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04/06/2014

Impossibilité pour l’homme de désespérer complètement...

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« Je peux dire et je dirai tout à l’heure que ce qui compte est d’être humain, simple. Non, ce qui compte est d’être vrai et alors tout s’y inscrit, l’humanité et la simplicité. Et quand suis-je plus vrai et plus transparent que lorsque je suis le monde ? »

« Impossibilité pour l’homme de désespérer complètement. Conclusion : toute littérature de désespoir ne figure qu’un cas limite et pas le plus significatif. Ce qui est remarquable dans l’homme ce n’est pas qu’il désespère, c’est qu’il surmonte ou oublie le désespoir. »

« Elle dit, et puis se contredit ou reconnaît sans discuter qu’elle a tort. Tout cela parce qu’elle estime que c’est sans importance. Elle ne pense pas réellement à ce qu’elle dit, préoccupée qu’elle est d’une autre blessure, infiniment plus grave, qu’elle traînera avec elle, inconnue, jusqu’à la mort. »

Albert Camus, Carnets

 

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J’ai souffert d’être seul, mais pour avoir gardé mon secret, j’ai vaincu la souffrance d’être seul

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« Chaque fois que l’on (que je) cède à ses vanités, chaque fois que l’on pense et vit pour "paraître", on trahit. À chaque fois, c’est toujours le grand malheur de vouloir paraître qui m’a diminué en face du vrai. Il n’est pas nécessaire de se livrer aux autres, mais seulement à ceux qu’on aime. Car alors ce n’est plus se livrer pour paraître mais seulement pour donner. »

« Il y a beaucoup plus de force dans un homme qui ne paraît que lorsqu’il le faut. Aller jusqu’au bout, c’est savoir garder son secret. J’ai souffert d’être seul, mais pour avoir gardé mon secret, j’ai vaincu la souffrance d’être seul. Et aujourd’hui, je ne connais pas de plus grande gloire que de vivre seul et ignoré. »

« D’avoir rejeté cette vie, de m’être fermé tout ce qu’on appelle “l’avenir”, de rester encore dans l’incertitude et la pauvreté, je ne saurais pas dire aujourd’hui si ce fut force ou faiblesse. Mais je sais du moins que, si conflit il y a, c’est pour quelque chose qui en valait la peine. À moins qu’à bien voir… Non. Ce qui m’a fait fuir, c’était sans doute moins de me sentir installé que de me sentir installé dans quelque chose de laid. »

Albert Camus, Carnets

 

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La triomphante civilisation "humaine" des modernes

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« Le monde traditionnel connut la Royauté divine. Il connut l'acte de passage - l'Initiation ; les deux grandes voies du rapprochement - l'Action héroïque et la Contemplation ; la méditation - le Rite et la Fidélité ; le grand soutien : la Loi Traditionnelle, la Caste ; le symbole terrestre : l'Empire.

Tels sont les fondements de la hiérarchie et de la civilisation traditionnelles, intégralement détruites par la triomphante civilisation "humaine" des modernes. »

Julius Evola, Révolte contre le monde moderne

 

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Chier défini­tive­ment cette généra­tion, cette cul­ture et ces quar­terons de chiens, débiles dis­tin­gués et déguisés qui occu­pent l’avenir

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« Économie, Reli­gion, Sno­bisme, Anti-Sémitisme bon enfant, Faux Clas­si­cisme, Réac­tion­nar­iat sub­limod­ernisé, Rétro-Chic, Photo, Vidéo, Pro­preté, Arriv­isme, Sport, Froideur, Ennui, Fadeur, Égoïsme, Col­lec­tion, Sym­pa­thie, Sol­i­dar­ité, Gaspillage... Des broutilles, je vous dis ! On n’a encore rien vu ! Lente­ment, douce­ment, les esprits se lais­sent glisser vers une gris­erie du mod­ernisme, un Pro­grès "in Progress" extrême­ment sournois. Il est temps aujourd’hui, où se sont déclarés tous les nou­veaux pon­cifs, de chier défini­tive­ment cette généra­tion, cette cul­ture et ces quar­terons de chiens, débiles dis­tin­gués et déguisés qui occu­pent l’avenir. D’un utopisme ridicule, poli­tique, athée, sympa, porno, plébéien, sale, brouil­lon, écol­o­giste dont les derniers bas­tions sont occupés par les effrayants punks de la dernière heure, les espérat­ifs déglin­gués, les patients du Grand Soir qui ne font plus peur à per­sonne et qui ont au moins le béné­fice de la voy­ou­cratie, révoltés timides et expan­sifs qui se croient nihilistes – de cet idéal­isme donc que, pour ma part, j’exècre, mais que je ne con­damne pas, nous sommes passés à un Arriv­isme inqual­i­fi­able­ment salaud, économique, biblique, dur, sans aucune sen­su­al­ité, bour­geois, pro­pre, arro­gant, tech­nique, encore plus inad­mis­si­ble. Il n’y a rien de pire que ces nou­veaux métiers grâce aux­quels vivent les plus grandes cra­pules de la "Démoc­ra­tie". Ils sont fiers tous ces magouilleurs, ces débrouil­lards, ces enculeurs par-devant !

[...]

Soyons pré­cis! Mon­tons une liste de toutes ces pro­fes­sions où il ne peut pas y avoir UNE SEULE per­sonne val­able, et dont le développe­ment et la séduc­tion entraîneront sans plus tarder l’extinction bien méritée de tout intérêt pos­si­ble pour la race humaine. Ô Fonc­tions inadmissi­bles dont les carnes fer­ont tous les irrem­boursables frais !... Pro­mo­teurs immo­biliers ! Agents de pub­lic­ité ! Agents de Change ! Pub­lic Rela­tions ! Graphistes ! Cadres en tout genre ! Con­seillers Artis­tiques ! Cri­tiques d’Art ! Infor­mati­ciens ! Archi­tectes ! Produc­teurs ! Sta­tis­ti­ciens ! Jour­nal­istes ! Design­ers ! Psy­ch­an­a­lystes ! Assis­tantes sociales ! Dessi­na­teurs de Ban­des Dess­inées ! Chanteurs de Var­iétés ! Speak­ers ! Secré­taires d’État ! Spon­sors ! Restau­ra­teurs ! Ban­quiers ! Exam­i­na­teurs ! Multi-Médiaistes ! Proctériens ! Allez ! Tous au Vél’d’hiv ! Et que ça saute ! — Mais il en faut, mon­sieur ! Juste­ment non, il n’en faut pas. Quand je pense que la plu­part des génies de tous les temps se sont lais­sés traiter d’"inutiles", alors qu’on laisse croire de nos jours à l’efficacité, l’indispensable présence de toutes ces raclures infâmes !... C’est le comble ! Ah ! quel régal ce serait de tous les envoyer braire dans des gazons de dégueulis, qu’on les hum­i­lie à leur tour, pour qu’ils voient ce que c’est que d’être de l’autre côté de l’anus ! Que de poubelles à créer, je vous assure ! Rien que dans le Show-Business, l’Informatique ou la Pub­lic­ité ! Des charniers à organ­iser ! De quoi occu­per tous nos petits Eich­manns punkies ! Voca­tions comblées pour les zonards sadiques ! A l’œuvre, fri­mousses ! »

Marc-Édouard Nabe, Au régal des ver­mines

 

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Notre rayon lumineux fouille la nuit

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« Nous avons le devoir d'être dur. Nous ne devons rien cacher de la vérité, jamais. Nous sommes des phares. Notre rayon lumineux fouille la nuit, impassible. S'il éclaire soudain le chaos tumultueux et grandiose de la mer dont la beauté bouleverse l'homme, tant mieux ! Mais s'il se braque sur une charogne pourrissante dans une crevasse de roches, tant pis ! Il est le phare, il éclaire : c'est tout. »

Jean Anouilh, Colombe

 

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