Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/04/2014

René Char : Le Marteau sans maître

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Tu es pressé d'écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie,
La vie inexprimable,
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir,
Celle qui t'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés.
Au bout de combats sans merci.
Hors d'elle, tout n'est qu'agonie soumise, fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
En t'inclinant.
Si tu veux rire,
Offre ta soumission,
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption,
Sans égarement.

Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union. »

René Char, Le Marteau sans maître, in "Commune présence"

 

 

16:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Ce ne sont pas des prostituées, ce sont des jeunes filles de bonne famille

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

 

« Un jour, le service sanitaire de la11ème Armée allemande décida d'ouvrir à Soroca un bordel militaire. Mais, à Soroca, il n'y avait d'autres femmes que les vieilles et les repoussantes. La ville avait en grande partie été détruite par les mines et les bombardements allemands et russes. Presque toute la population s'était enfuie. Le jeunes gens avaient suivis l'armée soviétique vers le Dniepr ; seuls étaient restés debout le quartier du jardin public et celui que les Génois ont construit autour de l'ancien château-fort et qui se dresse sur la rive ouest du Dniestr, au milieu d'un labyrinthe de masures basses de bois et de boue -habitées par une misérable population tartare, roumaine, bulgare et turque. Du haut du talus qui domine le fleuve, on voit la ville enserrée entre le Dniestr et une rive abrupte et boisée ; les maisons, à ce moment-là, étaient ravagées et noircies par les incendies : certaines là-bas, au-delà du jardin public, fumaient encore. Voilà ce qu'était Soroca sur le Dniestr quand fut ouvert le bordel militaire, dans une maison située prés des remparts du château-fort Génois : une ville en ruines avec des routes encombrées de colonnes de soldats, de chevaux et de véhicules automobiles.

Le service sanitaire expédia des patrouilles donner la chasse aux jeunes Juives cachées dans les blés et dans les bois avoisinants la ville. C'est ainsi que, lorsque le bordel fut inauguré par la visite officielle, d'un sévère style militaire, du comandant de la 11ème Armée, ce fut une dizaine de pales jeunes filles aux yeux rouges de larmes, qui accueillirent en tremblant le général Von Schobert et sa suite. Elles paraissaient toutes extrêmement jeunes ; certaines étaient encore des enfants. Elles ne portaient pas de ces longs peignoirs de soie rouge, jaune ou verte à larges manches qui sont l'uniforme traditionnel des bordels d'Orient, mais leur plus belle robe, des robes simples et honnêtes de jeunes filles de la bonne bourgeoisie provinciale, si bien qu'on eut dit des étudiantes (quelques-unes, d'ailleurs, en étaient) réunies chez l'une de leurs amies pour préparer ensemble un examen. Elles avaient un air apeuré, humble et timide. Je les avait vu passer sur la route quelques jours avant l'ouverture du bordel : une dizaine, qui marchaient au milieu de la route en portant, chacune, soit un ballot sous le bras, soit une valise de cuir, soit un petit paquet attaché par une ficelle. Elles étaient suivies de deux SS armés de leur fusil-mitrailleur. Toutes avaient les cheveux gris de poussière, quelques épis de blé accrochés à leur jupe et les bas déchirés. Une d'elles boitait, elle avait un pied nu et tenait son soulier à la main.

Un mois après, certain soir où j'étais de passage à Soroca, le Sonderführer Schenk m'invita à aller avec lui voir les Juives du bordel militaire. Je refusai et Schenk se mit à rire en me regardant d'un air moqueur :

-- Ce ne sont pas des prostituées, me dit-il, ce sont des jeunes filles de bonne famille.
-- Je le sais, que ce sont d'honnêtes filles, lui répondis-je.
-- Ce n'est pas la peine de tant vous apitoyer, dit Schenk. Ces filles sont des Juives.
-- Je le sais que ce sont de jeunes Juives, répondis-je.
-- Et alors, me demanda Schenk, vous avez peur de les froisser en allant les voir ?
-- Il y a des choses que vous ne pouvez pas comprendre, Schenk.
-- Qu'y a-t-il à comprendre ?
-- Ces pauvres filles de Soroca, répondis-je, ne sont pas des prostituées ; elles ne se vendent pas librement ; elles sont contraintes à se prostituer. Elles ont droit au respect de tous. Ce sont des prisonnières de guerre que vous exploitez d'une manière ignoble. Quel est le pourcentage que l'Etat-Major allemand touche sur le gain de ces malheureuses ?
-- L'amour de ces filles ne coûte rien, dit Schenk, c'est un service gratuit. En tout cas, ce n'est pas la peine de les payer.
-- Ce n'est pas la peine de les payer. Pourquoi pas ?
Le Sonderführer Schenk me dit alors que, leur service fini, dans une quinzaine de jours, on les renverrai chez elles.
-- Oui me répondit Schenk d'un air embarrassé : chez elles ou à l'hôpital, je ne sais pas. Dans un camp de concentration peut-être ? »

(...)

[ Malaparte rencontre, plus tard, des jeunes juives. Lors d'une discussion l'une d'entre elle lui demande : ]

« -- Vous n'avez plus rien su de ces pauvres filles, demanda Louise après un long silence ?
-- Je sais que deux jours plus tard, on les a amenées, répondit Suzanne. Tous les vingt jours les allemands venaient changer les filles. Celles qui sortaient du bordel, on les faisait monter dans un car et on les descendait vers le fleuve. Schenk m'a dit, par la suite, que ce n'était pas la peine de tant les plaindre. Elles ne servaient plus à rien. Elles étaient réduites à l'état de loques. Et puis c'étaient des Juives.
-- Elles savaient qu'on allait les fusiller ? demanda Ilse ?
-- Elles le savaient, elles tremblaient de peur d'être fusillées. Oh, elles le savaient, tout le monde le savait à Soroca. »

Curzio Malaparte, Kaputt

 

 

14:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

"Il y a 33 ans, déjà..." , par H16

=--=Publié dans la Catégorie "PARENTHÈSE"=--=

 

H16 voit juste... comme d'hab'... En 33 années nous nous sommes rapprochés de l'idéal communiste comme jamais auparavant en France et... on voit le résultat. Armée de fonctionnaires, chômage, désindustrialisation, bisounours gôchistes et ressentiments à tous les étages. Et on continue à dénoncer le libéralisme qui n'a jamais été appliqué, on le confond très souvent avec les Trusts qui désirent créer des monopoles en s'impliquant dans un Capitalisme de connivence avec les gouvernements planificateurs (voir Mosanto avec Bruxelles, par exemple) et on implante le dégoût de la réussite dans les têtes mal faites de nos enfants abrutis par une idéologie qu'on leur inculque dés la maternelle.

---------------------------

En 33 années, la France a fini par appliquer à peu près tous les points du programme du parti communiste de 1981.

Un lecteur (qui se reconnaîtra et que je remercie) m’a aimablement pointé cette intéressante vidéo tout droit sortie des archives de l’INA. Elle nous projette 33 ans en arrière, en 1981, alors que la campagne électorale — pour ce qui allait déboucher sur les « années Mitterrand » — touche à sa fin. On y découvre, pendant 18 minutes montées avec cette candeur que plus aucun communicant n’oserait, les bonnes recettes d’un certain Georges Marchais, figure emblématique d’un Parti Communiste qui ne retrouvera jamais sa superbe ensuite, pour créer de l’emploi, redresser le pays, faire repartir la croissance et ouvrir grand le robinet à bisous.

Passionnant retour dans le passé où l’on découvre que les communistes de 1981 préconisaient des nationalisations, le passage au 35 heures par semaine (fait), envisageaient l’impôt sur le revenu à 75% (tenté) et sur la fortune (fait), la retraite à 60 ans (fait), la prise en compte de la pénibilité (fait), la hausse du SMIC (fait, de façon continue, depuis 33 ans), une bonne décentralisation des familles (faite), l’augmentation des allocations familiales et autres redistributions sociales pour les nécessiteux divers et variés (fait, big time, plusieurs fois), le relèvement des retraites (fait), et un combat acharné contre les stages, les vacataires et les agences d’intérim (régulièrement tenté et partiellement bouclé).

En trente-trois années, la France a, de gouvernements en gouvernements, fini par appliquer à peu près tous les points du programme du parti communiste de 1981.

Mais rassurez-vous : la France est un paradis ultra-néo-libéral, et avec Valls, on va passer la démultipliée, bien sûr.

Ce pays est foutu.

---------------------------

Source : ICI

---------------------------

11:12 Publié dans Parenthèse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Quand les richesses sont drainées outre mesure par l’une de ses parties

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Le tyran prise et chérit son propre bien-être plus que le salut commun de ses sujets, et c’est pourquoi il s’efforce de maintenir son peuple dans une soumission servile.

(…)

Et c’est là l’intérêt véritable et la gloire du souverain dont le pouvoir, comme dit Aristote, est d’autant plus noble, d’autant meilleur que les hommes sur lesquels il l’exerce sont libres et accomplis, et d’autant plus durable que le roi persévère avec zèle dans une telle résolution, Cassiodore ayant dit : "L’art de gouverner, c’est d’aimer ce qui convient au plus grand nombre."

Chaque fois, en effet, que la royauté se transforme en tyrannie, elle est vite menacée de disparaître, parce qu’elle est ainsi prédisposée à la discorde, à l’usurpation et à des périls de toutes sortes. Surtout dans une contrée policée et éloignée de la barbarie servile où, par coutume, par lois et par nature, les hommes sont libres, et non pas asservis ni insensibles par habitude à la tyrannie, tels que la servitude ne pourrait leur convenir et qu’eux n’y pourraient consentir, tels qu’ils ne sauraient voir que violence dans l’oppression du tyran, dès lors précaire, parce que, comme dit Aristote, "la violence court à sa perte."

(…)

Or, un corps est mal en point quand les humeurs affluent à l’excès à l’un de ses membres : souvent, elles l’enflamment et l’enflent gravement, tandis que les autres membres se dessèchent et s’amoindrissent terriblement. Alors, l’équilibre convenable est rompu et ce corps-là ne peut vivre longtemps.

Il en est de même d’une communauté ou d’un royaume quand les richesses sont drainées outre mesure par l’une de ses parties.

En effet, une communauté ou un royaume dont les souverains obtiennent une énorme supériorité sur leurs sujets en fait de richesse, de pouvoir et de rang, est comme un monstre, comme un homme dont la tête est si grande, si grosse, que le reste du corps est trop faible pour la porter.

De même qu’un tel homme ne peut se soutenir ni longtemps vivre ainsi, de même donc, ne pourrait se maintenir un royaume dont le prince drainerait à l’excès les richesses, comme cela se ferait par les mutations de la monnaie... (...)


Par ailleurs, dans la polyphonie, si l’uniformité n’apporte ni plaisir ni agrément, l’excès ou l’abus de contraste y détruit et anéantit toute l’harmonie : il y faut au contraire une variété réglée et mesurée durant laquelle les choeurs mêlent avec bonheur de douces mélodies. Il en va généralement de même des diverses parties de la communauté : l’égalité de biens ou de pouvoir n’est pas convenable, elle ne "sonne" pas bien, mais, à l’inverse, une disparité excessive ruine et anéantit l’harmonie de la société, comme le fait ressortir Aristote au livre V de la "Politique".

C’est surtout, en vérité, si le prince lui-même, qui est dans le royaume ce que sont dans le chant la teneur et la voix principale, chante trop fort et sans s’accorder avec le reste de la communauté, que la douce musique du gouvernement royal sera troublée.
C’est pourquoi, selon Aristote, il y a encore une autre différence entre le roi et le tyran : le tyran veut être plus puissant que toute la communauté qu’il domine par la violence ; la modération du roi, au contraire, va de pair avec un régime tel qu’il est plus grand et plus puissant que chacun de ses sujets, mais qu’il est cependant inférieur à cette communauté tout entière en forces et en ressources, et qu’il se trouve ainsi dans une situation moyenne.

Puisque le pouvoir royal tend communément et facilement à s’accroître, il faut donc faire preuve de la plus grande défiance et d’une vigilance toujours en éveil. Oui, c’est une sagesse suprême qui est requise pour le préserver de dégénérer en tyrannie, surtout à cause des tromperies des adulateurs qui, comme dit Aristote, ont toujours poussé les princes à la tyrannie.

En effet, comme on lit dans le Livre d’Esther, ceux-ci "abusent avec une habile fourberie la confiance naïve des princes qui juge des autres d’après leur propre nature", et c’est par leurs "suggestions que se dévoient les élans des rois".

(…)

En effet, comme dit Aristote, rares sont les choses qu’il faut laisser au libre arbitre du juge ou du prince.
C’est Aristote encore qui rapporte l’exemple de Théopompe, roi de Sparte.

Celui-ci avait renoncé en faveur du peuple à de nombreux pouvoirs et aux tributs imposés par ses prédécesseurs. C’est pourquoi sa femme se lamentait en lui faisant honte de transmettre à ses fils une royauté procurant moins de revenus que celle qu’il avait reçue de son père. Il lui répondit alors en ces termes : "Je la transmets plus durable." Ô paroles inspirées ! Ô de quel poids sont ces mots qu’il faudrait peindre en lettres d’or dans les palais des rois ! "Je la transmets", dit-il, "plus durable", c’est-à-dire : "J’ai plus accru la royauté en la rendant durable qu’elle n’a été diminuée par la réduction de son pouvoir." "En voici un qui surpasse Salomon !" (Evangile selon Luc, XI, 31)

En effet, si Roboam, dont j’ai parlé plus haut, avait reçu de son père Salomon un royaume régi selon ces principes et qu’il l’avait gouverné dans cet esprit, jamais il n’aurait perdu dix des douze tribus d’Israël, et le chapitre XLVII de l’Ecclésiastique ne lui aurait pas reproché : "Tu as déshonoré ton lignage au point de faire retomber la colère sur tes enfants et les conséquences de ta déraison sur tous les autres : par ta faute, la royauté s’est brisée en deux." Il est donc ainsi démontré que si le pouvoir d’un roi se transforme en tyrannie, il faut qu’on y mette terme rapidement. »

Nicole Oresme, CHAPITRE XXV, Un tyran ne peut durer longtemps, in "Traité sur l’origine, la nature, le droit et les mutations des monnaies" - 1355

 

10:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Une civilisation qui se retourne contre elle-même

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Pendant plus de deux siècles, les idées anglaises s’étaient répandues vers l’Est. La règle de liberté élaborée en Angleterre semblait destinée à s’étendre au monde entier. Vers 1870, le domaine de ces idée avait probablement atteint la limite de son expansion vers l’Est. A partir de ce moment, il commença à reculer et un nouveau jeu d’idées, non point neuves mais en vérité très anciennes commencèrent à venir vers l’Est. L’Angleterre perdit sa maîtrise intellectuelle dans le domaine politique et social et devint un pays importateur d’idées. Pendant les soixante années qui suivirent, l’Allemagne devint le centre à partir duquel les idées destinées à gouverner le monde au XXe siècle se répandaient vers l’Est et l’Ouest. Qu’il s’agisse de Hegel ou de Marx, de List ou de Schmoller, de Sombart ou de Mannheim, d’un socialisme extrémiste ou de simple "organisation" ou de "planisme" moins radical, partout on importait avec empressement les idées allemandes et l’on imitait les institutions allemande. La plupart de ces idées nouvelles, et singulièrement le socialisme, n’étaient pas nées en Allemagne. Mais ce fut en Allemagne qu’elles se perfectionnèrent et atteignirent leur plus complet développement au cours du dernier quart du XIXe et du premier quart du XXe siècle. On oublie souvent aujourd’hui l’avance considérable que l’Allemagne a prise au cours de cette période dans le développement théorique et pratique du socialisme. Une génération avant que le socialisme fût sérieusement discuté en Angleterre, l’Allemagne avait déjà un fort parti socialiste dans son parlement. Jusqu’à une époque très récente, le développement doctrinal du socialisme s’est presque entièrement produit en Allemagne et en Autriche, en sorte qu’aujourd’hui même, la discussion russe est en grande partie reprise au point où les Allemands l’ont laissée ; la plupart des socialistes anglais ne savent pas encore que la plus grande partie des problèmes qu’ils commencent à découvrir ont été discutés à fond par les socialistes allemands depuis longtemps.
L’influence intellectuelle que les penseurs allemands ont pu exercer sur le monde entier au cours de cette période a été appuyée non seulement par le grand progrès matériel de l’Allemagne, mais encore par l’extraordinaire renommée que les penseurs et les savants allemands avaient acquise au cours des cent années précédentes, alors que l’Allemagne était redevenue un membre intégral, voire dirigeant, de la civilisation commune à l’Europe. Mais elle servit bientôt à diffuser, à partir de l’Allemagne, des idées dirigées contre les fondements de cette civilisation. Les Allemands eux-mêmes — ou tout au moins ceux d’entre eux qui diffusaient ces idées — étaient parfaitement conscients du conflit. Ce qui avait été l’héritage commun de la civilisation européenne devint pour eux, longtemps avant les nazis, la civilisation "occidentale", ce mot signifiant désormais : situé à l’ouest du Rhin. Ce qui était "occidental" c’était désormais le libéralisme et la démocratie, le capitalisme et l’individualisme, le libre-échange, l’internationalisme et l’amour de la paix sous toutes leurs formes.
Mais en dépit du mépris mal dissimulé qu’un nombre sans cesse croissant d’Allemands portaient à ces idées "creuses" des occidentaux, ou peut-être à cause de ce mépris, les occidentaux continuèrent à importer des idées allemandes. On arriva même à leur faire croire que leurs propres convictions antérieures n’étaient rien d’autre que l’expression d’intérêts égoïstes, que le libre-échange était une doctrine inventée pour servir les intérêts britanniques, que les idéaux politiques que l’Angleterre avait donnés au monde étaient irrémédiablement démodés et qu’il y avait lieu d’en rougir. »

 

Friedrich August von Hayek, La Route de la Servitude

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Avec certains êtres, très rares, il faudrait ne pas parler

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Avec certains êtres, très rares, il faudrait ne pas parler. Il faudrait tout de suite être dans les bras, caresser le visage, les paupières, les joues, les lèvres, les effleurer d'un doigt, lentement d'abord, puis dans un baiser, passionnément. S'embrasser. S'étreindre. Les mots sont inutiles. Les mots viendraient plus tard confirmer ce que les corps ont su dès les premiers instants. »

Laurence Tardieu, Un temps fou

 

05:35 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook