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12/06/2014

Universalité

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« En fait, être français, c’est justement prendre en considération autre chose que la France. »
Witold Gombrowicz

Eh bien les français ne sont donc plus français puisque ce qui compte c’est leur petit nombril et que c’est ce nombrilisme, cette fameuse, fumeuse et foireuse « exception française » qu’ils souhaitent universelle.

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La joie

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« La joie du jour, le jour en fleur, un matin d'août, avec son humeur et son éclat, tout luisant, - et déjà, dans l'air trop lourd, les perfides aromates d'automne,- éclatait à chaque fenêtre de l'interminable véranda aux vitraux rouges et verts. C'était la joie du jour, et par on ne sait quelle splendeur périssable, c'était aussi la joie d'un seul jour, le jour unique, si délicat, si fragile dans son implacable sérénité, où paraît pour la première fois, à la cime ardente de la canicule, la brume insidieuse traînant encore au-dessus de l'horizon et qui descendra quelques semaines plus tard sur la terre épuisée, les prés défraîchis, l'eau dormante, avec l'odeur des feuillages taris. »

Georges Bernanos, La joie

 

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Coupable de rien

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« Laissez-moi vous dire qu’on ne convainc jamais personne, et qu’un propos n’a d’effet que s’il tombe dans un cœur préparé. Ceux qui me critiquent me critiqueront encore après m’avoir lu, et de surcroît ils vous reprocheront de m’avoir donné la parole. J’ai aussi tendance, je vous l’avoue, à penser que tenter de se justifier, c’est déjà se reconnaître comme coupable, et surtout légitimer ses juges dans le rôle qu’ils prétendent s’attribuer. Or, pour tout dire, je ne me sens coupable de rien. »

Alain de Benoist, C’est-à-dire

 

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La Bêtise...

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« On nous parle toujours du problème du mal. On nous parle rarement du problème de la bêtise, et pourtant, trouver cette position qui permette de ne plus souffrir de la bêtise, et l’indiquer, ce serait faire quelque chose pour le genre humain, du moins pour ses représentants les plus dignes. »

Henry de Montherlant, L’équinoxe de septembre

 

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Un homme ce n’est pas assez pour une femme, ou bien c’est trop

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« Chardonne a vécu pour ce qu’il croyait être le reflet de lui-même, la Femme. A la fois injuste envers ce sexe et plus indulgent qu’aucun. Chardonne concluait, d’après soi : "L’homme est très peu bestial, c’est un romanesque." Il se résuma et se jugea en un mot célèbre : "Un homme ce n’est pas assez pour une femme, ou bien c’est trop." Il les aimait toutes, elles le lui rendaient ; il avait une compagne admirable, le consolant "de femmes effroyables, tout armées d’acerbe fidélité, d’humeur explosive, de jalousie, de vanité, très pernicieuses, s’acharnant contre des hommes excellents (lui-même), captés en bas âge, et qui sont morts en maudissant la vie". (Jamais les femmes qui parlent des hommes n’arrivent à ce degré de haine, la haine de l’esclave pour le maître. J’ai retrouvé cela chez Giraudoux ; voir ses dernières pièces.) Chardonne les aimait toutes ; elles le lui rendaient ; rares celles qui ne l’intéressaient pas ; en Andalousie, l’ayant perdu de vue lors d’une réception, je le retrouvai dans un fauteuil entouré de six perruches admiratives qu’il aimantait, sans qu’elles eussent compris un mot. »

Paul Morand, in Préface du livre de Jacques Chardonne, Ce que je voulais vous dire aujourd’hui

 

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Aucune limite

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« La liberté dégénérant en arbitraire, ne reconnaît nulle chose sacrée, n’accepte aucune limite. Si Dieu n’existe pas, l’homme est lui même Dieu, tout lui est permis. [...] Celui qui dans son arbitraire méconnaît les limites de la liberté, voit cette liberté disparaître et tombe au pouvoir d’idées qui l’asservissent. [...]

En effet, le "prochain" est plus précieux que le "lointain", toute vie humaine, toute âme humaine vaut davantage que l’amélioration d’une humanité en devenir, qu’une idée abstraite [...]

Il est aisé de tuer un homme mais [...] il ne trouve dans cet acte aucune force pratique et [...] y perd ses forces spirituelles [...]

Les grands et authentiques génies, bienfaiteurs de l’humanité n’avaient pas agi de la sorte : ils ne se considéraient pas comme des surhommes à qui tout est permis, mais, se sacrifiant à ce qu’ils mettaient au dessus de l’humanité, ils purent accomplir de grandes choses pour l’humanité [...]

Le cas de Raskolnikov marque déjà la crise de l’humanisme, le terme de la morale humaniste, la perte de l’homme par son auto-affirmation. L’apparition même du rêve du surhomme, et de la surhumanité, de la morale supérieure humaine, indique que l’humanisme s’est usé et a pris fin. [...]

A ce point, l’empire de la compassion vient finir, il n’y a plus de merci pour l’homme [...]L’arbitraire humain se donne le droit d’estimer lui-même la valeur d’une vie humaine et d’en disposer. Ce n’est pas à Dieu qu’appartiennent la vie humaine et le jugement suprême des êtres [...] Et son jugement à lui [l'homme] est impitoyable, à la fois impie et inhumain [...] Dieu est l’unique "idée" supérieure, et celui qui, ici, ne s’incline pas devant sa volonté supérieure détruit son prochain et se détruit lui-même. Tel est le sens de "Crime et châtiment". »

Nicolas Berdiaev, L’esprit de Dostoïevsky

 

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