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06/04/2017

Le poète est fait pour donner une voix au silence des choses, le prêtre au silence de Dieu

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« Le prêtre et le poète. — Hier, ordination de l’abbé B… J’ai compris l’essence solitaire du sacerdoce. Le prêtre est ici-bas un étranger, il est séparé des hommes et de la nature : segregatus in Evangelium… Il est infiniment distant de la création et comme suspendu entre Dieu et l’homme. Sottise que de comparer le prêtre au poète (cela est d’un autre ordre, dirait Pascal).

Harmonieusement il mimera le geste d’accorder la cithare au geste de bénir, chante Le Cardonnel. Ce "mélange" me fait pitié : le sacerdoce se change là en une manière de prolongement de la poésie ! En réalité, pas de commune mesure entre ces deux choses. Le poète est immergé dans la création, le prêtre en est séparé ; la bénédiction du poète monte du monde vers Dieu, la bénédiction du prêtre descend de Dieu vers le monde. Le poète est fait pour donner une voix au silence des choses, le prêtre au silence de Dieu. Il y a là deux mystères essentiellement différents, deux vocations opposés et complémentaires : la tâche du poète consiste à s’enfoncer toujours plus profondément dans la nature afin d’y retrouver l’empreinte et le germe du monde surnaturel, celle du prêtre à s’enfoncer toujours plus avant dans le monde surnaturel afin d’y retrouver la nature. Le poète commence à l’homme, le prêtre commence à Dieu. Tous deux sont porteurs d’un message d’innocence : le premier confident de la blancheur du monde, parle aux hommes du Paradis terrestre perdu ("cet homme vient à nous de la part des forêts") ; le second, confident de la pureté éternelle de Dieu, leur révèle le paradis céleste promis ("cet homme au front serein, vient de la part de Dieu").

Pureté édénique d’une part, pureté divine de l’autre. La source de l’inspiration du poète est située en deçà du péché, celle de l’inspiration du prêtre en deçà de la mort.

"Le poète est le coeur du monde" disait Eichendorff. Le coeur, organe central. Ainsi plongé dans les entrailles de la création, le poète partage le secret divin du monde. Le prêtre, isolé du monde et qui repose comme saint Jean sur le coeur du Christ, partage lui, le secret humain de Dieu.

Enfin, le poète crée. Il ajoute à ce qu’il touche. Il transforme la création. Tandis que le prêtre est un pur messager (il n’existe pas pour l’homme de création surnaturelle !). Et sa grandeur, sa fidélité consistent à n’être que cela. Mais ce qu’il transmet est infiniment plus profond et plus précieux que ce que le poète crée. Aussi le rôle du poète est-il éclatant, nimbé de grandeur humaine, et celui du prêtre effacé et comme inexistant : jam non ego vivo… »

Gustave Thibon, L’échelle de Jacob

 

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Les deux matamores

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L'imposture est quotidienne. C'est devenu un sport médiatique nationale : étaller la guimauve propagandiste tous les jours dans les tronches citoyennes.

Le journaliste le plus à droite (j'entends par "droite" : "droite conventionnelle"...) trouve le moyen d'encenser les deux matamores que sont Arthaud et Poutou. Ce qui recentre aussitôt la droite et rend la césure du débat, de fait, ridicule. Tout le monde, en revanche, trouvera le moyen de mettre du poil à gratter dans les cols de Fillon le bourgeois ou Le Pen la Fasciste.

Les deux guignoles prolétaires auraient le "parler franc" et ils bénéficieraient d'une "immunité ouvrière"... Laissez-moi rire d'un rire inconvenant !

Oublions que les propos des pitoyables clowns que sont Arthaud et Poutou sont des propos de Totalitaires pour lequels notre démocratie n'est pas populaire, mais bourgeoise... et cessons de frémir de ce qu'ils en feraient s'ils arrivaient au pouvoir...

Outre le fait qu'ils sont extatiquement démagogiques, ces sinistres pignoufs que l'on nous présente comme "les représentants du peuple" ne représentent, tout au plus, que leurs ombres et les quelques demeurés qui militent au sein de leurs groupuscules séctaires. Deux nabots qui se moquent du pays réel comme de leur première dent, qui s'y connaissent moins en économie que les dealers basiques qui sévissent dans les quartiers de ma cité (qui ont, pourtant, un QI de moule) et qui perçoivent les petits patrons comme des exploiteurs alors qu'une large part d'entre eux gagnent moins que Poutou et Arthaud en prenant les risques de l'entrepreunariat, voire ne parviennent même pas à se salarier au sein de leur propre entreprise.

En 2012, Philippe Poutou : 1,15% des voix... Nathalie Arthaud : 0,56 %... à eux deux ils ne font pas 2% sur les votes exprimés. Représentants du peuple, mon cul ! Les vilains petits canards que sont Fillon et Le Pen représentent le peuple dix fois plus... Tremble France avec ta tête dans le sable et ton cul offert...

En janvier dernier, dans le journal Le Monde, un collectif regroupant hommes politiques, artistes et hommes de lettres s’insurgeait contre la non visibilité des deux candidats anticapitalistes. Ce qui prouvait déjà combien ces deux sommités de la nullité politique ne sont que les marionnettes de l'inconscient journalistique... ou du Sur-Moi médiatique... et les idiots utiles des personnalités en quête d'une honorabilité idéologique qui cherchent à se refaire une bonne conscience... bref, de toutes ces valeureuses lopettes qui n'osent interroger les faits, questionner comme il se doit l'actualité, prendre la réalité pour autre chose qu'un "hoax" d'extrême-droite et cesser de mépriser le petit peuple qui se fout du NPA, de LO ou des états d'âme de Christiane Angot...

Et j'allais oublier... Poutou et sa manière de s'habiller... cette attitude qui consiste à surjouer le prolo, ce manque de respect à l'encontre de la classe ouvrière dont il a l'outrecuidance de se réclamer... ce mépris de la cravate au nom d'un mystérieux principe ! Risible ! Je me souviens d'un de mes oncles, ébéniste qui passait son temps à bosser via agences d'intérim, qui allait de chantier en chantier faire des fenêtres et des portes, des portes et des fenêtres. Lorsque j'étais enfant, le samedi soir il m'emmenait au cinéma. Rasé de près, coiffé impecablement, le costard deux pièces de mise. Il aimait la propreté et la décence. Le milieu dont on vient ne commande pas d'être habillé de manière négligée. Poutou humilie les classes populaires, il ne les honore nullement ni ne les représente, il leur postillonne à la gueule quand il affirme parler en leur nom...

Je commençais ma p'tite humeur en utilisant le terme de "Matamore" pour qualifier nos deux syndicalistes champions en ressentiments...

Matamore : personnage hâbleur, plus vantard que courageux. C'est bien de cela qu'il s'agit...

Mais on désigne également par "matamore", un cachot, un souterrain où les Maures enfermaient leurs esclaves. Curieuse résonance, n'est-ce pas ?

 

 

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05/04/2017

L'image agréable d'un bazar universel

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« Je pense que nous sommes beaucoup de gens à nous demander ainsi si la démocratie a un avenir.

Les Américains voient beaucoup moins l'avenir en rose qu'autrefois, et à bon droit. Le déclin de l'activité industrielle et la perte d'emplois qui en résulte ; le recul de la classe moyenne ; l'augmentation du nombre des pauvres ; le taux de criminalité qui monte en flèche ; le trafic de stupéfiants en plein essor ; la crise urbaine - on n'en finirait pas de peindre le tableau le plus noir. Personne n'a de solution vraisemblable à apporter à ces problèmes inextricables, et pour l'essentiel ce qui tient lieu chez nous de débat politique ne s'y intéresse même pas. On assiste à des batailles idéologiques furieuses sur des questions annexes. Les élites qui définissent ces questions ont perdu tout contact avec le peuple. Le caractère irréel et artificiel de notre vie politique reflète à quel point elle s'est détachée de la vie ordinaire, en même temps que la conviction secrète que les vrais problèmes sont insolubles. (...) Il y a toujours eu une classe privilégiée, mais elle n'a jamais été aussi dangereusement isolée de son environnement. (...)

Les ambitieux comprennent donc que le prix à payer pour l'ascension sociale est un mode de vie itinérant. C'est un prix qu'ils sont heureux de payer puisqu'ils associent l'idée de domicile fixe aux parents et aux voisins inquisiteurs, aux commérages mesquins et aux conventions hypocrites et rétrogrades. Les nouvelles élites sont en rébellion contre l' "Amérique du milieu" telle qu'elles se l'imaginent : une nation technologiquement arriérée, politiquement réactionnaire, répressive dans sa morale sexuelle, petite-bourgeoise dans ses goûts, repue et contente d'elle-même, ennuyeuse et ringarde. (...) On peut se demander s'ils se sentent encore Américains. Il est clair en tout cas que le patriotisme ne se situe pas très haut dans leur échelle de valeurs. D'un autre côté, le "multiculturalisme" leur convient parfaitement, car il évoque pour eux l'image agréable d'un bazar universel, où l'on peut jouir de façon indiscriminée de l'exotisme des cuisines, des styles vestimentaires, des musiques et de coutumes tribales du monde entier, le tout sans formalités inutiles et sans qu'il soit besoin de s'engager sérieusement dans telle ou telle voie. Les nouvelles élites sociales ne se sentent chez elles qu'en transit, sur le chemin d'une conférence de haut niveau, de l'inauguration de gale d'un nouveau magasin franchisé, de l'ouverture d'un festival international de cinéma, ou d'une station touristique encore vierge. Leur vision du monde est essentiellement celle d'un touriste - perspective qui a peu de chances d'encourager un amour passionné pour la démocratie. (...)

La démocratie demande un échange vigoureux d'idées et d'opinions. Comme la propriété, les idées doivent être distribuées aussi largement que possible. Pourtant, bon nombre des "gens de bien", selon l'idée qu'ils se font d'eux-mêmes, ont toujours été sceptiques quant à la capacité des citoyens ordinaires à saisir des problèmes complexes et à produire des jugements critiques. (...) Le journalisme a été façonné par des réserves assez semblables sur les facultés de raisonnement des femmes et des hommes ordinaires. (...) Ce qui nous rappelle que c'est le débat lui-même, et le débat seul, qui donne naissance au désir d'informations utilisables. En l'absence d'échange démocratique, la plupart des gens n'ont aucun stimulant pour les pousser à maîtriser le savoir qui ferait d'eux des citoyens capables. (...) Une fois que l'on a déclaré que savoir et idéologie étaient équivalents, il n'est plus nécessaire de débattre avec vos adversaires sur un terrain intellectuel ou d'entrer dans leur manière de voir. Il suffit de les diaboliser comme étant eurocentriques, racistes, sexistes, homophobes - autrement dit, politiquement suspect. (...)

Nous sommes devenus une nation de minorités ; il ne manque que leur reconnaissance officielle en tant que telles pour achever le processus. Cette parodie de "communauté" - terme fort à la mode mais qui n'est pas très bien compris - charrie avec elle le postulat insidieux selon lequel on peut attendre de tous les membres d'un groupe donné qu'ils pensent de la même manière. L'opinion devient ainsi fonction de l'identité raciale ou ethnique, du sexe ou de la préférence sexuelle. Des "porte-parole" auto-désignés de la minorité appliquent ce conformisme en frappant d'ostracisme ceux qui dévient de la ligne du parti - par exemple ces noirs qui pensent "blanc". Combien de temps encore l'esprit de libre examen et de débat ouvert peut-il survivre dans de telles conditions ? »

Christopher Lasch, La Révolte des élites et la trahison de la démocratie

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04/04/2017

Une once de vanité gâte un quintal de mérite...

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L'emportement et la colère des socialistes franchouillards (dont ils contaminent de leurs sinistres effluves la France entière) peut varier en fonction des circonstances et de leurs états d'âmes idéologiques, selon que les victimes de la terreur servent ou non leur stratégie compassionnelle ! 

De même qu'ils n'ont pas allumé de bougies pour les britanniques, ils n'ont pas fait scintiller la Tour Eiffel aux couleurs du pays de Dostoïevski. "Nous sommes tous américains"... mais apparemment pas russes. "Je suis Nice", mais pas Saint Petersbourg... pas même allemand pour les viols et attouchements à l'égard de le gente féminine de l'autre côté du Rhin un soir de Nouvel An. Je suis Charlie, mais pas Vladimir. En revanche ils sont persuadés, bien entendu, d'être désignés pour faire advenir notre époque.

Ils indiquent ainsi qu'ils vantent et magnfient leur gloriole et leur suffisance plutôt qu'ils n'honorrent les innocentes victimes...

Routine...

Un Proverbe persan affirme : “Une once de vanité gâte un quintal de mérite.” Si l'on considère le degré de vanité dont font preuve les socialistes français, on se demande ce qu'il peut bien leur rester comme supposé mérite. 
Elie Faure avait bien compris cela, lui qui écrivait dans "Découverte de l'archipel" : "La vanité et la crainte du ridicule sont les traits les plus saillants du caractère français. C'est étrange, à coup sûr, la vanité étant neuf fois sur dix la source du ridicule."

Et ça n'est pas demain la veille que ces gens-là parviendront à mesurer l'écart magistral qu'il y a entre la perception enflée qu'ils ont d'eux-mêmes et ce que leur triste égo a produit (de positif pensent-ils) dans notre société. Car en vérité, les grands hommes sont hantés par l'inquiétude, ils se rabaissent constamment, car si ils sont conscients de leurs qualités, ils craignent par-dessus tout leurs propres manquements, leurs défauts, leurs faiblesses. Les socialistes, eux, au-delà d'un certain âge, l'expérience exigeant ses droits, savent bien qu'ils ne sont qu'imposture et que leur domination ne vaut rien... mais ils ont développé l'Art de recouvrir tout cela d'un gigantesque masque : celui du Progressisme.

Il faudra bien un jour, tôt ou tard, avoir les couilles qu'il convient pour dresser un bûcher aux vanités françaises...

 


Quelques français, devant l'Ambassade Russe à Paris, sauvent l'honneur

 

 

Pendant ce temps-là... Tel Aviv s'illumine aux couleurs de la Russie...

 


Pendant ce temps-là, puisqu'il faut battre campagne pour ratisser des voix...

 

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Les deux aspects d'une même imposture, l'envers et l'endroit d'un même mensonge

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« Le mot de pesimisme n'a pas plus de sens à mes yeux que le mot d'optimisme, qu'on lui oppose généralement. Ces deux mots sont presque aussi vidés par l'usage que celui de démocratie, par exemple, qui sert maintenant à tout et à tout le monde, à M. Staline comme à M. Churchill. Le pessimiste et l'optimiste s'accordent à ne pas voir les choses telles qu'elles sont. L'optimiste est un imbécile heureux, le pessimiste un imbécile malheureux. Vous pouvez très bien vous les représenter sous les traits de Laurel et Hardy. Après tout soyez justes, j'aurais bien le droit de dire que je ressemble plus au second qu'au premier... Que voulez-vous ? Je sais bien qu'il y a parmi vous des gens de très bonne foi, qui confondent l'espoir et l'optimisme. L'optimisme est un ersatz de l'espérance, dont la propagande officielle se réserve le monopole. Il approuve tout, il subit tout, il croit tout, c'est par excellence la vertu du contribuable. Lorsque le fisc l'a dépouillé même de sa chemise, le contribuable s'abonne à une Revue nudiste et déclare qu'il se promène ainsi par hygiène, qu'il ne s'est jamais mieux porté.

Neuf fois sur dix, l'optimiste est une forme sournoise de l'égoïsme, une manière de se désolidariser du malheur d'autrui. Au bout du compte, sa vraie formule serait plutôt ce fameux "après moi le déluge", dont on veut, bien à tort, que le roi Louis XV ai été l'auteur...

L'optimisme est un ersatz de l'espérance, qu'on peut rencontrer facilement partout, et même, tenez par exemple, au fond de la bouteille. Mais l'espérance se conquiert. On ne va jusqu'à l'espérance qu'à travers la vérit, au prix de grands efforts et d'une longue patience. Pour rencontrer l'espérance, il faut être allé au delà du désespoir. Quand on va jusqu'au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore.

Le péssimisme et l'optimisme ne sont à mon sens, je le dis une fois pour toutes, que les deux aspects d'une même imposture, l'envers et l'endroit d'un même mensonge. Il est vrai que l'optimisme d'un malade peut faciliter sa guérison. Mais il peut aussi bien le faire mourir, s'il l'encourage à ne pas suivre les prescriptions du médecin. Aucune forme d'optimisme n'a jamais préservé d'un tremblement de terre, et le plus grand optimiste du monde, s'il se trouve dans le champ de tir d'une mitrailleuse, — ce qui aujourd'hui peut arriver à tout le monde — est sûr d'en sortir troué comme une écumoire.

L'optimiste est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles. L'espérance est une vertu, "virtus", une détermination héroïque de l'âme. La plus haute forme de l'espérance, c'est le désespoir surmonté.

Mais l'espoir lui-même ne saurait suffire à tout. Lorsque vous parlez de "courage optimiste", vous n'ignorez pas le sens exact de cette expression dans notre langue et qu'un "courage optimiste" ne saurait convenir qu'à des difficultés moyennes. Au lieu que si vous pensez à des circonstances capitales, l'expression qui vient naturellement à vos lèvres est celle de courage "désespéré", d'énergie "désespérée". Je dis que c'est précisément cette sorte d'énergie et de courage que le pays attend de nous. »

Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?

 

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Une opération irréprochable du point de vue de la technique

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« Cette semaine encore, un officier, jadis déporté, me racontait le spectacle auquel il avait assisté en Allemagne, dans son camp. Deux trains chargés de soldats allemands mutilés étaient arrivés un matin. C'étaient des mutilés graves, désormais impropres à tout service social, bref, pour une raison ou une autre, jugés des bouches inutiles. On les avait rassemblés de gare en gare, accueillis chaque fois avec des fanfares, ravitaillés copieusement par la Croix-Rouge en cigarettes et en cigares. Au camp, les SS leur avaient rendu les honneurs, le commandant et l'état-major du camp assistant au garde à vous à leur défilé. Puis, sous prétexte de les rafraîchir, on les avait poussés par groupes de vingt-quatre dans la chambre à gaz, elle-même décorée de drapeaux. L'opération avait duré quatre heures. Le témoin de cette scène n'est pas loin. Quelques-uns d'entre vous ont peut-être déjà entendu le même récit. Je trouve pour ma part l'opération irréprochable du point de vue de la technique. Oh ! je sais bien, vous me direz : ce sont des Allemands ! Mais ces techniques-là sont dans l'air, puisque le principe qui les inspire et les justifie est déjà entré plus ou moins avant dans les consciences. »

Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?

 

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03/04/2017

Un homme pas très fréquentable

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« Un prophète n'est vraiment prophète qu'après sa mort, et jusque-là ce n'est pas un homme très fréquentable. Je ne suis pas un prophète, mais il arrive que je voie ce que les autres voient comme moi, mais ne veulent pas voir. Le monde moderne regorge aujourd'hui d'hommes d'affaires et de policiers, mais il a bien besoin d'entendre quelques voix libératrices. Une voix libre, si morose qu'elle soit, est toujours libératrice. Les voix libératrices ne sont pas les voix apaisantes, les voix rassurantes. Elles ne se contentent pas de nous inviter à attendre l'avenir comme on attend le train. L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait. »

Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?

 

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Comme un organisme se dévitaminise...

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« La déchristianisation de l'Europe s'est faite peu à peu. L'Europe s'est déchristianisée comme un organisme se dévitaminise. Un homme qui se dévitaminise peut garder longtemps les apparences d'une santé normale. Puis il manifeste tout à coup les symptômes les plus graves, les plus impressionnants. A ce moment-là, il ne suffit pas de lui donner ce qui lui manque pour le guérir du même coup. Certaines formes d'anémie spirituelle paraissent ausi graves que l'anémie profonde qui, en dépit de tous les soins, finissait par emporter, des mois après leur libération, les déportés de Buchenwald ou de Dachau. »

Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?

 

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02/04/2017

L'instinct des ouvriers de Lyon

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« On répète volontiers que ce monde moderne dénoncé par Péguy est, en réalité, le monde des mécaniques, et qu'en le dénonçant à mon tour j'ai l'air de céder au même mouvement de haine aveugle qui fit jadis se ruer les ouvriers de Lyon sur la première machine à tisser. Oh ! pardon ! Haine aveugle est vite dit ! Mais si, comme on le craint, comme il est permis de le craindre avec Einstein ou Juliot-Curie, une expérience de désintégration, plus concluante que les autres, fait sauter la planète, l'instinct des ouvriers de Lyon les aura-t-il tellement trompés ? Il est vain d'objecter qu'aucune force au monde n'eût été capable d'empêcher les développement des sciences physiques et les inventions qui en furent la conséquence, comme si les machines s'étaient multipliées d'elles-mêmes, dans un climat devenu brusquement favorable, comme les bêtes. L'esprit de l'homme n'a plus su contrôler les ouvrages de ses mains, voilà plutôt ce qu'il faut dire. »

Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?

 

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01/04/2017

Flagrant délit de Discrimination...

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Le soldat serbe...

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Anarchy in the UK : un Sex Pistol défend Trump et le Brexit !

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et

 

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Dans les années 70 du siècle dernier, quand on en avait assez des solos de flûte traversière de Ian Anderson, du groupe Jethro Tull, de la pignolade guitaristique d’un Steve Hackett, du gang Genesis, ou des polyphonies centristes des Républicains indépendants (formation un peu tombée dans l’oubli depuis), demeurait au moins ce havre de paix : les Sex Pistols. Des gamins qui ne respectaient rien, même pas la reine d’Angleterre. Bref, des punks. Ou des « ponts », comme disait alors VGE.

2017, Tout a changé. John Lydon, chanteur des pistolets sexuels en question, alors plus connu sous le sobriquet de Johnny Rotten – Johnny le Pourri –, donne une nouvelle fois de la voix, mais pas dans celle (de voie) qu’on pouvait forcément attendre. Il a passé la soixantaine, s’occupe de sa famille, a pris du bide ; ce qui ne l’empêche pas de demeurer le rebelle qu’il a toujours été. Mais d’une autre manière, toutefois.

À propos du Brexit et de l’élection de Donald Trump aux USA, il assure ainsi : « Je crois que de temps en temps, le monde a besoin d’être secoué. La léthargie finit toujours pas récolter ce qu’elle mérite. […] Donald Trump est le genre de coup de pied aux fesses dont les gens avaient besoin. »

Le président en question a maintenant les cheveux teints en orange tandis que ceux du chanteur étaient jadis peints de vert ? Qu’importe ! John Lydon, toujours : « Donald Trump est très problématique en tant qu’être humain [avis de connaisseur, NDLR], mais il n’est pas raciste et il y a de fortes chances que quelque chose de bon sorte de cette situation, parce qu’il fout la trouille aux hommes politiques. » Punk un jour, punk toujours !

Et, histoire de mettre un peu de sable dans les rouages, l’artiste persiste et signe : « L’idée de faire de la politique sans rien changer, c’est fini, maintenant ! […] J’ai toujours vu l’anarchie comme un jeu de l’esprit des classes moyennes, les quelques privilégiés gâtés qui peuvent se permettre de s’adonner à ce genre de philosophie absurde. […] Quelqu’un doit construire des routes et ça ne sera certainement pas les anarchistes. »

À Libération et chez Les Inrockuptibles, il doit y avoir du « nerveux breakdown » dans l’air. Pauvres petits bouchons. Lesquels estiment de longue date que le monde du rock serait assujetti, comme par une sorte de droit divin, à la sainte gauche… Si les mêmes avaient mieux lu Rock & Folk, période Philippe Manœuvre, ou les écrits de Lester Bangs, époque Creem, ils devraient pourtant savoir que les pionniers du rock qui dérange et tape là où ça fait mal viennent rarement du cercle fermé des gommeux issus des grandes écoles.

Car John Lydon, issu d’une famille irlandaise et catholique, a connu la débine, la vraie, la crasseuse. Celle du prolétariat des bas quartiers de Londres, désormais submergés par un autre quart-monde issu de l’immigration : invisible, vu des bancs d’Eton ou de Cambridge. Pourtant, même rangé et fidèle à ses origines, Johnny le Pourri continue à brandir un doigt d’honneur à la face de la high society.

Son dernier coup en date ? Révéler que son récent entretien privé avec Nigel Farage, chef de file du Brexit, a tout bonnement été « fantastique ». Et de se féliciter en ces termes du verdict des urnes : « La classe ouvrière a parlé et je suis l’un d’entre eux et je suis avec eux. Voici le résultat ! »

« Never Mind the Bollocks », titre du premier et dernier album officiel des Sex Pistols ? « On s’en bat les roupettes ! » translated en french. Bravo, donc : Johnny Be Good et vive l’Irlande libre !

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SOURCE : Nicolas Gauthier pour Boulevard Voltaire

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Yeah ! Let's Celebrate Johnny "Fucking" Rotten ! 

 

 

 

 

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31/03/2017

Tradition... Mode...

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Un discours de Macron...

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30/03/2017

Une vie tout animale

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« J'ai besoin de solitude, j'ai besoin d'espace ; j'ai besoin d'air. J'ai si peu d'énergie. J'ai besoin d'être entourée de champs nus, de sentir mes jambes arpenter les routes ; besoin de sommeil et d'une vie tout animale. Mon cerveau est trop actif. »

Virginia Woolf, Journal intégral (1915-1941)

 

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