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30/05/2022

Un histrion

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« — Je suis en grande souffrance psychique, il a murmuré.
Derrière le bar, le serveur est venu saluer Ollier qui s'est subitement renfrogné. Gros soucis soudain. Gros gros soucis soudain ! Il méditait en tordant la bouche, se grattait la tête, sérieux comme un pape. Il ressemblait à Badinter le jour de l'abolition. Il était plongé dans un dilemme métaphysique, un truc dont on ne sort généralement pas indemne. Que boire ? L'heure idiote. Trop tard pour le digestif, trop tôt pour l'apéritif. Le trou noir de l"après-midi. L'enfer du 4 à 6. Beaucoup de suicides.
— Est-ce qu'on va se laisser abattre ? Il a finalement gueulé. Deux bières, nom de Dieu ! Et que ça saute !
— J'ai peur, tout le temps peur, je me sens si vide, murmurait Fanfan.
— Et quand on aura fini, on en prendra deux autres ! gueulait Ollier. Et tout ça nous mènera gentiment à l'apéro ! Hein ? Qu'est-ce que t'en penses, toi qu'es dans la santé ?
— Ouais, ouais, c'est pas con, j'ai dit.
Fanfan m'a agrippé le col. Il avait les yeux ronds, terrifiés.
— J'ai peur, tout le temps peur, je me sens si vide, il a répété.
— C'est à cause du culte de la performance, a dit Ollier en lui retirant les pattes de mon col. Le challenge, la compétition, les boîtes à rames, tout ça nous brise le moral.
— Tu crois ? a demandé Fanfan.

Le serveur a posé les deux bières devant nous. On a trinqué, bu une gorgée. Il parait qu'il était hypocondriaque, Fanfan. Il avait l'angoisse du vide, la hantise du néant, mal à la rate et à l'estomac. Il se sentait coupable, il était découragé, tout le temps découragé. Il faisait régulièrement des grimaces horribles, retroussant les lèvres, fermant les yeux, fronçant le nez ; il ressemblait à un vieux chimpanzé édenté. Ollier disait que c'était sa manière de revendiquer de l'affection. Il se plaignait de troubles de la mémoire par-dessus le marché, et de difficultés d'apprentissage. Comme journaliste, n'en parlons pas. Il avait le sens d'observation d'une huître. Bref, c'était une drôle de loque.
— Allez, quoi, monsieur Fanfan, faut pas se laisser abattre, j'ai dit.
— Je suis découragé, tellement découragé, disait Fanfan.
Un type au bar s'est approché de nous. Il était élégant, une veste croisée verte et un noeud papillon rouge.
— Si je puis me permettre, il a dit en rapprochant son verre. Ma femme est hystérique, je connais bien le sujet, je pourrais certainement vous aider. Êtes-vous narcissique ? égocentrique ? mythomane ?
Il a posé des lunettes en demi-lune sur son nez, sorti un petit carnet de la poche intérieure de sa veste et pris un crayon dont il a posé la mine sur sa langue à deux reprises.
— Un peu tout ça, a répondu Fanfan. Mais ce qui me manque surtout, c'est un truc qui ressemblerait à de la grandeur. Vous voyez ce que je veux dire ?
— mais certainement, a répondu le type élégant en notant sur son carnet.
Il a redressé la tête.
— Chez ma femme, l'hystérie se traduit par des fantasmes sexuels dégradants, une alimentation désordonnée et une absence totale de menstrues. Je ne vous demande pas si vous avez encore vos menstrues, hihihi. (...) Charcot distinguait quatre types d'hystérie, a continué le type élégant, l'épileptoïde, la clownique, la passionnelle et l'hallucinatoire. Vous me semblez être dans l'hallucinatoire. Avez-vous eu une expérience sexuelle dégoûtante ?
— Ah oui, dégoûtante, ça on peut le dire, a répondu Fanfan.
— Très intéressant, a dit le type élégant en écrivant dans son petit carnet. Ma femme se plaint également de ne jamais avoir de plaisir, ce qui est le propre des hystériques clowniques. En outre, elle vomit souvent. Tenez, hier soir, je regardais la Formule 1 à la télévision, j'adore le bourdonnement insensé de ces petits bolides, ça l'a contrarié, elle a vomi sur le tapis, hihi, on vit une drôle d'époque, n'est-ce pas ?
— Moi, je ne vomis jamais, a dit Fanfan.
Le type élégant a relevé le nez de son carnet et levé l'index.
— Permettez, c'est capital !
Il a griffonné un dernier truc, a refermé le carnet en le faisant claquer, l'a remis dans sa poche, a rangé ses lunettes et a bu une gorgée de bière.
— Et bien, il me reste à vous donner mon diagnostic, il a conclu. Vous êtes un vieux jouisseur sur le retour, une épave morale, vous dramatisez votre vide intérieur, vous ne vous intéressez qu'à vos fantasmes, le néant vous attire et vous effraie dans le même élan, vos douleurs donnent du sens à votre vie qui en est dépourvue. Au fond, vous êtes un histrion.
Fanfan est parti dans une longue grimace simiesque. On a applaudi, Ollier et moi. Quel talent ! Quelle facilité ! Quel diagnostic ! Le type a salué en courbant humblement la tête. »

Olivier Maulin, Gueule de bois

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29/05/2022

Décomplexer la consommatrice accablée par un sentiment diffus de culpabilité

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« Je travaillais depuis quinze ans à "Santé pour tous", un mensuel féminin au sein duquel je m'occupais des pages "écologie et environnement". Mon avantage, c'est que je me foutais complètement et du journalisme et de l'environnement, et que je ne ressentais par conséquent aucune humiliation particulière à écrire des niaiseries pour des connasses sans cervelle. La moitié de mon activité consistait à relayer la communication des grands groupes industriels qui tentaient de se racheter une conduite en surfant sur la vague verte, l'autre moitié à distiller des conseils débiles pour sauver la planète. Grâce à moi, quelques tartes coupaient dorénavant l'eau du robinet quand elles se brossaient les dents, persuadées que leur geste écoresponsable allait changer la face du monde. Je n'écrivais évidemment jamais un mot sur les paysans, à qui l'eau est offerte, et qui arrosent au canon rotatif leurs champs de maïs à midi en plein mois d'août. Au vrai, j'avais parfaitement compris ce qu'on attendait de moi : décomplexer la consommatrice accablée par un sentiment diffus de culpabilité. Comme disait mon rédacteur en chef, qui était de la vieille école : "L'écologie, j'ai rien contre, mais faudrait pas que ça vienne à nous les briser." Bref, n'ayant aucun sens de l'héroïsme mais un salaire qui me permettait de survivre, je m'exécutais sans état d'âme. »

Olivier Maulin, Gueule de bois

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Louis-Ferdinand Céline

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28/05/2022

Un merveilleux mécanisme

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« Les partis sont un merveilleux mécanisme, par la vertu duquel, dans toute l’étendue d’un pays, pas un esprit ne donne son attention à l’effort de discerner, dans les affaires publiques, le bien, la justice, la vérité.
Il en résulte que — sauf un très petit nombre de coïncidences fortuites — il n’est décidé et exécuté que des mesures contraires au bien public, à la justice et à la vérité.
Si on confiait au diable l’organisation de la vie publique, il ne pourrait rien imaginer de plus ingénieux. »

Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politique

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18/05/2022

Dans un abîme sans limites, dans une hauteur sans mesure

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« — (…) Seulement, les fruits de la prière sont si abondants qu’il est impossible qu’on les présente tous. La prière ressemble à un arbre qui a des fruits abondants et très doux, dont chacun est meilleur que l’autre.

— Donnez-moi aussi quelques uns des fruits de ce désert "plein de grâce". Faites pour moi une cueillette spirituelle. Qu’au moins je les connaisse.

— Je vais t’en citer quelques-uns, puisque je vois que tu es disposé à les écouter. Au début, la prière est le pain qui réconforte l’athlète, puis elle devient l’huile qui adoucit le coeur et, enfin, le vin qui… le met "hors de lui", c’est-à-dire qui engendre l’extase et l’unit à Dieu. Plus doncrètement : le premier fruit que donne le Christ à celui qui prie est la "conscience du péché". On cesse de se croire bon, et on se voit comme "l’abomination de la désolation qui se tient dans le lieu saint". Le trépan de la charité fore et pénètre les tréfonds de l’âme. Que d’impuretés n’avons-nous pas en nous ! Notre âme empeste. Certains de ceux qui entrent parfois dans ma cellule exhalent la puanteur… des impuretés intérieures. Eh oui ! ce qu’auparavant nous ne reconnaissions pas est révélé maintenant à celui qui prie, et il se voit lui-même le dernier de tous, et que l’enfer est sa demeure éternelle, et il commence à pleurer. Il pleure sa propre mort. Est-il possible que l’on pleure la mort survenue chez son prochain et qu’on ne pleure pas celle survenue chez soi ? Aussi l’athlète de la prière ne voit-il pas les péchés d’autrui, mais sa propre mort. Ses yeux deviennent une source de larmes, venues de l’affliction du coeur. Il pleure comme un condamné, et en même temps il crie : "Aie pitié de moi… Aie pitié de moi… Aie pitié de moi…" C’est avec ces larmes, comme nous l’avions dit auparavant, que commence la "purification" de l’âme et de l’intellect. De même que l’eau purifie les objets souillés et que la pluie purifie l’air de ses nuages et la terre de ses poussières, de même les larmes purifient et blanchissent l’âme. C’est l’eau du deuxième baptême. La prière procure donc le fruit très doux de la purification.

— L’homme est-il complètement purifié quand il est visité par la grâce divine ?

— Il n’est pas complètement purifié mais il se purifie constamment, parce que la purification est toujours à parfaire. Saint Jean Climaque rapporte cette parole qu’il avait entendue d’un moine impassible : "C’est là la parfaite perfection des parfaits toujours à parfaire." Chaque fois que l’on pleure, on se purifie, et chaque fois que l’on se purifie, on voit une couche plus profonde du péché et l’on ressent la nécessité de pleurer. C’est ce qu’exprime fort bien saint Syméon le Nouveau Théologien :

"Ceux-là, par des prières fréquentes, par des paroles inexprimables,
et par des flots de larmes purifient leur âme
et, la voyant se purifier, ces hommes
s’enflamment du feu de l’amour et du feu du désir
afin de la contempler parfaitement purifiée :
mais comme ils sont impuissants à trouver la perfection de la lumière
la purification sera indéfinie pour eux.
Plus, en effet, je serai purifié et illuminé, malheureux,
plus apparaîtra l’Esprit qui me purifie,
et plus chaque jour, il me semble, je commence à être purifié et à voir.
Dans un abîme sans limites, dans une hauteur sans mesure,
qui pourra trouver un milieu et une fin ?" »

Hiérothée Vlachos, Entretiens avec un ermite de la sainte Montagne sur la prière du coeur

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17/05/2022

"Guerre" de Louis-Ferdinand Céline par Olivier Maulin

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16/05/2022

Sylvain Tesson évoque Homère

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15/05/2022

Olivier Maulin, le romancier le plus drôle de France - Orages de Papier - TVL

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10/05/2022

Petits morceaux d’horreur

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« De penser, même un bout, fallait que je m’y reprenne à plusieurs fois comme quand on se parle sur le quai d’une gare quand un train passe. Un bout de pensée très fort à la fois, l’un après l’autre. C’est un exercice je vous assure qui fatigue. À présent je suis entraîné. Vingt ans, on apprend. J’ai l’âme plus dure, comme un biceps. Je crois plus aux facilités. J’ai appris à faire de la musique, du sommeil, du pardon et, vous le voyez, de la belle littérature aussi, avec des petits morceaux d’horreur arrachés au bruit qui n’en finira jamais. »

Louis-Ferdinand Céline, Guerre

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GUERRE, un roman inédit de Louis-Ferdinand CÉLINE

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08/05/2022

Les paradoxes de Raymond Abellio

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06/05/2022

Richard de Seze : Le rond de serviette est-il de droite ?

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05/05/2022

À la rencontre de Bernard Lugan (Orages de Papier)

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01/05/2022

Finkielkraut face à Mathieu Bock-Côté

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Loin d'être d'accord avec tout ce que raconte Finky... mais, une fois encore, un grand moment d'intelligence...

 

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25/04/2022

Les louanges

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« Un esprit élevé supporte courageusement et joyeusement l'injure. Mais il faut être un saint et un bienheureux pour passer intact à travers les louanges. »

Saint Jean Climaque, L’échelle sainte, vingt-et-unième degré

 

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24/04/2022

Que tes yeux regardent en face

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« Garde ton coeur plus que toute autre chose, Car de lui viennent les sources de la vie.

Écarte de ta bouche la fausseté, Éloigne de tes lèvres les détours.

Que tes yeux regardent en face, Et que tes paupières se dirigent devant toi.

Considère le chemin par où tu passes, Et que toutes tes voies soient bien réglées;

Ne va ni à droite ni à gauche, Et détourne ton pied du mal. »

Sainte Bible, Livre des Proverbes 4 : 23-27 

 

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23/04/2022

La vie et le salut

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« Dieu est la vie et le salut de toutes les créatures raisonnables qu’Il a tirées du néant, soit qu’elles croient en Lui ou qu’elles nient son Existence ; soit qu’elles soient justes ou méchantes ; soit qu’elles pratiquent la piété, ou qu’elles se livrent à l’irréligion ; soit qu’elles se soient affranchies de leurs passions, ou qu’elles en soient les viles esclaves ; soit qu’elles soient entrées dans une communauté religieuse, ou qu’elles demeurent dans le siècle ; soit qu’elles aient de la science, ou qu’elles vivent dans les ténèbres de l’ignorance ; soit qu’elles jouissent d’une bonne santé, ou qu’elles languissent sur un lit de souffrances ; soit qu’elles soient à la fleur de l’âge, ou parvenues à la dernière vieillesse. Or toutes ces personnes sont destinées à la grâce du salut, et peuvent en jouir, comme elles jouissent de l’effusion de lumière, de la vue et des bienfaits du soleil, de la variété des saisons, et de toutes les autres choses qui existent et qui sont faites pour elles, car auprès de Dieu "il n’y a pas de favoritisme". (Epître aux Romains 2 : 11) »

Saint Jean Climaque, L’échelle sainte, Premier degré

 

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22/04/2022

Parce qu’ils ont entendu aboyer des chiens

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« J’ai honte de le dire, craignons au moins le Seigneur, comme nous craignons certains animaux : car j’ai vu des scélérats, sur qui la crainte de Dieu n’avait aucun empire, et qui, étant partis pour aller commettre des vols, se sont arrêtés, et sont revenus sans oser consommer leur crime, parce qu’ils ont entendu aboyer des chiens dans le lieu où les conduisait leur méchanceté. Ainsi ce que la crainte de Dieu n’avait pu faire dans eux, la crainte de ces chiens les y a forcés. »

Saint Jean Climaque, L’échelle sainte, Premier degré

 

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19/04/2022

Michel Onfray inivté de RMC

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Cliquer sur la fenêtre et allez voir la vidéo sur YouTube... Michel Onfray remet quelques pendules à l'heure... sur Macron, Marine Le Pen et la supposée "Extrême Droite"... etc...

 

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15/04/2022

Accroupie sur elle-même

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« Tout enguirlandé de chèvrefeuille surodorant,
D'amer lierre garrotté,
Tapissé de fougères malsaines,
Déformé de maints chancres et cicatrices fermées, capitonné de mousse profonde.
Pavoisé de tous les côtés de gui païen.
Et tout noir des nids de cet oiseau rauque
Qui parle et ne comprend pas son propre langage,
Se dresse, et se dressait de même il y a mille ans
Un arbre solitaire.
Le tonnerre a fait ce qu'il a pu parmi ses branches,
Laissant la maîtresse cime intacte :
Mais en son cœur toujours prêt
A jeter de nouvelles pousses reverdissantes, à mesure
Que les surgeons pourrissants à ses pieds meu- rent et lui laissent de l'air.
Est toute antiquité et nulle décrépitude.
Riche, bien que rejeté des porcs de la forêt,
Son fruit cache sous l'âpre brou pour ceux qui le savent ouvrir
La saveur au secours du cœur de tout mets et de rajeunissants élixirs,
Avec le condiment amer et sûr,
Et la douce économie des douceurs,
Et des odeurs qui nous remettent en l’esprit
Les aîtres de l’enfance et un jour différent.
Auprès de cet arbre,
Ne louant et ne blâmant aucun dieu, sans aucun souhait,
Est accroupie sur elle-même, à la Tartare, la Civilisation de ce temps
Et elle mange son chien crevé dans un plat d’or. »

Coventry Patmore, Arbor Vitae in Poemes - Traduction par Paul Claudel

 

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14/04/2022

Ces fous...

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13/04/2022

Ils ne sont que des nains

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« ls ne connaissent ni les mythes grecs ni l’éthique chrétienne ni les moralistes français ni la métaphysique allemande ni la poésie de tous les poètes du monde. Devant la vraie vie, ils ne sont que des nains. Mais ce sont des Goliaths techniciens – donc des géants dans toute œuvre de destruction, où se dissimule finalement leur mission, qu’ils ignorent en tant que telle. Ils sont d’une clarté et d’une précision inhabituelles dans tout ce qui est mécanique. Ils sont déroutés, rabougris, noyés dans tout ce qui est beauté et amour. Ils sont titans et cyclopes, esprits de l’obscurité, négateurs et ennemis de toutes forces créatrices. Eux qui peuvent réduire à rien des millions d’années par quelques maigres efforts, sans laisser aucune œuvre derrière eux qui puisse égaler le moindre brin d’herbe, le moindre grain de blé, la plus modeste aile de moustique. Ils sont loin des poèmes, du vin, du rêve, des jeux, empêtrés sans espoir dans des doctrines fallacieuses, énoncées à la façon des instituteurs prétentieux. Néanmoins, ils ont leur mission à accomplir. »

Ernst Jünger, Journal -- à la date du 22 Septembre 1945

 

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12/04/2022

Devenez petits !

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« La "vocation universelle de la France" a longtemps servi le patriotisme français ; elle s'est retournée aujourd'hui contre lui. Comme Charrette, il y a deux siècles, ceux qui se lèvent pour prendre la tête de la résistance savent leur combat perdu d'avance. Il faut lire dans "Quatrevingt-treize", de Victor Hugo, sans doute le récit le plus exaltant sur cette guerre de Vendée, qui en suscita pourtant de nombreux, la tirade finale que le marquis de Lantenac, chef des Blancs, adresse à son geôlier républicain, pour comprendre Charrette au jour de son exécution : "Soit, messieurs soyez les maîtres, régnez, prenez vos aises, donnez-vous-en, ne vous gênez pas. Tout cela n'empêchera point que la religion ne soit la religion, que la royauté n'emplisse quinze cent ans de notre histoire, que la vieille seigneurie française, même décapitée, ne soit plus haute que vous... Allez ! Allez ! Faites ! Soyez les hommes nouveaux. Devenez petits !"

Nous sommes tous des catholiques vendéens.»

Eric Zemmour, Destin Français

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11/04/2022

Cette pauvre impure...

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« Si vous la rencontrez, bizarrement parée,
Se faufilant, au coin d’une rue égarée,
Et la tête et l’œil bas, comme un pigeon blessé,
Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé,

Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d’ordure
Au visage fardé de cette pauvre impure
Que déesse Famine a, par un soir d’hiver,
Contrainte à relever ses jupons en plein air. »

Charles Baudelaire, Œuvres posthumes

 

 

 

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La tendance innée de l'être humain au "mal"...

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« Car les braves gens n'aiment pas que l'on évoque la tendance innée de l'être humain au "mal", à l'agressivité, à la destruction et, du coup, aussi à la cruauté. Car enfin, Dieu les a créés à l'image de sa propre perfection, ils ne veulent pas qu'on vienne leur rappeler combien il est difficile de concilier l'indéniable existence du mal -- en dépit des affirmations de la Christian Science -- avec Sa toute-puissance ou Son infinie bonté. Le diable serait le meilleur moyen de s'en sortir pour excuser Dieu, il se chargerait du même rôle d'exonération économique que le Juif dans le monde de l'idéal aryen. Mais même alors : après tout, on peut tout aussi bien demander des comptes à Dieu pour l'existence du diable que pour celle du mal qu'il incarne. Face à ces difficultés, il est prudent pour chacun, à l'endroit approprié, de s'incliner bien bas devant la nature profondément morale de l'homme ; cela aide à se faire aimer de tous et, en échange, ils fermeront les yeux sur bien des choses. »

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation

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