Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/01/2021

Un vide

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Il y a deux choses à envisager dans les choses créées, à savoir l'apparence empirique et le mécanisme ; or l'apparence manifeste l'intention divine (…) le mécanisme n'opère que le mode de manifestation. Chez l'homme corporel par exemple, l'intention divine s'exprime par la forme, la déiformité, le symbolisme, la beauté ; le mécanisme est l'anatomie et le fonctionnement vital. La mentalité moderne, à tendance toujours scientiste et "iconoclaste", tend à suraccentuer le mécanisme au détriment de l'intention créatrice, et cela sur tous les plans, psychologique aussi bien que physique ; il en résulte une mentalité blasée et "démystifiée" que rien n' "impressionne" plus. Avec l'oubli de l'intention divine, pourtant apparente a priori, on aboutit à un vide dépourvu de tout point de référence et de toute signification, et à une mentalité de nihilisme et de désespoir, si ce n'est de matérialisme insouciant et brutal. En face de cette déviation, c'est l'enfant qui a raison, quand il croit que le ciel bleu au-dessus de nous c'est le Paradis. »

Frithjof Schuon, Racines de la condition humaine

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/01/2021

Un bon caractère

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« A la question de savoir s'il vaut mieux avoir de l'intelligence ou un bon caractère, nous répondrons : un bon caractère. Pourquoi ? parce que, quand on pose cette question, on ne pense jamais à l'intelligence intégrale, laquelle implique essentiellement la connaissance de soi ; inversement, un bon caractère implique toujours une part d'intelligence, à condition évidemment que la vertu soit réelle, et non compromise par un orgueil sous-jacent, comme c'est le cas dans le "zèle d'amertume". Le bon caractère s'ouvre à la vérité, exactement comme l'intelligence fidèle à sa substance débouche sur la vertu; nous pourrions dire aussi que la perfection morale coïncide avec la foi, qu'elle ne saurait donc être un perfectionnisme social dépourvu de contenu spirituel. »

Frithjof Schuon, Racines de la condition humaine

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/01/2021

Porcelaine

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Les chiens de faïence se regarde "de travers". Mais comment s'étonner, ils sont en porcelaine. Ils n'existent pas. Quand l'homme s'engage dans une relation tendue avec un autre homme, c'est pour dissimuler ce que son inconscient lui crie : qu'en tant qu'il dit "je" et se prend (sauf dans ses rêves) pour un individu, il commet un énorme mensonge. Nous ne sommes jamais individuels, mais restons, comme Antigone le démontre à Créon, qui ne comprendra jamais rien, des êtres de lignages et de lignées, humaines et non humaines. Nous portons en nous le poids du monde, de sorte que nous ne pouvons demeurer "droits". L'agressivité vient de cette "mauvaise humeur" éprouvée à côtoyer en nous des êtres faux, controuvés, des artefacts dont la vie se brode sur un mensonge. Alors, comment ne pas entasser d'autres mensonges, pouvoir, honneurs, richesses, désir de conquête, la longue litanie des bobards ? La totalité de l'histoire de l'Occident, dans sa rudesse, provient de cette ambiance de faux-semblants que, très bizarrement, la psychanalyse ne met pas clairement en tête des blocages à traiter et dénouer d'urgence, si l'on veut retrouver une pensée et une vie. »

Arnaud Villani, Chiens de faïence

 

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/01/2021

Les chefs

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Mon père, prolétaire de son état, a toujours porté à ses divers patrons une haine constante et qu’il transférait d’ailleurs de l’un à l’autre sans la modifier d’un iota. Tous les patrons étaient à son avis détestables. Ancien combattant de la guerre 14-18 et soldat pendant sept années (la guerre le cueillit alors qu’il terminait son service militaire), il adorait, vénérait, respectait (mon enfance en sait quelque chose) ceux qui avaient été ses officiers. L’explication est simple et je l’ai donnée plus haut : il respectait le Maître héroïque et (à lui bidasse de 2ème classe) inaccessible. Il se souvenait de son temps militaire, malgré les souffrances de la guerre, avec joie. Son malheur commença lorsqu’il dut obéir à des bourgeois. A des patrons et non plus à des chefs.

[…]

Evidemment, les officiers que mon père admirait le plus étaient ceux qui avaient été tués.

[…]

D’ailleurs comment respecter le Maître, dans une démocratie, puisqu’il n’est qu’un esclave promu ? D’où la haine du prolétaire pour le bourgeois qu’il souhaite devenir tout en méprisant les moyens de cette promotion et les antivertus nécessaires à cette ascension. Le bourgeois est l’anti-héros qui a utilisé la ruse, le négoce, l’argent, la combine (etc.) et qui s’est avilit en tant qu’homme pour devenir bourgeois. “S’embourgeoiser” est injure… D’où la haine et l’envie du prolétaire et ce mépris fasciné qu’il porte au bourgeois. Celui-ci n’est pas un Maître respecté et admiré mais, à la limite, un salaud. Je verrai là une des raisons du désespoir contemporain ! Le promu a mauvaise conscience et le non-promu méprise ce qui, en même temps, est son idéal.

Alors que le véritable Maître est admiré. Parce qu’il est inaccessible. Parce qu’il est source de valeurs. Parce qu’il est exemplaire et protecteur. Parce que sa morale, étant héroïque, rejoint le sacrifice et l’ascèse. Du coup, entre lui et l’esclave, l’amour — oui l’amour ! — est possible.

L’attitude du prolétaire vis-à-vis du bourgeois est assez semblable à celle du non-Juif face au Juif. Mépris pour ce dernier et désir d’accéder où il accède tout en éprouvant une répulsion morale pour ses “supériorités”. Ce n’est pas un hasard si le prolétaire est volontiers antisémite. Le Juif est, à ses yeux, le bourgeois suprême. (Cette attitude est celle de beaucoup de noirs américains qui voient dans le Juif l’impérialiste suprême.) »

Jean Cau, Le temps des esclaves

 

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/01/2021

Avachissement et avilissement masochiste

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Il m'aura fallu des années de réflexion et de lucidité afin d'oser mettre en question et en questions l'égalitarisme sacro-saint qui fut mon miel et mon lait jusqu'à de récentes années.

(...)

Il aura fallu d'une part que j'assiste à l'avachissement et à l'avilissement masochiste de nos sociétés occidentales, d'autre part que je découvre le visage effroyablement médiocre du communisme pour que j'ose me demander si leur faillite commune n'avait pas même origine et mêmes raisons : le culte – bien qu'il fût célébré par des prêtres divers – du même veau. »

Jean Cau, Le temps des esclaves

 

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/01/2021

Guerre civile planétaire

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Qui oserait rappeler l’évidence démontrée il y a déjà vingt-cinq ou trente ans par Foucault que non seulement la guerre des races ne s’est pas éteinte avec l’émergence des guerres nationales, ou de la "lutte des classes", mais qu’elles ne cessent au contraire toutes ensemble de s’élaborer sans cesse dans l’infernal creuset des âmes humaines livrées à elles-mêmes, et aux mauvais picrates intellectuels du XXème siècle, contaminant peu à peu toutes les structures de la société-monde, jusqu’à nous promettre l’éclatement prochain d’une guerre des sexes comme horizon terminal, au milieu des destructions de la guerre civile planétaire ? »

Maurice G. Dantec, Laboratoire de catastrophe générale (Le théâtre des opérations 2000-2001)

 

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/01/2021

La beauté

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Saint-Etienne et sa banlieue. Un pareil spectacle est la condamnation de la civilisation qui l’a fait naître. Un monde où il n’y a plus de place pour l’être, pour la joie, pour le loisir actif, est un monde qui doit mourir. Aucun peuple ne peut vivre en dehors de la beauté. Il peut quelque temps se survivre et c’est tout. Et cette Europe qui offre ici un de ses visages les plus constants s’éloigne sans arrêt de la beauté. C’est pour cela qu’elle se convulse et c’est pour cela qu’elle mourra si la paix pour elle ne signifie pas le retour à la beauté et sa place rendue à l’amour. »

Albert Camus, Carnets II, 1942-1951

 

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/01/2021

Du coeur et de l'âme

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Les qualités propres à l’aristocratie sont difficiles à décrire, parce qu’elles viennent du cœur et de l’âme plus que du seul intellect ou de la seule "raison morale". De même que l’aristocratie relie le peuple aux dieux, elle relie le ciel à la terre, comme l’arbre du monde dans les anciennes mythologies. Elle relie aussi le visible à l’invisible, le fini à l’infini, ce qui se décrit à ce qui ne peut pas se dire. Elle montre les choses mais elle ne les dit pas. »

Alain de Benoist, Les idées à l’endroit

 

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/01/2021

Un chaton

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Un bombardier de nuit soviétique avait lâché une bombe (...). Parmi les débris de rondins et les gravats il ne découvrit qu’un chaton. Le chaton était en piètre état, il ne demandait rien, n’attendait rien, il devait croire que la vie sur terre c’était cela : le bruit, le feu, la faim. »

Vassili Grossman, Vie et destin

 

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/01/2021

La classe intellectuelle

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Nous sommes devenus amis, c'est-à-dire que chaque jour il venait se fourrer chez moi, m'empêchait de travailler et m'entretenait à coeur ouvert de sa détresse. Dès les premiers temps, son extraordinaire fausseté, qui me donnait vraiment la nausée, m'avait frappé. En tant qu'ami, je le gourmandais de tant boire, de vivre au-dessus de ses moyens et de faire des dettes, de paresser, de ne rien lire, d'être si peu cultivé et si peu informé, et en réponse à toutes mes observations, il souriait amèrement, soupirait et disait : “Je suis un raté, un inutile !” ou “Que voulez-vous attendre de nous, débris du servage ?” ou “Nous dégénérons…” Ou bien il se mettait à débiter un long fatras où il était question d'Onéguine, de Pétchorine, du Caïn de Byron, de Bazarov, et disait d'eux : “Ce sont nos pères par la chair et par l'esprit.” Comprenez en somme, que ce n'était pas de sa faute si les plis officiels traînaient des semaines entières sans êtres ouverts, s'il buvait et faisait boire les autres, mais celle d'Onéguine, de Pétchorine et de Tourguéniev qui ont inventé le raté et l'inutile. La cause de son extrême dépravation et de sa vie scandaleuse n'était pas, voyez-vous, en lui-même, mais à l'extérieur, au-dehors. Et avec cela — voyez la ruse ! — il n'était pas seul à être dépravé, menteur et vil, nous aussi nous l'étions… “Nous, les gens des années 80”, “nous, le surgeon amolli, énervé du servage”, “nous que la civilisation a défigurés…”. Bref, nous devions comprendre qu'un grand homme comme Laïevski était grand jusque dans sa déchéance, que sa dépravation, son ignorance et sa crasse étaient un phénomène d'histoire naturelle, consacré par le déterminisme, que les causes en étaient universelles, élémentaires et que l'on devait suspendre devant lui une veilleuse d'icône parce qu'il était la victime de l'époque, des influences, de l'hérédité, et ainsi de suite. Tous les fonctionnaires et toutes les dames, en l'entendant, poussaient des oh ! et des ah ! d'admiration et j'ai mis longtemps à comprendre à qui j'avais affaire : était-ce un cynique ou un adroit filou ? Des individus comme lui appartiennent en apparence à la classe intellectuelle, qui ont quelque instruction et parlent beaucoup de leur noblesse personnelle, savent se faire passer pour des natures complexes. »

Anton Tchekhov, Le duel

 

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/01/2021

Les bons sentiments

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Certaines âmes philanthropiques pourraient construire en rêve quelque miraculeuse façon de désarmer ou de terrasser l’adversaire, sans causer trop de souffrance, et croire que l’art de la guerre évolue dans cette direction. Aussi désirable qu’elle soit, cette vue de l’esprit doit être réfutée. Car dans un état aussi dangereux que la guerre, les pires erreurs sont celles que nourrissent les bons sentiments. »

Carl von Clausewitz, De la guerre

 

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

13/01/2021

En fait, elles ne s’intéressent qu’aux femmes

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Les producteurs de films découvrent enfin, mais lentement, que les femmes se contentent parfaitement d’artistes aussi laids que Belmondo, Walter Matthau ou Dustin Hoffman, au lieu des beaux acteurs de jadis. Puisqu’ils accordent peu de valeur à leur physique et ne se croient beaux qu’exceptionnellement (ils ne voient la beauté que chez les femmes), ils s’identifient plus facilement à des interprètes qui ne sont pas des Apollons. Pourvu que les principaux rôles féminins soient tenus par de belles vedettes, les femmes absorbent ces films avec autant de plaisir que ceux où jouerait un Rock Hudson ; en fait, elles ne s’intéressent qu’aux femmes qu’elles y voient. »

« Quoi que fassent les hommes pour en imposer aux femmes, dans le monde des femmes, ils ne comptent point. Dans le monde des femmes, seules comptent les autres femmes. Lorsqu’une d’elles remarque qu’un homme dans la rue se retourne sur elle, naturellement, elle s’en réjouit. Si l’homme est habillé de façon coûteuse ou roule dans une voiture de sport grand luxe, sa joie est d’autant plus grande, joie comparable à celle d’un porteur d’actions qui lit un rapport de bourse favorable. Pour la femme, que l’homme soit bien physiquement ou non, sympathique ou non, intelligent ou non, ne joue absolument aucun rôle. »

Esther Vilar, L’homme subjugué

 

 

16:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

C’est avec de telles monotonies que sont faits les sentiments durables qui déterminent l’individualité d’une âme particulière

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Un rythme qui continue inchangé est un présent qui a une durée ; ce présent qui dure est fait de multiples instants qui, à un point de vue particulier, sont assurés d’une parfaite monotonie. C’est avec de telles monotonies que sont faits les sentiments durables qui déterminent l’individualité d’une âme particulière. L’unification peut d’ailleurs s’établir au milieu de circonstances bien diverses. [...] Cependant l’être est un lieu de résonance pour les rythmes des instants et, comme tel, on pourrait dire qu’il a un passé comme on dit qu’un écho a une voix. Mais ce passé n’est qu’une habitude présente et cet état présent du passé est encore une métaphore. En effet, pour nous, l’habitude n’est pas inscrite dans une matière, dans un espace. [...]

L’habitude qui, pour nous, est pensée est trop aérienne pour s’enregistrer, trop immatérielle pour dormir dans la matière. Elle est un jeu qui continue [...] c’est de cette manière que nous tenterons de solidariser, par l’habitude, le passé et l’avenir. »

Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant

 

09:21 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Réminiscence

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Il est de fins ressorts dont la marche ignorée
— Ni savants, ni rêveurs, n’ont deviné comment —
Va dans un coin de l’âme éveiller brusquement
Le parfum d’une fleur autrefois respirée.

Autrefois, le céleste épanouissement
De ta bouche qui rit, cette rose pourprée,
M’avait tout embaumé l’âme... Chère adorée
Qui t’envolas si tôt, l’oubli vint lentement !

Voilà que, ravivant ton image effacée,
Ta grâce tout à coup me vient à la pensée,
Comme l’air qu’un hasard souffle aux musiciens.

D’un soir déjà lointain je reconnais les fièvres :
Et mon cœur a senti refluer à mes lèvres
Une fraîche saveur de baisers anciens. »

Léon Valade, "Réminiscence" in Le Parnasse contemporain

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/01/2021

Une vie d'homme libre

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« L’homme, qui aime la femme et souhaite passionnément, par-dessus tout, son bonheur, la suit encore sur ce terrain : il produit pour elle du rouge à lèvre qui ne tache pas, du noir aux yeux qui ne la fait pas pleurer, des bigoudis chauffants qui remplacent ses ondulations absentes, des blouses plissées qu’elle n’a plus à repasser, des sous-vêtements qu’elle jette au fur et à mesure qu’ils sont sales. Car il a toujours le même but, la délivrer de ces mesquineries une fois pour toutes, lui permettre de réaliser en elle ce qui est spécifiquement féminin et donc étranger à son esprit d’homme, satisfaire les aspirations "élevées" — à ce qu’il croit — de la nature plus délicate, plus sensible, de la femme, pour qu’enfin elle puisse mener la seule et unique existence qu’il considère digne d’être vécue : une vie d’homme libre. »

Esther Vilar, L’homme subjugué

 

 

16:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook