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28/04/2020

Les règles de conduite

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Résistance...

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Yapluka...

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Classe jusque dans sa Dérogation...

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JE NE VOUS PARDONNERAI PAS

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JE NE VOUS PARDONNERAI PAS
« Comment osons-nous pousser des caddies et abandonner nos morts ? »

Julie a perdu sa mère en quelques jours. Après avoir contracté les premiers symptômes du Covid-19, Danielle a été hospitalisée, et à partir de ce moment, dans une violence inouïe et habillée de droit, son corps ne lui appartenait plus.

Julie a pris la voiture pour aller voir sa mère, être auprès d’elle dans ce moment décisif. Mais le médecin lui a dit qu’elle ne pourrait pas la voir, qu’elle pourrait seulement voir son corps avant qu’elle ne soit mise sans aucune toilette ni soin dans un sac mortuaire. Elle a donc attendu dans la chambre anonyme d’un hôtel de bord de route. Elle a regardé la télé, confinée dans son deuil impossible à faire. Elle est descendue commander un repas, un verre de vin. Elle a attendu pendant que sa mère attendait elle aussi sur son lit d’hôpital. Et puis elle a reçu un coup de fil. Elle était morte. Elle pouvait venir voir le corps. Ça lui a été présenté comme une fleur, un privilège. Elle est donc allée voir sa mère, le corps de sa mère encore tiède. Elle a dû mettre des gants, un masque. Elle a pu lui dire au revoir, commencer à réaliser ce que notre monde voulait lui voler : aimer sa mère.

Elle est retournée dans sa chambre d’hôtel, toujours anonyme. Elle a commencé à faire les démarches pour les obsèques : carte d’identité, livret de famille, choix du cercueil, de l’urne. Elle a appelé plusieurs pompes funèbres. Elle les a presque toutes appelées. Elles ont toutes répondu cette même réponse inaudible, impossible, inhumaine. Vous ne pourrez pas revoir le corps de votre mère, vous ne pourrez pas suivre le cercueil au funérarium, vous ne pourrez pas assister à la crémation, vous ne pourrez pas célébrer les obsèques. Vous pourrez venir chercher l’urne dans deux semaines.

Il n’est plus question ici de contagiosité. Il n’est plus question ici de coronavirus. On peut pousser son caddy au supermarché, mais on ne peut pas accompagner le cercueil de sa mère. On peut prendre sa voiture pour aller travailler, on peut planter des pommes de terre, on peut réparer des voitures, on peut transporter des marchandises, on peut livrer des colis, on peut faire le plein d’essence, on peut prendre l’autoroute, le train, où même l’avion. On peut quitter Paris, faire une location saisonnière, mais on ne peut pas dire adieu à sa mère, on ne peut pas assister à sa crémation, on ne peut pas dire lui dire un dernier poème, devant quelques proches réunis. Ça n’a rien à voir avec le coronavirus. Ça vient de nous, de notre inhumanité naissante.

Nous sommes dépossédés de nos défunts. L’État et son heuristique de la peur semble avoir conquis le monopole radical de la mort. Et je n’entends aucune voix, aucune rage, aucune fureur monter de la rue. Et je n’entends aucune plainte. J’ai passé le moment d’émerveillement face au retour de la nature. L’homme ne s’est pas retiré du monde, il s’est retiré de lui-même, il a retranché son humanité. Ne pas enterrer ses morts, c’est enterrer sa vie même.

Julie rentre demain. Elle ira chercher l’urne dans deux semaines. Elle ira chercher son deuil, et elle organisera les obsèques quand l’État lui en donnera le droit. Un corps représente encore une valeur marchande : cercueil, urne, funérarium, prestation des pompes funèbres. Le deuil, les larmes, le rituel, la chaleur humaine, le cœur, l’âme, les déchirements, les déchirures, les cicatrices, les colères, les rages, ça ne rapporte rien, ça ne mérite aucune case dans aucune attestation dérogatoire de déplacement. Mais c’est votre cœur que vous avez déplacé ! C’est votre cœur que vous avez oublié de cocher.

Julie ira faire les courses, elle ira sortir les poubelles, elle ira faire le plein, elle ira peut-être aider aux champs. Son deuil, elle s’en occupera plus tard. Quand elle n’aura plus le temps de s’en occuper. Quand on aura tous oublié, quand on voudra tous oublier. Elle lira un poème, peut-être au funérarium où sa mère a été incinérée. Peut-être qu’on y verra que du feu, qu’on fera comme si sa mère venait de mourir, comme si on avait pu lui dire au revoir, comme si on avait pu l’accompagner, lui tenir la main, la serrer, embrasser son front, comme si on avait entendu son dernier souffle, comme si on avait pu faire son deuil. Mais sera-t-on capable de faire comme si ? Comment osons-nous pousser des caddies et abandonner nos morts ? Comment osons-nous laisser les gens crever seuls ? Comment osons-nous regarder ailleurs ? Qui a l’autorité de nous dire comment accompagner nos défunts ? Qui a l’autorité de nous interdire un geste, un deuil, un murmure ?

Je ne vous pardonnerai pas de laisser crever les morts. Je ne vous pardonnerai pas d’avoir blessé ma compagne. Je ne vous pardonnerai pas votre inhumanité habillée d’urgence sanitaire. Vous voulez que j’écoute les oiseaux, que je regarde les rorquals dans les calanques, vous voulez que je visionne des séries, que je lise des livres. Vous voulez que je médite sur le sens de l’existence. La voilà ma méditation métaphysique : vous êtes des chiens aveugles qui piétinez nos âmes sur l’asphalte du progrès. Vous êtes les fantômes d’un monde mortifère détruisant nos songes. Vous avez presque le monopole radical de la mort, je ne vous laisserai pas celui de la vie.

Mathieu Yon

 

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SOURCE : Lundi Matin

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27/04/2020

Dérogation...

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La République à terre...

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Masque de protection pour membre du Gouvernement...

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La liberté

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Des médecins mosellans sommés de se taire

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« Tout ce qui nous intéresse, c’est de sauver des vies », ont à chaque fois justifié les Mosellans face aux critiques d’autres confrères

L’usage de certains médicaments contre le coronavirus leur avait déjà attiré les foudres de confrères. C’est maintenant le conseil national de l’ordre des médecins qui ordonne à deux généralistes mosellans de se tenir à carreau et de cesser de communiquer sur le sujet. Ils pourraient faire l’objet de procédures disciplinaires à l’issue de la crise sanitaire.

Cessez de parler de ce protocole que je ne saurais voir. C’est le message de fermeté diffusé par le Conseil National de l’Ordre des médecins (CNOM) à l’adresse de médecins généralistes qui utilisent un remède « maison » face au coronavirus. « Le conseil national de l’Ordre des médecins rappelle fermement à l’ensemble des médecins qu’en cette période de vulnérabilité particulière et face à l’inquiétude de nos concitoyens, leur parole prend un sens encore plus important. […] Le CNOM a informé l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé de ces protocoles qui s’inscrivent en dehors de la législation en vigueur et en tirera, le cas échéant, les conséquences. » Le texte vise notamment les docteurs Denis Gastaldi et Jean-Jacques Erbstein, confrontés chaque jour à une dizaine de patients malades du Covid-19, dans les secteurs de Morhange et Créhange en Moselle.

Leur protocole de soins à base de l'antibiotique azithromycine et de zinc, élaboré de façon « très pragmatique et empirique », a montré « une certaine efficacité », sans jamais plonger les deux généralistes dans un fol espoir. « Tout ce qui nous intéresse, c’est de sauver des vies », ont à chaque fois justifié les Mosellans face aux critiques d’autres confrères.

Le communiqué du CNOM est une menace à peine voilée de procédures disciplinaires qui devraient être lancées, d’après nos informations, après la crise sanitaire. Les deux généralistes, qui n’ont pas cessé leurs prescriptions pour autant, ont également été priés de ne plus évoquer leur traitement dans la presse.

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SOURCE : Le Républicain Lorrain

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ENTRETIEN EXCLUSIF. Christian Perronne : “À Garches, nous avons de bons résultats avec l’hydroxychloroquine”

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Fervent défenseur du traitement à l’hydroxychloroquine et à l’azithromycine, pour le Pr Christian Perronne la question de son efficacité ne se pose plus. Chef du service infectiologie de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, il le constate tous les jours depuis le début de l’épidémie : le traitement du Pr Raoult soigne et réduit considérablement les passages en réanimation. Il nous raconte dans cette interview comment ses collègues et lui ont décidé d’appliquer ce protocole pour respecter leur serment d’Hippocrate, et il dresse un tableau stupéfiant de la situation politique et sanitaire que vit la France depuis plusieurs semaines. Entretien exclusif avec le Pr Christian Perronne.

 

Entretien complet à écouter ici :

 

NEXUS : Alors que la polémique enfle depuis plusieurs semaines dans le pays, divisant les Français sur le Pr Raoult, pourquoi avez-vous décidé d’appliquer le protocole hydroxychloroquine/azithromycine dans votre service ?

Pr Christian Perronne : On s’est intéressé à cette piste depuis le début de l’épidémie en Chine. Au départ de l’épidémie, les Chinois ont essayé en urgence différentes molécules qu’ils avaient sous la main. Ils ont essayé des tas de trucs : la colchicine, le Tamiflu, la chloroquine et le remdésivir. Mais ils ont vu qu’il y avait deux produits qui avaient l’air de fonctionner, la chloroquine et le remdésivir qui est uniquement intraveineux et avec des effets secondaires possiblement très importants et encore peu connus. Ensuite, il y a une étude qui est sortie du lot sur 66 malades avec pneumonie, avec tirage au sort, avec ou sans traitement par hydroxychloroquine, en excluant les cas les plus sévères. Les Chinois ont montré qu’ils obtenaient quand même un bénéfice important avec ce traitement, en raccourcissant la durée des symptômes et de la fièvre, et tous les cas qui s’étaient aggravés étaient dans le groupe des personnes non traitées.

Puis, l’étude de Raoult est sortie, sur 24 malades. Nous avons tout de suite commencer à donner de l’hydroxychloroquine à l’hôpital de Garches sur les formes moyennement sévères. Mais certains virologues nous avaient dit qu’il fallait plutôt utiliser du Kaletra, mon équipe s’est laissée influencer et nous en avons prescrit pendant quelques temps, mais on n’avait pas vraiment l’impression que ça faisait quelque chose. Du coup, on a pris la décision collégiale à l’hôpital de mettre tous les patients atteints de formes moyennement sévères, surtout en cas de pneumonie, sous azithromycine et hydroxychloroquine, sous surveillance cardiaque en respectant les contre-indications. On a veillé à mesurer le potassium dans le sang (kaliémie), vérifié les contre-indications médicamenteuses et surveillé l’électrocardiogramme. C’est ce que nous faisons systématiquement. Il faut être d’autant plus prudent que l’on s’aperçoit que le Covid-19 peut entraîner des atteintes cardiaques, même en l’absence de traitement. Il faut éviter à tout prix l’automédication qui est risquée.

 

NEXUS : Vous avez refusé de participer à l’étude Discovery, pourquoi ?

Pr Christian Perronne : Car celle-ci est uniquement destinée aux malades ayant des formes sévères, et que le traitement fonctionne en début de symptomes moyens. De plus, nous avons refusé car ce n’est pas éthique de proposer de faire un tirage au sort sur des gens qui risquent de mourir. Enfin, dans cet essai ils ne testent pas exactement il manque l’association primordiale avec l’azithromycine. D’un point de vue éthique, pour moi c’est contraire au serment d’Hippocrate de rentrer dans ce type d’études. Je ne suis pas contre les études randomisées quand on peut évaluer tranquillement les choses. Là, on est dans une médecine de guerre avec des centaines de morts par jour.

 

NEXUS : Avez-vous eu des résultats cliniques positifs dans votre service depuis que vous avez généralisé le traitement à l’hydroxychloroquine et à l’azithromicyne ?

Pr Christian Perronne : Cela a changé la donne. Même les médecins de service et les infirmières le confirment, on passe beaucoup moins de malades en réanimation. On n’attend pas de donner l’hydroxychloroquine qu’aux cas les plus graves comme l’impose le décret du ministère de la Santé et l’étude Discovery. Par contre, on n’en donne pas non plus aux formes bénignes. On le donne dès qu’il y a un début de pneumonie ou des signes de gravité moyenne, sauf contre-indications. Nous allons bientôt compiler l’ensemble de nos données.

 

NEXUS : Qu’est-ce que vous avez à répondre à tous ceux qui préfèrent attendre les résultats des études et tout miser sur la méthodologie académique ?

Pr Christian Perronne : C’est incompréhensible car, quand ils auront les certitudes, les résultats définitifs, l’épidémie sera terminée et tout le monde sera mort. On ne peut pas faire comme si on était en période de paix. Je connais certains qui composent le haut conseil scientifique, ce sont des experts du sida, ils raisonnent comme si on avait affaire à une épidémie chronique du sida. Ils se disent « on a le temps, on fait bien les choses, on évalue avec les canons de la méthodologie, etc. ». Mais il faut se bouger maintenant ! Qu’est-ce qu’on en a à faire d’avoir un placebo, un groupe témoin, si on guérit beaucoup de gens ? Là, on est dans une situation de guerre. Il y a des centaines de morts tous les jours et attendre encore les résultats de l’étude Discovery, c’est bien joli, mais personne ne sera traité à temps en faisant cela. En temps normal, on a le temps d’attendre 6 mois pour qu’un article soit publié. Mais vous imaginez durant cette épidémie, à chaque fois que vous avez des données super importantes, il faut attendre qu’un journal l’accepte, qu’on perde 3 mois, mais c’est scandaleux !

 

NEXUS : Un grand nombre de médecins nous a dernièrement témoigné en off qu’ils s’étaient soignés avec la bithérapie hydroxychloroquine/azithromycine mais malheureusement, ils n’osent pas pour la plupart témoigner publiquement.

Pr Christian Perronne : Les gens ont peur des représailles. D’ailleurs ce qui me frappe, c’est que des confrères que je connais qui sont des grands défenseurs de l’étude Discovery et de l’attente des résultats de l’étude, quand eux sont tombés malades, ils ont cherché à se procurer à tout prix de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine pour se soigner !

 

NEXUS : On entend souvent que l’hydroxychloroquine a un bon profil de tolérance. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Pr Christian Perronne : C’est le recul que l’on a sur les effets secondaires d’un médicament. L’Agence du médicament a des signalements sur les effets secondaires enregistrés depuis le début de la commercialisation de tous les médicaments. L’hydroxychloroquine était en vente libre jusqu’au mois de janvier 2020 et il est sur le marché depuis des décennies. Après, je reconnais qu’il y a eu des accidents cardiaques, mais ils sont quand même très rares. Il faut dans tous les cas encadrer la prise par un médecin pour éviter les surdosages et les contre-indications. Donc, je suis entièrement d’accord qu’il faut être très prudent et le faire sous surveillance médicale. En posant bien l’indication et les interactions médicamenteuses. Sinon, on va avoir quelques accidents, c’est évident.

 

NEXUS : A combien de personnes avez-vous prescrit ce médicament dans toute votre carrière ?

Pr Christian Perronne : J’en ai prescrit à des milliers de patients depuis 20 ans. J’ai eu zéro mort. Parfois j’ai demandé l’avis du cardiologue.

 

NEXUS : Vos confrères aboutissent-ils à la même conclusion ?

Pr Christian Perronne : Oui, il y a des patients qui en prennent pendant des années de en cas de lupus par exemple.

 

NEXUS : Avez-vous eu beaucoup de soutiens pour votre pétition récemment lancée avec Philippe Douste-Blazy ?

Pr Christian Perronne : Oui, énormément, on est à 500 000 signatures. Ce qui est énorme, c’est un record. J’ai reçu plein de témoignages de professeurs d’université, académiciens, qui me remercient. Au niveau politique, les gens doivent être en train de se poser des questions. En Italie, un décret du directeur général de la santé paru au Journal officiel italien il y a trois semaines, autorise tous les médecins italiens, y compris les médecins généralistes, à prescrire de l’hydroxychloroquine. D’ailleurs, il y a eu une baisse significative de la mortalité en Italie, je ne sais pas si c’est lié à cela mais peut-être. Et les Américains ? Contrairement à la France, ça fait plus d’un mois qu’ils ont fait des stocks de guerre de ce médicament, des millions de doses. Ils ont raflé une bonne part de ce qui était sur le marché.

 

NEXUS : Que préconiseriez-vous pour gérer au mieux cette épidémie ?

Pr Christian Perronne : Je pense qu’il faudrait plutôt que de confiner toute la population, confiner les personnes fragiles, les malades ainsi que les porteurs du virus non malades. Pour ce faire, il faut avoir des capacités de dépistage du virus par PCR considérables. Il faudrait aussi dépister largement par la recherche d’anticorps (sérologie) toutes les personnes déjà immunisées, car des personnes ont été infectées sans le savoir. Les personnes non immunisées devraient porter un masque. Ça demande une énorme logistique. Des données préliminaires suggèrent que l’hydroxychloroquine pourrait aussi avoir un effet protecteur. On pourrait en donner à petite dose à des personnes à risque. Je crois plus à une telle stratégie que de garder le pays sous cloche. Ça va être catastrophique sur le plan économique. Il faut réfléchir à ça, prudemment, sans courir de risques de toxicité médicamenteuse, bien entendu.

 

NEXUS : Vous pensez quoi de l’initiative d’Estrosi d’être passé outre les recommandations de l’Etat et d’avoir contacté directement Sanofi pour avoir de l’hydroxychloroquine ?

Pr Christian Perronne : Quand il y a un blocage étatique comme celui-là, je comprends que des gens prennent des initiatives. Il y a aussi le tribunal de Guadeloupe qui a ordonné qu’on approvisionne le CHU de Pointe-à-Pitre avec ces médicaments. Je sais par un médecin de Pointe-à-Pitre que ça marche très bien.

 

NEXUS : Est-ce que vous attendez quelque chose du Conseil de l’ordre national des médecins qui semble réticent alors que celui de Paca a soutenu le protocole de Raoult ?

Pr Christian Perronne : Ce qui m’a déçu, c’est le communiqué du Conseil de l’ordre national qui a dit qu’il fallait attendre le résultat des études. Ils sont sous influence. L’Académie de médecine, l’Académie de pharmacie, le Conseil de l’ordre, le CNGE (Conseil national des généralistes enseignants) ont tous dit qu’il fallait respecter les canons de la méthodologie et attendre, attendre… La médecine devient folle, c’est une pandémie qui survient une fois par siècle. Il faut agir. Il faut arrêter de mettre des blocages partout, administratifs, théoriques.

 

NEXUS : Comment toutes ces institutions, qui sont censées être garantes d’une certaine neutralité, arrivent à un consensus pour dire non à l’hydroxychloroquine ?

Pr Christian Perronne : On voit bien qu’il y a beaucoup de leaders d’opinion qui sont bourrés de conflits d’intérêts notamment avec Gilead et Abbvie. Ce sont les producteurs des molécules concurrentes de l’hydroxychloroquine. Donnons un exemple que tout le monde peut comprendre : quand la pénicilline a été utilisée on avait 100% de guérison sur la pneumonie à pneumocoque au bout de 10, 12 malades, et c’est devenu le traitement de référence. Il n’y avait pas, à l’époque, de types assez fêlés pour demander un tirage au sort entre 500 malades traités et 500 recevant un placebo. C’est choquant cette médecine et parfois criminel. Donc ça n’a aucun sens de demander un placebo et des groupes témoins dans ces circonstances. Quand vous voyez la mortalité sur la dernière étude de l’IHU de Marseille sur plus de 1000 malades, il y a quand même 98% de guérison !

 

NEXUS : Est-ce qu’on pourrait presque dire qu’il y a un déni de réalité ?

Pr Christian Perronne : Tout à fait. Les gens n’ont plus les pieds sur terre. Tout ce qui n’est pas évalué selon leur méthode n’existe pas. Et toute cette méthodologie n’améliore pas la vie des malades. Avant tout ça, la médecine marchait très bien, cela fonctionnait par comparaison d’écoles, ça fonctionnait ainsi jusque dans les années 70, 80. Ce mode de comparaison contre placebo a été imposé par l’industrie pharmaceutique pour faire enregistrer leurs médicaments dans les agences internationales et pour vendre leurs produits. Ce qui est désolant là-dedans, c’est que tout ce qui n’a pas été évalué selon cette méthode, pour beaucoup de mes collègues, n’existe pas. La médecine est tombée sous la coupe de l’industrie. Regardez en Allemagne, les médecins sont libres, mais en France on est en train de dérailler. J’ai l’impression de vivre dans une dictature administrative.

 

NEXUS : Justement, qu’est-ce que vous pensez du dernier décret sur le Rivotril ?

Pr Christian Perronne : Autant je suis pour les soins palliatifs quand quelqu’un est mourant, c’est normal de l’accompagner. Mais là, beaucoup de médecins ont trouvé ça choquant et cela en a fait hurler certains.

 

NEXUS : Pourquoi ?

Pr Christian Perronne : Déjà on publie un décret où on interdit aux médecins de soigner les malades avec l’hydroxychloroquine qui marche probablement, puis un autre texte qui les autorise à injecter par voie intraveineuse aux patients du Rivotril pour accompagner leur fin de vie. La juxtaposition des deux textes a été reçue de façon très violente.

 

NEXUS : Pour bien comprendre, le Rivotril n’est utile que pour raccourcir la durée de vie ?

Pr Christian Perronne : C’est un cousin un peu lointain du Valium, un calmant à la base, qu’on utilise en médecine, à petites doses, souvent dans les centres antidouleur, pour soulager. Ça peut agir sur les irritations nerveuses. On l’utilise à plus fortes doses en réanimation et dans les soins palliatifs pour soulager la souffrance des malades en fin de vie. On interdit aux médecins de traiter les malades par l’hydroxychloroquine qui, soi-disant, est une substance vénéneuse, mais on leur donne le droit d’injecter le Rivotril pour la fin de vie. Même si tous les médecins sont favorables aux soins palliatifs quand il n’y a plus d’autre solution, les médecins de ville vivent mal ce contraste. Regardez la lettre du docteur Nathalie Caradot à ce sujet.

 

NEXUS : L’utilisation de cette bithérapie hydroxychloroquine/azithromycine peut-elle permettre la sortie du confinement ?

Pr Christian Perronne : Finalement, ça peut accompagner le déconfinement. Regardez les Allemands, ils n’ont pratiquement pas confinés la population et ils ont un taux de mortalité ridicule, ils ont dépisté massivement les gens à risque et ont isolés les malades et les personnes fragiles. En Corée où ils n’ont pas fait le confinement total, tout le monde portait un masque, et l’épidémie est très faible. Mais nous, on nous annonce qu’on aura les masques au mois de juin, c’est sympa.

 

NEXUS : On a l’impression que le confinement est la solution de facilité et qu’il y a beaucoup d’autres méthodes plus efficaces.

Pr Christian Perronne : Oui, ça demande beaucoup de finesse et d’organisation, cela demande d’avoir des épidémiologistes qui ne soient pas dogmatiques. Il faut anticiper. Quand on voit que le directeur général de la santé, le 30 janvier, a commandé un million de masques, un million pour toute la France, pour 67 millions de Français… Il aurait fallu dès le début en commander des dizaines de millions. La présidente de Bourgogne Franche-Comté est une femme sérieuse, prudente, elle avait commandé en février 2 millions de masques en Chine pour ses Ehpad. L’avion est arrivé début avril, l’Etat a saisi les stocks. On se croirait au Far West…

 

NEXUS : Il y aura des conséquences sanitaires du confinement, selon vous ?

Pr Christian Perronne : On voit déjà des cas d’alcoolisme, de violences conjugales, de gens qui font des infarctus la nuit car le 15 ne répond plus, qui meurent chez eux, tous les gens qui ont des cancers et des chimiothérapies reportées, des interventions reportées, même si ce n’était pas hyper urgent, mais qui sont dans une angoisse totale. Pour tous les malades d’autres maladies, il va y avoir des effets collatéraux, c’est évident.

 

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SOURCE : NEXUS

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Enquête : Comprendre les deux mois de retard pour l’application du traitement à la Chloroquine de Didier Raoult

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Enquete France-Soir sur la Chloroquine
Scandale sanitaire ou polémique ?

 

Auteur(s): France-Soir: Grande Enquête Guy Courtois et Xavier Azalbert

 

GRANDE ENQUETE : Comment nous avons perdu deux mois sur le fait de savoir si le traitement contre le Covid-19 proposé par le professeur Didier Raoult et son équipe fonctionne ou non ? Pourquoi il pourrait bien y avoir une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire comme l'affirme Didier Raoult ?

Cet article est le fruit de nombreuses recherches documentaires mais également d'entretiens. Nous avons aujourd’hui acquis l’intime conviction, qu’il y a dans l'essai clinique Discovery et les autres, une véritable polémique pour ne pas dire un scandale des institutions sanitaires ! Seul un suivi précis de ce drame en 10 actes permet de le comprendre.

 

Acte 1 - Première volonté présidentielle.

Le 5 mars, Didier Raoult - qui n'a encore rien publié - rencontre le Président de la République à l'Elysée et lui parle de ses travaux. Le contact semble bien passer (note 1). Il semble que ce soit avant le 17 mars, que le Président de la République qui s'intéresse à la chose, demande à son ministre de la Santé Olivier Véran, de lancer les autorisations pour des essais cliniques, afin d'étudier la chloroquine sur laquelle travaille Didier Raoult (note 2).

Le professeur Didier Raoult prépublie une étude le 17 mars qui sera complétée par une deuxième le 27 mars (note 3). Les résultats prépubliés le 17 mars encouragent l’utilisation de l’hydroxychloroquine combinée à l'azithromycine contre le Covid-19. On constate une disparition du virus après 6 jours de traitement dans plus de 50 % des cas avec l'hydroxychloroquine seule et une disparition dans la très grande majorité - mais sur un échantillon très restreint - si celle-ci est associée à l'azithromycine (note 4). Toutefois, de nombreuses critiques sont faites sur l'approche méthodologique de l'étude de Didier Raoult, et de nombreuses voix s'élèvent pour dire que cette étude ne veut rien dire. Des querelles d'ordre méthodologiques apparaissent. C'est dans ce contexte, qu'il devient évident que le protocole du professeur Raoult doit être étudié avec une méthodologie à l'abris de toute critique et doit donc être inclus dans l'essai clinique Discovery.

Acte 2 - Inclusion de l'hydroxychloroquine dans Discovery.

Les chercheurs travaillant sur de l’essai clinique Discovery acceptent - semble-t-il à contrecœur - d'inclure un quatrième bras dans leur essai, sur l'hydroxychloroquine. Ainsi, l'hydroxychloroquine seule est ajoutée le 22 mars 2020 comme potentiel antiviral à l'essai clinique Discovery. Cet essai est présenté dans une conférence de presse des professeurs Bruno Lina et Florence Ader le 23 mars. Lors de cette conférence de presse, le professeur Bruno Lina explique que : « Le 4e bras est le bras hydroxychloroquine, c'est un bras qui a été rajouté un petit peu à la fois à la demande de l'OMS et de l'Etat français, pour qu'on puisse avoir des résultats fiables sur cette molécule aussi, de façon à ce que l'on sache si cela a un intérêt ou si ça n'en a pas. » La professeure Florence Ader complète en répondant à la question « N'y-a-t-il pas un emballement autour de cette molécule ? Doit-on être prudent ou au contraire espérer que cette molécule soit la solution miracle ? » de la façon suivante « Elle sera évaluée comme les autres et comparée comme les autres. C'est-à-dire que pour nous, on est sur essai pragmatique qui a pour vocation à répondre à des questions avec des arguments scientifiques solides. Par conséquent, comme toutes les autres molécules qui sont à l'essai dans cette étude, les résultats et les analyses seront extrêmement intéressants. On verra ce qu'il en est. » Elle ne fait aucune mention dans cette conférence de presse de l'azithromycine (note 5).

La chronologie des évènements semble avoir toute son importance. En effet, c'est probablement avant le 17 mars que le Président Emmanuel Macron demande que l'on étudie la chloroquine. Et c'est seulement le 17 mars que l'on comprend que la chloroquine seule a un effet limité, et que seule son association avec l'azithromycine donne des résultats significatifs. Discovery se sent donc légitime de n'étudier que la chloroquine seule, puisque c'est la demande du Président faite avant le 17 mars. Mais Discovery ne tient pas compte de la publication de Didier Raoult le lendemain qui précise qu'il faut absolument y adjoindre l'azithromycine, car les résultats sont bien meilleurs.

Acte 3 - Discovery laisse entendre qu'elle répondra rapidement à la polémique Raoult.

Les chercheurs travaillant sur Discovery laissent croire que les résultats permettront de savoir si le protocole de Raoult fonctionne ou non. Sans le dire directement, l’essai clinique Discovery insinue notamment cela, lors de la conférence de presse du lancement de l’essai que l’on peut voir en vidéo (note 5).

Par la suite, cette insinuation devient une affirmation y compris de ceux qui participent à cet essai. En conséquence, cette affirmation est reprise par un très grand nombre de médias : journaux et télévisions. C’est pourquoi, nous avons pu entendre en boucle que l’essai clinique Discovery allait nous apporter un résultat certain et cela rapidement, sur la validité ou non du protocole du professeur Raoult. Alors que des voix de nombreuses personnalités et médecins s'élèvent pour demander que l'hydroxychloroquine soit utilisée pour lutter contre le coronavirus, le ministre de la Santé Olivier Véran rappelle que les espoirs suscités par des traitements avaient parfois été déçus (note 6). Il déclare le 22 mars 2020 sur LCI : « Ce traitement s'il devait être efficace, nous le proposerions aux Français sans aucun délai », et ajoute que « plusieurs patients traités dans des hôpitaux français étaient en train de l'expérimenter (note 6). » Enfin, il ajoute « D'ici à 15 jours, nous devrions avoir des données consolidées » (note 6), ce qui si l'on fait le calcul nous amène au 5 avril.

Acte 4 - Incapacité pour Discovery de répondre à la question.

En fait, l’essai clinique Discovery ne reprend pas du tout le protocole de Raoult. Il ne peut donc pas répondre à la question de l'efficacité ou non de son traitement qui se base sur deux critères (note 7, 8) : la combinaison de l'hydroxychloroquine et l'azithromycine (note 7, 8), et cela dès l'apparition des premiers symptômes (note 7, 8).

Didier Raoult et son équipe affirment que (note 3) : "L’hydroxychloroquine seule a une efficacité relative. Seule la combinaison des deux médicaments est vraiment efficace (note 3), a valeur de ce traitement tient au fait qu’il soit prescrit le plus tôt possible, avant que n’apparaisse une pneumopathie ; son efficacité lors d’un état grave étant limitée (note 3)."

Didier Raoult précise dans l’un des « bulletins d’informations » vidéo qu’il diffuse régulièrement depuis le début de la crise sanitaire, que : « mon protocole thérapeutique s’adresse essentiellement aux patients qui présentent des formes modérées, moyennes ou qui commencent à s’aggraver... Sur le plan thérapeutique, ce que l'on est en train de voir, c'est que les malades, au moment où ils ont une insuffisance respiratoire et qu'ils rentrent en réanimation, n'ont presque plus de virus. C'est alors trop tard pour traiter les gens avec des antiviraux » (note 9).

Or l'essai clinique Discovery ne suit pas ce protocole sur ces deux points. L’essai clinique (note 7, 8) : utilise uniquement l'hydroxychloroquine et non la combinaison des deux médicaments avec l'azithromycine (note 10), et ce sur des cas dans des situations de pathologies uniquement lorsqu’une pneumopathie est apparue et non dès l'apparition des premiers symptômes (note 10).

C’est donc une erreur d’affirmer que l’essai clinique Discovery permettra de dire si le traitement du Docteur Raoult fonctionne ou non (note 7). Pire, la façon dont cet essai clinique est conçu ne peut que fatalement aboutir à la démonstration que l’hydroxychloroquine ne fonctionne pas. Ce que dénonce d’ailleurs à la télévision très rapidement l’ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy. Le 26 mars, le professeur Didier Raoult affirme dans une interview accordée au journal en ligne Marcelle, à propos de l'essai clinique Discovery et de son protocole « Si on avait envie de prouver que ça ne marche pas, on ne s’y prendrait pas autrement. Il y aura une enquête parlementaire après tout ça, et elle sera sanglante, autant que l’affaire du sang contaminé. Et ce sera pire si le gouvernement décide de refuser l’accès au médicament. » (note 11)

Il est légitime alors de se demander si les choix faits pour Discovery sont intentionnels et s'il n'y avait pas une volonté délibérée de démontrer que le traitement du professeur Raoult ne fonctionnait pas. Ou bien, si c'est l'inertie et la rapidité de l'enchainement des évènements qui n'a pas permis de reproduire le protocole du professeur Raoult. En effet, il n'y a que 6 jours entre la prépublication de la première étude de l'équipe de Didier Raoult qui a lieu le 17 mars et l'inclusion de l'hydroxychloroquine dans Discovery qui se fait le 22 mars.

Le 26 mars, dans une interview du journal Le Monde, le docteur Gilles Pialoux, infectiologue et chef du service de maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon, répond à la question qui lui est posée : « Dans l’essai Discovery, pourquoi l’hydroxychloroquine n’est-elle pas associée à l’azithromycine, alors que c’est cette combinaison qui a l’air de produire les meilleurs résultats, selon le Dr Raoult ? » en affirmant que « L’hydroxychloroquine sera comparée comme les autres molécules. Ni plus ni moins » (note 12). Une telle réponse ne permet-elle déjà pas de se faire une idée sur l'intention ou non de faire un essai qui aboutirait à l'invalidation de l'étude du professeur Raoult ?

Acte 5 - Lancement de l'essai clinique Hycovid toujours sans azithromycine.

Le 31 mars est lancé l'essai en double aveugle « Hycovid » du CHU d'Angers afin de mesurer l'efficacité de l'hydroxychloroquine seule sur 1 300 malades atteints de formes moins sévères que ceux enrôlés dans Discovery. L'absence d'azithromycine est justifiée par le fait que l’association de ces deux molécules présentent un risque élevé de toxicité cardiaque. Par ailleurs, Hycovid précise : « Ils auront 75 ans et plus, population où le risque de dégradation est suffisamment élevé pour mesurer l’efficacité de l’étude. » (note 13, 14). Y-a-il une nouvelle volonté délibérée de chercher à prouver que le protocole de Didier Raoult ne fonctionne pas ? Nous ne le savons pas. A ce moment-là, le Président de la République ne semble pas être au courant, ou ne pas avoir compris le fait que les essais Discovery et Hycovid ne pourront pas répondre à la question de la validité du protocole Raoult. Il y a un doute sur le fait de savoir si le Ministre de la Santé, Olivier Véran et Jérôme Salomon le directeur général de la Santé, étaient au courant ou non de la situation.

Acte 6 - Prise de conscience du Président.

Le Président de la République est alerté de la problématique, que ce soit par son entourage, les députés ou la presse. Il faut dire que la sortie de Didier Raoult du 26 mars n'est pas passée totalement inaperçue. Par ailleurs, début avril, le Président de la République, le Premier Ministre et l’ensemble des 577 députés de l’Assemblée nationale ainsi qu'une cinquantaine de journalistes et médias reçoivent chacun une lettre par courriel détaillant et dénonçant cette problématique sur l'essai clinique Discovery, telle que décrite précédemment (note 15).

Quoi qu'il en soit, dans la foulée, probablement début avril, Emmanuel Macron exige que l'on teste immédiatement le protocole du professeur Raoult. Le 8 avril, Le Canard enchaîné écrit que « si la polémique n'a cessé d'enfler, c'est avant tout par la faute des autorités de santé, qui ont d'abord refusé d'expérimenter sur des patients en début de maladie l'association d'un antiviral, la chloroquine, avec un antibiotique, l'azithromycine. Ainsi l'étude européenne baptisée Discovery prend en compte la fameuse chloroquine mais ne la teste que sur des malades sévèrement atteints et sans y adjoindre l'antibio susnommé ». Le journal, précise que la problématique est la même pour les autres études, notamment celles menées par « les CHU d'Amiens, Tourcoing et Valenciennes qui étudient les effets de la chloroquine seule et uniquement sur les patients à risque élevé d'évolution défavorable... ». « Pour tenter de circonscrire l'incendie », Emmanuel Macron est intervenu personnellement sur le sujet. Il a ainsi ordonné de « tester de toute urgence le protocole Raoult, tel que celui-ci l'applique à Marseille » (note 16).

En conséquence, et à la demande du ministre de la Santé Olivier Véran, les CHU de Montpellier et d'Angers qui ne font pas partie de l'étude Discovery doivent expérimenter le protocole recommandé par Didier Raoult. (note 16)

Acte 7 - Le protocole Raoult enfin testé ? Pas vraiment.

Cependant, ce n'est pas si simple de changer l'essai Discovery en cours de route, ni l'essai d'Hycovid lancé le 31 mars. Toutefois, le CHU d'Angers, dans le cadre de l'étude Hycovid décide qu'il pourra aussi comme dans l'étude de Raoult tester quelques patients sous azithromycine et chloroquine, ainsi que quelques patients sous azithromycine seule, cas qui n'était pas étudié dans la première étude de Raoult. On peut donc affirmer que le test du protocole Raoult reste tout à fait à la marge de l'étude Hycovid (note 13).

Suite à la demande présidentielle, il est par ailleurs décidé de lancer en toute urgence un nouvel essai clinique dans d'autres CHU. Ainsi, le 10 avril 2020, le CHU de Montpellier annonce le lancement d’un essai randomisé, Covidoc, indépendamment des essais Discovery et Hycovid, pour tester l’efficacité de la bithérapie « hydroxychloroquine + azithromycine », comparativement à l’hydroxychloroquine seule, sur 150 patients qui présentent une pneumonie justifiant une hospitalisation (note 17, 18). Nous pouvons toutefois remarquer qu'il ne s'agit donc pas à nouveau tout à fait du même protocole que celui de Didier Raoult, puisqu'il ne prend en charge que les personnes justifiant une hospitalisation, alors que Raoult traite aussi les cas asymptomatiques ou ne nécessitant pas d'hospitalisation.

Acte 8 - La presse s'empare progressivement du sujet.

Le 2 avril puis le 4 avril, le professeur Christian Perronne dénonce la problématique dans Marianne (note 7) puis dans France-Soir (note 8) en disant que l’essai clinique Discovery manque d’éthique en ne suivant pas le protocole et en laissant croire qu’il sera capable de donner des résultats sur la validité ou non de ce protocole. Il affirme notamment : « Quant au test "Discovery", il ne prend pas en compte le protocole du professeur Raoult (hydroxychloroquine et azithromycine dès l'apparition des premiers symptômes), mais uniquement l'hydroxychloroquine, et ce sur des cas dans des situations de pathologies aggravées. Pour cela, ce test fait preuve d'absence d'éthique. On leur dit qu'ils vont être tirés au sort, et éventuellement ne pas être traités, tout en connaissant très bien les chiffres de mortalité élevés de cette maladie. »

Le 9 avril, Jérôme Salomon, directeur général de la Santé se voit poser une question lors de son point de situation télévisé sur le Covid-19 : « Parmi l'ensemble des études menées en France et en Europe, y-a-t-il une étude qui reprenne exactement le protocole mis en place par le docteur Raoult de IHU de Marseille ? ». Il répond : « Cette proposition est reprise dans de nombreux bras de protocoles internationaux et de protocoles français. Nous aurons, à l'issue de ces essais thérapeutiques bien menés, des résultats positifs ou négatifs. » (note 19) Or, il n'en est encore rien le 9 avril, puisque Covidoc est lancé le lendemain. A moins qu'il ne considère que les études Discovery et Hycovid soient capables de répondre à la question? Ce qui n'est pas le cas, nous l'avons vu.

Le 10 avril, le journal Libération rédige un article spécifiquement sur ce sujet, intitulé : « Est-il vrai que l'essai clinique Discovery ne permet pas de tester le protocole du professeur Raoult ? » Le journal confirme que l’essai Discovery ne porte pas sur ces cas, asymptomatiques à modérés, chez des personnes sans facteurs de risque et qude Discovery teste l’hydroxychloroquine seule, et non pas en combinaison avec l’azithromycine (note 20).

Les auteurs de l'essai clinique Discovery sont questionnés de toute part et tentent tant bien que mal eux aussi d'éteindre l'incendie. Ils se défendent comme ils peuvent (note 20), mais leurs explications sont difficilement acceptables par l'opinion publique qui prend conscience du problème. Selon le professeur Perronne, « interrogés sur l’absence d’association de l’hydroxychloroquine avec l’azithromycine, les investigateurs de l’étude, en bons élèves des canons de la méthodologie, répondent qu’il ne faut évaluer qu’un seul médicament à la fois et que si, à la fin de l’étude, l’hydroxychloroquine marche, on fera une nouvelle étude pour démontrer le bienfait de l’association. Ça signifie des résultats dans deux à trois mois. » (note 8)

Acte 9 - Eteindre l'incendie !

Le Président doit agir vite, s'il veut « éteindre l'incendie », pour reprendre les termes du Canard enchaîné. Et ce d'autant plus qu'un sondage souligne la popularité de Didier Raoult (note 21) et que de nombreuses personnalités prennent parti pour un assouplissement des règles de prescriptions de l'hydroxychloroquine liée à l'azithromycine, notamment Philippe Douste-Blazy dans sa pétition en ligne sur Change.org (note 22). Par ailleurs, le scandale du manque de masques fait rage, suite à la sortie le 2 avril de l'article de Mediapart "Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat" (note 23). Il ne faudrait pas ajouter un nouveau scandale.

Le Président de la République doit agir vite, nous l'avons vu, et décide à la surprise de tous de rendre visite - le 9 avril dans la même journée - aux représentants de l'essai clinique Discovery le matin et à Didier Raoult l'après-midi, c'est-à-dire aux deux protagonistes principaux de la polémique naissante sur les essais cliniques. C'est l'occasion pour Didier Raoult de lui présenter en exclusivité sa nouvelle étude portant sur plus de 1000 patients (note 24). Tous les médias se font l'écho de cette visite à Marseille auprès de Didier Raoult. Toutefois, probablement afin de ménager tout un chacun, ou encore de ne pas se dédire, l'Elysée a insisté sur le fait que cette rencontre ne représentait pas « une reconnaissance » de la méthode du professeur Raoult (note 25). Les médias mettent en avant qu'il consulte tous les spécialistes du Covid-19 comme le président l’a confirmé dans son allocution du 13 avril 2020.

« J’ai tenu moi-même à comprendre chacune des options possibles, à m’assurer que tout était essayé dans les meilleurs délais et avec rigueur » Emmanuel Macron 13 avril 2020.

C'est bien joué de la part du Président de la République car la popularité de Didier Raoult reste au beau fixe.

Mise à jour : Le 16 avril dans un interview à RFI, le president confirme l'objet de sa visite à Marseille:

« Mon role, et c'est ce que j'ai fait en me rendant chez le Pr Raoult c'est de m'assurer que ce sur quoi il travaille, et c'est vraiment une de nos plus grandes sommités en la matière, rentrait bien dans le cadre d'un protocole d'essai clinique, qu'on pouvait aller vite pour s'assurer, en tout cas regarder, avec des méthodes qui doivent être simples mais rigoureuses, si ça marchait ou ne marchait pas ".

Acte 10 - Deux mois de perdus... pour des querelles d'égo ?

Alors, le traitement proposé par le professeur Raoult est-il efficace ? Il faudra attendre probablement encore plusieurs mois avant d'en avoir la réponse, comme le souligne le professeur Christian Perronne dans France-Soir (note 8). Nous devions avoir les résultats début avril, si l'essai Discovery avait immédiatement repris le protocole du professeur Raoult. Or apriori, les résultats définitifs de l'essai qui se rapproche le plus du protocole du professeur Raoult, à savoir l'essai clinique Covidoc, ne sont attendus que fin mai (note 18).

Toute cette triste histoire nous a donc fait perdre deux mois. Or en cas de crise pandémique telle que celle que nous vivons, deux mois c'est considérable. Car, à supposer qu'effectivement la solution proposée par Didier Raoult et son équipe fonctionne, alors en deux mois, nous aurions pu faire tant de choses. Nous aurions pu préparer très rapidement toute la production et la logistique pour une distribution massive du traitement. Nous aurions pu sauver de nombreuses vies. Nous aurions pu permettre d'entrevoir et d'avoir une fin de confinement rapide. Nous aurions pu soulager psychologiquement la population en lui disant qu'il existait un traitement efficace. Nous aurions pu apporter cette solution à d'autres pays, notamment ceux les moins armés comme en Afrique et en Amérique Latine. Nous aurions pu tant de choses, mais encore aurait-il fallu que nous sachions avec une totale certitude, si ce traitement fonctionne ou non. Et si la réponse était que ce traitement ne fonctionne pas, alors nous aurions pu clore rapidement cette polémique une fois pour toute.

Alors, « polémique » ou « scandale » ?

Sans doute, l'avenir nous le dira. Mais une chose est certaine : si jamais le traitement proposé par Didier Raoult se révélait être efficace, alors les institutions sanitaires auront le devoir d'expliquer pourquoi tant de temps a été perdu. Et si jamais il est démontré que la cause de ces retards se trouve dans « des querelles d'égo » pour reprendre les termes du professeur Perronne (note 7), alors oui, nous pourrons parler d'un « scandale des autorités sanitaires ». Ce serait pire s'il était démontré que de possibles connivences avec des laboratoires pharmaceutiques aient pu influer certains choix protocolaires et l'orientation des essais, comme l'affirment déjà certains (note 26). L'ouverture d'une enquête parlementaire deviendrait alors inévitable. Comme le laissait entendre Didier Raoult lui-même, à propos de l'essai clinique Discovery : « Il y aura une enquête parlementaire après tout ça, et elle sera sanglante. » (note 11) Voici alors les questions auxquelles cette commission d'enquête devrait répondre :

1. Pourquoi les essais clinique Discovery et Hycovid n’ont-t-il pas pris en compte immédiatement le protocole du Docteur Raoult ?

2. Quelles personnes ont pris ces décisions et comment les justifient-elles ?

Nous pourrions ajouter deux questions à l'attention du gouvernement, compte-tenu de ces deux mois de retard :

  1. Ne devrions-nous pas commander tout de suite des millions de médicaments, afin d'être « logistiquement » déjà prêts à les distribuer le jour où nous aurons une réponse certaine ? Quitte à ne pas les utiliser compte-tenu de leur coût négligeable, si la réponse s'avérait négative.
  2. Ne devrions-nous pas tout de suite laisser tous les médecins hospitaliers libres de prescrire cette combinaison dès qu’une personne est positive, compte-tenu du calcul risque / bénéfice et, comme cela a été proposé par de nombreux médecins, y compris l'ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy (note 22) ? Voire pourquoi pas à tous les médecins généralistes ?

Pour reprendre Plenel, face à « l'impéritie » des autorités sanitaires,

« nous ne faisons pas silence et nous défendons le droit de savoir. » (note 27)

 

Références

  1. Arthur Berdah et Marcelo Wesfreid, « De Marseille à l’Élysée, comment Didier Raoult a séduit la classe politique », Le Figaro,‎ 1er avril 2020
  2. « Rubrique "Le plus lu de la semaine", Comment le président s'est décidé sur la chloroquine », Valeurs Actuelles,‎ 2 au 6 avril 2020
  3. Didier Raoult et al., « Clinical and microbiological effect of a combination of hydroxychloroquine and azithromycin in 80 COVID-19 patients with at least a six-day follow up: an observational study », IHU-Méditerranée Infection, Marseille, France,‎ 27 mars 2020
  4. François Mallordy, « Hydroxychloroquine contre Covid -19 : l’étude qui redonne espoir », egora.fr,‎ 21 mars 2020
  5. Bruno Lina et Florence Ader, « Conférence de presse video, sur l'essai clinique Discovery contre le Covid-19 », HCL. Citations à la 7e et 19e minutes de la vidéo,‎ 23 mars 2020
  6. Reprise Reuters, « Coronavirus : un essai clinique européen débute avec notamment la chloroquine », Le Figaro,‎ 22 mars 2020
  7. Etienne Campion et Christian Perronne, « Les tirs de barrage reçus par Didier Raoult sont aussi liés à des querelles d'égos », Marianne,‎ 2 avril 2020
  8. Christian Perronne et Xavier Azalbert, « En temps de guerre, la vision de la médecine doit s’adapter, avant qu’il ne soit trop tard », France-Soir,‎ 4 avril 2020 (lire en ligne)
  9. Barthélémy Philippe, « La chloroquine a bien été autorisée pour le coronavirus, mais seulement dans les cas graves », Capital,‎ 27 mars 2020 )
  10. Communiqué de presse, « Lancement d’un essai clinique européen contre le Covid-19 », Inserm,‎ 22 mars 2020
  11. Hervé Vaudoit et Paul Molga, « Covid-19 – Entretien avec celui qui est au cœur des polémiques : Didier Raoult », Marcelle,‎ 26 mars 2020
  12. Quatre questions d’internautes… au docteur Gilles Pialoux, infectiologue et chef du service de maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon, à Paris, sur l’hydroxychloroquine, « Coronavirus : « L’hydroxychloroquine sera comparée comme les autres molécules. Ni plus ni moins » », Le Monde,‎ 26 mars 2020
  13. CHU d'Angers, « Etude Hycovid – Foire Aux Questions (FAQ) », Communiqué de presse, Consulté le,‎ 12 avril 2020
  14. Antoine Jeuffin, « Coronavirus : une nouvelle étude clinique sur l'efficacité de la chloroquine lancée en France », France Bleu,‎ 1er avril 2020
  15. Retours personnels de plusieurs députés de l'Assemblée nationale
  16. « Le protocole Raoult enfin testé », Le Canard enchaîné,‎ 8 avril 2020, p. 2
  17. Rédaction, « Coronavirus. Occitanie : un essai pour lever les polémiques sur l’hydroxychloroquine piloté du CHU de Montpellier », actu.fr,‎ 10 avril 2020
  18. Géraldine Woessner, « Ce nouvel essai qui pourrait clore la polémique sur le professeur Raoult », Le Point,‎ 12 avril 2020
  19. Jérôme Salomon, « Point de situation sur le COVID-19 télévisé, à la 15e minute », AFP,‎ 9 avril 2020
  20. Florian Gouthière, « Est-il vrai que l'essai clinique Discovery ne permet pas de tester le protocole du professeur Raoult ? », Libération,‎ 10 avril 2020
  21. Élodie Forêt et Olivier Bénis, « Sondage coronavirus : pour les deux tiers des Français interrogés, le gouvernement n'est pas à la hauteur », France Inter,‎ 27 mars 2020
  22. Philippe Douste-Blazy et Christian Perronne (COLLECTIF 3 AVRIL), « Traitement Covid-19: ne perdons plus de temps ! #NePerdonsPlusDeTemps », Change.org,‎ 3 avril 2020
  23. Yann Philippin, Antton Rouget et Marine Turchi, « Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat », Mediapart,‎ 2 avril 2020
  24. Didier Raoult et al., « Abstrat - Prépublication d’une étude portant sur plus de 1000 patients », IHU-Méditerranée Infection, Marseille, France,‎ 27 mars 2020
  25. « Coronavirus : Didier Raoult revient sur la visite d'Emmanuel Macron », Le Figaro,‎ 10 avril 2020
  26. François Asselineau, « "Je pense qu’il (E.Macron) est complètement à l'Ouest !" - Les Incorrectibles, à la 15e minute », Sud Radio,‎ 12 avril 2020
  27. Edwy Plenel, « Masques : ce que révèle l’enquête de Mediapart », Vidéo de Mediapart,‎ 3 avril 2020
  28. Remerciement à de nombreux contributeurs de Wikipédia

 

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SOURCE : France Soir

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26/04/2020

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