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19/06/2018

Le rapprochement de la jeunesse du monde

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« Longtemps, j'ai cru m'en tirer sans éclats. J'appartenais à cette génération heureuse qui aura eu vingt ans pour la fin du monde civilisé. On nous aura donné le plus beau cadeau de la terre : une époque où nos ennemis, qui sont presque toutes les grandes personnes, comptent pour du beurre. Votre confort, vos progrès, nous vous conseillons de les appliquer aux meilleurs systèmes d'enterrements collectifs. Je vous assure que vous en aurez grand besoin. Car, lentement, vous allez disparaître de cette terre, sans rien comprendre à ces fracas, à ces rumeurs, ni aux torches que nous agitons. Voilà vingt ans, imbeciles, que vous prépariez dans vos congrès le rapprochement de la jeunesse du monde. Maintenant vous êtes satisfaits. Nous avons opéré ce rapprochement nous-mêmes, un beau matin, sur les champs de bataille. Mais vous ne pouvez pas comprendre. »

Roger Nimier, Le Hussard bleu

 

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Sentir en nous les véritables valeurs du monde

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« Pour nous qui étions accourus vers ces provinces baltiques, ce mot "marche en avant", prenait une signification grosse de mystère et délicieusement dangereuse. Dans l’attaque nous espérions trouver une délivrance, une suprême exaltation de nos forces ; nous espérions trouver la confirmation que nous étions à la hauteur de notre destin, nous espérions sentir en nous les véritables valeurs du monde. Nous marchions, nourris par d’autres certitudes que celles qui avaient cours dans notre pays. Nous croyions aux instants où toute une vie se trouve ramassée, nous croyions au bonheur d’une prompte décision. "Marche en avant" ne voulait pas dire pour nous la marche vers un but militaire, vers un point de la carte, vers une ligne qu’il fallait conquérir. "Marche en avant", c'était pour nous la naissance d’une force nouvelle qui pousse le guerrier vers un sommet plus haut, c’était la rupture de tous les liens qui nous attachaient à ce monde corrompu, à ce monde à la dérive, avec lequel un véritable guerrier ne pouvait plus rien avoir de commun. »

Ernst von Salomon, Les Réprouvés

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18/06/2018

Un abri tellement profond que le reste de l’univers semble avoir disparu

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« Le goût du passé ne s’acquiert pas. L’enfant le possède, qui est triste à sept ans d’avoir atteint ce qu’on nomme autour de lui l’âge de raison, qui ne veut pas grandir, qui veut retenir autour de lui un monde fuyant et beau, ses jouets, sa mère jeune. Elle le possède la petite fille, qui sait que demain ses poupées ne seront plus qu’un assemblage de bois, d’étoupe et de porcelaine. Peut-être même, contrairement à l’opinion commune, le temps qui fuit est-il plus sensible à l’adolescent qui regrette à vingt ans sa dix-huitième année, au jeune homme de vingt-cinq ans qui se penche, avec un coup au cœur, sur sa propre jeunesse, qu’à l’homme mûr installé dans sa vie solide, et possesseur du temps présent. On me l’a dit. Je crois plutôt que le sens du passé naît en même temps que certains êtres, et que d’autres ne le connaîtront jamais que sous la forme d’une nostalgie banale et fugace.

Il est des époques de l’existence pourtant, où le passé, même le plus voisin, constitue un abri tellement profond que le reste de l’univers semble avoir disparu. Si je me retourne vers lui en ce moment, c’est que j’ai, pour quelques mois, l’impression que ce passé forme un tout désormais descendu, quoi qu’il arrive, dans l’irrévocable. »

Robert Brasillach, Notre avant-guerre

 

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Un moment où le besoin de repos, le besoin de paix, submerge la volonté de vie d'un moribond

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« Il y a presque toujours un moment où le besoin de repos, le besoin de paix, submerge la volonté de vie d'un moribond ; il est trop fatigué, il se rend, il s'arrête, comme un naufragé dans l'immensité de la mer cesse soudain de nager. De petites signes, une mollesse, l'ombre d'une veulerie passe sur le visage d'un combattant usé par la longue bataille : c'est fini, il accepte, il est déjà mort, mais la Mort, elle, a un rendez-vous et elle attend son heure. Il est plus rare — sauf chez les femmes — de voir le combat perdu se poursuivre jusqu'au bout, sans raison et sans espoir, et la Mort obligée d'arracher sa victoire de haute lutte. Chez Learoyd, il n'y avait pas un signe, rien, ni angoisse, ni doute, ni volonté, ni lassitude, rien. Toute l'énergie était tournée vers l'intérieur et je ne voyais qu'une carcasse décharnée.
Quand il se releva, huit jours plus tard, je pensais aux petits bouts de bois qui font éclater la pierre, à cette force invisible qui m'avait fait choisir d'être botaniste. »

Pierre Schoendoerffer, L'adieu au roi

 

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17/06/2018

Chaque fois qu'un être naît...

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« Je déclarai, péremptoire :
— Chaque fois qu'un être naît, c'est un monde entier, avec son soleil, ses étoiles, ses brins d'herbes, qui naît et prend peu à peu sa teinte particulière, sa nuance personnelle. Chaque fois qu'un être meurt, c'est son monde entier, avec son soleil, ses étoiles et ses brins d'herbes qui disparaît à jamais. La disparition de ces mondes est scandaleuse, mais plus le monde est riche et coloré, plus le scandale est grand. Alors faisons un scandale énorme et que Dieu aie honte.

La mort du huitième Japonais paralysé sur la piste du Golgotha me semblait déjà une injustice et un grand scandale parce que son monde était riche ; il voulait vivre son agonie quelques heures de plus, impuissant, dévoré vivant… Les couleurs du monde de Learoyd, qui avait conquis un royaume et qui avait chassé Dieu, étaient plus éclatantes que les miennes, son soleil était plus brûlant. Il avait réveillé un vieux peuple et annoncé le retour des temps aventureux. Il était le sel dans le riz, avait di Gwaï… Je fis part de ma décision au vieux missionnaire ébahi :
— Je ne vais pas rentrer. Je vais rester avec Learoyd. »

Pierre Schoendoerffer, L'adieu au roi

 

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Nous vivons sur la terre en tant qu’exilés de la patrie naturelle

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« Théologiquement, nous savons que nous vivons sur la terre en tant qu’exilés de la patrie naturelle. Tous, et en particulier nous les chrétiens, nous portons en nos âmes, plus fortes encore, la mémoire de notre divine patrie. Le sentiment que nous nous trouvons loin de sa beauté et de ses délices, notre nostalgie, composent notre tragédie "sur la terre étrangère", et c’est pourquoi nous "nous pressons de partir pour être avec le Christ" (Phil. 1,23). Nous appelons la délivrance. Aucune perversion ne lutte contre la nature humaine comme celle de l'âme sans religion. L'a-religieux est un être monstrueux. »

Propos du Père Chrysostome, dans Entre Ciel et Terre de Théoclète Dionysiatis

 

 

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16/06/2018

Au souvenir des temps heureux...

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« Vous connaissez tous cette intraitable mélancolie qui s'empare de nous au souvenir des temps heureux. Ils se sont enfuis sans retour ; quelque chose de plus impitoyable que l'espace nous tiens éloignés d'eux. Et les images de la vie, en ce lointain reflet qu'elles nous laissent, se font plus attirantes encore. »

Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre

 

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Se souvenir qu'on vient de ce monde trempé dans le bleu...

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« Dans toute la palette des nuances céruléennes, le roi des bluets c'est le bluet sauvage. Fleur des moissons anciennes, de la longue geste des hommes mangeurs de pain autant que buveurs de vin... Fleur virgilienne, fleur grecque, fleur iranienne, fleur des steppes où naquit l'agriculture. Se souvenir qu'on vient de ce monde trempé dans le bleu, nous qui vivons si souvent confinés dans le gris, c'est amplifier l'histoire et la rendre moins cadavéreuse, moins putréfiée. »

Guy Féquant, Les Blancs Chemins

 

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15/06/2018

De l'homme pécheur émane une odeur de mort...

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« "Une bête n'ose pas dévorer un homme, pourvu que transparaisse en lui l'image divine." (Rabbi Adin Steinsaltz "Laisse mon peuple savoir")

Dans la forêt, saint Séraphim de Sarov s'était lié d'amitié avec toutes sortes de bêtes sauvages, en particulier un ours, qui ne lui firent jamais aucun mal. De l'homme pécheur émane une odeur de mort qui excite chez les animaux leur propre instinct de mort. Mais celui qui par ses prières et son ascèse a dépassé par la grâce du Seigneur l'angoisse primordiale, est délivré de cette odeur de mort. Il revient alors à l'état paradisiaque, l'état "naturel" de l'homme d'avant la chute, celui d'Adam qui était lié sans confrontation aucune avec toutes les bêtes, auxquelles il devait donner un nom. »

Père Michel Evdokimov, Préface de L'entretien avec Motovilov de Saint Séraphim de Sarov

 

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Participer à la nature de Dieu

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« Exempt d'égoïsme, de violence, d'orgueil, d'amours, de colère, privé de tout cortège, ne pensant pas à lui-même, pacifié, l'homme devient participant de la nature de Dieu. »

La Bhagavad-Gîtâ, Le Chant du Bienheureux, Chapitre XVIII, Yoga du Renoncement et de la Délivrance, verset 53

 

« L'homme se déifie progressivement, devenant participant à la nature de Dieu par le moyen des vertus. »

Saint Justin Popović, Philosophie orthodoxe de la vérité ; dogmatique de l'Eglise orthodoxe, Volume 5

 

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14/06/2018

Une civilisation de la perte

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« À quoi se réduit désormais l'examen de la condition de l'homme, si ce n'est à l'énumération, stoïque ou terrifiée, de ses pertes ? Du silence à l'oxygène, du temps à l'équilibre mental, de l'eau à la pudeur, de la culture au règne des Cieux. En vérité, il n'est pas grand-chose qui se puisse opposer aux inventaires de l'horreur. Le tableau semble tout entier celui d'une civilisation de la perte, à moins d'oser l'appeler encore civilisation de la survie, car même dans cet âge d'après le déluge, même dans ce règne de l'indigence démesurée, on ne saurait exclure un miracle : la persistance d'un insulaire de l'esprit, capable de dresser la carte des continents engloutis. »

Cristina Campo, Les Impardonnables

 

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Dans chaque civilisation, il existe des optimums d’ouverture et de fermeture...

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Dans le Figaro-Magazine du 3 septembre 1988, Guy Sorman interroge Claude Lévi-Strauss à propos de sa conférence intitulée Race et Culture qu'il prononça devant l'UNESCO en 1971 et qui provoqua, alors, un énorme scandale. Guy Sorman essaye, dix-sept ans après la Conférence en question, de comprendre ce qui s'est passé...

« J’avais transgressé trois interdits. » lui répondit Lévi-Strauss « Tout d’abord, j’avais observé que la génétique moderne permettait désormais de parler de races en termes scientifiques et de comprendre sur quelles données objectives reposaient les distinctions. J’avais dit ensuite que les bons sentiments ne servent en rien à lutter contre le racisme, puisque le racisme repose sur des faits objectifs : il est, par exemple, établi que des populations différentes mises en contact sur des territoires contigus ou qui se chevauchent génèrent des réactions d’agressivité. Les “primitifs” savent cela très bien. Enfin — troisième transgression — j’estimais que les cultures sont créatives lorsqu’elles ne s’isolent pas trop, mais il faut qu’elles s’isolent quand même un peu. Dans chaque civilisation, il existe des optimums d’ouverture et de fermeture, entre isolement et communication, qui correspondent aux périodes les plus fécondes de leur histoire. Si les cultures ne communiquent pas elles sont sclérosées, mais il ne faut pas qu’elles communiquent trop vite pour se donner le temps d’assimiler ce qu’elles empruntent au dehors. Aujourd’hui, lui dit Lévi-Strauss, le Japon me paraît le seul pays à atteindre cet optimum : il absorbe beaucoup de l’extérieur et refuse beaucoup. »

 

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13/06/2018

Il était de ces êtres, si incompréhensibles aujourd’hui...

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« Germain Millet était de ces êtres, si incompréhensibles aujourd’hui, qui ont le goût de la solitude : une solitude qui était plus un accomplissement que de la misanthropie ou la contestation de l’ordre social qu’elle est devenue dans une société qui a fait du vivre-ensemble, de la transparence, du festif, de la convivialité, une des figures de la démocratie où les solitaires sont suspects aux vertueux hédonistes du nouvel ordre moral. »

Richard Millet, Petit éloge d'un solitaire

 

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Un homme...

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« — Qu'est-ce qu'un homme, capitaine Brünner ?
— Celui qui reste fidèle à sa parole, à ses idées, s'il en a, à la femme qu'il aime s'il en aime une, à ses amis ; celui qui ne se dérobe pas, qui ne cherche pas d'excuses à ses fautes, qui sait se lever d'une table de jeu et partir sans un mot quand il a perdu. »

Jean Lartéguy, Tout homme est une guerre civile

 

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12/06/2018

Le refuge des rêves et des vanités anonymes

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« La religion, qu'embrasse la majorité des hommes d’aujourd’hui, est le refuge des rêves et des vanités anonymes. On la pratique en fonctionnaire et tendant son carnet d’autographes. Elle ne s’efforce pas de valoriser notre part divine, ni même notre part personnelle ; elle cherche à niveler, à abêtir, à creuser une immense fosse commune. Au-dessus de cette fourmilière, quelques étoiles maigres et tristes : des titres de journaux, des photos de magazines. Les insectes à tête humaine, — chétifs, lâches, — se pâment devant ces belles de jour et ces bonheurs du soir. Pas un geste, pas un cri, pas un murmure. Rien. L'aboulie fait oraison en silence. Elle a ses visions : elle visionne ses films. Dans ces couvents, où la chapelle est une salle obscure, les ouvreuses, Tarcisius enjuponnées, portent l'eucharistie : bonbons, caramels, esquimaux, chocolats. La digestion tient lieu d’action de grâce, et le sommeil d’extase. Le soleil de la chrétienté a disparu. A sa place, une lumière pâle, laiteuse et ballottée sur des nuages captifs circule dans la nuit non plus comme un astre mais comme un lumignon. Des images truquées et fantomales se gonflent comme des voiles. Il faut crever ces baudruches errantes. Quand elles éclatent, la sanie qui les remplissait éclabousse. Cette souillure a un nom : l'imposture, la colonisation par la bêtise publicitaire des vérités de l’ancienne France. "Sans un fond de noblesse au cœur de la plus humble chaumière, la civilisation de l'âge classique n'aurait pas tenu. La religion et la morale de l'honneur venaient confirmer cet accord. Aujourd'hui, les statistiques, le cinéma, les journaux cimentent l'union, perfectionnent un peu plus chaque jour le parfait citoyen : il se battrait comme Joë Louis, il aimerait comme Gary Cooper, il penserait comme France-Dimanche — mais de tout cela on ne peut parler qu’au conditionnel, car le parfait citoyen ne se bat, n'aime, ni ne pense, il se contente de regarder l'image de sa perfection. Contrairement aux apparences, la religion du monde moderne est contemplative". L'univers se dérobe jusqu'à s’évanouir. Disparaissent l'envie même du soupir et la transparence de certaines ténèbres. Aucun cristal, aucune fêlure, aucune bannière pour la croisade, aucun autel pour le sacrifice des héros ; mais la moiteur des soirs d'automne, les corps lisses des nymphettes de cinéma, le désir à portée de regard, une interminable domination, la gratitude des esclaves dans leurs chaînes, le septième ciel parmi les vapeurs de l'opium. L'humanité est ivre-morte. Cet état signale la fin de l'ivresse roborative et le commencement de la mort. »

Pol Vandromme, Roger Nimier, Le Grand d’Espagne

 

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