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04/12/2020

Un cercle formidable autour de la pensée...

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« En Amérique, la majorité trace un cercle formidable autour de la pensée. Au-dedans de ces limites, l'écrivain est libre; mais malheur à lui s'il ose en sortir. Ce n'est pas qu'il ait à craindre un autodafé, mais il est en butte à des dégoûts de tous genres et à des persécutions de tous les jours. La carrière politique lui est fermée : il a offensé la seule puissance qui ait la faculté de l'ouvrir. On lui refuse tout, jusqu'à la gloire. Avant de publier ses opinions, il croyait avoir des partisans; il lui semble qu'il n'en a plus, maintenant qu'il s'est découvert à tous; car ceux qui le blâment s'expriment hautement, et ceux qui pensent comme lui, sans avoir son courage, se taisent et s'éloignent. Il cède, il plie enfin sous l'effort de chaque jour, et rentre dans le silence, comme s'il éprouvait des remords d'avoir dit vrai. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique

 

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03/12/2020

Incendiez vos vaisseaux

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« Quand vous serez certain de votre vocation, tenez-vous-y ferme, rompez sans hésitation avec tout ce qui prétend vous en détourner : règles mondaines, conformité aux usages de votre classe, pressions familiales. Brisez déterminément les chaînes des faux devoirs avec quoi la société espère vous entraver et, tel qu’Antoine ceux des Égyptiens à la veille de la bataille d’Actium, incendiez vos vaisseaux.
Car, ne vous y trompez pas, ce sera une bataille, et une rude. Un combat en vue duquel vous devrez bronzer votre cœur ; vous forger une âme de guerrier.
La rupture, c’est l’éveil, la tension, le renouvellement. La douleur, certes, mais aussi l’aventure.

Vive l’aventure, mon cher filleul ! Vive les passions ! Vive l’inconnu ! Vive le terrible ! »

Gabriel Matzneff, De la rupture

 

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Une hirondelle émigrante s’enfonce dans les airs

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« Pendant la première année, le délicat Sturel vint rarement au Café Voltaire. Il passait les soirées à la villa, auprès de mademoiselle Alison, ou rue de Chateaubriand, chez madame Astiné Aravian. Elle s’était installé un vrai salon oriental : un divan circulaire, avec un grand tapis de Smyrne, au centre un brasero, sous un lustre luxueux, de mauvais goût et chargé de cristaux. Elle avait fait creuser aux murs de petites niches présentant les courbes persanes, où elle plaçait ses bibelots, colliers de perles, de corail, reliques précieuses, poignards, et ceintures circassiennes ornées de turquoises. De ces mêmes objets, beaucoup étaient épars sur le divan, miroirs ronds, amulettes en forme de triangles pendues à des chaînes de cou, collections de voiles légers aux couleurs tendres. Sa fleur était le jasmin, qui toujours avec la rose enchanta l’Orient. Parfois, une longue tunique descendait jusqu’à ses pieds, ouverte devant sur une robe que serrait à la taille une ceinture en étoffe d’argent ornée de rubis. Des amis lui dirent, sans doute, que Paris est las des turqueries, car elle ferma presque aussitôt cette pièce à la fois singulière et banale, pour vivre — comme devrait raisonnablement faire avec ses intimes toute jolie femme — dans le plus élégant des cabinets de toilette.

Sturel était de ces gens qui, de propos délibéré, excluent absolument de leur imagination les réalités mesquines. Il avait en horreur les parties basses de la vie, toutes les nécessités physiques, et tenait pour de simples misérables ceux qui se plaisent à y faire allusion pour nourrir leurs plaisanteries. Cette délicatesse le conduisit à passer dans la chambre des femmes de plus longs moments de sa jeunesse qu’avec ses amis. Naturellement dédaigneux et exclusif, il exagérait encore ce caractère, parce qu’il se rappelait toujours que deux femmes raffinées l’appréciaient. Rœmerspacher, qui n’en était pas à se réjouir des trivialités, en tolérait pourtant de ses camarades, dont la moindre faisait souffrir l’ami de Thérèse Alison et d’Astiné Aravian. Aussi, les deux jeunes gens se voyaient-ils peu.

Mais l’Asiatique avait de romanesque tout ce que peut en contenir une âme sans tourner à la niaiserie. Elle avait fréquemment dit à son ami : "Vous allez me juger sévèrement ! Dès que je n’ai plus un très grand plaisir à voir celui que j’aime, soudain sa vue me devient pénible : il me fait souvenir qu’une chose heureuse est morte." En novembre 1883, après des vacances où il avait tant souffert de ne recevoir aucune lettre, Sturel, qui de la gare de l’Est s’était fait conduire rue de Chateaubriand, apprit que depuis deux mois la jeune femme avait disparu. Tous ses meubles déposés chez son tapissier, elle avait pris le train de Marseille, sans laisser d’adresse ni d’instructions. Une hirondelle émigrante s’enfonce dans les airs. Il fut mélancolique et fréquenta la table de Rœmerspacher. »

Maurice Barrès, Les déracinés

 

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01/12/2020

Yukio Mishima 4/4 : Pour en finir avec le japonisme (France Culture / La compagnie des auteurs)

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30/11/2020

Yukio Mishima 3/4 : Le noyau du fantasme (France Culture / La compagnie des auteurs)

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29/11/2020

Yukio Mishima 2/4 : L’Ange (France Culture / La compagnie des auteurs)

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28/11/2020

Yukio Mishima 1/4 : Vivre pour mourir (France Culture / La compagnie des auteurs)

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27/11/2020

Yukio Mishima (1925-1970), l’épée et le cerisier : Une vie, une œuvre (1990 / France Culture)

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24/11/2020

Dépasser la commune polygraphie

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« Disons-le en passant : des jeunes gens qui se croient doués pour écrire n’ont qu’à laisser les sentiments qui, cette semaine, avec le plus d’intensité les hantent, s’exprimer sous la forme qui, pour l’instant, leur paraît la plus aimable — et entasser le tout dans un tiroir. Se relisant après quelques mois, ils sentiront dans ce fouillis ce qui leur fait le plus de plaisir. Et si quelque page, une sur mille, est enveloppée d’un fluide, comme le visage émouvant d’une femme porte partout une atmosphère, c’est qu’ils sont nés pour dépasser la commune polygraphie… Plutôt que de faire le commis voyageur et de se perdre en vanteries à la table de Rœmerspacher, ces artistes débutants devraient en eux laisser agir la nature. Seule, cette puissance silencieuse saurait leur dire la direction de leur génie. À leur dam, parfois, dans la suite, ils se croiront obligés de se conformer aux images qu’à l’avance ils ont proposées d’eux-mêmes. »

Maurice Barrès, Les déracinés

 

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23/11/2020

L’ordre social

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« Parce qu’ils ne sont pas pauvres, Rœmerspacher et Saint-Phlin Jouissent de la plus noble des libertés : ils s’orientent vers le point où sont amassés leurs véritables matériaux de nutrition. Ils se passionnent pour la connaissance des phénomènes de l’esprit, c’est-à-dire pour les différents sentiments ou états de conscience. Reconnaissons-leur un don pour distinguer l’évolution des diverses formes de l’intelligence dans les individus, dans les peuples et dans les races ; ils discutent volontiers sur les moyens de servir le plus utilement la grandeur de l’humanité.

Saint-Phlin, en qui le vieux duché de Bar et M. Le Play unissent leurs voix, pensait que l’on aurait beaucoup à emprunter aux coutumes du passé. Rœmerspacher, en plus de la médecine, étudiait l’histoire, non l’histoire éloquente, mais l’érudite, à l’École des Hautes Études ; sa belle vigueur physique et morale le poussait à avoir confiance dans l’esprit de nouveauté. Leurs conclusions ne s’accordaient pas. Mais, comme les tireurs qui ont l’habitude de faire des armes ensemble, ils se rendaient hommage l’un à l’autre. Dans leurs discussions, ils goûtaient un grand plaisir : la franc-maçonnerie d’un langage commun ; — d’ailleurs, elle les amenait fréquemment à soupçonner les autres d’inintelligence, quand eux-mêmes n’avaient su ni comprendre, ni se faire comprendre. Enfin, ils étaient gourmands. C’est de chez Foyot qu’à certains jours ils se plaisaient à examiner les transformations insensibles des mœurs et la date où elles seront légalisées par un nouveau statut social. De là, fort échauffés, ils se rendaient au Café Voltaire.

Au terme de leurs colloques, ils s’apercevaient qu’ils étaient nés pour conclure à des vérités différentes, mais que, sur la méthode, ils s’accordaient. Depuis le lycée, ils n’avaient pas perdu leur temps ; le caractère scrupuleux de Saint-Phlin, qui jadis faisait rire, forçait maintenant l’estime ; et tous deux, ils avaient compris une chose très importante : nous pouvons admirer ou blâmer l’ordre social, — c’est un agréable exercice de conversation, et pourquoi s’en priver ! — mais, si nous prétendons le rectifier, il faut d’abord que nous le prenions très au sérieux par ce fait seul qu’il existe. Attachons-nous à reconnaître ce qu’il a d’excellent parmi des défauts qui nous ont facilement frappés. Sans posséder une force d’analyse qui leur permît de fixer leur attention sur Gambetta et son équipe, assez longtemps pour saisir en quoi le système a modifié le milieu préexistant, ces jeunes gens entrevoyaient que le clan gambettiste a fourni à la France un gouvernement, une administration, des moyens et un état d’esprit qui durent.

— Quoi que puisse faire notre intelligence pour se dégager, disait Rœmerspacher, nous réagissons selon le gambettisme, où nous sommes plongés.

— Oui, dit Saint-Phlin, Bouteiller nous a ouvert les fenêtres sur la France,

"Quum gœtula ducem portaret hellua luscum…"
"quand l’énorme bête de Gétulie portait sur son dos le général borgne !…"

Le poète Léon Valade, à une table voisine, leva la tête et regarda avec douceur ces jeunes gens qui aimaient les vers pittoresques. »

Maurice Barrès, Les déracinés

 

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21/11/2020

Michel Onfray : "Ce que j'ai vu dans le Haut-Karabakh"

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De retour du Haut-Karabakh, Michel Onfray était avant-hier l'invité de la TV arménienne, où il a pu livrer son sentiment sur l'invasion de la région par les forces azerbaïdjanaises et leur allié turc.

La vidéo intégrale sur ce lien, ici... à regarder toute affaire cessante... 

 


Cliquez sur la photo...

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Haut-Karabakh : Sylvain Tesson regrette le "silence assourdissant" de l'Europe

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20/11/2020

Le prétendu pouvoir illimité des tyrans est une pure illusion

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« Expliquer comment, sur la base d'un volontariat intégral, il peut se développer la contrainte la plus complète et la plus débridée que connaisse un pouvoir, voilà une tâche pour ceux qui se plaisent à résoudre des paradoxes. L'oppression est une résultante des libres volontés des individus et non un dessein maléfique des tyrans. Aux mains de ce pouvoir, les tyrans sont tout autant des pions que leurs victimes. Le prétendu pouvoir illimité des tyrans est une pure illusion, produite par une situation où les victimes du pouvoir sont en fait toutes-puissantes. »

Alexandre Zinoviev, Les hauteurs béantes

 

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Approbation...

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« Les masses approuvent massivement la déclaration de leurs chères autorités et stigmatisent l'exclu volontaire, tout en exigeant que des mesures sévères pour que notre société déjà si saine le soit encore plus et se débarrasse de semblables dégénérés. Certains exigent qu'on le mette dehors. Mais il s'agit d'une minorité. La majorité, elle, exige qu'on le coffre immédiatement. Car le mettre dehors, c'est comme une récompense capitale. Où le mettre dehors ? En Occident ? À ce compte, nous aussi aimerions bien être exclus en direction de l'Europe. Non, il n'en est pas question. Faut le coffrer sans attendre, parce qu'il y en a vraiment qui se croient tout permis. »

Alexandre Zinoviev, Notes d'un veilleur de nuit

 

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18/11/2020

Xavier Bougarel : La division Handschar - Waffen-SS de Bosnie, 1943-1945

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