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18/08/2017

Syndrome "Charlottesville" - I

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Les mêmes exigent de nous de "ne pas faire d'amalgame !"

 

 


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Décroissance

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17/08/2017

Par nécessité intérieure

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« Le coeur aventureux se reconnaît à ce qui'il tire son plaisir de ce qui serait pour les autres un enfer. Plus on en bave, plus forte est l'ivresse. "Aucune bête au monde" et guère plus d'hommes raisonnables n'iraient crever de soif dans le Tanezrouft, se geler les pieds dans les Alpes ou plonger à quarante mètres sous la mer.

Mais pourquoi font-ils ça ? Pour rien. Par nécessité intérieure. Parce que personne d'autre, avant, ne l'avait fait. Parce qu'il n'est pas possible de faire autrement.

L'aventure n'est le produit ni d'un calcul ni d'une idéologie. Elle est gratuite, inutile, i-nu-ti-le ! Elle se passe de justification. Elle est sa propre justification. »

Dominique Venner, Le Choc de l'Histoire

 

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Artiste

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16/08/2017

Nous sommes évacués...

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« On ne décède pas, on est décédé […]. Nous sommes évacués dans des usines à décéder chromées. Nous n’y sommes pas à vrai dire tués (à l’inverse, notre décès y est même retardé par d’admirables manipulations), mais, dans ce délai, nous sommes si fermement insérés dans l’appareil que nous en devenons un élément, que notre décès devient une partie de ses fonctions. Notre mort devient un événement instantané interne à l’appareil. »

Günther Anders, L’Obsolescence de l’homme - Tome II

 

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Tel fut mon premier contact avec les études classiques

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« On me conduisit dans une salle de classe et l’on me dit de m’asseoir à un bureau. Tous les autres élèves étaient en récréation, et j’étais seul avec le professeur. Il prit un petit livre d’un brun verdâtre, couvert de mots en différents caractères d’imprimerie.

"Vous n’avez encore jamais fait de latin, n’est-ce pas ? dit-il.
- Non, Monsieur.
-Voici une grammaire latine." Il l’ouvrit à une page cornée. "Il faut que vous appreniez ceci, dit-il, en désignant un certain nombre de mots disposés dans un cadre. Je reviendrai dans une demi-heure pour voir ce que vous savez."
Je me retrouvai donc au seuil d’une triste soirée, le cœur lourd, assis devant la Première Déclinaison.

Mensa : la table
Mensa : Ô table
Mensam : la table
Mensae : de la table
Mensae : à ou pour la table
Mensa : par, avec ou de la table

Que diable cela signifiait-il ? A quoi cela servait-il ? Cela me semblait de l’absolu charabia. Il y avait cependant une chose que je pouvais toujours faire : je pouvais l’apprendre par cœur. Et j’entrepris donc, autant que me le permettaient mes chagrins intimes, de graver dans ma mémoire l’espèce d’acrostiche que l’on me proposait.

La demi-heure écoulée, le maitre revint.
"Avez-vous appris votre leçon ? demanda-t-il.
Je crois que je peux la dire, Monsieur", répondis-je, et je la lui débitai d’un trait.
Il parut si satisfait que je m’enhardis à lui poser une question.
"Qu’est-ce que cela veut dire, Monsieur ?
- C’est bien simple. Mensa, la table. Mensa est un nom de la première déclinaison. Il y a cinq déclinaisons. Vous avez appris le singulier de la première déclinaison.
- Mais, répétai-je, qu’est-ce que cela signifie ?
- Mensa signifie la table, répondit-il.
- Alors, pourquoi mensa signifie-t-il aussi ô table, demandai-je, et que veut dire ô table ?
- Mensa, ô table, est le vocatif, répondit-il.
- Mais, pourquoi ô table, insistai-je avec une sincère curiosité.
- Ô table… c’est la forme que vous emploierez pour vous adresser à une table, pour invoquer une table." Et, voyant que je ne le suivais pas : "C’est la forme que vous emploieriez pour parler à une table.
- Mais ça ne m’arrive jamais, balbutiai-je, franchement stupéfait.
- Si vous êtes impertinent, vous serez puni, et, permettez-moi de vous le dire, puni sévèrement", répliqua-t-il.

Tel fut mon premier contact avec les études classiques qui, m’a-t-on dit, ont apporté de telles joies à tant de nos plus remarquables contemporains. »

Winston Churchill, Mes jeunes années

 

 

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15/08/2017

La superstition du divers et du possible

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« Toute sagesse, et à plus forte raison toute métaphysique sont réactionnaires, ainsi qu'il sied à toute forme de pensée qui, en quête de constantes, s'émancipe de la superstition du divers et du possible. »

Emil Cioran, Exercices d’admiration

 

 

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La route était tracée. Désormais, ce serait à moi de jouer.

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« Dimanche 30 décembre 1928. Il va être bientôt 15 heures. Nous sommes cinq, dans l'appartement de la rue de Courcelles. Mon père, Paul, quarante ans. La sage-femme. Le médecin de la famille, le docteur Lecointe, venu surveiller le chantier. Ma mère, Anne, vingt-huit ans, qui serre les dents et s'agrippe aux draps, pressée de se débarrasser enfin de moi. Je semble hésiter. Qu'on se mette à ma place : je ne suis encore qu'un sans-papiers, et dieu sait ce qui attend, dehors, un Franco-Russe. À Moscou, où il est resté, mon grand-père maternel, Savely Mazur, n'a plus donné de ses nouvelles depuis quelques mois. Là-bas, c'est le Grand Tournant. Staline, désormais seul au pouvoir, a lancé le premier plan quinquennal et la collectivisation des campagnes. Hier, j'ai entendu Paul (je ne l'appelle pas "papa" : nous n'avons pas encore été présentés) s'exclamer : "Tout cela ne me dit rien qui vaille !"

Paul est un bourgeois parisien. Son père, Adolphe, est directeur des Assurances générales, et lui-même gère la fortune d'une famille de millionnaires, pour ne pas dire "milliardaires", car l'expression n'est pas encore passée dans le langage courant. Quand la guerre a pris fin, Paul a terminé sa troisième année, interrompue, à Sciences Po, et il est allé prendre un bain, en Bretagne, à Saint-Cast. Là, entre deux vaguelettes, une jeune fille brassait l'eau. En passant devant lui, elle lui a demandé : "Excusez-moi, pourriez-vous me dire si j'avance ?" Elle avait un nez légèrement busqué, des pommettes saillantes, à la cosaque, et un horizon de steppes dans ses yeux bleu-vert. Elle étudiait le piano au conservatoire pour devenir concertiste. Elle adorait la musique française : Debussy, Fauré, Ravel, Chausson, Poulenc. Paul, lui, était fou de musique russe : les ballets de Diaghilev, Nijinski, Chaliapine, Borodine, Moussorgski, Glinka, Stravinski. La route était tracée. Désormais, ce serait à moi de jouer. À 15h20 (ou 22), j'ai pris les choses en main, et je me suis mis à brailler.
"Voilà qui est parfait, a dit mon père. J'irai demain, à la première heure, le déclarer à la mairie.
- Vous n'y pensez pas ! s'est exclamé le bon docteur. Il faut le déclarer du 1er janvier. Vous lui ferez gagner un an."

C'est ainsi que je suis parti dans la vie avec un faux de la faculté de médecine dans le biberon. »

Christian Millau, Journal impoli : un siècle au galop, 2011-1928

 

 

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14/08/2017

Cette faculté de transfiguration

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« Est-il interdit d’imaginer qu’il existe parmi nous au moins un catholique du temps des cathédrales, que sa foi pourrait encore lancer dans une étonnante expédition spirituelle ? C’est assez bien ce que j’ai ressenti : la stupéfaction de rencontrer un catholique chez qui la foi ait encore cette sève, cette faculté de transfiguration, une foi dont puissent surgir d’aussi vertigineuses conséquences… Un catholique évoluant à de telles altitudes qu’il aurait tout à fait perdu de vue les bas-fonds où sa religion s’est écroulée aujourd’hui. »

Lucien Rebatet, Les Deux Étendards

 

 

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Une société qui ne sait plus rien de l'Ascète, ni du Guerrier

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« Dans une société qui ne sait plus rien de l'Ascète, ni du Guerrier ; dans une société où les mains des derniers aristocrates semblent faites davantage pour des raquettes de tennis ou des shakers de cocktails que pour des épées ou des sceptres; dans une société où le type de l'homme viril – quand il ne s'identifie pas à la larve blafarde appelée “intellectuel” ou “professeur”, au fantoche narcissique dénommé “artiste”, ou à cette petite machine affairée qu'est le banquier ou le politicien – est représenté par le boxeur ou l'acteur de cinéma; dans une telle société, il était naturel que la femme se révoltât. »

Julius Evola, Révolte contre le monde moderne

 

 

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Une bonne femme ?

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13/08/2017

Ils baptisent les lions moutons

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« Ils sont sourds. Ils baptisent les lions moutons. Ils croient que le monde est une bergerie dont ils seront les pasteurs humanistes. Ils ne veulent plus savoir que toute vérité est une guerre, toute vie un combat, toute survie une âpre lutte. Ils ont oublié que la grandeur d'un peuple est d'abord faite de son égoïsme et que l'oubli de celui-ci le condamne à l'esclavage. Ils refusent de voir qu'on ne gagne jamais si on n'est pas habité par la rage de vaincre et que, pour être magnanime, il faut d'abord être vainqueur et qu'on est vainqueur que si l'on est fort. Ils sont sourds à ces simples cris. »

Jean Cau, La Barbe et la Rose

 

 

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Dire NON pour sauver notre OUI

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« Ne pas succomber, ne pas rompre. Ne pas plier les genoux. Ne pas accepter la défaite qui en nous s'installe. Récuser la laideur qui nous lèche, de sa langue tiède. Dire NON pour sauver notre OUI. Notre courage, pour l'heure, est solitaire en cette forêt. Que faire ? Défricher. Tracer un sentier. »

Jean Cau, La grande prostituée

 

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"La Société est injuste... j'arrive pas à trouver de taf !"

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Voyons l'aspect positif de la situation... le keum doit pouvoir, au moins, bien respirer...

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12/08/2017

La vertu... Les vices...

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« Après avoir discrédité la vertu, ce siècle a réussi à discréditer les vices. Les perversions sont devenues des parcs d'attractions que fréquentent en famille les foules du dimanche. »

Nicolás Gómez Dávila, Les horreurs de la démocratie

 

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