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20/03/2018

Après quoi, au dia­ble la Société !

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« L’important, c’est de mener une guerre men­tale sans relâche con­tre le ton, l’humeur et l’état d’esprit tout à la fois de l’existence mod­erne dans une com­mu­nauté reposant sur le com­merce. L’important, c’est de con­ver­tir le plus grand nom­bre d’individus pos­si­bles au désir de mener une vie sta­tique au lieu d’une vie dynamique, une vie fondée sur la con­tem­pla­tion et non sur l’action. Que tous les indi­vidus hon­nêtes, hommes ou femmes, eux-mêmes à leur sub­sis­tance ; mais une fois leur sub­sis­tance assurée par des moyens irréprochables, qu’ils pren­nent conscience du fait que là s’arrête leur dette envers l’humanité. Il est indis­pens­able que cha­cun s’acquitte de sa tâche pour que l’ensemble puisse con­tin­uer à fonc­tion­ner. Mais plus votre sagesse sera grande, et plus vous circonscrirez dans d’étroites lim­ites la charge que représente cette tâche... Après quoi, au dia­ble la Société ! »

John Cow­per Powys, Apolo­gie des sens

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Modernism & Tradition

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19/03/2018

La haine mortelle de la masse à l'égard de la vie indépendante de l'individu

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« La démoc­ra­tie mod­erne et la mécan­i­sa­tion du monde  mod­erne ont pour corollaire l’aura desséchante et stérilisante d’une spir­i­tu­al­ité bornée. On sent flot­ter dans l’air la haine mortelle de la masse à l’égard de la vie indépen­dante de l’individu. C’est ce sen­ti­ment qui se lit dans le regard vul­gaire, méchant, mi-curieux, mi-réprobateur, de l’homme moyen que l’on croise dans la rue. Ce que l’on a cou­tume d’appeler “sens de l’humour” n’est chez la plu­part que l’expression de cette haine.

L’humour démoc­ra­tique trahit la rancœur de la nor­mal­ité en présence de l’anormal. C’est le sens du grotesque et du ridicule. Et ce qui appa­raît grotesque et ridicule à l’”humour” col­lec­tif du trou­peau, ce sont pré­cisé­ment ces éléments même de la con­science individuelle qui, lorsque celle-ci con­naît ces élé­ments sub-humains et super-humains, transcen­dent le niveau ordi­naire de notre époque mécan­isée. La béat­i­tude hébétée de la foule sus­pendue à l’écoute de la radio illus­tre bien cette atti­tude. Car la radio n’est pas autre chose que l’âme col­lec­tive d’une époque vul­gaire, trou­vant une sat­is­fac­tion narcissique à con­tem­pler ainsi son pro­pre reflet.

En ce moment de l’histoire du monde, il ne faut rien tant qu’encourager des esprits humains indi­vidu­els à éprouver à l’endroit de l’humanité des sen­ti­ments fort dif­férents de l’amour aveu­gle. Cet impératif moral nous enjoignant d’aimer human­ité n’est qu’une séduction hyp­no­tique, effet de la fas­ci­na­tion exer­cée par l’aura de la masse sur l’imagination indi­vidu­elle. Il est néces­saire d’aimer la Vie – ou du moins de se mesurer à elle afin de lui arracher de force ce bon­heur déli­cieux et légitime. Mais il n’est pas néces­saire d’aimer l’humanité. L’étonnant, c’est que parmi tous ces “amoureux de l’humanité”, nombreux sont ceux qui s’adonnent à des pra­tiques d’une cru­auté plus abom­inable que les insectes eux-mêmes entre eux. (…) La morale de la masse com­mande d’aimer l’humanité, mais fait mon­tre d’indulgence face à la cru­auté la plus abom­inable. Mais si l’âme individuelle se refuse, avec un fris­son d’horreur, à céder à toutes les ten­ta­tions d’être cruel, elle refuse égale­ment de renon­cer à un gramme, une once, du droit qui est le sien de n’éprouver que détache­ment à l’égard de l’humanité comme à l’égard de la tra­di­tion humaine. »

John Cow­per Powys, Apolo­gie des sens

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Rêve Socialiste...

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18/03/2018

Le culte tribal de l'activité sociale

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« Avoir besoin de con­nais­sances, c’est avouer ouverte­ment l’absence en soi du vrai bon­heur – avouer le tarisse­ment de sa vie intérieure. Tout indi­vidu véri­ta­ble­ment heureux vit dans un univers imag­i­naire per­son­nel – ou plutôt un univers imag­i­naire créé par sa dou­ble nature pro­pre et celle de son parte­naire, sous les aus­pices de la nature dou­ble de la Cause Première.

La plus grande illu­sion du monde naît du culte tribal de l’activité sociale, qui remonte aux hordes de chas­seurs et de guer­ri­ers des temps préhis­toriques. Le seul résul­tat béné­fique de la mécan­i­sa­tion du monde mod­erne, c’est d’avoir libéré l’individu de cette bar­barie trib­ale qui con­siste à accorder aux tâches effec­tuées pour la tribu plus d’importance qu’elles n’en ont en réal­ité. Il faut bien que ces tâches s’accomplissent; il faut bien quelqu’un pour les faire; il est vil et mesquin de s’y sous­traire. Mais de là à les pren­dre au sérieux, jusqu’à y voir le but même de l’existence, il y a loin ! »

John Cow­per Powys, Apolo­gie des sens

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Mâle blanc hétéro...

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17/03/2018

La figure intemporelle de l’insoumis

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« "Le Travailleur" est publié dans le contexte, où, depuis les élections de 1930, l’accession au pouvoir des nationaux-socialistes semble inéluctable. Or, c’est justement dans cette période que Jünger et la plupart des représentants les plus en vue de la droite révolutionnaire vont accentuer leurs distances, tout en exprimant leurs propres vues, qui sont tout sauf modérées.

Les premières pages du Travailleur constituent l’un des plus violents réquisitoires jamais dirigés contre le monde bourgeois, dont l’Allemagne, selon Jünger, a été préservée, ce qui est certainement vrai pour cette époque : "La domination du tiers-état n’a jamais pu toucher en Allemagne à ce noyau le plus intime qui détermine la richesse, la puissance et la plénitude d’une vie. Jetant un regard rétrospectif sur plus d’un siècle d’histoire allemande, nous pouvons avouer avec fierté que nous avons été de mauvais bourgeois. Il n’était pas taillé à notre mesure, ce vêtement désormais usé jusqu’à la trame, sous les lambeaux duquel apparaît déjà une nature plus sauvage et plus innocente que celle dont les accents sentimentaux avait fait très tôt trembler le rideau derrière lequel le temps dissimulait le grand spectacle de la démocratie".

[…]

Le rebelle de Jünger n’est donc pas un personnage situé historiquement. Il est, suivant la formule qu’affectionne l’essayiste, une "figure", un type intemporel qui, pour cette raison, peut être actualisé à tout moment. Rien n’est daté dans cette réflexion fouillée sur la figure intemporelle de l’insoumis qui "est résolu à la résistance et forme le dessein d’engager la lutte, fût-elle sans espoir". On a compris que "Le Traité du rebelle" n’a donc rien d’un manuel de guérilla ni d’une histoire des insoumis à travers les âges. En revanche, l’essai comporte une réflexion nouvelle et profonde sur le nihilisme contemporain. Prenant tout le recul possible, l’écrivain embrasse d’un seul regard l’effondrement spirituel de l’homme "occidental" en proie à la domination économique et technique de la seconde moitié du siècle : "Spirituellement et moralement arriéré, bien qu’il ne soit pas dépourvu de lieux communs spécieux, il sera dispos, dénigreur par instinct des types et des idées nobles, attentif à ses avantages, épris de sécurité, docile aux propagandes, enflé de théories philanthropiques, mais tout aussi enclin à recourir à la contrainte pour peu que ses proches et ses voisins ne se plient pas à son systèmes". Ce portrait conservera longtemps sa vérité. »

Dominique Venner, Ernst Jünger, un autre destin européen

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Des pédérastes

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« — Non, ce n'est pas votre faute. Si c'était seulement votre faute, crois-tu que je te parlerais de certaines choses ? C'est toujours la même histoire, après une guerre. Les jeunes réagissent contre l'héroïsme, contre la rhétorique du sacrifice, de la mort héroïque, et ils réagissent toujours de la même façon. Par dégoût de l'héroïsme, des nobles idéaux, des idéaux héroïques, sais-tu ce que font les jeunes comme toi ? Ils choisissent toujours la révolte la plus facile, celle de la lâcheté, de l'indifférence morale, du narcissisme. Ils se prennent pour des rebelles, des blasés, des affranchis, des nihilistes, et ils ne sont que des putains.
— Tu n'as pas le droit de nous appeler putains, s'écria Jean-Louis, les jeunes méritent qu'on les respecte. Tu n'as pas le droit de les insulter !
— Ce n'est qu'une question de mots. J'en ai connu des milliers comme toi, après l'autre guerre, qui se croyaient des dadaïstes ou des surréalistes, ce n'étaient que des putains. Tu verras, après cette guerre combien de jeunes gens se croiront communistes ! Quand les Alliés auront libéré toute l'Europe, sais-tu ce qu'ils trouveront ? Une masse de jeunes gens désabusés, corrompus, désespérés, qui joueront aux pédérastes comme ils joueraient au tennis. C'est toujours la même histoire, après une guerre. Les jeunes comme toi, par fatigue, par dégoût de l'héroïsme, sombrent presque tous dans la pédérastie. ils se mettent à faire les Narcisses et les Corydons pour se prouver à eux-mêmes qu'ils n'ont peur de rien, qu'ils se sont affranchis des préjugés et des conventions bourgeoises, qu'ils sont véritablement libres, des hommes libres, et ne se rends pas compte que c'est encore une façon de jouer aux héros. Ah ! ah ! toujours ces héros ! Et tout cela sous prétexte qu'ils sont dégoutés de l'héroïsme !
— Si tu appelles héroïsme tout ce qui s'est passé ces dernières années ! dit Jean-Louis à voix basse.
— Et comment voudrais-tu appeler cela ? Qu'est-ce que tu crois donc que c'est, l'héroïsme ?
— C'est votre lâcheté bourgeoise, l'héroïsme, dit Jean-Louis.
— Même après les révolutions prolétariennes ça se passe toujours de cette façon-là. Les jeunes comme toi se figurent que devenir pédéraste c'est une manière d'être révolutionnaire.
— Si tu veux faire allusion au trotzkisme, dit Jean-Louis, tu te trompes : nous ne sommes pas trotskistes.
— Je sais que vous n'êtes même pas trotskistes. Vous êtres de pauvres garçons qui rougissent d'être des bourgeois, et n'avez pas le courage de devenir des prolétaires. Vous croyez que devenir pédérastes est une façon comme une autre de devenir communistes.
— Assez ! cria Jean-Louis, nous ne sommes pas pédérastes, tu comprends ? Nous ne sommes pas des pédérastes !
— Il y a mille manières d'être pédéraste, dis-je, bien des fois la pédérastie n'est qu'un prétexte. Un beau prétexte, il n'y a pas à dire ! Vous trouverez certainement, un jour, quelqu'un qui inventera une théorie littéraire, ou politique, ou philosophique, pour vous justifier. Les ruffians ne manquent jamais. »

Curzio Malaparte, La peau

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16/03/2018

Violence du néo féminisme : Chacun son tour

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Bertrand Cantat, vient d’annoncer qu’il renonçait à une tournée de concerts « dans le but de mettre fin à la polémique ». Monsieur Cantat, même pas en rêve, elles ne vous lâcheront pas, jamais. J’espère que vous mesurez que ce qui se déploie et dont vous êtes victime, n’a rien à voir avec une « polémique ». Il s’agit simplement de l’expression d’une haine compulsive et obsessionnelle, dirigée contre vous cette fois-ci, mais demain contre quelqu’un d’autre. La haine et la peur des hommes accusés d’être quasiment tous des violeurs, l’aversion pour un pays présenté comme un immense camp de concentration pour les femmes, soumises à des viols de masse, la répulsion puritaine pour la sexualité, tout ceci se focalise contre des cibles que la meute désigne à la vindicte. Les unes derrière les autres. Après Orelsan c’était donc le tour de Bertrand Cantat qui présente des caractéristiques significatives et particulièrement intéressantes. Voilà un artiste « engagé » qui passait son temps entouré d’une petite gauche sociétaliste et clanique, à donner des leçons de morale à la terre entière. Étendard de la bien-pensance, il n’avait pas de mots assez durs pour fustiger les méchants. Et voilà que le héros fait la démonstration que l’appartenance au camp du bien n’empêche pas d’aussi faire le mal. Tout le monde sait qu’il y a 15 ans, il a tué sa compagne Marie Trintignant sous les coups dans des conditions terribles.

Jugé par un tribunal régulier, il a subi et exécuté la peine. Quoi que l’on pense du quantum de celle-ci, et des conditions de cette exécution, il n’y a plus à discuter. Sur le plan judiciaire, vis-à-vis de la société, il est quitte. De plus dans une société civilisée, la prison à temps présente la caractéristique de prévoir et de favoriser la réinsertion des condamnés. Pas de leur infliger une mort sociale définitive.

On a tout à fait le droit de ne pas aimer Bertrand Cantat. C’était mon cas avant, et avec la mort de Marie Trintignant, cela ne s’est pas arrangé. Mais, vouloir aujourd’hui le frapper d’un interdit professionnel définitif, et l’empêcher de s’exprimer est simplement une démarche totalitaire. Personne n’est obligé d’aller à ses concerts, et ceux qui le font usent d’une liberté que nul n’est en droit de leur contester. Tout comme sont libres de le dire, ceux qui pensent, comme Nadine Trintignant, qu’il ferait mieux de raser les murs. Mais ce qui est inacceptable ce sont ces pressions permanentes, ces campagnes médiatiques, ces pétitions sur Internet, ces minables interventions d’élus, je pense au maire de Saint-Nazaire et au président du Conseil Départemental de la Manche, qui hurlent avec les loups en espérant grappiller quelques voix. Et maintenant, cette violence qui tente d’empêcher physiquement les concerts en organisant des troubles à l’ordre public pour fournir à la lâcheté de certains édiles les prétextes pour les interdire. Et bien sûr, tout le monde oublie l’article 431–1 du code pénal qui considère que ces comportements constituent un délit. La consultation des réseaux est absolument accablante, parcourus qu’ils sont par le ressentiment et la haine. Et où l’on voit affleurer cet appétit inquiétant pour la punition définitive, et éliminatoire. Françoise Nyssen a pourtant dit sobrement ce qu’il fallait en penser : « Bertrand Cantat a aussi le droit de continuer à vivre ». Pour être immédiatement couverte d’injures.

Interdire, censurer, punir, voilà bien le triptyque du néo féminisme en action. Dont la mise en œuvre se caractérise par une violence sociale extrême. Dans la mesure où les tenants de cette idéologie sont souvent proches, sinon appartiennent au pouvoir d’État il y a lieu de s’inquiéter. Rappelons-nous Caroline de Haas membre du cabinet de Najat Valaud Belkacem alors ministre de la condition féminine, et observons les réflexes parfois déplorables de Marlène Schiappa. Et lisons les projets de loi liberticides concoctés dans les petits laboratoires de ce totalitarisme.

Interdire, censurer, punir. À qui le tour ?

Maître Florence Rault

 

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SOURCE : Vu du droit

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11/03/2018

Des handicapées bardées de diplômes

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« Pauline Lecomte : En occident, précisément en Europe, les femmes ne sont-elles pas victimes des machistes autant que des féministes qui ont développé le même mépris abyssal pour les tâches traditionnelles du foyer ?

Dominique Venner : Les femmes en pâtissent, comme elles pâtissent d’un système éducatif qui les prépare à divers métiers entrant dans la logique production/consommation en les détournant de leurs fonctions sacrées. Il est vrai que prendre deux fois par jour un bus ou un métro bondés, et subir ensuite les avanies d’un chef de service, de collègues ou de clients revêches, est un sort épanouissant ! La transmission des savoirs élémentaires ayant été ainsi interrompue, les éditeurs en profitent pour vendre des manuels pratiques : comment éduquer son enfant, faire la cuisine, ranger la maison, enfoncer un clou, planter des roses ou des radis, apprendre à coudre une nappe ou une chemise de nuit… Les jeunes mariées et les jeunes mères ayant été souvent transformées en handicapées bardées de diplômes, c’est tout bénéfice pour le système marchand et celui de la consommation. Les femmes produisent des salaires qu’elles sont priées de dépenser illico en fringues jetables, entretenant le très rentable et inutile mécanisme du gaspillage. Mais, mais, mais… rien est aussi simple… Il en est des femmes en politique comme dans les activités et responsabilités professionnelles ou encore dans les aventures les plus fougueuses. On ne compte plus les navigatrices solitaires qui font pâlir d’envie les plus rudes marins. »

Dominique Venner, Le choc de l’histoire

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06/03/2018

La propagande française...

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« C'est vrai que je passe pour un homme violent, mais c'est parce que je déteste violemment toute violence, et d'abord la plus haïssable de toutes, celle qui, sous le nom de propagande donné à l'organisation universelle de mensonge, s'exerce aujourd'hui sur les esprits. Il y avait autrefois une pensée française. On veut maintenant qu'il n'y ait plus qu'une propagande française. Quand des millions et des millions d'hommes se demandent avec angoisse "Que pense la France ?", la propagande leur répond "La France pense un peu de tout" et elle déballe ses échantillons. La propagande intellectuelle française est ainsi devenue trop souvent quelque chose comme une exposition ambulante, une organisation publicitaire au service d'un certain nombre d'intellectuels français, avec présentation du phénomène. »

Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?

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05/03/2018

Comme l'agneau dans la gueule du loup

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« Vous ne vous intéressez peut-être pas beaucoup au monde de demain. Mais le monde de demain s'intéresse beaucoup à vous. Vous vous dites sans doute quoi qu'il arrive, je trouverai bien le moyen d'y entrer, d'une manière ou d'une autre. Oui, sans doute. Espérons que ce ne soit pas comme l'agneau dans la gueule du loup.

Un prophète n'est vraiment prophète qu'après sa mort, et jusque-là il n'est pas un homme très fréquentable. Je ne suis pas un prophète, mais il arrive que je voie ce que les autres voient comme moi, mais ne veulent pas voir. Le monde moderne regorge aujourd'hui d'hommes d'affaires et de policiers, mais il a bien besoin d'entendre quelques voix libératrices. Une voix libre, si morose qu'elle soit, est toujours libératrice. Les voix libératrices ne sont pas les voix apaisantes, les voix rassurantes. Elles ne se contentent pas de nous inviter à attendre l'avenir comme on attend le train. L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait. »

Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?

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Le Singe de Dieu

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« La civilisation ne doit pas être, à présent, seulement défendue. Il lui faut créer sans cesse, car la barbarie, elle, ne cesse de détruire, et elle n'est jamais plus menaçante que lorsqu'elle fait semblant de construire à son tour. Le pire malheur du monde, à l'heure où je parle, est qu'il n'a jamais été plus difficile de distinguer entre les constructeurs et les destructeurs, car jamais la barbarie n'a disposé de moyens si puissants pour abuser des déceptions et des espoirs d'une humanité ensanglantée, qui doute d'elle-même et de son avenir. Jamais le Mal n'a eu d'occasion meilleure de feindre accomplir les oeuvres du Bien. Jamais le Diable n'a mieux mérité le nom que lui donnait déjà saint Jérôme, celui de Singe de Dieu. »

Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?

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Autre temps... autres moeurs...

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Les fous furieux...

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« Et je les ai suivis en traînant les pieds comme je l'ai toujours fait quand les gens m'intéressent parce que les seuls qui m'intéressent sont les fous furieux, ceux qui ont la fureur de vivre, la fureur de dire, ceux qui veulent tout en même temps, ceux qui ne baillent jamais et ne profèrent jamais de banalités, mais qui brûlent, brûlent, brûlent comme des chandelles romaines dans la nuit. »

Jack Kerouac, Sur la route

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