25/05/2012
La seule oasis qui compte
=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires..."=--=
Avec le temps on prend la mesure de ce qui importe, de ce qui est essentiel. On ne veut plus s'arrêter à des pacotilles ou aux crispations d'autrui à notre encontre. On ne veut plus épuiser d'énergie à expliquer les choses, à mettre les points sur les "i" et à étayer une ligne de conduite et une ligne de défense par rapport à ce qui relève du simple bon sens.
Par contre, en retour, on éprouve le besoin de se réfugier dans la seule oasis qui compte : la solitude, où le simence est qualitatif et où l'on s'entend respirer tandis que l'on pense et que l'on prie.
C'est là ma pente actuelle, ayant remarqué avec une constante évolution en ce sens l'éloignement progressif de nombreuses personnes avec lesquelles j'avais rêvé le même rêve, bleu, rouge, jaune, pourpre, chatoyant durant de nombreuses années à porter nos lots d'angoisses et nos gerbes d'espoir.
Mais tout se discrimine tout seul, si je puis dire, par soi-même, tandis que le terre tourne comme elle tourne et que chacun vieillit comme il vieillit.
10:05 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
En révolte contre ces sentimentalités patriotiques sous lesquelles les gens finissaient par s’encroûter
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« Nous nous rassemblions. Heinz avait la tête fourmillante d’idées. Il avait été un jeune officier, quatre fois blessé et qui avait fait ses preuves dans des combats de corps de volontaires ; maintenant il était poète en secret et esthète avec affectation. Rempli d’une haine farouche contre toute sentimentalité, il avait l’habitude de couper court à tout accès de vague mélancolie par un seul mot de l’ironie la plus mordante. Une multitude de petits flacons de parfums traînaient sur sa table de nuit – mais il était aussi l’inventeur d’un nouvel explosif fabriqué avec les plus invraisemblables détritus. Il faisait des sonnets parfaits et tirait dans l’as de coeur à une distance de cinquante mètres.
Nous entrâmes tout deux dans dix-huit associations.
Partout où il y avait un jeune homme en révolte contre ces sentimentalités patriotiques sous lesquelles les gens finissaient par s’encroûter, contre les discours filandreux que débitaient infatigablement des vieillards vénérés et des coryphées à barbe blanche, nous allions à lui et nous le convertissions à notre cause. Nous recrutions ainsi des ouvriers, des étudiants, des écoliers, des jeunes commerçants, des fainéants et des gens qui savaient tout faire, des idéalistes ardents et des fanatiques du mépris. […] Nous fouillions les terrains qui nous étaient le plus éloignés.
Partout où se trouvait un garçon qui faisait preuve de courage, si stupide qu’en eût été la cause, nous l’approchions et toujours, nous constations qu’il était de notre race. La plupart du temps, nous nous reconnaissions au premier coup d’œil. […] Lorsque nous eûmes atteint le nombre de cinquante, Kern fit une courte apparition et arrêta le recrutement. Pour l’instant, cinquante hommes nous suffisaient largement. »
Ernst Von Salomon, Les Réprouvés
07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook


















































