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haïkus

  • The Motherfuckin' Warriors...

    =--=Publié dans la Catégorie "Musique : Rêve Vénitien..."=--=

     

    Lorsqu'en 1989 Eric James pose sa voix sur l'album des Sentinels ("Face of Desire"- Musidisc) sous la houlette de Roberto Piazza alias Little Bob à la production, déjà dans son esprit l'appel du grand Large se fait entendre. Au sein des Sentinels, ses collègues des Batailles hexagonales ne correspondent plus ni à son humeur, ni à ses attentes. Il n'attendra pas que l'album sorte. Il disparaît aux États-Unis pour un périple de 3 mois qui le mènera de New York jusqu'au Mexique. Parcours Initiatique à travers les Gigantesques Mégapoles et les Vastes espaces sauvages. De retour en France, sa Chimie intérieure transformée, après quelques tentatives ultimes pour relancer The Sentinels sur de nouveaux Rails, il décide de créer VENICE en durcissant le ton, le son, les mots et en élargissant considérablement la palette des couleurs harmoniques. Lui au Chant (et à l'Harmonica occasionnel) se retrouve ainsi encadré par Franck Schaack à la Batterie, Jean-Marc Joffroy à la Basse et Nebojsa Ciric dit "Nebo" aux guitares.
    En Septembre 1991 Venice voit le jour dans un Local de Senlis (Oise). Les répétitions s’alignent (à raison de quatre à cinq par semaines) comme autant de batailles désespérées pour aller trouver la perle rare dans les limbes du Rock and roll.
    Les Concerts s’enchaînent comme des guerres de conquêtes et la Vie se fait dure. Des hauts et des bas. Mais la Foi vivante et Vibrante ne les quitte pas. En Septembre 1993 Jean-Marc Joffroy quitte la Formation. Les concerts et les répétitions en file indienne auront eu raison de lui. Mourad Baali le remplace. Il restera dans la formation jusqu’au Printemps 2000. De fin 1995 à fin 1998 deux autres guitaristes, à tour de rôle, viendront épauler Nebo et se partager Rythmiques et solos. James Dent (1995-1997) et Willy Wedder (1997-1998). Eux aussi jetteront l’éponge avant la signature espérée.
    C’est que les temps sont durs à l’égard du Rock dans les années 90, même s’il est indiscutable qu’un public pour lui existe. Les radios, les médias, les maisons de disques lui préfèrent une version Rap aseptisée de la culture hip hop qui, d’ailleurs, n’a plus grand chose à voir avec la « street attitude » originelle mais flirte plutôt avec la variété la plus appauvrie pour le sous-prolétariat des cités. Les authentiques rappeurs ne sont pas signés… ou s’ils le sont, leur flow devient vite émasculé.
    VENICE persévère. De 1991 à 2000 le groupe tourne dans toute la France, mais aussi en Belgique, en Allemagne, en République Tchèque. Des centaines de concerts. Représentant la Picardie au Printemps de Bourges en 1993, VENICE ouvre aussi pour KAT ONOMA, GUN CLUB (de feu Jeffrey Lee Pierce), THE INMATES, ANGE, Les GARçONS BOUCHERS, Les VRP. Le groupe joue partout où c’est possible. Tournée des Fnacs en acoustique, participation à des festivals avec BERNARD LAVILLIERS ou les INNOCENTS. Plusieurs dates avec JEAN-LOUIS AUBERT & Co sur la Tournée « H ». La rencontre avec BORIS BERGMAN (parolier de Bashung, Paul Personne, Lio, Eddy Mitchell et beaucoup d’autres) oriente Eric vers des textes en Français. Une dizaine de chansons sont composées avec Boris Bergman dans la foulée.
    S’étant doté d’un studio personnel, 12 pistes AKAÏ puis 16 pistes TEAC, VENICE enregistre maquette sur maquette durant toutes ces années et se lance à l’assaut des Maisons de disques. Une signature chez Warner, en édition, ne portera pas ses fruits malgré deux semaines de Studio à l’Hacienda de Tarare, près de Lyon. En 1999 le groupe sort son premier album chez OUTSIDE RECORDS, plus pour avoir une carte de visite à présenter que pour percer le sommet des Charts. Le travail lamentable du Label en question leur fera rompre le contrat. Enregistré à domicile, dans leur propre local, l’album « Les palmiers de Chance » résume à merveille un parcours de 8 années durant lesquelles le groupe a affiné son sens du Rock dans la diversité. C’est STEVE FORWARD (qui a travaillé avec Axel Bauer et Daran) qui mixe la galette. Les concerts qui suivent sont torrides. Le MCM café les accueille pour deux concerts dont un diffusé sur le câble. Mais le départ du bassiste, Mourad Baali, met à nouveau un frein à l’expansion. Mourad quitte le groupe pour s’orienter vers d’autres styles musicaux.
    L’arrivée de Frédéric Laforêt (Bassiste multi instrumentiste… Claviers, Guitare, Programmations) va relancer le processus de création et redonner confiance aux Vénitiens originels, Eric, Franck et Nebo. De 2000 à 2004, les compositions s’enchaînent et un choix est fait pour le « projet » suivant. Eric part à New York pour se confronter à la Ville victime du 11 Septembre et, en vivant une vie d’homme et de père récent, écrire les textes des 12 chansons retenues pour l’album "Soudain l'Ouverture".

    Malheureusement, l’éloignement Paris-New York finit par anéantir la connexion des uns et des autres et le groupe dépose les armes après 15 années de bons et loyaux services et un deuxième album qui aura laissé pas mal de monde sur le cul… à l’exception des merdiques maisons de disques.


    Eric James, Chanteur, fondateur du Groupe...

    "Première immersion aux alentours de 10 ans. A cet âge là, le rock se cantonne à trois double albums offerts par mes parents :
    1) best of de Elvis Presley sur le label K TEL
    2) album bleu des Beatles
    3) album rouge des Beatles

    Ensuite, une tante vicieuse m'offre de quoi tirer le diable par la queue:
    "Piper At The Gates Of Dawn" de Pink Floyd
    Et puis c'est les années où je me patchoulise en expérimentant mes premières cigarettes roulées à la main, imbibées parfois d'huile de cannabis. La bande son de l'époque c'est : "Aqualung" de Jethro Tull, "Harvest" de Neil Young, Led Zeppelin II, "In Rock" de Deep Purple, "Tommy" des Who, "Sticky Fingers" des Stones, "Diamond Dogs" de Bowie, et toujours les Floyd bien sûr. Mais mon groupe favori du moment c'est... Genesis ! sur les albums desquels j'apprends à chanter tout seul dans ma chambre. Pas facile Peter Gabriel comme prof de chant !!!
    Ensuite c'est l'atterrissage d'un OVNI dans ma chambre de baba-cool : Un coffret de l'intégrale de Eddie Cochran ! Retour vers les racines et une coupe de cheveux en règle : Elvis dans GI Blues ! C'est la période "petite frappe", l'entrée au Lycée, les premières libations et les chaudes explorations sur fond de rock-a-billy pur et dur, mais aussi Frank Sinatra, Ray Charles, Otis Redding, James Brown et tout ce qui s'ensuit. Et puis, poursuivant dans l'éclectisme, après un court mais intensif passage chez AC/DC, je m'initie philosophiquement et éthiliquement aux Doors, en dévorant les pages de "Par-delà le bien et le mal", "Naissance de la tragédie" de Nietzsche, "Sur la route " de Kerouac, "Crime et châtiment" de Dostoïevski et "Martin Eden" de Jack London.

    A l'aube des années 80, une nouvelle bifurcation avec la découverte du Punk tout d'abord (Clash, Buzzcocks et The Jam sur le podium) et puis de ce qu'on appelle à l'époque la "New Wave" avec Elvis Costello, Police, Roxy Music, The Cure, Siouxie And The Banshees, Psychedelic furs, Talking Heads, The B 52's, Urban Verbs, The Real Kids, The Feelies, The Fleshtones, Wall Of Voodoo, X, The Gun Club, The Cramps, The Unknowns et aussi la compilation "Nuggets" de Lenny Kaye... Mes deux groupes favoris de l'époque en tout cas, c'est les Stranglers et toujours les Doors. Mes livres de chevets : "Feyrdidurke" de Witold Gombrowitz, "Las Vegas Parano" de Hunter S Thompson, "Postier" de Bukowsky, "Ubik" de Philp K Dick, "Légendes d'automne" de Jim Harrison, "La conjuration des imbéciles" de John Kennedy Toole, "Demande à la poussière" de John Fante, "Lumière d'août" de William Faulkner, "Ainsi parlait Zarathoustra" de Nietzsche, la poésie de T.S Eliot, les BD de Will Eisner et de Hugo Pratt sans oublier bien sûr celles de Franck Margerin !
    Mais parallèlement à cette vague, au printemps 1978, je suis mis K.O en écoutant l'intro d'un disque dont la chronique m'avait séduit dans le magazine Best : "Darkness on the edge of town" de Bruce Springsteen.
    Mes amis punks se payent ma gueule, mais mon histoire d'amour est trop forte. Je remonte dans le temps en redécouvrant les trois premiers albums et continue à développer mon culte secrètement, car à part ma girlfriend du moment, personne dans mon entourage ne comprend ma fascination pour ce "Johnny Hallyday" américain.
    Quand je vois le Boss sur scène durant la tournée "The River", je réalise que la scène, c'est la vraie terre promise !
    Par le biais de Springsteen. je revisite bien sûr de fond en comble Bob Dylan et m'abreuve de folk rock à tendance John Fogerty et chemises à carreaux... Les grands espaces s'ouvrent à moi de façon lumineuse et épique, passages solaires donc, entrecoupés néanmoins de coulées sulfureuses et telluriques (Stooges et MC5 en cures saisonnières), la continuité du rock australien avec Radio Birdman et les Hoodoo Gurus. Les valeurs sûres comme Lou Reed et Le Velvet Underground, Patti Smith, Tom Waits... Mes groupes cultes comme Le Sir Douglas Quintet, les Modern Lovers ou les Reds.… Et le jazz de Charlie Parker et Thelonious Monk.
    À l'âge adulte, les groupes qui par la suite et pour différentes raisons me remueront affectivement sont U2 (à partir de l'album "Joshua Tree"), mais bien plus encore R.E.M et Pearl Jam ainsi que Van Morrison dont je tombe littéralement amoureux sur le tard.
    Au final, le cœur reste néanmoins profondément marqué au fer rouge par les Doors et Springsteen. Dionysos et Apollon. Nietzsche et Kerouac.

    Bon appétit aux tueurs !"


    Franck Schaack, batteur et Clown Cosmique...

    "1979, j'ai 11 ans, curieux, je fouille dans les vinyles de mon oncle, il me fait écouter les bonnes émissions de radio, WRTL (Blancfrancard), Antoine de Caunes dans CHORUS le rendez-vous rock de la semaine, je commence à taper sur des sceaux (sur « Roxanne » de Police). 1980 voyage à Londres avec tonton (full période 80) déterminant .

    La 6 ème me tend les bras, trop tard je suis tatoué à la Stewart Copeland mania et par The Police. De là j'ai eu affaire à des groupes divers. Première rencontre sérieuse en 1990 : Eric James (à l’époque chanteur des Sentinels). S'enchaînent concerts du sud de Montpellier au nord de la Tchéquie, de l'ouest de la Bretagne à l'est de la Suisse et l'aventure Vénitienne qui s’en est suivie..."


    Frédéric Laforêt, Bassiste, multicartes...

    Totalement autodidacte, c'est à 15 ans qu'il commence à apprendre la basse suite à un concert d'AC/DC. "J'étais fasciné par ce mec à droite de la scène, qui était calme tout en assurant des parties rouleau compresseur". Peu après, un ami lui fait découvrir le groupe qui va marquer son approche de l'instrument à tout jamais :RUSH. "Geddy Lee est un extraterrestre, il a un son énorme et un jeu immédiatement reconnaissable, et comment fait-il pour chanter en jouant de telles lignes ? " Cette influence majeure le poussera à s'intéresser aux claviers. "J'ai rapidement voulu concilier les claviers et la basse, le mariage me semblait réalisable , MERCI GEDDY !!! "

    De là, naquirent les premiers groupes sérieux, et en particulier MARYLIN ; Groupe de hard rock dont la présence de claviers donnait un côté FM. "Je crois que ce qu'on faisait ressemblait pas mal à The Darkness..."

    La rencontre avec Venice est à elle seule une aventure :

    "Je connaissais Venice parce qu'étant amateur de leurs prestations scéniques qui déchirent, je les avais déja vus sur scène 2 ou 3 fois. Quand leur premier album est sorti, j'étais aussi content que si ça avait été mon propre groupe, s’il y avait bien un groupe qui devait y arriver c’était eux.

    Plus tard, je recherchais un groupe cool pour jouer de la guitare, j’ai répondu à une annonce locale. Le studio de répétition privé était impressionnant, on a vaguement tapé le bœuf et putain, que ça jouait bien. Il y avait un truc bizarre, j’avais l’impression de les connaître et tout d’un coup, alors qu’ils attaquent « Le Rêve du Phénix », je réalise : VENICE !!! Et oui , pas très physionomiste le mec.

    Du coup, je décline l’invitation à jouer avec eux ,ils avaient besoin d’un putain de bon guitariste pour seconder Nebo suite au départ d’un guitariste australien, James Dent, c’était trop sérieux pour ce que je voulais faire en tant que guitariste. Et dans ma tête je me disais : dommage qu’ils ne cherchent pas un bassiste, là, ç’aurait été différent."


    Qu’on ne vienne pas dire que le destin n’est qu’illusion. Deux ans plus tard, une autre annonce dans un journal local : Venice cherche bassiste. BANCO !!!

    "Mourad Baali avait décidé de quitter le groupe après plus de 6 années passées avec eux… pour divergences artistiques, alors je me suis pointé en connaissant déjà la moitié de l’album. Je crois qu’ils n’ont auditionné personne d’autre."

    Premier concert avec eux quinze jours après et très vite, la nouvelle formule s’attaque à la composition du deuxième album.

    "Sur les titres du 1er album, j’ai énormément respecté les lignes crées par mourad. Il y avait un son Venice, je ne pouvais pas tout chambouler comme ça et de toutes façon son travail à la basse était fabuleux. Ensuite, pour les nouvelles compositions, j’ai pu ouvrir mon âme. Certains titres sont nés sur 4 ou 5 cordes. Puis on a tous décidé d’intégrer des boucles dans notre musique. J'ai donc repris du service question machines. Au départ, juste quelques ambiances synthés puis, voyant que la sauce prenait, j’ai sortis la cavalerie lourde sur des titres comme « Le Cyborg verse une larme » ou « Le vin de mes pères »."




    Nebojsa CIRIC, dit "Nebo"... Guitariste et Schtroumpf Métaphysique...

    Nom : Ciric

    Prénom : Nebojsa (lire : Néboïcha)

    Diminutif : Nebo

    Instrument : Guitares

    Influences Guitaristiques : Jimmy Page, Jimi Hendrix, Robin Trower, Uli Jon Roth, Pat Travers, Ted Nugent, Rory Gallagher, Adrian Belew, Robert Fripp, Vernon Reid, Johnny Winter, Frank Zappa, The Edge, Stevie Ray Vaughan, Stevie Salas, Ritchie Blackmore, Ty Tabor, Goran Bregovic, Prince et… surtout… son frère d’armes et inspirateur initial, Laurent Rossi, guitariste de l’obscur combo « Wolfoni »…

    Groupes préférés : Jimi Hendrix, Led Zeppelin, Doors, King’s X, Tea Party, Stone Temple Pilots.

    Héros de jeunesse, héros de toujours : Friedrich Nietzsche, Jim Morrison, Wolfgang Amadeus Mozart, Giovanni Giacomo Casanova, Arthur Rimbaud, Antonin Artaud, John Lee Hooker, Miles Davis, John Coltrane, Lemmy.

    Livres de chevet : La Bible ; « Ainsi Parlait Zarathoustra » de Friedrich Nietzsche ; l’intégrale de « Blueberry » par Giraud et Charlier ; « Citadelle » d’Antoine de Saint-Exupéry ; « Le Japon Moderne et l’éthique Samouraï » ainsi que « Le Soleil et l’Acier » par Yukio Mishima ; « L’unique et sa Propriété » de Max Stirner ; « L’Art de Jouir » ainsi que « Théorie du Corps Amoureux » par Michel Onfray ; « Retour à l’essentiel » de Jean Biès.

    Signe Particulier : Abuse de la Fuzz, aboie d’la Wha wha.

    Né en Ex-Yougoslavie. Amertume au goût de miel. Exil. Solitude sombre. Puis Solitude Joyeuse. Travailler sur soi. Traverser les précipices. Toujours à mi-pente. Expériences des limites. Écriture possédée. Lectures fiévreuses. Chutes et éveils. Haine et Amour. Gratuité de l’être et de l’échange. Détachement. Aime rompre le pain et boire la coupe. Musiques qui implorent et sanctifient. Questions. Feu. Eau. Terre. Air. Tao. Réponses. Libéral, Libertaire et Libertin. L’Âme sombre du Groupe. Mais Verbe Solaire. Aime la Vie, les Femmes, les enfants, les animaux et les Amérindiens. Déteste la nonchalance des hippies et des bobos ainsi que le drame éternel des complaintes psycho-socio-familiales. Tente d’évaluer sans juger.

    Nietzsche. Van Gogh. Monet. Georges Mathieu. Anarchiste Royal. Tradition et modernité. Penser au-delà. Se refuse d’appartenir à la moindre tendance ou caste. Abhorre le nivellement Universel. Soufisme et Kabbale. Prières d'Agnostique. Son mot d’Ordre pour aller sur Mars : la Rage Antique contre la Peste Moderne… il se doute bien que personne n’en tiendra compte… Rêveur mais pas Naïf. Ne vote pas, envers et contre tout. Peut-être aux prochaines élections votera-t-il... Insoumis. Hais les Pouvoirs de Mort, de toutes sortes. Aime les Pouvoirs de Vie, de toutes sortes aussi.



    Démarre la Guitare vers 11 ans. Première Guitare acoustique (une RYAN) à 12 ans. Première Guitare électrique(une FIVETONES) à 15 ans. Premières compos sérieuses à 16 ans. Le reste suit son cours.


    Groupes et parcours musical de Nebo :

    1980/1981 : Aspirine (Punk)

    1981: Phonème (Hard Rock)

    1982/1983 : Incubators (Punk)

    1983/1985 : DP210 (Hard Rock/Heavy Metal) et BB sur Canapé (Rock ‘n’ Roll) et nombreuses Jams psychédéliques.

    1985/1986 : Angelic (Hard Rock)

    1987/1989 : Bosse en solo (Rock, Hard Rock, Pop, Acoustique, Progressif, Funk…)

    1989 : Requiem (Hard Rock/Heavy Metal)

    1990/1991 : Bosse toujours en Solo

    Septembre 1991 : Eric James contacte Nebo suite à une annonce. Il rejoint Franck Schaack et le premier bassiste, Jean Marc Joffroy déjà à leurs postes et Venice vient au monde.

  • Messages Transatlantiques -V-

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    Avec Roberto Piazza, dit Little Bob, lors d'une mémorable "Jam" en Live à la FNAC de Créteil vers la fin des années 90... Beau souvenir...
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    Lundi 1er Décembre 2003

    Nebo :


    La délicatesse de l’écriture.
    La plume inscrit toujours
    des choses essentielles.
    Comme la lame.

    Eric :

    Au commencement etait le Verbe ;
    obéissance inexorable de l'écrivain.
    Religion.



    Mardi 2 Décembre 2003

    Nebo :


    Ma prosternation matinale,
    intérieure,
    est un lâcher prise,
    non une soumission.

    Eric :

    Au réveil,
    ma cafetière italienne et moi
    échangeons des mots d'amour.



    Mercredi 3 Décembre 2003

    Nebo :


    Ascèse,
    non Ascétisme.
    Joie,
    Force,
    non Orgueil.

    Eric :

    Dans la rue,
    simplement marcher est une tache difficile.
    Les sensations stupides de bonheur
    me détournent de la Voie.



    Jeudi 4 Décembre 2003

    Nebo :


    Le bruit de la Ville
    clame, dit, chante, hurle
    ce que je pense.

    Eric :

    Tapotant sur la table,
    à l'aide de mes deux doigts,
    je pense au prochain cataclysme.



    Vendredi 5 Décembre 2003

    Nebo :


    L’Homme d’aujourd’hui
    et la finitude de son projet
    par rapport à l’infinitude
    qu’il prétend atteindre.

    Eric :

    Le cinéaste de la Déconstruction
    brûlera son scénario
    avant de se mettre au travail.



    Samedi 6 Décembre 2003

    Nebo :


    Je me sens vide.
    De ce vide
    qui n’accouche de Rien.

    Eric :

    J'attends encore celui
    qui viendra sonner
    ma Cloche.



    Dimanche 7 Décembre 2003

    Nebo :


    Les sages se sentent pleins.
    De ce Vide
    qui accouche de la Plénitude.

    Eric :

    Qui a dit :
    « La musique c'est le silence
    entre les notes » ?



    Lundi 8 Décembre 2003

    Nebo :


    En ce lieu
    où tout est formulé,
    je me tiens debout
    face à mon mystère
    d’Être.

    Eric :

    J'ai laissé passer
    des familles entières d'oiseaux
    au-dessus de ma tête.
    La migraine a disparu.



    Mardi 9 Décembre 2003

    Nebo :


    Le jaillissement,
    souvent,
    n’advient pas.
    Comme en ce moment même.

    Eric :

    Bulles éclatant à la surface de l'eau :
    Un poisson qui meurt
    et un autre qui rit.



    Mercredi 10 Décembre 2003

    Nebo :


    Se lâcher de toute posture.
    Être dans la Nudité de l’Être.
    Vivre enfin.

    Eric :

    Les journées s'accumulent,
    où l'on nie l'évidence.
    Et puis soudain, l'espace d'une seconde,
    Une fenêtre s'ouvre sur l'Eternité.



    Jeudi 11 Décembre 2003

    Nebo :


    Tant de Masques
    se conçoivent
    dans l’Ombre
    de Dieu.

    Eric :

    Ma signature n'est, à l'origine,
    qu'une piètre imitation de celle
    de mon Père.



    Vendredi 12 Décembre 2003

    Nebo :


    Une caresse,
    un regard,
    un chant d’oiseau,
    un Sourire.
    Une autre matinée.

    Eric :

    Je cherche encore un visage
    qui puisse
    m'aimer.



    Samedi 13 Décembre 2003

    Nebo :


    Parfois,
    l’espace d’un instant,
    tout semble possible.

    Eric :

    Les résidences bétonnées
    abritent de nouveaux
    Alchimistes.



    Dimanche 14 Décembre 2003

    Nebo :


    Lourd,
    comme un Rocher,
    je me laisse couler
    dans la paisible rivière.

    Eric :

    Au fond de mes poches
    il y a toujours au moins deux pièces.
    Pour une éventuelle offrande
    Aux anguilles sacrées.



    Lundi 15 Décembre 2003

    Nebo :


    La Virginité.
    Le Souffle rafraîchissant.
    La Guérison accessible.

    Eric :

    J'ai parcouru la totalité
    de mon Corps
    à la recherche d'une ancienne cicatrice
    d'enfant.



    Mardi 16 Décembre 2003

    Nebo :


    D’abord,
    l’apparition sous les mains créatrices.
    Puis, sous la foison des possibles,
    nommons les choses.
    Expérience.

    Eric :

    Au-dessous du cocotier,
    Ma tête s'auréole
    de crainte.



    Mercredi 17 Décembre 2003

    Nebo :


    Peu de Certitudes.
    Perdu, en somme.
    La Solitude, seule,
    M’apparaît totalement,
    irréductiblement,
    incroyablement,
    Authentique.

    Eric :

    Je me suis surpris
    à claquer la porte.
    Défaillance de l'attention



    Jeudi 18 Décembre 2003

    Nebo :


    En la Caverne,
    le froid lui-même
    est une douce chaleur.

    Eric :

    Les miettes du repas
    sont mes ennemies
    jurées.



    Vendredi 19 Décembre 2003

    Nebo :


    Connecté aux mystérieuses limbes.
    les maux éteints,
    les mots absents.
    La Musique seule
    dit les choses et l’Être.

    Eric :

    J'aimerais saluer du chapeau,
    hélas,
    je n'en porte pas.



    Samedi 20 Décembre 2003

    Nebo :


    L’Espoir se terre
    dans le réseau
    de nos nerfs,
    dans la fibre
    de nos muscles,
    dans nos liquides
    infinitésimaux.

    Eric :

    J'aimerais aussi faire don d'une valise
    qui contiendrait tous mes objets précieux.
    Mais je ne possède rien de
    précieux.



    Dimanche 21 Décembre 2003

    Nebo :


    Une Fraternité
    me couronne en ce jour
    face aux champs des possibles.

    Eric :

    Une vieille femme
    m'a lancé un regard noir
    ce matin,
    dans la rue.



    Lundi 22 Décembre 2003

    Nebo :


    Merveille des Chiffres
    s’élançant vers partout,
    nul part et au-delà.

    Eric :

    A l'autre bout
    de mon tapis d'Orient,
    Il y a peut-être un ami
    qui comme moi
    va dîner seul ce soir.



    Mardi 23 Décembre 2003

    Nebo :


    Un curieux ensemencement.
    Sensation d’arrêt.
    Trouble du recueillement.
    Juste avant la Projection.

    Eric :

    Dans ses bras,
    Le tic-tac de l'horloge
    Redevient inoffensif.



    Mercredi 24 Décembre 2003

    Nebo :


    Lumière, ô Lumière !
    Reviens vers l’âtre noir
    de la caverne.
    Lumière, ô Lumière !
    Annonce la fulgurance,
    clame la clameur d’être,
    chante la Vision élargie,
    danse la Joie de l’Amour,
    vibre, Lumière,
    éclaire, ô Lumière !
    Panse, ô Lumière !
    Souris, ô Lumière !

    Eric :

    Il n'y aura pas de fin heureuse,
    ni dénouement miraculeux à cette histoire.
    Ma débâcle est un chef d'œuvre
    inattaquable.



    Jeudi 25 Décembre 2003

    Nebo :


    Mon Corps
    me rappelle
    mes limites.
    Mon sourire
    les repousse
    un peu plus loin.

    Eric :

    Etrangers, inconnus,
    que je croise dans la rue.
    Ils emportent, chacun de leurs côtés
    un morceau de mon âme.



    Vendredi 26 Décembre 2003

    Nebo :


    Vivre au milieu
    des ruines.
    En souriant
    saluer le déclin.
    Nonchalamment.
    En apparence.

    Eric :

    De nos jours et même de tout temps,
    céder à la bonne humeur
    requiert de la prudence. De l'adresse...
    Car on a vite fait de sombrer
    dans la vulgarité.



    Samedi 27 Décembre 2003

    Nebo :


    Une Solitude Hautaine
    qui fait murmurer
    dans mon dos.

    Eric :

    Passants sous l'averse.
    En quête d'un abri.
    Leur élégance est de courte durée.



    Dimanche 28 Décembre 2003

    Nebo :


    Tricher
    en riant
    pour survivre.

    Eric :

    Aujourd'hui je sais combien
    redevenir un enfant
    tient de l'héroïsme.



    Lundi 29 Décembre 2003

    Nebo :


    Ma veste en cuir,
    usée, trouée,
    veut témoigner
    de mille années
    de Nomadisme.
    Mille années d’errance.

    Eric :

    Mon visage de quarante ans
    possède une beauté
    contredite par le miroir.



    Mardi 30 Décembre 2003

    Nebo :


    Il m’arrive encore
    de désirer de toutes mes forces
    la vision définitive.

    Eric :

    Bouches hurlantes
    aux passage des colombes
    Victorieuses.



    Mercredi 31 Décembre 2003

    Nebo :


    L’Homme recule devant lui-même.
    Il cligne des yeux.
    Tirant sur un joint,
    je considère ce cirque.
    J’écoute le hululement
    de mes chimères.

    Eric :

    J'imagine un monde
    où chacun irait cogner
    à la porte de son voisin,
    en quête de sel ou d'une
    simple pipe.



    Jeudi 1er Janvier 2004

    Nebo :


    Je tente de calculer
    le temps qui me reste.
    Ce sinistre Sursis.

    Eric :

    Quand la mort frappe
    par surprise,
    on ouvre grand les yeux.
    Comme des nouveaux-nés.



    Vendredi 2 Janvier 2004

    Nebo :


    Ce geste d’un lointain passé.
    Ouvrir une vieille porte,
    où dorment des démons
    et se cachent des anges.

    Eric :

    Je suis sorti de mon cachot,
    en pleine lumière,
    pour regagner ce terrain vague
    Où m'attendait l'Ange Exterminateur.



    Samedi 3 Janvier 2004

    Nebo :


    L’Abîme est partout
    où le regard se pose.
    Le sonder
    est une autre histoire.

    Eric :

    Certains jours bénis,
    je me sens aussi léger
    qu'un papillon.



    Dimanche 4 Janvier 2004

    Nebo :


    L’Audace souveraine
    du départ admirable.
    Prendre le large
    à chaque aube.

    Eric :

    De la lointaine Ithaque
    me parviennent quelques échos
    presque fantomatiques.



    Lundi 5 Janvier 2004

    Nebo :


    Chaque histoire
    appartient à celui
    qui sait la mener
    jusqu’au bout,
    à son terme.

    Eric :

    Il peut nous en coûter
    de transgresser certaines règles de vie
    comme celle du "devoir d'inspiration", par exemple.
    A raviver le cœur des autres,
    on ravive aussi le sien.



    Mardi 6 Janvier 2004

    Nebo :


    Un souffle qui incendierait
    mon cœur.
    Mon incantation
    ne me mènera
    nul part.

    Eric :

    Matelot,
    apprend à naviguer
    sur les vagues du mépris.
    Jusqu'au Septentrion.



    Mercredi 7 Janvier 2004

    Nebo :


    Accomplir les Actes
    comme s’ils n’appartenaient
    à Rien.
    Si ce n’est
    à la beauté du geste,
    comme celui du Calligraphe.

    Eric :

    Si dieu existe,
    il est en chacun.
    Et en chacun subsiste
    un raccourci jusqu'à lui.



    Jeudi 8 Janvier 2004

    Nebo :


    Vêtu de noir
    par respect
    pour la nuit,
    je guette le feu d’artifice
    qui éventrerait la ténèbres.

    Eric :

    Un vieux vélo,
    enchaîné à son poteau,
    se reflète dans une flaque
    de clair-de-lune.



    Vendredi 9 Janvier 2004

    Nebo :


    Aux confins du désert
    plus rien ne peut stopper
    l’avancée du Serpent.

    Eric :

    Un cœur sec qui demande pardon
    n'est pas tout a fait sec,
    ou bien il est déjà vendu
    au Démon.



    Samedi 10 Janvier 2004

    Nebo :


    Les Loups descendront
    sur les places publiques
    aux jours précédant le Jugement.

    Eric :

    Aux derniers jours,
    des vagues d'inconnus se précipiteront
    sur d'autres vagues d'inconnus
    et s'embrasseront a pleine bouche.



    Dimanche 11 Janvier 2004

    Nebo :


    Rêves de flammes.
    Sculptures surréelles.
    Il me faut laisser
    ces chimères à la cave.
    Retrouver
    une profession de Foi
    terrestre.

    Eric :

    L'épicier me rend deux pièces
    sur le prix d'une barre de céréales.
    Puis enchaîne sur un autre client.



    Lundi 12 Janvier 2004

    Nebo :


    Boire aussi
    le Venin
    du Serpent
    pour mieux
    en combattre
    les morsures.

    Eric :

    Ne plus s'aimer,
    ne plus se haïr.
    Une luxueuse sensation
    que j'expérimente en silence.



    Mardi 13 Janvier 2004

    Nebo :


    L’infini devient une torture
    lorsque, descendant du Ciel,
    il possède un Corps
    mortel et limité
    pour sa densité,
    son tourbillon.

    Eric :

    J'échangerais bien
    une poignée de vagins
    contre une poignée de main
    amicale.



    Mercredi 14 Janvier 2004

    Nebo :


    Glorieux combat perdu.
    Nous avons quitté le champ de bataille
    avec tous les honneurs.

    Eric :

    Quand on revient à la Guerre
    apres avoir perdue la précédente,
    ça ne s'appelle plus la Guerre.
    C'est de la Poésie.



    Jeudi 15 Janvier 2004

    Nebo :


    Devenir
    un astre,
    unique,
    sur une voie lactée
    unique.

    Eric :

    Avoir un corbeau
    pour ami.
    Réconcilier deux royaumes.



    Vendredi 16 Janvier 2004

    Nebo :


    Si je suis d’une légende,
    mystérieuse et profonde,
    y-a-t-il un frère,
    une sœur,
    qui soit de ma légende,
    de mon histoire ?

    Eric :

    Il nous est donné le pouvoir
    d'imaginer toute une foule de mondes,
    et autant de portes dont les clés demeurent souvent introuvables.
    Nous-même ainsi avons-nous été imaginés.



    Samedi 17 Janvier 2004

    Nebo :


    Une Offrande rythmique
    à la courbe des lèvres,
    au contour des reins.
    Nous nous abandonnons.

    Eric :

    La pluie tambourine
    contre les vitres.
    Je ne sais si ma solitude
    s'en trouve allégée ou bien
    accentuée.



    Dimanche 18 Janvier 2004

    Nebo :


    Aube écarlate
    sur le suaire
    de ma malédiction.

    Eric :

    J'observe la ville
    Majestueuse et ensoleillée.
    Muette et insondable,
    comme une femme.



    Lundi 19 Janvier 2004

    Nebo :


    Parvenir
    à comprendre
    mon séjour
    ici.

    Eric :

    Le geôlier négligeant
    de mon crâne
    autorise le passage
    des parias.



    Mardi 20 Janvier 2004

    Nebo :


    Jeune
    je n’imaginais pas
    que la vie
    serait ainsi.

    Eric :

    O, Légendes malfaisantes des forêts !
    Votre musique trouve un chemin
    jusqu'à mes oreilles,
    creuse mon visage
    Et y multiplie les rides.



    Mercredi 21 Janvier 2004

    Nebo :


    Notre Silence.
    Je bride
    mes impulsions épistolaires.
    Je fais le vide et m’isole.
    Un lac tranquille.

    Eric :

    Je ne fais que
    dissimuler, dissimuler,
    toujours dissimuler.
    Une caverne précieuse
    au milieux des pillards.



    Jeudi 22 Janvier 2004

    Nebo :


    Si je le pouvais
    je cicatriserais
    tes Blessures
    avec quelques baisers.

    Eric :

    Choix décisif :
    se jeter dans la gueule du Monstre
    ou devenir l'idiot du village !



    Vendredi 23 Janvier 2004

    Nebo :


    Ton œil
    reflète la lumière.
    Ton corps
    la détourne.
    Ta Force
    cherche à la rassembler.

    Eric :

    Carte des Menus
    apéritif, repas.
    « Ça se passe bien ? »
    Carte des desserts donc,
    Sucreries et même
    un café.
    Addition.
    « Au plaisir ! »


    PS: Il n'y a plus de sable dans votre sablier.



    Samedi 24 Janvier 2004

    Nebo :


    Notre histoire
    tumultueuse
    ressemble de plus en plus
    à un hymne très ancien.

    Eric :

    Après que le moineau
    se fut posé, puis endormi
    au creux de son épaule,
    le vieil homme sut qu'il avait atteint
    Tout ce qu'il y avait à atteindre…



    Dimanche 25 Janvier 2004

    Nebo :


    De l’Amour,
    de l’Amour,
    et d’avantage
    que l’Amour.

    Eric :

    Le tapage de la rue.
    Du chaos consenti.
    Le brouillon des âmes.



    Lundi 26 Janvier 2004

    Nebo :


    Mon visage matinal,
    au réveil :
    un arbre ancien.


    Eric :

    Je jure de mépriser
    toute Victoire
    prochaine.



    Mardi 27 Janvier 2004

    Nebo :


    Quand je soulève
    ma valise
    j’ai mal au dos.

    Eric :

    Comme il est curieux
    qu'à toujours vouloir retenir,
    on perde de vue ?



    Mercredi 28 Janvier 2004

    Nebo :


    Multiplicité.
    Entrelacs.
    Entre Aurore et Crépuscule.
    Feux.
    Lumière perforée d’Ombre.

    Eric :

    Bien polir ses chromes
    pour absorber le ciel
    et avaler la route.



    Jeudi 29 Janvier 2004

    Nebo :


    La Vision
    du monde
    est une
    contradiction.

    Eric :

    J'ai ajusté mes chaussettes,
    resserré mes lacets,
    reboutonné chacune de mes poches.
    Prêt pour le sacrifice.



    Vendredi 30 Janvier 2004

    Nebo :


    A l’intérieur,
    dans les flux,
    sous l’épiderme,
    il faut parvenir
    à emporter dans la Mort
    ce qu’il y a de meilleur
    de notre Vie.

    Eric :

    Dévissons le couvercle
    de cette migraine.
    Saupoudrons avec de l'azur.



    Samedi 31 Janvier 2004

    Nebo :


    Je me charge,
    le temps de trois mots écrits,
    de toute l’incarnation
    du monde.

    Eric :

    Imperméable a la logique
    de l'orateur.
    Je jaugeais les arguments
    de sa moustache.




    Dimanche 1er Février 2004

    Nebo :



    Ainsi, parfois,
    la phrase est un mystère.
    La voix adéquate y apporte
    beaucoup de Clarté.

    Eric :

    Mes amis mastiquent tous
    avec style.
    Encore trop de repas pris
    en compagnie des goujats.



    Lundi 2 Février 2004

    Nebo :


    Ma lame fleurie dans le sang.
    Le Lieu où je suis n’est pas nommable.
    J’y entre et en sors
    à ma convenance.
    Rares sont les êtres humains
    que j’y croise.
    Nous y rompons le pain
    sans arrière-pensée.

    Eric :

    Ecrire ses mots et les savoir perdus.
    Les voir s'éloigner comme autant de vaisseaux
    lancés au hasard.



    Mardi 3 Février 2004

    Nebo :


    Ecriture.
    Trace singulière,
    foudroyante,
    affirmée.

    Eric :

    Une fleur gracieusement tenue
    et non pas saisie.
    Une fleur tendue.
    Mais pour personne.



    Mercredi 4 Février 2004

    Nebo :


    Le poème
    n’a qu’un seul but :
    rendre visible,
    palpable,
    la Réalité.

    Eric :

    Mes premiers terrains de jeu,
    coccinelles, pâquerettes et
    boutons d'or.
    Une tristesse de toute
    Beauté.



    Jeudi 5 Février 2004

    Nebo :


    La Robustesse.
    Le feu de mes ressources.
    Je suis comme tout le monde :
    un puits sans fond.
    Comment l’appréhender ?

    Eric :

    Travailleurs de la tôle
    aux regards durs.
    Je les contemple.
    Modeste puceron.



    Vendredi 6 Février 2004

    Nebo :


    Je sais qu’une bonne convalescence
    exige parfois de sévères restrictions.
    Il me faudrait brûler bien des choses.
    Ses lettres en premier lieu.

    Eric :

    Hommes sans attaches
    aux robustes mâchoires.
    En route pour le Royaume
    du Prêtre Jean.



    Samedi 7 Février 2004

    Nebo :


    Avec le temps
    on fini toujours
    par trouver sa place.
    Mais il faut s’y atteler
    Au plus tôt.

    Eric :

    Au bout des territoires conquis de haute lutte,
    on ne trouve pas de récompense.
    Juste une longue tristesse.



    Dimanche 8 Février 2004

    Nebo :


    Mes supplications
    se perdent
    dans le Vide.
    Elles ne trouvent aucun allié.

    Eric :

    Ce qui nous est offert
    est tellement plus grand
    que ce que l'on désire,
    qu'il y a nécessité
    à réajuster notre vision.



    Lundi 9 Février 2004

    Nebo :


    Avec de la patience,
    les livres finissent
    par nous céder leurs secrets.

    Eric :

    Je me suis adossé à un arbre,
    perdu dans mes pensées.
    Au fin fond du Manuscrit
    trouvé a Saragosse.



    Mardi 10 Février 2004

    Nebo :


    Les mots,
    tendrement,
    devraient pouvoir
    réparer le moindre
    chagrin.
    Abréger le désordre du Monde.

    Eric :

    Un dispensaire
    aux litières vides.
    Dehors, des lépreux
    jouant aux dominos.



    Mercredi 11 Février 2004

    Nebo :


    J’ai jouis,
    soufferts
    et aimé.
    Comme les marins
    avec l’Océan.

    Eric :

    J'ai commencé
    depuis hier,
    à chérir le passé.



    Jeudi 12 Février 2004

    Nebo :


    Mes oreilles hurlent
    et saignent
    de ce silence
    suspendu
    qui n’est point Paix.

    Eric :

    Au pic de la tour
    la plus haute :
    une goutte de Rosée.



    Vendredi 13 Février 2004

    Nebo :


    L’écriture ne devrait
    même plus être
    un palliatif.
    De palliatif,
    il ne devrait
    même plus y en avoir.
    Tout devrait être Là.
    Simplement.
    On devrait pouvoir
    avaler sa douleur
    et la chier
    à Satiété,
    en Rigolant,
    dans une
    INCARNATION TOTALE.

    Eric :

    Du vent s'engouffre
    dans les portes.
    Il prend les décisions,
    répudie l'ancien mobilier.
    ...
    Sur le bord d'anciennes nationales,
    déployant leur fulgurance
    au travers du pays,
    gisent quelques glorieux
    noyaux de pêches.



    Samedi 14 Février 2004

    Nebo :


    L’Homme Total
    Sème et Moissonne
    tout au long de l’année.
    Constance.

    Eric :

    Nos solutions sont
    pleines d'amour.
    Elles ne se formalisent pas
    d'être ainsi dédaignées.



    Dimanche 15 Février 2004

    Nebo :


    L’Aube
    s’amoncèle
    en mes Veines.

    Eric :

    Mes sourcils distingués
    Suffiront pour le
    Carnaval.



    Lundi 16 Février 2004

    Nebo :


    Une barque,
    entourée de roseaux,
    cherche une articulation
    dans la respiration du soir.

    Eric :

    Rubans de nuages
    dans un ciel pourpre.
    Un ciel semblable a ceux, perdus,
    de mon adolescence.



    Mardi 17 Février 2004

    Nebo :


    L’écorce,
    ma main,
    sueur et sève.
    L’Hiver transpire
    sa fuite, déjà.

    Eric :

    Oh j'ai honte
    de n'avoir pas su
    aimer ces arbres.
    ils veillaient pourtant chaque nuit,
    derrière les vitres.
    Juste au pied de ma chambre.
    Et maintenant, qu'est-il donc devenu,
    mon sommeil d'enfant inviolé ?



    Mercredi 18 Février 2004

    Nebo :


    La Source
    veut tarir.
    Nos larmes
    la rempliront
    peut-être.

    Eric :

    Avant le second souffle,
    prêts a tout lâcher.
    C'est un instinct supérieur
    qui nous maintient en course.



    Jeudi 19 Février 2004

    Nebo :


    Je guette
    l’heure
    lumineuse.

    Eric :

    Je regarde
    pousser
    ma barbe.



    Vendredi 20 Février 2004

    Nebo :


    Un livre Blanc
    portant, juste,
    trace de mon Sang.

    Eric :

    Après ma mort ?
    Servez-vous donc !
    Ouvrez les tiroirs,
    sortez les malles.
    Vous n'y trouverez que
    des itinéraires inachevés.



    Samedi 21 Février 2004

    Nebo :


    Résurgences
    très anciennes.
    La Distance se réduit
    entre moi et moi.

    Eric :

    En période de méditation intense,
    se déclenchent, à la verticale
    de mon âme,
    des sons purs comme
    le cristal.



    Dimanche 22 Février 2004

    Nebo :


    Cette courbe
    qui m’intercepte
    et m’interdit,
    m’engendre
    et m’afflige.

    Eric :

    Ne sous-estimez pas
    le rôle de Harry Potter
    sur la génération future.



    Lundi 23 février 2004

    Nebo :


    Suis-je au fait de devant qui,
    devant quoi,
    mon cœur trépide ?
    Ma main suit
    une abstraite courbe.
    Quête.
    Amertume.
    Ma mémoire cherche
    à s’ajuster.

    Eric :

    J'ai eu confiance
    malgré tout.
    Une immense confiance.
    pourquoi douter
    si près du but ?



    Mardi 24 Février 2004

    Nebo :


    Parfois,
    à nouveau,
    comme au temps
    de mes 20 ans,
    j’aspire au départ,
    sans espoir de retour.

    Eric :

    Quand Dieu prépare
    ses bénédictions
    l'air devient sec et
    silencieux.



    Mercredi 25 Février 2004

    Nebo :


    Aigle, né à proximité
    de la source noire,
    à chaque soif
    inapaisable j’y reviens.
    Curieux exil.

    Eric :

    Qu'as-tu fait camarade ?
    Que ne m'as-tu cherché des yeux ?
    Tu m'aurais trouvé.
    Au lieu de mettre fin
    à tes jours.



    Jeudi 26 Février 2004

    Nebo :


    Par le cheminement
    des Siècles
    vint, un jour,
    le souffle incarné.

    Eric :

    Sur une locomotive désaffectée,
    envahie par les fleurs.
    Je digérais le sermon du
    curé.



    Vendredi 27 Février 2004

    Nebo :


    Les flancs de l’Aube
    saignent
    le martyre.

    Eric :

    Boum Boum Boum !
    Ouvrez-donc cette porte.
    C'est ici que j'ai vécu...
    Il y a si longtemps.



    Samedi 28 Février 2004

    Nebo :


    Parfois je guette
    une moisson d’été
    dans ta voix fragile.

    Eric :

    Ah, l'odeur du premier baiser !
    Jusqu'où m'a t-elle emmené ?
    J'ai rouvert les yeux
    bien trop tôt.



    Dimanche 29 Février 2004

    Nebo :


    Ma paume dans la tienne.
    Un beau Silence.
    Une chute libre.
    Le Monde reste à faire.

    Eric :

    Derrière ces dunes
    et tous ces arbres ensablés,
    elle s'est embarquée dans la chaleur
    de l'après-midi.
    Pour y goûter l'amour...
    Dans les bras d'un autre.



    Lundi 1er Mars 2004

    Nebo :


    Arbre de la Connaissance.
    Arbre de Vie.
    Un oiseau a-t-il été témoin
    du désastre de la tentation ?

    Eric :

    Un enfant a pris ma main,
    m'a emmené vers des jeux
    dont je ne connais plus le sens.



    Mardi 2 Mars 2004

    Nebo :


    La serpe dans l’ombre.
    Le Pain.
    Le Vin.
    Le Miel.
    Le Fromage.
    La quiétude.

    Eric :

    Derrière ces portes,
    on s'éclaire à la bougie.
    On invente des contes
    pour endormir les enfants.



    Mercredi 3 Mars 2004

    Nebo :


    La Plume
    sans encre
    ne demeure pas muette.
    Un cœur.
    Un couteau.
    Roulez jeunesse.

    Eric :

    Ne me faites pas rire,
    jeunes gens talentueux.
    Par pitié, ne me faites pas rire.
    Ou je pourrais en mourir.



    Jeudi 4 Mars 2004

    Nebo :


    Ce Simulacre
    qui nous sert
    de repère :
    en Rire en dansant.

    Eric :

    Je ronge mes ongles.
    Regarde le ciel.
    Recrache dans la rivière.



    Vendredi 5 Mars 2004

    Nebo :


    Le bottleneck au doigt,
    je récolte
    des spasmes douloureux.

    Eric :

    Quand l'Art s'installe
    où on ne le prévoit pas,
    il s'allège soudain.



    Samedi 6 Mars 2004

    Nebo :


    La guitare a définitivement
    planté ses lames dans les cibles choisies.
    Les chansons l’affirment.

    Je suis VIVANT.
    Son des cloches
    sur la Place Saint-Marc.

    Eric :

    Retour de Croisade.
    Pour certains, c'est maintenant
    qu'elle commence :
    à la descente du bateau.



    Dimanche 7 Mars 2004

    Nebo :


    Le temps m’est compté.
    Je bois le thé vert
    et me brûle.

    Eric :

    Le dehors se fait
    de plus en plus féroce.
    Le dedans, lui,
    regorge de surprises.



    Lundi 8 Mars 2004

    Nebo :


    Le paradoxe
    de mon Être :
    je vis
    comme je déteste.

    Eric :

    Faire la poussière de
    mes livres.
    Deux fois l'an.



    Mardi 9 Mars 2004

    Nebo :


    Feuille de houx
    sur l’Océan en furie,
    je lève les voiles.

    Eric :

    Une sculpture représentant...
    un bras de fer.
    Pas de gagnants !



    Mercredi 10 Mars 2004

    Nebo :


    Ce qui me dévore
    de l’intérieur
    se tait.

    Eric :

    Au Jugement Dernier
    je ne réciterais pas La Fontaine.
    J'improviserais.



    Jeudi 11 Mars 2004

    Nebo :


    Ce bras de fleuve,
    qui mène à la mer,
    tordu, vivace,
    c’est moi.

    Eric :

    Un vieux clocher
    me rappelle tout ce que j'ai laissé
    derrière moi.
    L'occasion d'une chanson.



    Vendredi 12 Mars 2004

    Nebo :


    Mon âme bande,
    se dépouille de son corps,
    s’engouffre dans les fonds.
    Avec crainte.

    Eric :

    Que le prochain coiffeur
    à saisir ma chevelure
    soit béni.



    Samedi 13 Mars 2004

    Nebo :


    C’est un temps de fureurs.
    Il faut faire l’Amour
    et, face au Simulacre,
    feindre pour survivre.

    Eric :

    J'ai enfermé quelques-uns
    de ses cheveux d'or
    dans le creux d'une enveloppe.



    Dimanche 14 Mars 2004

    Nebo :


    Canevas du Cosmos.
    Etoffe de la Matière.
    Moi, ici-bas,
    ne suis qu’une Larme.
    Ma prière se poursuit.

    Eric :

    À quoi se raccrocher ?
    Cette fois-ci je sais
    qu'il n'y a rien.
    Je laisse mon cœur
    tambouriner.



    Lundi 15 Mars 2004

    Nebo :


    Voici,
    depuis un an
    rien n’a bougé.
    Seul le Monde persévère,
    dans sa combustion Hivernale.
    Ronde des aliénés.
    Bal perpétuel des sorciers,
    des démons, des nains,
    des sacrificateurs de l’innocence.
    Et pourtant, chaque jour,
    j’apprends à aimer.

    Eric :

    Quand une signature
    avec des larmes
    n'est pas possible,
    alors on jette sa lettre.


    Toujours la même Jam avec Little Bob

    FIN

  • Messages Transatlantiques -IV-

    =--=Publié dans la Catégorie "Musique : Rêve Vénitien..."=--=

     

    Lundi 1er Septembre 2003

    Nebo :


    « Il importe peu
    de vouloir
    changer le monde.
    L’essentiel
    est d’accepter
    de se changer soi. »
    me dit la brindille
    sur le chemin.

    Eric :

    « Et n'oublie pas :
    non pas le changement
    mais l'acceptation du changement.
    L'action non-corrompue ;
    non-agissante. »
    Me dit alors la brindille,
    quand je la portais
    à ma bouche.



    Mardi 2 Septembre 2003

    Nebo :


    Les faux-culs
    conjurent en silence.
    De côté, je les surveille.
    Ma lame est aiguisée.

    Eric :

    J’époussette mes manches,
    une odeur de malédiction
    et le cœur débordant.

    Eric :

    Masturbation magnifique.
    Oubli total de la misère humaine.
    Grandeur et abondance volcanique.
    Auto-autodafé !

    Nebo :

    Les mots
    lacèrent le vif
    des sombres carnes.



    Mercredi 3 Septembre 2003

    Nebo :


    La souffrance est apaisée.
    Le sel de la vie
    enlève son goût d’acier
    dans ma bouche.

    Eric :

    Dans le vent,
    rien qui ne soit déjà parti.
    Le grenier de mon crâne
    est résolument vide.

    Eric :

    Ai-je encore quelque chose a dire ?
    Quelque chose a prouver ?
    Quand tu m'offres ton ventre
    à lécher.

    Nebo :

    Parfois je meurs.
    Me réveille plus tard.
    Prêt pour une autre partie.



    Jeudi 4 Septembre 2003

    Nebo :


    Dans l’enceinte
    je me faufile.
    Ils m’observent,
    m’analysent.
    Tel un curieux fantôme.
    Je souris.

    Eric :

    Les mains en arabesque
    je joue a créer des mondes.
    Des Paradis et des enfers.

    Eric :

    J'ai mes entrées chez les souris.
    Toutes les magouilles
    de Cendrillon.

    Nebo :

    En fin Stratège,
    j’élabore de jour en jour
    ma traversée transversale
    du Labyrinthe.



    Vendredi 5 Septembre 2003

    Nebo :


    L’encre a laissé des traces
    sur mes doigts.
    Comme du sang existentiel.

    Eric :

    Je me promène.
    Je suis dans les rues.
    Je suis un brouillon
    ambulant.

    Eric :

    Face au miroir.
    Respectueux envers mes genoux.
    Attendri devant mon nombril.
    Terrorisé par ma bouche.

    Nebo :

    Ma Viande a encore
    deux ou trois choses
    à affirmer.
    Á vivre.



    Samedi 6 Septembre 2003

    Nebo :


    Une vieille photo.
    De piteux souvenirs.
    J’en ris à pleines envolées.
    Je suis là.

    Eric :

    S'il m'était donné de revenir
    dans ma vie passée,
    je serais tenté par le Mal.

    Eric :

    Je claque mes fesses
    à pleine volées,
    rattrape le temps perdu.

    Nebo :

    Curieux !
    Quelques papiers froissés
    Me précipitent vers l’avenir.



    Dimanche 7 Septembre 2003

    Nebo :


    Ne rien dire.
    Les choses se présentent.
    Les cueillir.

    Eric :

    Encore plus de baisers. Encore plus de lèvres.
    Voir si au bout de l'extase
    quelque chose se donne
    enfin à toucher.



    Lundi 8 Septembre 2003

    Nebo :


    Les signes sont manifestes.
    Qui les voit ?
    Comme aux jours de Noé
    chacun vaque à ses occupations.

    Eric :

    Quelle punition divine
    pour la modernité ?
    Qu'elle se voit couronnée
    de succès !



    Mardi 9 Septembre 2003

    Nebo :


    Le feu intérieur.
    Je le sens.
    Il prit.
    Il danse.
    Je jouis.

    Eric :

    Je lance un regard neuf
    sur mon épiderme
    rajeuni malgré moi.



    Mercredi 10 Septembre 2003

    Nebo :


    L’aigle a touché terre.
    A présent, encore,
    il déploie ses ailes
    pour un autre envol.

    Eric :

    Les brebis sont gommées des champs.
    Le vent joue dans l’herbe
    comme sur une lyre.



    Jeudi 11 Septembre 2003

    Nebo :


    Les physiciens quantiques
    pensent « à gauche ».
    Les billes sont lâchées
    et tombent à gauche !

    Eric :

    J'ai pensé « Gagnant » !
    Et depuis
    mes dés roulent toujours.



    Vendredi 12 Septembre 2003

    Nebo :


    Je lui demande : «
    Comment voudrais tu
    que je te prenne ? »
    Elle me dit : «
    Par derrière.
    Comme une pute.
    Une chienne.
    Une salope. »
    Je bois du champagne,
    fume un joint,
    la considère.
    Je souris.

    Eric :

    En pleine débauche lucide,
    je me donne
    comme un yogi,
    un Bouddha,
    un Christ.



    Samedi 13 Septembre 2003

    Nebo :


    Parfois, cet étrange sentiment :
    la Vie n’est pas,
    la Mort non plus.
    Douces, très douces illusions.

    Eric :

    Rien ne se laisse capturer
    A l'école de l'Erreur.



    Dimanche 14 Septembre 2003

    Nebo :


    Le disque dur
    du Roland VS-1880
    crépite comme un feu.
    L’Athanor des alchimistes.

    Eric :

    Ma bouche se pince.
    Mon regard se fait dur.
    Les conditions requises
    Pour l'éclat de rire.



    Lundi 15 Septembre 2003

    Nebo :


    Dire est difficile.
    Surtout dire
    l’essentiel.

    Eric :

    Comme autant de précieux Mandalas de sable,
    Jetés solennellement dans la rivière,
    Imaginons la destruction systématique
    De toutes les oeuvres d'art
    Apres leur parachèvement.



    Mardi 16 Septembre 2003

    Nebo :


    Lorsque les mots me manquent,
    mes palpitations me reprennent !
    Juste combat.

    Eric :

    Il m'a fallu être attaqué
    par les démons
    pour apprendre la politesse.



    Mercredi 17 Septembre 2003

    Nebo :


    Nous prenons.
    Sans cesse.
    N’avons cesse de prendre.
    Et pourtant,
    donner est une bénédiction.

    Eric :

    Pour le grand nombre
    l'authentique générosité
    est souvent perçue comme une insulte, un danger,
    quelque chose d'inapproprié
    qui avance comme Jésus,
    à découvert.



    Jeudi 18 Septembre 2003

    Nebo :


    Une délivrance
    par les Sens.
    Bien que les Sens
    soient trompeurs.
    Voilà qui me semble
    très clair.

    Eric :

    J'ai la certitude
    d'un corps.
    Donc d'un chemin.



    Vendredi 19 Septembre 2003

    Nebo :


    La Solitude
    est aussi,
    est surtout,
    un Royaume.

    Eric :

    Pour qui sait tendre l'oreille,
    il y a du vacarme
    dans les sables du désert.



    Samedi 20 Septembre 2003

    Nebo :


    Par la lecture
    et l’écriture,
    au quotidien,
    je me trace à la machette
    un chemin de fortune,
    dans l’épaisse jungle
    « humaine trop humaine ».

    Eric :

    Quand ma plume se pose,
    que mes yeux reviennent sur le Monde,
    j'ai cinq ans.



    Dimanche 21 Septembre 2003

    Nebo :


    Etre dans la voie
    consiste bien, en fait,
    à laisser venir à Soi
    la texture du Monde.
    Alors exulte
    notre Esprit Créateur.

    Eric :

    Aucune cloison n'est à l'épreuve du rire.
    Le grand méchant loup aurait dû
    y penser.



    Lundi 22 Septembre 2003

    Nebo :


    L’Absence de liens
    entre l’Être et les Choses
    semble bien être
    la maladie Moderne
    ultime.

    Eric :

    Décomposition des jours et des âmes
    aussi fascinante
    qu'un bouquet final.



    Mardi 23 Septembre 2003

    Nebo :


    Vulgarité des mots.
    Imagination des maux.
    Tout est définitivement aplatis.
    Partout :
    massacres,
    génocides de circonstances.
    Hainamourement,
    souffrances.

    Eric :

    Une fourmi escalade sa colline,
    elle ignore tout
    de la botte.



    Mercredi 24 Septembre 2003

    Nebo :


    La profonde fatigue.
    Redoutable ennemi intérieur.
    En embuscade à Vie.

    Eric :

    Le bouton de rose
    ignore le doute.
    Ne soupçonne pas même
    sa future éclosion.



    Jeudi 25 Septembre 2003

    Nebo :


    Antre des possibles.
    A l’intérieur,
    les forces se regroupent.

    Eric :

    Toujours consciencieux
    au cœur même de la lutte.
    Je récupère dans le creux de ma main
    les miettes du petit déjeuner.



    Vendredi 26 Septembre 2003

    Nebo :


    Logique. Logos. Verbe.
    Pensée. Cheminement.
    Tout se déploie avec assurance.

    Eric :

    Panique-Froncements de sourcils,
    Moiteur des mains.
    Echec-Héroisme.



    Samedi 27 Septembre 2003

    Nebo :


    Est-il encore d’usage
    de tenir compte
    des quatre points cardinaux
    lorsqu’on s’oriente ?
    Parfois j’en doute
    face à une telle agitation.

    Eric :

    Voix orageuses,
    cavalcades dans le ciel,
    invitations au salut
    où à la perdition.



    Dimanche 28 Septembre 2003

    Nebo :


    La chair est une couronne.
    L’esprit est un Sabre.
    L’Être s’en satisfait.

    Eric :

    A chaque nouvelle vie
    rentre une dose d'humour
    supplémentaire.



    Lundi 29 Septembre 2003

    Nebo :


    Si cette malédiction se poursuit,
    j’en ferai une bénédiction
    pour la sélection des humbles.

    Eric :

    Spermatozoïde dans sa course aveugle,
    et puis Mystère et Métamorphose. Omniscience.
    Et puis Stupeur.
    Et puis nouveau départ
    sous la lumière trompeuse.



    Mardi 30 Septembre 2003

    Nebo :


    Un vent fort
    nous encercle
    dans sa gangue.
    Je te salue Seigneur.

    Eric :

    Centimètres perdus sous l'astre royal.
    Quand le dos du vieillard se voûte
    sa prunelle reste scintillante.



    Mercredi 1er Octobre 2003

    Nebo :


    Douceur des traits.
    Velouté des formes.
    Le calligraphe
    pratique l’érotisme.

    Eric :

    Rayer une vie entière
    pour les lèvres
    d'une fille.



    Jeudi 2 Octobre 2003

    Nebo :


    Ces Stances
    ne sont que des canifs
    jetés au hasard
    du grand Mektoub.

    Eric :

    Mes compagnons itinérants
    ont tendu haut leurs chiffons :
    ils me rappellent à leur danse.



    Vendredi 3 Octobre 2003

    Nebo :


    Gerbe d’éclairs.
    Passion. Ivresse.
    Allons !
    Croisons le fer
    puisqu’il le faut !

    Eric :

    J'ai mendié deux pièces d'or,
    j'ai recouvert le Prince de haillons.
    Pour juste un peu d'air pur.



    Samedi 4 Octobre 2003

    Nebo :


    Le feu dans la poitrine.
    La toux l’attise à profusion.
    Un univers en moi
    s’élabore.

    Eric :

    Je déchaîne les tempêtes
    en clignant
    des yeux.



    Dimanche 5 Octobre 2003

    Nebo :


    L’incarnation,
    bien que douloureuse,
    se poursuit.

    Eric :

    Battements du cœur, aussi lourds
    que les coups du marteau
    sur l'enclume.



    Lundi 6 Octobre 2003

    Nebo :


    A nouveau,
    de loin,
    les navires
    me font signe !

    Adorable Haschisch…

    Eric :

    Le vol de la mouette
    soulage ma souffrance.
    Je suis happé.



    Mardi 7 Octobre 2003

    Nebo :


    Sueurs. Spasmes.
    Souffles. Sucre amer.
    Son sexe m’accueille.
    Lutte acharnée.

    Eric :

    Mes mains cherchent un appui,
    une échappatoire.
    Il n'y a que son corps.
    J'apprends a étreindre.



    Mercredi 8 Octobre 2003

    Nebo :


    Le désir sournois
    d’être une tornade,
    un Volcan.
    Une apocalypse guerrière.

    Eric :

    Des voix plutôt que l'écho.
    Des poignées de mains
    au travers des vitrines.
    De la vie plutôt que du rêve.



    Jeudi 9 Octobre 2003

    Nebo :


    Enjamber les cadavres
    nombreux parmi les vivants.
    Mort-vivants en vérité.
    Un masque de médecin
    sur mon visage effacé.
    La Peste à éviter.

    Eric :

    Vagues de poussières
    victorieuses
    au raz des soupiraux.



    Vendredi 10 Octobre 2003

    Nebo :


    Que survienne
    enfin
    le souffle salvateur
    d’une Esthétique
    générale !
    La Mort s’en trouvera
    déconcertée.

    Eric :

    La guérison universelle
    des mains moites.
    Une nouvelle ère.



    Samedi 11 Octobre 2003

    Nebo :


    Le poids.
    M’en délester.
    La Danse aventureuse.
    Un rire de Prince.

    Eric :

    Débarrassé de mes bagues,
    et autres colliers,
    je suis entré dans l'eau
    du Baptême.



    Dimanche 12 Octobre 2003

    Nebo :


    L’Abîme
    attire mon œil.
    J’observe
    la courbe du cou.
    La veine néfaste.

    Eric :

    L'apprentissage par la douleur,
    c'est le venin transformé
    en Antidote.



    Lundi 13 Octobre 2003

    Nebo :


    Crier des faits.
    Soulever des nécessités.
    Que faire d’autre ?

    Eric :

    Envoyer rouler une pierre
    d'un coup de pied.
    Et suivre sa course.
    Exutoire rudimentaire.
    Classique indémodable.



    Mardi 14 Octobre 2003

    Nebo :


    Me soumettre ?
    Jamais !
    Quoi que…
    … la littérature y parvienne.
    Elle seule !

    Eric :

    Des milliers de livres
    et leurs premiers chapitres ;
    leurs approches respectives
    dans l'Art des préliminaires.



    Mercredi 15 Octobre 2003

    Nebo :


    Vide au point
    de ne pas pouvoir
    écrire le mot
    « Vide ».

    Eric :

    Optimisme de la bulle de savon
    juste avant
    qu'elle ne crève.



    Jeudi 16 Octobre 2003

    Nebo :


    C’est dans la Solitude
    que je trouve
    l’équilibre.
    Lourdeur partout ailleurs.
    Tristesse.

    Eric :

    Crever ses poches
    comme Rimbaud.
    Oublier le tripotage
    de la menue monnaie.



    Vendredi 17 Octobre 2003

    Nebo :


    Parfois,
    Je songe à elle.
    Etrange manque.

    Eric :

    Tout ceci n'est que du vent
    me direz-vous.
    Oui, mais il contribue
    à gonfler ma voile.



    Samedi 18 Octobre 2003

    Nebo :


    La seule règle
    De base
    C’est qu’il n’y a pas de règles !
    Juste des lois !

    Eric :

    Douceur du policier caressant sa matraque
    et le bourreau sa hache.
    Un Subtil paradoxe.



    Dimanche 19 Octobre 2003

    Nebo :


    O Saint Haschisch
    qui détruit
    ou régénère !

    Eric :

    J'ai connu un guitariste
    aux mains défoncées.
    Sa guitare s'appelait Esmeralda.



    Lundi 20 Octobre 2003

    Nebo :


    Nuit.
    Les battements de cœur
    en vérité valsent.
    Un Royaume s’ouvre.
    Je m’avance.

    Eric :

    Ils ont frappé à la porte
    ce matin-la.
    N'ont découvert que son cadavre.
    Et le restant d'un petit déjeuner.



    Mardi 21 Octobre 2003

    Nebo :


    Temple abîmé.
    Blessures de l’âme.
    Nous sommes tenus en laisse.
    Soumis.
    Mektoub.

    Eric :

    Une vieille fierté
    veut que je marche sur ces oeufs
    sans en briser aucun.



    Mercredi 22 Octobre 2003

    Nebo :


    Courbatures.
    Fièvre.
    Larmes.
    Apprendre à subir.

    Eric :

    Quand chaque matin
    je me hisse hors du lit,
    je ne sais si je suis
    perdant ou victorieux.



    Jeudi 23 Octobre 2003

    Nebo :


    L’apprentissage authentique,
    c’est celui du sacrifice consenti
    juste pour exister.

    Eric :

    La vie. Juste une longue seconde.
    Le temps donné à une larme
    pour qu'elle puisse toucher terre.



    Vendredi 24 Octobre 2003

    Nebo :


    C’est, parfois,
    dos au mur
    que les solutions
    surviennent.

    Eric :

    L'authentique volonté
    est incontrôlable, inattendue.
    Elle ne se cuisine d'ailleurs pas.
    C'est une Cru-auté.



    Samedi 25 Octobre 2003

    Nebo :


    Nous produisons.
    Nous consommons.
    Nous dormons.
    Nous vieillissons.
    Morts avant d’être au monde.

    Eric :

    Jour après jour
    je le rempli comme je peux,
    mon flacon de lucidité.



    Dimanche 26 Octobre 2003

    Nebo :


    Trouver le mot est faux.
    C’est le mot qui me trouve.
    La barque est au centre des roseaux.

    Eric :

    Ne jamais pouvoir désemplir.
    est-ce être vide
    ou bien plein ?



    Lundi 27 Octobre 2003

    Nebo :


    Tu me captes.
    Le cœur enflé.
    L’automne nous va bien.
    Tout est inaccompli.

    Eric :

    Les bribes du passé
    s'attachent à remuer derrière moi.
    Agitation comique et poussiéreuse.
    Queue du chien errant.



    Mardi 28 Octobre 2003

    Nebo :


    L’instant est lumineux.
    Le front au ras des flots,
    le couteau à la main,
    j’avance.

    Eric :

    Je fonce droit
    vers mon Zénith.
    A l'est de Saint Jean.



    Mercredi 29 Octobre 2003

    Nebo :


    Le poème brûle
    comme un feu
    de résistance.
    Le séisme se propage.

    Eric :

    O mon frère !
    Nos accords, nos différents,
    nos disputes, nos fruits !



    Jeudi 30 Octobre 2003

    Nebo :


    Entre deux fronts,
    quatre yeux,
    deux langues,
    s’instaure le Silence.

    Eric :

    Mon amour, mon amour,
    rappelle-moi encore
    l'abîme qui nous sépare.



    Vendredi 31 Octobre 2003

    Nebo :


    Ta présence occultée
    m’irradie
    avec violence.

    Eric :

    Le souvenir de sa voix
    filtrée par le téléphone.
    Ancrée sur mon âme.



    Samedi 1er Novembre 2003

    Nebo :


    L’aigle survole
    les eaux noires,
    infestées de salamandres,
    de crapauds,
    de serpents.
    Eaux noires
    creusant le cour des choses.

    Eric :

    J'attend de la modernité
    une vraie fantaisie.
    Une nouvelle cité lacustre.
    Une nouvelle Venise.



    Dimanche 2 Novembre 2003

    Nebo :


    Le sang se cabre
    comme un cheval féroce.
    Les guerriers pénètrent les murs,
    leur clameur réveille
    les très anciennes maisons.

    Eric :

    Les amours du passé
    reviennent frapper à ma porte.
    Ils réclament l'addition.



    Lundi 3 Novembre 2003

    Nebo :


    Mon sommeil est un lac paisible.
    L’éveil un ruisseau serein.
    Puis je guette
    le courant propice.

    Eric :

    Ma jambe droite
    pas plus que ma jambe gauche
    ne connaissent le Tao.
    Elles m'entraînent dans la rue.



    Mardi 4 Novembre 2003

    Nebo :


    Au centre.
    Main tendue.
    Prise fragile.
    Rien ne jaillit.

    Eric :

    Je me rend invisible.
    Je passe inaperçu.
    J'observe à loisir.



    Mercredi 5 Novembre 2003

    Nebo :


    Aller au bout de la lumière
    est une affaire
    de présomptueux.

    Eric :

    La dévotion doit se consommer
    avec un zeste
    d'humour.



    Jeudi 6 Novembre 2003

    Nebo :


    La Violence de la Racine
    quand elle se rappelle
    à nous.
    Un forage souvent s’impose.

    Eric :

    Belle saleté du mineur,
    à creuser au voisinage
    de la Mort.



    Vendredi 7 Novembre 2003

    Nebo :


    En guise d’étoile
    ton œil scintille.
    L’âtre de ton ventre
    dévore ma viande.

    Eric :

    L'orgasme a modifié
    son haleine.
    Curieuse chimie.



    Samedi 8 Novembre 2003

    Nebo :


    La Sagesse sereine
    sait être inquiète.
    La fibre s’érige
    à la rencontre du monde.

    Eric :

    De retour au soleil.
    Mes yeux embués de larmes
    et des compagnons
    aux bras chargés d'amour.



    Dimanche 9 Novembre 2003

    Nebo :


    Ta courbe m’est dédiée.
    L’intimité de ta langue
    me dit l’essentiel.

    Eric :

    La sueur de mon front.
    Essence grasse et magique.
    La main glisse en arrière du crane.
    Peigne et me réconforte.



    Lundi 10 Novembre 2003

    Nebo :


    Le creux de la nuit
    est une maison
    protectrice.

    Eric :

    Dans l'obscurité.
    Baisers de l'autre monde
    sur ma bouche.



    Mardi 11 Novembre 2003

    Nebo :


    Dans cette clairière
    la Haute Lumière
    réanime le feu
    de la Légende.

    Eric :

    Forêt antique de l'enfance.
    Terre rouge et Eucalyptus.
    Epaules solidifiées.



    Mercredi 12 Novembre 2003

    Nebo :


    Ta tendresse
    aimante mon cou,
    mes épaules,
    mes mains.
    Nous sourions.

    Eric :

    Ecarter un cheveu
    de sa bouche.
    N'attendre rien.



    Jeudi 13 Novembre 2003

    Nebo :


    Nomades.
    Levons le camp.
    Ensablons le feu.
    L’horizon chante.

    Eric :

    Le fouet a laissé ses marques
    sur mon dos.
    La douleur me pousse
    vers l'avant.



    Vendredi 14 Novembre 2003

    Nebo :


    L’ombre tantôt me suit,
    tantôt me devance.
    Fidèle compagne.

    Eric :

    Retrouvez-moi.
    Indiquez-moi ma place.
    Je marche et ne me saisis plus.



    Samedi 15 Novembre 2003

    Nebo :


    Je m’ancre dans la non-action.
    Le Sabre et la Plume.
    C’est un mouvement, en fait,
    très particulier.
    L’avancée est profonde.

    Eric :

    Mouvement des mains
    qui se joignent.
    Récoltant l'eau de pluie.



    Dimanche 16 Novembre 2003

    Nebo :


    Il faut toucher le nerf.
    Sang est le Livre.
    L’écriture est Aube.
    Toujours.
    Maintenant.

    Eric :

    Phrases longues comme des rails.
    Locomotive de ma tête,
    attaquée de toute part.



    Lundi 17 Novembre 2003

    Nebo :


    La Liberté
    est une attitude intérieure.
    Un Socle interne
    que rien n’atteint.
    Une Fondation,
    non une posture.
    Quel que soit
    le Régime en place,
    un Homme Libre
    est toujours
    un Homme Libre.

    Eric :

    J'ai ri.
    Tenant une fleur
    à la bouche.



    Mardi 18 Novembre 2003

    Nebo :


    La réalité intime
    de mon Cerveau
    me dicte des choses
    qui semblent folles,
    bien que très raisonnables,
    auxquelles ma Raison
    n’entrave que couic.

    Eric :

    J'ai construit mon être
    Rempart après rempart.
    Meurtrière après meurtrière.
    Pauvre Forteresse !



    Mercredi 19 Novembre 2003

    Nebo :


    Je pratique sans cesse
    de terrifiants réajustements.
    Sinon je ne serais
    qu’un abîme constant.

    Eric :

    Au point de non-retour,
    je me vois
    habillé de terreur
    et assoiffé d'amour.



    Jeudi 20 Novembre 2003

    Nebo :


    L’Homme est perdu
    dans la moiteur
    des ténèbres de l’Homme.

    Eric :

    Dans le pire de mes cauchemars,
    je veux hurler,
    mais ne peux que gémir.



    Vendredi 21 Novembre 2003

    Nebo :


    Être, c’est, aussi,
    être infirme,
    malhabile,
    sale.
    Chair incarnée
    n’ayant
    plus pieds dans la Vie.

    Eric :

    Envoyez mon double faire son jogging,
    envoyez mon double au cinéma,
    envoyez mon double faire la queue
    au restaurant huppé !



    Samedi 22 Novembre 2003

    Nebo :


    Mille abruptes pentes
    à gravir.
    Irruptions néfastes.
    Nécessité.
    Sainte Nécessité.
    Très très Sainte Nécessité.

    Eric :

    Une vie sans surprises,
    surprenante de
    banalités.



    Dimanche 23 Novembre 2003

    Nebo :


    L’engourdissement.
    Le vertige.
    L’initiation.
    Me débarrasser
    des raclures
    de mon Être.
    La Toux me crève les poumons.

    Eric :

    Contre les coups du sort,
    préférer une lutte sans violence :
    Grandeur d'Âme,
    Patience,
    Aristocratie.



    Lundi 24 Novembre 2003

    Nebo :


    Être Voué à la terreur
    et à l’angoisse.
    Seul au monde.
    Nuit de Noces intimes.

    Eric :

    Sur ma lande desséchée :
    les buissons du dégoût,
    les fleurs de la solitude.



    Mardi 25 Novembre 2003

    Nebo :


    Ecrire est une Métaphysique
    du Cœur.
    Lointaines traces Humaines
    dans les méandres de l’âme.

    Eric :

    L'artiste se pose souvent malgré lui
    en Homme de Foi,
    en Homme de Défi.



    Mercredi 26 Novembre 2003

    Nebo :


    Un immense cantique de Vie
    jaillit de l’Univers,
    étouffé par la Passion néfaste
    du monde.
    Sado-masochisme Total.

    Eric :

    Mes yeux ne voient plus
    les « Pourquoi », les « Comment », les « Hélas ».
    Mes yeux sont devenus secs.
    Pierreux.



    Jeudi 27 Novembre 2003

    Nebo :


    Ma douleur
    finira bien
    par m’entraîner
    vers les monts olympiens.
    Les célestes rives.

    Eric :

    Il faut du talent
    pour les gestes
    d'adieu.



    Vendredi 28 Novembre 2003

    Nebo :


    Etre un Homme
    est difficile.
    Déjà.
    Et nous devrions
    être plus
    que des hommes.

    Eric :

    Une vie peut basculer en un clin d'œil.
    Long est le chemin
    du retour.



    Samedi 29 Novembre 2003

    Nebo :


    Demeurer ?
    Aucune importance.
    La poussière
    demeure.

    Eric :

    Le vol du papillon
    est d'une pureté
    presque insolente.



    Dimanche 30 Novembre 2003

    Nebo :


    Ma tendre épouse.
    Quarante ans.
    Tu souris encore.
    Buvons.

    Eric :

    Si tu veux entendre
    battre le cœur de ta maison,
    va t'asseoir dans la cuisine.

    (À Suivre...)

  • Messages Transatlantiques -III-

    =--=Publié dans la Catégorie "Musique : Rêve Vénitien..."=--=

    Lundi 23 Juin 2003

    Nebo :


    Ode néfaste d’un instant,
    saisie l’Espace et le temps,
    et réveille l’Être endormi
    en les abysses. Profond.

    Eric :

    Clapotis.
    Lac souterrain.
    Joyaux qui tintent.



    Mardi 24 Juin 2003

    Nebo :


    Les muscles fatigués,
    la sueur salée,
    le miel de l’Être.

    Eric :

    Joues rouges
    Au-dessus de l'enclume.
    Forgeron sur la voie.



    Mercredi 25 Juin 2003

    Nebo :


    La phrase se love
    sensuellement sur mes lèvres
    comme un serpent d’or
    aux écailles de pétales de Rose.

    Eric :

    Pensées, questions,tentatives,
    attitudes, souvenirs du jour.
    Ce petit monde s'envole doucement
    vers le ciel
    comme des bulles de savons.



    Jeudi 26 Juin 2003

    Nebo :


    Volutes de Haschisch,
    ondoyantes Orientales,
    vous me dites d’étranges choses.

    Eric :

    Lèvres charnues.
    Dents pourries.
    Diamants à la place des yeux.



    Vendredi 27 Juin 2003

    Nebo :


    Miettes de tabac devant le clavier.
    L’Herbe maudite et très sainte m’apaise.
    Fermant les yeux,
    une lumineuse jeunesse me revient.

    Eric :

    Bras tendus sous les projecteurs ;
    récepteurs et paratonnerres.
    Résonance ultime
    de la chair et des os.
    Fardeau et Salut.

    Nebo :

    La sueur. Cette humidité.
    Odeur de bière et de pisse.
    Chaleur. Prière. Douleur.
    Violence. Encens.
    La rumeur enfle la salle.
    Joie ! Le son et sa Puissance.

    Eric :

    La sueur. Lave piquante dans les yeux.
    Alibi des yeux qui veulent pleurer.
    Vapeurs des corps et fumées du tabac,
    dans un halo couleur de nacre.
    Dissimulant le Créateur attentif.
    Le Créateur attentif.



    Samedi 28 Juin 2003

    Nebo :


    Déroute et plaintes.
    Me libérer du lien.
    Prendre le large.
    L’encre sur la page,
    la page dans le cahier ,
    le cahier dans la vie.
    Mais la Vie est ailleurs…

    Eric :

    Dans mon poing serré,
    du sable sec.
    Dans mon crâne aussi,
    un vent sec.



    Dimanche 29 Juin 2003

    Nebo :


    Quand le mirage disparaît,
    il ne me reste plus
    que mon ombre sur le sable du désert
    sous le haut soleil.

    Eric :

    Lèvres gercées,
    et puis toi...
    Lèvres humides
    à nouveau.



    Lundi 30 Juin 2003

    Nebo :


    Sacrifice et furie.
    Devant les lions de la place St Marc.
    Etrange prémonition.

    Eric :

    Qui, en moi,
    invite à briser leurs socles ?
    Je fais la sourde oreille.
    Pour le moment j'incruste une date,
    un nom.



    Mardi 1er Juillet 2003

    Nebo :


    Sa chatte humide accueille
    la langue de mon incarnation.
    Sel et miel et lait et thé.
    Ventre vierge. Spasme assoiffé.

    Eric :

    J'ai oublié tous mes visages.
    Tous absorbés
    par son nombril.



    Mercredi 2 Juillet 2003

    Nebo :


    Définitivement. Je prends le large,
    quitte ton port, étudie un retrait
    vers des eaux plus sereines.
    Je vois mille choses dans les reflets
    du café qui me brûle les lèvres.

    Eric :

    Poignée de main amicale.
    Vérité de son pouls :
    fâcheries, pleurs, rêves, sourires,
    regrets, amour, secrets, questions,
    décisions, guerre, feu, air,
    retrouvaille cimentée.
    fatum.



    Jeudi 3 Juillet 2003

    Nebo :


    Ces Stances trans-Atlantiques
    sont des vagues existentielles
    participant au naufrage général.
    Un rire lumineux en plus.
    Une danse au milieu des plaintes.
    Assurément une chorale.

    Eric :

    Chefs d'orchestres
    armés de cure dents ;
    musiciens aux mains vides.
    Tout le monde est prêt.



    Vendredi 4 Juillet 2003

    Nebo :


    Elle me dit alors :
    « jamais je ne t’oublierai,
    tu m’as éveillée à la Vie,
    à la révolte, à l’Art. »
    Ses yeux brillaient
    tandis qu’elle s’éloignait.
    Furtive comme une chatte.

    Eric :

    Je l'oublierais vite.
    Je sortirais les mains
    de mes poches.
    J'abandonnerais l'écriture.



    Samedi 5 Juillet 2003

    Nebo :


    Je porte le poids de mon corps.
    La sueur. Temps lourd et orageux.
    Ma grand-mère dans son fauteuil roulant,
    l’œil perdu dans un « ailleurs »
    qu’elle seule connaît.
    Ici et maintenant un trésor m’est offert.

    Eric :

    J'ai dépouillé l'arbre
    de ses feuilles ;
    j'ai devancé l'automne.



    Dimanche 6 Juillet 2003

    Nebo :


    Tristesse de ta voix
    au téléphone
    qui s’éloigne
    de nous.

    Eric :

    Autrefois j'ouvrais la bouche
    pour parler et rire.
    Aujourd'hui j'écoute.
    J’écoute. J’écoute.



    Lundi 7 Juillet 2003

    Nebo :


    Sainte, très Sainte Energie,
    tu t’empares de moi
    comme bon te semble,
    me propulse vers moi-même.
    Tendre retrouvailles.
    Puissante Oraison intérieure.

    Eric :

    Le cœur va sortir.
    Va me prendre
    dans ses bras.



    Mardi 8 Juillet 2003

    Nebo :


    Le 8 Juillet 1971, Jim,
    on te met en terre
    au cimetière du Père Lachaise.
    Les vers ont-ils bouffé ta panse
    d’alcoolique halluciné ?
    J’interrogerai le Yi-King,
    à l’occasion,
    avec de l’Herbe Sainte
    et un peu de bourbon…

    Eric :

    J'aurais aimé qu'on récupère
    mon crâne et qu'on en fasse
    un nid pour les moineaux.
    Pépiements et cris,
    Printemps toujours célébré.

    Mercredi 9 Juillet 2003 :

    Nebo :


    Vivace,
    ce mouvement qui
    ordonne mon corps.

    Eric :

    Coups de fouets
    dans l'arène :
    le lion montre
    les crocs.



    Jeudi 10 Juillet 2003 :

    Nebo :


    L’horreur de l’Être
    quand, diminué,
    il tressaille.

    Eric :

    Longues sueurs,
    longues douches.
    Je récupère ce qu'il y a
    à récupérer.



    Vendredi 11 Juillet 2003

    Nebo :


    L’écriture,
    beau leurre,
    paradoxe qui érige
    et construit.

    Eric :

    Forteresse de poussières, solidifiée
    inattaquable, imprenable.
    Le termite y est comme chez lui.



    Samedi 12 Juillet 2003

    Nebo :


    La solitude
    est une douceur.
    Aussi.
    Etrange de passer
    tant d’heures
    sans parler.
    Sans prononcer
    un seul mot.

    Eric :

    Un volet s'est ouvert.
    Le vent me rapporte un souvenir.
    Un ancêtre.
    L' Atlantide.



    Dimanche 13 Juillet 2003

    Nebo :


    Ma barbe d’une semaine
    me gratte
    et pique.
    Mon fils, petit hérisson,
    la caresse
    et m’invite
    à la raser.

    Eric :

    Pique pique.
    Paume de main parfaite
    sur ma peau usée.
    L’alpha et l'oméga.



    Lundi 14 Juillet 2003

    Nebo :


    Colère
    de ma peau
    contre la sienne.
    Sortir. M’arracher.
    Quitter le champs des batailles.

    Eric :

    Nos mains s'entrecroisent,
    toutes quatre masculines.
    J'aime une femme
    aux mains masculines !



    Mardi 15 Juillet 2003

    Nebo :


    Ce qui me manque le plus :
    ce sont les tâches d’encre,
    les feuilles froissées,
    le bureau qui ressemble
    à un charnier. Stylo Noire.
    Stylo Rouge. Bouts de gommes.
    Crayon à papier.
    La douleur dans la main
    au terme d’une journée d’écriture.
    L’ordinateur veille et, malgré nous,
    ordonne,
    nous transforme
    déjà.

    Eric :

    Allons au nouveau mat
    du navire.
    Voiles qui claquent.
    Drapeaux qui claquent.



    Mercredi 16 Juillet 2003

    Nebo :


    Parfois s’éteignent les lèvres
    et les regards
    ne disent plus rien.

    Eric :

    Le vent est passé
    dans les branches.
    Tout est fini.



    Jeudi 17 Juillet 2003

    Nebo :


    Le vent souffle sur la ville.
    Que ne suis-je
    face à une vallée !

    Eric :

    Frémissements et bourgeons ;
    tout autour
    et sur ma peau.



    Vendredi 18 Juillet 2003

    Nebo :


    Trente-huit Printemps
    ont nourri mon âme.
    Trente-huit hiver
    m’ont appris à mourir.

    Eric :

    Des coups de marteaux au loin.
    Le cheveu se hérisse.
    La gorge se serre.
    C'est ma route.



    Samedi 19 Juillet 2003

    Nebo :


    Le retour du Soleil
    apporte la promesse antique.
    Grappes de raisins
    aux dents blanches des filles.
    Lyre et tambourin.

    Eric :

    La nuit me couronnera d'étoiles
    au gouvernail des cuisses
    musclées de plaisir.



    Dimanche 20 juillet 2003

    Nebo :


    La douleur de l’accouchement.
    Les doigts sur l’acier des cordes.
    Hier ? Demain ? Quelle importance ?
    Ici et Maintenant
    se joue quelque chose de plus délicat.

    Eric :

    Une frange sur les yeux.
    Soleil clignotant.
    Promesse.



    Lundi 21 Juillet 2003

    Nebo :


    L’électricité dans les membres,
    comme contenue.
    La lourdeur. Les nœuds.
    Gueule de bois.
    Les veillées fraternelles ont un prix.

    Eric :

    Nuages en lambeaux
    du petit matin.
    Sourire intérieur.



    Mardi 22 Juillet 2003

    Nebo :


    Le sang dans les notes.
    La douleur d’être.
    Pars, à présent.

    Eric :

    Une pousse
    dans l'aire de jeux.
    Soumise aux crachats.



    Mercredi 23 Juillet 2003

    Nebo :



    Débâcle intérieure.
    Un arc-en-ciel demeure
    comme seule garantie
    d’une alliance qui semble morte.

    Eric :

    Mes deux fesses sont nues
    quand je fixe la route.
    Fesses de nouveau-né.



    Jeudi 24 Juillet 2003

    Nebo :


    Je cherche, depuis peu,
    une berge où ma barque
    accosterait.
    Prendre du recul.
    Dresser un bivouac.
    La pluie. Le feu.
    L’odeur de cuir humide :
    est-ce ma veste ou ma peau ?

    Eric :

    Et mon visage ;
    de plus en plus
    un étranger
    en dehors de mon âme.



    Vendredi 25 Juillet 2003

    Nebo :


    Longue nuit,
    presque blanche,
    noueuse de questions.
    Comme le visage de ma fille,
    malade, vomissant sa bile.
    On cherche les bonnes raisons.
    On tente une justification.
    On s’inquiète.
    La Vie nous balaye.

    Eric :

    Petit peuplier frémissant.
    Marteaux-piqueurs
    au travail.



    Samedi 26 Juillet 2003

    Nebo :


    La maison vacante.
    L’âme vacante.
    Le cœur vacant.
    Vide.
    Occidental et vide.

    Eric :

    J'ai attendu ma voisine.
    Un cognement a la porte.
    pour demander du sel.



    Dimanche 27 Juillet 2003

    Nebo :


    Vent. Ciel. Douceur.
    Ici les embruns
    me clouent sur place.
    L’Océan domine tout,
    paisiblement.

    Eric :

    Marcher dans le sable,
    voilà ce qui est
    marcher.



    Lundi 28 Juillet 2003

    Nebo :


    Minérale attitude.
    Être simplement
    cette larme.
    Cette vague.
    Ce grain de sable.

    Eric :

    Mégot de cigarette.
    Sanctifié
    au bas de la dune.



    Mardi 29 Juillet 2003

    Nebo :


    Le sel sur sa peau.
    Ma main dans ses cheveux.
    Son regard est ailleurs.
    Les amants ont la vie dure.

    Eric :

    L'ossuaire de sa bouche,
    parfois, caverne
    de diamants.



    Mercredi 30 Juillet 2003

    Nebo :


    Quelque chose de vif.
    Une extravagance intérieure.
    Indescriptible.
    Possédé.

    Eric :

    Mon regard est possédé
    par le cerf-volant,
    lui-même possédé
    par l'enfant.



    Jeudi 31 Juillet 2003

    Nebo :


    Le corps est dérangé.
    C’est profond.
    La courbe des palpitations
    se love autour de mes nerfs.
    Le chuintement des vagues
    l’apaise tout juste.
    Je suis une bombe atomique.

    Eric :

    Quel oiseau divin
    au raz des vagues,
    me saisira tel un poisson
    dans sa bouche ?



    Vendredi 1er Août 2003

    Nebo :


    Je laisserai derrière moi
    quelques traces de pas sur la sable.
    Rien d’autre.
    Le vent et la mer,
    ainsi que d’autres pas plus dignes,
    plus grossiers,
    plus conquérants,
    effaceront tout ça.

    Eric :

    Qui chantera ce soir
    autour du feu ?
    Quelle jeunesse ?
    Pour quelle beuverie ?



    Samedi 2 août 2003

    Nebo :


    De retour.
    Le goudron.
    La compression du béton.
    Le goût de l’acier sur la langue.
    La Ville et ses merveilles.
    Babylone.

    Eric :

    Tee-shirt élimé,
    Pantalon épuisé.
    Et l'avenir intact.



    Dimanche 3 Août 2003

    Nebo :


    L’hostile persévérance.
    La guitare fume
    comme une arme
    sur le champs de bataille.
    Je suis un survivant.

    Eric :

    Les rires résonnent déjà.
    Ils ont besoin d'un dos.
    Le mien.



    Lundi 4 Août 2003

    Nebo :


    La canicule.
    Morsure du Soleil.
    Ecrire à l’ombre
    après une dure journée
    de travail.

    Eric :

    Je n'ai retenu personne,
    aucune jolie passante.
    Juste la solitude.



    Mardi 5 Août 2003

    Nebo :


    Sueur collante.
    Palpitations haletantes.
    Il semble
    que le globe entier brûle.
    Ce sont des prémisses.

    Eric :

    Nous sommes plusieurs
    à reconstruire.
    Tous illuminés.



    Mercredi 6 Août 2003

    Nebo :


    Courbatures.
    Douleur.
    Sueur.
    Je suis.

    Eric :

    Au fond des rides :
    larmes du cœur.
    Limon accumulé.



    Jeudi 7 Août 2003

    Nebo :


    S’accomplir
    par la vocation de l’Esprit
    et la bonne disposition du Corps.

    Eric :

    Méditation matinale.
    Telle une toilette
    Obligatoire.



    Vendredi 8 Août 2003

    Nebo :


    Lancer les dés
    dans un rire,
    en dansant.

    Eric :

    Fidèle aux mêmes chaussures.
    Aller jusqu'au bout
    de l'usure



    Samedi 9 Août 2003

    Nebo :


    Ecrire est Acte.
    A proximité de l’encrier
    et de la plume,
    repose le Sabre.

    Eric :

    Le soleil illumine
    les trottoirs bétonnés :
    invitation au labyrinthe.



    Dimanche 10 Août 2003

    Nebo :


    Ce Silence intérieure,
    avant l’assaut.
    Le joint crépite,
    le thé brûle.
    Le crépuscule.

    Eric :

    Quelques pièces au fond des poches.
    Cuivre et Nickel.
    La Terre-Mère
    toujours disponible.



    Lundi 11 Août 2003

    Nebo :


    La page blanche
    accueille
    l’ombre de ma main.

    Eric :

    Quelqu'un m'a vu ;
    Quelqu'un m'a souri.
    Un vieil ange
    Derrière la vitre.



    Mardi 12 Août 2003

    Nebo :


    Un petit souffle
    qui ne dit rien,
    à première vue,
    mais porte l’Univers entier
    en lui.

    Eric :

    Apparences de formes
    devant mes yeux.
    Trans-Formations.



    Mercredi 13 Août 2003

    Nebo :


    J’ai eu de tristes pensées
    en regardant s’éloigner au loin
    le signe de la main
    de l’ami voyageur.

    Eric :

    Trains en route.
    Sages serpents
    Qui nous digèrent.



    Jeudi 14 Août 2003

    Nebo :


    Son Silence
    en dit très long
    sur le chaos
    qui la tourmente.

    Eric :

    Une tasse de café,
    une cuillère et un sucre.
    Valse connue de l'inox
    contre la porcelaine.



    Vendredi 15 Août 2003

    Nebo :


    Tes sept années
    sont passées si vite.
    O mon fils
    ne te presse pas trop vite.
    Cueille le temps
    avant qu’il ne te cueille.

    Eric :

    Dieu était amoureux.
    Alors il dessinait
    la bouche des enfants.



    Samedi 16 Août 2003

    Nebo :


    L’oppression
    dans ma poitrine
    qui alourdit mon souffle.

    Eric :

    Chaussures délacées
    au pied du lit.
    Pas la force pour un thé.



    Dimanche 17 Août 2003

    Nebo :


    Chant intérieur.
    Profond.
    Tenace.
    Les cellules.
    Les Atomes.
    Les liquides.
    Je le distingue avec précision.

    Eric :

    Rassemblement des nuées
    au dessus du dessert.
    Inquiétude et tarte aux pommes.



    Lundi 18 Août 2003

    Nebo :


    Aculé au mur.
    Plus question de tergiverser.
    L’ombre de mon père.
    L’ombre du dieu mort ?
    Etrangeté.

    Eric :

    Miroir à présent impénétrable.
    Visage et corps
    emportés dans le mutisme.



    Mardi 19 Août 2003

    Nebo :


    « Eleven » déploie ses voiles.
    L’Océan est calme
    mais menaçant.

    Eric :

    Les enfants jouent
    sur le pont.
    Un cri de mouette.



    Mercredi 20 Août 2003

    Nebo :


    Je meurs d’un orgasme électrique,
    sur scène,
    avant d’être jeté au public.
    Ce rêve.
    Ou ce cauchemar.

    Eric :

    Une scène balayée, lessivée,
    au petit matin
    par l'homme de ménage.
    Les drames finissent toujours
    Dans la tranquillité.



    Jeudi 21 Août 2003

    Nebo :


    Ecrire à la veille
    du départ.
    Retour
    à une part de l’âtre.
    Brûle-t-il encore ?

    Eric :

    J'ai mes sentiers
    à la fidèle poussière.
    Aux longues marches sans but.



    Vendredi 22 Août 2003

    Nebo :


    Soleil dessus l’aile de l’avion.
    Soleil dessus les nuages.
    Soleil par la fenêtre dessus mon bras.
    Soleil.

    Eric :

    Désarmé en plein ciel,
    sans ressource, sans triche.
    Sensation pure
    de mon visage.



    Samedi 23 Août 2003

    Nebo :


    Être sur ce point précis.
    Cloué.
    Le regard de mon père
    scrute, fuit, hurle, fait face.
    Larmes.

    Eric :

    Les esclaves ont baissé les palmes
    au soleil de midi !



    Dimanche 24 Août 2003

    Nebo :


    En haut sur la colline,
    la rosée matinale.
    Le chant du coq.
    Un oiseau survole les arbres.

    Eric :

    Mon regard s'éparpille
    dans l'univers
    des fourrés.



    Lundi 25 Août 2003

    Nebo :


    Le monde a implosé mille fois.
    Le village a changé si peu.
    Odeur de mon enfance.
    Sauf, les vieilles maisons
    qui, bien que là,
    désertes, tombent en ruine.
    L’herbe sauvage règne.
    La tombe de mon grand-père
    m’apaise.
    Mon père retrouvé aussi.

    Eric :

    Au loin, le bruit du marteau
    sur le roc.
    Un labeur véritable.
    à l'épreuve du temps.



    Mardi 26 Août 2003

    Nebo :


    Bande d’ordures !
    Qu’avez-vous fait
    de mon beau pays ?!
    Où l’avez-vous enterré ?

    Eric :

    Je donnerais ma sympathie
    aux mouches,
    et mes larmes
    à la terre.



    Mercredi 27 Août 2003

    Nebo :


    Le foyer.
    A présent,
    un autre feu y brûle.

    Eric :

    Ne pas oublier :
    mes Hommages
    à la porte d'entrée.



    Jeudi 28 Août 2003

    Nebo :


    Le regard
    de mes enfants
    me couronne
    d’une force tranquille.

    Eric :

    Un pas vers la fenêtre,
    un doigt sur le rideau,
    un oeil au-dehors,
    un enfant dans l'adulte.



    Vendredi 29 Août 2003

    Nebo :


    Du fin fond
    de ma mémoire morte
    d’immémoriaux souvenirs
    m’assiègent.

    Eric :

    Un conflit de voix et des propos décousus
    s'entrechoquent dans mon crane.
    Vieilles aventures et philosophies de cuisine.
    Mais qui parle ? et qui répond ?
    Plus rien n'appartient à personne.



    Samedi 30 Août 2003

    Nebo :


    Ma solitude
    m’enchante
    le temps
    d’une inspiration,
    expiration,
    toujours recommencées.

    Eric :

    Personne encore
    n'est venu frapper
    à ma porte.



    Dimanche 31 Août 2003

    Nebo :


    Les deux particules
    se sont mises en route,
    depuis la nuit des temps,
    pour cette étreinte.
    Ecrire, aussi,
    c’est dire
    ce qui advient
    à l’instant
    de la rencontre.

    Eric :

    La première étincelle du silex
    est née dans des mains
    maladroites.

    (À Suivre...)

  • Messages Transatlantiques -II-

    =--=Publié dans la Catégorie "Musique : Rêve Vénitien..."=--=

    Jeudi 17 Avril 2003

    Nebo :


    Les alcools tapissent la vision
    d’un faisceau d’échappées possibles.
    Peut-être n’est-ce qu’une sanglante illusion ?

    Eric :

    Jeunes filles à peaux mates.
    Elles offrent leurs corbeilles de fruits :
    la grande plaisanterie du plaisir !



    Vendredi 18 Avril 2003

    Nebo :


    Ecrire, est-ce ce qui me sauvera ?
    Être Sauvé a-t-il un autre Sens ?
    Le Sens s’écrit-il au fur et à mesure ?
    A mesure que l’Univers se déploie
    que porte l’Ecriture ?
    Le thé vert miroitant me le demande.

    Eric :

    Nénuphars sur le lac,
    port d'attaches pour libellules.
    Ils rendent la traversée possible.



    Samedi 19 Avril 2003

    Nebo :


    Je me pose ici, entre mon doux Soleil
    et ma tendre lune.
    Du haut de vos Siècles vous me scrutez.
    Quel étrange amour que celui qui nous unit !
    Sous la voûte étoilée, j’appelle la conscience,
    qu’elle fleurisse, me porte et me sème,
    car la mort est inévitable.

    Eric :

    Je salue le jour
    où mon ventre éclatera
    comme un sourire.



    Dimanche 20/04/2003

    Nebo :


    01h55 du matin.
    Il me semble avoir bu le calice
    jusqu’à l’amertume la plus délicieuse.
    Parfois, comme ce jour, chaque chose
    est à sa place. La meilleure. La pire.
    La Noble. La médiocre.
    Hiérarchie de l’Être.
    La mort est porteuse de sens.
    L’attente un apprentissage.

    Eric :

    Avant que se lève le vent,
    hommage de la rosée,
    même sur les feuilles desséchées.



    Lundi 21 Avril 2003

    Nebo :


    Je passe par le couloir du morne quotidien,
    chaque jour.
    Difficile de semer mes fleurs sur ce chemin.
    Je me dois cependant de le faire.
    Harmonieuses, vénéneuses, enivrantes,
    troublantes et délicates.
    Poisons et antidotes

    Eric :

    Regain de tendresse pour les murs.
    La douce chanson du logis.
    Je me décloisonne.



    Mardi 22 Avril 2003

    Nebo :


    Mes palpitations cardiaques
    sont de la partie… sur la Voie.
    Elles enseignent comme tout le reste.
    Le cœur est un maître qu’il faut écouter.

    Eric :

    Ma bouche s'ouvre et veut parler
    avec la rage
    de l'océan.



    Mercredi 23 Avril 2003

    Nebo :


    Perspicace, la chatte tend ses sens…
    …en alerte ! Elle semble voir
    des mouvements subtils de molécules.
    En comparaison l’Homme est mort.
    Je savoure la scène. J’apprends.
    Le Félin est un maître aussi.
    Nous ne soupçonnons pas
    les supports que prend la Voie
    pour se présenter à nous.

    Eric :

    A l'ombre du Grand Eclat de Rire
    l'animal m'a vu.
    Il agite sa queue.



    Jeudi 24 Avril 2003

    Nebo :


    J’ai lavé mon corps comme si j’avais lavé le sien,
    me suis peigné comme si je l’avais peigné elle,
    ma mamie, à l’odeur de miel, brisée, broyée,
    en morceaux de souffrances innombrables.
    L’histoire se poursuit. C’est à se demander
    ce que nous pouvons y faire.
    Rien.
    Tout.
    Avancer.

    Eric :

    J'ai chassé la brume de devant mes yeux
    et puis j'ai renoncé.
    Le visage en eau.
    Qui m'aura vu pleurer ?



    Vendredi 25 Avril 2003

    Nebo :


    Les palpitations cardiaques
    disent mille souvenirs.
    Elles éventrent le jour
    pour mes pas d’homme sans assurance.

    Eric :

    Terres fraîchement labourées,
    l'épouvantail garde ses bras ouverts
    au milieu des corbeaux sautillants.

    Samedi 26 Avril 2003

    Nebo :


    Il faut bien vivre, c’est un fardeau.
    Le chant des oiseaux est une promesse.
    L’espoir se dessine parfois en quelques mots,
    quelques battements d’ailes .
    Le vent dans les arbres.
    Un sourire d’enfant.

    Eric :

    S'essuyer la bouche
    du jus des fraises.
    Inspirer fort jusqu'à
    la douleur.



    Dimanche 27 Avril 2003

    Nebo :


    Une pluie bienfaitrice exalte le Printemps.
    Danse O Vie, malgré moi.
    Adieu ? Déjà ? A quoi bon ?
    Non, tout se transforme.
    Ahurissant. Tourbillon d’énergies.
    Rose. Lotus.

    Eric :

    Chenille née d'hier.
    Elle se tortille
    dans le creux de ma main.



    Lundi 28 Avril 2003

    Nebo :


    Le scribe a mal aux doigts.
    Il ne sait plus où donner de la plume.
    Tout semble inaccessible.

    Eric :

    Et pourtant,
    la mine tenue au-dessus de la feuille,
    le roman continue de s'écrire.



    Mardi 29 Avril 2003

    Nebo :


    Seul. Triste.
    Feuille d’arbre
    sur le point de succomber.
    Le moindre souffle de vent
    m’arrachera à ce rêve lugubre.

    Eric :

    Mes yeux se sont bridés
    quand le soleil est apparu
    au dessus du lac.

    Mercredi 30 Avril 2003

    Nebo :


    Parfois ce sentiment étrange
    d’être Quasimodo endormi
    sous la voûte d’une cloche de Notre Dame.

    Eric :

    Les colombes viennent picorer
    sur mon pardessus
    de souffrance.



    Jeudi 1er Mai 2003

    Nebo :


    Je porte ce fardeau funeste
    comme une nécessité,
    car, quoi qu’on en dise,
    ce fardeau est le mien.
    Du jour de ma naissance
    à cet instant
    je l’ai poli sans cesse.


    Eric :

    Comme chaque matin,
    je débarrasse la table
    de ses miettes.



    Vendredi 2 Mai 2003

    Nebo :


    Je hais
    Tu hais
    Il hait
    Nous haïssons
    Vous haïssez
    Ils haïssent

    Conjugaison commune.

    Eric :

    Brûlure matinale du coup de règle
    sur mes doigts d'écolier.
    Larmes sur ma blouse.



    Samedi 3 Mai 2003

    Nebo :


    Si ce monde implose au printemps,
    les arbres auront reverdi,
    les oiseaux seront en route,
    les fleurs en pleine copulation.

    Eric :

    Le papillon s'exerce au vol
    par vent défavorable,
    sans un mot.



    Dimanche 4 Mai 2003

    Nebo :


    Mal aux jambes,
    du plomb dans les veines.
    Mes soucis s’en moquent.

    Eric :

    Le long des cernes,
    à livre ouvert :
    ma vérité.



    Lundi 5 Mai 2003

    Nebo :


    Nous nous retrouvons
    après 19 années de séparation.
    Etrange songe.

    Eric :

    Son visage se trouble,
    comme la surface du lac
    quand il reçoit une pierre.



    Mardi 6 Mai 2003

    Nebo :


    Ce sentiment dans les yeux,
    clairement lisible,
    d’être passé à côté de quelque chose d’essentiel.

    Eric :

    Deux larges mains
    prêtes à tomber
    en cendres.



    Mercredi 7 Mai 2003

    Nebo :


    Oui, je retourne à moi-même.
    Mon encre est mon sang.
    Je ne peux rien dire d’autre.

    Eric :

    Encore d’autres énigmes
    derrière celles de Dieu
    et de l’Univers.



    Jeudi 8 Mai 2003

    Nebo :


    Le cœur bat vite, mais sans extase.
    Les corridors internes
    cachent leurs lots de pièges à pics.

    Eric :

    Barbe de sept jours
    et yeux gonflés
    au réveil.

    Eric :

    Sur un cheveu prélevé
    du crâne d'Adolf Hitler
    se déploient les délices.
    Le son du luth. Miel et Lavande.
    Orangeraies de la Terre Promise.

    Nebo :

    Une fourmi, sur le chemin,
    porte une galaxie
    au bout de ses antennes.
    La fumée du haschisch
    est une nébuleuse d'étoiles.



    Vendredi 9 Mai 2003

    Nebo :


    C’est dans ma solitude
    que les fleurs, le ciel, la mer,
    s’ouvriront.

    Eric :

    Les bras en croix,
    j'attends d'être fécondé
    par le vent.



    Samedi 10 Mai 2003

    Nebo :


    Je voudrais aller,
    tel Thorgal ou Blueberry,
    à la rencontre du monde.

    Eric :

    Une patrouille de fourmis
    remonte sans peur
    du fin fond de ma poche.



    Dimanche 11 Mai 2003

    Nebo :


    Ah si le ciel pouvait descendre sur moi,
    tout aurait la couleur d’une verdure fraîche,
    mon âme compris.

    Eric :

    Une paire d'épaules
    beaucoup plus sages
    que moi.



    Lundi 12 Mai 2003

    Nebo :


    L’eau fraîche matinale.
    Les vêtements propres.
    Bougies parfumées et encens.
    Thé vert. Miel à la gelée Royale.
    Kiwis. Ginseng.
    Dehors : Soleil.
    La plume m’attend
    dans son encre écarlate.
    Les fantômes ricanent.

    Eric :

    Que me réserve aujourd'hui
    l'intérieur du miroir ?
    Il accumule dans le désordre,
    et restitue en bonne forme
    l'épreuve du jour.



    Mardi 13 Mai 2003

    Nebo :


    Stéphanie en lévitation
    au-dessus du vide.
    J’imagine la lumière blanche
    De l’hôpital l’accueillir.
    Ange brisé. Flamme éteinte.
    Un tison résiste.
    Peut-on sonder la douleur ?

    Eric :

    Vent dans les rideaux.
    Une prière dite à voix haute
    et la chair qui frissonne.



    Mercredi 14 Mai 2003

    Nebo :


    L’anorexie a dressé son sceptre,
    menace suspendue dessus ta couronne.
    Tu refuses la nourriture,
    solide ou éthérée,
    refuses la force, la transformation.
    Prend-toi pour Camille Claudel,
    en ton néfaste syndrome,
    même les vers ne voudront pas de toi.

    Eric :

    Ma valise est bouclée : je pars.
    A l'intérieur
    juste une paire de clefs.



    Jeudi 15 mai 2003

    Nebo :


    Ode à tout.
    Brin de lumière.
    Souvenirs presque absents.
    ICI !
    Ici une trame se déroule
    et je lui dis « oui ».

    Eric :

    Sous le couvercle,
    j’imagine la pluie
    à ses gouttes.



    Vendredi 16 Mai 2003

    Nebo :


    La mue. Une carapace nouvelle.
    L’ancienne est éparse.
    La nouvelle n’interdira pas l’amour.
    Je dis ces choses, en cet instant,
    les mots tombent comme des bonbons de miel
    hors de ma bouche.

    Eric :

    La sensation du pantalon neuf,
    hélas, de trop courte durée.
    Ensuite, ne jamais oublier ses jambes.



    Samedi 17 Mai 2003

    Nebo :


    Atteindre la fraction de seconde
    qui se suspend, presque hors d’atteinte,
    justement, et révèle, toujours,
    deux ou trois choses essentielles.

    Eric :

    Au bout du souffle,
    avant l'inspir :
    pas de corde a saisir !



    Dimanche 18 Mai 2003

    Nebo :


    La souffrance se refuse
    à me lâcher la grappe :
    elle sert bien fort
    mes couilles entre ses dents.

    Eric :

    Un oeil regarde à gauche,
    un oeil regarde à droite,
    et on avale sa salive.



    Lundi 19 Mai 2003

    Nebo :


    Je t’ai baptisé « lumineuse »,
    o la belle affaire !
    Tu n’es, désormais,
    que ténèbres et marécages.
    Contre quoi me battre ?
    Qui affronter ?

    Eric :

    Vivre comme on boit
    un verre d'eau.
    Liquides en suspension
    provisoire.



    Mardi 20 Mai 2003

    Nebo :


    David Bohm rencontre Spinoza.
    Ils boivent le thé,
    échangent leurs calculs.
    L’intuition exulte.

    Eric :

    Albert Cohen rencontre Albert Cossery.
    Ouzo, olives et pistaches,
    le rire est gras :
    la solution du monde !

    Nebo :

    David Bohm rencontre Albert Cossery.
    Antoine Blondin picole au comptoir,
    les observant d'un oeil espiègle.
    Le monde est gras:
    la solution? Le rire.

    Eric :

    Mes côtes me font mal,
    ma bite me fait mal,
    joyeuse rançon du rire
    et de la baise !



    Mercredi 21 Mai 2003

    Nebo :


    David Bohm formule
    une prière sans le savoir.
    L’Infini danse
    une danse infinie.

    Eric :

    Je nettoie mon oeil,
    nettoie l'œil
    de l'Univers.



    Jeudi 22 Mai 2003

    Nebo :


    Lumineuse,
    Je ne puis rien faire
    pour te tirer de là,
    puisque tu rejettes
    le moindre sourire,
    le plus petit geste.
    Le vent, les oiseaux, les arbres
    me le confirment.

    Eric :

    Avec un bâton.
    dans le sable
    de mon arrière-cour ;
    je trace ton nom.



    Vendredi 23 Mai 2003

    Nebo :


    Si les univers sont multiples
    tout en étant UN,
    le Savoir est difficile à étreindre.
    Qui saura lire les parchemins
    au tabernacle déroulés ?

    Eric :

    Ma plume s'est brisée,
    reste une tache,
    une révélation.



    Samedi 24 Mai 2003

    Nebo :


    Le temps joue contre moi,
    m’en dissuader est inutile.
    Même la rose épanouie
    finit par laisser tomber
    ses pétales écarlates.

    Eric :

    Je suis seul.
    Avec ma sueur
    et mes yeux fous.



    Dimanche 25 Mai 2003

    Nebo :


    Avec mes bras fatigués
    je t’ai aimée.
    Ta chair chaude a abîmé
    ma poitrine de marbre.
    Me restent l’encre et les larmes,
    et les mots taris pour TE dire.

    Eric :

    Je recompose ta formule
    comme un alchimiste
    en sursis.



    Lundi 26 Mai 2003

    Nebo :


    Soudain, au détour d’une page,
    le soleil devient plus lourd.
    La trame devient plus exigeante.
    Ecrire devient un soupir…

    Eric :

    Ici : Un labyrinthe
    de couloirs rétrécis
    où les murs retiennent leur souffle.



    Mardi 27 Mai 2003

    Nebo :


    Bipède à station verticale.
    Sur-singe à peine évolué.
    Œillères idéologiques bigarrées.
    Et dire que la vision de la réalité
    dépend de ta triste volonté !

    Eric :

    Un tintamarre de percussions,
    fer blanc et poubelles,
    prend possession des rues.



    Mercredi 28 Mai 2003

    Nebo :


    Je suis toujours l’enfant
    des 1000 et 1 sortilèges.
    Haschisch ou pas
    mon rire fou l’atteste.
    Les oiseaux en plein vol me sourient.

    Eric :

    Marchant encore de-ci, de-la.
    Un jour viendra où mon pardessus
    prendra lui-seul les décisions.



    Jeudi 29 Mai 2003

    Nebo :


    Imperturbable. De plus en plus.
    Les choses ne m’atteignent plus
    que dans une juste mesure.

    Eric :

    Qu'as-tu à me dire
    homme aux larmes chaudes ?
    Que puis-je faire pour toi ?
    Juste anticiper ta venue,
    être moi : de glace.
    Avant d'être toi !



    Vendredi 30 Mai 2003

    Nebo :


    Sombres pensées qui m’assiègent,
    votre Saillie est un calvaire,
    un triste viol.
    Abysses emblématiques
    qui m’anéantissent
    avant de me couronner.

    Eric :

    Le guerrier nu avait un discours
    destiné à la foule.
    Sa grimace s'est changé en sourire.
    Du sommet de son pilier, il n'est pas d'horizon
    qui échappe a son regard.
    Il se changera en statue, c'est décidé.
    Epaules offertes à la pluie, aux rayons brûlants du soleil,
    à toutes les intempéries possibles et imaginables,
    sans oublier la suprême bénédiction :
    la merde des pigeons.



    Samedi 31 Mai 2003

    Nebo :


    L’empreinte que votre peau
    me laissa, mademoiselle,
    est une peinture antique
    en train de se fissurer
    sous une poussière volcanique.

    Eric :

    Mes yeux sont grand ouverts.
    Une pression comparable
    à la chute d'eau,
    diffère la Grande Respiration.



    Dimanche 1er Juin 2003

    Nebo :



    Le ciel bleu,
    transpercé de Soleil,
    porte, en suspension,
    tous nos rires,
    toutes nos larmes.

    Eric :

    Cavalcades dans le jardin d'enfant.
    Grincements des balançoires.
    Rien ne se rattrapera.



    Lundi 2 Juin 2003

    Nebo :


    Mes bras étaient prêts à l’étreinte,
    mes lèvres parées aux embrassades.
    De l’encens brûlait.
    Elle n’est pas venue.

    Eric :

    J'éloignais d'un revers de main
    un de mes cils
    tombé sur la table.



    Mardi 3 Juin 2003

    Nebo :


    Seul à l’aube pâle.
    Il fait chaud.
    Le Volcan est en sommeil.
    L’été approche .

    Eric :

    Voici le temps des bénédictions :
    le temps où l’on sait
    qu’il n’y a pas eu d’avant,
    qu’il n’y aura pas d’après.



    Mercredi 4 Juin 2003

    Nebo :


    Viendra un temps
    où je ne croiserai plus
    mes vieux amis
    qu’aux obsèques
    d’autres amis.

    Eric :

    Il y aura encore :
    un gravillon dans ma chaussure
    et quelques moineaux
    dans les arbres.



    Jeudi 5 Juin 2003

    Nebo :


    Au téléphone
    ta voix a la fragilité
    d’une feuille en automne.

    Eric :

    Mes lèvres sont immenses.
    Elles commandent le tonnerre ;
    commandent la marée.



    Vendredi 6 Juin 2003

    Nebo :


    J’ai rêvé d’une odeur
    de champs de blé
    au Royaume de mon enfance.
    Le goût du pain
    malaxé par ma grand-mère
    est encore là, dans ma bouche.

    Eric :

    Longues tiges de bambous
    fouettant les amandiers.
    Les garnements ramassent
    leur butin.



    Samedi 7 Juin 2003

    Nebo :


    Sans trop de mouvements,
    ni trop de bruits,
    tu déformais ton ombre
    en m’ouvrant tes bras.

    Eric :

    Les portes se sont ouvertes :
    chuchotements, connivences ;
    air frais sur la sueur
    des amants.



    Dimanche 8 Juin 2003

    Nebo :


    Ce sentiment d’être
    une énigme
    sans réponse.

    Eric :

    Juste un point posé
    au centre de l'Univers,
    l'Univers dans ce point.



    Lundi 9 Juin 2003

    Nebo :


    Je suis otage
    de ce souffle
    qui m’emprisonne
    sur cette terre.
    M’en libérer
    est un long chemin
    guerrier.

    Eric :

    S'affranchir un a un
    des éléments de la cuirasse.
    Revenir au monde.
    Indestructible.



    Mardi 10 Juin 2003

    Nebo :


    Hurlements dans la rue :
    de jeunes blacks/beurs
    courent vers le marché couvert.
    Un ciel de plomb tout domine.
    Voitures de police lentes
    et sans sirènes.

    Eric :

    Sous le container
    des larmes.
    Mon pied tape un rythme
    encore plus lent :
    un blues encrassé.




    Mercredi 11 Juin 2003

    Nebo :


    Notre Amour fut
    Or et Braise.
    A présent il n’est plus
    que Plomb et Cendres.

    Eric :

    Place aux éboueurs
    les résidus d'histoire,
    ils n'en ont cure !



    Jeudi 12 Juin 2003

    Nebo :


    Le loup en moi
    est en fuite.
    Toujours à guetter
    sa pitance.
    Mais quelle pitance ?

    Eric :

    En attendant,
    la musique des dents
    sur l'écuelle vide.



    Vendredi 13 Juin 2003

    Nebo :


    Dire l’essentiel
    en deux phrases
    est une impossible
    mission.
    Seules quelques
    saisies éphémères
    se déploient
    dans la corolle de la Rose.

    Eric :

    Sécheresse du bâton
    dans la main calleuse.
    Graviers sur le sentier.



    Samedi 14 Juin 2003

    Nebo :


    Le Sauternes est frappé.
    L’andouillette a un goût de merde,
    mais c’est bon.
    Nous faisons ripailles,
    à deux doigts de réinventer
    le monde.

    Eric :

    Elévation.
    Comme une bulle de savon
    prête à crever.



    Dimanche 15 Juin 2003

    Nebo :


    Les notes sont des bombes.
    Le son un commandement.
    La guitare un Sabre quantique.
    Devant moi les probabilités se déploient.

    Eric :

    La chair et les os,
    les étoiles,
    un tableau.



    Lundi 16 Juin 2003

    Nebo :


    Happé par mon vide,
    en une néfaste valse
    je m’abandonne.

    Eric :

    Je m'essouffle,
    me vide,
    insaisissable.



    Mardi 17 Juin 2003

    Nebo :


    L’Irlandaise m’oblige
    aux orgues et aux violons.
    Elle a la tête dure
    et sait ce qu’elle veut.
    Se plier à ses exigences
    est un devoir Sacré…

    Eric :

    Baiser rouge
    au bas de la robe.
    Parfum de renaissance,
    de reconnaissance.



    Mercredi 18 Juin 2003

    Nebo :


    Mes empreintes digitales,
    (ou peut-être sont-ce les tiennes ?)
    imprimées
    par le contact des frites grasses
    sur ce poème, jadis
    lu ensemble, à deux voix.

    Eric :

    Dehors le tonnerre
    frappe contre les vitres,
    fait vibrer les verres



    Jeudi 19 Juin 2003

    Nebo :


    Revivre ces extases morbides.
    Retraverser le Styx et l’Achéron.
    Et l’écrire avec grâce.

    Eric :

    Les doigts devenus secs,
    les cheveux fatigues,
    et la vue qui s'aiguise



    Vendredi 20 Juin 2003

    Nebo :


    La même chienne à trois pattes
    court, un bâton à la gueule,
    vers l’inéluctable terminaison.
    Et elle joue.

    Eric :

    Les mains au fond des poches
    qu'on m'enterre sans rien toucher.
    Les mains au fond des poches



    Samedi 21 Juin 2003

    Nebo :


    Ecrire, d’une imaginaire flamme,
    la question,
    avec délice,
    sur mon plexus solaire.

    Eric :

    Par les rues sombres,
    tête nue sous la pluie :
    les illusions partent
    dans le caniveau.



    Dimanche 22 Juin 2003

    Nebo :


    Le thé vert matinal
    me lave de l’intérieur.
    Lâchant prise totalement,
    l’écriture me guide.
    M’affrontant au Verbe,
    celui-ci m’emporte.

    Eric :

    La tête remplie de coton,
    dans une carcasse de fer
    je m'envole vers l'Ouest.

    Nebo :

    A l’Ouest, quoi de neuf ?
    Hollywood scintille ?
    Les strass sur les paillettes
    se font passer pour des fées ?
    Ici, probablement, une jeune fille rêve
    d’atteindre le trône , quelque part
    dans une chambre de bonne
    tapissée de Marilyn…

    Sourire perlé de larmes…

    Eric :

    A Venice Beach
    on danse pour la paix.
    mon crâne est prêt
    à exploser.


    (À suivre...)

    (À Suivre...)