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09/02/2019

La virilité, premier pouvoir et dernier tabou du monde musulman

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Dans un nouvel essai, la philosophe Nadia Tazi développe l’hypothèse que la virilité dans le monde musulman serait non seulement le principe déterminant du rapport entre les hommes et les femmes, mais aussi celui du despotisme politique et social.

 

Nous avons rencontré Nadia Tazi dans le cadre des Rencontres d’Averroès à Marseille en novembre 2018 sur le thème des relations entre les sexes, d’hier à aujourd’hui, en Méditerranée. Philosophe, journaliste, essayiste, elle vient de publier Le genre intraitable. Politiques de la virilité dans le monde musulman (Actes Sud, 2018), fruit d’un travail de quinze ans.

 

Dans votre nouvel essai, vous écrivez que « la virilité est restée le premier pouvoir et le dernier tabou » . En quoi cette question est-elle taboue ?

Cette question n’est jamais politiquement énoncée comme telle. On parle de la condition des femmes, de l’inégalité entre les sexes, de l’homosexualité, mais la question des masculinités est évacuée. D’abord parce que c’est nouveau. En Occident même, cette recherche vient plus tard que celle des femmes, en réaction ou parallèlement au féminisme. De plus, on ne peut pas plaquer les schémas occidentaux sur l’Orient musulman. Évidemment, le machisme existe partout, mais il n’a pas du tout la même portée, pas les mêmes sources ni les mêmes lois. Il faut déjà commencer par poser la question dans les différents pays musulmans et réfléchir sur leur point commun : le despotisme politique. Lors de la table ronde « Des relations entre les sexes fondées sur des imaginaires et des valeurs » aux Rencontres d’Averroès, on a bien perçu les différences entre les musulmans eux-mêmes. Sur le voile, les points de vue des intervenantes turque, marocaine, algérienne n’étaient pas du tout identiques. Le voile est un joker, on lui donne le sens qu’on veut ; c’est aussi ce qui explique sa perpétuation.

 

Vous consacrez un chapitre passionnant à la complexité du voile, « une coutume immémoriale ou une surdétermination identitaire face à la menace de l’étranger – ou encore un retournement ironique au nom de la liberté et de l’identité (…) » ?

En France, le voile a une connotation identitaire : si vous l’expliquez à une Afghane qui se bat contre la burqa et qui a des problèmes pour éduquer sa fille, ou à une Pakistanaise qui constate l’accroissement du féminicide ou des crimes d’honneur, elles vous regardent comme si vous arriviez de la planète Mars…

 

Vous mettez en rapport désert et virilité. Pourquoi ?

Le désert est essentiellement rareté. Lawrence d’Arabie a eu une formule terrible : c’est « la mort vivante ». L’homme est perpétuellement sous la menace de la Nature. Pour révoquer l’idée de survie, le Bédouin, l’homme du désert, va développer une économie de la dépense. Puisqu’il ne veut pas être comme l’animal dans la seule logique de survie, il est dans l’excès. Et cet excès farouche se manifeste dans la bravoure au combat et de manière somptuaire dans l’hospitalité – des valeurs que l’islam gardera en leur donnant un sens nouveau. La virilité est née d’un parallélisme avec le désert, de la volonté de l’homme de s’élever à hauteur de cette Nature exorbitante, par lui même, sans Dieu, par la voie de son ethos, de ses mœurs et du langage qui les glorifie. D’où tant de poèmes et de récits hallucinés, une mythologie à laquelle on se réfère encore sans le savoir.

Au VIIe siècle, avec la révélation faite à Mahomet, va naître l’islam. En 630, à la tête d’une armée, le Prophète conquiert La Mecque qu’il avait dû fuir en 622 (l’Hégire) et il convertit à l’islam les tribus d’Arabie dont il devient le chef à la fois religieux, politique et militaire. Les Bédouins vont sortir du désert – une sortie physique et symbolique – et, en moins d’un siècle, les premiers califes conquièrent le monde. Inscrit dans l’inconscient collectif, cet âge d’or est d’autant plus célébré que les sociétés se vivent comme déchues. La conquête représente l’expression de la virilité archaïque du désert.

 

Vous évoquez la différence, mais aussi l’imbrication entre deux concepts au cœur de votre livre : la masculinité et la virilité…

L’islam et la Cité vont offrir un autre voie que la virilité, celle du masculin qui s’élève contre l’excès, contient la violence par la fraternité, et sublime l’honneur en le haussant jusqu’à la chevalerie. L’islam donne aux masculinités une éthique qui interdit le meurtre, invite à la tempérance et institue une communauté. L’hybris (la démesure), la dépense et la violence sont contrariés par l’idée de juste milieu, par la mesure, la modestie, la décence, constitutives de ce que je désigne comme masculin. Et ce masculin est appuyé par la prééminence de la communauté sur l’individu. La communauté qui est conservatrice (elle se fonde sur le consensus) établit une masculinité vertueuse et apaisée. Mais les normes pondératrices de l’islam ne pourront entièrement contenir les débordements des conquérants et des despotes qu’ils soient petits (domestiques) ou grands (à la tête de l’État). Il y aura toujours coexistence et balancement du viril et du masculin. La norme viriliste ne cessera de hanter l’islam, en particulier à travers la coutume.

 

Cependant, avant la tragique dérive de l’islamisme, tout ne se passait pas si mal dans la société et dans l’intimité… La virilité fait-elle de tels ravages ?

Il existait un certain équilibre autour des valeurs patriarcales fondées sur les prescriptions de l’islam et sur les lois coutumières. Au fond, comme l’avait montré l’ethnologue Germaine Tillion (1907-2008), la question des femmes dans le monde musulman était alors proche de ce qui se passait dans la plupart des sociétés méditerranéennes. À partir du partage des rôles, chacun y trouvait son compte. On estimait l’homosocialité (la non-mixité) normale : que les femmes soient à la maison, qu’elles remplissent leur rôle de mère et d’épouse et s’accomplissent ainsi, et que les hommes puissent avoir les deux sphères : le public et le privé. Plus les femmes étaient riches, plus elles vivaient cloîtrées. Mais elles avaient leur vie propre, un entre-soi agrémenté par l’art de vivre qu’elles avaient su tisser. Et elles gagnaient du pouvoir en devenant mères, c’est-à-dire en accédant à l’unicité : contrairement à l’épouse dans certaines sociétés polygamiques, la mère sera toujours l’Unique pour ses fils. Consciemment ou inconsciemment, pour asseoir ce pouvoir d’influence, elle s’attache ses garçons, les éduque et les « revirilise » en permanence. C’est auprès d’elle surtout que l’homme trouve réconfort et soutien. On aime également rappeler que les mères des sultans ottomans, par exemple, avaient des droits et des revenus importants ; elles ne régnaient pas seulement sur le harem impérial, elles fondaient des monuments, elles assistaient derrière le voile aux réunions du gouvernement… Le problème se pose de manière beaucoup plus aiguë avec l’arrivée de la modernité.

 

Pourquoi ?

Parce qu’en principe, la modernité politique ne reconnaît pas ces valeurs patriarcales. Elle met à mal le pacte implicite selon lequel l’homme est dominant / protecteur. Il est contraint par la loi musulmane de subvenir aux besoins de la femme et doit répondre de son éducation morale et religieuse. Cette prise en charge matérielle et spirituelle justifierait son pouvoir. Tout se complique quand les femmes sortent de la maison, qu’elles accèdent à l’éducation, au travail, à la contraception, etc. Mais la question du dehors-dedans est restée fondamentale. Chez soi, on fait ce que l’on veut, et on n’a de comptes à rendre qu’à Dieu, à sa conscience. Et les rapports entre les sexes y sont négociés individuellement, de manière empirique.

La virilité est par définition extravertie. Mieux, elle est ostentatoire, elle doit être reconnue comme telle par autrui, par opposition au masculin qui renvoie au for intérieur, à l’intime. À l’extérieur, l’homme doit montrer qu’il est le maître et veiller à la réputation de sa femme, sa fille ou sa sœur. Traditionnellement, la femme n’a accès au monde que voilée, protégée, c’est-à-dire contrôlée. Elle doit donner l’image d’une femme raisonnable qui, comme le disent les mollahs, «reste à sa place». À l’intérieur, elle a peu de droits, mais elle s’appuie sur l’attachement sexuel et affectif, sur l’éducation des enfants, et elle est supposée gardienne des traditions (morales, culturelles, esthétiques…). Elle conquiert son territoire. Cette séparation problématique du public et du privé, de l’apparence et de la réalité, du dire et du faire, est instituée au départ pour protéger la communauté. Avec la modernité, ces arrangements ne marchent pas.

 

Selon vous, ce principe de virilité serait au fondement du despotisme politique et social.

D’un côté, l’homme est élevé dans le culte de la virilité ; de l’autre, il est castré par les pouvoirs despotiques en place. Dans le cadre familial, le père commande le fils, lequel fils, pour assurer son pouvoir, va à son tour commander les plus jeunes, les cadets, la sœur, la femme. Comment voulez-vous que cet autre clivage ne produise pas de problèmes ? Et hors de la maison, l’homme du commun n’a pour ainsi dire pas de vie politique.

 

Jusqu’à cette démence meurtrière de l’islamisme ?

Comme le dit l’islamologue François Burgat, « on a les islamistes qu’on mérite ! » Si vous considérez les pouvoirs en place, ils ont tous sans exception matraqué leur population. Bien sûr, auparavant, la colonisation a humilié les hommes et fait des ravages à tous points de vue. Au moment des indépendances, on attendait des nouveaux régimes qu’ils améliorent le sort de la population. Ce n’est pas ce qui s’est passé. La désillusion et l’amertume ont été énormes, dévastatrices.

Il faut noter que tous les chefs historiques des islamistes ont fait de la prison. Ce ne sont pas des lettrés, formés dans les instituts de théologie ou les universités, mais des gens simples pour la plupart, élevés contre la colonie et ensuite contre l’État, qui ont passé des années derrière les barreaux et y ont produit un corpus théorique très pauvre. Si l’islam devient « politique », c’est pour une large part qu’il est depuis toujours le premier et le dernier recours contre l’oppression. Ce sont des hommes frustrés, enfermés dans les « passions tristes » : la haine, le ressentiment, l’humiliation, le sentiment d’échec. Pour fabriquer un ordre viriliste, quel qu’il soit, il faut au départ un état d’exception : des conditions extrêmes telles que le désert, la guerre, un régime tyrannique, la colonie, des mutations anthropologiques et culturelles brutales…

 

Pourquoi l’Occident est-il au centre de la haine islamiste ?

Les islamistes sont virilistes, et l’Occident, hégémonique, sécularise les sociétés, envahit les territoires et les esprits, émancipe les femmes, humilie les perdants.

Qu’ont les Occidentaux à proposer aux populations de ces pays, hormis globalement la consommation et le sexe ? Où sont les gauches et que font-elles ? L’avènement des islamistes traduit un double malaise, à la fois par rapport à leurs dirigeants et leurs sociétés en panne et par rapport à l’Occident. À l’homme ordinaire qui ne sait plus où il en est, qui a perdu ses repères, qui a été rabaissé par une modernisation exogène et par l’État, l’islamisme redonne fierté, autorité, dignité.

 

Vous commencez votre livre en évoquant Saddam Hussein. Existe-t-il un personnage plus emblématique de la virilité ?

Il est hallucinant, monstrueux, c’est un personnage shakespearien. Il faut rappeler ses mérites : en dix ans, il a amélioré le sort des femmes, a effacé totalement l’analphabétisme, a aménagé Bagdad qui était dans un état pitoyable. Mais sa virilité l’a amené à être le premier importateur d’armements au monde et à se lancer dans une guerre absurde contre l’Iran : un million de morts pour un motif ridicule. Il pensait faire une guerre éclair à l’israélienne ! « Je serai à Téhéran dans huit jours ! » La guerre a duré huit ans. Tout ce qu’il avait investi d’un côté, il l’a détruit de l’autre. Puis il y eut deux autres guerres, dont la première en particulier qui, avec l’invasion du Koweït, fut motivée par son hybris, son orgueil narcissique de macho. Il a été une calamité pour son peuple. Aujourd’hui encore, l’Irak paie le prix d’une folie viriliste.

 

Pas une folie tout court, une folie viriliste ?

C’est ce qui l’anime jusqu’au bout. Souvenez-vous quand il est pendu. Tandis que les bourreaux l’injurient et chantent le nom de leur champion chiite, il dit : « C’est ça pour vous la virilité ? » et il affronte, fait littéralement face ; on lui met la corde au cou et il refuse la cagoule qu’on lui présente. Avant, il y a deux scènes étonnantes : celle où il est déguisé en clochard, où on va le déloger de sa tanière et lui inspecter les dents comme une bête ; puis la scène du procès où, rasé et élégant, il fait face là encore, en voulant sauver l’honneur, rester le chef, le vainqueur… C’est ce qui m’a donné envie de faire ce livre et c’est ainsi qu’il commence. Je me suis demandé : c’est quoi cette histoire ? Comment en arrive-t-on là ? Saddam Hussein ne s’est pas appuyé sur l’islam – c’est un nationaliste arabe. Tous les nationalismes sont virilistes : une nation, même démocratique, c’est toujours une force face à une autre force. Mais la mémoire de l’islam joue aussi sa part.

 

Comment sortir de cette prégnance de la virilité, particulièrement lourde dans l’islam, même si elle existe ailleurs ? Vous évoquez longuement la figure du Prophète à la fois viril, masculin et féminin…

Une partie de son âme est féminine. Le culte de la vierge Marie existe en islam, et dans la légende, Mahomet est comme une page blanche, une page vierge ensemencée par la parole de Dieu que convie l’ange Gabriel. Quand il reçoit la Révélation, il est dans une posture de pur abandon et de félicité, mais aussi de crainte. Lorsqu’il est pris de tremblements, transporté comme un chamane par ce qui lui arrive, il a peur. Peur d’être possédé par un djinn, une force maléfique. C’est alors que son épouse Khadidja, la première des convertis de l’islam, le protège, l’entoure de ses bras ou de son voile, et lui dit : « C’est l’ange ! ». Elle le rassure, lui donne quelque chose d’essentiel : la confiance, soit étymologiquement la foi en quelque chose ou en quelqu’un. C’est donc une femme qui va soutenir le Prophète et cela est rarement dit, sauf par les mystiques.

 

Le Prophète est donc porteur d’une certaine douceur…

Les mystiques disent : « Dieu est doux et il aime la douceur en toute chose. » Autrement dit, Dieu n’aime pas la force, le pouvoir, l’excès ; et c’est la douceur qui constitue la vraie puissance. L’accueil du féminin peut contribuer à dissoudre l’injonction viriliste, à faire que le masculin s’enrichisse loin du bruit et des turbulences surmâles, et que l’homme se libère du fardeau qu’il s’est imposé à lui-même.

 

Concrètement, cela peut se traduire de quelle manière ?

C’est à chaque fois le retour au politique qui s’impose. Il faut développer un minimum de maturité dès la petite école pour sortir de l’infantilisme viril. Il y a une action pédagogique à conduire de toute urgence pour briser le cercle infernal où d’un côté la mère pousse en avant son fils – un demi-dieu à ses yeux – et où de l’autre, le père l’enfonce. Où sont partout disséminés des rapports de pouvoir. Je caricature, évidemment, mais ce sont ces logiques qu’on voit à l’œuvre.

Les femmes sont la clé : il est plus facile d’agir positivement, de s’appuyer sur un désir de liberté que de contraindre un genre aussi enraciné. Si on émancipe les femmes, elles ouvrent la maison au monde, et n’ont plus besoin de pousser et de reviriliser leurs fils. Et les hommes ne doivent plus se montrer à tout prix comme des maîtres. Si on va dans le sens de la liberté des femmes, on avance dans l’émancipation générale. Car le viril ordinaire ne rabaisse pas seulement les femmes ; pour s’affirmer, il rabat tout ce qui n’est pas lui et qu’il considère comme « efféminé » : l’esclave autrefois, l’intellectuel, l’artiste, les minorités sexuelle, ethnique et religieuse, le juif en particulier, l’étranger… À partir du moment où on éduque les peuples dans un sens non despotique, on en finit avec la logique selon laquelle l’homme doit retrouver sa virilité chez lui parce qu’il est opprimé au dehors. Si on donne de l’espace au masculin, on l’amène à la citoyenneté, à une responsabilité citoyenne. Et tout le monde respire. C’est assez simple en théorie, mais très compliqué à mettre en œuvre.

 

L’émancipation démocratique ne se décrète pas !

Elle se conquiert. On n’est pas très inspiré en ce moment, il n’y a pas de modèle adéquat. Et les islamistes sont d’une grande habileté politique : ils ne font pas seulement de la pédagogie on line et dans leurs mosquées, ils prennent les gens en charge, ils leur donnent une sécurité psychique et matérielle, et ils vont partout.

 

Selon vous, la montée de l’islamisme exprime plus un regain de virilisme qu’un réveil de la foi.

On ne le dit pas, mais on le pense tout bas. C’est flagrant, les seuls projets politiques de ces populistes sont l’assujettissement des femmes et le djihad. Je me suis dit : on traite toujours des opprimés. Il ne s’agit pas que des femmes, il y a les fils aussi, tout ce qu’ils subissent avant de s’affranchir du père ou du frère aîné, et les minorités en général. Le temps est venu de s’intéresser aux maîtres, aux despotes politiques et familiaux …

 

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SOURCE : LE MONDE DES RELIGIONS

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Un militant...

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08/02/2019

Le Retour...

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Transformé...

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Le Sénat de New York adopte un projet de loi permettant l’avortement jusqu’à la naissance

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Le Sénat de New York a adopté mardi un projet de loi qui autoriserait l’avortement jusqu’au dernier jour du terme.

Aujourd’hui, les avortements tardifs sont illégaux à New York. Si ce projet de loi aboutissait, ils seraient désormais autorisés et les non-médecins seraient autorisés à les pratiquer. Cette mesure serait la concrétisation de l’engagement du gouverneur Andrew Cuomo, accompagné de Hillary Clinton, relayé par le NY Times, qui s’était engagé dès le lundi 07 janvier à protéger et à étendre les lois sur l’avortement de l’État dans les 30 premiers jours de la nouvelle session législative.

Selon Metro USA, le projet de loi stipule que les habitants de New York auront ​​le droit de demander un avortement dans les 24 semaines suivant le début de leur grossesse, ou à tout moment si la grossesse n’est pas viable ou si existe un risque pour la santé.

Mais selon New York Right to Life, l’exception pour cause de « santé » après les 24 semaines est décrite de manière particulièrement floue. Cette clause autoriserait les femmes à avorter les bébés à naître jusqu’à l’âge de neuf mois de grossesse pour « des facteurs d’âge, économiques, sociaux et émotionnels, plutôt que la définition biologique de ‘santé’ qui vient normalement à l’esprit ».

L’organisation a publié un mémo d’opposition au projet de « Reproductive Health Act » (RHA), dénonçant les nouvelles mesures en 5 points :

  • RHA établirait l’avortement comme un droit fondamental à NY
  • RHA autoriserait l’avortement jusqu’au jour du terme
  • RHA autoriserait n’importe quel soignant à pratiquer un avortement
  • RHA limiterait les protections des femmes et des enfants à naître des avortements illégaux
  • RHA abrogerait la protection médicale standard des mères et des enfants

Un autre risque serait donc qu’une famille abusive ou un praticien malhonnête par exemple, ne soit plus jugé pour avoir tué illégalement un bébé contre la volonté de la mère. Le Catholic News Service rapporte une histoire pour illustrer le problème :

« Début décembre, un résident du comté de Saratoga a été arrêtée pour avoir frappé l’estomac d’une femme enceinte de 26 semaines dans le but de provoquer une fausse couche. L’homme a été accusé d’avortement au deuxième degré, mais sous le régime de la RHA, l’attaquant n’aurait pas été accusé de crime. »

À l’annonce de la validation du projet de loi, Karen DeWitt, une journaliste de la radio publique raconte avoir entendu une voix dans l’assemblée s’écrier.

« Que le Dieu tout-puissant aie pitié de cet État. »

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SOURCE : Info Chrétienne

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Le Beauf... le Cuck...

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07/02/2019

Le "Daily Mail" a d'autres sources...

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Répliques : Le mystère Houellebecq

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Emission du 2 Février 2019... Que signifie être houellebecquien ? Alain Finkielkraut s'entoure d'Agathe Novak-Lechevalier et Frédéric Beigbeder pour l'éclairer.

 

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Croire au Père Noël...

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06/02/2019

Répliques : Demeurer ou partir

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Emission du 24/11/2018... Alain Finkielkraut recevait François-Xavier Bellamy et Sylvain Tesson

 

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Socialist Economy...

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05/02/2019

Michèle Tribalat : « Débattre de l'immigration c'est bien, se donner les moyens d'agir c'est mieux ! »

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FIGAROVOX/ENTRETIEN - Un grand débat sur l'immigration ? Michèle Tribalat reste sceptique : elle rappelle que l'État a les mains liées, notamment par ses engagements internationaux et l'interprétation qu'en font les juges français. La démographe pointe aussi les difficultés à mesurer avec précision l'immigration.

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Michèle Tribalat a mené des recherches sur les questions de l'immigration en France, entendue au sens large, et aux problèmes liés à l'intégration et à l'assimilation des immigrés et de leurs enfants. Elle est notamment l'auteur de Statistiques ethniques, une querelle bien française (éd. L'Artilleur, 2016).

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FIGAROVOX.- L'immigration sera finalement bel et bien au menu du «grand débat» proposé par Emmanuel Macron. Cette perspective vous réjouit-elle? Qu'attendez-vous d'un débat sur ce sujet ?

Michèle TRIBALAT.- L'appellation «grand débat» me gêne. En fait, il s'agit soit d'une manière pour l'État de faire baisser la température et tenter de changer l'image d'un président jugé arrogant, méprisant et ne s'intéressant guère à ce que pensent, veulent et souhaitent les Français, soit d'une consultation des Français visant à remédier à l'éloignement du pouvoir afin de recueillir leurs propositions et, éventuellement, d'en tenir compte. Mais, le mode de consultation des Français pour le Président en cours de mandat, c'est, normalement, le référendum.

Par principe, ce n'est pas à l'État d'animer la société, de lui dire quand, comment et sur quoi elle est autorisée à débattre. Les palinodies autour de «fallait-il que l'immigration soit au programme?» en disent long sur la conception qu'a l'État du débat et sur la difficulté pour lui de s'affranchir des normes antiracistes qui gendarment la manière dont on peut s'exprimer sur le sujet. Je suis pour ma part assez perplexe sur ce qui pourra en sortir, particulièrement sur la question de l'immigration.

Le Président pose en particulier la question de l'instauration de quotas, fixés par le Parlement. Est-ce souhaitable selon vous? Pourquoi ?

Quotas ou pas, ce qui est souhaitable est que la question migratoire redevienne une question politique, contrairement à ce que veulent faire croire ceux qui la décrivent comme un phénomène naturel, sur lequel nous ne pouvons pas avoir plus de prise que sur le fait de vieillir. Cette naturalisation du phénomène présente l'immigration comme une fatalité démographique qu'il serait vain et moralement condamnable de vouloir maîtriser, contre laquelle, au fond, on ne peut rien. Elle nourrit ce contre quoi elle a l'air de batailler constamment: la théorie du grand remplacement. Elle délégitime profondément le sentiment de perte ressenti à la perspective de changements démographiques présentés comme à la fois irréversibles et bénéfiques.

Nous sommes dans la situation où les politiques, même ceux qui le voudraient, sont incapables de répondre à la demande des citoyens qui veulent que l'immigration ralentisse. Il est donc périlleux de poser une question sur la maîtrise des flux sur lesquels le pouvoir exécutif n'a pratiquement aucun levier pour agir. Que fera Emmanuel Macron si l'idée de fixer un objectif annuel d'entrées recueille un assentiment massif ?

Ce qu'on attend des politiques c'est qu'ils nous expliquent comment et pourquoi ils se sont laissés dépouiller de leurs prérogatives. S'ils s'en contentent, qu'ils se justifient autrement que par des mensonges de circonstance. Ou qu'ils nous expliquent s'ils sont en mesure de recouvrer des marges de manœuvre et comment ils pourraient s'y prendre.

Nicolas Sarkozy l'avait déjà proposé en 2009, mais l'idée avait été jugée inutile et/ou inefficace… est-ce aussi votre avis ?

En 2008, la commission Mazeaud, à laquelle Brice Hortefeux, avait confié, notamment, la mission de réfléchir à la possibilité d'introduire des quotas, avait jugé ceux-ci impossibles à mettre en œuvre et sans intérêt. Mon avis est que, politiquement, il serait normal de répondre à la demande des électeurs de ralentir les flux, mais que l'exécutif, en l'état, n'en a tout simplement pas les moyens, le pouvoir législatif étant considérablement réduit par l'action des juges. La France est liée par ses engagements européens et ligotée par la place démesurée qu'ont pris les juges dans l'interprétation de ces engagements ou du droit interne.

La question se pose aussi de la compatibilité avec nos principes constitutionnels et nos engagements internationaux…

Je ne suis pas juriste, mais il ne me semble pas que les Cours nationales (Conseil constitutionnel, Conseil d'État et Cour de Cassation) soient tellement en retard aujourd'hui sur les Cours internationales auxquelles nos décisions politiques sont soumises, qu'il s'agisse de la Cour de justice européenne chargée d'interpréter la législation européenne et d'en garantir l'application uniforme dans toute l'UE ou de la Cour européenne des droits de l'homme. Michel Bouleau, magistrat administratif, a publié un article dans le recueil Dalloz dont le titre dit à peu près tout: «La loi n° 2016-274 du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France ou les illusions du législateur».

Dans sa formulation, Emmanuel Macron laisse entendre que l'octroi d'un droit d'asile est une «obligation»: les citoyens n'ont donc aucun pouvoir de contrôle sur le droit d'asile ? Auriez-vous souhaité que la question du regroupement familial soit également posée ?

Mais les citoyens n'ont aucun pouvoir de contrôle sur la quasi-totalité des flux migratoires, pas seulement l'asile. L'asile a été complètement dévoyé, à la fois par son extension et par le fait qu'il est devenu la filière par excellence d'entrée illégale en Europe. Les déboutés du droit d'asile n'étant que rarement renvoyés dans leur pays, mettre un pied en Europe donne à peu près la garantie de pouvoir y rester. En vertu de l'article 19 de la charte des droits fondamentaux de l'UE, nul ne peut être expulsé ou extradé vers un État où il existe un risque sérieux qu'il soit soumis à la peine de mort, à la torture ou à d'autres peines ou traitements dégradants. L'immigration illégale a noyé notre système juridique, dont il serait présomptueux de dire qu'il reflète une politique migratoire. La «baisse de température» qui a suivi l'accord négocié par Merkel est-il durable ? Quelles couleuvres devrons-nous avaler pour que l'autocrate Erdogan retienne les passeurs ? Que valent les accords avec les Libyens ? Quid du ‘front' espagnol ?

Quant aux flux familiaux, qui ne se limitent pas à la procédure de regroupement familial, ils découlent de droits accordés et garantis par le droit français et le droit européen, tels qu'interprétés par les juges français et européens. Il n'est pas nécessaire d'en dire plus !

Débattre de l'immigration suppose aussi d'avoir une connaissance précise du problème: vous dites régulièrement que les flux migratoires sont difficilement prévisibles ? Souhaitez-vous également davantage d'outils pour mesurer l'importance et l'impact de l'immigration en France ?

Difficilement prévisibles, ils le sont certainement. Mais ils ne sont pas facilement mesurables non plus.

Les estimations du nombre de premiers titres de séjour délivrés en 2018 qui viennent d'être mises en ligne par le ministère de l'Intérieur ne disent pas tout. Par exemple, les demandeurs d'asile qui ont obtenu le statut de réfugié ou une protection subsidiaire entrent bien dans les statistiques diffusées, à l'occasion de l'attribution d'un titre de séjour. Mais les demandeurs d'asile déboutés n'y figurent pas. Ils y entreront au fil des ans lorsqu'ils obtiendront un titre de séjour, s'ils en obtiennent un. Les mineurs n'apparaissent pas non plus, sauf lorsqu'ils ont l'âge d'être en possession d'un titre de séjour et ne sont pas devenus Français avant leur majorité. Sans parler des mineurs non accompagnés confiés à l'aide sociale, lorsque leur minorité est confirmée. L'IGAS a dénombré, en 2017, 54 000 évaluations de minorité (dont certaines sont doublonnées) et le nombre de mineurs pris en charge par les services d'aide sociale à l'enfance à la fin 2017 était de 21 000. Les statistiques de délivrance de titres de séjour du ministère de l'Intérieur donnent donc une idée de l'évolution des flux (doublement depuis le milieu des années 1990), mais se trouvent de plus en plus déphasées par rapport à la réalité en raison de l'immigration illégale.

On a cru pouvoir compter sur les estimations faites par l'Insee à partir des enquêtes annuelles de recensement. Mais la réintroduction d'un ajustement pour tenir compte des effets des modifications du questionnaire en 2018, dont on a pris connaissance dans le bilan démographique publié il y a quelques jours, me plonge dans un abîme de perplexité. Le solde migratoire qu'il publie ne correspond pas à la définition qu'en donne l'Insee dans sa publication (entrées moins sorties du territoire). Il n'est que le résidu de l'équation démographique de l'année, une fois décompté le solde naturel. Ce résidu encaisse toutes les variations de la qualité de la collecte. Il aurait été négatif sans l'ajustement introduit par l'Insee.

Une alternative consiste à juger de l'intensité de l'immigration étrangère à partir de l'évolution du nombre d'immigrés recensés. C'est ce que je privilégie. Les données montrent que la France connaît, depuis la fin du siècle, une vague migratoire d'ampleur comparable à celle des Trente Glorieuses.

On aimerait faire aussi bien que les pays du nord de l'Europe qui disposent de registres de population, mais nous en sommes loin. Les imperfections du système statistique français et la faible transparence de l'Insee sur ses pratiques participent à la méfiance qu'ont les Français de la statistique dite «officielle».

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SOURCE : Le Figaro

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Discrimination...

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04/02/2019

Dites-moi, Père François Brune...

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Le père François Brune, né le 18 août 1931 à Vernon dans l'Eure et mort le 16 janvier 2019, est un ancien prêtre catholique français devenu orthodoxe à la fin de sa vie.

Il est l'auteur de nombreux ouvrages concernant la théologie, la spiritualité, la vie après la mort et le paranormal...

Cet entretien date, ici de l'année 2000...

 

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Ô Vegans...

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