux abords des asiles de nuit.
Comment sont-ils arrivés là ? Les circonstances sont parfois si inattendues qu’il serait vain de les énumérer toutes. Le jeu, la boisson, la paresse, les déboires conjugaux amènent bien souvent une nouvelle recrue à l’armée des "couche-dehors"... »
Robert Giraud, Le peuple des berges
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Qui peut faire échec au système mondial ? Certainement pas le système de l’antimondialisation, qui n’a pour objectif que de freiner la dérégulation...
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« Tout ce qui fait événement aujourd’hui, le fait contre cette universalité abstraite – y compris l’antagonisme de l’islam aux valeurs occidentales (c’est parce qu’il en est la contestation la plus véhémente qu’il est aujourd’hui l’ennemi numéro un). Qui peut faire échec au système mondial ? Certainement pas le système de l’antimondialisation, qui n’a pour objectif que de freiner la dérégulation. Ce qui peut faire échec au système, ce ne sont pas des alternatives positives, mais des singularités. Or celles-ci ne sont ni positives ni négatives. Elles ne sont pas une alternative, elles sont d’un autre ordre. Elles font échec à toute pensée unique et dominante, mais elles ne sont pas une contre-pensée unique – elles inventent leur jeu et leurs propres règles du jeu. Il ne s’agit donc pas d’un "choc de civilisations", mais d’un affrontement, presque anthropologique, entre une culture universelle indifférenciée et tout ce qui, dans quelque domaine que ce soit, garde quelque chose d’une altérité irréductible. »
Jean Baudrillard, La violence de la mondialisation in "Le Monde diplomatique, novembre 2002"
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Nous revenons toujours, après les crises, si fortes soient-elles et quelle que soit la situation nouvelle, à l’état d’équilibre pour lequel nous sommes faits
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« Ma vie reprend son cours et son équilibre, comme après un cyclone, la mer calme ses ondes. Nous revenons toujours, après les crises, si fortes soient-elles et quelle que soit la situation nouvelle, à l’état d’équilibre pour lequel nous sommes faits.
Tel restera toute sa vie gai, mélancolique, inquiet ou satisfait, selon que la nature lui aura donné un caractère correspondant à ces états, et sa fortune adverse ou favorable n’y pourra rien changer.
Mon lot est l’inquiétude. J’ignore la joie pure car, toujours, elle me semble devoir être achetée par quelque douloureuse épreuve, comme si mon destin était de souffrir.
Cette tournure d’esprit ne fait pas de moi un homme malheureux; je n’en souffre point : c’est ma manière d’être, voilà tout, hors de laquelle je ne saurais vivre.
J’ai toujours éprouvé une pitié profonde pour ceux qui s’épanouissent dans la joie présente, comme si elle devait être un état définitif. Je vois toujours le petit agneau né d’hier gambader sous l’oeil paternel du boucher... »
Henri de Montfreid, Le lépreux
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Varsovie : Etat Civil
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Et pour attendre la fin du monde, voici une musique qui s'impose d'elle-même... Le groupe Varsovie. Référence littéraire et cinématographique d'initiés. Oubliez Noir Désir.
Et cassez pas les couilles... achetez l'album... Merde !
"Tu traînes ton exactitude
A contre-courant des nuances
Que l'évidence écrit parfois
Un dernier verre
Et tu prends forme
A faire sonner les dissonances
Au moment même où dans tes veines
C'est le flou qui parle pour toi
Et si quelqu'un calque ses pas
Sur les tiens
Et que ces pas sont dans ta tête
Tu rejoins ton système solaire
Et revois l'ordre des planètes
L'instant d'après si loin d'ici
Tu te fous bien de savoir si
La route est longue
Avant de revoir la lumière
Tu réduis ton incertitude
A remonter les contresens
Que l'indulgence a planté là
D'un geste absent
Tu t'examines
A réorchestrer le silence
Au moment même où sur tes lèvres
C'est le feu qui couvre ta voix
Et si tu dois prendre le large
A l'anglaise
Et que la marge est assez nette
Tu redéfinis les frontières
Et t'exerces à la reconquête
Puis tu vacilles éperdument
Tu te fous de savoir comment
T'en foutre encore
Sans avoir à quitter la terre
Là tu te passes de commentaires
Sois tu prends feu
Sois tu prends fin
Tu connais l'art et la manière
Ça a l'air de rien"
05:00 Publié dans Music... | Lien permanent | Commentaires (0) |
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