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26/01/2018

Il n’y a pas de raisons de vivre, mais il n’y a pas de raisons de mourir non plus

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« Il n’y a pas de raisons de vivre, mais il n’y a pas de raisons de mourir non plus. La seule façon qui nous soit lais­sée de témoigner notre dédain de la vie, c’est de l’accepter. La vie ne vaut pas qu’on se donne la peine de la quitter. »

Jacques Rigaut, Le jour se lève, ça vous appren­dra

 

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Réconcilier le Chrysanthème et le Sabre, l'art et l'action, l'esthétique et l'éthique

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« Pour Mishima la culture ne se limite pas aux œuvres d'art, à la superstition vague et abstraite du "beau", typique de la mentalité bourgeoise moderne, et n'est en rien l'apanage des intellectuels, qui incarnent à ses yeux un type humain profondément aliéné. La culture japonaise investit tous les modèles de comportement, et il faut l'accepter et la défendre en bloc, quand bien même certaines de ses expressions seraient dangereuses dans une optique humaniste et utilitaire, parce qu'ombres et lumières appartiennent au même cadre.
Pour échapper au climat étouffant d'une "paix souriante aux panses pleines" et au "bien-être", "la plus désespérée des conditions", il faut réconcilier le Chrysanthème et le Sabre, l'art et l'action, l'esthétique et l'éthique. C'est le bunburyôdô, la "double voie" des lettres et des arts martiaux, l'union de la Plume et du Sabre, de l'élégance raffinée et du courage indomptable : l'idéal des anciens samouraïs, revécu par Mishima jusqu'au bout et lancé comme un défi à une époque d'une médiocrité sans bornes. »

Giuseppe Fino, Mishima, écrivain et guerrier

 

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25/01/2018

Partout constate-t-on une volonté de tuer les pères

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« Et ainsi, partout constate-t-on une volonté de tuer les pères. Parce que la logique de la décadence implique la décapitation du père. Qu'il s'appelle Dieu, le chef, le patron, l'officier, le prêtre, le professeur ou le pater familias, le simple père de famille. Ou plus simplement encore, pour ces dames du MLF, l'homme. Il suffit maintenant d'être homme pour paraître aux yeux de certaines femmes une créature maudite. Pourquoi ? Parce que le père est symbole de tradition, d'autorité, de virilité honnie aujourd'hui puisque toute décadence est féministe, féminoïde et infantile, bien entendu. Je ne fais là aucune misogynie quelconque mais une constatation étale et tranquille : toutes les décadences se jettent vers la mère. La mère est toute indulgence, tout pardon. Elle est toujours prête à accueillir la contestation des fils, c'est bien connu. Elle est la nourricière, elle est presque la société de consommation aux seins énormes. Et le père que dit-il ? Qu'il faut que les enfants obéissent, qu'ils deviennent costauds, qu'ils aient un avenir, qu'ils assurent la garde de la maison — ça s'appelle l'armée —, qu'ils assurent la lignée, etc. C'est moins drôle, évidemment, alors on lacère l'image symbolique et l'image sociale du père.

Toutes les décadences sont maternoïdes, maternelles, féminines, féminoïstes et les mères sont impuissantes à empêcher les enfants de dévaster la maison. Les révolutions sont de gigantesques explosions infantiles et féministes : on saccage la maison, on s'empiffre de confitures, on joue au chef. C'est pareil à chaque révolution : ça commence par une fête lyrique, une fête enfantine, féminine, et puis revient toujours le père. Il s'appelle Bonaparte, Hitler, Staline, de Gaulle, Franco ou Pinochet. Demain, on assistera une fois de plus à un retour offensif des pères et de deux choses l'une : ou bien ils viendront de l'intérieur et ce seront des despotes ou des ordres que nous nous imposerons nous-mêmes ou ils parleront chinois. Ce serait tout de même assez emmerdant d'avoir joué la comédie de la liberté infantile pour se retrouver avec des papas. »

Jean Cau, Entrevue dans le magazine Vouloir - n°: 105/106/107/108 ; Juillet-Septembre 1993 - Propos recueillis par Jacques Vanden Bemden

 

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Un homme, c'est bien autre chose que le petit tas de secrets qu'on a cent fois dit

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« Parce que, tout de même, un homme, c'est bien autre chose que le petit tas de secrets qu'on a cent fois dit. Bien autre chose, en deçà et au-delà de l'histoire qui le concerne, comme un pays sans frontière, et l'horizon ne tient la longe qu'aux yeux.
C'est un pays rêvé quand on ne rêvait pas encore, et c'est le rêve d'un pays qui vous mène quand tout dort, quand on est soi-même endormi. Au réveil, ça vous colle à la peau. Ca vous remplit et ça vous vide tour à tour. La plénitude et le manque, systole, diastole, flux, reflux, qui font aller l'homme comme la mer, d'un bord à l'autre de lui-même.
Parce qu'un poète, c'est toujours un pays en marche, dressé comme une forêt, et traînant dans sa langue une terre d'exil, un paradis d'échos. »

Guy Goffette, Verlaine d'ardoise et de pluie

 

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24/01/2018

La loi de la noblesse, c'est la justice

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« Sur la base de l'autosuffisance et d'un mépris héroïque de l'existence, l'aristocrate ignore tout de ces droits et de ce respect de l' "homme" qu'inversement, le christianisme a introduit superstitieusement en Occident. La loi de la noblesse, c'est la justice, l'honneur, le sain orgueil qui maintient fièrement sa propre tradition et qui se fortifie dans la conscience de sa propre vertu : alors qu'il n'est que trop clair que pour le christianisme, tout cela a une odeur "luciférienne" et que le postulat que celui-ci pose, c'est la conscience d'être un pécheur, l'humilité, la pénitence, le pardon, la prière. Le principe évangélique de rendre le bien pour le mal n'est pas celui de la noblesse : elle aussi sait pardonner et faire preuve de générosité, mais pour l'ennemi vaincu, pas pour celui qui redresse la tête dans la force de l'injustice. »

Julius Evola, Ur et Krur

 

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Pleurant la tête basse

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« Dans la cour d’un collège de Chelles, en Seine-et-Marne, j’ai vu un groupe de jeunes correspondants allemands, des adolescents pour la plupart blonds, beaux, frêles, vêtus de couleurs claires, arrivés la veille au soir de Lindau, et pour certains pleurant la tête basse, sans comprendre pourquoi des élèves maghrébins venaient de leur cracher dessus. Cette scène christique ne cesse de me hanter. »

Richard Millet, Fatigue du sens

 

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23/01/2018

Ce terrain vague sur lequel pleuvait une matière imbécile

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« — Or, un sous-lieutenant, de quoi cela rêve-t-il ? D'être un homme qui court au soleil, comme le grec à Marathon. Oui, à Verdun, j'ai pensé à Marathon. Et j'ai pleuré. Oh, ma pauvre jeunesse déçue. Je m'étais donné à l'idéal de la guerre et voilà ce qu'il me rendait : ce terrain vague sur lequel pleuvait une matière imbécile. des groupes d'hommes perdus. Leurs chefs derrière, ces anciens sous-lieutenants au rêve fier, devenus de tristes aiguilleurs anxieux chargés de déverser des trains de viande dans le néant... Pendant six heures, un jour, des allemands attaquèrent, très loin devant nous, à peine vus. Et pour rien.

— J'ai horreur de ces boucheries démocratiques, répéta une dernière fois mon compagnon. »

Pierre Drieu la Rochelle, La Comédie de Charleroi

 

 

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La réalité charnelle

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« On finit par se laisser prendre à un orgueil aussi naturel ; aussi simplement exprimé, et pourtant avec une pareille audace ! Les anciens qui parlaient des actes de Dieu accomplis par le moyen des Francs auraient trouvé belle, sans doute, cette manière de s’exprimer. Et comme nous sommes loin, ici, de l’abstraction ! Il arrive, en effet, que les clercs qui parlent de la mission de la France, du rôle de la France, finissent par confondre la France avec on ne sait quelles idées pâles et vagues. Ici, le contact n’est jamais perdu avec la réalité charnelle. Non que l’on puisse, à mon avis, reprocher sérieusement à Péguy de tomber dans le péché inverse. Il n’oublie pas les hautes régions de l’universalité. Il ne dit pas que les cathédrale ou la croisade sont belles uniquement parce qu’elles sont françaises. Il dit que la France est belle et grande, entre autres choses, d’avoir incarné une civilisation universelle, d’avoir pu parler à tous les hommes, ce que personne ne niera. Mais en le disant, il ne perd jamais de vue que cette universalité a les couleurs de la pierre française, du fer français, des armes françaises, l’odeur des blés français. Ainsi reste-t-il fidèle à sa grande pensée, si profondément chrétienne et occidentale, que le temporel est toujours le lit de camp du spirituel, et que la cité terrestre est le corps et l’image de la cité de Dieu. Ainsi reste-t-il fidèle au mystère le plus éminent du catholicisme, qui est au centre même de son œuvre, le mystère de l’Incarnation. »

Robert Brasillach, Les quatre jeudis

 

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22/01/2018

La place visible où s'avoue un mal profond

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« La France ne se sera rendue vraiment apte à se donner une meilleure organisation que lorsqu'elle regardera le régime dont elle se plaint comme l'expression obscène des défauts qu'elle a accepté de garder sourdement en elle, et comme la place visible où s'avoue un mal profond. Il la force à se voir dans ce qu'elle a de moins beau.

Bien loin de nous plaire à opposer une nation pourvue de toutes les bonnes qualités à un régime chargé de toutes les mauvaises, fiction lâche et fausse qui ne mène à rien, nous ne devons pas craindre de connaître le régime et la nation l'un par l'autre. Assurément celle-ci déborde celui là, par ce qu'elle a de plus haut et ce qu'elle garde de plus profond ; mais entre ces extrêmes, il ne se peut pas qu'elle ne coïncide avec lui en beaucoup de points : même le plus vils des politiciens s'appuient sur une clientèle qu'ils ont, sans doute, contribué à corrompre, mais qui, par un touchant échange de bons offices, tend elle-même à les confirmer dans leurs vices ; d'autres députés, qui valent mieux sans valoir beaucoup, ne sont que l'expression trop fidèle de cette masse incertaine qui, loin de vouloir le bien, craint presque d'y aspirer.

Seuls les plus nobles des Français seraient fondés à soutenir que, dans un pareil régime, ils n'ont pas de représentants ; encore peuvent-ils se reprocher de l'avoir trop rapidement accepté, et se trouver liés à lui par tous les consentements inavoués de la mollesse et de la lassitude. Des hommes d'élite doivent toujours être plus portés à exagérer leur responsabilité qu'à la méconnaître et il leur sied d'être assez fiers pour se trouver coupables de tous les maux qu'ils ont permis. C'est par la critique d'un régime qu'elle ne peut pas conserver que la France doit connaître en elle les défauts qu'elle ne veut plus avoir. »

Abel Bonnard, Les modérés

 

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L'Homme n'est pas une Machine...

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« L'homme descendra-t-il au dernier terme de sa dégradation, parce qu'il ne suspendra ses travaux aucun des jours qu'il lui est donné de passer sur la terre ? En deviendra-t-il moins homme, parce qu'il sera plus laborieux, et que tous les instants de sa vie, sans aucune réserve, seront accordés à son industrie ? La cupidité s’empresse de dissiper nos alarmes ; elle résout tous nos doutes sans embarras ; elle calme nos inquiétudes sans hésitation. Qu’est-ce que l’homme pour elle ? Pas autre chose qu’une machine qui fonctionne, une roue qui accélère le mouvement, un levier qui soulève, un marteau qui brise la pierre, une enclume qui façonne le fer. Qu’est-ce que le jeune enfant ? Elle n’y voit qu’une pièce d’engrenage qui n’a pas encore toute sa puissance. Voilà à ses yeux toute la dignité humaine. Si vous lui demandez où est le salut de la société, elle vous indiquera le jeu continu des machines, l'action non interrompue de l'ouvrier qui produit, la vapeur qui fait disparaître les distances. Quant à l'impiété, nos craintes font naître le sourire sur ses lèvres ; elle dédaigne ; elle ne voit des jours bien employés que ceux que le plaisir ou le travail absorbent tout entiers. Instrument de plaisir ou de fortune, c'est là aussi tout l'homme à ses yeux.

Et, oui, la religion et la raison voient l’homme déchoir de sa grandeur et de sa dignité par la violation du repos du Seigneur ; oui, la profanation du dimanche attaque les fondements de la société : et la société civile devrait s'émouvoir comme l'église chrétienne, en voyant le mépris où tombe, de plus en plus, un Commandement donné à l'homme pour élever son esprit, fortifier sa raison, accroître ses vertus et réparer en même temps ses forces épuisées. Si l'homme vivait seulement de pain, si la chair et le sang étaient tout son être, et qu'il n'attendit ni une patrie meilleure, ni une cité plus stable, nous le laisserions chercher dans une matière unique aliment, y puiser toutes ses jouissances, et y placer toutes ses espérances.

Mais dites-nous si son langage, son regard, ses actions, sa vie entière ne vous indiquent pas qu'il y a en lui une substance plus excellente que celle qui se voit, se touche, se flétrit et se pulvérise ? Dites-nous s'il y n'y a pas en lui un principe d'immortalité, et si le corps n'est pas le voile sous lequel vit et se meut "l'homme céleste" ?

Si donc il est autre chose qu'une machine, une roue ou un levier, sa nourriture véritable est "la parole qui sort de la bouche de Dieu", la contemplation de la vérité, l'étude de la vie présente et de l'éternité. Il faut qu'il se rappelle de temps en temps qu'il vient de Dieu, qu'il vit pour Dieu, et qu'il va à Dieu. Il est un ordre d'idées qu'on n'emprunte pas à la terre ; il est des devoirs qu'on n'apprend pas par un travail mécanique. Il faut réfléchir pour les connaître, ces devoirs ; il faut se replier sur soi-même pour les approfondir, suspendre l'agitation et le bruit pour entendre la voix de Dieu ; et après avoir donné quelques moments à la vie animale, il faut redevenir homme et revêtir le chrétien pour ne pas se transformer en une vile matière qu'on façonne, en cet argile grossier que l'on pétrit, et ne pas s'assimiler à la bête de somme que l'on charge.

(...)

Ce n’est pas assez pour son cœur et son esprit d’agir et de produire, d’extraire des métaux et de gagner un salaire, il faut qu’il pense et qu’il aime ; voilà pour lui aussi la véritable vie. »

Cardinal Louis-Jacques-Maurice de Bonald, Instruction Pastorale et Mandement du Carême de 1842, Sur la Sanctification du Dimanche

 

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21/01/2018

Ils ne deviennent pas des dieux. Et ils ne sont plus des hommes.

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« Qu’est-ce que je fais là ? Je suis un homme. J’ai été promis à un monde d’hommes et d’animaux. Mes ancêtres n’ont pas travaillé à une civilisation pour que soudain nous n’y puissions plus rien et que le mouvement se perde machinal, aveugle, absurde ? Une machine, un canon qui tire sans arrêt, tout seul. Qu’est-ce que cela ? Ce n’est ni un homme, ni un animal, ni un dieu. C’est un calcul oublié qui poursuit seul sa trajectoire à travers le monde, c’est un résidu incroyable. Quelle est cette reprise étrange de la matière sur la vie ? Quel est ce déroulement mécanique de la matière ? Des mots absurdes deviennent vrais : mécanisme, matérialisme.

C’était un déchaînement inattendu, épouvantable. L’homme au moment d’inventer les premières machines avait vendu son âme au diable et maintenant le diable le faisait payer. Je regarde, je n’ai rien à faire. Cela se passe entre deux usines, ces deux artilleries. L’infanterie, pauvre humanité mourante, entre l’industrie, le commerce, la science. Les hommes qui ne savent plus créer des statues, des opéras, ne sont bons qu’à découper du fer en petits morceaux. Ils se jettent des orages et des tremblements de terre à la tête, mais ils ne deviennent pas des dieux. Et ils ne sont plus des hommes.

Je me rappelle Marathon. J'en appelle à Marathon.

Je m'ennuie. Je ne puis déployer ni mon intelligence ni mon courage.

(Mais si tu étais aviateur !)

Je m'ennuie, tout est laid. Humanité et nature confondues s'affacent dans le néant... »

Pierre Drieu la Rochelle, La Comédie de Charleroi

 

 

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Une nation paraît frappée dans la source même de sa vigueur et soudain elle se redresse

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« Mais le destin historique des sociétés n’obéit pas, comme fait celui des êtres vivants, à la courbe simple de la montée, de la plénitude et du déclin des énergies vitales. Il comporte des dents de scie, des surprises, des sursauts. Une nation paraît frappée dans la source même de sa vigueur et soudain elle se redresse, des forces longtemps comprimées ou inemployées, dont le lent parcours souterrain échappait à l’attention, se fraient un chemin à l’air libre, des branches séchées reverdissent, des portes sont forcées dans un avenir fermé, l’ordre naît de façon imprévisible du désordre, la volonté du découragement, le fanatisme du scepticisme, l’explosion de la vie de ce qui semblait manifester son épuisement. »

Thierry Maulnier, Discours de réception à l'Académie Française

 

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20/01/2018

On fait la sieste

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« J'étais dans de vieux villages de l'Hérault, donc, de vieux gros villages ronds et fortifiés, aux rue étroites, aux maisons serrées de guingois les unes contre les autres, et qui an l'an mil avaient déjà, pour beaucoup d'entre eux, une solide expérience du monde. C'était avant la France, diront certains. Peut-être. Quoi qu'il en soit, maintenant, c'était après, aurait-on pu croire : parce qu'aux fenêtres et sur les seuils de ces très vieilles maisons, le long de très vieilles rues, apparaissait presque exclusivement une population inédite en ces parages et qui par son costume, par son attitude, par sa langue même, semblait ne pas lui appartenir mais relever d'un autre peuple, d'une autre culture, d'une autre histoire. Et dans Lunel qui n'est pas un village, c'était cette même impression d'avoir changé de monde sans être sorti de l'ancien, sans avoir quitté les rues et les places de notre pays, leurs statues, leurs églises, leurs anciens repères familiers. Combien sommes-nous à éprouver quotidiennement le même sentiment, et pas seulement dans l'Hérault, le Gard ou le Vaucluse, pas seulement dans la Seine-Saint-Denis quand nous pouvons encore nous y aventurer pas seulement dans le Nord ou le Pas-de-Calais, mais dans toutes les parties du territoire français, le long des trottoirs de nos villes, dans les transports en commun, dans le métro parisien, face aux images ou à la réalité de nos écoles ou de nos universités ? Comme si pendant le temps de notre vie, et moins encore, la France était en train de changer de peuple : on en voit un, on fait la sieste, c'en est un autre, ou plusieurs autres, et qui paraissent appartenir à d'autres rivages, à d'autres ciels, d'autres architectures, d'autres mœurs, c'est ce qu'ils semblent penser eux aussi.On dira, en tout cas on nous dit tous les jours, c'est la doctrine officielle, radio et télévision nous la rabâchent à l'envi, et n'ont même plus à nous la rabâcher tant elles assument qu'elle est acquise, qu'elle va sans dire, que personne n'osera piper mot, on dira que c'est toujours le même peuple et qu'en son sein il n'y a que des Français : que ce sont-là les Français d'aujourd'hui. Couteau de Lichtenberg, toujours : on change le manche, puis la lame, mais c'est toujours le même couteau. »

Renaud Camus, Le Grand Remplacement

 

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Que vaut la spiritualisation d'une âme dépourvue de corps ?

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« Comment pourrait se dépouiller celui qui n'est attaché à rien ? Que vaut la spiritualisation d'une âme dépourvue de corps ? Il nous faut donc d'abord, à rebours du courant qui nous entraine, essayer de nous enraciner quelque part ; mais cet enracinement suppose du temps, d'autant plus que les individus et la société sont moins jeunes. Le monde actuel s'attaque à l'homme par deux voies apparemment contradictoires : d'une part, en l'attachant à une action et à des biens purement matériels ; de l'autre en privant ce corps sans âme de toute relation profonde avec la réalité. Répudiant ce matérialisme et cet idéalisme, un homme réel, mais libre, cherchera d'abord à s'enraciner à un lieu. »

Bernard Charbonneau, L'homme en son temps et en son lieu

 

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Fondamentalement il n'existe qu'un seul droit...

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