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16/01/2022

Un organe susceptible de spasmes terribles

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« C’est surtout dans la passion de l’amour, les accès de la jalousie, les transports de la tendresse maternelle, les instants de la superstition, la manière dont elles partagent les émotions épidémiques et populaires, que les femmes étonnent, belles comme les séraphins de Klopstok, terribles comme les diables de Milton.

(...)

La femme porte au dedans d’elle-même un organe susceptible de spasmes terribles, disposant d’elle, et suscitant dans son imagination des fantômes de toute espèce. C’est dans le délire hystérique qu’elle revient sur le passé, qu’elle s’élance dans l’avenir, que tous les temps lui sont présents. C’est de l’organe propre à son sexe que partent toutes ses idées extraordinaires. La femme, hystérique dans la jeunesse, se fait dévote dans l’âge avancé ; la femme à qui il reste quelque énergie dans l’âge avancé, était hystérique dans sa jeunesse. Sa tête parle encore le langage de ses sens lorsqu’ils sont muets. Rien de plus contigu que l’extase, la vision, la prophétie, la révélation, la poésie fougueuse et l’hystérisme. La femme dominée par l’hystérisme éprouve je ne sais quoi d’infernal ou de céleste. »

Denis Diderot, Sur les femmes

 

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15/01/2022

À dix-huit ans il était déjà trop tard

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« Très vite dans ma vie il a été trop tard. À dix-huit ans il était déjà trop tard. Entre dix-huit et vingt-cinq ans mon visage est parti dans une direction imprévue. À dix-huit ans j’ai vieilli. Je ne sais pas si c’est tout le monde, je n’ai jamais demandé. Il me semble qu’on m’a parlé de cette poussée du temps qui vous frappe quelquefois alors qu’on traverse les âges les plus jeunes, les plus célébrés de la vie. Ce vieillissement a été brutal. Je l’ai vu gagner un à un mes traits, changer le rapport qu’il y avait entre eux, faire les yeux plus grands, le regard plus triste, la bouche plus définitive, marquer le front de cassures profondes. Au contraire d’en être effrayée j’ai vu s’opérer ce vieillissement de mon visage avec l’intérêt que j’aurais pris par exemple au déroulement d’une lecture. Je savais aussi que je ne me trompais pas, qu’un jour il se ralentirait et qu’il prendrait son cours normal. Les gens qui m’avaient connue à dix-sept ans lors de mon voyage en France ont été impressionnés quand ils m’ont revue, deux ans après, à dix-neuf ans. Ce visage-là, nouveau, je l’ai gardé. Il a été mon visage. Il a vieilli encore bien sûr, mais relativement moins qu’il n’aurait dû. J’ai un visage lacéré de rides sèches et profondes, à la peau cassée. Il ne s’est pas affaissé comme certains visages à traits fins, il a gardé les mêmes contours mais sa matière est détruite. J’ai un visage détruit. »

Marguerite Duras, L’Amant

 

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14/01/2022

Il m’a fallu abandonner les poses nietzschéennes par lesquelles j’essayais en vain de me protéger de la compassion

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« Pendant la guerre civile, j’ai visité Beyrouth avec un ami pour écrire sur le conflit qui s’y déroulait. Le trajet vers Beyrouth-Ouest était difficile mais nécessaire. Personne n’était prêt à nous accompagner à part une petite religieuse au physique maigre et nerveux du couvent de Saint-Vincent-de-Paul, dont l’ordre était présent dans tout le Moyen-Orient, souvent dans des conditions dangereuses, apportant soulagement et éducation aux musulmans comme aux chrétiens. A chaque étape de notre voyage entre des redoutes dévastées, nous avons trouvé de la souffrance : muette, impuissante, et souvent mortelle. Et les bras de l’amour enlaçaient cette souffrance.

Après une journée passée à rendre visite à des gens qui avaient tout perdu hormis la capacité miraculeuse de croire en un Dieu aimant, nous nous sommes retrouvés dans une zone dévastée de la ville où les Chaldéens se réunissent et où l’on parle encore le langage du Christ. Là se trouvait le couvent de mère Teresa où seuls les cas désespérés étaient reçus. Plus tard dans la journée, dans la sécurité relative de Beyrouth-Est, j’ai réfléchi à ce que j’avais vu avec un verre de ksara rosé posé à côté de moi sur la table, et j’ai pris quelques notes dans mon journal :

"Nous frappons à la porte ; une enfant estropiée se traine par terre depuis un recoin sombre et hurle dans notre direction comme un chien. Une religieuse allemande nous accueille. Elle est jeune, jolie, douce, sereine, contente qu’on lui parle sa langue. Elle nous conduit jusqu’à sa chambre, nous passons devant des enfants difformes, des femmes séniles qui gesticulent et des créatures à moitié humaines qui nous fixent de leurs yeux gonflés comme si nous étions de drôles d’oiseaux. Notre arrivée est empreinte d’une atmosphère d’excitation et, à un moment, l’enfant estropiée se traine vers le seuil de la chambre et glousse en nous regardant. La religieuse débarrasse son repas avec des gestes gênés : deux radis, une orange, du pain sans levain et un verre d’eau. La mère supérieure arrive, une petite Bengalie joyeuse qui parle anglais. Elle nous montre ses créatures endormies : des mongoliens, des enfants avec des déformations paralysantes, d’autres qui crient et rampent comme des animaux. Mais aucun d’eux n’est vraiment animal. En chacun une personne est soigneusement cultivée, que les bonnes religieuses ont déposée sur ce sol peu prometteur et dont elles s’occupent jusqu’à faire pousser une vie grêle et déformée, mais une vie enthousiaste.

Ici les gens ont constamment le mot 'témoin' aux lèvres. L’influence est moins grecque qu’arabe, les musulmans ayant toujours à l’esprit la shahada que leurs voisins chrétiens leur empruntent, bien que ce ne soit pas selon son sens commun. Car un témoin de la foi chrétienne ne l’est pas en l’annonçant, encore moins en tuant ses ennemis. Nous sommes témoins dans des œuvres de charité et de pardon. Rien au monde ne peut vraiment dépasser la beauté de cette idée (même lorsque je regarde le travail des sœurs à travers mes lunettes les plus nietzschéennes qui considèrent ce soin offert aux inaptes comme un gâchis d’énergie humaine et un mépris du réel intérêt de l’espèce). Même si je cherche à me protéger de la pitié, à l’exemple de Nietzsche, en débarrassant tous les restes du banquet de l’évolution, je perçois le travail des sœurs comme quelque chose de nécessaire, et la charité comme une partie de la volonté communautaire de vivre. Ces sœurs ont un projet qui domine tous les autres : allumer la flamme de l’âme humaine dans n’importe quelle chandelle qui se présente. Ce projet aussi sert les espèces, avec bien plus d’efficacité que la volonté présomptueuse de sélectionner les survivants. Et si l’œuvre de Dieu existe, c’est en cela qu’elle consiste."

Il m’a fallu abandonner les poses nietzschéennes par lesquelles j’essayais en vain de me protéger de la compassion et j’ai été confronté au mystère de la charité, le mystère que contemplait Péguy en Jeanne d’Arc, et Geoffrey Hill en Péguy. J’avais été le témoin de l’amour venu d’en haut que saint Paul a appelé agape, et il m’avait rempli d’un étonnement inconfortable. Jusqu’à ce moment, c’était l’amour immanent appelé éros qui avait dominé ma vie. On me tournait vers une nouvelle direction et le goût de ce simple rosé, lorsque je le bus dans un restaurant de Londres à mon retour, réveilla l’idée sur laquelle le témoignage chrétien se fonde : l’idée que tout est un don, soi y compris. Les sœurs de la Charité avaient un message de la plus grande simplicité : vous avez beaucoup reçu, mais avez-vous donné en retour ? Et si vous n’avez jamais rien donné, comment allez-vous réparer cela ? Des années plus tard, j’ai repris cette question et j’ai essayé de vivre autrement, même si je souffrais de la "nuit intérieure de l’âme" dont mère Teresa pâtissait aussi. Je ne rencontrais pas l’être nécessaire qu’est Dieu, et je trébuchais sur les êtres simplement contingents qui encombrent tous les chemins qui mènent à Lui. C’est précisément parce que la source de cet amour transcendant nous est cachée que nous mettons tant d’espoirs dans l’amour immanent qui trouve sa source en nous. »

Roger Scruton, Je bois donc je suis

 

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Ceci n'est plus une femme...

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13/01/2022

Notre incapacité à payer notre dû à Bacchus...

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« Boire du vin en société, pendant ou après le repas, en toute connaissance de son goût délicat et de son aura évocatrice, conduit rarement à l’ivresse et encore plus rarement à un comportement de butor. Le problème d’alcoolisme que nous observons dans les villes britanniques nait de notre incapacité à payer notre dû à Bacchus. A cause de l’appauvrissement culturel, les jeunes ne disposent plus d’un répertoire de chansons, de poèmes, d’arguments ou d’idées pour se divertir autour de leurs verres. Ils boivent pour combler le vide moral créé par leur culture, et si nous connaissions l’effet malheureux de l’alcool sur un estomac vide, nous découvrons maintenant l’effet bien plus grave de l’alcool sur un esprit vide.

Toutefois, les bastons d’ivrognes ne sont plus les seules en cause. La plupart des dîners aussi. Les invités crient des propos égocentriques à leurs voisins, on tient dix conversations à la fois qui ne mènent nulle part, et les verres que l’on remplit avec cérémonie sont aussitôt vidés. Un bon vin devrait toujours s’accompagner d’un bon sujet de conversation que l’on poursuivrait autour de la table en buvant. Les Grecs l’ont bien compris, c’est là la meilleure manière de discuter de questions vraiment sérieuses, comme savoir si le désir sexuel tend vers l’individu ou l’universel, si l’accord de Tristan est un septième à moitié diminué, ou s’il existe des preuves à la conjecture de Goldbach.

Nous connaissons l’opinion médicale selon laquelle boire un verre ou deux par jour est bon pour la santé, ainsi que l’opinion concurrente qui veut que boire plus d’un verre ou deux soit fatal. Ces conseils sont importants mais pas autant qu’il y parait. Quel que soit l’effet du vin sur la santé physique, il en a de bien plus importants sur la santé mentale : effets négatifs lorsqu’ils coupés du banquet de la culture, et positifs lorsqu’ils lui sont rattachés. En Amérique (où, en général, l’âge légal pour consommer de l’alcool vient cinq ans après la majorité sexuelle), les bouteilles d’alcool portent déjà des mises en garde sur la santé. Pourquoi pas, si le but est d’éduquer le public, et du moment que ces avertissements disent la vérité (ce qui n’est pas le cas). Mais ce but éducatif doit également nous convaincre de faire figurer les mêmes avertissements sur les bouteilles d’eau pour nous rappeler l’état d’esprit morose qu’elle provoque et la nécessité d’oublier l’hypocondrie si l’on veut nourrir et abreuver l’âme.

(…)

Il faut vivre en profitant de ses facultés, en s’efforçant d’apprécier et, si possible, d’aimer ses semblables. Il faut également accepter la perspective de la mort si l’on veut soulager ses proches d’un grand poids au lieu de les accabler. Selon moi, il faudrait rassembler les fanatiques de la santé qui ont empoisonné tous nos plaisirs naturels et les enfermer dans un lieu où ils pourraient se casser les pieds entre eux avec leurs remèdes de charlatans. Quant à nous, nous devons vivre une suite de banquets dont le catalyseur est le vin et le moyen la conversation, afin d’accepter avec sérénité notre destin sans abuser de cette hospitalité. »

Roger Scruton, Je bois donc je suis

 

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L'appétit de l'autre

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« Quand je la vis pour la première fois, il m'apparut clairement que l'un de nous deux était fait, je pourrais dire né, pour l'appétit de l'autre. Au premier instant je sentis que l'un de nous deux finirait par manger l'autre tout cru ; non pas petit à petit, comme dans un couple de base, mais bien d'une lichée, en sautant sur la première occasion que concéderait l'autre, pour l'avaler. Toute la période qui précéderait cette occasion ne serait qu'une phase d'observation dans son attente, au cours de laquelle nous mettrions en condition les conditions de l'affrontement, où nous décririons des corolles autour des circuits décrits par l'autre, cherchant à y susciter d'infimes frications, de presque infimes étincelles de rabot.

(...)

Et notre attirance immédiate était avant tout une attirance chiffrée ; son regard même, lorsqu'il rencontrait le mien, s'inscrivait dans une sorte de processus numérique, dégageait des effluves qui s'encastraient à ma perspective selon des lois sévères d'un grand jeu de construction. Ce regard qui avait quelque chose de suavement agressif, qui voulait posséder d'emblée ce que les amants n'atteignent ordinairement qu'après plusieurs jours d'excès sexuels : se dissoudre dans l'autre, baratter sa vie organique et la réduire à une forme liquide pour pouvoir la vomir en l'autre. Son oeil aspiratoire était l'application d'une formule chimique, avait la vie palpitante d'une vulve grasse ; mais aussi était pareil au gland qui, introduit dans le corps aimé, tend à s'y infuser intraveineux, intranerveux, à y évacuer tout un broiement de chair pâteuse, le fruit d'une vidange d'organes qui s'introduit en pultacé dans le corps autre, pour s'y générer seul, nourri de lui-même exclusivement, et y procédant à une sédition complète, qui ne laisserait rien de l'ancien métabolisme. C'est tout le corps que le gland veut évacuer par sa bouche, et non seulement cette décharge d'informe veut dissoudre les organes de l'autre, remplacer ses flux et vriller ses canaux, mais c'est avec la pensée même de cet autre qu'elle cherche à coïncider.

Souvent j'ai rencontré des filles qui se disaient excitées surtout par l'esprit ; c'est qu'en réalité chacune était excitée par le défi que représenteraient la conquête et la dissolution de cet esprit. Et c'est au contraire de la plupart que la fille à laquelle j'avais affaire abattait son jeu dès les débuts de notre séduction. Elle voulait s'emparer de tout mon soma et ne s'en cachait pas... »

Mehdi Belhaj Kacem, 1993

 

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12/01/2022

Un abattoir d'illusions

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« Concevoir un monde qui serait en dehors de la mort, et de la vie ? L’homme n’a jamais rien fait d’autre, depuis qu’il souffre et qu’il pense. Il ne leur a ajouté que sa propre raison d’être — et son propre échec. »

« Lorsque la raison imagine toutes les prières qui se sont perdues dans l’espace, réduites à de pauvres vibrations de banalités, toutes les nuées de divinités dispersées dans les cieux des mythologies successives, les flammes immenses que la pensée a nourries pour des légendes improbables ou le sang versé pour des approximations ridicules — l’univers, alors, semble être un abattoir d’illusions, et celles-ci dans leur quantité accablantes acquièrent la force d’une substance, d’une réalité unique. »

Emil Cioran, Divagations

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11/01/2022

L'univers est une pierre tombale...

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« Nous ne nous mettons en situation de saisir la vérité, d’embrasser le monde dans une vision délestée de toute illusion, qu’à partir du moment où nous comprenons que le possible n’est plus possible, que toute possibilité est suspendue, quand nous fixons à tout jamais des yeux de momie sur l’éphémère et quand notre coeur a cessé de battre. Chaque espoir ossifié signifie le gain d’une vérité supplémentaire. L’existence est le fruit d’une utopie. Et cette utopie est la foi dans les instants, la démence naïve de la succession. Que peut-on ajouter à l’univers pour le rendre supportable ? Le temps, qui créé et qui annihile, qui n’augmente en rien ce qui est mais qui annule l’une après l’autre les forces semblant apporter avec elles une nouveauté absolue — le temps est la défiguration tragique de l’éternité, l’image inutile de l’immobilité. En vérité, il ne se passe rien, vivre aujourd’hui ou à un autre moment ne change rien, chaque instant reflète irrémédiablement ce qui est de toute éternité, l’univers est une pierre tombale sur laquelle le temps inscrit depuis ses commencement une épitaphe, et sous laquelle gisent tous les coeurs qui ont jamais vécu et qui se sont leurrés, incapables de déchiffrer le sens d’une évolution funèbre. »

Emil Cioran, Divagations

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10/01/2022

Cette heure de lumière

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« Qu’elle vienne de la souffrance ou qu’elle vienne de la joie, tout homme a dans sa vie cette heure de lumière, l’heure où il comprend soudain son propre message, l’heure où la connaissance en éclairant la passion décèle à la fois les règles et la monotonie du Destin, le moment vraiment synthétique où l’échec décisif, en donnant la conscience de l’irrationnel, devient tout de même la réussite de la pensée. C’est là qu’est placée la différentielle de la connaissance, la fluxion newtonienne qui nous permet d’apprécier comment l’esprit surgit de l’ignorance, l’inflexion du génie humain sur la courbe décrite par le progrès de la vie. Le courage intellectuel, c’est de garder actif et vivant cet instant de la connaissance naissante, d’en faire la source sans cesse jaillissante de notre intuition, et de dessiner, avec l’histoire subjective de nos erreurs et de nos fautes, le modèle objectif d’une vie meilleure et plus claire.

L’idée métaphysique décisive du livre de M. Roupnel est celle-ci : "Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’Instant". Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant et suspendue entre deux néants. Le temps pourra sans doute renaître, mais il lui faudra d’abord mourir. Il ne pourra pas transporter son être d’un instant sur un autre pour en faire une durée. L’instant, c’est déjà la solitude. »

Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant

 

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En 2022, plus que jamais, n'oubliez pas de lire... et les bons livres s'il vous plaît...

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