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13/11/2006

Penser la Mort avant qu'elle ne nous pense.

=--=Publié dans la Catégorie "Ô Mort... Ô Mort..."=--=

Je songe à mes grands-parents maternels, à mon père, à mes amis partis et je leur parle. Je ne sais pas s’ils m’entendent. Et autant le dire tout de suite, ça n’a aucune importance. Je me rassure sans doute. Et ça fonctionne très bien. Je me rapproche d’eux. Je leur fais part de mes regrets. Ma tristesse. J’espère qu’ils sont, à présent, hors d’atteinte, en paix, qu’ils ont trouvé l’asile du sommeil ou de la béatitude. Allez savoir, chers lecteurs. Mais j’en tire un suc, de ces instants intimes. Une méditation concentrée et concentrique. Un Vortex qui aspire et inspire.

La Mort, à bien y songer, n'est qu'un simple détail... c'est un éclair... puis le calme de la nuit sans souffrance... ou alors la Lumière Glorieuse de Dieu. Seule barrière psychologique conséquente : la souffrance. Alors c'est là-dessus que je m’abîme et me rétabli dans la méditation. Sur la Souffrance. En tenant, par exemple, le HAGAKURÉ de Jôchô Yamamoto (1659-1719). Bonne petite introduction : Ghost Dog, la Voie du Samouraï, film de Jim Jarmusch sorti en 1999. « Le Japon moderne et l'éthique Samouraï » de Yukio Mishima (commentaire du Livre de Jôchô Yamamoto) est à conseillé d'avantage. Jôchô Yamamoto. Samouraï et Bouddhiste. La Paix intérieure passe par une connaissance profonde de la Guerre. Et plus clairement de « La Voie du Guerrier ». Le sens de la dévotion envers l'Amour et le sacrifice envers la Communauté. Quand il faut. Quand on doit. J'ai toujours été Pacifique. Jamais PACIFISTE ! Que l'esprit perspicace exerce son entendement. Le Pacifisme je le laisse aux Rebatet, Brasillach et autres Drieu ou Céline. Plumes flamboyantes, mais corruption existentielle et politique. Pacifistes, donc, collaborateurs. Je ne mange pas de ce pain là. Ceux qui ne sont pas prêts à se positionner, à franchir le cap... qu'ils fassent de la littérature sans casser les couilles. Peut-être ai-je parlé trop vite, Drieu s’est positionné et a franchi le cap. Même Malraux, son « frère en Dostoïevski et Nietzsche », n’a été en mesure de l’arracher à son destin. Le salaud s'est purifié par un suicide lumineux.

J’assure, qu'en cet instant, tout le reste n'est que du putain de blah-blah-blah... pour se rassurer et se donner bonne conscience. Dieu n'aime pas la violence... mais Dieu déteste encore plus les tièdes.

Et ce que je nomme Dieu, ici, n'est pas ce que vous croyez... démerdez-vous... vous êtes grands, majeurs et vaccinés... et je ne suis pas spécialiste en Théologie.

L’Être authentiquement libre est un Être pour la Mort. Un Être pour la Mort est un Être réellement vivant. La Mort ne le surprendra pas plus que ça lorsqu’elle se saisira de lui. Penser la Mort et penser en fonction d’elle c’est la précéder, la surclasser, la surpasser, par la pensée au moins. Ça nous fraye un chemin dans l’existence. On sait alors véritablement ce que mourir signifie et implique. Le sens du sacrifice n’en est que plus appuyé. On imagine alors avec une grande clairvoyance dans quels cas on pourrait être amené à se conformer à, à obéir à la situation d’une abnégation de soi, d’un renoncement à la vie pour un sacrifice propitiatoire de sa personne en gardant sa raison comme une couronne. En vérité, la Mort nous escorte toute la vie durant en tant qu’élément nécessaire de tous ses instants. Elle est indiscutablement liée à l’essence de ce que nous sommes.

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Bande son du moment : "The Great Depression" par Blindside

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Humeur du moment : Pensif

11/11/2006

Ne Chantez pas la Mort

=--=Publié dans la Catégorie "Ô Mort... Ô Mort..."=--=

La Mort ? Mieux vaut, donc, n’en pas parler. C’est un sujet pour les poètes maudits, les médecins et les croque-morts, les veufs et les veuves dont nous ne sommes pas. Rappelez-vous la chanson de Jean-Roger Caussimon, chantée par Léo Ferré :

« Ne chantez pas la Mort, c'est un sujet morbide
Le mot seul jette un froid, aussitôt qu'il est dit
Les gens du show-business vous prédiront le bide
C'est un sujet tabou... Pour poète maudit
La Mort... La Mort...
Je la chante et, dès lors, miracle des voyelles
Il semble que la Mort est la sœur de l'amour
La Mort qui nous attend, l'amour que l'on appelle
Et si lui ne vient pas, elle viendra toujours
La Mort... La Mort...

La mienne n'aura pas, comme dans le Larousse
Un squelette, un linceul, dans la main une faux
Mais, fille de vingt ans à chevelure rousse
En voile de mariée, elle aura ce qu'il faut
La Mort... La Mort...
De grands yeux d'océan, la voix d'une ingénue
Un sourire d'enfant sur des lèvres carmin
Douce, elle apaisera sur sa poitrine nue
Mes paupières brûlées, ma gueule en parchemin
La Mort... La Mort...

Requiem de Mozart et non Danse Macabre
Pauvre valse musette au musée de Saint-Saëns !
La Mort c'est la beauté, c'est l'éclair vif du sabre
C'est le doux penthotal de l'esprit et des sens
La Mort... La Mort...
Et n'allez pas confondre et l'effet et la cause
La Mort est délivrance, elle sait que le Temps
Quotidiennement nous vole quelque chose
La poignée de cheveux et l'ivoire des dents
La Mort... La Mort...

Elle est Euthanasie, la suprême infirmière
Elle survient, à temps, pour arrêter ce jeu
Près du soldat blessé dans la boue des rizières
Chez le vieillard glacé dans la chambre sans feu
La Mort... La Mort...
Le Temps, c'est le tic-tac monstrueux de la montre
La Mort, c'est l'infini dans son éternité
Mais qu'advient-il de ceux qui vont à sa rencontre ?
Comme on gagne sa vie, nous faut-il mériter
La Mort... La Mort...

La Mort ?... »



Les médias passent leurs temps (ou plutôt ce temps qu’ils nous volent par l’hypnose) à la représenter, la Mort. Massacres ,viols et tueries sont orchestrés et esthétisés sans cesse au Cinéma. Arnold Schwarzenegger, cyborg blessé, froid et impassible, en sueur, lignes de cambouis sur la joue, considère ses victimes en se remontant ses burnes bioniques juste après avoir soufflé dans son canon tout chaud qu’il tient comme sa queue. La petite fille reluque ça en contenant son émotion libidinale. Le petit garçon jouit. Alors, discrètement, on prévoit une assurance obsèques. Quoi que nous observions ou entreprenions, la perte de la compréhension du langage et de son utilisation est monumentale : on déblatère des conneries, on brasse du vent, sans savoir de quoi on jacte. On est à côté de la plaque.

La Vie, bientôt, ne sera conçue et amenée au monde que par des procédés et procédures d’ordre techno-scientifiques. Logique qu’alors le problème de la Mort se déplace vers une sphère uniquement pratique. Les Religions traditionnelles tombant dans l’oubli, on tente, au petit bonheur la chance, de combler le vide du questionnement. Le terme n’est pas approprié car, en vérité, de questionnement il n’y en a même plus. Pascal, à son époque, le notait déjà avec une angoisse évidente et depuis La mort de Dieu postulée par Nietzsche les choses ne se sont guère arrangées. La Mort n’est plus concrétisée. Elle ne s’accomplit plus. Elle devrait être une préparation de toute une vie mais ce principe ne s’accorde plus aux penchants et profits de notre temps. La Mort est devenue insignifiante et totalement impersonnelle. La Mort est devenue quelque chose de foncièrement bateau. Même les soi-disant Kamikazes qui se font exploser à la queue le leu ont fini par banaliser le sacrifice personnel pour une cause. Il y a beaucoup de haine de soi dans tout ce processus. Bientôt les Djihadistes seront remplacés par leurs clones qui pourront en remettre une couche dans l’angoisse, le sang et l’horreur.

« Quand nous considérons la technique comme quelque chose de neutre, c'est alors que nous lui sommes livrés de la pire façon : car cette conception, qui jouit aujourd'hui d'une faveur toute particulière, nous rend complètement aveugles en face de l'essence de la technique. »

Martin Heidegger, La question de la technique (1953)


« L'essence de la technique, je la vois dans ce que j'appelle le Gestell. […] Le règne du Gestell (" arraisonnement ") signifie ceci : l'homme subit le contrôle, la demande et l'injonction d'une puissance qui se manifeste dans l'essence de la technique et qu'il ne domine pas lui-même. Nous amener à voir cela, la pensée ne prétend faire plus. La philosophie est à bout. »

Martin Heidegger, interrogé par "Der Spiegel". Réponses et questions sur l'histoire et la politique

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Bande son du moment : "Grand Canyon & Mississippi Suites" par Ferde Grofé

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Humeur du moment : Joyeux

10/11/2006

Et si tu vivais un peu, ami mortel ?

=--=Publié dans la Catégorie "Ô Mort... Ô Mort..."=--=

Si, par malheur, vous devenez l’élu d’une Conscience Supérieure, si Eros remporte dans votre fibre la partie au terme de multiples guerres, à la force de votre sabre, soyez alors persuadés que vous mourrez comme un Être-Humain. Car Philosopher consiste bien à apprendre à mourir. Mais je dis « par malheur » car, alors, d’autres épreuves vous attendent : fiel et ressentiment à votre encontre. Voilà ce qu’évoque un éveillé au milieu des mort-vivants.

L’animal s’éteignant ne meurt pas. C’est une pile qui se décharge. Nous, pourvus de notre application civilisée, de notre sens moral, de nos affligeants espoirs culturels post-modernes, nous tendons, malgré tout, de plus en plus à périr comme une bête. C’est ce qui nous rend la mort d’un animal tellement émouvante, non que nous nous sentions émus d’appartenir, comme jadis nos ancêtres troglodytes, au même règne vivant, mais bien parce que la débandade est présente dans chacun de nos actes et, plus particulièrement, dans celui qui consiste à méditer notre propre mort face à face. Nos rites, nos cérémoniaux toujours recommencés et réinventés ne sont devenus, avec le temps, que des fuites bien vaines qui ne nous rendent qu’un peu plus asphyxiés par nos névroses familiales.

Car l’Humain est une nature pour la Mort, un individu pour la Mort, c’est son affaire première. C’est même la seule grande affaire qui vaille la peine d’être considérée et ça lui est intolérable. Mais c’est ainsi.

Ferme ta gueule. À quoi bon faire cette tronche de déterré, précisément.

Valsez cher ami et passons à l’essentiel. Oui, Vivons un peu bordel !

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Bande son du moment : "The Prodigy, Their Law - The Singles, 1990-2005" par The Prodigy

Lecture du moment : ...pas de lecture particulière... butinages divers...

Humeur du moment : Fatigué

08/11/2006

Mourir comme un Rat

=--=Publié dans la Catégorie "Ô Mort... Ô Mort..."=--=

Parce que la Mort c’est, comme la Vie, une affaire entre soi et son Corps. Mais on n’ose plus la danse, la caresse, la jouissance sans entrave. La jouissance sans entrave mais sous l’éclairage de la raison. Une Éthique.

On flirte mal, comme des puceaux, des vierges mal excitées. On flirte et on s’branle vite fait mal fait. Vous me direz, ça purge tout de même et la purge ça rassure pour quelques heures. Mais, en attendant, c’est nous tous, sans aucune exception, qui nous faisons enculer par le diable, le sympathique curé ou son alter ego intégriste, par le mufti de mes deux ou le Pape, par « Act Up » ou « les Chiennes de garde ». La sexualité larguée d’une époque qui ne sait pas qui elle est. Qui peut se regarder soi-même avec une conviction appréciable et se dire : « Tu es beau ou belle, je t’aime, sans emphase mais je t’aime, tu me portes et me supportes, nous sommes la fine fleur de notre propre équipe, moi, moi-même et Je. Oui, je t’aime vraiment, sans limites d’aimer mais sans exagérer, avec une modération réjouie, badine et vive, sémillante comme le chant lumineux des oiseaux à l’aurore. » ???

Thanatos nous fait danser, selon son bon vouloir, une danse sans finesse. Thanatos aime inspirer tout juste la survie. Lourde, indigeste, oppressante. Une survie soumise. Si Eros parvient à surnager de la ténèbres de ce dernier : que de désastres ! Mais d’entrée, la lutte est disproportionnée. Le limon de millénaires de morale, accablante, émasculatrice. Le vomi et la merde des abysses. Ne croyez pas, avec une naïveté réactionnaire, que jadis c’était mieux. C’était juste une autre forme. Point. Tenir le coup en serrant les dents et en taisant sa souffrance, c’est tout ce qu’on a jamais tenté. Se faufiler comme un rat. Mourir comme un rat.

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Bande son du moment : "Symphonie n°: 9" par Dvorak

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Humeur du moment : Calme

07/11/2006

La Mort se joue de nos sexes...

=--=Publié dans la Catégorie "Ô Mort... Ô Mort..."=--=

La petite fille prenant conscience qu’elle n’a pas de pénis jalouse le petit garçon. Mais le petit garçon jalouse la petite fille de ne pas pouvoir donner la vie, aussi décide-t-il de donner la Mort. Ses jeux le montrent bien en cow-boy ou voyou débonnaire, pirate des caraïbes ou partisan dans le maquis de son imaginaire intemporel. Et la terre tourne. Car la Mort n’a pas lieu à la fin de notre vie. Notre décès n’est qu’un rendez-vous culminant, un paroxysme. La Mort a court de notre vivant et, ce, dés notre cri premier. Car la Mort nique Eros, c’est bien connu. Quel couple que celui-là ! On le sait mais on baisse les yeux et on scrute notre vide, on tente une parade pour ne pas regarder la réalité dans le blanc cadavérique de ses yeux. On préfère l’agonie de notre lourdeur, de nos transgressions, nos impardonnables fautes. Le démon doit bien se marrer. Il se fend la gueule avec nos corps dénués d’enchantements et de magie incarnée.

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Bande son du moment : "Mezzanine" par Massive Attack

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Humeur du moment : Triste

05/11/2006

Dés le premier souffle, la Mort est présente...

=--=Publié dans la Catégorie "Ô Mort... Ô Mort..."=--=

La marche purifie. On est en route vers Soi. L’Avancée, dés le premier souffle qui déchire et brûle les poumons. Face contre jour, joue contre pluie, bouche affrontant les vents. Sourire. Et l’Avancée est mortelle. Dés le départ. Dés la naissance nous sommes disponibles pour la Mort. Le tout est de ne pas attendre la Mort pour être, enfin, disponibles pour la Vie. Mais il faut marcher. Il faut marcher avant le saut final. Nous sommes tous produits pour la Mort.

Mon prénom est Nebojsa. Lire : Néboïcha. « Qui n’a pas peur », « Audacieux » ça veut dire… en Serbe. On peut toujours faire des effets de style et se dire qu’une partie de mon destin fut scellée par ce prénom. C’est la section militaire dont mon père était responsable alors qu’il effectuait son service obligatoire, dans la Yougoslavie de feu Maréchal Tito, qui a décidé que je serai appelé ainsi. Mon daron les a fait voter. C’est-y pas romanesque ?! Une dizaine d’hommes, des Tziganes, des voyous, des Albanais. Et mon père qui avait atterri là-dedans. La seule fois où il m’en a parlé c’était pour me dire qu’il y régnait une forte unité et fraternité, bien plus que dans les autres groupes de soldats qui lorgnaient vers son groupe à lui avec quelque mépris. Me dire que mon prénom a eu quelque importance dans mon parcours d’être humain, mes prises de positions c’est même plus que romanesque… c’est Romantique dans le Noble sens du terme. Mais, à bien y réfléchir, ce genre de principe identitaire et personnaliste n’a que peu de poids face au Verbe et à ce que celui-ci implique. Or, je suis un nomade des territoires intérieurs, un possédé nomade du Verbe. Un nomade apte à la Mort.

Depuis le 11 Avril 1984, il ne se passe pas une journée sans que je ne pense à la Mort et, en premier lieu, à ma mort prochaine. Et avant le décès de mon grand-père maternel, j’avais étudié, au lycée, Montaigne et son « Philosopher c’est apprendre à mourir ». Si on ne considère la Mort comme faisant partie du processus même de la pensée, de la Vie, on ne peut être apte à vivre véritablement. Il n’est point question de considérer juste ce fait : nous sommes mortels. Cela n’est pas suffisant. Il faut assiéger et s’emparer de la pensée qui est intrinsèque à la Mort, celle-là même qui nous fait nous demander si nous ne sommes pas pensés par elle.

Mort, Fondation de la Vie.

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Bande son du moment : "Minimum-maximum" par Kraftwerk

Lecture du moment : ...pas de lecture particulière... butinages divers...

Humeur du moment : Inquiétude