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31/03/2012

Je subsiste de la crise qui est la mienne

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J'ai le corps épuisé et, donc, l'âme aussi, l'esprit exsangue. Je n'ai pas accès aux richesses du jardin. Je guette une brèche afin de m'y engouffrer mais les entrées sont closes et demeurent secrètes. Il me manque la rigueur pour être. Je subsiste de la crise qui est la mienne. Je survis et me détourne de tout.

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30/03/2012

L'Oeuvre au Noir

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L'être en acte est la matière du devenir. Oeuvre au noir pour faire surgir le diamant en soi et devenir ce que l'on est en puissance étouffée et retenue. L'être désire la Puissance et la Puissance est Vie. Il ne tient qu'à peu de choses pour que l'on bascule vers l'Ombre ou pour que l'on tende vers la Lumière. La Puissance en soi n'est pas néfaste mais l'oeuvre au Noir qui la fait advenir peut l'être.

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Pessimisme et optimisme sont depuis longtemps devenus ridicules

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« L’obscurcissement du monde, la fuite des dieux, la destruction de la terre, la grégarisation de l’homme, la suspicion haineuse envers tout ce qui est créateur et libre, tout cela a déjà atteint, sur toute la terre, de telles proportions, que des catégories aussi enfantines que pessimisme et optimisme sont depuis longtemps devenues ridicules. »

Martin Heidegger, Introduction à la Métaphysique, GA 40

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29/03/2012

Le monde est p'tit, la terre est ronde...

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Un geste citoyen

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« Quand la classe dominante prend la peine d’inventer un mot ("citoyen") employé comme adjectif, et d’imposer son usage, alors même qu’il existe, dans le langage courant, un terme parfaitement synonyme (civique) et dont le sens est tout à fait clair, quiconque a lu Orwell comprend immédiatement que le mot nouveau devra, dans la pratique, signifier l’exact contraire du précédent. Par exemple, aider une vieille dame à traverser la rue était, jusqu’ici, un acte civique élémentaire. Il se pourrait, à présent, que le fait de la frapper pour lui voler son sac représente avant tout (avec, il est vrai, un peu de bonne volonté sociologique) une forme, encore un peu naïve, de protestation contre l’exclusion et l’injustice sociale, et constitue, à ce titre, l’amorce d’un geste citoyen. »

Jean-Claude Michéa, L’enseignement de l’ignorance

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Crasseuse Mohamed Merah Mania

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 A Tarbes...


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L'Homme produit ce qui le domine et le dévore

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Le système dans lequel nous vivons est bel et bien produit par l'Homme mais celui-ci lui est devenu étranger d'où la schizophrénie générale grandissante. Le système est un Golem qui échappe à notre autorité. L'Homme produit ce qui le domine et le dévore, le maintient dorénavant coupé de lui-même.

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Je vis comme je peux... dans un pays malheureux

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Grand est Albert Camus... grand...

 

 

Albert Camus

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Paradoxal

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« Dans le même temps que Nietzsche écrivait son "Hymne à la vie", il envoyait à Lou Salomé des billets du genre : "Terrible accès. Je méprise la vie."
Dans l’un et l’autre cas, il était véridique. »

Gabriel Matzneff, L’archange aux pieds fourchus

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28/03/2012

Reprendre ma place en Dieu en le laissant prendre sa place en moi

=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires..."=--=

 

Guettant à la cime des événements et des faits du monde la ligne qui s'ordonne et donne le sentiment qu'elle s'épuise entre les frondaisons des actes et des plaintes prophétisées par les sages dont Dieu avait rempli les coeurs et les bouches, je devine ce que tout cela me suggère.

Le temps passe et nous vieillissons mais ces successions d'instants que je me figure du mieux que je peux, porté que je suis par le flux de l'Histoire et ne parvenant que très sporadiquement à en fixer quelque instant évanescent et infinitésimale qui se décompose aussitôt, m'invitent à transcender l'Absence pour retrouver la Présence, l'intelligence soudaine du Temps et de l'Espace sous la pression existentielle. Reprendre ma place en Dieu en le laissant prendre sa place en moi. Est-ce possible ?

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Francesco Bartolomeo Conti - David Oratorio (Azione Sacra) / Alan Curtis Il Complesso Barocco

=--=Publié dans la Catégorie "Music..."=--=

 

Laissez charger un bon moment puis écoutez intégralement ce Soleil Baroque.

 

 

Francesco Bartolomeo Conti

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Nier l'ennemi, c'est nier la paix

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Tout comme le pacifiste découvre immédiatement l'ennemi chez celui qui n'admet pas sa conception de la paix, les idéologies de la société sans ennemi (par exemple le marxisme) maudissent la guerre, mais préconisent la révolution et exigent que les hommes s'entretuent en vue de mettre la guerre hors-la-loi. On a assez souvent signalé l'imposture que couvre cette attitude et, bien que cet argument appartienne à la polémique courante, il n'est pas inutile de l'évoquer, car il rappelle par trop le ridicule de la querelle hideuse entre Bossuet et Fénelon sur le... pur amour (que n'ont-ils commencé par s'aimer !). La chose la plus grave consiste cependant dans le ressentiment qu'engendre inévitablement la bonne conscience des partisans de ces idéologies : étant donné que leur fin est bonne et hautement humaine, les ennemis ne peuvent être que des criminels ou même l'incarnation du mal (...). C'est ainsi qu'on justifie au nom de l'humanité l'extermination inhumaine des ennemis, car tout est permis pour débarrasser le monde de ces hors-la-loi et hors-l'humanité qui, de ce fait, sont des coupables. Dans ces conditions la notion de paix perd toute signification, étant entendu que politiquement elle consiste en un contrat ou traité, ou plutôt la paix devient impossible. Comment pourrait-il en être autrement, puisque toute action de l'ennemi, fût-elle désintéressée et noble, devient automatiquement perverse, immorale et criminelle, tandis que toute action du révolutionnaire, même scélérate et atroce, devient sainte, juste et irréprochable ? Nier l'ennemi, c'est nier la paix.

Il ne faudrait cependant pas jeter la pierre au seul marxisme par exemple, car, par certains côtés, il est un enfant du libéralisme dont l'un des principes essentiels est justement la négation de l'ennemi politique pour ne laisser subsister que les concurrents économiques. »

Julien Freund, L'Essence du politique

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27/03/2012

The Cure : Please, come back to me

=--=Publié dans la Catégorie "Music..."=--=

 

The Cure

 

I look out the window watching the world go round.
I wonder where you are now. I wish you were here now.
Waiting at the window I watch the rain come down.
Wondering what to do now. Wishing you were here now.

I don’t understand why you couldn’t stay.
I don’t understand why you went away.
I don’t understand why you wouldn’t say.
I only know I need you now to…

Please, come back to me.
Please, come home.
Please, come back to me.
Don’t leave me here alone.
Knocked down here on my own…

I watch out the window whispering hopeless words.
I won’t let you go now. I want you here now.
Watching out the window, whisper a helpless world.
Pulling me back now. Wanting you here now.

I don’t understand why you couldn’t stay.
I don’t understand why you went away.
I don’t understand why you wouldn’t say.
I only know I need you now to…

Please, come back to me.
Please, come home.
Please, come back to me.
Don’t leave me here alone.
Don’t leave me on my own.
Don’t leave me here alone.
Knocked down here on my own…

Still I wait at the window watching the world go round.
I wonder where you are now.
Please, come home…

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Milk Shake

=--=Publié dans la Catégorie "Brèves"=--=

 

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Tout ce qui est parfait ne tolère pas de témoins...

=--=Publié dans la Catégorie "Friedrich Nietzsche"=--=

 

« Mes objections contre la musique de Wagner sont des objections physiologiques ; à quoi bon les déguiser encore sous des formules esthétiques. L’esthétique n’est autre chose qu’une physiologie appliquée. — Je me fonde sur le "fait" — et c’est là mon "petit fait vrai" — que je respire difficilement quand cette musique commence à agir sur moi ; qu’aussitôt mon pied se fâche et se révolte contre elle : mon pied a besoin de cadence, de danse et de marche — au rythme du "Kaisermarsch" de Wagner, le jeune empereur lui-même ne réussit pas à marcher —, mon pied demande à la musique, avant tout, les ravissements que procurent une bonne démarche, un pas, un saut, une pirouette. Mais n’y a-t-il pas aussi mon estomac qui proteste ? mon cœur ? la circulation de mon sang ? Mes entrailles ne s’attristent-elles point ? Est-ce que je ne m’enroue pas insensiblement ?... Pour entendre Wagner j’ai besoin de pastilles "Géraudel"... Et je me pose donc la question : mon corps tout entier, que demande-t-il en fin de compte à la musique ? Car il n’y a pas d’âme... Je crois qu’il demande un allégement : comme si toutes les fonctions animales devaient être accélérées par des rythmes légers, hardis, effrénés et orgueilleux ; comme si la vie d’airain et de plomb devait perdre sa lourdeur, sous l’action de mélodies dorées, délicates et douces comme de l’huile. Ma mélancolie veut se reposer dans les cachettes et dans les abîmes de la perfection : c’est pour cela que j’ai besoin de musique. Mais Wagner rend malade. — Que m’importe, à moi, le théâtre ? Que m’importent les crampes de ses extases "morales" dont le peuple se satisfait ! — et qui n’est pas "peuple !" Que m’importent toutes les simagrées du comédien ! — On le devine, j’ai un naturel essentiellement anti-théâtral ; au fond de l’âme, j’ai contre le théâtre, cet art des masses par excellence, le dédain profond qu’éprouve aujourd’hui tout artiste. Succès au théâtre — avec cela on baisse dans mon estime jusqu’à ne plus exister ; insuccès — je dresse l’oreille et je commence à considérer... Mais Wagner, tout au contraire, à côté du Wagner qui fait la musique la plus solitaire qu’il y ait, était essentiellement homme de théâtre et comédien, le mimomane le plus enthousiaste qu’il y ait peut-être jamais eu, même en tant que musicien... Et, soit dit en passant, si la théorie de Wagner a été "le drame est le but, la musique n’est toujours que le moyen" — sa pratique a été, au contraire, du commencement à la fin, "l’attitude est le but, le drame et même la musique ne sont toujours que les moyens". La musique sert à accentuer, à renforcer, à intérioriser le geste dramatique et l’extériorité du comédien ; le drame wagnérien n’est qu'un prétexte à de nombreuses attitudes intéressantes ! — Wagner avait, à côté de tous les autres instincts, les instincts de commandement d’un grand acteur, partout et toujours, et, comme je l’ai indiqué, aussi comme musicien. — C’est ce que j’ai une fois démontré clairement à un wagnérien pur sang, — clarté et wagnérisme ! Je ne dis pas un mot de plus. J’avais des raisons pour ajouter encore : "Soyez donc un peu plus honnête envers vous-même ! Nous ne sommes pas à Bayreuth." À Bayreuth on n’est honnête qu'en tant que masse, en tant qu’individu on ment, on se ment à soi-même. On se laisse soi-même chez soi lorsqu’on va à Bayreuth, on renonce au droit de parler et de choisir, on renonce à son propre goût, même à sa bravoure telle qu’on la possède et l’exerce envers Dieu et les hommes, entre ses propres quatre murs. Personne n’apporte au théâtre le sens le plus subtil de son art, pas même l’artiste qui travaille pour le théâtre, — il y manque la solitude, tout ce qui est parfait ne tolère pas de témoins... Au théâtre, on devient peuple, troupeau, femme, pharisien, électeur, fondateur-patron, idiot — wagnérien : c’est là que la conscience la plus personnelle succombe au charme niveleur du plus grand nombre, c’est là que règne le voisin c’est là que l’on devient voisin... »

Friedrich Nietzsche, Nietzsche contre Wagner

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Un pays sans patrimoine commun n'est qu'une création artificielle

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Aucune collectivité ne saurait demeurer unie ni durer si ses membres n'éprouvent pas la nécessité de participer pour ainsi dire effectivement à l'ensemble social qu'ils constituent. Un pays sans patrimoine commun, qu'il soit d'ordre culturel, ethnique, linguistique ou autre, n'est qu'une création artificielle, incapable de résister aux épreuves de la politique. On a beau ironiser sur le concept de patrie et concevoir l'humanité sur le mode anarchique et abstrait comme composée uniquement d'individus isolés aspirant à leur seule liberté personnelle, il n'empêche que la patrie est une réalité sociale concrète, introduisant l'homogénéité et le sens de la collaboration entre les hommes. Elle est même une des sources essentielles du dynamisme collectif, de la stabilité et de la continuité d'une unité politique dans le temps. Sans elle, il n'y a ni puissance ni grandeur ni gloire, mais non plus de solidarité entre ceux qui vivent sur un même territoire. On ne saurait donc dire avec Voltaire, à l'article Patrie de son Dictionnaire philosophique, que “souhaiter la grandeur de son pays, c'est souhaiter du mal à ses voisins”. En effet, si le patriotisme est un sentiment normal de l'être humain au même titre que la piété familiale, tout homme raisonnable comprend aisément que l'étranger puisse éprouver le même sentiment. Pas plus que l'on ne saurait conclure de la persistance des crimes passionnels à l'inanité de l'amour, on ne saurait prendre prétexte de certains abus du chauvinisme pour dénigrer le patriotisme. Il est même une forme de la justice morale. C'est avec raison qu'Auguste Comte a vu dans la patrie la médiation entre la forme la plus immédiate du groupement, la famille, et la forme la plus universelle de la collectivité, l'humanité. Elle a pour raison le particularisme qui est inhérent au politique. Dans la mesure où la patrie cesse d'être une réalité vivante, la société se délabre, non pas comme le croient les uns au profit de la liberté de l'individu, ni non plus comme le croient d'autres à celui de l'humanité ; une collectivité politique qui n'est plus une patrie pour ses membres cesse d'être défendue pour tomber plus ou moins rapidement sous la dépendance d'une autre unité politique. Là où il n'y a pas de patrie, les mercenaires ou l'étranger deviennent les maîtres. Sans doute devons-nous notre patrie au hasard de la naissance, mais il s'agit d'un hasard qui nous délivre d'autres. »

Julien Freund, L'Essence du politique

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26/03/2012

Il serait monstrueux que les hommes fussent fondés pour servir de poubelles aux objets

=--=Publié dans la Catégorie "Citadelle : Saint-Exupéry"=--=

 

« J’interdis aux marchands de vanter trop leurs marchandises. Car ils se font vite pédagogues et t’enseignent comme but ce qui n’est par essence qu’un moyen, et te trompant ainsi sur la route à suivre les voilà bientôt qui te dégradent, car si leur musique est vulgaire ils te fabriquent pour te la vendre une âme vulgaire. Or, s’il est bon que les objets soient fondés pour servir les hommes, il serait monstrueux que les hommes fussent fondés pour servir de poubelles aux objets. »

Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle

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Jimi Hendrix : Hear My Train a Comin'

=--=Publié dans la Catégorie "Blues"=--=

 

 

Jimi Hendrix

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Jusqu'à la lie...

=--=Publié dans la Catégorie "Brèves"=--=

 

La Crasse... le monde mental de tous les Mohamed Merah de la Terre. Face Book regorge de cette connerie crasseuse et dangereuse dont la France n'a pas fini de porter le poids... mais elle l'a bien voulu et je crains qu'il ne lui faille, à présent, boire le calice jusqu'à la lie.

 


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Salus populi suprema lex

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« "Salus populi suprema lex", cet adage aucune collectivité ne peut le renier sans courir à sa perte. Pour elle il s'agit de vaincre l'ennemi, non pas de s'interroger avec scrupules sur les moyens employés, et d'autre part de vivre dans la plus grande prospérité sans toujours regarder au prix. La politique est dure, parfois impitoyable au regard des exigences de la pureté morale. Une collectivité a besoin de bonne conscience. Celle-ci peut être irritante aux autres, à ses voisins et à ses ennemis, encore qu'il faille soi-même avoir bonne conscience pour en faire le reproche aux autres. Dès qu'une unité politique est ravagée par le complexe de culpabilité, elle perd tout dynamisme politique, elle doute d'elle-même et ou bien elle se jette dans les bras de celui – fût-ce un aventurier – qui a su réveiller son besoin de bonne conscience ou bien elle est prête à tomber sous la dépendance de l'étranger qui ne s'embarrasse point de scrupules. La conscience collective d'une faute signifie politiquement un échec, car la culpabilité apparaît comme un aveu de faiblesse, d'impuissance. »

Julien Freund, L'Essence du politique

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25/03/2012

Ce qui fut l’œuvre de l’Occident

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« Nous nous sommes déguisés, pour que personne ne puisse reconnaître ce que furent les vertus des hommes de notre monde, nous nous sommes barbouillés de peinture et de sang pour manifester notre mépris envers tout ce qui a fait la grandeur qui nous a faits. Nous assistons avec joie, enthousiasme uniquement à ce qui nie, détruit, dénature, ce qui fut l’œuvre de l’Occident. »

Jacques Ellul, Trahison de l'Occident

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Se le répéter à chaque heure de la journée

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« Dans ses difficultés, se souvenir toujours que Cortès, à soixante ans, et abreuvé de dégoûts, demande au roi la permission de conquérir un nouveau monde. Se le répéter à chaque heure de la journée. »

Henry de Montherlant, Carnets

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24/03/2012

Le pasteur resta abasourdi devant une semblable révélation

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« Le colonel l’écoutait, sans l’interrompre. Quand il eut terminé :
- Daniel, mon ami, vous n’avez pas su comprendre les femmes, voilà tout. Ce qu’elles veulent, c’est un amant qui les dompte, qui soit leur maître, et non pas un amant qui soit leur esclave et qui soupire à leurs pieds. Tout cela ne vaut rien avec elles. Si vous perdez celle-là, descendez en vous-même et demandez-vous bien si vous n’en avez jamais encore perdu d’autres par les mêmes agissements.
Être aimé d’une femme, mon cher, c’est être redouté d’elle. Il faut, dès l’abord, la traiter en conséquence et, je le répète, la dompter. Une femme est-elle sûre de votre unique amour, à quoi bon dès lors se mettre en frais pour vous, pour vous qui êtes son bien, sa propriété ? Elle se sait reine et maîtresse, plus de craintes, plus d’émotions, dès lors l’ennui. Il faut, en amour, que l’un ou l’autre soit le maître, ce dernier rôle est fait pour vous.
Puis, après quelques pas et un silence, il continua :
- Tenez, un bon conseil, mon cher ami. Surprenez Ethel par le changement de votre attitude, elle vous reviendra. Prenez un stick, une cravache quelconque, entrez dans sa chambre et, sans crier gare, relevez les jupes de la belle et allez-y d’une fessée, d’une fessée sans pitié, sans trêve ni répit, d’une fessée exemplaire, jusqu’à ce que la chair soit zébrée de vos coups de cravache. Le pasteur resta abasourdi devant une semblable révélation. »

Hugues Rebell (Jean de Villiot) , Le fouet à Londres

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23/03/2012

Viens !

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On décrétera jeûnes, pèlerinages, pénitences, dons de ses biens, austérités, au nom de prétendues religions

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« On tuera les foetus dans le ventre de leur mère et l'on assassinera les héros. Les Shudra pourront se comporter comme des Brahmanes et les prêtres comme des ouvriers. Des voleurs deviendront des rois, les rois seront voleurs. Les dirigeants confisqueront la propriété et en feront un mauvais usage. Ils cesseront de protéger le peuple. De la nourriture déjà cuite sera mise en vente. [...] Des groupes de bandits s'organiseront dans les villes et les campagnes. Il y aura beaucoup de personnes déplacées, errant d'un pays à l'autre. Les commerçants feront des opérations malhonnêtes. Ils seront entourés de faux philosophes prétentieux. Tout le monde emploiera des mots durs et grossiers et l'on ne pourra se fier à personne. Les gens du Kali Yuga prétendront ignorer les différences de race et le caractère sacré du mariage, les relations de maître à élève, l'importance des rites. Les agriculteurs abandonneront leurs travaux de labours et de moissons pour devenir des ouvriers non spécialistes et prendre les moeurs des hots-castes. L'eau manquera et les fruits seront peu abondants. Beaucoup seront vêtus de haillons, sans travail, dormant par terre, vivant comme des miséreux. Les gens croiront en des théories illusoires. On vénérera de faux dieux dans de faux ashrams dans lesquels on décrétera arbitrairement jeûnes, pèlerinages, pénitences, dons de ses biens, austérités, au nom de prétendues religions. »

Alain Daniélou, Le destin du monde d'après la tradition shivaïte

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