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05/12/2017

Une race bâtarde d’avortons se roulant dans le mal

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Tu sais, toi qui as vécu parmi nous, le fond de notre nature malheureuse. Nous sommes des feuilles dans le vent ; nous sommes les bourreaux de nous-mêmes ; une race bâtarde d’avortons se roulant dans le mal comme l’ivrogne dans son vomi ou le lépreux dans sa pourriture. Nous t’avons repoussé parce que tu étais trop pur pour nous. Nous t’avons condamné parce que tu étais la condamnation de notre vie. »

Giovanni Papini, Histoire du Christ

 

12:39 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (3) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Ah, le même Papini pour qui "La France est la terre d'élection du Diable" (Cf G. Papini, "Le diable"; je ne sais plus quelle édition mon volume est en Bretagne"). J'avoue que je le préférais -en tant qu'écrivain -, et ce de beaucoup, lorsqu’il était futuriste - voir à ce sujet les merveilleux textes d’Apollinaire, ("La vie anecdotique",Œuvres en prose, t.III. Pléiade). Je crois T. Mann, infiniment plus crédible quand au terreau propre à l'éclosion noire du diabolique : la Germanie, ainsi distinguée par l'écrivain plus crédible en cela puis qu’Allemand lui-même. Et quel allemand! qui fut assez longtemps un solide conservateur, encore en 1919..Il faut lire ce qu'il développe au sujet des rapports intimes du cornu et de la Germanie, et ce avec de si puissantes raison dans son extraordinaire "Docteur Faustus". Son évocation des liens spirituels du suprême maudit et de le d'Allemagne est passionnante. D'ailleurs, il faut lire TOUT T. Mann, ses "Histoires de Jacob" valent largement "La montagne magique" dont je finirai prochainement ma troisième lecture, bien moindre repolissage des pages à grands coups d’œils que pour le Faustus dont je ne me lasse pas et qui d'ailleurs est un livre-mystère inépuisable. A qui s’intéresse aux codes tissés dans la trame textuelle je conseille de fouiller du coté du carré magique de Durer qui a beaucoup à voir avec la composition de cet absolu chef d’œuvre. C'est d'ailleurs autant étrange que révélateur que les trois livres les plus étonnants, fascinants, je ne sais que dire, du deuxième tiers du XXeme siècle soient tous des réécritures de Faust : "Le maître et Marguerite" (fini en 40-41 par la femme de Boulgakov grâce aux copies qu'il a cachées), "Au dessous du volcan" (achevé an 1945) et T.Mann a composé son livre-prodige du 23 mai 1943 au 29 janvier 1947. C'est assurément l'un des plus grand textes du XX eme siècle. Le seul qui ait dévoilé les authentiques dessous du nazisme) ). Enfin, quand je dis des "réécritures", c'est évidemment bien plus que cela. Mais ce serait bien trop long à écrire, il faudrait que je me botte le cul drument pour en faire un article correcte.

Tient Nebo, tu dois connaître Chestov? C'est un philosophe que je tiens pour révolutionnaire, le seul à mes yeux qui ait su combattre Hegel au plus vif -avec Kierkegaard évidemment mais son style le rend bien plus aisé à comprendre que Kierkegaard dont j"attends avec impatience les deux volumes en Pléiade, traduction nouvelle par R.Boyer lui-même.
https://bibliotheque-russe-et-slave.com/Livres/Chestov_-_Kierkegaard,_philosophe_religieu
Mais il faut lire sa "Philosophie de l!a tragédie" et puis ses autres livres,"Le pouvoir des clefs notamment" me souffle F. Moury. je l'ai mais ne l'ai pas encore attaqué "pour de bon". Tiens, et si je commençais ce soir?. Il a eu un disciple colossal, Benjamin Fondane qui a , à mon sens, écrit le meilleur livre sur Rimbaud, "Rimbaud le voyou". Où comment Rimbaud s'inscrit dans cette ignée de personnages qui ont nom Nietzsche, Kierkegaard et quelques très, très rares autres auxquels personnellement j'ajouterai le nom d'Artaud. j'aurais bien envie d'y mettre Jouhandeau, c'est un si immense écrivain et ses Journaliers montrer à quel hauteur atteint l'écriture, mais Jouhandeau manque de brûlure malgré son : "De l'abjection". Il ne met pas sa vie en péril, ni son intégrité mentale comme l'ont fait les autres rarissimes. D'où l’authentique passage du tragique dans leurs écrits lié à ce même passage dans leurs vies Fondane (et Chestov avant lui) à explicité cela fort bien. Pour évoquer le contaire absolu du tragique, je me réjouis d'avoir désormais 7 volumes de la Correspondance de Voltaire en Pléiade, une erreur d'un vendeur m'a fait manquer l'un des mes absents mais je finirai par avoir tout. Quelle écriture! quelle témoignage! Cela ne m’empêche certes pas de savourer gorgée à gorgée les deux énormes volumes du "Poëte et la Bible" qui m'ont si pleinement réconciliés avec Claudel. Quelle puissante tornade d'images brassées par le plus orageux, le plus torrentueux des lyrismes auquel succèdent des jonchées de paix bleus comme le regard des calmes cieux. Il m'amusai de joindre un instant ces deux noms, Voltaire et Claudel. Savoir si l’œuvre du deuxième tiendra aussi longtemps que cette langue souple et racée de cet homme à multiples facettes que fut Arouet? Mais qu'on ne peut connaître qu'en se plongeant dans sa Correspondance, elle nous met en contact avec Voltaire tout vif; j'ai lu il y a longtemps un "choix" (assez épais, 1200 page en gros) mais cela ne peut en aucun cas valoir la lecture année après année de cette vie qui s'expose si librement. Et puis un Pléiade c'est à lui-seul plus de milles pages -1730 pages pour le tome 1, notes et index compris - et l'ont sait que les pages contiennent bien plus de texte qu'un folio. J'ai toujours trouvé bêta de se permettre de juger un auteur dont on ignorait l’œuvre. Malheur à ceux qui se repaissent de lieux communs crachotés par des sots malfaisants et par des ennemis idéologiques. En tous cas, si les anglais ont la chance d'avoir le Burton de "L'anatomie de la mélancolie", cette œuvre qui vaut les Essais, s'ils ont ce génie de Stern et évidemment Shakespeare et Marlow sans parler de tous ces merveilleux élisabéthains dont la Pléiade nous a donnés deux sublimes volumes dont ma bibliothèque s'honore en compagnie du théâtre espagnol du siècle d'or (Ah; Calderon de la Barca! Tirso de Molina. Mais quels génies! à mettre aux coté de Quevedo et MJateo Aleman) et bien nous avons Rabelais, Montaigne, Saint-Simon et Voltaire, pour ne pas parler du dix-neuvième où seuls les russes me semblent-ils peuvent prétendre à rivaliser avec l'éclosion française quoi qu'il y ait Thackeray le grand et Dickens, les sœurs Bronte, Austen, Hardy, Wilde... Je ferais sans doute mieux de me taire.J'omets les allemands et autres volontairement faute de temps). Quoi qu'en poésie, la modernité soit française, ce n'est pas moi qui le dit mais un Russe (André Bielly, et déà, avant,Merejkovski )) et surtout un allemand dans son extraordinaire petit ouvrage (240 pages en gros) "Les structures de la poésie moderne", Hugo Friedrich. Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé sont à ses yeux les géniteurs de la révolution -révélation qui changeât la face de la poésie dans le monde entier -j'ignore si l'Asie est compté dans ce "monde entier". Tiens, une chose que je me demande : il doit bien exister quelques chefs d’œuvre serbes que nous ignorons et des œuvres qui n'ont pas été traduites comme c'eut été pourtant l'obligation de l’édition française que de le faire.
Et bien, moi qui ne voulais laisser qu'un modeste mot sur Papini ! (C'est qu'il a un parcours intéressant, il fut antichrétien forcené, apôtre du nihilisme. Rien à voir cependant avec Ayn Rand. qui, elle, ne cessa jamais de s'en prendre à l'essence même du christianisme sans jamais varier d’opinions, poussant sans relâche ses admirateurs à l'apostasie.Les écrits de cette péronnelle bien éloignée d'une S.Weil ne sont pas "des blasphèmes", c'est une remise ne cause totale, drastique, des fondements même de notre religion. Si Dieu se rie de l'enseignement athée d'Ayn Rand , alors on se demande pourquoi les pères de l’Église et tant de théologiens et tant de martyrs ont lutté si fort contre les blasphémateurs et contre tous les négateurs du christianisme. Ajout non polémique fait au courant de la plume). J''espère que tu ne m'en voudras pas de ce trop long com au reste écrit un peu trop à la diable. Mais sans la moindre pensée souffrée !

Écrit par : Restif | 05/12/2017

PS UN lien pour Chestov. je pense meme que c'est par là qu'il faut commencer. Ce fut pour moi come un éblouissement :
https://bibliotheque-russe-et-slave.com/Livres/Chestov%20-%20La%20Nuit%20de%20Gethsemani.pdf

Écrit par : Restif | 05/12/2017

Le plus simple, c'est encore de donner l'adresse du coffre au trésor. IL suffit de regarder par ordre alphabétique, on retrouvera Chestov. Et si le lien veut bien passer, c'est aussi l'occasion d'aller découvrir des litt&ratures trop peux connues. dont la serbe !
https://bibliotheque-russe-et-slave.com/index1.html

Écrit par : Restif | 05/12/2017

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