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19/10/2008

Élégance

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Désabusé, je ne trouve refuge que dans un scepticisme tantôt élégant, tantôt vociférateur.

 

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Apparences

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Les destins se croisent, s’enrichissent et se défont. Je crains que tout ce que j’écris ne soit au final rien d’autre que l’énumération malheureuse et sans intérêt, comme un ridicule catalogue existentiel, des étapes de ce parcours difficile à assumer qui est le mien. Mais j’imagine qu’elles sont rares les personnes qui parviennent à se saisir des cornes du destin comme des cornes du taureau pour le mener dans l’arène, sous les hourras comme sous les hululements de désapprobation. Si je dois mourir à l’instant, aurai-je été un bon mari, un père aimant, un fils digne, un ami fidèle, un tendre amant, un camarade joyeux ? Mais, moi, si petit, un rien, une possibilité à peine, ne suis pas Job comme je l’indiquais hier par les méandres de mes tâtonnements. Je tiens tête au monde, je tiens tête à Dieu et mon monologue indique que je perds contre le monde et quant à Dieu, il reste muet face à mes pitoyables griefs et mes néfastes reproches.

« Le temps est le vainqueur des apparences, et combien cruel ! Que de grandeurs n’a-t-il pas réduites à néant ! »

Julian Stryjkowski, Le Salut était à l'Est

 

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17/10/2008

Hors les murs

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Depuis tout petit et autant que je me souvienne, j’ai toujours été une graine de rebelle. Volonté de me dégager d’une autorité qui m’apparaissait comme exagérée. Absence d’air. Désir vif de déployer mes ailes. Tension foudroyante en moi. Tension entre moi et moi-même. « Je est un autre ». Tension entre moi et le monde, cet ici-bas qui voulait m’organiser, me modeler, me soumettre. En approuvant cette tension je me suis refusé l’adhésion au troupeau, à la subversion mièvre et stérile.

« Le recours aux forêts peut s’opérer à toute heure, en tout lieu et même contre une supériorité numérique écrasante. Dans ce dernier cas, ce sera la seule résistance que l’on puisse concevoir. » Ernst Jünger, Traité du rebelle ou Le recours aux forêts

Mais à présent, plus que jamais, rejet de toute ma force des hordes de rebelles officiels, tous issus du grand moule, fabriqués à la chaine. Le Rebelle authentique est un homme seul, faisant face à tous. Individualiste par excellence il se querelle avec Dieu en personne, c’est un combat qui peut conduire au gouffre nihiliste comme vers une théologie apophatique. Il ose tutoyer le créateur, non du tutoiement de la douceur amoureuse, mais du tutoiement qui exige des comptes. Ce tutoiement peut faire advenir un éblouissement. Celui de Job, centre d’une controverse universelle, devant le tribunal des anges saints et des anges maléfiques, comme si d’une certaine façon Job prenait sur lui les souffrances et les malheurs du monde pour servir de justification aux uns et aux autres, mais juste parmi les justes il en vient à exiger des explications au « pourquoi » qu’il obtient comme une violente illumination.

 

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16/10/2008

Corne d'Abondance...

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 Royauté de l’amour. Impossibilité de dire la trame profonde de cette miraculeuse occurrence. Le monde contribue à l’amoindrir dans le temps par le goût du déclin qu’il lui infuse, le chargeant de mille préoccupations qui ne sont pas de son Royaume. La peur s’installe. Le doute. Lente pourriture. Gangrène. On ne sait plus regarder l’Autre, beau reflet pourtant tangible. Le démon s’y installe et agite ses crécelles. L’éloignement s’établit. La chair devient tiède, puis se refroidit. Un cirque en plein milieu des marécages. Mais l’amour pourrait être fou et sans douleur. Une adoration sublime. Tout au bord du précipice se tient la citadelle imprenable où s’élabore le jeu des amants mutins. Délice de cette retraite, vase clos ouvert — de l’intérieur — vers l’infini que refuse le monde. Abondance y est maîtresse. Délices et compréhension. Profusion souveraine de l’intelligence mobile. Hauteur des mots. Souffles haletants.

« CORNE D’ABONDANCE

Ô BELLE corne, d’où
penchée vers notre attente ?
Qui n’êtes qu’une pente
en calice, déversez-vous !

Des fleurs, des fleurs, des fleurs,
qui, en tombant font un lit
aux bondissantes rondeurs
de tant de fruits accomplis !

Et tout cela sans fin
nous attaque et s’élance,
pour punir l’insuffisance
de notre cœur déjà plein.

Ô corne trop vaste, quel
miracle par vous se donne !
Ô cor de chasse, qui sonne
des choses, au souffle du ciel ! »

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète

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15/10/2008

Moraline évacuée

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« À la fin du IVe siècle de notre ère, une patricienne romaine écrivait patiemment son journal sur des tablettes de buis odorantes. Dans la liste des "signes du bonheur" elle fit figurer ceci : "la compagnie d’un homme qui aime le plaisir, c’est-à-dire la politesse du plaisir. " »

Pascal Quignard, Les Tablettes de buis d’Apronenia Avitia

Je crains la raréfaction de ce type d’êtres, aptes à aimer avec distinction, sans exigence autre que la politesse du plaisir, l’échange gratuit sans attache mais qui en aucun cas ne transforme l’autre en objet malléable et soumis. Une sexualité heureuse où les jeux de pouvoir ne sont que jeux enfantins, rieurs et délicats. Pathos tenu à l’écart et douce reconnaissance. Moraline évacuée, tabous maîtrisés donc pudeur authentique. Corps comme de bons vins dans la lumière du jour. Regards qui transpercent les malentendus. Plaisir qui fait, démultiplie les forces, agrandit les âmes, au point d’avoir le sentiment de remplir de soi la vie entière, et de s’emplir soi-même d’un vif jaillissement possible, toujours recommencé. Caresses reconnaissantes. Tout le contraire du consumérisme sexuel et social. Êtres rares, disais-je ? oui. De ce fait je consomme peu. Pas de temps à perdre. Pas de faux plans à tirer sur la comète. Viennent les aigris, les donneurs de leçons, qui agitent le blasphème dans mes propos afin de donner de la consistance à leur propre auto-persuasion. Comment puis-je, par exemple, être en quête spirituelle, me questionner avec une telle constance sur le souffle puissant de la Bible, tout en relisant Nietzsche et en baisant partout où les effluves de l’Eden semblent m’investir. Pas par goût du blasphème, je vous rassure. Je n’aime que la paix. Je n’aime que la joie. Je n’aime que l’amour. Par goût de la contradiction ? Probablement. Sollers, citant Louis-Ferdinand Céline qui écrivait à Henry Miller à propos de son Tropique du Cancer : « Sachez avoir tort. Le monde est plein de gens qui ont raison, c’est pour cela qu’il écoeure. » Puis Walt Whitman : « Je me contredis ? Eh bien, je me contredis. »

Mes lectures m'apportent beaucoup de joie...

 

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14/10/2008

Douce Folie - V

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Source

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« Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d’eux… » René Char

En particulier comme ce jour où j’ai abattu sans le moindre effort une dizaine de pages, ces jours où ça déborde et où chaque phrase devient une purification, un délestage, une plus juste compréhension. La feuille devient un miroir où le reflet de ma prière, de ma méditation, évaluent des ellipses, formulent des vibrations, tracent des chemins de traverses où l’être enraciné attend le jaillissement propice. On va, ensuite, dormir serein, de ce sommeil de plomb qui emporte tout sur son passage vers la douce quiétude. On coule à pic sans phénomène de pression.

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Mourir lentement sous son regard...

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« Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard. »

Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris

 

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13/10/2008

Le Vide, Démoniaque, souvent menace

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Le vide souvent menace. Là même où je désire la plénitude. Comment mener cette bataille ? Je suis plus grand que mes fautes. Mes échecs présents si lourds, mais ils sont insignifiants face au possible qui me clame. Accueillir, accomplir et prodiguer. Comme le Père qui accueille la fumée du sacrifice, le Fils qui accomplit la loi dans son écrin, l’Esprit qui prodigue en retour ce que le Père a reçu. Être, là, procède de ces actes, accueillir, accomplir, prodiguer, qui se répercutent en noms, dans la gratuité. Comme le Père qui reçoit les louanges de la création, le Fils qui, Verbe, élabore et Fait, l’Esprit qui donne en notre creuset pour que nous fassions comme le Fils, ayant reçu comme le Père et offrant, à notre tour, comme l’Esprit. Inspiration. Expiration. Respiration. Création. Et le démon ? Il prend, défait et garde. En séduisant.

« C’est le diable qui tient les fils qui nous remuent !
aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent. »

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

 

"Ni ange ni bête…

Nul autre n’a connu que l’homme est la plus excellente créature. Les uns, qui ont bien connu la réalité de son excellence, ont pris pour lâcheté et pour ingratitude les sentiments bas que les hommes ont naturellement d’eux-mêmes ; et les autres, qui ont bien connu combien cette bassesse est effective, ont traité d’une superbe ridicule ces sentiments de grandeur, qui sont aussi naturels à l’homme.
Levez vos yeux vers Dieu, disent les uns ; voyez celui auquel vous ressemblez, et qui vous a fait pour l’adorer. Vous pouvez vous rendre semblable à lui ; la sagesse vous y égalera, si vous voulez le suivre. «  Haussez la tête, hommes libres », dit Épictète. Et les autres lui disent : Baissez vos yeux vers la terre, chétif ver que vous êtes, et regardez les bêtes dont vous êtes le compagnon.
Que deviendra donc l’homme ? Sera-t-il égal à Dieu ou aux bêtes ? Quelle effroyable distance ! Que serons-nous donc ? Qui ne voit par tout cela que l’homme est égaré, qu’il est tombé de sa place, qu’il la cherche avec inquiétude, qu’il ne la peut plus retrouver ? Et qui l’y adressera donc ? Les plus grands hommes ne l’ont pu.

L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.

Cette duplicité de l’homme est si visible, qu’il y en a qui ont pensé que nous avions deux âmes. Un sujet simple leur paraissait incapable de telles et si soudaines variétés d’une présomption démesurée à un horrible abattement de cœur.

S’il se vante, je l’abaisse,
S’il s’abaisse, je le vante ;
Et le contredis toujours,
Jusqu’à ce qu’il comprenne
Qu’il est un monstre incompréhensible.

Il est dangereux de trop faire voir à l’homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore dangereux de lui trop faire voir sa grandeur sans sa bassesse. Il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l’un et l’autre. Mais il est très avantageux de lui représenter l’un et l’autre.
Il ne faut pas que l’homme croie qu’il est égal aux bêtes, ni aux anges, ni qu’il ignore l’un et l’autre, mais qu’il sache l’un et l’autre.

Je ne souffrirai point qu’il repose en l’un, ni en l’autre, afin qu’étant sans assiette et sans repos…

L’homme ne sait à quel rang se mettre. Il est visiblement égaré, et tombé de son vrai lieu sans le pouvoir retrouver. Il le cherche partout avec inquiétude et sans succès dans les ténèbres impénétrables.

Je blâme également, et ceux qui prennent parti de louer l’homme, et ceux qui le prennent de le blâmer, et ceux qui le prennent de se divertir ; et je ne puis approuver que ceux qui cherchent en gémissant."

Pascal, Les Pensées

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