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01/07/2018

Joe Bonamassa - "REDEMPTION"

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Le Nouvel album arrive en Septembre... voici un nouveau titre pour faire patienter les Malandrins que vous êtes... 

 

 

Joe Bonamassa

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"Je ne suis pas un homme, MONSIEUR"...

=--=Publié dans la Catégorie "PARENTHÈSE"=--=

 

A écouter... pour mesurer le fond du gouffre ontologique dans lequel ces sinistres olibrius cherchent à nous enchaîner...

 

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30/06/2018

Les humanistes bêlants

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« Je crains les mots qu’on prononce pour se donner bonne conscience, pour détourner le destin, pour se voiler les yeux, et finalement pour ne rien faire. Qu’on en finisse avec les humanistes bêlants qui tentent de nous faire croire au Père Noël et à la force des mots. Il ne leur en coûte pas beaucoup de les prononcer. Le sens de la vie humaine n’est sans doute que l’accès à la connaissance du monde vivant sous laquelle celle du monde inanimé n’aboutit qu’à l’expression individuelle et sociale des dominances sous la couverture mensongère du discours. »

Henri Laborit, Éloge de la fuite

 

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Les sanglots des veuves résonnent encore la nuit

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« Les blessures ne sont pas encore cicatrisées, les ruines sont encore noires de suie, on n'a pas encore dressé de monuments sur les fosses communes de millions de soldats, nos fils et nos frères. Les peupliers et les merisiers calcinés, morts, sont encore debout dans les campagnes brûlées vives, de tristes herbes folles poussent sur les corps des vieillards, des mères, des gamins et fillettes brûlés dans les villages de résistants. La terre remue et frémit encore dans les fossés au fond desquels reposent les corps d'enfants juifs tués avec leur mère. Les sanglots des veuves résonnent encore la nuit dans d'innombrables maisons russes, biélorusses et ukrainiennes. La Madone a tout traversé avec nous, parce que elle, c'est nous, parce que son fils, c'est nous. »

Vassili Grossman, La Madone Sixtine

 

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29/06/2018

Adorateurs de fétiches

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« Le fond de mon enseignement consistera à te convaincre de ne pas craindre la sacralité et les sentiments, dont le laïcisme de la société de consommation a privé les hommes en les transformant en automates laids et stupides, adorateurs de fétiches. »

Pier Paolo Pasolini, Lettres luthériennes

 

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Tout ramener au gabarit

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« Dieu sait si j'aime la Lorraine – c'est mon pays… Mais quand je sortais de Lorraine pour aller en Alsace, je trouvais un ordre, une propreté, une discipline qui contrastaient avec le fumier des rues de nos villages, le laisser-aller. L'Alsace m'offrait le spectacle de tout ce que j'aime dans la vieille France et de tout ce que j'admire dans l'Allemagne – ce qu'il y a de meilleur dans l'une et dans l'autre… Je n'aime pas la Prusse. Mais l'Allemagne, c'est un grand peuple et qui a fait de grandes choses. Et j'espérais que tout cela serait maintenu dans l'Alsace, étendu à toute la France pour son profit…

L'Alsace, la Lorraine – les "pays", quoi… c'est du réel, de l'humain… Après la guerre, j'avais cru, j'avais espéré qu'en respectant là-bas ce qu'il fallait respecter, on pourrait faire quelque chose d'intéressant, de neuf, dont le reste du pays aurait pu ensuite s'inspirer et aurait recueilli le bénéfice. Un régionalisme vivant, souple, aéré… Mais non ! Il fallait tout centraliser, tout unifier, tout ramener au gabarit, et cette illusion-là est allée rejoindre les autres illusions de la victoire. »

Maréchal Hubert Lyautey, cité par Raymond Postal in Présence de Lyautey

 

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28/06/2018

L’illusion d'une échappée vertueuse

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« Le courage serait de regarder les choses en face : ma vie, mon époque et les autres. La nostalgie, la mélancolie, la rêverie donnent aux hommes romantiques l'illusion d'une échappée vertueuse. Elle passent pour d'esthétiques moyens de résistance à la laideur mais ne sont que le cache-sexe de la lâcheté. Que suis-je ? Un pleutre, affolé par le monde, reclus dans une cabane, au fond des bois. Un couard qui s'alcoolise en silence pour ne pas risquer d'assister au spectacle de son temps ni de croiser sa conscience faisant les cent pas sur la grève. »

Sylvain Tesson, Dans les Forêts de Sibérie

 

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Patrick Buisson - Dominique Reynié : quel avenir pour la droite ?

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L’auteur de La Cause du peuple rêve d’un populisme conservateur à la française tandis que le directeur général de la Fondation pour l’innovation politique s’inscrit dans une tradition plus libérale. Cependant, les deux théoriciens se retrouvent sur un même constat. Un an après l’élection de Macron, l’opposition de droite est toujours affaiblie et sa recomposition ne fait que commencer.

LE FIGARO MAGAZINE – Un an après son élection, Macron a su séduire une partie de l’électorat de droite tandis que l’opposition de LR et du Rassemblement national peine à se faire entendre. Comment l’expliquez-vous? Macron est-il finalement un président de droite?

Dominique REYNIÉ – Distinguons la position des Républicains et celle du désormais Rassemblement national. Les Républicains sont un parti d’alternance. Sa vocation est donc de gouverner. Face à Emmanuel Macron, Les Républicains devraient constituer une opposition visible, thématique, crédible, ordonnée autour d’une doctrine. Aujourd’hui, ils n’offrent rien de cela. Différemment, Marine Le Pen dirige un parti de rupture. Sa promesse est de combattre le système, et non de le gouverner à la place de Macron. La force de son opposition se manifeste lors des grands scrutins nationaux. Parti officiel de l’alternance, Les Républicains devraient donner le sentiment d’être en route vers le pouvoir… Leur situation est donc beaucoup plus dégradée que celle du Rassemblement national, crédité d’un programme d’action radicale dont les électeurs ne se détacheront pas facilement et sûrement pas pour se recentrer. Enfin, Emmanuel Macron satisfait indubitablement une fraction de la France de droite, par sa manière d’incarner la fonction présidentielle, de porter le drapeau, contrastant avec son prédécesseur, ou encore par sa confrontation victorieuse avec la CGT. À droite, on a trop peu considéré l’exaspération qu’a provoquée jusqu’ici le spectacle d’un pouvoir investi par les urnes mais reculant cependant sous la pression de minorités actives agissant depuis la rue. L’électorat, surtout à droite, a fini par y voir l’expression d’un mépris pour la souveraineté du vote.

Patrick BUISSON – La droite est reconnaissante à Emmanuel Macron de la manière dont il a su endosser l’habit de monarque républicain. Sa force, c’est d’avoir compris que la France est un pays de tradition chrétienne et latine où le pouvoir ne s’exerce pas par délégation, mais par incarnation, et que si l’on veut retrouver l’autorité comme fonctionnalité, il faut d’abord la rétablir comme transcendance. Au-delà de la droite, ce type de pouvoir épiphane rencontre une large adhésion populaire ancrée dans notre tradition politique. C’était déjà le propos d’un paysan au lendemain de la défaite de Sedan: «La République, moi j’ai rien contre ; à condition que ce soit Napoléon qui soit roi.» Ce qui manque, cependant, à Macron, c’est l’altitudo des anciens monarques. Sa verticalité est en lévitation, c’est une verticalité hors sol qui risque à tous moments de déraper vers l’autocratisme faute de s’appuyer sur le consentement populaire. En fait, il y a chez lui un mélange d’autocratisme et de démophobie. Il a du peuple une image péjorative estimant que celui-ci est dépourvu de tout jugement parce que tributaire de ses affects et de ses passions forcément tristes.

En cela, il s’inscrit parfaitement dans la tradition de la démocratie gouvernée contre la démocratie gouvernante, c’est-à-dire du gouvernement pour le peuple, et non par le peuple, qui consiste à exclure celui-ci du processus de décision et à privatiser les instruments du pouvoir au profit d’une caste. La pensée médiévale distinguait les tyrans d’usurpation des tyrans d’exercice: les premiers étaient illégitimes, les seconds abusaient de leur pouvoir en cherchant à imposer leur volonté propre contre la coutume et le bien commun. On peut encore espérer que le président méditera la fable de La Fontaine sur les deux coqs : « Tout vainqueur insolent à sa perte travaille. »

LE FIGARO MAGAZINE – La séduction qu’il opère sur la droite est-elle durable ?

Dominique REYNIÉ – Cette séduction durera tant que la droite flottera ainsi, sans doctrine. La droite n’a pas voulu ou pas su faire le bilan de ses responsabilités. Qu’a-t-elle fait du pouvoir qui lui a été confié tant de fois ? Depuis 1958, on compte quarante ans de pouvoir gouvernemental. La droite convaincra donc difficilement qu’elle fera demain ce qu’elle a déjà promis à maintes reprises sans le réaliser. En réalité, le mal est profond. Il remonte au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : pour différentes raisons, la droite française s’est alors débarrassée de toute tradition intellectuelle et politique. La droite française n’aura été ni chrétienne, ni nationaliste, ni libérale. Elle s’est paresseusement alignée sur un programme social-étatiste qui est, en France, la vraie pensée dominante, sinon unique. Droite et gauche ont ainsi peu à peu mis en place une cartellisation de la démocratie qui leur a assuré le pouvoir malgré leurs piètres résultats. C’est ce système qui a fini par voler en éclats, en 2017. Avant cette refondation doctrinale de la droite, Macron sera préservé.

LE FIGARO MAGAZINE – N’a-t-il vraiment aucun point faible ? 

Dominique REYNIÉ – Non, il n’est pas invincible pour autant. Il devra en particulier régler ce déficit d’autorité régalienne auquel l’opinion deviendra de plus en plus sensible parce qu’il touche la question de l’immigration, de la sécurité et de la lutte contre l’islamisme. On sait les exigences montantes de la société sur ces enjeux fondamentaux. Macron laisse prise à l’idée d’une indétermination favorisant la renaissance d’une droite, même si la refondation de la droite ne pourra se résumer au programme d’un ministère de l’Intérieur.

Patrick BUISSON – Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, on a un président qui ne cherche pas à consolider sa majorité de second tour, mais à élargir sa majorité relative du premier tour. Son insistance à mettre désormais en avant son ethos de droite obéit à une logique comptable: il sait que ses réserves sont deux fois plus importantes de ce côté-là de l’échiquier politique que de l’autre. Par bien des aspects, Macron est l’héritier de Valéry Giscard d’Estaing. Au moins le temps d’une élection, il aura réussi là où son prédécesseur avait échoué : rassembler un bloc central de deux Français sur trois. À défaut de pouvoir faire passer cette majorité de l’état gazeux à l’état solide, il est néanmoins parvenu à ressusciter l’UDF grâce à un arc de soutiens qui va de François Bayrou à Philippe de Villiers. C’est pourquoi il serait aberrant pour Les Républicains de chercher à lui disputer l’espace du centre et du centre-droit où il occupe jusqu’à preuve du contraire une position inexpugnable. L’angle mort du macronisme, ce sont bien évidemment les enjeux d’identité et de civilisation, les questions étroitement imbriquées de l’immigration et de l’islam. Son logiciel exclusivement économique est à la fois daté et inadapté au moment où, partout en Europe, les valeurs immatérielles sont en train de reprendre le dessus. Comme le disait récemment un néolibéral : Macron, c’est bienvenue dans les années 1980 !

LE FIGARO MAGAZINE – Quelle stratégie pour la droite, face à ce bloc central que tient fermement le Président ? Celle-ci passe-t-elle nécessairement par des alliances avec le Rassemblement national ? 

Dominique REYNIÉ – Le prochain scrutin présidentiel est prévu en 2022. La campagne démarrera dès 2020. Le temps fera défaut à la droite : il lui faut à la fois tirer les leçons de son exercice du pouvoir, penser une doctrine et bâtir un programme attractif. Quant au Rassemblement national, les bouleversements de notre époque lui assurent une influence électorale significative malgré la faiblesse révélée de son leadership. La question des alliances ne peut se poser que si l’on sait qui occupera la position de force qui permet de les initier et de les conclure. Il faudrait que Les Républicains dominent le Rassemblement national avant de penser à une alliance dont la seule annonce provoquerait leur éclatement. De plus, sur le fond, une telle association amènerait la droite à se rapprocher encore du discours du Rassemblement national, ce qui prendrait inévitablement la forme d’un ralliement du faible au fort, d’une soumission. On peut douter de la dynamique que les héritiers du gaullisme pourraient tirer d’un ralliement aux héritiers du plus acharné de ses adversaires historiques.

Patrick BUISSON – Les Républicains comme le Rassemblement national se trouvent dans une triple impasse : idéologique, stratégique et sociologique. La droite ne peut plus se prévaloir du bénéfice automatique de l’alternance, et la « grande alternance » dont rêvait Marine Le Pen s’est avérée à l’épreuve des urnes totalement chimérique. La seule stratégie susceptible de s’imposer découle du rapport de force électoral. Il existe un antagonisme irréductible entre l’électorat libéral des grandes villes et les classes populaires, entre les insiders et les outsiders. Leurs intérêts économiques sont inconciliables et leurs voix non miscibles. En revanche, la tension idéologique et sociologique est bien moindre entre l’électorat conservateur et l’électorat populaire. À condition d’opérer les clarifications nécessaires, la jonction entre la France conservatrice et la France périphérique peut s’opérer sur une large base programmatique: la défense de l’identité, le droit à la continuité historique et culturelle, l’enracinement et la transmission, le localisme et les mœurs. En somme, tout ce qui est aujourd’hui mis à mal par la finance globalisée et par l’islam radicalisé.

LE FIGARO MAGAZINE – L’union des droites passe donc davantage par une alliance sociologique que par des accords d’appareils…

Patrick BUISSON – L’enjeu des échéances électorales à venir se situe au niveau des classes moyennes qui ne se sont raccrochées à Macron en 2017 que par peur des extrêmes. Leur basculement pourrait s’effectuer au terme du double processus d’exclusion sociale et culturelle qu’elles subissent actuellement. Voici des années que cet électorat-là attend un discours de refondation de la politique de solidarité nationale en lieu et place des vieilles politiques publiques frappées d’illégitimité. Est-ce cela que le chef de l’État a compris en refusant d’engager financièrement l’État dans une ruineuse et inefficace relance de la politique de la ville ? La question qui se pose à droite n’est donc pas celle des alliances, mais celle du programme et du leadership. Celui ou celle qui saura composer une offre politique qui s’adresse à la fois aux conservateurs et aux populistes disposera d’un tel rapport de force qu’il n’aura besoin d’alliés que comme supplétifs.

LE FIGARO MAGAZINE – Qui est en mesure de faire bouger les lignes ? Quel leadership pour la droite de demain ?

Dominique REYNIÉ – Au sein des oppositions, la crise de leadership est générale. Il me semble que cette situation est inédite sous la Ve République. Le Front national devenu « Rassemblement national » n’en reste pas moins exposé au dégagisme. Abandonner le nom du parti auquel son nom de famille est associé s’apparente à une tentative désespérée de contenir les effets du dégagisme en feignant de se dégager un peu soi-même… Vainement, car Marine Le Pen reste à la tête du parti des Le Pen dont elle est l’héritière, en ligne directe. En revanche, Marion Maréchal, qui a « délepénisé » son nom, mise à l’évidence sur ce désir de renouveau pour avancer. En face, malgré son âge, Laurent Wauquiez appartient à la classe de ceux qui ont déjà gouverné. Or, nous sommes entrés dans une période de destitution et de disgrâce. L’heure est cruelle pour les carrières politiques au long cours. Voici le temps, prometteur et redoutable à la fois, des ruptures et des jaillissements. Qui connaissait Luigi Di Maio et quel était le poids politique de Salvini il y a quatre ou cinq ans ?

Patrick BUISSON – Il semble qu’une compétition soit engagée entre Laurent Wauquiez et Marion Maréchal. Le président des Républicains a beaucoup de qualités, mais le piège serait pour lui de reproduire la faute inaugurale de l’UMP : vouloir à toute force marier les contraires et faire ainsi prévaloir l’idée de rassemblement sur la cohérence stratégique et idéologique de son camp. Rien ne sert de s’attaquer aux grands discours universalistes des faux généreux sur un illusoire vivre-ensemble et l’accueil nécessaire des migrants s’il ne tire pas lui-même les conséquences politiques de la ligne qu’il a choisie en opérant une véritable révolution culturelle en rupture avec l’histoire d’une droite qui, de Chirac à Sarkozy, a lourdement failli. Le peut-il ? Le veut-il ? Là est toute la question. Marion Maréchal, quant à elle, a beaucoup de talents mais il faudrait qu’elle aille jusqu’au bout de la desquamation. Car il ne suffit pas d’abandonner derrière soi la moitié de son patronyme comme une peau morte, encore faut-il aussi qu’elle se débarrasse de cette « escorte de béquillards », pour parler comme Bernanos, ces éternels émigrés de l’intérieur, devenus étrangers à leur propre pays, qui ignorent tout de l’appareil d’État comme du pouvoir ; de sa conquête à son exercice.

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SOURCE : Le Figaro Magazine du 15 Juin 2018

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27/06/2018

Le terrorisme islamiste est un problème importé

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C'est le Zemmour britannique. Son dernier essai, "L'étrange suicide de l'Europe", qui fait écho au "Suicide français", est resté près de vingt semaines dans le top 10 des meilleures ventes du "Sunday Times". L'essayiste y décrit les conséquences mortifères de l'immigration incontrôlée dans une Europe en voie de désintégration. A l'occasion de la parution de l'édition française de son best-seller, il a accordé un entretien exclusif au "Figaro Magazine"

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

Alexandre Devecchio -- Votre livre « L’Etrange suicide de l’Europe » a été un énorme succès mondial. Comment l’expliquez-vous ?

Douglas Murray -- Selon moi, les gens voient partout les mêmes choses et s’inquiètent des mêmes phénomènes. Pourtant, leurs préoccupations et leurs questions les plus légitimes sont systématiquement réprimées. Mais, chaque fois que quelqu’un expose (en l’étayant de preuves solides) ce qu’un grand nombre de personnes pensent, ses propos finissent toujours par résonner.

Alexandre Devecchio -- Vous avez été surpris par la façon dont les politiques ont reçu votre livre. En aparté, ils n’ont pas hésité à accepter vos conclusions.

Douglas Murray -- Depuis toujours, il y a la réalité et ce qui peut être politiquement exprimable. J’ai parlé avec des fonctionnaires français, comme avec beaucoup d’autres sur tout le continent, et ce sont ceux qui m’ont dit en privé les choses les plus accablantes sur l’immigration, l’intégration et la sécurité. Ils connaissent les problèmes auxquels nous sommes tous confrontés. Pourtant, en public, ils disent autre chose. Pourquoi? Parce que, pour relever le défi auquel nous sommes tous confrontés, il faudra admettre que plusieurs générations de décideurs politiques à travers l’Europe ont commis des erreurs historiques ou ont été totalement incompétentes.

Le plus simple, pour les politiques, est toujours de remettre cette question à plus tard, de mettre un terme à la discussion et de persécuter les gens parce qu’ils ont dit la vérité. Mais ce n’est pas une bonne stratégie à long terme. Le statu quo pourra tenir encore un cycle électoral ou deux. Mais pas plus.

Alexandre Devecchio -- Vous avez exprimé des préoccupations au sujet des associations antiracistes. Peut-on parler de dérive de l’antiracisme ?

Douglas Murray -- Ce qui m’inquiète, c’est que les « antiracistes » sont le plus souvent des racistes. C’est le même phénomène pour les soi-disant « antifascistes », qui sont presque toujours profondément fascistes. Il y a des moments où l’antifascisme et l’antiracisme sont nécessaires. Mais, ces derniers temps, les groupes qui se qualifient ainsi sont coupables de ce que le philosophe politique Kenneth Minogue a appelé « syndrome de saint George à la retraite ». Après avoir tué un dragon, ils errent autour de la terre à la recherche d’autres dragons à tuer, jusqu’à ce qu’ils finissent, délirant, par donner des coups d’épée dans l’air. La plupart des Européens souhaitent sans ambiguïté que les migrations de masse s’arrêtent ou diminuent beaucoup. Pourtant, tous les groupes « antiracistes » disent que ce point de vue est raciste. C’est une erreur historique. Si l’on abuse de mots comme « raciste » et « nazi », la probabilité est très forte que ces mots ne soient plus d’aucune utilité le jour où l’on pourrait en avoir réellement besoin. La question que je pose aux «antiracistes» est celle-ci: un citoyen français ou britannique qui voit son quartier et sa société changer radicalement peut-il ressentir de la tristesse à ce sujet ou exprimer une opposition sans être qualifié de raciste ? Si la réponse est «non», alors nous sommes vraiment très mal partis.

Alexandre Devecchio -- Cette dérive a-t-elle abouti au scandale de Telford, ces milliers de viols collectifs commis par des gangs pakistanais ?

Douglas Murray -- Telford est seulement le dernier cas. Des gangs de violeurs ont été découverts à Rotherham, Rochdale, dans l’Oxfordshire et plusieurs autres endroits au Royaume-Uni. Ce sont presque toujours des groupes d’hommes pakistanais (rejoints parfois par des Nord-Africains) qui ciblent des jeunes filles blanches vulnérables, souvent mineures, en tout cas extérieures à leur communauté. Mille cinq cents jeunes filles ont été violées dans une seule ville anglaise. Il y a des causes locales, tribales et religieuses spécifiques, liées en partie à la « culture de la honte » pakistanaise. La Grande-Bretagne a gardé le silence à ce sujet pendant des années. Pour une part à cause de cette sorte de politesse lâche qui existe partout, mais qui est particulièrement répandue chez nous. Mais aussi parce que ces horreurs ont toutes les caractéristiques d’un odieux crime raciste, et que personne ne voulait que cela se sache. Une classe entière de fonctionnaires locaux, de policiers et de politiciens a échoué.

Alexandre Devecchio -- Jeremy Corbyn, le chef de l’opposition, a parfois été accusé d’être complaisant envers l’islamisme et l’antisémitisme…

Douglas Murray -- Oubliez le mot « parfois » : « toujours » est celui que vous recherchez. Mr Corbyn voudrait nous faire croire que, ayant passé sa vie à patauger dans les égouts, il n’a jamais remarqué la puanteur. Je n’y crois pas. Que l’homme qui a passé sa vie à absoudre les islamistes ait toujours couvert les pires antisémites… ce doit être une pure coïncidence. Non, Mr Corbyn constitue un vrai problème. Le fait que, en 2018, nous ayons un Parti travailliste taraudé par l’antisémitisme devrait être une source de profonde honte nationale.

Alexandre Devecchio -- Selon vous, la montée de l’islamisme est la conséquence de la faillite des politiques migratoires européennes. La majorité des immigrants ne réussissent-ils pas à s’intégrer? C’est ce que tendrait à prouver l’élection de Sadiq Khan comme maire de Londres…

Douglas Murray -- Je suis fier que Londres puisse élire quelqu’un comme Sadiq Khan. Il n’est pas un maire particulièrement compétent, mais il aide à démontrer que la discrimination mise en avant par les communautés musulmanes est un mensonge raconté par de mauvais acteurs. En ce qui concerne l’intégration au sens large, cela dépend de l’endroit où vous regardez. Dans certains quartiers du centre de Paris et de Londres, tout peut sembler fonctionner. Mais, si l’on va juste un peu plus loin, à Saint-Denis ou à Tower Hamlets, c’est objectivement un désastre.

Alexandre Devecchio -- La vague d’attentats qui a frappé l’Angleterre en 2017 n’a-t-elle pas sonné le réveil de la classe politique ?

Douglas Murray -- J’ai abandonné cet espoir. Après les attentats du London Bridge, l’année dernière, Theresa May a dit « trop, c’est trop », mais cela ne voulait rien dire. Qu’a-t-elle fait depuis? Ils se contentent tous de vagues dispositifs bureaucratiques pour résoudre un problème bien plus profond. Sur la base de critères purement juridiques, au moins l’un des attaquants du London Bridge n’aurait jamais dû se trouver au Royaume-Uni. Le kamikaze du Manchester Arena n’aurait jamais dû se trouver au Royaume-Uni. Le jeune homme qui a déposé une bombe dans le métro de Londres en septembre dernier n’aurait jamais dû se trouver au Royaume-Uni. On aurait pu penser que ces questions auraient fait partie des sujets à traiter. Mais non. Une autre attaque se produit et les politiciens disent: « Les entreprises de technologie doivent faire plus pour détecter les contenus extrémistes en ligne. » Il s’agit là d’une question importante, à coup sûr, mais cela signifie qu’il y a des aspects du problème terroriste qui peuvent être abordés et des questions beaucoup plus vastes auxquelles il ne faut même pas faire allusion.
Nos sociétés ont toujours eu des problèmes de sécurité. Mais le terrorisme islamiste est un problème importé, et importé sous la responsabilité directe de nos politiciens.

Alexandre Devecchio -- Vous écrivez que l’opinion publique a très bien compris que « ce qui se cache derrière le terrorisme est une menace encore plus grande ». Qu’entendez-vous par là ?

Douglas Murray -- La question centrale à laquelle nous devons penser est la suivante: à qui s’adresse l’Europe? Est-ce une maison potentielle pour le monde entier? Ou simplement pour celui qui y fait sa vie? Si oui, où est la maison des peuples d’Europe? Nous avons glissé vers une conception étrange, où nous supposons que le reste du monde restera le reste du monde, mais où l’Europe deviendra les Nations unies. Cette manière de penser préside aux décisions de nos responsables, contre les souhaits constamment exprimés par les peuples européens. A long terme, je pense que ce changement total, cette fragmentation, cette ghettoïsation de notre continent constituent une menace existentielle bien plus grande que le terrorisme.

Alexandre Devecchio -- Vous adoptez un ton particulièrement véhément au sujet de la Suède, pourtant souvent citée en exemple. Pourquoi ?

Douglas Murray -- Parce que, en dehors de l’Allemagne, aucun pays en Europe n’a accepté autant de migrants ces dernières années que la Suède. Et personne n’a autant de problèmes. Il n’y a rien à faire pour les Suédois. Plus personne n’a une classe politique aussi ridiculement timide, autocensurée et volontairement aveugle. J’ai fait le tour des banlieues et j’ai vu des quartiers désormais envahis par les crimes, les gangs, les viols et les attaques à la grenade. Presque tous les journalistes sont là pour suivre la ligne du parti et régurgiter les mêmes mensonges. Ils semblent penser que leur travail est de maintenir les mauvaises nouvelles le plus loin possible du public. Donc, comme en Allemagne, le public doit apprendre à lire les nouvelles selon un dispositif de décodage interne, comme on le faisait sous le communisme. Ainsi, lorsqu’un viol est signalé, par exemple, si le nom de l’agresseur n’est pas mentionné, tout le monde sait qu’il s’agit d’un migrant.

Alexandre Devecchio -- Plus largement, vous expliquez la mort de l’Europe par une certaine forme de haine de soi…

Douglas Murray -- Nous n’avons pas eu un beau XXe siècle en Europe, et n’importe qui aurait besoin de temps pour s’en remettre. Personnellement, je suis pour une autocritique robuste, mais je descends du bus quand il est conduit par des gens qui veulent s’anéantir. J’aime l’Europe, et je pense que nous sommes – tout bien considéré – très chanceux. Nous avons produit une culture exceptionnelle et des droits que le monde n’a jamais connus. On me demande parfois si je suis patriote. Selon moi, c’est une mauvaise question. Je ne pense pas aux choses en ces termes. Ce que je ressens, c’est de la gratitude. Je suis reconnaissant pour ce dont nous avons hérité et je sens que je dois le conserver et essayer de le transmettre. Pourtant, des gouvernements aux universités et au-delà, nous sommes dirigés par des gens qui ne veulent pas transmettre ce qui est bon, mais le remplacer.

Alexandre Devecchio -- Certains pensent que la renaissance de l’Europe passera nécessairement par un renouveau du christianisme. Mais l’Eglise est très favorable à l’accueil des migrants…

Douglas Murray -- Il est certain que nous ne pourrons pas conserver ce que nous avons en nous querellant sur nos racines. Et prétendre que le christianisme n’est pas au cœur de ce qui fait de nous l’Europe, c’est faire preuve d’une terrible ignorance. Mais vous avez raison – le comportement de l’Eglise (et pas seulement l’Eglise de Rome, mais aussi les Eglises protestantes d’Europe du Nord) pendant toute cette crise a été très problématique. Certains (en particulier les Eglises protestantes) ont globalement remplacé la croyance en Dieu par la croyance en un activisme social d’extrême gauche. Le Pape a une position qui est insoutenable. Pourtant, je comprends pourquoi il le dit. Et peut-être qu’il remplit l’un des rôles de l’Eglise en le disant. Mais il doit être contredit par les responsables politiques et d’autres, qui doivent dire très clairement : « Nous souhaitons sauver le monde entier. Mais le fait est que nous ne pouvons pas. Et, si nous continuons, non seulement nous ne sauverons jamais Mogadiscio, mais nous pourrions commencer à lui ressembler. »

Alexandre Devecchio -- Diriez-vous que les « populismes » vont aggraver la situation ou, au contraire, qu’ils font partie de la solution ?

Douglas Murray -- Les courants politiques dominants continueront à souffrir jusqu’à ce qu’ils s’attaquent enfin aux préoccupations légitimes des peuples européens. Si la classe politique ne répond pas aux préoccupations des peuples, les extrémistes finiront par l’emporter. Comment un citoyen européen peut-il exprimer ses inquiétudes quant à la direction que prend sa société ? Quelle que soit sa manière, et surtout s’il n’a pas un doctorat, on le traitera de raciste et de xénophobe. Et, s’il vote pour le « mauvais » parti, il sera rejeté comme « populiste ». Pourtant, le vrai problème est clair: plusieurs générations de dirigeants politiques ont fondamentalement modifié nos sociétés sans le consentement et même contre le souhait des peuples. N’est-il pas temps de commencer à y faire face et à y remédier plutôt que d’inventer de nouvelles façons d’insulter le peuple ?

Alexandre Devecchio -- Que révèle la troisième victoire consécutive d'Orbán ?

Douglas Murray -- Beaucoup de gens critiquent Viktor Orbán. Pourtant, la question est très simple : qui avait raison en 2015 ? Orbán ou Merkel ? Cette dernière a été punie par son électorat et a maintenant l’AfD comme principal parti d’opposition. Le refus d’Orbán de souscrire à l’effondrement des frontières européennes et à la suspension de toutes les règles migratoires était, entre autres, le reflet des souhaits de l’immense majorité du peuple hongrois. C’est une arrogance extraordinaire que les politiciens et les commentateurs à travers l’Europe se permettent de réprimander Orbán, lui qui fait la volonté de son peuple. J’ai vu il y a quelques semaines une photo de lui en train de lire l’édition hongroise de mon livre. On m’a dit que cela pourrait dissuader votre Président de lire l’édition française. J’espère que non !

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SOURCE : Le Figaro Magazine du 20 Avril 2018

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Celui qui est capable d'attention

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« Ce n'est pas seulement l'amour de Dieu qui a pour substance l'attention. L'amour du prochain, dont nous savons que c'est le même amour, est fait de la même substance. Les malheureux n'ont pas besoin d'autre chose en ce monde que d'hommes capables de faire attention à eux. La capacité de faire attention à un malheureux est chose très rare, très difficile ; c'est presque un miracle ; c'est un miracle. Presque tous ceux qui croient avoir cette capacité ne l'ont pas. La chaleur, l'élan du coeur, la pitié n'y suffisent pas.

Dans la première légende du Graal, il est dit que le Graal, pierre miraculeuse qui, ayant la vertu de l'hostie consacrée, rassasie toute faim, appartient à quiconque dira le premier au gardien de la pierre, roi aux trois quarts paralysé par la plus douloureuse blessure : "Quel est ton tourment ?"

La plénitude de l'amour du prochain, c'est simplement d'être capable de lui demander : "Quel est ton tourment ?" C'est savoir que le malheureux existe, non pas comme unité dans une collection, non pas comme un exemplaire de la catégorie sociale étiquetée "malheureux", mais en tant qu'homme, exactement semblable à nous, qui a été un jour frappé et marqué d'une marque inimitable par le malheur. Pour cela, il est suffisant, mais indispensable, de savoir poser sur lui un certain regard.

Ce regard est d'abord un regard attentif, où l'âme se vide de tout contenu propre pour recevoir en elle-même l'être qu'elle regarde tel qu'il est, dans toute sa vérité. Seul en est capable celui qui est capable d'attention.

Ainsi il est vrai, quoique paradoxal, qu'une version latine, un problème de géométrie, même si on les a manqués, pourvu seulement qu'on leur ait accordé l'espèce d'effort qui convient, peuvent rendre mieux capable un jour, plus tard, si l'occasion s'en présente, de porter à un malheureux, à l'instant de sa suprême détresse, exactement le secours susceptible de sauver.

Pour un adolescent capable de saisir cette vérité, et assez généreux pour désirer ce fruit de préférence à tout autre, les études auraient la plénitude de leur efficacité spirituelle en dehors même de toute croyance religieuse.

Les études scolaires sont un de ces champs qui enferment une perle pour laquelle cela vaut la peine de vendre tous ses biens, sans rien garder à soi, afin de pouvoir l'acheter. »

Simone Weil, Attente de Dieu

 

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26/06/2018

Califat Ottoman en marche...

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Si l'objet du désir est vraiment la lumière, le désir de lumière produit la lumière

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« Le meilleur soutien de la foi est la garantie que si l'on demande à son père du pain, il ne donne pas des pierres. En dehors même de toute croyance religieuse explicite, toutes les fois qu'un être humain accomplit un effort d'attention avec le seul désir de devenir plus apte à saisir la vérité, il acquiert cette aptitude plus grande, même si son effort n'a produit aucun fruit visible. Un conte esquimau explique ainsi l'origine de la lumière :

"Le corbeau qui dans la nuit éternelle ne pouvait pas trouver de nourriture, désira la lumière, et la terre s'éclaira."

S'il y a vraiment désir, si l'objet du désir est vraiment la lumière, le désir de lumière produit la lumière. Il y a vraiment désir quand il y a effort d'attention. C'est vraiment la lumière qui est désirée si tout autre mobile est absent. Quand même les efforts d'attention resteraient en apparence stériles pendant des années, un jour une lumière exactement proportionnelle à ces efforts inondera l'âme. Chaque effort ajoute un peu d'or à ce trésor que rien au monde ne peut ravir. Les efforts inutiles accomplis par le Curé d'Ars, pendant de longues et douloureuses années, pour apprendre le latin, ont porté tous leurs fruits dans le discernement merveilleux par lequel il apercevait l'âme même des pénitents derrière leurs paroles et même derrière leur silence. »

Simone Weil, Attente de Dieu

 

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Les armes de Satan

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« (...)

Les armes de Satan c’est la sensiblerie.
C’est censément le droit, l’humanitairerie,
Et c’est la fourberie et c’est la ladrerie ;

Les armes de Satan c’est la bête lâchée,
Le déshonneur gratuit, la honte remâchée,
Le troupeau mal conduit, la terre mal bêchée

Les armes de Satan c’est le membre arraché.
Le bourgeon retranché, le rameau détaché.
Le bœuf aiguillonné, le cheval cravaché ;

Les armes de Jésus c’est la haute terrasse
D’où retombe en jet d’eau la source de la grâce,
Et la vasque au flanc grave et le sang de la race

Les armes de Satan c’est la basse menace
Aux coins de toute lèvre et la gluante trace
Que laisse sur la fleur la visqueuse limace ;

Les armes de Satan c’est un esprit pointu.
C’est le corps en lambeaux, c’est le cœur combattu.
Le bourreau mal payé, le procès débattu ;

(...) »

Charles Péguy, Les Tapisseries

 

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25/06/2018

Olivier Clément, un théologien orthodoxe...

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Olivier Clément

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L'impression écrasante, définitive, qu'un homme est noyé dans l'humanité

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« D'autre part, au cours de ces interminables queues que nous faisions par millions le long des routes menant aux trop vastes champs de bataille, j'avais reçu pour la première fois de ma vie l'impression écrasante, définitive, qu'un homme est noyé dans l'humanité. Tous les faux-semblants de personnalité, d'originalité, de quant-à-soi, d'exception qui peuvent se multiplier dans le monde illusoire de la paix — qui pouvaient se multiplier dans ces temps tranquilles et rassis d'avant 1914 — se dissipaient et il restait que j'étais une fourmi entièrement engluée dans la fourmilière. Faute de regards pour me dicerner, je devenais indiscernable à moi-même. Cela me ramena tout d'un trait à cette mystique de la solitude, et de la perte à lui-même du solitaire dans la solitude dans sa solitude, et de l'extravasement à l'intérieur du moi de quelque chose qui n'est pas le moi. Puisque j'étais perdu pourquoi ne pas me perdre davantage ? Il n'y avait qu'un moyen de me guérir de la perte que je faisais de moi en tout, et de moi et de tout en rien, c'était de me perdre absolument.. L'ivresse montait, et avec l'ivresse l'envie de boire encore plus, ce désir, qui à certain moment mord l'ivrogne, d'atteindre dans le fond du verre la goutte vraiment ravageuse. »

Pierre Drieu la Rochelle, Récit Secret

 

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