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06/09/2018

La fleur et le fruit d’une civilisation

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« Notre langue est précisément la fleur et le fruit d’une civilisation absolument différente de la civilisation des Machines. Il est inutile de déranger Rabelais, Montaigne, Pascal, pour exprimer une certaine conception sommaire de la vie, dont le caractère sommaire fait précisément toute l’efficience. La langue française est une oeuvre d’art, et la civilisation des machines n’a besoin pour ses hommes d’affaires, comme pour ses diplomates, que d’un outil, rien davantage. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

 

 

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05/09/2018

Ce trou qu'elle avait au bas du ventre

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« Je le savais, elle avait tellement besoin d'être "tronchée". Ce trou qu'elle avait au bas du ventre devait lui apparaître bien inutile. Une bite, on peut toujours la sectionner ; mais comment oublier la vacuité d'un vagin ? »

Michel Houellebecq, Extension du domaine de la lutte

 

 

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Elles commençaient à éprouver la nostalgie de la virilité

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« J’ai jamais pu encadrer les féministes.(…) Ces salopes n’arrêtaient pas de parler de vaisselle et de partage des tâches ; elles étaient littéralement obsédées par la vaisselle. (…) En quelques années, elles réussissaient à transformer les mecs de leur entourage en névrosés impuissants et grincheux. À partir de ce moment — c’était absolument systématique — elles commençaient à éprouver la nostalgie de la virilité. Au bout du compte elles plaquaient leurs mecs pour se faire sauter par des machos latins à la con (…), puis elles se faisaient faire un gosse et se mettaient à préparer des confitures maison avec les fiches cuisine Marie-Claire. »

Michel Houellebecq, Les particules élémentaires

 

 

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Eric Clapton - Worried Life Blues

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Les juifs et les "chinetoques"...

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«  Cher Maître, dit Roger Nimier, j'ai le plaisir de vous présenter mon frère de lait, Jean Namur, qui vous admire énormément.

— Ah, répond Céline en ricanant, vous êtes venu voir la vedette !

— Cher Maître, reprend Nimier, c'est au médecin que j'aimerais m'adresser… Il s'agit d'un mal assez particulier…

— Ah oui ? fait Céline, toujours intéressé par un cas médical qui se présente. De quoi souffre-t-il ?

— Eh bien, voilà. Ce pauvre Jean est gravement atteint d'onanisme… Pouvez-vous faire quelque chose pour lui ?

— Combien de fois par jour ? Au moins dix fois, dites-vous ? Oui, c'est vraiment abusif. Il faut agir au plus vite. Un instant…

Emmitouflé dans trois épaisseurs de laine et de drap, le cou entouré d'un foulard d'un blanc douteux, Céline s'extrait de son fauteuil d'osier, chasse au passage deux chats endormis sur une table, fait crier le perroquet qui a fourré son bec dans une boîte de sardines, enfonce le bras dans un mur de papiers et revient, tenant à la main son Vidal, dont il feuillette les pages :

-— Voilà… Onanisme… Avez-vous des tremblements ?

Namur prend un air modeste et s'apprête à répondre, mais Nimier le devance :

— Oui, absolument. Le pauvre Jean est pris, par moments, de terribles tremblements.

— Je vais vous faire une ordonnance. Ne vous inquiétez pas, le rassure Céline, d'une voix très douce, comme chargée d'affection. Vous commencerez par vous tremper trois fois par jour les parties dans l'eau froide, ensuite vous appliquerez l'onguent que je vais vous indiquer et vous prendrez pendant trois mois des pilules, extrêmement efficaces.

Le plus souvent, Nimier fait le pèlerinage de Meudon le dimanche, en compagnie de Marcel Aymé et d'Antoine Blondin. Cette fois, privé de voiture, il a demandé à Namur de le conduire, le chargeant d'apporter un pot de confiture d'orange dont Céline est friand, et c'est sans doute en chemin que lui est venue l'idée de cette mystification, dont son ami Namur, qui en a l'habitude, va faire les frais.

Une autre fois, ce sera mon tour, m'attribuant un priapisme persistant, certes flatteur, mais dont il décrivit au docteur Destouches, plus connu sous le nom de Louis-Ferdinand Céline, le caractère extrêmement douloureux, avec un accent de sincérité comme seul le mensonge le plus énorme savait lui en inspirer.

(…)

Le moment est venu, d'ailleurs, de le laisser se reposer, car il commence à donner des signes de fatigue. Avant de partir, je lui transmets le salut de Marcel Aymé que j'ai vu l'avant-veille :

— Ah, cette grosse vache de Marcel… soupire-t-il, utilisant cette expression qui lui est familière.

À présent, avec Aymé, tout baigne dans l'huile. Ça n'est plus comme lorsqu'il le traitait de "petit plumaillon"… Il faut dire que Marcel Aymé a été fantastique pour lui. Quand Céline était exilé au Danemark, il a été le premier à se démener en sa faveur. "C'est le plus grand écrivain français et, sans doute, le plus grand lyrique que nous ayons jamais eu", s'épuisait-il à répéter à tous vents, afin de convaincre les juges et la presse de réviser leur conviction toute faite. Cela n'a pas empêché l'impossible Céline, lors d'une visite de Marcel Aymé, à Meudon, de lui sortir une énormité. À savoir qu'il avait "une sale tête de juif" ! Ils sont restés brouillés quinze jours. Céline, heureusement, n'en veut jamais bien longtemps à ceux à qui il fait, verbalement, du mal…

À propos des "sales têtes de juif", Frédéric Vitoux, auteur de la magnifique et insurpassable "Vie de Céline" (Grasset) où il a réussi l'exploit de fourrer le bonhomme tout entier dans un livre et de l'y conserver vif, me racontera, près de quarante ans plus tard, deux anecdotes, tenues de la bouche même d'un témoin, qui éclairent l'antisémitisme obsessionnel de Céline, d'un jour particulier, à la limite de la parodie volontaire.

Céline qui, durant toute l'Occupation, n'a quasiment pas fréquenté les Allemands — en tout cas infiniment moins que l'éminent Claudel ou le charmant Cocteau — s'est laissé convaincre, tout à la fin, par Jacques Benoist-Méchin, d'assister à un dîner à l'ambassade d'Allemagne chez Otto Abetz, qui recevait quelques collaborateurs notoires et des personnalités nazies.

Comme Céline restait silencieux, Otto Abetz entreprit de lui poser quelques questions anodines, du genre : "Que faites-vous en ce moment ?" — "Eh bien, répondit Céline, je me pose une question à propos d'Hitler : comment se fait-il qu'on laisse un juif à la tête de l'Allemagne ?"

On imagine le silence qui s'ensuivit et l'épouvantable embarras d'Abetz qui savait qu'à coup sûr, on allait répéter en haut lieu ce propos insensé et que, d'une manière ou d'une autre, on l'en tiendrait responsable. Alors, très finement, le diplomate fit un signe au majordome et dit à haute voix : "M. Céline est pris d'un malaise. Appelez vite une voiture et qu'on le ramène d'urgence à son domicile !"
Pris de court, Céline, sans réagir, se laissa embarquer, et son hôte put enfin respirer.

L'autre "célinade" — dont Ramon Fernandez avait été le témoin — intervint après le débarquement, alors que les soldats allemands — de tous âges et en pleine déconfiture — traversaient la capitale. Alors que son compagnon avec qui il marchait rue de Rivoli relevait leur triste allure, Céline se pencha vers lui et lui dit, sur le ton de la confidence : "Mais regardez-les ! Vous n'avez pas remarqué ? Ce sont tous des juifs !"

Mais retournons à l'instant où Nimier et moi allons prendre congé. À peine Céline vient-il de dire de Marcel Aymé : "Ah, ce vicieux, quel véritable ami !" que je prononce innocemment le nom de Gen Paul.

Aussitôt, Céline entre dans une fureur noire : "Ah, le pourri ! La bête à fric !", etc. Son vieil ami Gen Paul, qui était prudemment parti visiter les États-Unis à la fin de la guerre, ne lui avait pas pardonné de l'avoir "mouillé" avec l'Occupant. Et, depuis lors, il s'abstenait soigneusement de tout contact avec le "pestiféré".

Mais le lait bouillant retombe aussi vite qu'il avait monté et, d'une voix bien calme, Céline nous dit, en guise d'adieu: "De toute façon, on en a rien à foutre. Les Chinetoques viendront bientôt régler tout ça".

Le 4 juillet 1961, devant le caveau provisoire, au cimetière de Meudon, il n'y aura pas foule autour du cercueil de Louis-Ferdinand Céline. Il y aura beaucoup mieux que cela : une cinquantaine de vrais amis, au premier rang desquels Marcel Aymé et Roger Nimier. À côté du "désastreux épicier", Gaston Gallimard, profondément ému.
Il n'y aura pas non plus de vibrant discours. C'est dans Paris-Presse, du même jour, que Kléber Haedens écrira la plus belle épitaphe qui pouvait honorer "le Breton qui rêvait du grand large et était resté ligoté à la terre, le marin des traversées fantômes, perdu enfin de l'autre côté de la vie" : "Depuis ce matin, la voix de Céline écrase les puissances liguées, cette voix formidable que l'on a voulu étouffer sous les cendres et qui va résonner jusqu'à la fin des temps." »

Christian Millau, Au galop des Hussards

 

 

 

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04/09/2018

Un total retour sur soi-même

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« A la fin de la première guerre mondiale, la révolution communiste était une menace immédiate pour toute l’Europe. Le danger détermine toujours un mouvement de défense : les mouvements fascistes en profitèrent. Seule force capable de s’opposer à la violence des rouges, le fascisme reçut de puissants appuis et l’adhésion massive de partisans. Aujourd’hui, le "Soir du Grand Soir", les soviets d’usine, les tchékas appartiennent au passé. Les communistes d’Occident se sont embourgeoisés, ils font partie du décor, ils sont les plus fermes défenseurs du régime. L’homme-au-couteau-entre-les-dents n’est plus le communiste mais l’activiste. Quant à la Russie, les capitalistes y voient un nouveau marché. Au contraire de la première moitié du XXème siècle, la satisfaction des besoins matériels élémentaires semble à portée de main de tous. Les soupes populaires, les grèves sauvages sont oubliées. Hormis quelques catégories minoritaires menacées, la grande masse des salariés est convaincue d’avoir plus à perdre qu’à gagner à vouloir arracher par la violence ce que les revendications pacifiques et le temps lui donneront inéluctablement. Le carcan des lois sociales et le chantage au crédit font le reste pour lui retirer toute combativité. Le sens de l’intérêt général, le courage civique et politique sont aujourd’hui le fait d’une très petite minorité, injuriée, dont on a limité systématiquement les moyens d’expression légaux. Cela nous éloigne fort de l’Italie des années 20. Le génie personnel de Mussolini pouvait suffire à grouper une masse passionnée, disponible, et à conquérir un Etat incapable de se défendre.

Telle n’est plus la situation en Europe et en France. Puisque la puissance appartient à l’adversaire, il faut une ruse supérieure. Puisque le "grand homme" (inexistant d’ailleurs) s’est par trop déprécié, il faut miser sur l’équipe. Qualité des combattants, combat méthodique et raisonné, direction collégiale, imposent : enseignement, doctrine. Depuis 1947, l’armée française engagée à défendre les terroristes d’outremer, est victorieuse, sur le terrain et contrainte aux capitulations successives par l’ensemble des forces politiques et économiques qui constitue le régime. Il a fallu attendre le mois d’Avril 1961, quatorze années, pour qu’un nombre infime de cadres entrevoient leur véritable ennemi. Un ennemi qui se trouvait moins sur le terrain, sous l’aspect du Viet ou du fellagha, qu’en France même, dans les conseils d’administration, les banques, les salles de rédaction, les assemblées et les bureaux ministériels. Encore ce sentiment hostile à une mythique Métropole décadente qu’à la réalité du régime. Cette prise de conscience limitée fut sans lendemain. Pour vaincre, il faut comprendre ce qu’est le régime, découvrir ses méthodes, débusquer ses complices, ceux qui se camouflent en patriotes. Il faut se déterminer les solutions positives qui permettront de construire la société de demain. Cela nécessite un total retour sur soi-même, une totale révision des vérités apprises, une conscience révolutionnaire. »

Dominique Venner, Pour une critique positive

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Ceci n'est plus une femme...

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Eric Clapton - Early in the Morning

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Ils vont seuls, avec lenteur...

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« Les internautes naviguent dans les corridors virtuels du cyberworld, des hordes en rollers transhument dans les couloirs de bus. Des millions de têtes sont traversées par les particules ondulatoires des SMS. Des tribus de vacanciers pareils aux gnous d'Afrique migrent sur les autoroutes vers le soleil, le nouveau dieu !
C'est en vogue : on court, on vaque. On se tatoue, on se mondialise. On se troue de piercings pour avoir l'air tribal. Un touriste s'envoie dans l'espace pour vingt millions de dollars. "Bougez-vous !" hurle la pub. "À fond la forme !" On se connecte, on est joignable en permanence. On s'appelle pour faire un jogging. L'État étend le réseau de routes : la pieuvre de goudron gagne. Le ciel devient petit : il y a des collisions d'avions. Pendant que les TGV rusent, les paysans disparaissent. "Tout fout le camp", disent les vieux qui ne comprennent rien. En fait, rien ne fout le camp, ce sont les gens qui ne tiennent plus en place. Mais ce nomadisme-là n'est qu'une danse de Saint-Guy.
C'est la revanche d'Abel. Selon la Bible, Caïn, le paysan, a tué son frère Abel, le berger, d'un coup de pierre à la tête. Ce geste fut à l'origine de l'hostilité entre les cultivateurs et les nomades. Depuis, l'ordre du monde reposait sur la puissance des premiers : la charrue était supérieure au bâton du pâtre. Mais les temps du néo-nomadisme sont arrivés !
Le nomadisme historique, lui, est une malédiction de peuples éleveurs poussant leurs bêtes hors de la nuit des temps et divaguant dans les territoires désolés du monde, à la recherche de pâturages pour leur camp. Ces vrais nomades sont des errants qui rêveraient de s'installer. Il ne faut pas confondre leurs lentes transhumances, inquiètes et tragiques, avec les tarentelles que dansent les néo-agités du XXIe siècle, au rythme des tendances urbaines.
Il est cependant une autre catégorie de nomades. Pour eux, ni tarentelle ni transhumance. Ils ne conduisent pas de troupeaux et n'appartiennent à aucun groupe. Ils se contentent de voyager silencieusement, pour eux-mêmes, parfois en eux-mêmes. On les croise sur les chemins du monde. Ils vont seuls, avec lenteur, sans autre but que celui d'avancer. »

Sylvain Tesson, Petit traité sur l'immensité du monde

 

 

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03/09/2018

Diversité

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« Qui détruit l’identité d’un autre ne renforce pas la sienne, mais la rend plus vulnérable, plus menacée encore dans un monde qui a perdu un peu plus de sa diversité. »

Alain de Benoist, Vu de droite

 

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John Mayall's Bluesbreakers (avec Eric Clapton) - Hideaway

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02/09/2018

Fou

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« Autant être fou parmi les hommes, ainsi que je le suis, plutôt que de partager la moindre parcelle des sentiments abjects qui animent les hommes sensés ! »

Jean Raspail, Moi, Antoine de Tounens, Roi de Patagonie

 

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Habiter l'instant

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« Je dois à mon enfance la conscience de la nature. Il me suffit de fermer les yeux pour revoir ces images transparentes de pur bonheur qui n'ont pas été effacées par mes années de braises. […] La magie de l'enfance repose beaucoup sur cette capacité à vivre et ressentir dans le même mouvement, à habiter l'instant de tout son être. »

Hélie de Saint Marc, Les Sentinelles du soir

 

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Frank Marino - The Things (That) I Used to Do

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01/09/2018

Ta "sainteté" Macron, si tu savais ce que les "gaulois" ils te disent...

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