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24/12/2017

Une loi étroite et sourcilleuse

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Ce qu'il faut faire et ne pas faire : ainsi se résumait la conscience morale de beaucoup, et tout débat intérieur, toute vie intérieure quelquefois, se développaient entre ces deux pôles. Ce qu'il fallait faire et ne pas faire était régi par une loi étroite et sourcilleuse, qui tendait surtout à réprimer tout excès. Or si le conflit moral ainsi conçu est un aspect essentiel du conflit intérieur, le conflit intérieur le déborde largement.
"Si je me défie de la morale, dit Thibon, ce n'est pas parce que les hommes la pratiquent (elle est nécessaire à son niveau) ; c'est parce qu'ils s'en contentent : parce qu'ils s'en servent comme d'un paravent derrière lequel ils cultivent ce qu'il y a de plus immoral en eux — leur misérable satisfaction d'eux-mêmes et leur rage de juger les autres." Cette "morale des impurs" à qui "le mal fait envie" s'oppose à la "morale des purs" à qui "le mal fait pitié". Les uns regrettent le bien qu'ils font sous la contrainte, et même le mal qu'ils ne font pas ; les autres souffrent de ne pas faire assez de bien.
"Les premiers s'abstiennent du mal par impuissance ou lâcheté, ou sous la pression d'impératifs sociaux extérieurs à leur nature, et les seconds parce que l'appel d'un bien supérieur emplit leur âme. Ces deux morales, souligne Thibon, ne se rejoindront jamais et ceux qui obéissent à la première méconnaîtront et persécuteront jusqu'à la fin des siècles ceux qui vivent de la seconde."
Sa critique de la morale ne s'adresse donc pas à la morale elle-même mais à la morale impure qui doit être dépassée et remplacée. Non par l'immoralisme ou l'amoralisme, mais par la morale des purs dans laquelle s'inscrit le véritable conflit moral. Ici, "l'homme moral n'obéit pas à une consigne exotérique, il réalise, il épanouit sa nature", écrit Thibon.

[...]

Le véritable conflit moral développe la vertu positive de telle sorte qu'à la limite la vertu négative perd toute raison d'être. Il remplace l'inhibition par l'élan. Aime et fais ce que tu veux puisqu'en vérité si tu aimes, tu ne fais rien contre ton amour, tu ne fais rien que ton amour "plus vivant en toi que toi-même" ne veuille faire lui-même. Et si tu fais ce que tu ne veux pas, ce que ton amour ne veut pas, que ta souffrance téloigne alors de ton amour ! »

Christian Chabanis, Gustave Thibon

 

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