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05/05/2014

Je participai à la tra­gédie de tout être

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« Selon ma définition de la tragédie, le pathos  tragique naît lorsqu'une sen­sibilité parfaitement moyenne assume pour un temps une noblesse privilégiée qui tient les autres à distance, et non pas quand un type particulier de sensibilité émet des prétentions particulières (...). Pour que, parfois, un individu touche au divin, il faut dans des conditions normales, qu'il ne soit lui-même ni divin ni rien qui en approche. C'est seulement lorsque, à mon tour, je vis le ciel bleu, étrange et divin, uniquement perçu par ce type d'individu, qu'enfin j'eus confiance en l'universalité de ma propre sensibilité, que je pus étancher ma soif et que fut dissipée ma foi aveugle et maladive dans les mots. À cet instant, je participai à la tra­gédie de tout être. »

Yukio Mishima, Le Soleil et l’acier

 

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Plonger un couteau au plus profond de la pomme afin de la fendre en deux

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« Assurément, pour le cœur, la seule façon d’être certain de l’existence, c’est d’exister et de voir à la fois. Il n’est qu’une méthode pour résoudre cette contradiction. C’est de plonger un couteau au plus profond de la pomme afin de la fendre en deux, exposant ainsi le cœur à la lumière, c’est-à-dire à la même lumière que la peau superficielle. »

« C’est à ce moment précis que le couteau vient trancher la chair de la pomme - ou plutôt, le corps. Le sang s’écoule, l’existence est détruite et les sens anéantis accréditent pour la première fois l’existence conçue comme un tout, comblant l’espace logique entre voir et exister... C’est cela, la mort. »

Yukio Mishima, Le Soleil et l’acier

 

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Devenait possible la mort en beauté

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« ... à mesure que le soleil et l’acier m’enseignaient progressivement le secret de la poursuite des mots avec le corps (et non pas seulement la poursuite du corps avec les mots), les deux pôles qui étaient en moi commencèrent à maintenir un équilibre [...]. Enfermer dans le moi une double polarité et admettre heurt et contradiction, ce fut ainsi que je mêlai "art et action". »

« Pour moi, l’idée du temps recouvrable signifiait que devenait possible la mort en beauté qui, naguère, m’avait échappée. Qui plus est, au cours des dix années passées, j’avais appris la force, j’avais appris la souffrance, le combat et la conquête de soi ; j’avais appris le courage de les accepter tous dans la joie. »

Yukio Mishima, Le Soleil et l’acier

 

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Une étape ou le symptôme d’une crise

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« Mais la Machinerie est-elle une étape ou le symptôme d’une crise, d’une rupture d’équilibre, d’une défaillance des hautes facultés désintéressées de l’homme, au bénéfice de ses appétits ? Voilà une question que personne n’aime encore à se poser. »

« Ceux qui voient dans la civilisation des Machines une étape normale de l’Humanité en marche vers son inéluctable destin devraient tout de même réfléchir au caractère suspect d’une civilisation qui semble bien n’avoir été sérieusement prévue ni désirée, qui s’est développée avec une rapidité si effrayante qu’elle fait moins penser à la croissance d’un être vivant qu’à l’évolution d’un cancer. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

 

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Machine...

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« La seule Machine qui n’intéresse pas la Machine, c’est la Machine à dégoûter l’homme des Machines, c’est-à-dire d’une vie tout entière orientée par la notion de rendement, d’efficience et finalement de profit. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

 

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