04/06/2008
Bo Diddley
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Ellas Otha Bates McDaniel dit "Bo Diddley"... 30 Décembre 1928 - 2 Juin 2008
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Clergé
=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires"=--=
Je ne saurai dire avec précision, pris de court, pour quelle raison précise j’écris toutes ces lignes. Je pourrais, bien sûr, en me penchant sur la question élaborer une suite de réponses diverses fusionnées en une sorte de réponse générale unique et étayer mes propos par des allusions à la purge, à l’angoisse existentielle et métaphysique, à la volonté de poser des questions et de tenter des percées par des réponses créatrices, progressivement, de valeurs nouvelles au fil des ans et des pages tracées dans la fièvre et la brume. Mais je sais que j’écris pour survivre et avoir suffisamment de forces pour m’aménager des instants de pure vie bienheureuse. J’écris, surtout, pour les bienheureux, la vérité est là. Les bienheureux inquiets. Ceux dont le front se plisse devant le précipice du cosmos, mais qui dansent de joyeuses prières face à lui. Poètes qui s’assument ou s’ignorent, musiciens sachant jouer et même, mieux, composer sur le clavier de l’Être, sur la guitare du Réel, sur la harpe de la Création qu’ils transcendent de leurs notes. J’écris, donc, pour les insoumis légers, les rebelles propices à la valse.
Les incultes pénétrés d’eux-mêmes, les sinistres mondains « people », les certains de leur merde, les assurés sentant la naphtaline, les pétitionnaires ambitieux, les politicards rayonnants, les éditeurs véreux, les journaleux à l’âme propre, les universitaires bilieux, les révolutionnaires bobos, les médiatiques cancéreux, les moralistes immoraux, les affairistes littéraires, les religieux sclérosés, les apocalyptiques de la haine de soi, les pétainistes masqués, les fascistoïdes populistes, les démocrassouillards humanitaristes, les rancuniers vengeurs, les sacraliseurs de la chair, les contempteurs du corps, les peine-à-jouir, les employés grisâtres, les déprimés contaminants, les militants de gôche et les militants de drouâte, les féministes couillues et les tapettes castrées, bref… tous les membres du clergé nihiliste : passez votre chemin. À moins que vous ayez pris la décision du risque de la métamorphose radicale, vous ne trouverez dans mes mots que vos propres marécages plutôt que mon haut soleil. Car c’est trop vous demander que d’apprendre à lire. Lire, à vos yeux, est une perte de temps. Lire, vous vous en passez à merveille. C’est votre force. Vous ne vous consacrez qu’à vos réseaux, votre domination ou votre soumission. Votre contrôle. Votre Golem abstrait, votre Big Brother virtuel tellement présent, comme le Diable. Vous aimez que ça fourmille, que ça s’agite, que ça sautille, dans la fureur, la violence ou la paix calculée, qui n’est pas moins violente. Un géant de fer et d’acier et de câbles de communication aux pieds d’argile, avec entre les jambes un petit pénis ridicule mais, juste en dessous, une chatte béante, puante et pondeuse de clones, pondeuses de bruit, pondeuse de mauvais livres, de pitoyables films, de tableaux insignifiants, de pensées obtuses, d’artifices sans culture, de mort. De mort vers laquelle nous devrions l’encourager à aller se dissoudre, ô Matrice purulente.
La solitude de l’écrivain, la solitude de l’artiste, est récupérée par la jolie société qui est la nôtre sur le mode de la sacralisation de sa souffrance. Mais peu sont ceux qui parviennent à en lire la profondeur, à en éprouver l’ardeur, à en mesurer le poids. Un poids qui est celui d’une croix. Les crucifixions emmerdent notre époque qui se rêve propre et bien portante (grand bien lui fasse), puritaine elle abhorre les purs. L’antisémitisme supposé d’un film magnifique comme La Passion de Mel Gibson n’a été mis en avant que pour masquer le vrai problème : le dégoût que la croix, en tant que telle, inspire : instrument de supplice et de rédemption non assumé.
Méfiance. Le nihilisme qui consiste aussi à nier l’instinct violent, l’agressivité dans la sphère clinique du politiquement correct qui nous sculpte et nous domine finira par entrainer une violence et une agressivité supérieures à tout ce qu’a vécu le Christ, ont écrit Sade, Bataille ou Artaud. Le clergé aime à organiser et entretenir avec une constance volontaire l’abandon de ses ouailles à la servilité ambiante, à l’angoisse et à la dépression, à l’incapacité de regarder la mort en face.
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03/06/2008
Le déplacement immobile du point
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« La première éjaculation d’un môme est le premier signe de la mort. »
Léo Ferré – Benoît Misère
Je cherche encore le sens profond de ce lien intime entre Eros et Thanatos. Quand on jouis on meurt un peu, mais quand on meurt est-ce qu’on jouis ? Je cherche à voir ce qui m’inclut afin d’inclure ce qui m’inclut. Expérience Dantesque. Voir tout et me voir tel que je suis vu, avec cet éloignement, dans le tout. Le déplacement immobile du point. Je marche pieds nus le long du rebord de mes phrases.
13:30 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Etuve...
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Tenir le cap, garder l’œil sur l’étoile, au milieu de ces métamorphoses. S’il faut mentir : mentir adroitement. Je me suis rasé la barbe et ayant vu le visage qui a émergé dans le miroir j’ai eu du mal à lui conférer un sens. Systématiquement, de me regarder dans les yeux convoque mes ombres, mes fantômes, mes illusions. Si je m’élève par la pensée dessus la ville, j’en vois les lumières pâles, à travers son nuage de pollution, qui transpercent les flancs de l’air et fument. Un tas doré d’ordures en fermentation avancée. S’il faut mentir : mentir adroitement, pour mettre à jour la vérité. Tenir le cap, garder l’œil sur l’étoile, au milieu du chuintement des vagues qui rend fou. Fixer les impressions qui viennent de loin avant qu’elles ne s’évanouissent dans l’âtre que je tisonne. Écrire. La valse des ombres tourbillonne comme des sheitans masqués en derviches tourneurs malsains, sans pivot, sans autre but que la noirceur. Je croupis dans mon étuve, emplis de dards empoisonnés. Plus de 42 années d’ampoules et de cornes aux pieds.
07:00 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (4) |
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02/06/2008
Rien II
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Peu, si peu. Si peu de forces. Si peu d’argent. Si peu de rêves. On croit faire sa vie mais c’est la Vie qui nous fait. Parfois mangeant je m’aperçois que c’est la nourriture qui me mange. Vaste sphère, le monde est devant moi. C’est ce qu’on croit. Mais c’est moi qui suis en le monde. La lumière vient se casser contre les murs. Naufrage. Que m’offre donc la vie ? Je ne sais. C’est, en vérité, à moi de lui faire des offres. Le ciel pèse sur tout, sur les arbres, sur les hommes, sur les chiens. Comment parvenir à faire basculer le jour en ma faveur ? D’y songer en cette aube de désastres, me donne la fièvre. Quand je perds pieds dans mes instants de désordres intenses, je m’aménage ma solitude en faisant grincer ma mémoire. La continuité cohérente des reliefs continentaux se trouve brisée lorsque on est face à l’océan. Et ma mémoire est un océan. À s’y noyer.
15:00 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (12) |
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