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31/08/2008

Négation Totale de l'Europe

=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires"=--=

Frantz Fanon dans Les intellectuels et la contrainte idéologique en appelait à « la négation totale de l’Europe ou, plus exactement, affirmation totale du sous-développé, du relégué, du déshérité, face à cet Autre qui avait fait de lui une créature de deuxième qualité. »



Vous pensez bien que l'apprenti "Fanoniste" retient exclusivement l'idée de "négation totale de l’Europe". Les raccourcis facilitent la vie, n'est-ce pas ?


Il y a dans cette lamentable démarche intellectuelle qui honore la négation littérale d’un continent une soumission inconsciente et obsessionnelle qui participe à la fixation du tiers-monde dans la périphérie qui est la sienne et qui plonge le blanc occidental sans cervelle ou sans culture, dans l’auto-flagelation comme seule liturgie morale. Ainsi, une fois ce cancer propagé dans la multitude, la haine est en terrain propice à sa propre propagation. Désormais, l’écrivain nègre, fécondé par cette attitude mentale, en est réduit à produire des tableaux exotiques pour attirer l’attention, sous la lecture bienveillante du blanc bec bien pensant et, est-il nécessaire de le souligner, anti-raciste. Or, de part et d’autre le racisme, ou tout au moins le racialisme, est plus présent que jamais, enterré, caché par les bons sentiments, par les nobles âmes démocratiques.

Je ne peux m’empêcher de songer à la révolte irrationnelle de l’esclave vis-à-vis du maître, se croyant capable de bâtir un homme nouveau et qui ne fait que semer des ressentiments aux quatre vents sans même réaliser un seul instant l’ampleur des dégâts qui seront signés de son sang… et de celui d’autrui. Et j’ose espérer que le lecteur aura bien compris que l’esclave que j’évoque en ces lignes n’est pas le pauvre nègre qu’on transbahutait à fond de calle comme du bois d’ébène, mais peut-être bel et bien lui-même, le lecteur de passage qui vomit sa bile « gôchisante » sur tout et sur rien…


Une révolte rationnelle c’est autre chose.

21:00 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/08/2008

Réussir sa vie.

=--=Publié dans la Catégorie "Brèves"=--=


"Pour réussir sa vie, un homme doit faire un enfant, écrire un livre et planter un arbre."

Compay Segundo

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27/08/2008

Taxi Driver

=--=Publié dans la Catégorie "PARENTHÈSE"=--=

Avant la reprise, avant la rentrée et ses cortèges de damnés, remettons-nous dans le droit chemin, sur les bons rails, en visionnant ce chef d'oeuvre cinématographique. Si vous ne l'avez pas en DVD, le labyrinthe du Net vous l'offre gratuitement, profitez-en avant que Dailymotion ne le supprime.
















Abîme de l’origine. Abîme absent dont nous conservons juste l’éprouvante interrogation. Cette interrogation est une part de la manifestation, car la manifestation veut être pensée. Ainsi se manifeste l’abîme. C’est là sa présence. Mais sommes-nous présents à cette présence ? Du Mal naît le Mal et du Bien naît le Bien, mais les autres combinaisons sont aussi possibles. Du Bien peut naître le Mal et du Mal peut naître le Bien, comme le montre ce film, cette dérive paranoïaque et obsessionnelle, et comme l'a montré, récemment encore, David Cronenberg dans ce petit bijou qu'est "Eastern Promises".



Nous mourrons tous un jour... bonne route... et bon courage sur la planète de tous les maléfices.

15:35 Publié dans Parenthèse | Lien permanent | Commentaires (16) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/08/2008

Homélie...

=--=Publié dans la Catégorie "Music..."=--=

Comme me disait jadis mon chanteur Eric James Guillemain, au temps où nous ramions dans la même barque :"Il faut mettre un genoux à terre avant que d'écouter cette version..."

Feu Johnny Cash... touché par la grâce sur cette superbe chanson signée Trent Reznor...

Recevez les vibrations de cette sublime homélie...


Johnny Cash

"Hurt


I hurt myself today
to see if I still feel
I focus on the pain
the only thing that's real
the needle tears a hole
the old familiar sting
try to kill it all away
but I remember everything
what have I become?
my sweetest friend
everyone I know
goes away in the end
and you could have it all
my empire of dirt

I will let you down
I will make you hurt

I wear this crown of thorns
upon my liar's chair
full of broken thoughts
I cannot repair
beneath the stains of time
the feelings disappear
you are someone else
I am still right here

what have I become?
my sweetest friend
everyone I know
goes away in the end
and you could have it all
my empire of dirt

I will let you down
I will make you hurt

if I could start again
a million miles away
I would keep myself
I would find a way"




NIN

23:11 Publié dans Music... | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Soljenitsyne le prophète...

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

Mon pote Jean-Marc m'a juste dit : "Joli papier d'un auteur que j'aime bien." Il a bon goût, Jean-Marc, alors je vous en fait profiter...



"Soljenitsyne est mort, et avec lui une certaine idée de l’homme et de la littérature. C’est la littérature d’avant le désastre, d’avant Coelho ou Harry Potter, Sulitzer ou les best-sellers de plage, la littérature de Voltaire et de Rousseau, de Hugo ou même de Sartre, la littérature qui peut et veut changer le monde.

La littérature des génies et des créateurs, pas celle des 750 nouveaux romans de la rentrée littéraire et des auteures à la mode qui viennent montrer leur derrière ou leur maquillage à la téloche à une heure de plus en plus avancée de la nuit. C’est aussi la littérature qui dérange vraiment, comme celle d’Orwell, de Céline ou de Pirandello, la littérature qui titille les imbéciles et les chiens de garde. Mendiant ingrat comme Bernanos ou Léon Bloy, Soljenitsyne a envoyé paître les démocraties bien-pensantes, pas celle des Grecs ou des républiques italiennes, celles de l’effet de serre et de l’abrutissement planétaire des super-héros.

Je crois qu’il a compris le jour même, en arrivant en Occident, sottement chassé par les autorités soviétiques qui ne savaient plus qu’en faire. Il a compris ce jour-là ce qu´était la société de consommation, l’Occident qui avait tué les peuples et leur foi, dilué jusqu’à l’idée de l’Apocalypse, l’Occident des supermarchés et des cinéplex, des embouteillages et des infos people, des guerres du Kosovo et de la lutte contre l’inflation. Il l’écrit dans ce qui est à mon gré un des plus grands textes du XXe siècle, le Discours de Harvard. Ce discours a des antécédents surtout en France, pays que la modernité a célébré pour sa Révolution mais haï pour ses écrivains qui, de Montesquieu à Tocqueville, de Chateaubriand à Duhamel, ou de Baudelaire à Valéry, ont prévu la catastrophe abyssale de la civilisation démocratique et matérialiste.

Il serait facile de s’en prendre à Staline. Mais Staline n’est qu’un moment abominable de l’histoire. Et là, à Harvard, Soljenitsyne décrit la Fin de l’Histoire, dix ans avant la chute de l’Union soviétique qu’il avait finie par regretter comme beaucoup (tout comme Orson Welles et Luis Buñuel regrettaient la disparition de Franco à demi-mot). Soljenitsyne décrit la fin de l’Histoire - sauf qu’il ne s’en félicite pas comme l’incroyable néocon Fukuyama. Je cite ce passage : « Un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d’avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l’Ouest les marques de l’inquiétude et même de la dépression, bien qu’il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments. Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n’ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel. »

C’est exactement ce qu’écrit Tocqueville dans le tome II de la Démocratie en Amérique. Soljenitsyne voit l’Occident non plus comme un monde libre ou une terre messianique, mais comme une machine ou une machination qui crée des clones mentaux et des automates. Il a été témoin des tragédies du XXe siècle, qui étaient aussi de grands mouvements sociaux, nationaux et historiques. Mais il écrit quand même, lui, l’ancien bagnard : « Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d’oppression, l’âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd’hui par les habitudes d’une société massifiée, forgées par l’invasion révoltante de publicités commerciales, par l’abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable. »

Nous sommes en 1978. A la même époque l’imbécile Toffler annonce les merveilles de la société démassifiée et virtualisée par la technologie. Et, trente ans plus tard, jamais le niveau intellectuel n’a été aussi bas et les embouteillages aussi longs. Et c’est cet ennui profond, pressenti par les romantiques de la société pré-industrielle, qui domine pour ceux qui savent voir par-delà Batman 6 ou les JO de Pékin.

Toujours dans ce discours, Soljenitsyne ajoute : « Il n’est pas possible que l’aune qui sert à mesurer de l’efficacité d’un président se limite à la question de combien d’argent l’on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d’un gazoduc. »

C’est pour cela qu’il est paradoxal et ironique de voir les chefs des nouvelles ploutocraties célébrer sa mémoire (entre deux allusions fielleuses de leurs seconds couteaux intellectuels sur son ultranationalisme ou sa foi orthodoxe), alors qu’il a été le dernier grand écrivain européen à déclarer la guerre au meilleur des mondes que nous voyons s’engloutir dans son or noir et son satanisme subliminal.."



Nicolas Bonnal



Et le fameux discours de Harvard... extrait :

"Je suis très sincèrement heureux de me trouver ici parmi vous, à l'occasion du 327ème anniversaire de la fondation de cette université si ancienne et si illustre. La devise de Harvard est « VERITAS ». La vérité est rarement douce à entendre ; elle est presque toujours amère. Mon discours d'aujourd'hui contient une part de vérité ; je vous l'apporte en ami, non en adversaire.

Il y a trois ans, aux Etats-Unis, j'ai été amené à dire des choses que l'on a rejeté, qui ont paru inacceptables. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui acquiescent à mes propos d'alors.(...)

Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l'Ouest aujourd'hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d'où l'impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu'ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d'agir, qui fonde la politique d'un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu'on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu'à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d'un accès subit de vaillance et d'intransigeance, à l'égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement incapables de rendre un seul coup. Alors que leurs langues sèchent et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l'Internationale de la terreur. Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant coureur de la fin ?

Quand les Etats occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l'homme, et que la vie de l'homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur (en témoigne la déclaration américaine d'Indépendance.)Aujourd'hui, enfin, les décennies passées de progrès social et technique ont permis la réalisation de ces aspirations : un Etat assurant le bien-être général. Chaque citoyen s'est vu accorder la liberté tant désirée, et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu'il a cours depuis ces mêmes décennies.

Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d'avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l'Ouest les marques de l'inquiétude et même de la dépression, bien qu'il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments. Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n'ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel.

L'indépendance de l'individu à l'égard de nombreuses formes de pression étatique a été garantie ; la majorité des gens ont bénéficié du bien-être, à un niveau que leurs pères et leurs grands-pères n'auraient même pas imaginé ; il est devenu possible d'élever les jeunes gens selon ces idéaux, de les préparer et de les appeler à l'épanouissement physique, au bonheur, au loisir, à la possession de biens matériels, l'argent, les loisirs, vers une liberté quasi illimitée dans le choix des plaisirs. Pourquoi devrions-nous renoncer à tout cela ? Au nom de quoi devrait-on risquer sa précieuse existence pour défendre le bien commun, et tout spécialement dans le cas douteux où la sécurité de la nation aurait à être défendue dans un pays lointain ?

Même la biologie nous enseigne qu'un haut degré de confort n'est pas bon pour l'organisme. Aujourd'hui, le confort de la vie de la société occidentale commence à ôter son masque pernicieux.

La société occidentale s'est choisie l'organisation la plus appropriée à ses fins, une organisation que j'appellerais légaliste. Les limites des droits de l'homme et de ce qui est bon sont fixées par un système de lois ; ces limites sont très lâches. Les hommes à l'Ouest ont acquis une habileté considérable pour utiliser, interpréter et manipuler la loi, bien que paradoxalement les lois tendent à devenir bien trop compliquées à comprendre pour une personne moyenne sans l'aide d'un expert. Tout conflit est résolu par le recours à la lettre de la loi, qui est considérée comme le fin mot de tout. Si quelqu'un se place du point de vue légal, plus rien ne peut lui être opposé ; nul ne lui rappellera que cela pourrait n'en être pas moins illégitime. Impensable de parler de contrainte ou de renonciation à ces droits, ni de demander de sacrifice ou de geste désintéressé : cela paraîtrait absurde. On n'entend pour ainsi dire jamais parler de retenue volontaire : chacun lutte pour étendre ses droits jusqu'aux extrêmes limites des cadres légaux.

J'ai vécu toute ma vie sous un régime communiste, et je peux vous dire qu'une société sans référent légal objectif est particulièrement terrible. Mais une société basée sur la lettre de la loi, et n'allant pas plus loin, échoue à déployer à son avantage le large champ des possibilités humaines. La lettre de la loi est trop froide et formelle pour avoir une influence bénéfique sur la société. Quand la vie est tout entière tissée de relations légalistes, il s'en dégage une atmosphère de médiocrité spirituelle qui paralyse les élans les plus nobles de l'homme.

Et il sera tout simplement impossible de relever les défis de notre siècle menaçant armés des seules armes d'une structure sociale légaliste.

Aujourd'hui la société occidentale nous révèle qu'il règne une inégalité entre la liberté d'accomplir de bonnes actions et la liberté d'en accomplir de mauvaises. Un homme d'Etat qui veut accomplir quelque chose d'éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n'a aucune chance de s'imposer : d'emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques.

Il est aisé en tout lieu de saper le pouvoir administratif, et il a en fait été considérablement amoindri dans tous les pays occidentaux. La défense des droits individuels a pris de telles proportions que la société en tant que telle est désormais sans défense contre les initiatives de quelques-uns. Il est temps, à l'Ouest, de défendre non pas temps les droits de l'homme que ses devoirs.

D'un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s'est vue accorder un espace sans limite. Il s'avère que la société n'a plus que des défenses infimes à opposer à l'abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d'horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu'ont ces mêmes enfants de ne pas regarder er de refuser ces spectacles. L'organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal. (...)

L'évolution s'est faite progressivement, mais il semble qu'elle ait eu pour point de départ la bienveillante conception humaniste selon laquelle l'homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu'il importe d'amender. Et pourtant, il est bien étrange de voir que le crime n'a pas disparu à l'Ouest, alors même que les meilleurs conditions de vie sociale semblent avoir été atteintes. Le crime est même bien plus présent que dans la société soviétique, misérable et sans loi. (...)

La presse, aussi, bien sûr, jouit de la plus grande liberté. Mais pour quel usage ? (...) Quelle responsabilité s'exerce sur le journaliste, ou sur un journal, à l'encontre de son lectorat, ou de l'histoire ? S'ils ont trompé l'opinion publique en divulguant des informations erronées, ou de fausses conclusions, si même ils ont contribué à ce que des fautes soient commises au plus haut degré de l'Etat, avons-nous le souvenir d'un seul cas, où le dit journaliste ou le dit journal ait exprimé quelque regret ? Non, bien sûr, cela porterait préjudice aux ventes. De telles erreurs peut bien découler le pire pour une nation, le journaliste s'en tirera toujours. Etant donné que l'on a besoin d'une information crédible et immédiate, il devient obligatoire d'avoir recours aux conjectures, aux rumeurs, aux suppositions pour remplir les trous, et rien de tout cela ne sera jamais réfuté ; ces mensonges s'installent dans la mémoire du lecteur. Combien de jugements hâtifs, irréfléchis, superficiels et trompeurs sont ainsi émis quotidiennement, jetant le trouble chez le lecteur, et le laissant ensuite à lui-même ? La presse peut jouer le rôle d'opinion publique, ou la tromper. De la sorte, on verra des terroristes peints sous les traits de héros, des secrets d'Etat touchant à la sécurité du pays divulgués sur la place publique, ou encore des intrusions sans vergogne dans l'intimité de personnes connues, en vertu du slogan : « tout le monde a le droit de tout savoir ». Mais c'est un slogan faux, fruit d'une époque fausse ; d'une bien plus grande valeur est ce droit confisqué, le droit des hommes de ne pas savoir, de ne pas voir leur âme divine étouffée sous les ragots, les stupidités, les paroles vaines. Une personne qui mène une vie pleine de travail et de sens n'a absolument pas besoin de ce flot pesant et incessant d'information. (...) Autre chose ne manquera pas de surprendre un observateur venu de l'Est totalitaire, avec sa presse rigoureusement univoque : on découvre un courant général d'idées privilégiées au sein de la presse occidentale dans son ensemble, une sorte d'esprit du temps, fait de critères de jugement reconnus par tous, d'intérêts communs, la somme de tout cela donnant le sentiment non d'une compétition mais d'une uniformité. Il existe peut-être une liberté sans limite pour la presse, mais certainement pas pour le lecteur : les journaux ne font que transmettre avec énergie et emphase toutes ces opinions qui ne vont pas trop ouvertement contredire ce courant dominant.

Sans qu'il y ait besoin de censure, les courants de pensée, d'idées à la mode sont séparés avec soin de ceux qui ne le sont pas, et ces derniers, sans être à proprement parler interdits, n'ont que peu de chances de percer au milieu des autres ouvrages et périodiques, ou d'être relayés dans le supérieur. Vos étudiants sont libres au sens légal du terme, mais ils sont prisonniers des idoles portées aux nues par l'engouement à la mode. Sans qu'il y ait, comme à l'Est, de violence ouverte, cette sélection opérée par la mode, ce besoin de tout conformer à des modèles standards, empêchent les penseurs les plus originaux d'apporter leur contribution à la vie publique et provoquent l'apparition d'un dangereux esprit grégaire qui fait obstacle à un développement digne de ce nom. Aux Etats-Unis, il m'est arrivé de recevoir des lettres de personnes éminemment intelligentes ... peut-être un professeur d'un petit collège perdu, qui aurait pu beaucoup pour le renouveau et le salut de son pays, mais le pays ne pouvait l'entendre, car les média n'allaient pas lui donner la parole. Voilà qui donne naissance à de solides préjugés de masse, à un aveuglement qui à notre époque est particulièrement dangereux. (...)

Il est universellement admis que l'Ouest montre la voie au monde entier vers le développement économique réussi, même si dans les dernières années il a pu être sérieusement entamé par une inflation chaotique. Et pourtant, beaucoup d'hommes à l'Ouest ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent. Ils la méprisent, ou l'accusent de plus être au niveau de maturité requis par l'humanité. Et beaucoup sont amenés à glisser vers le socialisme, ce qui est une tentation fausse et dangereuse. J'espère que personne ici présent ne me suspectera de vouloir exprimer une critique du système occidental dans l'idée de suggérer le socialisme comme alternative. Non, pour avoir connu un pays où le socialisme a été mis en oeuvre, je ne prononcerai pas en faveur d'une telle alternative. (...) Mais si l'on me demandait si, en retour, je pourrais proposer l'Ouest, en son état actuel, comme modèle pour mon pays, il me faudrait en toute honnêteté répondre par la négative. Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s'affaiblissent à l'Ouest, tandis qu'à l'Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d'anarchie, comme c'est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c'est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d'oppression, l'âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd'hui par les habitudes d'une société massifiée, forgées par l'invasion révoltante de publicités commerciales, par l'abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable.

Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l'histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l'occurrence, le déclin des arts, ou le manque de grands hommes d'Etat. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens Américains se livrent au pillage et au grabuge. C'est que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point.

Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n'est pas pour un futur lointain ; il a déjà commencé. Les forces du Mal ont commencé leur offensive décisive. Vous sentez déjà la pression qu'elles exercent, et pourtant, vos écrans et vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés. Pourquoi toute cette joie ?

Comment l'Ouest a-t-il pu décliner, de son pas triomphal à sa débilité présente ? A-t-il connu dans son évolution des points de non-retour qui lui furent fatals, a-t-il perdu son chemin ? Il ne semble pas que cela soit le cas. L'Ouest a continué à avancer d'un pas ferme en adéquation avec ses intentions proclamées pour la société, main dans la main avec un progrès technologique étourdissant. Et tout soudain il s'est trouvé dans son état présent de faiblesse. Cela signifie que l'erreur doit être à la racine, à la fondation de la pensée moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident à l'époque moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident, née à la Renaissance, et dont les développements politiques se sont manifestés à partir des Lumières. Elle est devenue la base da la doctrine sociale et politique et pourrait être appelée l'humanisme rationaliste, ou l'autonomie humaniste : l'autonomie proclamée et pratiquée de l'homme à l'encontre de toute force supérieure à lui. On peut parler aussi d'anthropocentrisme : l'homme est vu au centre de tout.

Historiquement, il est probable que l'inflexion qui s'est produite à la Renaissance était inévitable. Le Moyen Age en était venu naturellement à l'épuisement, en raison d'une répression intolérable de la nature charnelle de l'homme en faveur de sa nature spirituelle. Mais en s'écartant de l'esprit, l'homme s'empara de tout ce qui est matériel, avec excès et sans mesure. La pensée humaniste, qui s'est proclamée notre guide, n'admettait pas l'existence d'un mal intrinsèque en l'homme, et ne voyait pas de tâche plus noble que d'atteindre le bonheur sur terre. Voilà qui engagea la civilisation occidentale moderne naissante sur la pente dangereuse de l'adoration de l'homme et de ses besoins matériels.Tout ce qui se trouvait au-delà du bien-être physique et de l'accumulation de biens matériels, tous les autres besoins humains, caractéristiques d'une nature subtile et élevée, furent rejetés hors du champ d'intérêt de l'Etat et du système social, comme si la vie n'avait pas un sens plus élevé. De la sorte, des failles furent laissées ouvertes pour que s'y engouffre le mal, et son haleine putride souffle librement aujourd'hui. Plus de liberté en soi ne résout pas le moins du monde l'intégralité des problèmes humains, et même en ajoute un certain nombre de nouveaux.

Et pourtant, dans les jeunes démocraties, comme la démocratie américaine naissante, tous les droits de l'homme individuels reposaient sur la croyance que l'homme est une créature de Dieu. C'est-à-dire que la liberté était accordée à l'individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l'héritage du siècle passé.

Toutes les limitations de cette sorte s'émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l'héritage moral de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les Etats devinrent sans cesses plus matérialistes. L'Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l'homme, mais l'homme a vu complètement s'étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique. Et tous les succès techniques, y compris la conquête de l'espace, du Progrès tant célébré n'ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXème siècle, que personne n'aurait pu encore soupçonner au XIXème siècle.

L'humanisme dans ses développements devenant toujours plus matérialiste, il permit avec une incroyable efficacité à ses concepts d'être utilisés d'abord par le socialisme, puis par le communisme, de telle sorte que Karl Marx pût dire, en 1844, que « le communisme est un humanisme naturalisé. » Il s'est avéré que ce jugement était loin d'être faux. On voit les mêmes pierres aux fondations d'un humanisme altéré et de tout type de socialisme : un matérialisme sans frein, une libération à l'égard de la religion et de la responsabilité religieuse, une concentration des esprits sur les structures sociales avec une approche prétendument scientifique. Ce n'est pas un hasard si toutes les promesses rhétoriques du communisme sont centrées sur l'Homme, avec un grand H, et son bonheur terrestre. A première vue, il s'agit d'un rapprochement honteux : comment, il y aurait des points communs entre la pensée de l'Ouest et de l'Est aujourd'hui ? Là est la logique du développement matérialiste. (...)

Je ne pense pas au cas d'une catastrophe amenée par une guerre mondiale, et aux changements qui pourraient en résulter pour la société. Aussi longtemps que nous nous réveillerons chaque matin, sous un soleil paisible, notre vie sera inévitablement tissée de banalités quotidiennes. Mais il est une catastrophe qui pour beaucoup est déjà présente pour nous. Je veux parler du désastre d'une conscience humaniste parfaitement autonome et irréligieuse.

Elle a fait de l'homme la mesure de toutes choses sur terre, l'homme imparfait, qui n'est jamais dénué d'orgueil, d'égoïsme, d'envie, de vanité, et tant d'autres défauts. Nous payons aujourd'hui les erreurs qui n'étaient pas apparues comme telles au début de notre voyage. Sur la route qui nous a amenés de la Renaissance à nos jours, notre expérience s'est enrichie, mais nous avons perdu l'idée d'une entité supérieure qui autrefois réfrénait nos passions et notre irresponsabilité.

Nous avions placé trop d'espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu'on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. A l'Est, c'est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l'Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n'est même pas le fait du monde éclaté, c'est que les principaux morceaux en soient atteints d'une maladie analogue. Si l'homme, comme le déclare l'humanisme, n'était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n'en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d'acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l'accomplissement d'un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l'expérience d'une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n'y étions entrés.

Il est impératif que nous revoyions à la hausse l'échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n'est pas possible que l'aune qui sert à mesurer de l'efficacité d'un président se limite à la question de combien d'argent l'on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d'un gazoduc. Ce n'est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l'humanité peut s'élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde.

Quand bien même nous serait épargné d'être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu'est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l'homme est au-dessus de tout ? N'y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l'intégrité de notre vie spirituelle ?

Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l'être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l'ère moderne.

Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n'avons pas d'autre choix que de monter ... toujours plus haut."


Alexandre Soljénitsyne, Le Déclin du courage, Harvard, 8 juin 1978

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Les bisounours ? C'est terminé...

=--=Publié dans la Catégorie "Brèves"=--=

Chopé chez Xyr... Laissez charger et regardez intégralement...

On te casse les couilles ? Gratuitement ? Histoire de se faire mousser ? On s'en prend à tes biens sous les regards éteints et léthargiques des habitants de ton quartier ? No problemo. Sors ta batte de base ball ou de criquet et passe à la purge... Good Luck...


Soft
13min07sec

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22/08/2008

Break on through to the other side... chantaient les Doors...

=--=Publié dans la Catégorie "Music..."=--=

"MATONS DE PANURGE

Défendre la littérature comme la seule liberté précaire encore plus ou moins en circulation, implique que l'on sache exactement ce qui la menace de partout. Même s'ils sont légion, les ennemis de la littérature sont également nommables et concrets. Les pires, bien sûr, logent aujourd'hui dans le cœur de la littérature, où ils sont massivement infiltrés, corrompant celle-ci de leur pharisaïsme besogneux, de leur lyrisme verdâtre, de leurs bonnes intentions gangstériques et de leur scoutisme collectiviste en prolégomènes à la tyrannie qu'ils entendent exercer sur tout ce qui, d'aventure, ne consentirait pas encore à s'agenouiller devant leurs mots d'ordre, ni à partager leur credo d'hypocrites. Sous leur influence, l'écrit lui-même est devenu une prison. Ils contrôlent jour et nuit les barreaux de la taule. Ils dénoncent sur-le-champ les plus petites velléités de rébellion ou seulement d'indépendance. Ces surveillants nuisent en troupeau : ce sont les matons de Panurge."


Exorcismes spirituels I Philippe Muray




Ô ma Rédemption, tu tardes à venir. J’ai mon orgueil à tuer et mon vin à tirer. Je boirai ma coupe à la fête de mes noces. J’ai besoin d’une pluie purificatrice. J’ai besoin d’un soleil vivifiant, que ses caresses m’irradient de forces et d’assurance. Un soleil grec. Odeurs de pin et de mer de ma jeunesse. Chair salée par le vent sous le regard des jolies filles. Friture de poisson et pastèques rafraichissantes. L’œil de Dieu sondeur et son sourire infini. Corps svelte. Esprit tranchant. Âme légère. Bénédiction.

Je rêve d’une ivresse sobre.

Un jour de pluie, les nuages bas, la clarté qui perce par endroit, je marche sans parapluie par les rues crasseuses. Je suis dans le flux du temps, dans la pulsation du rêve, la cervelle brulée par la lucidité. Cruel est ce songe. L’immédiateté se dérobe aisément à nos sens parce que refusant de puiser en nous, nous quémandons un enchantement lointain.

La lourdeur du corps
Et le feu à l’intérieur.
Couler malgré tout.
Chercher le gouffre.
Car c’est la nuit
Et il faut dormir.

J’écris dans la nuit, souvent. À cette heure où le silence, jamais total, fait un bruit d’insectes lointains. Bruissement du système d’aération. Soupir de Marie qui dort. La pensée se contracte, se rétracte, s’enroule et se déroule. Malgré moi, une plainte joyeuse, un chuintement de prière. Un spasme d’exil. Comment nommer quelque chose de vaste avec une langue pure et réduite ? Puis le réfrigérateur de la cuisine se met en marche et me ramène à la réalité première. Alors je me verse un picon-bière et allume une cigarette. Demain, au travail, mon esprit reclus s’adaptera à la tombe. Durant la pause, seul dans mon coin, je tracerai sur une feuille, ou dans ce carnet qui me sert de soupape de sécurité, ô fidèle compagnon, quelques phrases rugueuses pour mettre à jour, comme en une fouille archéologique des vestiges inconnus, des mots-mirages de mon désert en friche.

Douleur au coude.
Douleur aux lombaires.
Douleur atroce à la mâchoire.
Mes articulations sont hantées.

Je regroupe dans la douleur les fragments de moi-même. Je l’aime ce carnet qui contient mon désert, mais je sais instinctivement qu’il n’est qu’un subterfuge.

Écrire résout-il quelque chose ?

Écrire m’aide, en tout cas, à ne pas me déposséder de moi-même. Parvenir à conserver, dans l’écrin de ma conscience, comme un diamant vulgaire qu’il convient de purifier, de tailler, la meilleure part de moi-même.


Il faut, à présent, une musique de générique de fin, histoire de couler dans le sommeil profond, le sommeil du sommeil, le sommeil vermeille et doux, le sommeil de miel qui enrobe et nourrit, la porte dérobée qui me fait ignorer les matons de panurge...

Passer de l'autre côté...



"Exit Music (For A Film)

Wake.. from your sleep
The drying of your tears
Today we escape, we escape

Pack.. and get dressed
Before your father hears us
Before all hell breaks loose

Breathe, keep breathing
Don't lose your nerve
Breathe, keep breathing
I can't do this alone

Sing.. us a song
A song to keep us warm
There's such a chill, such a chill

You can laugh
A spineless laugh
We hope your rules and wisdom choke you
Now we are one in everlasting peace

We hope that you choke, that you choke
We hope that you choke, that you choke
We hope that you choke, that you choke"



Radiohead



Et la magnifique version Jazz, instrumentale, qu'en a faite Brad Meldau, sublime pianiste, lumineux et sensible...

01:55 Publié dans Music... | Lien permanent | Commentaires (4) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/08/2008

La chute d'un Géant...

=--=Publié dans la Catégorie "Music..."=--=

Le 21 Juin 1977...25 jours avant sa mort...



"Unchained melody


Oh, my love, my darling,
I've hungered for your touch,
A long, lonely time.
And time goes by, so slowly,
And time can do so much.
Are you still mine?
I need your love.
I need your love.
God spend your love to me.

Lonely rivers flow to the sea, to the sea,
To the open arms of the sea, yeah
Lonely rivers sigh, wait for me, wait for me,
I'll be coming home, wait for me.

Oh, my love, my darling,
I've hungered, hungered for your touch,
For love. Lonely time.
And time goes by, so slowly,
And time can do so much,
Are you still mine?
I need your love.
I need your love.
God spend your love to me."


A propos de la chanson...

07:00 Publié dans Music... | Lien permanent | Commentaires (26) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

11/08/2008

Nikola Tesla

=--=Publié dans la Catégorie "Serbie... Ô ma Serbie..."=--=



Un Génie scientifique serbe oublié : Nikola Tesla...

Article Wikipédia......

...ou si vous êtes bons en anglais...




Laissez charger le film et regardez de bout en bout...


Nikola Tesla
45min50sec


Que ce soit dans la Yougoslavie communiste de Tito...



Ou dans la Serbie post-Yougoslave...





Le souvenir de Nikola Tesla y fut toujours honoré et sa figure admirée...


Mais aussi...

à New York


à Zagreb en Croatie


Aux chutes du Niagara




...et en Serbie encore...






Un site américain consacré à Nikola Tesla

15:20 Publié dans Serbie... Ô ma Serbie... | Lien permanent | Commentaires (5) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/08/2008

It's the end of the world as we know it and i feel fine...

=--=Publié dans la Catégorie "Music..."=--=

Vu chez Ilys :

"Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.

Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d’empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l’épaisseur de l’histoire, les fantômes d’immenses navires qui furent chargés de richesse et d’esprit. Nous ne pouvions pas les compter. Mais ces naufrages, après tout, n’étaient pas notre affaire.

Élam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais France, Angleterre, Russie… ce seraient aussi de beaux noms. Lusitania aussi est un beau nom. Et nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie. Les circonstances qui enverraient les œuvres de Keats et celles de Baudelaire rejoindre les œuvres de Ménandre ne sont plus du tout inconcevables : elles sont dans les journaux."


Paul Valery (1919), La crise de l'esprit


Voici la fin du monde... montez le son et dansons...


REM


"It's the end of the world as we know it and i feel fine...

That's great, it starts with an earthquake, birds and snakes,
an aeroplane - Lenny Bruce is not afraid.
Eye of a hurricane, listen to yourself churn,
world serves its own needs, dummy serve your own needs.
Feed it off an aux speak,, grunt, no, strength,
The ladder starts to clatter with fear fight down height.
Wire in a fire, representing seven games, a government for hire and a combat site.
Left of west and coming in a hurry with the furies breathing down your neck.
Team by team reporters baffled, trumped, tethered cropped.
Look at that low playing!
Fine, then.
Uh oh, overflow, population, common food, but it'll do.
Save yourself, serve yourself. World serves its own needs, listen to your heart bleed dummy with the rapture and the revered and the right - right.
You vitriolic, patriotic, slam, fight, bright light, feeling pretty psyched.

It's the end of the world as we know it.
It's the end of the world as we know it.
It's the end of the world as we know it and I feel fine.

Six o'clock - TV hour. Don't get caught in foreign towers.
Slash and burn, return, listen to yourself churn.
Locking in, uniforming, book burning, blood letting.
Every motive escalate. Automotive incinerate.
Light a candle, light a votive. Step down, step down.
Watch your heel crush, crushed. Uh-oh, this means no fear cavalier.
Renegade steer clear! A tournament, a tournament, a tournament of lies.
Offer me solutions, offer me alternatives and I decline.

It's the end of the world as we know it.
It's the end of the world as we know it. (It's time I had some time alone)
It's the end of the world as we know it (It's time I had some time alone) and I feel fine.
(I feel fine)

It's the end of the world as we know it. (It's time I had some time alone)
It's the end of the world as we know it. (It's time I had some time alone)
It's the end of the world as we know it (It's time I had some time alone) and I feel fine.

The other night I dreamt of knives, continental drift divide. Mountains sit in a line
Leonard Bernstein. Leonid Brezhnev. Lenny Bruce and Lester Bangs.
Birthday party, cheesecake, jelly bean, boom!
You symbiotic, patriotic, slam book neck, right? Right.

It's the end of the world as we know it. (It's time I had some time alone)
It's the end of the world as we know it. (It's time I had some time alone)
It's the end of the world as we know it (It's time I had some time alone) and I feel fine.

It's the end of the world as we know it.
It's the end of the world as we know it.
It's the end of the world as we know it (It's time I had some time alone) and I feel fine.

It's the end of the world as we know it. (It's time I had some time alone)
It's the end of the world as we know it. (It's time I had some time alone)
It's the end of the world as we know it (It's time I had some time alone) and I feel fine.

It's the end of the world as we know it. (It's time I had some time alone)
It's the end of the world as we know it. (It's time I had some time alone)
It's the end of the world as we know it (It's time I had some time alone) and I feel fine..."

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09/08/2008

King's X : Summerland

=--=Publié dans la Catégorie "Music..."=--=

"For it is one thing to see the land of peace from a wooded ridge... and another to tread the road that leads to it." affirme la citation de Saint Augustin en introduction du clip. Mais je vous donne la citation entière et en français s'il vous plaît :

"Oui, autre chose est d’apercevoir du haut d’un roc sauvage la patrie de la paix, sans trouver le chemin qui y mène, et de s’épuiser en vains efforts, par des sentiers perdus, pour échapper aux embûches de ces fugitifs, déserteurs de Dieu , guerroyant contre l’homme sous la conduite de leur prince tout ensemble lion et dragon; autre chose, de suivre la véritable route, protégée par l’armée du souverain empereur, où n’osent marauder les transfuges de la milice céleste : car cette voie ils l’évitent comme un supplice. Et ma substance s’assimilait merveilleusement ces vérités : à la lecture du moindre de vos apôtres (I Cor. XV, 9), je considérais vos oeuvres, et j’admirais (Habac. III, 2)." Saint Augustin, Les Confessions, Livre VII, Chapitre XXI.



"Summerland in my past
Days were full and i knew it would last
I never thought there was anything else but you
Summerland
The wind is getting cold
Summerland
You're finally getting old
Not much time
There's much to do
Look ahead and walk on through
No one's taking sides this time it's you
Summerland
Your sky can still be blue
Summerland
Always in love with you"

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06/08/2008

Blindside : "Pitiful"

=--=Publié dans la Catégorie "Music..."=--=

Blindside, groupe aimé par certains, haï par beaucoup. Pourquoi ? Parce que c'est un groupe chrétien... et qu'il désarçonne d'autant plus que sa musique est bien foutue et intelligente.



" Pitiful


As I recall with my stomach turning
I was hiding away from myself, away from you
Like nothing, though something was terribly wrong
And I admit that I was only waiting for the right time
Night time, the right moment for you to look away
Though you never did, I pretended for a while
So I could walk where I dont belong

And I remember every word you said
Come back in time, come back
And I remember I would soon be dead
Now so pitiful, so pitiful

But I know, as I hammered those nails into your beautiful hands
Your eyes still try to search for mine, but I look away
Now your eyes are the only thing that can save me
Im still so afraid of them piercing
You're breaking into my prison,
Just pretended for a while
My soul is dying
I wont look away

And I remember every word you said...

I'll remember every word you said
This time I won't look away"

 

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05/08/2008

"Bienvenue aux Serbes !" par Philippe Muray

=--=Publié dans la Catégorie "Serbie... Ô ma Serbie..."=--=

"Bienvenue aux Serbes ! Bienvenue chez nous !
Bienvenue sur le continent de la justice, de la solidarité, de l’égalité, des droits de l’homme, des ateliers d’écriture, des Nuits de la correspondance, des concours de tartes multiculturelles, des rollers citoyens, des musiques amplifiées et de la liberté !
Terminée la saison en enfer ! Aux poubelles, le tyran fou !
Bienvenue dans le Nouvel Ordre européen marchand, mondial, caritatif et victimocrate !
Bienvenue au pays où ça bouge bien !
Bienvenue au pays où ça télésurveille bien !
Bienvenue au royaume de la vie jeune !
Vous qui entrez ici, laissez toute désespérance !
Terminés les délires à rebondissements et les atrocités épiques !
Vous n’avez pas fini d’être libres !
Bienvenue sur le continent des valeurs ajoutées !
Et à vous d’y rajouter la vie qui va avec !
Bienvenue dans le nouveau monde concret !
Bienvenue au pays des trottinettes électriques !
Bienvenue sur le continent où la chasse aux sorcières ne s’exerce que contre les partisans de l’extrême chasse, où la persécution ne vise que les ringards, les raidis, les aigris, les apocalyptiques, les archaïques, les passéistes qui ne l’ont pas volé, et où les sorcières ont leur fête, comme tout le monde, le jour de Halloween !
Bienvenue dans le pays où le principe de précaution à remplacé le principe de réalité !
Bienvenue dans le pays où la réalité a disparu si vite et depuis si longtemps, avec ses petites rues noires, ses immeubles sales et ses vitrines pleines de choses invendables, que personne ne s’en souvient même plus !
Bienvenue dans la patrie des Chiennes de garde et de la chaîne du froid !
Bienvenue au pays des échassiers reconstitués, des cracheurs de feu engagés, des jongleurs reformatés et des carnavals au silicone !
Bienvenue sur la planète des fêtes !
Bienvenue au pays où la fête est une fête !
Bienvenue dans la contrée des implants en titane et des cybergardiens !
Bienvenue au pays des artistes en résidence dans le Morbihan !
Bienvenue au musée !
Bienvenue chez les métamorphoses !
Bienvenue dans le pays de la pub nomade et de l’accroissement exponentiel des maladies inconnues !
Bienvenue dans le pays où tout le monde est content !
Bienvenue dans le pays de toutes les prides !
Bienvenue dans la région des arts alternatifs, du théâtre de rue à la ferme et des anciens entrepôts de pompes funèbres reconvertis en bars à thèmes !
Bienvenue au pays où le juridisme monte plus vite qu’un cheval au galop !
Bienvenue dans le grand hospice où la parité se fout de l’hôpital !
Bienvenue dans le royaume de toutes les transformations dérangeantes, correctes et obligatoires !
Bienvenue dans le paradis de l’Europe unie, fictive, transfrontalière, humanitaire et pacifiée !
Bienvenue sur l’autoroute sans fin de la superdémocratie sans bretelles de sortie !
Bienvenue dans l’Europe fatale et désirable !
Bienvenue au pays de la tolérance qui fomente des lois !
Bienvenue au pays des mesures scélérates approuvées par cinq Européens sur trois !
Bienvenue au pays de la modernité confédérée s’imposant comme le Bien absolu qui ne saurait plus être critiqué ni changé jusqu’à la consommation des siècles !
Bienvenue sur le continent du despotisme positif auquel nul ne peut plus espérer apporter la moindre contradiction !
Bienvenue dans le monde de l’inéluctable enviable !
Bienvenue dans le moderne !
Bienvenue dans le sens du poil et dans le sens du vent !
Bienvenue dans le pays où l’on arrive toujours !
Bienvenue sur Atlantideworld !
Bienvenue !
Bienvenue à nos amis Serbes !
Oui, bienvenue parmi nous ! Bienvenue et bon courage !"


Merci à l'ami Restif de m'avoir signalé ce texte que je mets, bien entendu, en ligne, car la plume de Philippe Muray vaut le déplacement. Non ?

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04/08/2008

Le Salut à Trois Doigts

=--=Publié dans la Catégorie "Serbie... Ô ma Serbie..."=--=



Le Salut à Trois Doigts

ou...

Three-finger salute








Et Maurice G. Dantec... après avoir vomi sur les serbes, ne voyant en eux que des crypto-communistes, il vient d'ouvrir les yeux et cherche la rédemption.



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03/08/2008

Quelques vérités sur la Guerre de Yougoslavie

=--=Publié dans la Catégorie "Serbie... Ô ma Serbie..."=--=

Laissez le film se charger puis regardez d'un bout à l'autre...



Trouvé chez Alceste...

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