05/06/2014
Dans le miroir
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« Vous êtes-vous regardé dans le miroir lorsque entre vous et la mort plus rien ne s’interpose ? Avez-vous interrogé vos yeux ? Avez-vous compris alors que vous ne pouvez pas mourir ? Les pupilles dilatées par la terreur vaincue sont plus impassibles que des pyramides. Une certitude alors de leur immobilité, une certitude étrange et tonique dans son mystère lapidaire : tu ne peux pas mourir. C’est le silence des yeux, c’est notre regard se rencontrant avec lui-même, calme égyptien du rêve devant la terreur de la mort. Chaque fois que cette terreur vous saisit, regardez-vous dans le miroir, interrogez vos yeux et vous comprendrez pourquoi vous ne pourrez pas mourir, pourquoi vous ne mourrez jamais. Vos yeux savent tout. Car nos yeux imbus de néant nous assurent que rien ne peut plus nous arriver. »
Emil Cioran, Des larmes et des saints
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Une apothéose de l’éphémère
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« Ce qu’il y a de plus sain et de plus pur dans la vie n’est qu’une apothéose de l’éphémère. »
« Il se pourrait que la mélancolie fût réfractaire à l’absolu. »
« Avoir toujours aimé les larmes, l’innocence et le nihilisme. Les êtres qui savent tout et ceux qui ne savent rien. Les ratés et les enfants. »
Emil Cioran, Des larmes et des saints
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L’obsession de l’absolu
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« Un jour le monde, cette vieille baraque, finira bien par s’effondrer. De quelle manière, nul ne le sait et cela n’a d’ailleurs aucune importance. Car du moment où, tout manquant de substance, et la vie n’étant qu’une pirouette dans le vide, ni le commencement ni la fin ne prouvent rien. »
« Tous les déclins sont là pour me soutenir. »
« Il y a dans l’obsession de l’absolu un goût d’autodestruction. »
Emil Cioran, Des larmes et des saints
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Le pressentiment des limites du bonheur
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« "Je vis de ce dont les autres meurent" (Michel-Ange). Il n’y a rien d’autre à ajouter sur la solitude... »
« Tout souvenir est un symptôme maladif. La vie comme état pur, comme phénomène non altéré, est actualité absolue. La mémoire est négation de l’instinct et son hypertrophie une maladie incurable. »
« Les enfants, tout comme les amants, ont le pressentiment des limites du bonheur. »
Emil Cioran, Des larmes et des saints
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Personne ne lit pour apprendre mais pour oublier
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« Lire jour et nuit, avaler des tomes, ces somnifères, car personne ne lit pour apprendre mais pour oublier, remonter jusqu’à la source du cafard en épuisant le devenir et ses marottes ! »
« Je n’ai jamais rencontré personne, je n’ai fait que trébucher sur des ombres simiesques. »
« Il y a dans la vie comme l’hystérie d’une fin de printemps. »
Emil Cioran, Des larmes et des saints
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