18/12/2008
Pas de Père Noël en terre d'Islam
=--=Publié dans la Catégorie "Serbie... Ô ma Serbie..."=--=
Ceux qui doutent encore qu'Alija Izetbegovic fut une nauséabonde crapule peuvent lire l'article qui suit, écrit par un écrivain et scénariste résidant à Sarajevo et qui, à la lecture de son prénom (Emir) ne semble pas être serbe, n'est-ce pas, ce qui enlèvera les accusations malvenues dont, par ailleurs, je n'ai que faire.
Je l'ai trouvé dans l'édition de ce jour de Direct Matin Plus. Mais l'article est paru, à l'origine, dans le journal croate de Zagreb, Jutarnji List, pour ceux qui savent lire le serbo-croate... pardon... le croate on dit maintenant... enfin bon... une des langues qu'on jacte là-bas, dans les Balkans. D'ailleurs j'achète la presse bosniaque et la presse croate, à l'occasion, dans les gares, et moi qui suis serbe, je comprends tout. Mais ce n'est pas la même langue on vous dit. Passons.
J'aimerais bien savoir ce que sa Sainteté BHL en pense, lui qui a réalisé un beau film de propagande à sens unique, Bosna, et défendu bec et ongles la Bosnie multi-ethnique et l'islam tolérant d'Alija Izetbegovic.
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À Sarajevo, le Père Noël n’est plus le bienvenu
En 1996, après le réveillon de la première année de paix [les accords de Dayton ont mis fin à la guerre en 1995], Alija Izetbegovic, premier président [musulman] de la Bosnie-Herzégovine, avait envoyé une missive à la télévision nationale, indigné par des images de festivités sur lesquelles « un petit nombre d’individus insolents et sans coeur osaient se tordre de rire comme si rien ne s’était passé, alors que les tombes étaient encore fraîches et les blessures ouvertes ».
Dans la foulée, Izetbegovic avait demandé – c’est-à-dire ordonné – à la télévision d’arrêter de montrer au public le Djed Mraz [littéralement « le Père Gel », la version communiste du Père Noël, qui apportait des cadeaux la nuit du 31 décembre] et autres personnages symboliques d’origine « étrangère ». Le sympathique vieillard à barbe blanche ne devrait désormais pas sortir de l’intimité des foyers. Aujourd’hui, fin 2008, le Djed Mraz de la Yougoslavie de Tito est pratiquement absent de l’espace public, notamment grâce à l’obstination de gens comme Azija Mahmutovic, directrice de l’institution officielle "Les enfants de Sarajevo (Djeca Sarajeva)", reconnue d’intérêt public par l’Etat. Malgré les critiques et la résistance de certains médias, elle a réussi à imposer l’enseignement de la religion musulmane jusque dans les maternelles municipales – des établissements qui appartiennent à tous les citoyens bosniaques, et pas seulement à ceux de confession musulmane, car financés par nos impôts. Ainsi, dans les maternelles de la capitale laïque d’un Etat laïc, Mme Mahmutovic a obtenu que l’on enseigne aux enfants une religion unique! Il est plus facile d’être naïf que réaliste dans cette affaire. Or, il faut admettre que l’introduction de l’enseignement de la religion musulmane dans les maternelles n’est pas que le caprice de Mme Mahmutovic, mais relève de la stratégie de recomposition d’une partie de la Bosnie-Herzégovine, loin de l’idée d’un Etat commun et multiethnique où tous les citoyens sont égaux. L’affaire des maternelles n’est certes pas la preuve de la réislamisation totale d’un tiers du pays. Mais c’est le premier pas dans la réalisation du principe cujus regio, ejus religio [telle la religion du prince, telle celle du pays]. Les enfants n’en sont que les victimes collatérales. Dans ses interviews, Azija Mahmutovic rappelle avec moult précautions oratoires que le Djed Mraz reste quelqu’un d’étranger à la tradition musulmane – ce qui ne l’empêche pas de dire qu’elle trouve sympathiques les saint Nicolas et Père Noël catholiques [seuls 8 % des habitants de Sarajevo sont catholiques]. Mais ici personne n’est dupe: en Bosnie-Herzégovine, c’est bien des Djed Mraz à la barbe blanche vêtus de costumes rouges qui sillonnent les rues, au grand bonheur des enfants et de leurs parents. Pendant des décennies, l’année s’est terminée par la visite du Djed Mraz dans les écoles maternelles, mais aussi dans les usines et autres institutions yougoslaves. Tout en étant le symbole des festivités de fin d’année, les visites du Djed Mraz communiste ont été programmées pour ne jamais coïncider avec les deux Noël religieux [le 24 décembre pour les catholiques et le 7 janvier pour les orthodoxes]. Le vieillard restait un pur produit du capitalisme, habilement adapté à une société socialiste et nationalement compliquée de surcroît.

Azija Mahmutovic (Je signale, à votre attention, le doux sourire tolérant de cette noble dame.)
Les arguments ne manquent pas pour justifier l’expulsion du Djed Mraz de la vie des petits Sarajéviens. A commencer par celui qui veut que saint Nicolas, le Père Noël et le Djed Mraz ne sont pas les mêmes personnages, même s’ils sont vêtus du même costume, ou que les fêtes de fin d’année ont été inventées pour justifier l’hystérie consumériste. Tous ces arguments sont erronés. Le Djed Mraz est la victime collatérale d’une longue et patiente transformation de la société bosniaque laïque en une société théocratique dans laquelle les dirigeants des trois communautés religieuses (et notamment de la communauté musulmane) agissent de plus en plus ouvertement en hommes politiques. Ils interprètent la Constitution selon leurs principes religieux et retouchent à tel point les traditions que le passé ne sera plus ce qu’il a été, mais ce que des gens comme Mme Mahmutovic aurait souhaité qu’il fût."
Emir Imamovic Pirke, Jutarnji List, Zagreb (Ecrivain et scénariste résidant à Sarajevo)
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REPÈRES
« Chaque année, Sarajevo devient un peu moins une capitale multiethnique et un peu plus une capitale musulmane, [sur les plans] démographique, politique, confessionnel ou éducatif », écrivait la journaliste Vildana Selimbegovic, fin septembre. Elle poursuivait : « La transformation de Sarajevo en capitale bosniaque est le résultat d’une politique qui, depuis les accords de Dayton de novembre 1995, a fait obstruction à tout ce qui n’avait pas un nom à forte consonance “bosniaque” – une politique qui n’a pas hésité à ériger des mosquées dès qu’il y avait un square de libre et qui ne s’est pas gênée pour séparer dans les crèches les enfants d’autres confessions ou laïcs de leurs copains qui apprenaient l’Ilmihal (manuel de savoir-vivre à l’usage des musulmans). »
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"Puisque j'te l'dis..."
23:15 Publié dans Serbie... Ô ma Serbie... | Lien permanent | Commentaires (3) |
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17/12/2008
"Il n'y a qu'une tristesse, celle de n'être pas des saints".
=--=Publié dans la Catégorie "PARENTHÈSE"=--=
Je ne suis pas un fanatique des émissions de la chaîne de télévision catholique KTO. Du nom de la chaîne à ses animateurs, je soupire à tout va et je baille. Cependant, on y trouve parfois quelques fulgurantes diffusions dont je vais vous donner quelques échantillons dans les jours qui viennent.
En tout cas, celle qui suit est à voir... Soyez patients, laissez le temps à la page et au film de s'installer.
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Jacques Maritain et Raïssa Maritain.


Le nom de Jacques Maritain est inévitablement lié à celui de son épouse, Raïssa. Elèves de Bergson, filleuls de Bloy qui les conduit au baptême, ami de Péguy, de Psichari, de Cocteau..., ils formeront un couple phare de la vie intellectuelle française de la première moitié du XXème siècle.
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Mise à jour 2013
21:01 Publié dans Parenthèse | Lien permanent | Commentaires (25) |
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