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11/03/2007

Messages Transatlantiques -III-

=--=Publié dans la Catégorie "Musique : Rêve Vénitien..."=--=

Lundi 23 Juin 2003

Nebo :


Ode néfaste d’un instant,
saisie l’Espace et le temps,
et réveille l’Être endormi
en les abysses. Profond.

Eric :

Clapotis.
Lac souterrain.
Joyaux qui tintent.



Mardi 24 Juin 2003

Nebo :


Les muscles fatigués,
la sueur salée,
le miel de l’Être.

Eric :

Joues rouges
Au-dessus de l'enclume.
Forgeron sur la voie.



Mercredi 25 Juin 2003

Nebo :


La phrase se love
sensuellement sur mes lèvres
comme un serpent d’or
aux écailles de pétales de Rose.

Eric :

Pensées, questions,tentatives,
attitudes, souvenirs du jour.
Ce petit monde s'envole doucement
vers le ciel
comme des bulles de savons.



Jeudi 26 Juin 2003

Nebo :


Volutes de Haschisch,
ondoyantes Orientales,
vous me dites d’étranges choses.

Eric :

Lèvres charnues.
Dents pourries.
Diamants à la place des yeux.



Vendredi 27 Juin 2003

Nebo :


Miettes de tabac devant le clavier.
L’Herbe maudite et très sainte m’apaise.
Fermant les yeux,
une lumineuse jeunesse me revient.

Eric :

Bras tendus sous les projecteurs ;
récepteurs et paratonnerres.
Résonance ultime
de la chair et des os.
Fardeau et Salut.

Nebo :

La sueur. Cette humidité.
Odeur de bière et de pisse.
Chaleur. Prière. Douleur.
Violence. Encens.
La rumeur enfle la salle.
Joie ! Le son et sa Puissance.

Eric :

La sueur. Lave piquante dans les yeux.
Alibi des yeux qui veulent pleurer.
Vapeurs des corps et fumées du tabac,
dans un halo couleur de nacre.
Dissimulant le Créateur attentif.
Le Créateur attentif.



Samedi 28 Juin 2003

Nebo :


Déroute et plaintes.
Me libérer du lien.
Prendre le large.
L’encre sur la page,
la page dans le cahier ,
le cahier dans la vie.
Mais la Vie est ailleurs…

Eric :

Dans mon poing serré,
du sable sec.
Dans mon crâne aussi,
un vent sec.



Dimanche 29 Juin 2003

Nebo :


Quand le mirage disparaît,
il ne me reste plus
que mon ombre sur le sable du désert
sous le haut soleil.

Eric :

Lèvres gercées,
et puis toi...
Lèvres humides
à nouveau.



Lundi 30 Juin 2003

Nebo :


Sacrifice et furie.
Devant les lions de la place St Marc.
Etrange prémonition.

Eric :

Qui, en moi,
invite à briser leurs socles ?
Je fais la sourde oreille.
Pour le moment j'incruste une date,
un nom.



Mardi 1er Juillet 2003

Nebo :


Sa chatte humide accueille
la langue de mon incarnation.
Sel et miel et lait et thé.
Ventre vierge. Spasme assoiffé.

Eric :

J'ai oublié tous mes visages.
Tous absorbés
par son nombril.



Mercredi 2 Juillet 2003

Nebo :


Définitivement. Je prends le large,
quitte ton port, étudie un retrait
vers des eaux plus sereines.
Je vois mille choses dans les reflets
du café qui me brûle les lèvres.

Eric :

Poignée de main amicale.
Vérité de son pouls :
fâcheries, pleurs, rêves, sourires,
regrets, amour, secrets, questions,
décisions, guerre, feu, air,
retrouvaille cimentée.
fatum.



Jeudi 3 Juillet 2003

Nebo :


Ces Stances trans-Atlantiques
sont des vagues existentielles
participant au naufrage général.
Un rire lumineux en plus.
Une danse au milieu des plaintes.
Assurément une chorale.

Eric :

Chefs d'orchestres
armés de cure dents ;
musiciens aux mains vides.
Tout le monde est prêt.



Vendredi 4 Juillet 2003

Nebo :


Elle me dit alors :
« jamais je ne t’oublierai,
tu m’as éveillée à la Vie,
à la révolte, à l’Art. »
Ses yeux brillaient
tandis qu’elle s’éloignait.
Furtive comme une chatte.

Eric :

Je l'oublierais vite.
Je sortirais les mains
de mes poches.
J'abandonnerais l'écriture.



Samedi 5 Juillet 2003

Nebo :


Je porte le poids de mon corps.
La sueur. Temps lourd et orageux.
Ma grand-mère dans son fauteuil roulant,
l’œil perdu dans un « ailleurs »
qu’elle seule connaît.
Ici et maintenant un trésor m’est offert.

Eric :

J'ai dépouillé l'arbre
de ses feuilles ;
j'ai devancé l'automne.



Dimanche 6 Juillet 2003

Nebo :


Tristesse de ta voix
au téléphone
qui s’éloigne
de nous.

Eric :

Autrefois j'ouvrais la bouche
pour parler et rire.
Aujourd'hui j'écoute.
J’écoute. J’écoute.



Lundi 7 Juillet 2003

Nebo :


Sainte, très Sainte Energie,
tu t’empares de moi
comme bon te semble,
me propulse vers moi-même.
Tendre retrouvailles.
Puissante Oraison intérieure.

Eric :

Le cœur va sortir.
Va me prendre
dans ses bras.



Mardi 8 Juillet 2003

Nebo :


Le 8 Juillet 1971, Jim,
on te met en terre
au cimetière du Père Lachaise.
Les vers ont-ils bouffé ta panse
d’alcoolique halluciné ?
J’interrogerai le Yi-King,
à l’occasion,
avec de l’Herbe Sainte
et un peu de bourbon…

Eric :

J'aurais aimé qu'on récupère
mon crâne et qu'on en fasse
un nid pour les moineaux.
Pépiements et cris,
Printemps toujours célébré.

Mercredi 9 Juillet 2003 :

Nebo :


Vivace,
ce mouvement qui
ordonne mon corps.

Eric :

Coups de fouets
dans l'arène :
le lion montre
les crocs.



Jeudi 10 Juillet 2003 :

Nebo :


L’horreur de l’Être
quand, diminué,
il tressaille.

Eric :

Longues sueurs,
longues douches.
Je récupère ce qu'il y a
à récupérer.



Vendredi 11 Juillet 2003

Nebo :


L’écriture,
beau leurre,
paradoxe qui érige
et construit.

Eric :

Forteresse de poussières, solidifiée
inattaquable, imprenable.
Le termite y est comme chez lui.



Samedi 12 Juillet 2003

Nebo :


La solitude
est une douceur.
Aussi.
Etrange de passer
tant d’heures
sans parler.
Sans prononcer
un seul mot.

Eric :

Un volet s'est ouvert.
Le vent me rapporte un souvenir.
Un ancêtre.
L' Atlantide.



Dimanche 13 Juillet 2003

Nebo :


Ma barbe d’une semaine
me gratte
et pique.
Mon fils, petit hérisson,
la caresse
et m’invite
à la raser.

Eric :

Pique pique.
Paume de main parfaite
sur ma peau usée.
L’alpha et l'oméga.



Lundi 14 Juillet 2003

Nebo :


Colère
de ma peau
contre la sienne.
Sortir. M’arracher.
Quitter le champs des batailles.

Eric :

Nos mains s'entrecroisent,
toutes quatre masculines.
J'aime une femme
aux mains masculines !



Mardi 15 Juillet 2003

Nebo :


Ce qui me manque le plus :
ce sont les tâches d’encre,
les feuilles froissées,
le bureau qui ressemble
à un charnier. Stylo Noire.
Stylo Rouge. Bouts de gommes.
Crayon à papier.
La douleur dans la main
au terme d’une journée d’écriture.
L’ordinateur veille et, malgré nous,
ordonne,
nous transforme
déjà.

Eric :

Allons au nouveau mat
du navire.
Voiles qui claquent.
Drapeaux qui claquent.



Mercredi 16 Juillet 2003

Nebo :


Parfois s’éteignent les lèvres
et les regards
ne disent plus rien.

Eric :

Le vent est passé
dans les branches.
Tout est fini.



Jeudi 17 Juillet 2003

Nebo :


Le vent souffle sur la ville.
Que ne suis-je
face à une vallée !

Eric :

Frémissements et bourgeons ;
tout autour
et sur ma peau.



Vendredi 18 Juillet 2003

Nebo :


Trente-huit Printemps
ont nourri mon âme.
Trente-huit hiver
m’ont appris à mourir.

Eric :

Des coups de marteaux au loin.
Le cheveu se hérisse.
La gorge se serre.
C'est ma route.



Samedi 19 Juillet 2003

Nebo :


Le retour du Soleil
apporte la promesse antique.
Grappes de raisins
aux dents blanches des filles.
Lyre et tambourin.

Eric :

La nuit me couronnera d'étoiles
au gouvernail des cuisses
musclées de plaisir.



Dimanche 20 juillet 2003

Nebo :


La douleur de l’accouchement.
Les doigts sur l’acier des cordes.
Hier ? Demain ? Quelle importance ?
Ici et Maintenant
se joue quelque chose de plus délicat.

Eric :

Une frange sur les yeux.
Soleil clignotant.
Promesse.



Lundi 21 Juillet 2003

Nebo :


L’électricité dans les membres,
comme contenue.
La lourdeur. Les nœuds.
Gueule de bois.
Les veillées fraternelles ont un prix.

Eric :

Nuages en lambeaux
du petit matin.
Sourire intérieur.



Mardi 22 Juillet 2003

Nebo :


Le sang dans les notes.
La douleur d’être.
Pars, à présent.

Eric :

Une pousse
dans l'aire de jeux.
Soumise aux crachats.



Mercredi 23 Juillet 2003

Nebo :



Débâcle intérieure.
Un arc-en-ciel demeure
comme seule garantie
d’une alliance qui semble morte.

Eric :

Mes deux fesses sont nues
quand je fixe la route.
Fesses de nouveau-né.



Jeudi 24 Juillet 2003

Nebo :


Je cherche, depuis peu,
une berge où ma barque
accosterait.
Prendre du recul.
Dresser un bivouac.
La pluie. Le feu.
L’odeur de cuir humide :
est-ce ma veste ou ma peau ?

Eric :

Et mon visage ;
de plus en plus
un étranger
en dehors de mon âme.



Vendredi 25 Juillet 2003

Nebo :


Longue nuit,
presque blanche,
noueuse de questions.
Comme le visage de ma fille,
malade, vomissant sa bile.
On cherche les bonnes raisons.
On tente une justification.
On s’inquiète.
La Vie nous balaye.

Eric :

Petit peuplier frémissant.
Marteaux-piqueurs
au travail.



Samedi 26 Juillet 2003

Nebo :


La maison vacante.
L’âme vacante.
Le cœur vacant.
Vide.
Occidental et vide.

Eric :

J'ai attendu ma voisine.
Un cognement a la porte.
pour demander du sel.



Dimanche 27 Juillet 2003

Nebo :


Vent. Ciel. Douceur.
Ici les embruns
me clouent sur place.
L’Océan domine tout,
paisiblement.

Eric :

Marcher dans le sable,
voilà ce qui est
marcher.



Lundi 28 Juillet 2003

Nebo :


Minérale attitude.
Être simplement
cette larme.
Cette vague.
Ce grain de sable.

Eric :

Mégot de cigarette.
Sanctifié
au bas de la dune.



Mardi 29 Juillet 2003

Nebo :


Le sel sur sa peau.
Ma main dans ses cheveux.
Son regard est ailleurs.
Les amants ont la vie dure.

Eric :

L'ossuaire de sa bouche,
parfois, caverne
de diamants.



Mercredi 30 Juillet 2003

Nebo :


Quelque chose de vif.
Une extravagance intérieure.
Indescriptible.
Possédé.

Eric :

Mon regard est possédé
par le cerf-volant,
lui-même possédé
par l'enfant.



Jeudi 31 Juillet 2003

Nebo :


Le corps est dérangé.
C’est profond.
La courbe des palpitations
se love autour de mes nerfs.
Le chuintement des vagues
l’apaise tout juste.
Je suis une bombe atomique.

Eric :

Quel oiseau divin
au raz des vagues,
me saisira tel un poisson
dans sa bouche ?



Vendredi 1er Août 2003

Nebo :


Je laisserai derrière moi
quelques traces de pas sur la sable.
Rien d’autre.
Le vent et la mer,
ainsi que d’autres pas plus dignes,
plus grossiers,
plus conquérants,
effaceront tout ça.

Eric :

Qui chantera ce soir
autour du feu ?
Quelle jeunesse ?
Pour quelle beuverie ?



Samedi 2 août 2003

Nebo :


De retour.
Le goudron.
La compression du béton.
Le goût de l’acier sur la langue.
La Ville et ses merveilles.
Babylone.

Eric :

Tee-shirt élimé,
Pantalon épuisé.
Et l'avenir intact.



Dimanche 3 Août 2003

Nebo :


L’hostile persévérance.
La guitare fume
comme une arme
sur le champs de bataille.
Je suis un survivant.

Eric :

Les rires résonnent déjà.
Ils ont besoin d'un dos.
Le mien.



Lundi 4 Août 2003

Nebo :


La canicule.
Morsure du Soleil.
Ecrire à l’ombre
après une dure journée
de travail.

Eric :

Je n'ai retenu personne,
aucune jolie passante.
Juste la solitude.



Mardi 5 Août 2003

Nebo :


Sueur collante.
Palpitations haletantes.
Il semble
que le globe entier brûle.
Ce sont des prémisses.

Eric :

Nous sommes plusieurs
à reconstruire.
Tous illuminés.



Mercredi 6 Août 2003

Nebo :


Courbatures.
Douleur.
Sueur.
Je suis.

Eric :

Au fond des rides :
larmes du cœur.
Limon accumulé.



Jeudi 7 Août 2003

Nebo :


S’accomplir
par la vocation de l’Esprit
et la bonne disposition du Corps.

Eric :

Méditation matinale.
Telle une toilette
Obligatoire.



Vendredi 8 Août 2003

Nebo :


Lancer les dés
dans un rire,
en dansant.

Eric :

Fidèle aux mêmes chaussures.
Aller jusqu'au bout
de l'usure



Samedi 9 Août 2003

Nebo :


Ecrire est Acte.
A proximité de l’encrier
et de la plume,
repose le Sabre.

Eric :

Le soleil illumine
les trottoirs bétonnés :
invitation au labyrinthe.



Dimanche 10 Août 2003

Nebo :


Ce Silence intérieure,
avant l’assaut.
Le joint crépite,
le thé brûle.
Le crépuscule.

Eric :

Quelques pièces au fond des poches.
Cuivre et Nickel.
La Terre-Mère
toujours disponible.



Lundi 11 Août 2003

Nebo :


La page blanche
accueille
l’ombre de ma main.

Eric :

Quelqu'un m'a vu ;
Quelqu'un m'a souri.
Un vieil ange
Derrière la vitre.



Mardi 12 Août 2003

Nebo :


Un petit souffle
qui ne dit rien,
à première vue,
mais porte l’Univers entier
en lui.

Eric :

Apparences de formes
devant mes yeux.
Trans-Formations.



Mercredi 13 Août 2003

Nebo :


J’ai eu de tristes pensées
en regardant s’éloigner au loin
le signe de la main
de l’ami voyageur.

Eric :

Trains en route.
Sages serpents
Qui nous digèrent.



Jeudi 14 Août 2003

Nebo :


Son Silence
en dit très long
sur le chaos
qui la tourmente.

Eric :

Une tasse de café,
une cuillère et un sucre.
Valse connue de l'inox
contre la porcelaine.



Vendredi 15 Août 2003

Nebo :


Tes sept années
sont passées si vite.
O mon fils
ne te presse pas trop vite.
Cueille le temps
avant qu’il ne te cueille.

Eric :

Dieu était amoureux.
Alors il dessinait
la bouche des enfants.



Samedi 16 Août 2003

Nebo :


L’oppression
dans ma poitrine
qui alourdit mon souffle.

Eric :

Chaussures délacées
au pied du lit.
Pas la force pour un thé.



Dimanche 17 Août 2003

Nebo :


Chant intérieur.
Profond.
Tenace.
Les cellules.
Les Atomes.
Les liquides.
Je le distingue avec précision.

Eric :

Rassemblement des nuées
au dessus du dessert.
Inquiétude et tarte aux pommes.



Lundi 18 Août 2003

Nebo :


Aculé au mur.
Plus question de tergiverser.
L’ombre de mon père.
L’ombre du dieu mort ?
Etrangeté.

Eric :

Miroir à présent impénétrable.
Visage et corps
emportés dans le mutisme.



Mardi 19 Août 2003

Nebo :


« Eleven » déploie ses voiles.
L’Océan est calme
mais menaçant.

Eric :

Les enfants jouent
sur le pont.
Un cri de mouette.



Mercredi 20 Août 2003

Nebo :


Je meurs d’un orgasme électrique,
sur scène,
avant d’être jeté au public.
Ce rêve.
Ou ce cauchemar.

Eric :

Une scène balayée, lessivée,
au petit matin
par l'homme de ménage.
Les drames finissent toujours
Dans la tranquillité.



Jeudi 21 Août 2003

Nebo :


Ecrire à la veille
du départ.
Retour
à une part de l’âtre.
Brûle-t-il encore ?

Eric :

J'ai mes sentiers
à la fidèle poussière.
Aux longues marches sans but.



Vendredi 22 Août 2003

Nebo :


Soleil dessus l’aile de l’avion.
Soleil dessus les nuages.
Soleil par la fenêtre dessus mon bras.
Soleil.

Eric :

Désarmé en plein ciel,
sans ressource, sans triche.
Sensation pure
de mon visage.



Samedi 23 Août 2003

Nebo :


Être sur ce point précis.
Cloué.
Le regard de mon père
scrute, fuit, hurle, fait face.
Larmes.

Eric :

Les esclaves ont baissé les palmes
au soleil de midi !



Dimanche 24 Août 2003

Nebo :


En haut sur la colline,
la rosée matinale.
Le chant du coq.
Un oiseau survole les arbres.

Eric :

Mon regard s'éparpille
dans l'univers
des fourrés.



Lundi 25 Août 2003

Nebo :


Le monde a implosé mille fois.
Le village a changé si peu.
Odeur de mon enfance.
Sauf, les vieilles maisons
qui, bien que là,
désertes, tombent en ruine.
L’herbe sauvage règne.
La tombe de mon grand-père
m’apaise.
Mon père retrouvé aussi.

Eric :

Au loin, le bruit du marteau
sur le roc.
Un labeur véritable.
à l'épreuve du temps.



Mardi 26 Août 2003

Nebo :


Bande d’ordures !
Qu’avez-vous fait
de mon beau pays ?!
Où l’avez-vous enterré ?

Eric :

Je donnerais ma sympathie
aux mouches,
et mes larmes
à la terre.



Mercredi 27 Août 2003

Nebo :


Le foyer.
A présent,
un autre feu y brûle.

Eric :

Ne pas oublier :
mes Hommages
à la porte d'entrée.



Jeudi 28 Août 2003

Nebo :


Le regard
de mes enfants
me couronne
d’une force tranquille.

Eric :

Un pas vers la fenêtre,
un doigt sur le rideau,
un oeil au-dehors,
un enfant dans l'adulte.



Vendredi 29 Août 2003

Nebo :


Du fin fond
de ma mémoire morte
d’immémoriaux souvenirs
m’assiègent.

Eric :

Un conflit de voix et des propos décousus
s'entrechoquent dans mon crane.
Vieilles aventures et philosophies de cuisine.
Mais qui parle ? et qui répond ?
Plus rien n'appartient à personne.



Samedi 30 Août 2003

Nebo :


Ma solitude
m’enchante
le temps
d’une inspiration,
expiration,
toujours recommencées.

Eric :

Personne encore
n'est venu frapper
à ma porte.



Dimanche 31 Août 2003

Nebo :


Les deux particules
se sont mises en route,
depuis la nuit des temps,
pour cette étreinte.
Ecrire, aussi,
c’est dire
ce qui advient
à l’instant
de la rencontre.

Eric :

La première étincelle du silex
est née dans des mains
maladroites.

(À Suivre...)

09/03/2007

Messages Transatlantiques -II-

=--=Publié dans la Catégorie "Musique : Rêve Vénitien..."=--=

Jeudi 17 Avril 2003

Nebo :


Les alcools tapissent la vision
d’un faisceau d’échappées possibles.
Peut-être n’est-ce qu’une sanglante illusion ?

Eric :

Jeunes filles à peaux mates.
Elles offrent leurs corbeilles de fruits :
la grande plaisanterie du plaisir !



Vendredi 18 Avril 2003

Nebo :


Ecrire, est-ce ce qui me sauvera ?
Être Sauvé a-t-il un autre Sens ?
Le Sens s’écrit-il au fur et à mesure ?
A mesure que l’Univers se déploie
que porte l’Ecriture ?
Le thé vert miroitant me le demande.

Eric :

Nénuphars sur le lac,
port d'attaches pour libellules.
Ils rendent la traversée possible.



Samedi 19 Avril 2003

Nebo :


Je me pose ici, entre mon doux Soleil
et ma tendre lune.
Du haut de vos Siècles vous me scrutez.
Quel étrange amour que celui qui nous unit !
Sous la voûte étoilée, j’appelle la conscience,
qu’elle fleurisse, me porte et me sème,
car la mort est inévitable.

Eric :

Je salue le jour
où mon ventre éclatera
comme un sourire.



Dimanche 20/04/2003

Nebo :


01h55 du matin.
Il me semble avoir bu le calice
jusqu’à l’amertume la plus délicieuse.
Parfois, comme ce jour, chaque chose
est à sa place. La meilleure. La pire.
La Noble. La médiocre.
Hiérarchie de l’Être.
La mort est porteuse de sens.
L’attente un apprentissage.

Eric :

Avant que se lève le vent,
hommage de la rosée,
même sur les feuilles desséchées.



Lundi 21 Avril 2003

Nebo :


Je passe par le couloir du morne quotidien,
chaque jour.
Difficile de semer mes fleurs sur ce chemin.
Je me dois cependant de le faire.
Harmonieuses, vénéneuses, enivrantes,
troublantes et délicates.
Poisons et antidotes

Eric :

Regain de tendresse pour les murs.
La douce chanson du logis.
Je me décloisonne.



Mardi 22 Avril 2003

Nebo :


Mes palpitations cardiaques
sont de la partie… sur la Voie.
Elles enseignent comme tout le reste.
Le cœur est un maître qu’il faut écouter.

Eric :

Ma bouche s'ouvre et veut parler
avec la rage
de l'océan.



Mercredi 23 Avril 2003

Nebo :


Perspicace, la chatte tend ses sens…
…en alerte ! Elle semble voir
des mouvements subtils de molécules.
En comparaison l’Homme est mort.
Je savoure la scène. J’apprends.
Le Félin est un maître aussi.
Nous ne soupçonnons pas
les supports que prend la Voie
pour se présenter à nous.

Eric :

A l'ombre du Grand Eclat de Rire
l'animal m'a vu.
Il agite sa queue.



Jeudi 24 Avril 2003

Nebo :


J’ai lavé mon corps comme si j’avais lavé le sien,
me suis peigné comme si je l’avais peigné elle,
ma mamie, à l’odeur de miel, brisée, broyée,
en morceaux de souffrances innombrables.
L’histoire se poursuit. C’est à se demander
ce que nous pouvons y faire.
Rien.
Tout.
Avancer.

Eric :

J'ai chassé la brume de devant mes yeux
et puis j'ai renoncé.
Le visage en eau.
Qui m'aura vu pleurer ?



Vendredi 25 Avril 2003

Nebo :


Les palpitations cardiaques
disent mille souvenirs.
Elles éventrent le jour
pour mes pas d’homme sans assurance.

Eric :

Terres fraîchement labourées,
l'épouvantail garde ses bras ouverts
au milieu des corbeaux sautillants.

Samedi 26 Avril 2003

Nebo :


Il faut bien vivre, c’est un fardeau.
Le chant des oiseaux est une promesse.
L’espoir se dessine parfois en quelques mots,
quelques battements d’ailes .
Le vent dans les arbres.
Un sourire d’enfant.

Eric :

S'essuyer la bouche
du jus des fraises.
Inspirer fort jusqu'à
la douleur.



Dimanche 27 Avril 2003

Nebo :


Une pluie bienfaitrice exalte le Printemps.
Danse O Vie, malgré moi.
Adieu ? Déjà ? A quoi bon ?
Non, tout se transforme.
Ahurissant. Tourbillon d’énergies.
Rose. Lotus.

Eric :

Chenille née d'hier.
Elle se tortille
dans le creux de ma main.



Lundi 28 Avril 2003

Nebo :


Le scribe a mal aux doigts.
Il ne sait plus où donner de la plume.
Tout semble inaccessible.

Eric :

Et pourtant,
la mine tenue au-dessus de la feuille,
le roman continue de s'écrire.



Mardi 29 Avril 2003

Nebo :


Seul. Triste.
Feuille d’arbre
sur le point de succomber.
Le moindre souffle de vent
m’arrachera à ce rêve lugubre.

Eric :

Mes yeux se sont bridés
quand le soleil est apparu
au dessus du lac.

Mercredi 30 Avril 2003

Nebo :


Parfois ce sentiment étrange
d’être Quasimodo endormi
sous la voûte d’une cloche de Notre Dame.

Eric :

Les colombes viennent picorer
sur mon pardessus
de souffrance.



Jeudi 1er Mai 2003

Nebo :


Je porte ce fardeau funeste
comme une nécessité,
car, quoi qu’on en dise,
ce fardeau est le mien.
Du jour de ma naissance
à cet instant
je l’ai poli sans cesse.


Eric :

Comme chaque matin,
je débarrasse la table
de ses miettes.



Vendredi 2 Mai 2003

Nebo :


Je hais
Tu hais
Il hait
Nous haïssons
Vous haïssez
Ils haïssent

Conjugaison commune.

Eric :

Brûlure matinale du coup de règle
sur mes doigts d'écolier.
Larmes sur ma blouse.



Samedi 3 Mai 2003

Nebo :


Si ce monde implose au printemps,
les arbres auront reverdi,
les oiseaux seront en route,
les fleurs en pleine copulation.

Eric :

Le papillon s'exerce au vol
par vent défavorable,
sans un mot.



Dimanche 4 Mai 2003

Nebo :


Mal aux jambes,
du plomb dans les veines.
Mes soucis s’en moquent.

Eric :

Le long des cernes,
à livre ouvert :
ma vérité.



Lundi 5 Mai 2003

Nebo :


Nous nous retrouvons
après 19 années de séparation.
Etrange songe.

Eric :

Son visage se trouble,
comme la surface du lac
quand il reçoit une pierre.



Mardi 6 Mai 2003

Nebo :


Ce sentiment dans les yeux,
clairement lisible,
d’être passé à côté de quelque chose d’essentiel.

Eric :

Deux larges mains
prêtes à tomber
en cendres.



Mercredi 7 Mai 2003

Nebo :


Oui, je retourne à moi-même.
Mon encre est mon sang.
Je ne peux rien dire d’autre.

Eric :

Encore d’autres énigmes
derrière celles de Dieu
et de l’Univers.



Jeudi 8 Mai 2003

Nebo :


Le cœur bat vite, mais sans extase.
Les corridors internes
cachent leurs lots de pièges à pics.

Eric :

Barbe de sept jours
et yeux gonflés
au réveil.

Eric :

Sur un cheveu prélevé
du crâne d'Adolf Hitler
se déploient les délices.
Le son du luth. Miel et Lavande.
Orangeraies de la Terre Promise.

Nebo :

Une fourmi, sur le chemin,
porte une galaxie
au bout de ses antennes.
La fumée du haschisch
est une nébuleuse d'étoiles.



Vendredi 9 Mai 2003

Nebo :


C’est dans ma solitude
que les fleurs, le ciel, la mer,
s’ouvriront.

Eric :

Les bras en croix,
j'attends d'être fécondé
par le vent.



Samedi 10 Mai 2003

Nebo :


Je voudrais aller,
tel Thorgal ou Blueberry,
à la rencontre du monde.

Eric :

Une patrouille de fourmis
remonte sans peur
du fin fond de ma poche.



Dimanche 11 Mai 2003

Nebo :


Ah si le ciel pouvait descendre sur moi,
tout aurait la couleur d’une verdure fraîche,
mon âme compris.

Eric :

Une paire d'épaules
beaucoup plus sages
que moi.



Lundi 12 Mai 2003

Nebo :


L’eau fraîche matinale.
Les vêtements propres.
Bougies parfumées et encens.
Thé vert. Miel à la gelée Royale.
Kiwis. Ginseng.
Dehors : Soleil.
La plume m’attend
dans son encre écarlate.
Les fantômes ricanent.

Eric :

Que me réserve aujourd'hui
l'intérieur du miroir ?
Il accumule dans le désordre,
et restitue en bonne forme
l'épreuve du jour.



Mardi 13 Mai 2003

Nebo :


Stéphanie en lévitation
au-dessus du vide.
J’imagine la lumière blanche
De l’hôpital l’accueillir.
Ange brisé. Flamme éteinte.
Un tison résiste.
Peut-on sonder la douleur ?

Eric :

Vent dans les rideaux.
Une prière dite à voix haute
et la chair qui frissonne.



Mercredi 14 Mai 2003

Nebo :


L’anorexie a dressé son sceptre,
menace suspendue dessus ta couronne.
Tu refuses la nourriture,
solide ou éthérée,
refuses la force, la transformation.
Prend-toi pour Camille Claudel,
en ton néfaste syndrome,
même les vers ne voudront pas de toi.

Eric :

Ma valise est bouclée : je pars.
A l'intérieur
juste une paire de clefs.



Jeudi 15 mai 2003

Nebo :


Ode à tout.
Brin de lumière.
Souvenirs presque absents.
ICI !
Ici une trame se déroule
et je lui dis « oui ».

Eric :

Sous le couvercle,
j’imagine la pluie
à ses gouttes.



Vendredi 16 Mai 2003

Nebo :


La mue. Une carapace nouvelle.
L’ancienne est éparse.
La nouvelle n’interdira pas l’amour.
Je dis ces choses, en cet instant,
les mots tombent comme des bonbons de miel
hors de ma bouche.

Eric :

La sensation du pantalon neuf,
hélas, de trop courte durée.
Ensuite, ne jamais oublier ses jambes.



Samedi 17 Mai 2003

Nebo :


Atteindre la fraction de seconde
qui se suspend, presque hors d’atteinte,
justement, et révèle, toujours,
deux ou trois choses essentielles.

Eric :

Au bout du souffle,
avant l'inspir :
pas de corde a saisir !



Dimanche 18 Mai 2003

Nebo :


La souffrance se refuse
à me lâcher la grappe :
elle sert bien fort
mes couilles entre ses dents.

Eric :

Un oeil regarde à gauche,
un oeil regarde à droite,
et on avale sa salive.



Lundi 19 Mai 2003

Nebo :


Je t’ai baptisé « lumineuse »,
o la belle affaire !
Tu n’es, désormais,
que ténèbres et marécages.
Contre quoi me battre ?
Qui affronter ?

Eric :

Vivre comme on boit
un verre d'eau.
Liquides en suspension
provisoire.



Mardi 20 Mai 2003

Nebo :


David Bohm rencontre Spinoza.
Ils boivent le thé,
échangent leurs calculs.
L’intuition exulte.

Eric :

Albert Cohen rencontre Albert Cossery.
Ouzo, olives et pistaches,
le rire est gras :
la solution du monde !

Nebo :

David Bohm rencontre Albert Cossery.
Antoine Blondin picole au comptoir,
les observant d'un oeil espiègle.
Le monde est gras:
la solution? Le rire.

Eric :

Mes côtes me font mal,
ma bite me fait mal,
joyeuse rançon du rire
et de la baise !



Mercredi 21 Mai 2003

Nebo :


David Bohm formule
une prière sans le savoir.
L’Infini danse
une danse infinie.

Eric :

Je nettoie mon oeil,
nettoie l'œil
de l'Univers.



Jeudi 22 Mai 2003

Nebo :


Lumineuse,
Je ne puis rien faire
pour te tirer de là,
puisque tu rejettes
le moindre sourire,
le plus petit geste.
Le vent, les oiseaux, les arbres
me le confirment.

Eric :

Avec un bâton.
dans le sable
de mon arrière-cour ;
je trace ton nom.



Vendredi 23 Mai 2003

Nebo :


Si les univers sont multiples
tout en étant UN,
le Savoir est difficile à étreindre.
Qui saura lire les parchemins
au tabernacle déroulés ?

Eric :

Ma plume s'est brisée,
reste une tache,
une révélation.



Samedi 24 Mai 2003

Nebo :


Le temps joue contre moi,
m’en dissuader est inutile.
Même la rose épanouie
finit par laisser tomber
ses pétales écarlates.

Eric :

Je suis seul.
Avec ma sueur
et mes yeux fous.



Dimanche 25 Mai 2003

Nebo :


Avec mes bras fatigués
je t’ai aimée.
Ta chair chaude a abîmé
ma poitrine de marbre.
Me restent l’encre et les larmes,
et les mots taris pour TE dire.

Eric :

Je recompose ta formule
comme un alchimiste
en sursis.



Lundi 26 Mai 2003

Nebo :


Soudain, au détour d’une page,
le soleil devient plus lourd.
La trame devient plus exigeante.
Ecrire devient un soupir…

Eric :

Ici : Un labyrinthe
de couloirs rétrécis
où les murs retiennent leur souffle.



Mardi 27 Mai 2003

Nebo :


Bipède à station verticale.
Sur-singe à peine évolué.
Œillères idéologiques bigarrées.
Et dire que la vision de la réalité
dépend de ta triste volonté !

Eric :

Un tintamarre de percussions,
fer blanc et poubelles,
prend possession des rues.



Mercredi 28 Mai 2003

Nebo :


Je suis toujours l’enfant
des 1000 et 1 sortilèges.
Haschisch ou pas
mon rire fou l’atteste.
Les oiseaux en plein vol me sourient.

Eric :

Marchant encore de-ci, de-la.
Un jour viendra où mon pardessus
prendra lui-seul les décisions.



Jeudi 29 Mai 2003

Nebo :


Imperturbable. De plus en plus.
Les choses ne m’atteignent plus
que dans une juste mesure.

Eric :

Qu'as-tu à me dire
homme aux larmes chaudes ?
Que puis-je faire pour toi ?
Juste anticiper ta venue,
être moi : de glace.
Avant d'être toi !



Vendredi 30 Mai 2003

Nebo :


Sombres pensées qui m’assiègent,
votre Saillie est un calvaire,
un triste viol.
Abysses emblématiques
qui m’anéantissent
avant de me couronner.

Eric :

Le guerrier nu avait un discours
destiné à la foule.
Sa grimace s'est changé en sourire.
Du sommet de son pilier, il n'est pas d'horizon
qui échappe a son regard.
Il se changera en statue, c'est décidé.
Epaules offertes à la pluie, aux rayons brûlants du soleil,
à toutes les intempéries possibles et imaginables,
sans oublier la suprême bénédiction :
la merde des pigeons.



Samedi 31 Mai 2003

Nebo :


L’empreinte que votre peau
me laissa, mademoiselle,
est une peinture antique
en train de se fissurer
sous une poussière volcanique.

Eric :

Mes yeux sont grand ouverts.
Une pression comparable
à la chute d'eau,
diffère la Grande Respiration.



Dimanche 1er Juin 2003

Nebo :



Le ciel bleu,
transpercé de Soleil,
porte, en suspension,
tous nos rires,
toutes nos larmes.

Eric :

Cavalcades dans le jardin d'enfant.
Grincements des balançoires.
Rien ne se rattrapera.



Lundi 2 Juin 2003

Nebo :


Mes bras étaient prêts à l’étreinte,
mes lèvres parées aux embrassades.
De l’encens brûlait.
Elle n’est pas venue.

Eric :

J'éloignais d'un revers de main
un de mes cils
tombé sur la table.



Mardi 3 Juin 2003

Nebo :


Seul à l’aube pâle.
Il fait chaud.
Le Volcan est en sommeil.
L’été approche .

Eric :

Voici le temps des bénédictions :
le temps où l’on sait
qu’il n’y a pas eu d’avant,
qu’il n’y aura pas d’après.



Mercredi 4 Juin 2003

Nebo :


Viendra un temps
où je ne croiserai plus
mes vieux amis
qu’aux obsèques
d’autres amis.

Eric :

Il y aura encore :
un gravillon dans ma chaussure
et quelques moineaux
dans les arbres.



Jeudi 5 Juin 2003

Nebo :


Au téléphone
ta voix a la fragilité
d’une feuille en automne.

Eric :

Mes lèvres sont immenses.
Elles commandent le tonnerre ;
commandent la marée.



Vendredi 6 Juin 2003

Nebo :


J’ai rêvé d’une odeur
de champs de blé
au Royaume de mon enfance.
Le goût du pain
malaxé par ma grand-mère
est encore là, dans ma bouche.

Eric :

Longues tiges de bambous
fouettant les amandiers.
Les garnements ramassent
leur butin.



Samedi 7 Juin 2003

Nebo :


Sans trop de mouvements,
ni trop de bruits,
tu déformais ton ombre
en m’ouvrant tes bras.

Eric :

Les portes se sont ouvertes :
chuchotements, connivences ;
air frais sur la sueur
des amants.



Dimanche 8 Juin 2003

Nebo :


Ce sentiment d’être
une énigme
sans réponse.

Eric :

Juste un point posé
au centre de l'Univers,
l'Univers dans ce point.



Lundi 9 Juin 2003

Nebo :


Je suis otage
de ce souffle
qui m’emprisonne
sur cette terre.
M’en libérer
est un long chemin
guerrier.

Eric :

S'affranchir un a un
des éléments de la cuirasse.
Revenir au monde.
Indestructible.



Mardi 10 Juin 2003

Nebo :


Hurlements dans la rue :
de jeunes blacks/beurs
courent vers le marché couvert.
Un ciel de plomb tout domine.
Voitures de police lentes
et sans sirènes.

Eric :

Sous le container
des larmes.
Mon pied tape un rythme
encore plus lent :
un blues encrassé.




Mercredi 11 Juin 2003

Nebo :


Notre Amour fut
Or et Braise.
A présent il n’est plus
que Plomb et Cendres.

Eric :

Place aux éboueurs
les résidus d'histoire,
ils n'en ont cure !



Jeudi 12 Juin 2003

Nebo :


Le loup en moi
est en fuite.
Toujours à guetter
sa pitance.
Mais quelle pitance ?

Eric :

En attendant,
la musique des dents
sur l'écuelle vide.



Vendredi 13 Juin 2003

Nebo :


Dire l’essentiel
en deux phrases
est une impossible
mission.
Seules quelques
saisies éphémères
se déploient
dans la corolle de la Rose.

Eric :

Sécheresse du bâton
dans la main calleuse.
Graviers sur le sentier.



Samedi 14 Juin 2003

Nebo :


Le Sauternes est frappé.
L’andouillette a un goût de merde,
mais c’est bon.
Nous faisons ripailles,
à deux doigts de réinventer
le monde.

Eric :

Elévation.
Comme une bulle de savon
prête à crever.



Dimanche 15 Juin 2003

Nebo :


Les notes sont des bombes.
Le son un commandement.
La guitare un Sabre quantique.
Devant moi les probabilités se déploient.

Eric :

La chair et les os,
les étoiles,
un tableau.



Lundi 16 Juin 2003

Nebo :


Happé par mon vide,
en une néfaste valse
je m’abandonne.

Eric :

Je m'essouffle,
me vide,
insaisissable.



Mardi 17 Juin 2003

Nebo :


L’Irlandaise m’oblige
aux orgues et aux violons.
Elle a la tête dure
et sait ce qu’elle veut.
Se plier à ses exigences
est un devoir Sacré…

Eric :

Baiser rouge
au bas de la robe.
Parfum de renaissance,
de reconnaissance.



Mercredi 18 Juin 2003

Nebo :


Mes empreintes digitales,
(ou peut-être sont-ce les tiennes ?)
imprimées
par le contact des frites grasses
sur ce poème, jadis
lu ensemble, à deux voix.

Eric :

Dehors le tonnerre
frappe contre les vitres,
fait vibrer les verres



Jeudi 19 Juin 2003

Nebo :


Revivre ces extases morbides.
Retraverser le Styx et l’Achéron.
Et l’écrire avec grâce.

Eric :

Les doigts devenus secs,
les cheveux fatigues,
et la vue qui s'aiguise



Vendredi 20 Juin 2003

Nebo :


La même chienne à trois pattes
court, un bâton à la gueule,
vers l’inéluctable terminaison.
Et elle joue.

Eric :

Les mains au fond des poches
qu'on m'enterre sans rien toucher.
Les mains au fond des poches



Samedi 21 Juin 2003

Nebo :


Ecrire, d’une imaginaire flamme,
la question,
avec délice,
sur mon plexus solaire.

Eric :

Par les rues sombres,
tête nue sous la pluie :
les illusions partent
dans le caniveau.



Dimanche 22 Juin 2003

Nebo :


Le thé vert matinal
me lave de l’intérieur.
Lâchant prise totalement,
l’écriture me guide.
M’affrontant au Verbe,
celui-ci m’emporte.

Eric :

La tête remplie de coton,
dans une carcasse de fer
je m'envole vers l'Ouest.

Nebo :

A l’Ouest, quoi de neuf ?
Hollywood scintille ?
Les strass sur les paillettes
se font passer pour des fées ?
Ici, probablement, une jeune fille rêve
d’atteindre le trône , quelque part
dans une chambre de bonne
tapissée de Marilyn…

Sourire perlé de larmes…

Eric :

A Venice Beach
on danse pour la paix.
mon crâne est prêt
à exploser.


(À suivre...)

(À Suivre...)

07/03/2007

Messages Transatlantiques -I-

=--=Publié dans la Catégorie "Musique : Rêve Vénitien..."=--=


En Guise d'Introduction

Il convient de préciser quelques petites choses en guise d’Ouverture, avant que la lecture de notre Fantaisie ne débute.

En Mai 1991, perdu dans la banalité d’une vie à la petite semaine, je plaquais mon emploi de vendeur à Conforama. Téléviseurs, magnétoscopes, chaînes hi-fi, caméscopes, machines à laver ou à sécher le linge, cuisinières, réfrigérateurs, congélateurs, plaques chauffantes, fours encastrables et fours micro-ondes. Je vendais depuis 4 ans du bonheur propre et clinique. Cheveux courts. Costard-cravate. Chaque matin rasé de près. Pas de boucle d’Oreille. Je me devais d’afficher une convivialité rassurante derrière une stratégie de requin souriant, afin de subvenir aux besoins de ma famille. « C’est un bon jour si l’on meurt, bon appétit aux tueurs » ne chantait pas encore Eric. Et je gagnais ma vie avec difficulté. C’est qu’enculer mon prochain n’a jamais été dans mes cordes. Dans ce milieu d’une affligeante platitude, je passais pour une sorte d’Alien, survolant la surface de vente tel un Ovni en pilotage automatique, de 10h à 19h30.9h30/19h30, le Samedi. Nocturnes occasionnelles en fin d’année et durant les Soldes. 700 francs de fixe brut + un pourcentage sur mes ventes. Il faut bien gagner sa pitance ma brave dame, sa triste pitance mon bon monsieur. Le meilleur vendeur s’en tirait avec 15 000 ou 16 000 francs par mois hors la saison de fin d’année. Moi je survivais entre 4500 et 8000/9000 francs gagnés sans grand éclat. Selon les mois. Et malheur à moi si je loupais un week-end ! Car c’est durant le week-end qu’un vendeur à Conforama se fait son salaire. Je rentrais chez moi lessivé. Éteint. Mort-vivant. Vidé. Pour survivre dans ce vaste Néant je lisais et relisais Nietzsche et, la nuit, j’écrivais de curieuses Stances métaphysiques dans le Sanctuaire Secret de ma Chambre. Quand je n’écrivais pas, le casque rivé sur les oreilles, j’enregistrais des chansons aux sonorités apocalyptiques et néfastes sur mon Fostex 8 pistes sans aucun projet déterminé en tête. J’avais, alors, épuisé les possibilités de rejoindre un groupe sérieux sur ma région, à Massy dans l’Essonne. Depuis 1980 j’avais participé à un paquet de groupes,du plus mauvais au plus tenace. Entre les musiciens se prenant pour Keith Richards ou Yngwie Malmsteen dés qu’ils connaissaient trois accords basiques et deux descentes de manche, et ceux inspirés par les substances illicites au point de louper les répétitions ou de se planter sans arrêt sur les parties délicates durant les concerts, j’avais donné à ces diverses farces mon temps, mon énergie plus que de raison et ruiné, en partie, la qualité de mon désir à l’égard de la musique. Je perdais patience. Le Rock and Roll avait-il donc mal vieilli ? Je passais alors une annonce dans divers magazines « guitaristiques » et, démissionnaire de Conforama, je tirais des plans sur la comète. J’écoutais mes cheveux pousser.

Je reçu une dizaine de coups de téléphone. Déception sur déception. Par désespoir, j’imaginais un ramassis de rockers hexagonaux aux dents cassées, à l’haleine fétide sentant la « 1664 » et aux slips jaunes devant, marrons derrière et, probablement, verts dans le fond. Les propos échangés me laissèrent muet. Mes idoles mortes devaient se retourner dans leurs tombes. Mes idoles vivantes, elles, traçaient leur route dans une joie pure sans même prêter attention à ces sinistres usurpateurs.

Les uns rêvaient déjà d’être en haut de l’affiche (et répétaient une ou deux fois par semaine… mais surtout pas le week-end), les autres voulaient à tout prix ressembler à des émules de la Mano Negra ou des Garçons Bouchers. Je ne méprisais pas ces groupes, mais ni leur esthétique, ni leurs propos pseudo-politiques ne me convenaient. Noir Désir trouvait grâce à mes yeux et, surtout, à mes oreilles, mais je ne voulais en rien marcher sur les pas de la bande à Bertrand Cantat. Je n’avais plus 18 ans. J’approchais de mes 26 ans et, à cet age, la trentaine se profile déjà à l’horizon pour ceux ou celles qui ont brûlé une partie de leurs cartouches durant leur adolescence. J’étais de ceux-là.

C’est alors que la voix timide et frêle d’Eric James m’appela aussi. D’emblée le contact fut d’une tout autre nature. Nous parlâmes de U2, des Doors, de REM, de Led Zeppelin, des Clash, de Bruce Springsteen, mais aussi de Friedrich Nietzsche, de Mystique Juive, de Taoïsme, de Soufisme, de Jack Kerouac, de Goethe. Il me fallait rencontrer ce mec. La proposition initiale, de rentrer au sein de son groupe, The Sentinels, ne me séduisit pas immédiatement, et ce malgré le fait que le groupe venait de sortir un album chez Musidisc, produit par Little Bob (« Face of Desire »). Mais la Volonté tenace d’Eric pour faire peau neuve et orienter ses Sentinels vers de nouvelles sonorités et un nouveau nom eut raison de mes retranchements. Un nouveau groupe allait prendre forme et j’allais être de la partie. C’est ainsi, qu’après plusieurs contacts téléphoniques et épistolaires nous finîmes par nous rencontrer en Septembre 1991 et le groupe Venice naquit des cendres fumantes des Sentinels.

Dés lors commença une aventure dont je ne regrette que peu de choses aujourd’hui si je daigne, dans les instants de Nostalgie, regarder en arrière. Le chemin parcouru. Les chansons écrites dans la fièvre. Les disputes. Les périodes de vaches maigres. Les conflits quant aux stratégies à adopter pour assurer la pérennité de notre formation. Les Victoires. Les putains d’échecs. Curieusement, les fous rires mis à part (et ils furent nombreux) et une poignée de concerts vraiment mémorables sur quelques centaines, ce que je retiens de notre Odyssée… et bien ce sont surtout les échanges que j’ai pu avoir avec Eric. Une réelle Fraternité Intellectuelle s’est instaurée entre nous malgré bien des points de désaccords qu’il me serait trop délicat et ardu d’expliquer ici en quelques phrases. Avec le temps, une complicité évidente a vu le jour.

Après bien des déboires, que nous rêvons d’écrire un jour, Eric et moi, à deux voix (à deux voies ?), notre groupe ne parvenant pas à se séparer, nous le mîmes en « dormition »… Oui ! Tel le Roi Arthur au fond de son Lac.

Eric à New York, en quête de lui-même, Franck, Fred et moi-même en France à se demander ce qu’on pouvait faire de toute cette longue histoire de plus de 10 ans. Nous étions en 2002. Quelques mois auparavant le World Trade Center venait d’imploser sur lui-même, signant par là notre entrée fracassante dans le 21ème Siècle. Sang, Chair et poussière. Offrandes Sataniques. Meurtres de l’innocence. Accélération générale. Affres et faux espoirs. Prières de l’Underground. Bien en dessous du « Ground Zero ». Et bien au-dessus de tout ce fatras putride.

Venice ? Grand Silence. Le reptile se rétracte avant l’attaque. Patience fantôme dans l’Azur.

En Janvier/Février 2003 la machine se lance. Fred et Franck enregistrent, seuls, comme des grands, la Batterie et les Basses basiques de dix titres à peine achevés, tous frais, tout juste sortis de la Matrice. Composés durant l’année 2000/2001, juste avant le départ d’Eric pour les USA. Squelettes élastiques. Structures définies. Mais suites d’accords hésitants. Juste 4 textes écris. Lignes de chants grommelées en « Yahourt ». Absence de climats. Atmosphère tout juste respirable. Aucune couleur précise. Juste la pulse rythmique. Le battement de l’Être non encore révélé. Probables. Possibles. « Deviens ce que tu es ».

Les enregistrements se font chez Fred. Locataire d’une maison, il vide une petite pièce qui lui sert habituellement de bureau, Home Studio, lieu de réunion du groupe. Et là, en ce lieu exigu, Franck et Fred couchent sur le disque dur de la Workstation Roland VS-1880, l’assise de nos chansons.

Le Samedi 15 Février 2003, Fred et Franck débarquent chez moi, à Massy, et installent dans ma pièce musicale, dans l’appartement du HLM qui nous abrite, moi et ma famille, le VS-1880 pour que j’y couche mes guitares. Configuration numérique. In. Out. Câblages. Explications. Mises en gardes. J’écris dans mon « Journal », à cette date :

« J’écoute Fred attentivement. Je prends des notes. J’évite de lui montrer trop que la panique couve à l’intérieur.

Je me sens éloigné de tout en vérité. De Venice…de la guitare…de la musique… de moi-même. »

Au sortir d’une grosse crise existentielle, j’affronte, à ce moment précis, mes inquiétudes déchaînées, mes ancêtres, mes revenants, mes tortures, ma clameur vivante aussi. Le Passé de mes naissances. L’Avenir de ma Mort certaine. Palpitations Cardiaques combattues à coup d’Homéopathie et de séances d’Acupunture. C’est dans cet état d’esprit que j’attaque l’enregistrement progressif de mes guitares. Jaillissements des couleurs. Climats appropriés. Architecture sonore. Sculpture de l’ouï. Saturations. Flanger. Chorus. Auto-Wha et Wha Wha souffrantes. Delays shootés sous pédale Whammy. Coups de Vibratos et nappes auditives. Accents et rebonds. Bootleneck d’un bayou cosmique et slide mélodique. Les guitares, sur le morceau qui deviendra (le texte une fois terminé) « At the First Time », ont été enregistrées 2 ans auparavant. J’en suis satisfait et je prends la décision de les garder. Les 9 autres chansons s’accouchent dans le calvaire.

Pendant l’enregistrement, je traverse une période professionnelle difficile. Ma grand-mère Maternelle, à laquelle je suis très attaché, a un Accident Vasculaire Cérébral qui lui paralyse tout son côté gauche. Le col du fémur cassé, elle est déjà porteuse d’un Pacemaker. Semaines de souffrance. Incertitudes. Opération Impossible.

Le père d’Eric, vivant au Maroc, meurt.

Voiles noirs et moissons mortuaires.

Je m’intéresse à la Physique Quantique.

Je fais un voyage éclair de 6 jours en Serbie pour retrouver mon père que je n’avais pas vu depuis 1977 et que tout le monde croyait mort suite aux évènements qui ont ébranlé les Balkans durant les années 90.

La lumière de l’île de Ré m’éblouie, aussi.

Je suis un damné cherchant la Sortie hors de l’Enfer. Et, entre deux aspiration-expirations, je cherche l’inspiration et, inlassablement, mais la peur nouée au ventre… j’enregistre.

Au bout de quelques mois, nous transférons à nouveau le VS-1880 chez Fred où nous finalisons les enregistrements. Nous composons deux titres supplémentaires. « Cyborg » et l’instrumental « Netzach ».

Le Samedi 6 Mars 2004, je pouvais écrire, soulagé :

 

« La guitare a définitivement
planté ses lames dans les cibles choisies.
les chansons l’affirment.

Je suis VIVANT.
Son des cloches
sur la Place Saint-Marc. »


C’est à ce moment précis que Fred élabore les touches finales de l’habillage prêt à accueillir la Voix d’Eric pour que le Corps s’Incarne. Boucles électroniques en métastases de Vie sur un fond noir et lugubre. Cancer général Inversé. Les textes d’Eric éclaireraient ce curieux Phénomène dont nous parachevions l’assemblage.

Durant tout ce temps alors que nous œuvrions à notre Art, Eric, exilé à New York, demeurait difficilement en contact avec nous. Un mal-être foudroyant le faisait divaguer d’îlot de perdition en îlot de foi. Les textes n’étaient pas écrits. Ses e-mails faisaient peur puis, habilement, aménageaient une ouverture éclairante.

C’est qu’Eric était en guerre, tout autant que nous. Mais selon d’autres bifurcations, d’autres codes, d’autres stratégies.

Le 15 Mars 2003, alors que j’attaquais tout juste l’enregistrement de mes guitares sur notre nouveau projet, nous prenions la décision folle et impétueuse d’échanger quotidiennement, Eric et moi, via messagerie, de courtes pensées, sentences joyeuses ou cyniques, états d’âmes, haïkus bâtards, propos malhonnêtes et prières désespérées, selon un principe simple : l’un envoie le diapason, l’autre rebondit spontanément. Il ne s’agissait pas de forcément privilégier l’INSTANT. Parfois de Lointaines expériences Psychédéliques ont refait surface et influencé certaines de mes pulsions écrites. C’est que, sur ce plan, nous nous sommes calmés. Trois membres du groupe sur quatre sont de laborieux pères de familles.

Généralement limités à un aller-retour, certains jours un peu plus fervents ont donné lieu à des échanges doublés ou triplés.

En fait : carte blanche. Pas de règles. Liberté de dire. Liberté d’écrire. Liberté d’accueillir le Jaillissement.

Au cours de ces échanges nous avons, Eric et moi, continué à porter l’étendard du groupe. En fiers Vénitiens d’une Virtualité Incarnée. Paradoxe de l’Internet. Nous nous sommes nourris mutuellement de ces Stances verbales déstructurées tout en luttant côte à côte, par ce contact, pour préserver un espoir, une perspective pour Venice. En arrière fond se déroulaient tous ces drames que j’évoquais plus haut.

Ainsi, du 15 Mars 2003 au 15 Mars 2004, nous échangeâmes nos errances en ce bas-monde.

Durant l’été 2004, de passage par la France, Eric (acculé au mur) écrit les 7 textes restants du projet et enregistre ses 12 chants sur un ensemble de 13 morceaux dont un instrumental. L’ensemble en seulement 6 jours. Une vieille chanson du groupe, « Le Vin de mes Pères », sortie d’un tiroir et dépoussiérée est mise en orbite électro par Fred. La Voix d’Eric se pose dessus comme une incantation très ancienne, revisitée.

J’aime à croire, secrètement, que notre échange poético-épistolaire lui aura servi de mise en forme, de préparation Verbale et, peut-être, de restructuration de son inconscient pour ce qui allait être son exploit à lui au sein de cette aventure : écrire les textes manquants et enregistrer tous ses chants en seulement 6 jours… le couteau sous la gorge. Danse dessus le gouffre et instinct de survie. Mais tout cela transcendé.

En les écrivant nous n’avons eu, à aucun moment, la moindre prétention littéraire quelconque. C’est pour cette raison aussi que je considère, quant à moi, ces extravagances comme une simple fantaisie. Une amusante Catharsis.

Nous vous les livrons ici humblement.

Nebojsa CIRIC (Mars 2004)


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Messages Trans-Atlantiques plus quelque chose entre parenthèses… (La Queue entre les jambes)

Par Eric James et Nebojsa Ciric

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Samedi 15 Mars 2003

Eric :


Des rangées d'hommes fatigués
offrant leur dos
à la bastonnade.

Nebo :

De l'autre côté du miroir,
le guetteur sait la dernière heure.
Il est minuit moins deux sous l'œil de Dieu.

Dimanche16 Mars 2003

Nebo :


Demain mille espoirs se dissolvent,
de ces rêves paisibles qui font tourner le monde.
Surgiront du charnier l'Être et la bête,
l’eau matinale sur mon visage le clame,
chaque rayon de lumière l'atteste.

Eric :

L'estomac gargouille.
Est-ce donc le ver de la faim ?
Mes lèvres sont sèches.

Lundi 17 Mars 2003

Nebo :


Le Mal-Être surgit à l'aube,
il a ses raisons
dévastatrices pour apprendre.

Eric :

A travers l'océan des larmes,
mes yeux cherchent
le reste de mon corps.

Mardi 18 Mars 2003

Nebo :


Loin de ma Patrie éteinte,
je suis en exil.
Ma plainte consumerait un astre.

Eric :

Ma tête passée au rouleau,
sous la vague,
finira de sécher sur le sable.

Mercredi 19 Mars 2003

Nebo:


La toilette sobre matinale
dévoile la voie oblique.
L'écriture clame et nettoie.

Eric :

Dehors, le soleil
peut être touché
du doigt.


(À Suivre...)

 

18:45 Publié dans Musique : Rêve Vénitien... | Lien permanent | Commentaires (6) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook