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13/01/2020

Romantisme

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12/01/2020

Julius Evola répondant aux questions de Dominique de Roux - 1971

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Men 1969 - 2019

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11/01/2020

Sur les lignes de crêtes

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« Il y a des maladies qui couvent longtemps, mais qui ne deviennent manifestes que lorsque leur oeuvre souterraine est pratiquement parvenue à son terme. Il en est ainsi de la chute de l’homme tout au long des voies de ce qu’il glorifia comme la civilisation par excellence. Si les modernes ont pris conscience aujourd’hui seulement d’un sombre destin pour l’occident, depuis des siècles ont agis des causes, qui ont établi en profondeur des conditions spirituelles et matérielles de dégénérescence, au point d’enlever à la plupart des hommes la possibilité non seulement de la révolte et du retour à la normalité, mais aussi, et surtout, la possibilité de comprendre ce que normalité et santé signifient.

Aussi, pour sincère que puisse être parfois l’intention de certains de ceux qui lancent aujourd’hui l’alarme et s’insurgent, est il impossible de se faire des illusions quand aux résultats. Il n’est pas facile de se rendre compte jusqu’à quelle profondeur il faudrait creuser avant de rencontrer la racine première et unique dont les formes désormais les plus ouvertement négatives aux yeux de tous, mais aussi tant de formes – que même les esprits les plus audacieux ne cessent de présupposer et d’admettre dans leur propre façon de penser, de sentir, de vivre – ne sont pas les conséquences naturelles et nécessaires. On "réagit", on "conteste". Comment pourrait-il en être autrement devant certains aspects désespérés de la société, de la morale, de la politique et de la culture contemporaines ? Mais il s’agit – précisément et uniquement – de "réactions", non d’actions, non de mouvements positifs partant de l’intérieur et attestant la possession d’un fondement, d’un principe, d’un centre. Or en Occident, on a trop joué, et trop longtemps, avec les accommodement et les "réactions". L’expérience a montré que rien de ce qui importe ne saurait être obtenu par cette voie. Il ne s’agirait pas, en effet, de se retourner sans cesse comme un agonisant dans son lit, mais de se réveiller et de se mettre debout. Les choses en sont arrivées à un point tel que l’on se demande aujourd’hui qui serait capable d’assumer le monde moderne, non dans l’un de ses aspects particuliers – "technocratie", "société de consommation", etc. -, mais en bloc, jusqu’à en saisir la signification ultime. C’est de là pourtant qu’il faudrait partir. Mais pour ce faire, il importe de sortir du cercle fascinateur. Il faut savoir concevoir ce qui est autre – se doter d’yeux nouveaux et d’oreilles nouvelles pour des choses perdues dans le lointain, devenues invisibles et muettes. Ce n’est qu’en remontant aux significations et aux visions qui prévalaient avant l’établissement des causes de la civilisation présente, que l’on pourra disposer d’un point de référence absolue, d’une clé pour comprendre effectivement toutes les déviations modernes – et pour trouver en même temps la tranchée intenable, la ligne de résistance infranchissable destinée à ceux auxquels il sera donné, malgré tout, de rester debout. Seul compte, aujourd’hui, le travail de ceux qui savent se tenir sur les lignes de crêtes : fermes sur les principes ; inaccessibles à tout compromis ; insensibles devant les fièvres, les convulsions , les superstitions et les prostitutions sur le rythme desquelles dansent les dernières générations. Seule compte la résistance silencieuse d’un petit nombre, dont le présence impassible de "convives de pierres" sert à créer de nouveaux rapports, de nouvelles distances, de nouvelles valeurs, à construire un pôle qui, s’il n’empêchera certes pas ce monde d’égarés et d’agités d’être ce qu’il est, permettra cependant de transmettre à certains la sensation de la vérité – sensation qui sera peut-être aussi le déclic de quelque crise libératrice. »

Julius Evola, Révolte contre le monde moderne

 

 

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Choqué ?

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10/01/2020

Le cocon élargi aux dimensions de l'univers

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« Comme leur nom ne l’indique pas, les nouveaux objets nomades sont des fils à la patte incassables.[...] Le portable c’est le cocon élargi aux dimensions de l’univers, c’est une existence soustraite à l’épreuve salutaire de la séparation, c’est l’éloignement jugulé par "le toujours joignable" et c’est le vide angoissant qu’il faut faire en soi pour rencontrer, pour contempler ou pour battre la campagne, conjuré par l’affairement perpétuel. »

Alain Finkielkraut, L’imparfait du présent

 

 

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Les experts...

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Et je résolus de ne point m’abandonner à la crainte, non plus à l’orgueil

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« La lune s’était levée, et dans sa clarté je m’abandonnais aux pensées qui nous assaillent lorsque nous nous enfonçons dans l’incertain. En moi s’éveillaient les souvenirs de magnifiques heures matinales, où nous chevauchions à l’avant garde de nos colonnes, tandis que derrière nous, dans la fraîcheur de l’aube, s’élevait le chant des jeunes cavaliers. Nous sentions alors notre cœur battre solennellement, et tous les trésors de la terre eussent pâli devant la joie qui nous attendait dans la glorieuse rigueur de l’action imminente. Oh ! Quelle différence entre ces heures lointaines et cette nuit où, dans la pâle clarté, je voyais luire des armes pareilles aux griffes et aux boutoirs de quelque monstre. Nous nous enfoncions dans les forêts des Lémures qui sont sans droit et sans ordre humains, et chez qui nulle gloire ne se pouvait cueillir. Et j’éprouvais la vanité de tout éclat, de tout honneur, et une grande amertume m’emplissait.
C’était cependant une consolation pour moi de ne point être, comme la première fois, alors que je cherchais Fortunio, le jouet d’aventures magiques, mais le champion d’une juste cause, appelé à la lutte par la haute contrainte de l’esprit. Et je résolus de ne point m’abandonner à la crainte, non plus à l’orgueil. »

Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre

 

 

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Une belle image...

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09/01/2020

C’est de nos cœurs que Dieu se retire

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« Je le dis, je le répète, je ne me lasserai jamais de proclamer que l’état du monde est une honte pour les chrétiens. Le sacrement de baptême leur a-t-il été conféré simplement pour leur permettre de juger de haut, avec mépris, les malheureux incrédules qui, faute de mieux, poursuivent une entreprise absurde, s’efforçant inutilement d’instaurer, par leur propre moyen, un royaume de justice sans justice, une chrétienté sans Christ ? Nous répétons sans cesse avec des larmes d’impuissance, de paresse et d’orgueil que le monde se déchristianise. Mais le monde n’a pas reçu le Christ, c’est nous qui l’avons reçu pour lui, c’est de nos cœurs que Dieu se retire, c’est nous qui nous déchristianisons, misérables ! »

Georges Bernanos, Français si vous saviez

 

 

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Le conformisme universel

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« Je suis un homme comme vous, n’importe lequel d’entre vous, mais je sens ce que vous ne sentez pas, ce que vous subissez sans le sentir – l’immense pression exercée à chaque heure, jour et nuit, sur nous tous, par le conformisme universel, anonyme, disposant de ressources inépuisables, de méthodes ingénieuses et implacables pour la déformation des esprits. »

Georges Bernanos, Le chemin de la croix aux âmes

 

 

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Vie pourrie !

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08/01/2020

Citadelles de luxe

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« A quoi sert d’avoir du courage quand il s’agit de docilement faire la queue à tous les guichets que la société hypermoderne dresse devant vous, ou, mieux encore, quand vous passez des heures seul face à un écran d’ordinateur ? A quoi sert d’avoir le goût du risque lorsque depuis l’enfance on vous oblige à attacher votre ceinture en voiture, et à appliquer en toutes circonstances le principe de précaution ? A quoi sert d’avoir le sens de l’Histoire lorsque vous baignez dans un système de zapping permanent qui consacre le fugace et l’éphémère, et où l’actualité la plus futile mobilise seule l’attention des médias et des masses de spectateurs sidérés ? A quoi sert de chercher à être d’abord soi-même, c’est à dire un "être distingué", dans une société où toutes les catégories sociales et toutes les sensibilités tendent à se ressembler avec l’espoir de ressentir un peu de vibration communautaire dans le grégarisme le plus pur ? En somme, il n’y a plus de vraie droite ni de vraie gauche, se revendiquant comme telles, mais plutôt un vaste consensus mou qui véhicule des valeurs de préservation (et nullement des valeurs conservatrices ou libérales) sur fond d’annonces apocalyptiques permanentes. La gloire a été remplacée par la célébrité, la flamboyance par l’exhibitionnisme, et le panache par la dépression nerveuse. La réussite se mesure désormais à sa capacité de se tirer d’affaire, à savoir se planquer, et à s’installer, pour les plus riches, dans des citadelles de luxe (pas de vrai luxe, celui-là n’existe plus) bourrées d’électronique protectrice et isolante. »

Olivier Bardolle, La vie des hommes

 

 

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Egalitarisme...

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Voici l'aurore

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« Voici l’aurore, la nuit craque de tous les côtés. On la croyait éternelle. On aurait dû dormir. Puisque voici un nouveau, un immense jour jusqu’à ce soir. Tout est déjà passé. Tout est déjà passé de l’autre côté, déversé dans le gouffre où les jours s’entassent lorsqu’ils ont été vidés, et ma vie qui traîne le long des années et de mon âge sans y entrer jamais. »

Marguerite Duras, La vie tranquille

 

 

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