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02/06/2008

Rien II

=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires"=--=

Peu, si peu. Si peu de forces. Si peu d’argent. Si peu de rêves. On croit faire sa vie mais c’est la Vie qui nous fait. Parfois mangeant je m’aperçois que c’est la nourriture qui me mange. Vaste sphère, le monde est devant moi. C’est ce qu’on croit. Mais c’est moi qui suis en le monde. La lumière vient se casser contre les murs. Naufrage. Que m’offre donc la vie ? Je ne sais. C’est, en vérité, à moi de lui faire des offres. Le ciel pèse sur tout, sur les arbres, sur les hommes, sur les chiens. Comment parvenir à faire basculer le jour en ma faveur ? D’y songer en cette aube de désastres, me donne la fièvre. Quand je perds pieds dans mes instants de désordres intenses, je m’aménage ma solitude en faisant grincer ma mémoire. La continuité cohérente des reliefs continentaux se trouve brisée lorsque on est face à l’océan. Et ma mémoire est un océan. À s’y noyer.

15:00 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (12) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Vous avez pas baisé depuis 6 mois ou quoi?

Un tel nihilisme, c'est pas acceptable bordel.

Écrit par : Spendius | 02/06/2008

Je trouve cela plutôt sain moi... Je ne vois pas le Nihilisme ici. Pas de théorisation... Juste une honnêteté de l'esprit et de la chair.

Écrit par : orpheus64 | 02/06/2008

Que vous dire qui ne soit pas à côté de la plaque?
Amitiés, c'est tout. vous savez bien ce que je ressens. Et Irina aussi.
Spendius ne dit pas autre chose à sa manière. Bon, cete fois c'est bien tout. Mais bordel comme dit le camarade, on ne peut passer devant ce moment de dévastation (car tu le sais, c'est un moment qui passera. C'est comme les cauchemars qui finissent toujours au réveil) sans sifflotter sa musiquette "roborative". On tente le coup. On dit qu'on est là. Et il y en aura d'autres.

Écrit par : Restif | 02/06/2008

"Quelle fierté ! Comme si cette liquidation représentait pour moi un terme depuis longtemps souhaité : enfin seul, tout seul, sans personne et rien sauf moi, seul dans les ténèbres absolues... j'étais donc parvenu à mon extrême, j'avais atteint les ténèbres. Amer le terme, amer le goût de la victoire, amer le but ! Mais c'était fier, vertigineux, marqué par la maturité impitoyable de l'esprit, enfin autonome. Et c'était aussi épouvantable et, privé de tout appui, je me sentais en moi comme aux mains d'un monstre capable de tout faire, de tout faire, de tout faire avec moi ! La sécheresse de la fierté. Le gel de la pointe. La sévérité et le vide. Et alors ? Et alors ?"

Witold Gombrowicz (La Pornographie)

Écrit par : orpheus64 | 02/06/2008

Quand même, si Mr Nebo n'a pas pris la peine de répondre à ma question, c'est que j'ai pas visé loin :D

Écrit par : Spendius | 02/06/2008

Expérience des gouffres chers amis... rien de grave... comme un trou d'air lors d'un vol long courrier...

Spendius... mes couilles vont très bien, merci... s'il est bien une chose qui ne me posera jamais de problèmes c'est bien celle de la chair...

Écrit par : Nebo | 02/06/2008

En tous cas, si ça veut encore dire quelque chose pour toi en ce moment, les 3 derniers textes sont superbes. Particulièrement les 2"Rien", mais "Etuve" aussi est possédé de lyrisme, un lyrisme etrangement lucide, controlé. Ce qui est épine pour la vie fait saigner une très belle encre.

Écrit par : Restif | 03/06/2008

Vous pourriez peut-être tenté de faire de publier vos petits poèmes en prose?

Écrit par : Spendius | 03/06/2008

Merci pour tes mots, Restif...

Belle citation de Gombrowicz, Orpheus64...

Spendius... à l'heure où tout le monde publie... publier est le cadet de mes soucis... je parviens à trouver ma joie (car il y en a de la Joie dans ma Vie... malgré quelques tourments) ailleurs...

Écrit par : Nebo | 03/06/2008

Bonsoir Nebo,
Merci pour vos derniers textes en effet très beaux. Votre position concernant la publication est admirable vraiment.

Et cependant, dans ma naïveté je trouve cela dommage car je ne peux m'empêcher de penser qu'il faut racheter la laideur, compenser, maintenir le fragile (dés)équilibre...

Vision bien candide sans doute...

A bientôt
Tanguy

PS: Bonsoir ami Restif, un missile amical devrait t'être parvenu...
(quand j'écris Restif aussitôt c'est le "vous" qui me vient, étrange)

Amitié.

Écrit par : Tang | 03/06/2008

Peut-être qu'un jour, Tang, je tenterai de publier quelque chose, même tiré à 200 exemplaires à compte d'auteur... mais dans la confidentialité la plus grande. J'écris, curieusement, sans me sentir l'âme d'un écrivain...

Écrit par : Nebo | 03/06/2008

Un écrivain sans vanité? Cela s'appelle un Saint! Méfiez-vous Nebo! ;)

Écrit par : Tang | 04/06/2008

Les commentaires sont fermés.