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08/03/2021

Dépasser le ressentiment pour sauver la démocratie avec Cynthia Fleury

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06/03/2021

L’art comme épluchage

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« Lundi, école d’art de Caen. On m’a demandé d’expliquer pourquoi la bonté me paraissait plus importante que l’intelligence ou le talent. J’ai fait de mon mieux, j’ai eu du mal : mais je sais que c’était vrai. Ensuite j’ai visité l’atelier de Rachel Poignant, qui utilise des moulages de différentes parties de son corps. Je suis tombé en arrêt devant de longues lanières recouvertes du moulage d’un de ses tétons (le droit ? le gauche ? je ne sais plus). Par la consistance caoutchouteuse, par l’aspect, cela évoquait franchement des tentacules de pieuvre. Pourtant, j’ai assez bien dormi.

Mercredi, école d’art d’Avignon, pour une "journée du ratage" organisée par Arnaud Labelle-Rojoux. Je devais parler de l’échec sexuel. Les choses ont démarré presque gaiement, par une projection de courts-métrages réunis sous le titre de Films sans qualités : les uns hilarants, les autres étranges, parfois les deux (je crois que la cassette tourne dans différents centres d’art ; il serait dommage de la manquer). Puis j’ai vu une vidéo de Jacques Lizène. La misère sexuelle le hante. Son sexe dépassait d’un trou ménagé dans une plaque de contreplaqué ; il était enserré dans un nœud coulant par une ficelle servant à l’actionner. Il l’agitait lentement, par secousses, comme une marionnette molle. J’étais très mal à l’aise. Cette ambiance de décomposition, de foirage triste qui accompagne l’art contemporain finit par vous prendre à la gorge ; on peut regrette Joseph Beuys et ses propositions empreintes de générosité. Il n’empêche que le témoignage porté sur l’époque est d’une précision éprouvante. Toute la soirée j’y ai pensé, sans pouvoir échapper à ce constat : l’art contemporain me déprime ; mais je me rends compte qu’il représente, et de loin, le meilleur commentaire récent sur l’état des choses. J’ai rêvé de sacs poubelles débordant de filtres à café, d’épluchures, de viande en sauce. J’ai pensé à l’art comme épluchage, aux bouts de chair qui restent collés aux épluchures.

Samedi, rencontre littéraire dans le Nord de la Vendée. Quelques écrivains "régionalistes de droite" (on reconnait qu’ils sont de droite à ce que, parlant de leurs origines, ils aiment à signaler un ancêtre juif à la quatrième génération ; ainsi chacun peut constater leur largeur d’esprit). Sinon, comme partout, public très divers : aucun autre point commun que la lecture. Ces gens vivent dans une région où le nombre de nuances de vert est infini ; mais, sous le ciel parfaitement gris, toutes les nuances de vert s’éteignent. On a donc affaire à un infini éteint. J’ai pensé à la course des planètes après la fin de toute vie, dans un univers de plus en plus froid, marqué par l’extinction progressive des étoiles ; et les mots de "chaleur humaine" m’ont presque fait pleurer.

Dimanche, j’ai repris le TGV pour Paris ; fin des vacances. »

Michel Houellebecq, Interventions 2020

 

 

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21/02/2021

Une infime fraction...

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« Ceux qui n'ont pas pénétré assez loin dans le monde des plaisirs amoureux ne peuvent juger les femmes que d'après ce qu'ils voient. Mais ceux qui les connaissent vraiment savent que l'œil ne révèle qu'une infime fraction de ce qu'une femme peut offrir. »

Milan Kundera, La valse aux adieux

 

 

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11/02/2021

Les silences de Maurice Zundel

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10/02/2021

Il s'agissait donc d'autre chose que d'une morale d'interdit

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« Cette expérience consista essentiellement à l'époque à percevoir l'exigence de pureté dans une personne. Il s'agissait donc d'autre chose que d'une morale d'interdit qui engendre un sentiment de culpabilité. Il s'agissait d'un rapport lumineux avec quelqu'un en qui la pureté s'identifiait avec l'être. »

Maurice Zundel, À l'écoute du silence

 

 

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09/02/2021

Vous vous sentez délivré de vous-même

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« Quand dans l'émerveillement de la musique, de l'architecture, de la peinture, de la nature ou de l'amour, vous vous sentez délivré de vous-même, votre regard se porte sur la beauté et, tandis que vous vous perdez de vue, vous vous sentez exister avec une plénitude incomparable. Et c'est à ce moment là justement que la vie atteint son sommet, quand cessant de vous regarder vous n'êtes plus qu'un regard vers l'autre. »

Maurice Zundel, À l'écoute du silence

 

 

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08/02/2021

Des cadavres d'humanité

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« La plupart des vies, malheureusement sont des cadavres d'humanité... la plupart des hommes sont portés par leur biologie au lieu de la porter. Ils meurent avant de vivre... C'est pourquoi le vrai problème n'est pas de savoir si nous serons vivants après la mort, mais bien si nous serons vivants avant la mort. »

Maurice Zundel, À l'écoute du silence

 

 

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07/02/2021

Maurice Zundel (La Foi prise au mot - KTOTV)

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06/02/2021

Appel à la transformation créatrice

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« L'immortalité n'est pas une rallonge mise à notre vie biologique dans la crainte de crever. Ce n'est pas du tout cela... Elle est, en nous, d'abord appel à la transformation créatrice où l'homme atteint à une sorte d'aséité en devenant vraiment la source de sa vie : dans le dialogue silencieux où sa personnalité se réalise, dans l'échange avec la Présence infinie qui est, comme disait Augustin, la Vie de notre vie. »

Maurice Zundel, À l'écoute du silence

 

 

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05/02/2021

Libres de nous-mêmes

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« Nous avons besoin, assurément, un besoin physique, biologique, de présence humaine, mais il est très rare que ce besoin de présence aille jusqu'à l'intimité, jusqu'au mystère de la personne, jusqu'à son secret éternel qui ne peut se faire jour que dans des conditions privilégiées.
Et toutes les relations humaines, la plupart du temps, sont tissées de banalités et s'accomplissent dans le conventionnel. Chacun, gardant son quand-à-soi, cache la privauté de son âme, avoue à peine ses convictions véritables, en sorte qu'on a affaire, finalement, à une humanité passe-partout qui n'a d'autre enracinement dans l'univers que ses besoins physiques.

Il y a des moments privilégiés où, tout de même, la rencontre humaine se fait, où le visage de l'autre apparaît sans masque, dans son authenticité, ce qui est très rare, parce que, justement, pour qu'un homme puisse révéler son vrai visage, il faut qu'il atteigne au niveau de l'existence le plus profond, là où sa vie s'enracine dans l'éternel.
Et quand sommes-nous à ce niveau le plus profond où notre vie s'enracine dans l'éternel et où nous sommes sûrs d'atteindre à la réalité de l'être humain ? Eh bien, c'est quand nous sommes complètement libres de nous-mêmes. Nous devenons une présence quand tout est situé à l'intérieur de notre pensée et de notre amour comme en sa source, c'est-à-dire quand nous sommes devenus nous-mêmes une offrande, un don, un présent. »

Maurice Zundel, À l'écoute du silence

 

 

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04/02/2021

Plénitude de la vie, joie infinie...

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« Il ne s'agit pas de se défendre contre des forces hostiles que l'on n'arrive pas à apprivoiser, il ne s'agit pas d'impuissance et d'ignorance, il s'agit de plénitude de la vie ; il s'agit de la joie infinie, il s'agit d'une liberté enfin reconnue, celle qui fait justement de notre puissance de choisir le pouvoir de nous donner, de tout donner en nous donnant. Combien de philosophes ont peiné pour définir la liberté, pour la concilier avec déterminisme, et il n'y en a peut-être pas un qui ait compris que le sens de la liberté, c'était justement de faire de nous-même un don. Mais un don à qui, sinon à une générosité qui s'annonce comme telle au plus profond de nous ? »

Maurice Zundel, À l'écoute du silence

 

 

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03/02/2021

Le don nuptial de sa présence en moi

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« Qu'est-ce que je fais de la vie de Dieu qui m'est confiée ?
À travers moi, comment les autres peuvent-ils le recevoir de moi ? Pour vivre cet ordre de l'amour, il faut être continuellement en contact avec Dieu. Dès que l'on perd le contact, le monde se décolore à l'instant même et perd sa dimension infinie. Il faut donc que j'espère pour lui plutôt que pour moi. Que va-t-il arriver au cours de cette histoire humaine que j'ai à faire en me faisant ? S'il est vrai qu'il est concerné par chacune de mes décisions, si bien que ce qui consacre ma dignité est sa vie confiée à la mienne, je ne puis remettre à demain une fidélité indispensable à son incarnation en moi aujourd'hui.

Ce qui nous aidera le mieux à garder cette fidélité, qui conditionne notre libération, c'est la certitude, fondée sur l'expérience la plus quotidienne, que la présence de Dieu ne peut s'actualiser, dans notre histoire, que par notre méditation.
Si je tarde à me libérer, non seulement je méconnais le don nuptial de sa présence en moi, non seulement je manque à mon humanité en restant esclave de mes déterminismes, mais je l'empêche aussi de se manifester et de se communiquer à travers moi, en privant les autres de cette révélation spirituelle qui peut seule les toucher. »

Maurice Zundel, Je ne crois pas en Dieu, je le vis

 

 

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02/02/2021

Egalité, Fraternité, Diversité...

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« Quand le grand ethnologue allemand Kurt Unkel, mieux connu sous le nom de Nimuendaju que lui avaient conféré les Indiens du Brésil auxquels il a consacré sa vie, revenait dans les villages indigènes après un long séjour dans un centre civilisé, ses hôtes fondaient en larmes à la pensée des souffrances qu’il avait du encourir loin du seul endroit où, pensaient-ils, la vie valait la peine d’être vécue. Cette profonde indifférence aux cultures autres était, à sa manière, une garantie pour elles de pouvoir exister à leur guise et de leur côté. »

« En empruntant une autre image, on pourrait dire que les cultures ressemblent à des trains qui circulent plus ou moins vite, chacun sur sa voie propre et dans une direction différente. Ceux qui roulent de conserve avec le nôtre nous sont présents de la façon la plus durable ; nous pouvons à loisir observer le type des wagons, la physionomie et la mimique des voyageurs à travers les vitres de nos compartiments respectifs. Mais que, sur une autre voie oblique ou parallèle, un train passe dans l’autre sens et nous n’en apercevons qu’une image confuse et vite disparue, à peine identifiable pour ce qu’elle est, réduite le plus souvent à un brouillage momentané de notre champ visuel, qui ne nous livre aucune information sur l’évènement lui-même et nous irrite seulement parce qu’il interrompt la contemplation placide du paysage servant de toile de fond à notre rêverie. Or, tout membre d’une culture en est aussi étroitement solidaire que ce voyageur idéal l’est de son train. Dès la naissance, probablement même avant, les êtres et les choses qui nous entourent montent en chacun de nous un appareil de références complexes formant système : conduites, motivations, jugement implicites que, par la suite, l’éducation vient confirmer par la vue réflexive qu’elle nous propose du devenir historique de notre civilisation. Nous nous déplaçons littéralement avec ce système de référence, et les ensembles culturels qui se sont constitués en dehors de lui ne nous sont perceptibles qu’à travers les déformations qu’il leur imprime. Il peut même nous rendre incapable de les voir. »

« Sans doute nous berçons-nous du rêve que l’égalité et la fraternité règneront un jour entre les hommes sans que soit compromise leur diversité. Mais si l’humanité ne se résigne pas à devenir la consommatrice stérile des seules valeurs qu’elle a su créer dans le passé, capable seulement de donner le jour à des ouvrages bâtards, à des inventions grossières et puériles, elle devra réapprendre que toute création véritable implique une certaine surdité à l’appel d’autres valeurs, pouvant aller jusqu’à leur refus sinon même à leur négation. Car on ne peut, à la fois, se fondre dans la jouissance de l’autre, s’identifier à lui, et se maintenir différent. Pleinement réussie, la communication intégrale avec l’autre condamne, à plus ou moins brève échéance, l’originalité de sa et de ma création. »

Claude Lévi-Strauss, Race et culture

 

 

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01/02/2021

L’immense travail de domestication accompli par les femmes au cours des millénaires

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« Pour ma part j’ai toujours considéré les féministes comme d’aimables connes, inoffensives dans leur principe, malheureusement rendues dangereuses par leur désarmante absence de lucidité. Ainsi pouvait-on dans les années 1970 les voir lutter pour la contraception, l’avortement, la liberté sexuelle, etc. tout à fait comme si le "système patriarcal" était une invention des méchants mâles, alors que l’objectif historique des hommes était à l’évidence de baiser le maximum de nanas sans avoir à se mettre une famille sur le dos.

Les pauvres poussaient même la naïveté jusqu’à s’imaginer que l’amour lesbien, condiment érotique apprécié par la quasi-totalité des hétérosexuels en activité, était une dangereuse remise en cause du pouvoir masculin. Elles manifestaient enfin, et c’était le plus triste, un incompréhensible appétit à l’égard du monde professionnel et de la vie de l’entreprise ; les hommes, qui savaient depuis longtemps à quoi s’en tenir sur la "liberté" et "l’épanouissement" offerts par le travail, ricanaient doucement.

Trente ans après les débuts du féminisme "grand public", les résultats sont consternants. Non seulement les femmes sont massivement entrées dans le monde de l’entreprise, mais elles y accomplissent l’essentiel des tâches (tout individu ayant effectivement travaillé sait à quoi s’en tenir sur la question : les employés masculins sont bêtes, paresseux, querelleurs, indisciplinés, incapables en général de se mettre au service d’une tâche collective quelconque).

Le marché du désir ayant considérablement étendu son empire, elles doivent parallèlement, et parfois pendant plusieurs dizaines d’années, se consacrer à l’entretien de leur "capital séduction", dépensant une énergie et des sommes folles pour un résultat dans l’ensemble peu probant (les effets du vieillissement restant grosso modo inéluctables). N’ayant nullement renoncé à la maternité, elles doivent en dernier lieu élever seules le ou les enfants qu’elles ont réussi à arracher aux hommes ayant traversé leur existence – lesdits hommes les ayant entretemps quittées pour une plus jeunes ; encore bien heureuses lorsqu’elles réussissent à obtenir le versement de la pension alimentaire.

En résumé, l’immense travail de domestication accompli par les femmes au cours des millénaires précédents afin de réprimer les penchants primitifs de l’homme (violence, baise, ivrognerie, jeu) et d’en faire une créature à peu près susceptible d’une vie sociale s’est trouvé réduit à néant en l’espace d’une génération. »

Michel Houellebecq, Interventions 2020

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31/01/2021

Le pouvoir de se donner une loi à soi-même

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« Tous les traits positifs de la voie du surhomme se rattachent à ce second aspect : le pouvoir de se donner une loi à soi même, le "pouvoir de dire non, de ne pas agir, quand on est poussé par une force prodigieuse, par une énorme tension vers le oui" ; l’ascèse naturelle et libre qui s’applique à éprouver ses propres forces en jugeant "la puissance d’une volonté au degré de résistance, de douleur, de tourment qu’elle peut supporter pour les tourner à son avantage" (si bien que de ce point de vue tout ce que l’existence offre de mauvais, de douloureux, de problématique, tout ce qui nourri les formes populaires des religions sotériologiques, est accepté et même désiré) ; avoir pour principe de ne pas obéir aux passions, mais de les tenir en laisse ("la grandeur de caractère ne consiste pas à ne pas avoir de passions – il faut les avoir au plus haut degré, mais les tenir en laisse, et sans que cette domination soit une source de joie particulière, avec simplicité") ; l’idée que "l’homme supérieur se distingue de l’inférieur par son intrépidité, son défi au malheur" ("c’est un signe de régression quand les valeurs eudémonistes commencent à être considérées comme les plus hautes") ; et répondre, stupéfait, à ceux qui montrent "le chemin de la félicité" pour inciter l’homme à se conduire de telle ou telle manière : "Mais que nous importe à nous le bonheur ?" ; reconnaître qu’un des moyens par lesquels se conserve une espèce humaine supérieure consiste "à s’arroger le droit à des actes exceptionnels vécus comme des tentatives de victoire sur soi-même et des actes de liberté… à s’assurer, par une espèce d’ascèse, une prépondérance et une certitude quant à sa propre force de volonté" sans fuir aucune sorte de privation ; affirmer la liberté qui consiste à "maintenir la distance qui nous sépare, être impassible devant les peines, les duretés de l’existence, les privations, la vie même", le type le plus élevé d’homme libre étant représenté par "celui qui surmonte constamment les plus fortes résistances… le grand péril faisant de lui un être digne de vénération" ; dénoncer la néfaste confusion entre discipline et aveulissement (le but de la discipline ne peut être qu’une force plus grande – "celui qui ne domine pas est faible, dissipé, inconstant") et tenir pour certain que "la dissolution n’est un argument que contre celui qui n’y a pas droit et que toutes les passions ont été discréditées par la faute de ceux qui n’étaient pas assez fort pour les tourner à leur avantage" ; montrer la voie de ceux qui, libres de tout lien, n’obéissent qu’à leur seule loi, adhèrent inflexiblement à celle-ci et sont au-dessus de toute faiblesse humaine ; enfin tout ce qui fait que le surhomme n’est pas la "blonde bête de proie", ni l’héritier d’une équivoque virtus de despotes de la Renaissance, mais est aussi capable de générosité, de promptitude à accorder une aide virile, de "vertu donatrice", de grandeur d’âme, de surpassement de sa propre individualité – tout cela représente un ensemble d’éléments positifs que l’homme de la Tradition aussi peut faire siens mais qui ne s’expliquent et ne sont tels qu’à la condition d’être rapportés, non à la vie, mais au "plus-que-vie", à la transcendance ; ce sont des valeurs qui ne peuvent attirer que les hommes portant en eux quelque chose d’autre et de plus que la simple "vie". »

Julius Evola, Chevaucher le tigre

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