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17/02/2019

Grand Débat National...

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Racisme autorisé...

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« Le blanc est stupide... » : chroniques du racisme anti-blanc tristement ordinaire

 

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur le passage de Nell Irvin Painter, écrivain américaine, dans l'émission Quotidien, expliquant que «le blanc est stupide, il ment, il est corrompu, il harcèle les femmes…» (sic).

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Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox. Son dernier ouvrage, Névroses Médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée, vient de paraître chez Plon.

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Le racisme anti-blanc, ou la détestation anti-occidentale, pour l'appeler moins crûment, présente une triple spécificité.

La première, il est nié telle une pure chimère.

La deuxième, celui qui l'évoque est réprouvé et frôlerait le racisme.

La troisième, est qu'il est véhiculé largement par les blancs eux-mêmes.

Dans mes derniers ouvrages (« Réflexions sur la Question Blanche », « Névroses Médiatiques »), j'ai tenté de montrer que cette spécificité a pour fondement la redoutable croyance moderne que l'homme blanc, couleur d'Adolf Hitler, avait inventé le racisme et qu'il ne pouvait donc en être la victime puisqu'il en était l'unique auteur. J'ai également suggéré que ladite croyance, d'origine traumatique, avait pénétré profondément l'inconscient collectif occidental.

Deux événements médiatiques de la semaine écoulée sont de nature à donner quelque chair à mon ingrate thèse.

La dernière fois que je tentais une telle démonstration appuyée sur un exemple, il s'agissait de ce rappeur nommé Nick Conrad qui se proposait en chantant de pendre les enfants blancs.

Mais un journaliste du soir, sans doute rebuté par ma thèse, me fit le reproche d'avoir rendu public un geste isolé commis par un total inconnu. Étrange reproche de la part de gens qui ne répugnent pas à publiciser le moindre tag raciste ou les éructations antisémites de deux gilets jaunes avinés dans le métropolitain.

En réalité, qu'il s'agisse de Nick Conrad ou de « Nique la France », tous les prétextes sont bons pour ne pas les entendre et interpréter les indignations qu'ils suscitent pour les fantasmes pervers de la fâcheuse sphère.

Au passage, on remarquera que la justice française, une fois encore, semble bonne fille avec les méchants propos sur les blancs, puisque le rappeur lyncheur se voit menacé par le parquet de la condamnation très platonique à 500 € d'amende avec sursis.

Mais cette fois, mes détracteurs vespéraux auront quelques difficultés à prétendre que les exemples que je vais prendre auront été commis en catimini.

Le premier dévoiement médiatique à décrire se situe en effet le 8 février dans le cadre de l'émission télévisée à succès « Quotidien » animée , on le sait, par Yann Barthès.

Celui-ci recevait Nell Irvin Painter, écrivaine noire américaine et auteur d'une « Histoire des Blancs ».

Dans un français bien châtié, la dame noire fustigea bien les blancs.

À partir de sa description de Donald Trump et des nombreuses turpitudes qu'elle lui prête, elle en déduisit expressément qu'on pourrait en conclure que : « le blanc est stupide, il ment, il est corrompu, il harcèle les femmes… »

Mon imagination est impuissante à décrire la réaction médiatique, politique ou intellectuelle si, à partir des actes reprochés à l'acteur noir américain Bill Cosby ou plus récemment encore à l'élu démocrate afro-américain Justin Fairfax, tous deux poursuivis pour viols, une personnalité blanche prêtait les mêmes turpitudes à l'ensemble des noirs.

Je gage, qu'à bon droit, sa réputation serait perdue à jamais.

Or le plus terrible, le plus consternant, habite dans le fait que les animateurs et le public se pâmaient extatiquement.

Pour faire bonne mesure, l'écrivaine célébrée expliqua ensuite tranquillement à son public acquis que les blancs, aux visages trop pâles pour se protéger du réchauffement climatique, devaient impérativement se croiser sans tarder avec des êtres à la peau plus brune.

Et le gentil public, antiraciste forcément antiraciste, s'interdisant ordinairement d'accorder quelque importance à la couleur de peau ou à toute notion de race interdite de cité ou même d'être citée, d'applaudir à tout rompre cette injonction thérapeutique à la disparition d'une vile espèce humaine devenue trop fragile pour nos temps difficiles.

En réalité, et à ce degré d'indigence intellectuelle et morale, cette scène tristement ridicule aura au moins le mérite de mettre le doigt très exactement sur le mal névrotique de l'époque présente.

Une époque qui à la fois et en même temps traque le moindre soupçon, la moindre imputation d'a priori raciste lorsqu'il s'agit des peuples supposés victimes du racisme blanc et s'autorise les préjugés les plus grossiers et stéréotypés jusqu'à l'appel à la disparition lorsqu'il s'agit de ces gens supposément détenir le monopole du racisme pour l'avoir inventé.

La même semaine, un autre exemple montre que cette pathologie névrotique de la dilection pour l'altérité ne concerne pas, loin s'en faut, la télévision populaire mais que le monde intellectuel ou qui se prétend tel est également frappé. C'est ainsi que France Culture considère désormais que le racialisme est une pensée politique dont on devait débattre tranquillement le 7 février, y compris avec cette dame noire d'Amérique qui n'aime pas trop les blancs. Mieux encore: sur son Twitter notre radio culturelle de service public reprenait à son compte la théorie racialiste : « Penser la question Blanche, c'est être capable de se questionner sur une partie de l'identité française. Prendre conscience par exemple qu'être blanc est un privilège, le blanc n'ayant jamais eu à se poser la question de la couleur de sa peau. ».

Racialisme obsessionnel, racisme anti blanc stupide sur la radio d'État: un « babtou » qui se fait frapper en banlieue ou des policiers blancs lynchés comme cela est arrivé un 31 décembre à Champigny, des fermiers blancs assassinés en Afrique du Sud ou au Zimbabwe, des privilégiés, vraiment ?

Et inversement, un noir au Togo, se pose donc tous les jours la question de sa couleur de peau ?

Bref, pour mesurer cet indigénisme indigent qui s'étend, je recommande la lecture édifiante de l'article publié le 6 décembre 2018 par Matthieu Aron dans l'Obs et intitulé « Menace décoloniale à l'université ». Je citerai l'introduction : « "Racialisé", "Racialisation" "Islamophobie"… Ce vocabulaire qui s'est installé dans le débat public, est issu d'une mouvance qui gagne du terrain dans les facs. À tel point que les opinions divergentes n'osent plus s'exprimer…»

D'évidence, cette menace « décoloniale » a pris confortablement ses quartiers à Radio France.

Mais le pire, dans ces théâtres de la sottise populaire ou prétentieuse, n'est pas que telle raciste noire anti- blanc ou telle militante islamo-gauchiste des Indigènes de la République puisse exprimer ses méchancetés.

Le pire du pire, ce sont ces sombres idiots à la peau pâle qui tirent un masochiste et raciste plaisir à se haïr la peau.

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Source : Le Figaro

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Eurêka !

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« Avant toute chose, je dois vous faire un aveu, un aveu peut-être étrange mais sincère. Depuis que je suis monté dans l’avion pour venir ici, à Stockholm, recevoir le prix Nobel qui m’a été décerné cette année, je sens dans mon dos le regard scrutateur d’un observateur impassible ; et en cet instant solennel qui me place au centre de l’attention générale, je m’identifie plutôt à ce témoin imperturbable qu’à l’écrivain soudain révélé au monde entier. Et j’espère seulement que le discours que je vais prononcer pour cette occasion m’aidera à mettre fin à cette dualité, à réunir ces deux personnes qui vivent en moi.

Pour l’instant, moi-même, je ne comprends pas assez clairement l’aporie que je sens entre cette haute distinction et mon œuvre, ou plutôt ma vie. J’ai peut-être vécu trop longtemps dans des dictatures, dans un environnement intellectuel hostile et désespérément étranger, pour pouvoir prendre conscience de mon éventuelle valeur littéraire : la question ne valait tout simplement pas la peine d’être posée. De surcroît, on me faisait comprendre de toutes parts que le "sujet" qui occupait mes pensées, qui m’habitait, était dépassé et inintéressant. Voilà pourquoi(,) j’ai toujours considéré l’écriture comme une affaire strictement privée, ce qui rejoignait d’ailleurs mes plus intimes convictions.

Dire qu’il s’agit d’une affaire privée n’exclut nullement le sérieux, même si ce dernier semblait quelque peu ridicule dans un monde où seul le mensonge était pris au sérieux. Or, l’axiome philosophique définissait le monde comme réalité existant indépendamment de nous. Mais moi, en 1955, par un beau jour de printemps, j’ai compris d’un coup qu’il n’existait qu’une seule réalité, et que cette réalité, c’était moi, ma vie, ce cadeau fragile et d’une durée incertaine que des puissances étrangères et inconnues s’étaient approprié, avaient nationalisé, déterminé et scellé, et j’ai su que je devais la reprendre à ce monstrueux Moloch qu’on appelle l’histoire, car elle n’appartenait qu’à moi et je devais en disposer en tant que telle.

En tout cas, cela m’opposait radicalement à tout ce qui m’entourait, à cette réalité qui n’était peut-être pas objective, mais certainement indéniable. Je parle de la Hongrie communiste, du socialisme qui promettait un avenir radieux. Si le monde est une réalité objective qui existe indépendamment de nous, alors l’individu n’est qu’un objet – y compris pour lui-même, et l’histoire de sa vie n’est qu’une suite incohérente de hasards historiques qu’il peut certes contempler, mais qui ne le concernent pas. Il ne lui sert à rien de les ordonner en un ensemble cohérent, car son moi subjectif ne saurait assumer la responsabilité des éléments trop objectifs qui pourraient s’y trouver.

Un an plus tard, en 1956, a éclaté la révolution hongroise. Pour un seul et bref instant, le pays est devenu subjectif. Mais les chars soviétiques ont bien vite rétabli l’objectivité.

S’il vous semble que je fais de l’ironie, alors pensez, je vous prie, à ce que sont devenus la langue et les mots au cours du 20e siècle. Selon moi, il est vraisemblable que la plus importante, la plus bouleversante découverte des écrivains de notre temps est que la langue, telle que nous l’avons héritée d’une culture ancienne, est tout simplement incapable de représenter les processus réels, les concepts autrefois simples. Pensez à Kafka, pensez à Orwell qui ont vu la langue ancienne fondre dans leurs mains, comme s’ils l’avaient mise au feu pour ensuite en montrer les cendres où apparaissaient des images nouvelles et jusqu’alors inconnues.

Mais je voudrais revenir à mon affaire strictement personnelle, c’est-à-dire à l’écriture. Il y a là quelques questions que tout homme dans ma situation ne se pose même pas. Jean-Paul Sartre, par exemple, a consacré tout un opuscule à la question de savoir pour qui on écrit. La question est intéressante, mais elle peut également être dangereuse et je suis en tout cas reconnaissant à la vie de n’avoir jamais eu à y réfléchir. Voyons en quoi consiste le danger. Par exemple, si on vise une classe sociale qu’on voudrait non seulement divertir mais aussi influencer, il faut avant tout prendre en considération son propre style et se demander s’il est adapté à l’objectif qu’on s’est fixé. L’écrivain est bientôt assailli de doutes : le problème est qu’il est dès lors occupé à s’observer lui-même. De plus, comment pourrait-il savoir quelles sont les vraies attentes de son public, ce qui lui plaît vraiment ? Il ne peut tout de même pas interroger chaque individu. D’ailleurs, cela ne servirait à rien. En définitive, son seul point de départ possible est l’idée qu’il a lui-même de son public, les exigences que lui-même lui attribue, l’effet qu’aura sur lui-même l’influence qu’il souhaite exercer. Pour qui donc l’écrivain écrit-il ? La réponse est évidente : pour lui-même.

Moi au moins, je peux dire que j’étais arrivé à cette réponse sans aucun détour. Il est vrai que mon cas était plus simple : je n’avais pas de public et ne voulais influencer personne. Je n’avais pas de but précis quand j’ai commencé à écrire et ce que j’écrivais ne s’adressait à personne. Si mon écriture n’avait pas d’objectif clairement exprimable, elle consistait néanmoins à garder une fidélité formelle et linguistique à mon sujet, rien d’autre. Il importait de le préciser à cette époque ridicule mais triste où la littérature dite engagée était dirigée par l’Etat.

Il m’aurait en revanche été plus difficile de répondre à la question, posée à juste titre et non sans un certain scepticisme, de savoir pourquoi on écrit. A nouveau, j’ai eu de la chance, car je n’ai jamais eu l’occasion de trancher cette question. J’ai d’ailleurs relaté fidèlement cet événement dans mon roman intitulé Le refus. Je me trouvais dans le couloir désert d’un immeuble administratif et j’entendais des pas résonner dans un couloir perpendiculaire, c’est tout. J’ai été pris d’une sorte d’agitation particulière, les pas venaient dans ma direction, c’étaient ceux d’une seule personne que je ne voyais pas, et brusquement, j’ai eu l’impression d’en entendre marcher des centaines de milliers, une véritable colonne dont les pas retentissaient et alors j’ai saisi la force d’attraction de ce défilé, de ces pas. Là, dans ce couloir, j’ai compris en une seule seconde l’ivresse de l’abandon de soi, le plaisir vertigineux de se fondre dans la masse, ce que Nietzsche – dans un autre contexte, certes, mais avec pertinence – nomme l’extase dionysiaque. Une force quasi physique me poussait et m’attirait dans les rangs, je sentais que je devais m’appuyer et m’aplatir contre le mur, pour ne pas céder à cette attraction.

Je rends compte de cet instant intense comme je l’ai vécu ; la source d’où il avait jailli telle une vision semblait se trouver en dehors de moi et non en moi-même. Tout artiste connaît de tels instants. Autrefois, on les s’appelait des inspirations soudaines. Mais je ne mettrais pas ce que j’ai vécu au nombre des expériences artistiques. Je parlerais plutôt d’une prise de conscience existentielle, laquelle ne m’a pas donné la maîtrise de mon art, car j’ai dû encore longtemps en chercher les outils, mais celle de ma vie, alors que je l’avais presque perdue. Il y était question de la solitude, d’une vie plus difficile, de ce dont j’ai parlé au début : il s’agissait de sortir du cortège enivrant, de l’histoire qui dépouille l’homme de sa personnalité et de son destin. J’avais constaté avec effroi que dix ans après être revenu des camps nazis et avec pour ainsi dire un pied dans la fascination de la terreur stalinienne, il ne me restait plus de tout cela qu’une vague impression et quelques anecdotes. Comme si c’était arrivé à quelqu’un d’autre.

Il est évident que ces instants visionnaires ont une longue histoire que Sigmund Freud déduirait peut-être du refoulement de quelque traumatisme. Qui sait, peut-être aurait-il raison. Or moi aussi, je penche plutôt pour la rationalité et suis loin de tout mysticisme ou enthousiasme : quand je parle de vision, j’entends une réalité qui a pris la forme du surnaturel – à savoir la révélation soudaine, on pourrait dire révolutionnaire, d’une idée qui mûrissait en moi, une chose qu’exprime l’antique exclamation "eurêka !". "J’ai trouvé !" Certes, mais quoi ?

J’ai dit un jour que pour moi, ce qu’on appelle le socialisme avait la même signification qu’eut pour Marcel Proust la madeleine qui, trempée dans le thé, avait ressuscité en lui les saveurs du temps passé. Après la défaite de la révolution de 1956, j’ai décidé, essentiellement pour des raisons linguistiques, de rester en Hongrie. Ainsi j’ai pu observer, non plus en tant qu’enfant, mais avec ma tête d’adulte, le fonctionnement d’une dictature. J’ai vu comment un peuple est amené à nier ses idéaux, j’ai vu les débuts de l’adaptation, les gestes prudents, j’ai compris que l’espoir était un instrument du mal et que l’impératif catégorique de Kant, l’éthique, n’étaient que les valets dociles de la subsistance.

Peut-on imaginer liberté plus grande que celle dont jouit un écrivain dans une dictature relativement limitée, pour ainsi dire fatiguée voire décadente ? Dans les années soixante, la dictature hongroise était arrivée à un point de consolidation qu’on peut appeler consensus social et auquel le monde occidental donnerait plus tard, avec condescendance, le petit nom de "communisme de goulache" : après l’animosité du début, le communisme hongrois était devenu d’un coup le communisme préféré de l’Occident. Dans le bourbier de ce consensus, il ne restait qu’une alternative : ou bien renoncer définitivement au combat, ou bien chercher les chemins tortueux de la liberté intérieure. Un écrivain n’a pas de grands besoins, un crayon et du papier suffisent à l’exercice de son art. Le dégoût et la dépression avec lesquels je me réveillais chaque matin m’introduisaient vite dans le monde que je voulais décrire. Je me suis rendu compte que je décrivais un homme broyé par la logique d’un totalitarisme en vivant moi-même dans un autre totalitarisme, et cela a sans aucun doute fait de la langue de mon roman un moyen de communication suggestif. Si j’évalue en toute sincérité ma situation à cette époque-là, je ne sais pas si en Occident, dans une société libre, j’aurais été capable d’écrire le même roman que celui qui est connu aujourd’hui sous le titre d’Etre sans destin et qui a obtenu la plus haute distinction de l’Académie Suédoise.

Non, car j’aurais certainement eu d’autres préoccupations. Je n’aurais certes pas renoncé à chercher la vérité, mais c’eût été peut-être une autre vérité. Dans le marché libre des livres et des esprits, je me serais peut-être efforcé de trouver une forme romanesque plus brillante : j’aurais pu, par exemple, fragmenter la narration pour ne raconter que les moments frappants. Sauf que dans les camps de concentration, mon héros ne vit pas son propre temps, puisqu’il est dépossédé de son temps, de sa langue, de sa personnalité. Il n’a pas de mémoire, il est dans l’instant. Si bien que le pauvre doit dépérir dans le piège morne de la linéarité et ne peut se libérer des détails pénibles. Au lieu d’une succession spectaculaire de grands moments tragiques, il doit vivre le tout, ce qui est pesant et offre peu de variété, comme la vie.

Mais cela m’a permis de tirer des enseignements étonnants. La linéarité exige que chaque situation s’accomplisse intégralement. Elle m’a interdit, par exemple, de sauter élégamment une vingtaine de minutes pour la seule raison que ces vingt minutes béaient devant moi tel un gouffre noir, inconnu et effrayant comme une fosse commune. Je parle de ces vingt minutes qui se sont écoulées sur le quai du camp d’extermination de Birkenau avant que les personnes descendues des wagons ne se retrouvent devant l’officier qui faisait la sélection. Moi-même, j’avais un souvenir approximatif de ces vingt minutes, mais le roman m’interdisait de me fier à mes réminiscences. Presque tous les témoignages, confessions et souvenirs de survivants que j’avais lus étaient d’accord sur le fait que tout s’était déroulé très vite et dans la plus grande confusion : les portes des wagons s’ouvraient violemment au milieu des cris et des aboiements, les hommes étaient séparés des femmes, dans une cohue démentielle ils se retrouvaient devant un officier qui leur jetait un rapide coup d’œil, montrait quelque chose en tendant le bras, puis ils se retrouvaient en tenue de prisonnier.

Moi, j’avais un autre souvenir de ces vingt minutes. En cherchant des sources authentiques, j’ai commencé par lire Tadeusz Borowski, ses récits limpides, d’une cruauté masochiste, dont celui qui s’intitule "Au gaz, messieurs-dames !" Ensuite, j’ai eu entre les mains une série de photos qu’un SS avait prises sur le quai de Birkenau lors de l’arrivée des convois et que les soldats américains ont retrouvées à Dachau, dans l’ancienne caserne des SS. J’ai été sidéré par ces photos : beaux visages souriants de femmes, de jeunes hommes au regard intelligent, pleins de bonne volonté, prêts à coopérer. Alors j’ai compris comment et pourquoi ces vingt minutes humiliantes d’inaction et d’impuissance s’étaient estompées dans leur mémoire. Et quand en pensant que tout cela s’était répété jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, durant de longues années, j’ai pu entrevoir la technique de l’horreur, j’ai compris comment on pouvait retourner la nature humaine contre la vie humaine.

J’avançais ainsi, pas à pas, sur la voie linéaire des découvertes ; c’était, si on veut, ma méthode heuristique. J’ai vite compris que les questions de savoir pour qui et pour quoi j’écrivais ne m’intéressaient pas. Une seule question me travaillait : qu’avais-je encore en commun avec la littérature ? Car il était clair qu’une ligne infranchissable me séparait de la littérature et de ses idéaux, de son esprit, et cette ligne – comme tant d’autres choses – s’appelle Auschwitz. Quand on écrit sur Auschwitz, il faut savoir que, du moins dans un certain sens, Auschwitz a mis la littérature en suspens. A propos d’Auschwitz, on ne peut écrire qu’un roman noir ou, sauf votre respect, un roman-feuilleton dont l’action commence à Auschwitz et dure jusqu’à nos jours. Je veux dire par là qu’il ne s’est rien passé depuis Auschwitz qui ait annulé Auschwitz, qui ait réfuté Auschwitz. Dans mes écrits, l’Holocauste n’a jamais pu apparaître au passé.

On dit à mon propos – pour m’en féliciter ou pour me le reprocher – que je suis l’écrivain d’un seul thème, l’Holocauste. Je ne trouve rien à y redire, pourquoi n’accepterais-je pas, avec quelques réserves, la place qui m’a été attribuée sur l’étagère idoine des bibliothèques ? En effet, quel écrivain aujourd’hui n’est pas un écrivain de l’Holocauste ? Je veux dire qu’il n’est pas nécessaire de choisir expressément l’Holocauste comme sujet pour remarquer la dissonance qui règne depuis des décennies dans l’art contemporain en Europe. De plus : il n’y a, à ma connaissance, pas d’art valable ou authentique où on ne sente pas la cassure qu’on éprouve en regardant le monde après une nuit de cauchemars, brisé et perplexe. Je n’ai jamais eu la tentation de considérer les questions relatives à l’Holocauste comme un conflit inextricable entre les Allemands et les Juifs ; je n’ai jamais cru que c’était l’un des chapitres du martyre juif qui succède logiquement aux épreuves précédentes ; je n’y ai jamais vu un déraillement soudain de l’histoire, un pogrome d’une ampleur plus importante que les autres ou encore les conditions de la fondation d’un Etat juif. Dans l’Holocauste, j’ai découvert la condition humaine, le terminus d’une grande aventure où les Européens sont arrivés au bout de deux mille ans de culture et de morale.

A présent il faut réfléchir au moyen d’aller plus loin. Le problème d’Auschwitz n’est pas de savoir s’il faut tirer un trait dessus ou non, si nous devons en garder la mémoire ou plutôt le jeter dans le tiroir approprié de l’histoire, s’il faut ériger des monuments aux millions de victimes et quel doit être ce monument. Le véritable problème d’Auschwitz est qu’il a eu lieu, et avec la meilleure ou la plus méchante volonté du monde, nous ne pouvons rien y changer. En parlant de "scandale", le poète hongrois catholique János Pilinszky a sans doute trouvé la meilleure dénomination de ce pénible état de fait ; et par là, il voulait à l’évidence dire qu’Auschwitz a eu lieu dans la culture chrétienne et constitue ainsi pour un esprit métaphysique une plaie ouverte.

D’anciennes prophéties disent que Dieu est mort. Il ne fait aucun doute, qu’après Auschwitz, nous sommes restés livrés à nous-mêmes. Il nous a fallu créer nos valeurs, jour après jour, par un travail éthique opiniâtre mais invisible qui finira par produire les valeurs qui donneront peut-être naissance à la nouvelle culture européenne. Que l’Académie Suédoise ait jugé bon de distinguer précisément mon œuvre prouve à mes yeux que l’Europe éprouve à nouveau le besoin que les survivants d’Auschwitz et de l’Holocauste lui rappellent l’expérience qu’ils ont été obligés d’acquérir. A mes yeux, permettez-moi de le dire, c’est une marque de courage, voire d’une certaine détermination ; car on a souhaité me voir venir ici tout en se doutant de ce que j’allais dire. Mais ce qui a été révélé à travers la solution finale et "l’univers concentrationnaire" ne peut pas prêter à confusion, et la seule possibilité de survivre, de conserver des forces créatrices est de découvrir ce point zéro. Pourquoi cette lucidité ne serait-elle pas fertile ? Au fond des grandes découvertes, même si elles se fondent sur des tragédies extrêmes, réside toujours la plus admirable valeur européenne, à savoir le frémissement de la liberté qui confère à notre vie une certaine plus-value, une certaine richesse en nous faisant prendre conscience de la réalité de notre existence et de notre responsabilité envers celle-ci.

C’est pour moi une joie particulière de pouvoir exprimer ces pensées en hongrois, ma langue maternelle. Je suis né à Budapest, dans une famille juive, ma mère était originaire de Kolozsvár en Transylvanie, mon père, du sud-ouest du Balaton. Mes grands-parents allumaient encore les bougies le vendredi soir pour saluer le sabbat, mais ils avaient déjà changé leur nom pour lui donner une consonance hongroise et il était naturel pour eux d’avoir le judaïsme comme religion et de considérer la Hongrie comme leur patrie. Mes grands-parents maternels ont trouvé la mort durant l’Holocauste, mes grands-parents paternels ont été anéantis par le pouvoir communiste de Rákosi, après que la maison de retraite des Juifs a été transférée de Budapest vers la frontière du nord. Il me semble que cette brève histoire familiale résume et symbolise à la fois les souffrances récentes de ce pays. Tout cela m’apprend que le deuil ne recèle pas que de l’amertume, mais aussi des réserves morales extraordinaires. Etre juif : je pense qu’aujourd’hui, c’est redevenu avant tout un devoir moral. Si l’Holocauste a créé une culture – ce qui est incontestablement le cas – le but de celle-ci peut être seulement que la réalité irréparable enfante spirituellement la réparation, c’est-à-dire la catharsis. Ce désir a inspiré tout ce que j’ai jamais réalisé.

Bien que mon discours touche à sa fin, j’avoue sincèrement que je n’ai toujours pas trouvé d’équilibre apaisant entre ma vie, mon œuvre et le prix Nobel. Pour l’instant, je ne sens qu’une profonde reconnaissance – pour l’amour qui m’a sauvé et me maintient encore en vie. Mais admettons que dans le parcours à peine visible, la "carrière", si j’ose m’exprimer ainsi, qui est la mienne, il y a quelque chose de troublant, d’absurde ; une chose qu’on peut difficilement penser sans être tenté de croire en un ordre surnaturel, une providence, une justice métaphysique, c’est-à-dire sans se leurrer, et donc s’engager dans une impasse, se détruire et perdre le contact profond et douloureux avec les millions d’êtres qui sont morts et n’ont jamais connu la miséricorde. Il n’est pas simple d’être une exception ; et si le sort a fait de nous des exceptions, il faut se résigner à l’ordre absurde du hasard qui, pareil aux caprices d’un peloton d’exécution, règne sur nos vies soumises à des puissances inhumaines et à de terribles dictatures.

Pourtant, pendant que je préparais ce discours, il m’est arrivé une chose très étrange qui, en un certain sens, m’a rendu ma sérénité. Un jour, j’ai reçu par la poste une grande enveloppe en papier kraft. Elle m’avait été envoyée par le directeur du mémorial de Buchenwald, M. Volkhard Knigge. Il avait joint à ses cordiales félicitations une autre enveloppe, plus petite, dont il précisait le contenu, pour le cas où je n’aurais pas la force de l’affronter. A l’intérieur, il y avait une copie du registre journalier des détenus du 18 février 1945. Dans la colonne "Abgänge", c’est-à-dire "pertes", j’ai appris la mort du détenu numéro soixante-quatre mille neuf cent vingt et un, Imre Kertész, né en 1927, juif, ouvrier. Les deux données fausses, à savoir ma date de naissance et ma profession, s’expliquent par le fait que lors de leur enregistrement par l’administration du camp de concentration de Buchenwald, je m’étais vieilli de deux ans pour ne pas être mis parmi les enfants et avais prétendu être ouvrier plutôt que lycéen pour paraître plus utile.

Je suis donc mort une fois pour pouvoir continuer à vivre – et c’est peut-être là ma véritable histoire. Puisque c’est ainsi, je dédie mon œuvre née de la mort de cet enfant aux millions de morts et à tous ceux qui se souviennent encore de ces morts. Mais comme en définitive il s’agit de littérature, d’une littérature qui est aussi, selon l’argumentation de votre Académie, un acte de témoignage, peut-être sera-t-elle utile à l’avenir, et si j’écoutais mon cœur, je dirais même plus : elle servira l’avenir. Car j’ai l’impression qu’en pensant à l’effet traumatisant d’Auschwitz, je touche les questions fondamentales de la vitalité et de la créativité humaines ; et en pensant ainsi à Auschwitz, d’une manière peut-être paradoxale, je pense plutôt à l’avenir qu’au passé. »

Imre Kertész, Discours de réception du prix Nobel, 2002

 

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La Tradition ? C'est selon...

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En fait... il faut être pygmée, inuit, lapon, aborigène, indien des plaines ou d'Amazonie, papou ou berbère... là... oui... on peut prétendre à défendre sa manière de vivre, sa religion, sa culture, ses moeurs, ses traditions... Eventuellement, ça passe pour le breton, le corse ou le basque... mais le paysan scandinave, le pêcheur islandais ou l'agriculteur auvergnat ou bourguignon, l'enraciné lorrain ou alsacien, l'artisan berrichon ? VERBOTEN ! Circulez ! Y'a rien à voir...

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16/02/2019

Brigitte Dutheil : L'Homme Superlumineux...

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La marque des totalitaires...

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15/02/2019

Je suis ton Parent 1...

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Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique

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BEAUCOUP PLUS QU’UNE CASE SUR UN FORMULAIRE
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique

Dans le cadre du débat sur le projet de loi "L'école de confiance", à l’Assemblée Nationale, les députés ont voté un amendement proposé par la députée LREM Valérie Petit stipulant que dans les formulaires scolaires, les entrées "père" et "mère" devront désormais être remplacées par "parent 1" et "parent 2".

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Atlantico : Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer est opposé à cet amendement, mais l'assemblée a jugé bon "d'ancrer dans la législation la diversité familiale" selon les mots de Mme Petit à Ouest France. Au delà du projet de société sous-jacent, en quoi cet amendement serait-il problématique s'il venait à être définitivement voté ?

 

Bertrand Vergely. Quand le mariage pour tous a été proposé, ceux qui ont critiqué ce projet ont fait remarquer que le problème de fond n’était pas celui de la tolérance envers les couples gays, mais des conséquences que ce mariage allait avoir. Ils ont notamment fait remarquer que, deux hommes, deux femmes, ne pouvant pas avoir d’enfants, si l’on voulait passer outre, on allait devoir nécessairement rentrer dans la fiction en faisant comme si l’impossible pouvait être possible. Avec l’amendement voté à l’assemblée par la REM, on a un exemple saisissant des problèmes que pose ce mariage dès lors que l’on persiste à ne pas vouloir entendre la voix de la raison.

Soyons d’abord clair sur le fond de la question qui se pose : quel est l’enjeu de l’amendement voté par la REM, à savoir que, désormais, dans les documents officiels de l’Éducation Nationale, il ne soit plus question de père et de père mais de parent 1 et de parent ? Selon LREM, il s’agit d’ancrer la diversité familiale dans la législation. Projet qu’il convient de traduire ainsi : il faut faire évoluer la société et lui faire accepter la nouvelle famille. Pour cela, la loi doit montrer l’exemple. Mais aussi il importe de conditionner les consciences dès le plus jeune âge. Si nos petites têtes enfantines sont habituées dès leur plus jeune âge à ne plus entendre parler de père et de mère mais de parent 1 et de parent 2, pour sûr, la société va changer et la nouvelle famille sera acceptée. À la mairie de Paris, Anne Hidalgo a déjà montré l’exemple, les documents officiels de la mairie ne parlant plus de père et de mère mais de parent 1 et de parent 2, qui plus est, sur fond d’écriture inclusive. Il s’agit pour la REM d’étendre cet exemple.

Quand le transhumanisme se propose de supprimer la mort, il est stupéfiant d’apercevoir que ceux-ci n’ont absolument pas songé aux conséquences de leur projet en se demandant ce que pourrait être une humanité qui ne meurt plus. Quand la REM vote cet amendement concernant la réforme du langage, quand on a quelque bon sens, une chose vient à l’esprit : ont-ils réfléchi deux minutes à ce qu’ils faisaient ? À l’évidence non, sinon ils auraient aperçu l’irréalité, le tissu d’absurdités et la sidérante désinvolture que comporte ce projet.

S’agissant de l’irréalité, constatons le, nos chers députés de la REM vivent dans un monde où la réalité n’existe pas. Et ce parce qu’ils sont dans la pensée magique en s’imaginant que, par une loi, le monde va changer. En quoi ils rêvent en faisant preuve d’une confiance délirante dans leur toute puissance de législateurs, assaisonnée d’une overdose de naïveté.

Pendant que la loi va interdire de parler de parent 1 et de parent 2, que va-t-il se passer dans le monde réel où vivent des personnes réelles menant une vie réelle ? Ce qui se passe dans la cour de récréation où les enfants posent toujours deux questions à leurs petits copains et à leurs petites copines : « C’est qui ton père ? C’est qui ta mère ? »Pendant que la loi fait mine d’ignorer l’existence d’un père et d’une mère, les enfants eux ne l’ignorent pas.

Ils ne sont pas les seuls. Les adultes non plus ne l’ignorent pas. Dans les cabinets de psychanalyse de quoi parlent ceux et celles qui s’y rendent parce qu’ils souffrent ? De ne pas avoir eu de père ni de mère. Pendant que la loi fait mine d’ignorer la réalité d’un père et d’une mère, eux ne l’ignorent pas. Ils ne sont pas les seuls, là encore.

Quand une femme homosexuelle veut un enfant et se fait faire une PMA pour cela, de quoi rêve-telle ? D’être mère. Et quand un homosexuel fait faire un enfant par une GPA, de quoi rêve-t-il ? D’être père. D’où un paradoxe surréaliste. Alors que le législateur va très certainement faire voter la PMA puis la GPA permettant aux couples homosexuels d’être mère pour les femmes et père pour les hommes, la loi va interdire d’utiliser ces termes afin de les protéger.

À cette ignorance du monde réel de la part de nos députés de la REM s’ajoute le tissu d’absurdités auquel va inévitablement donner lieu cet amendement si il est définitivement adopté.

Si cet amendement est adopté, soyons clair, le but de ce projet étant de modifier les mentalités en commençant par la loi, celui-ci ne va pas en rester là. Il va donc falloir modifier toute la langue française et toute la culture qui, depuis des millénaires, utilise les termes de père et de mère. Comment va-t-on faire ? Si le législateur ne fait rien, la situation va être d’un grotesque achevé. Alors que la société continuera de parler de père et de mère, la loi les ignorera. Si bien que la loi sera schizophrène et la société sera condamnée à le devenir. Si, pour mettre la société en accord avec la loi, le législateur décide d’agir en mettant la société aux normes, il est fort à parier qu’elle ne rencontrera pas le même succès que la mise aux normes des sanitaires pour les handicapés. Si le législateur veut vraiment agir, il sera obligé de sanctionner la prononciation des termes père et mère dans l’espace public. S'il sanctionne, il fera haïr la diversité en montrant que pour vacciner les Français contre elle, il n’y a pas mieux. La diversité sera ancrée dans la législation tandis que la haine de la diversité s’ancrera dans les esprits. Quand on entend changer le monde, bravo ! Joli résultat…

Il y a la loi, mais il y a aussi le langage. Le langage est rempli de mots parlant de père et de mère, notamment la littérature. Que va-t-on faire ? Va-t-on mettre la littérature aux normes ? Pour parler de Dieu le Père et du Père Noël, comment va-t-on faire ? Dieu sera-t-il parent 1 ou parent 2 ? Et le père Noël ? Parent 1 ? Parent 2 ? Marcel Pagnol a écrit La gloire de mon père et Le château de ma mère. Va-t-on devoir rebaptiser ses romans « La gloire de mon parent 1 » et « Le château de mon parent 2 » ? Et le chef d’œuvre d’Albert Cohen Le livre de ma mère, va-t-il falloir le rebaptiser « Le livre de mon parent 1 ou 2 » ? Quand Victor Hugo écrit « Mon père, ce héros au sourire si doux » va-t-on rectifier son poème en écrivant « Mon parent 1 ou 2 au sourire si doux » ? Quand à la bouleversante chanson de Charles Aznavour« Comme ils disent », chanson culte des milieux gays, qui commence par « J’habite encore avec maman » va-t-il falloir la réécrire en la faisant commencer par « J’habite encore mon parent 1 ou 2 » ?

Cette question épineuse en matière de langage va poser des problèmes dans les couples ainsi que dans la société. Quand dans les couples gays la question parent 1, parent 2 ne devrait pas poser de problème, dans les couples hétéros, cela ne sera pas si évident. Être parent 1 est tout de même plus valorisant qu’être parent 2. Qui va être parent 1 ? Si c’est l’homme, la femme va faire la tête et trouver qu’une fois de plus la femme passe au second plan Et si c’est la femme, c’est l’homme qui va faire la tête et devenir antiféministe.

Dans les milieux « bobos », cela ne posera certainement pas de problème, mais dans les milieux populaires ? Qui va aller expliquer aux gilets jaunes que désormais l’un d’entre eux devra s’appeler parent 1 et l’autre parent 2 ? Ne sont-ils pas déjà assez énervés, est-il besoin de rajouter une louche d’huile sur le feu ?

Jean-Michel Blanquer, qui est un grand ministre de l’Éducation Nationale et un fin politique, s’est opposé à ce projet, signe que dans le gouvernement, tout le monde n’est pas d’accord avec cette absurdité. Il est tragique de constater que sa voix n’a pas été entendue, cet amendement portant tort à la crédibilité du politique et, par là même, à la stabilité des institutions.

Il convient de s’interroger : quand des politiques se mettent à vouloir dicter ses lois à la réalité ainsi qu’aux consciences, en décidant pour cela de supprimer des mots, pour qui nous prennent-ils, nous les électeurs ? Pour des abrutis qu’il s’agit de conditionner afin de les faire bien penser. Non contents de décider que désormais un homme et une femme et un père et une mère ne sont plus indispensables pour faire un enfant et l’élever, ceux-ci veulent supprimer jusqu’au souvenir des notions de père et de mère en rendant la loi amnésique à ce sujet. Soljenitsyne a écrit L’archipel du Goulag pour lutter contre Staline qui expliquait que le Goulag n’avait pas existé. Raymond Aron a lutté toute sa vie pour montrer à quels désastres conduisait l’idéologie quand celle-ci dirige le monde. Notre monde n’est pas le communisme de Staline. Il n’empêche. Cette façon de vouloir corriger le langage pour nous faire bien penser est le signe que notre monde a basculé dans un totalitarisme soft. Avec Staline, c’était l’horreur, mais les choses au moins étaient claires. On savait à quoi s’en tenir. Aujourd’hui, ce n’est pas l’horreur. Mais rien n’est clair. Tout est pernicieux, sournois. Beaucoup de ceux qui ont connu la dictature stalinienne et qui regardent ce qui se passe actuellement en France n’hésitent pas à le dire : « Le climat idéologique qui règne actuellement en France rappelle étrangement les heures sombres du communisme que nous avons vécu. Avec un détail alarmant : le politique se permet des choses que les communistes n’auraient pas osé faire ».

Atlantico : L’amendement voté par les députés REM aurait pu éviter d'effacer les termes pères et mères sans pour autant nier l'existence des familles homoparentales. Il ne l’a pas fait. Pourquoi ? N’est-ce pas pour des raisons idéologiques ?

Bertrand Vergely. L’idéologie est ce qui se passe quand les idées utilisant le pouvoir politique, et le pouvoir politique utilisant les idées, la pensée devient ce que tout le monde répète sans s’en rendre compte. C’est, en un mot, le pouvoir de l’idée au service d’une certaine idée du pouvoir.

Dans le cadre de cet amendement, on trouve trois manifestations de l’idéologie.

La première est elle de la LGBTQ parmi un certain nombre de députés et de politiques. La LGBTQ qui entend défendre les Lesbiennes, les Gays, les Bisexuels, les Transsexuels et les Queer (les étranges) a décidé d’être une idéologie c’est-à-dire une idée prenant le pouvoir et s’imposant par la force dans les esprits en utilisant pour cela avant tout le lobbying, c’est-à-dire l’action souterraine auprès des medias et des politiques. Dans la vie quotidienne, cette action souterraine se voit de par le fait qu’il est continuellement question de lutte contre l’homophobie et les discriminations. À force de marteler cette lutte à tout bout de champ, celle-ci finit par rentrer dans les esprits. Par exemple, par peur de paraître homophobe, si on déclare ouvertement être contre la suppression des mots père et mère, tout le monde va se taire, parler d’autre chose, dire que ce n’est pas grave, que la famille avec papa-maman après tout c’est relatif.

Habituons les esprits à avoir inconsciemment peur d’être taxé d’homophobe, comme on a inconsciemment peur d’être taxé de réac, soudain il n’est pas étonnant de voir apparaître un projet de loi décidant de changer les mots dans les documents de l’Éducation Nationale et ce afin de conditionner les esprits et notamment les enfants. Le but de la LGBTQ est clair : que le libéralisme absolu en matière de mœurs devienne la norme en faisant disparaître la sexuation homme-femme et son caractère fondateur en matière de vie au profit du transgenre.

Par ailleurs, autre manifestation de l’idéologie : le paraître et derrière lui le poids de l’opinion, des medias, de l’époque. Être ouvert aux nouvelles parentalités, c’est cool, c’est tendance, cela fait jeune, dynamique. C’est être ouvert, large d’esprit, « open minded » comme on dit aux États-Unis.

Auprès des medias et des jeunes ça passe. Bien mieux que le fait d’être contre le mariage pour tous qui donne l’impression d’être le fait d’un nid de réacs aussi ringards et à côté de la plaque que ceux qui sont contre l’avortement.

Il est frappant d’apercevoir qu’un homme de la qualité d’Edouard Philippe qui était contre la PMA il y a cinq ans est maintenant pour, en expliquant qu’il faut y aller parce qu’il a, dit-il, évolué. Ce terme d’évolution est frappant. C’est ce terme même qu’Elisabeth Guigou a utilisé pour expliquer, elle aussi, son revirement.

Alors qu’en 1998 elle soutient haut et fort devant l’Assemblée Nationale qu’elle est pour le PACS afin que le mariage gay n’ait pas lieu. Alors qu’elle explique que « le mariage est autre chose qu’un contrat entre deux individus de par le fait d’institutionnaliser la différence des sexes afin de faire naître l’enfant comme promesse au sein de la transmission entre générations », en 2012 plus rien. Elle a évolué et soutient François Hollande avec son projet de mariage pour tous. Le mariage réduit à un simple contrat ? Pas de problème. La fin de l’institutionnalisation de la différence des sexes afin de faire un enfant ? Pas de problème non plus. Dans la société du spectacle qui est la nôtre, un politique, s’il veut survivre, se doit de ne pas être un ringard. Il se doit pour cela d’évoluer afin d’être en phase avec son temps.

Laurence Ferrari, du temps où elle animait le journal de 20h, avait commencé ainsi l’un de ses journaux du soir : « La France est en retard ». À l’époque, le mariage pour tous n’était pas encore légalisé. Et la France était, selon elle, dramatiquement en retard.

S’il y a le poids du lobbying exercé par la LGBTQ, ne négligeons pas le poids du regard exercé par les medias, le modernisme, l’époque, l’évolution, le fait d’être de son temps. Surtout, ne pas déplaire à ce regard. Etre bien vu par ce regard qui voit tout, si l’on veut se faire bien voir.

Troisième manifestation enfin de l’idéologie : la mauvaise conscience. Toute cette agitation autour des nouvelles parentalités ! Quand on a une vraie pensée, on ne recourt pas à la contrainte pour l’imposer. Quand on n’a pas de pensée, quand on est un amateur, on se débat comme on peut. Hegel disait : « À la facilité avec laquelle un esprit se satisfait peut se mesurer l’étendue de sa perte ». Cette réforme absurde transpire l’indigence et l’ineptie qui n’osent pas dire leur nom.

Atlantico : N'y a-t-il pas une injonction paradoxale dans notre société où on demande à désexualiser la parenté mais au non de l'égalité, on demande par exemple au père de prendre une place plus importante (congé de paternité...) ?

Bertrand Vergely. Nous vivons un véritable paradoxe. Dans le féminisme, ce paradoxe est criant, le féminisme pour libérer la femme allant jusqu’à dire que la femme n’existe pas, histoire de la délivrer de ses stéréotypes. Attitude que Simone de Beauvoir dénonçait déjà quand, à la fin du Deuxième sexe, elle s’élève contre les excès du féminisme américain qui invite les femmes à consulter un psy quand elles osent se prendre pour une femme. Aujourd’hui, au nom de la libération sexuelle totale, on fait de la neutralité sexuelle qui désexualise totalement la sexualité le fondement de la sexualité libérée. Être sexuellement libre consistant à pouvoir choisir non seulement sa sexualité mais son sexe, être sexuellement libre n’est possible que si à la base de la sexualité on met un sujet sexuellement neutre décidant de choisir son sexe selon son bon plaisir. Le choix des termes parent 1 et parent 2 pour désigner les parents est à cet égard significatif.

On veut libérer la parentalité mais pour cela que fait-on ? On la désexualise. Ce qui est aberrant. Pour qu’il y ait famille il faut qu’il y ait un homme et une femme pour produire l’enfant qui sera à la base de la famille. Supprimons la sexuation homme-femme. Faisons la disparaître. C’est la famille que l’on rend impossible. La loi est, de ce fait, aujourd’hui, aussi folle que l’idéologie trans. En décidant de ne plus reconnaître officiellement les notions de père et de mère, c’est sa propre possibilité qu’elle ruine.

Personne n’est jamais né d’un parent 1 et d’un parent 2. Personne n’est jamais né d’un couple sexuellement neutre qui ne connaît ni homme, ni femme, ni père, ni mère. En décrétant que désormais, le père et la mère n’ont plus d’existence légale, la loi fait naître les hommes d’une humanité qui n’existe pas. Alors que le réel (un père et une mère) devient fictif, le fictif (parent 1 et parent 2) devient réel. En outre, la loi se rend coupable non seulement d’un acte délirant mais d’un mensonge pur et simple. Dans une PMA, le père réel existe. Et dans une GPA, la mère réelle existe. Désormais, grâce à la loi, ils n’existent plus. La loi les a fait disparaître.

Le mariage pour tous n’est pas un progrès sociétal. C’est une rupture d’humanité que l’on veut faire passer pour un progrès sociétal. On s’en aperçoit avec le passage au concret de ce mariage. On est dans la violence. Celle d’une minorité qui a pris en main la morale de toute la société en imposant ses vues minoritaires à la majorité. Celle d’une majorité condamnée à devoir renoncer à être ce qu’elle est pour obéir aux nouvelles normes édictées par cette majorité.

Les gilets jaunes réclament plus de démocratie et proposent un RIC, un Référendum d’Initiative Citoyenne. Et si on faisait un référendum pour demander aux Français s'ils sont d’accord pour que l’on supprime les notions de père et de mère du vocabulaire législatif de la République ? Pour le coup, on aurait une vraie question concernant tout le monde. Et l’on aurait l’occasion de montrer que l’on est vraiment démocrate.

On connaît la réponse. Ce référendum n’aura pas lieu. Parce que les politiques qui aujourd’hui proposent de supprimer les notions de père et de mère savent fort bien quelle serait la réponse du peuple s'il était consulté sur ce sujet.

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SOURCE : ATLANTICO

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[Tribune] : « La Belgique finira arabe »

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« La Belgique finira arabe »...

Cette phrase, prononcée par un chauffeur de taxi à Bruxelles, est le signe que l’islamisation des esprits a gagné le Nord comme le Sud. De jeunes immigrés trimbalent une mentalité de « daéshistes » sans le savoir, selon Fawzia Zouari.

J’étais de passage à Bruxelles. Je n’aime pas beaucoup Bruxelles. C’est une « capitale pour rire », disait Baudelaire. Elle est faite de tunnels et de voies de sortie sombres, de ponts moches, de trottoirs défoncés, les belles bâtisses y sont noyées sous des buildings à l’architecture foireuse et la gare du Midi est une horreur. Cependant, j’adore les Belges ! Je trouve que c’est le peuple le plus doux et le plus innocent de la terre.

Et c’est sans doute pour cette raison que je me suis fâchée avec le chauffeur de taxi qui m’emmenait au lieu de conférence où je devais me rendre. Le chauffeur en question est tunisien, comme moi. La trentaine, il est installé depuis dix ans à Bruxelles. Dès qu’il a su d’où je venais, il a fait l’Arabe, a abandonné la langue de Molière pour ne parler que la langue du Coran, avec les expressions, les jurons, les wallah et les inchallah à tout bout de phrase. J’avais l’impression de me retrouver au cœur de la médina de Tunis. Je l’ai branché sur Bruxelles. Il a dit  :

« J’y suis très bien, al hamdoullah  ! J’ai un travail, une femme et des enfants. En plus, il y a plein de Maghrébins, m’a-t-il répondu.

– Tant que ça  ?

– Ah  ! oui, ma sœur, nous allons devenir majoritaires ! J’ai quatre enfants, mon voisin marocain en a six. Si Dieu le veut, la Belgique finira arabe et musulmane.

– Et ça te plairait  ?

– Ben oui. Nous sommes appelés à peupler la terre entière. »

Islamisation des esprits

J’ai regardé le jeune homme. Il n’avait ni barbe ni trace sur le front attestant de sa pratique de la prière. Et j’ai compris le mal. Insidieusement, l’islamisation des esprits a gagné le Nord comme le Sud. De jeunes immigrés trimbalent une mentalité de « daéshistes » sans le savoir.

« Pourquoi as-tu quitté la Tunisie  ? l’ai-je interrogé.

– Pour être tranquille. Travailler avec des gens sérieux, pas corrompus, et des administrations qui marchent. »

Jugeant inutile de le raisonner, je me suis contentée de le taquiner à la façon de l’humoriste algérien Fellag : « Tu imagines le jour où la Belgique sera gérée par des Arabes  ? Tu crois que tu vas continuer à jouir de ces privilèges  ? » Il a calé. J’ai ajouté : « Et puis, ils iront où, les Belges  ? »

Soudain, il m’a semblé triste et désorienté. J’ai détendu l’atmosphère en lui racontant l’histoire de l’un de mes oncles qui avait décidé de ne plus aller à la mosquée après un prêche du vendredi lors duquel l’imam avait affirmé que le bon croyant était destiné d’office à retrouver au paradis ses cousins, ses voisins et toute la smala : « Si c’est pour tomber sur ces mêmes idiots qui me pourrissent la vie ici-bas, merci ! » Nous avons ri.

Théorie du remplacement

Après la conférence, il y a eu un cocktail et une rencontre avec le public. Là, un gars du même âge que mon chauffeur de taxi s’est avancé vers moi, un verre de champagne à la main. C’était un Tunisien… Ils sont tous en Belgique ou quoi  ? Et il va falloir que je demande pour quelles raisons mes compatriotes ont quitté aussi nombreux la Tunisie alors qu’il y a eu la révolution et que Ben Ali est parti.

Je pose la question à mon interlocuteur en train de savourer ses bulles  : « Il n’y a pas que la politique, madame. “Là-bas”, c’est la corruption à plein régime et “ces gens-là” ne fichent rien de la journée. De toute façon, moi, si je suis venu ici, ce n’est pas pour fréquenter mes coreligionnaires, c’est pour vivre parmi les Belges. Les Arabes, je ne veux plus les voir, même pas en photo  ! » Voilà qui est clair.

Je suis rentrée à l’hôtel en repensant à la fameuse théorie du remplacement tenue par l’un et au rejet des siens exprimé par l’autre. Et j’ai dû m’avouer que je ne comprenais pas ce qui passe dans la tête de ces jeunes immigrés, moi qui fais partie de la vieille immigration.

Par Fawzia Zouari

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SOURCE : Jeune Afrique

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14/02/2019

Laurent Fabius fixe les règles d'un éventuel référendum

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Le socialiste Laurent Fabius, vous savez... celui qui a du sang contaminé plein la conscience mais qui apparemment dort tranquille... président non-élu d'un Conseil non-élu ayant droit de décision, de vie ou de mort sur les lois votées par les représentants du peuple, Conseil (quel mot !) qui comprend notamment des membres comme le langoureux trotskiste Lionel Jospin et, à présent, cette sinistre guimauve d'Alain Juppé... Laurent Fabius, donc, nous explique qu'un éventuel référendum "doit porter sur un certain nombre de thèmes et pas d'autres", qui devront être préalablement avalisés par le Conseil...

Tout ça, bien entendu, pour "démocratiser la démocratie".

Y'a pas à dire... ces gens-là sont magnifiques...

 

 

Le président du Conseil constitutionnel avertit l'exécutif quant aux principes d'un tel scrutin.

Laurent Fabius ne prend pas souvent la parole depuis qu'il est président du Conseil constitutionnel. Quand il le fait, c'est pour recadrer le débat public.

Ainsi ne s'est-il pas privé mercredi sur RTL de souligner que l'organisation d'un référendum - auquel pense l'exécutif - devait répondre à plusieurs règles strictes. Si Emmanuel Macron voulait qu'il se tienne le 26 mai prochain, en même temps que les élections européennes, «ça serait possible à condition de s'y prendre très vite, ces jours-ci, parce qu'un référendum ça suppose toute une série de préparatifs», a-t-il noté.

Mais Laurent Fabius a surtout rappelé que l'exécutif ne pourrait pas poser n'importe quelle question aux citoyens. « Nous devons regarder si, oui ou non, la question posée correspondrait à la Constitution, si elle rentre dans les clous. » Or une idée circule au sein de l'exécutif de soumettre un QCM avec plusieurs questions. « C'est un bémol que j'apporte par rapport au débat. La Constitution ne permet pas de poser une question d'ordre général. Le référendum doit porter sur un projet de loi », a soufflé l'ancien premier ministre.

« Aérer la démocratie »

Pas question, par exemple, de demander aux Français s'ils sont pour ou contre la proportionnelle. « La question est "approuvez-vous, oui ou non, ce projet de loi ?" », a corrigé Laurent Fabius qui a par ailleurs indiqué qu'un référendum « doit porter sur un certain nombre de thèmes et pas d'autres ».

Et de citer « l'organisation des pouvoirs publics, les réformes en matière économique, social ou environnemental, les services publics et les traités qui y concourent ». S'il y avait un QCM, chacune des questions devrait répondre à ces critères et le Conseil constitutionnel serait chargé de les avaliser : « C'est assez précis, c'est même très précis et nous sommes chargés de vérifier tout ça. »

Interrogé sur les aspirations des «gilets jaunes», Laurent Fabius a dit sentir «une aspiration à démocratiser la démocratie». Pour l'ancien premier ministre, «il n'y a pas tellement de contacts» entre les responsables politiques et les citoyens entre chaque scrutin. « Ça peut être amélioré, pas nécessairement par le référendum », a-t-il préconisé. Le socialiste a évoqué la possibilité de généraliser les «budgets participatifs ou les conférences de consensus». « Aérer la démocratie, je pense que c'est une demande légitime qui existe depuis longtemps », a-t-il glissé.

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SOURCE : Le Figaro

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« "Aérer la démocratie, je pense que c'est une demande légitime qui existe depuis longtemps", a-t-il glissé. »

A-t-il glissé... a-t-il glissé... IL NOUS EN GLISSE SURTOUT, UNE FOIS DE PLUS, UNE ENORME DANS LE CUL !

 

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"Humble comme ce petit enfant"...

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Regardez comment l'Esprit Saint caresse cette jolie petite fille (nommée "Nikê") au jour heureux de son Baptême Chrétien Orthodoxe, ici dans une Paroisse serbe... Regardez la belle annonciation que comporte son nom qui veut dire : "La Victoire"... Son visage radieux... son regard fasciné... son sourire solaire... son baiser spontané qui surprend tout le monde à la Croix du Salut qui est le sien... du Salut qui est le nôtre... Elle voit ce que tout croyant désire voir...

Paix aux hommes et aux femmes de Bonne Volonté...

"Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, et dit : Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. C'est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux."

Matthieu 18 : 2-4

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Gilets jaunes : c'est l'État-providence, non le libéralisme, qui est en cause

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TRIBUNE - L'État, en devenant une nouvelle Providence, a tout étouffé autour de lui et s'est chargé d'un fardeau qu'il ne peut assumer. Paradoxalement, la fronde des "gilets jaunes" le vérifie, argumente l'essayiste libéral Erwan Le Noan.

Pour répondre à la crise sociale que nous vivons depuis plus de cinq semaines, encore faut-il poser le bon diagnostic et saisir l'ampleur de la faillite. Celle-ci est le résultat de la déliquescence de l'État-providence, qui avait émergé dès la fin du XIXe siècle. C'est luiqu'il faut réinventer.

L'économiste Karl Polanyi (1886-1964) considérait que l'histoire moderne était marquée par la distinction progressive de la sphère économique. Cette "grande transformation" a émergé dès le Moyen Âge, en lien consubstantiel avecl'affirmation progressive de l'État de droit et de la démocratie. L'émancipation des marchands a fait émerger les institutions qui, favorisant la confiance entre inconnus, ont permis la pleine expansion du commerce. Le développement des contrats a fait croître le besoin de droit et de juges, les échanges lointains le besoin d'information et de presse, les nécessités financières les exigences comptables et les organisations bancaires. Progressivement, la "dynamique du capitalisme" que décrivait Braudel s'est étendue. Nous avons pu nous enrichir, nous instruire, nous soigner.

Cette dynamique s'est déployée sous trois aspects : économique, social et politique. La Révolution industrielle a accéléré le mouvement économique, dans une croissances chumpétérienne où l'innovation chasse ce qui l'a précédée. Chaque surgissement technologique est venu bouleverser les modes de production. La nouveauté a déstabilisé les relations de travail. Le chemin de fer a favorisé la structure pyramidale et décentralisée des entreprises, tout en créant le prolétariat. L'électricité a permis l'autonomisation de chaque machine, tout en générant le travail à la chaîne.

Les chocs économiques actuels ne sont que l'écho de cette dynamique : ouvrant des possibilitéslarges d'externalisation dans d'autres pays ou vers l'univers numérique, ils restructurentles fonctions de l'entreprise. Ils modifient la conception de l'emploi (plus souple,indépendant, moins hiérarchique). Cette course alimente aussi une demande de sens de l'engagement salarié.

La puissance déstabilisante de ces transformations a alimenté une demande du peuple souverain : réaffirmer qu'en démocratie son pouvoir est décisif et ultime. La constitution des géants industriels du XIXe siècle aux États-Unis, dans le rail ou le pétrole par exemple, a inquiété et produit le droit de la concurrence dans ce pays puis dans tout le monde occidental. Ce mouvement n'est pas sans faire écho aux craintes contemporaines relatives au succès des "géants" du numérique et les projets de réglementations qu'elles suscitent. Chacune de ces révolutions a fait naître des revendications politiques. À la findu XIXe siècle, le socialisme a ainsi traduit l'aspiration des classes laborieuses à une protection face à la déstabilisation permanente.

Ainsi est né l'État-providence. Face aux risques d'un nouveau monde en changement, il a développé un système de régulation capable de garantir la confiance des citoyens et un régime d'assurances qui s'est affirmé avec force après la Seconde Guerre mondiale. Il s'est substitué aux institutions de solidarités traditionnelles et aux corps intermédiaires : l'État est un Salut monopolistique, qui évince les organisations concurrentes.
Ne cessant de se déployer, porté par une élite technocratique qu'il a captée pour dérouler des plans savants prétendant maîtriser les aléas de l'existence, il a institué une relation verticale entre les citoyens et lui-même. La puissance publique a ainsi tué le sens des responsabilités : quand tout est organisé pour son bien, le citoyen se retrouve dans une attente passive.

Cet équilibre s'est effondré à partir de la fin du XXe siècle. Deux bouleversements technologiques majeurs ont métamorphosé nos économies : la mondialisation, favorisée par la disparition de l'oppresseur communiste, et la digitalisation, induite par l'innovation numérique. La conjonction de ces phénomènes a été d'une ampleur radicale.

Or l'État-providence, lui, n'a pas changé. Confronté à une mutation de son environnement, il a conservé les mêmes règles de fonctionnement. Pour faire accepter des transformations qu'il ne maîtrisait plus - parce qu'il ne les comprenait pas -, il a accru en vain les dépenses publiques et les impôts afin de les compenser. Espérant rendre la situation plus acceptable, il n'a contenu les inégalités qu'au prix d'une stagnation sociale qui obstrue les perspectives d'avenir : en France, les pauvres ne le sont pas trop, mais ils le restent. Faute de réforme, les finances publiques ont filé dans une danse folle au bord du précipice.

Cet écroulement, accéléré par le déclin organisé des corps intermédiaires, laisse les citoyens seuls face à eux-mêmes et leurs angoisses. Il laisse également un immense vide politique et conceptuel. Le mouvement des "gilets jaunes" n'est ainsi pas révélateur d'une prétendue crise du libéralisme : il est le fruit de l'agonie de l'État-providence, qui se matérialise par la déliquescence des services publics et illustre l'incapacité des élites à proposer des perspectives susceptibles de donner du sens à l'exigence de changement comme de l'accompagner efficacement. La France doit donc réinventer son État, à travers ses deux fonctions modernes principales : assurer la cohésion populaire et maîtriser les risques.

Ce renouvellement ne peut naître que d'une libération de la société. Celle-ci frémit déjà : dynamisme de l'entrepreneuriat, fleurissement des associations, prise en charge de la transformation environnementale s'inventent tous les jours en son sein. L'intervention des acteurs privés renouvelle déjà les services publics, en valorisant la qualité de la prestation, en réinventant le service aux citoyens.

Le défi du XXIe siècle est là. La question pourrait structurer les clivages politiques pour les décennies à venir. Déjà, la Silicon Valley dessine imperceptiblement ses pistes, et les régimes autoritaires les leurs.

L'enjeu est immense : accompagner et gérer le changement, ou le laisser se réaliser dans le chaos. Partout dans le monde occidental, les populistes proposent une voie défensive, plus ou moins ordonnée ; mais c'est une impasse. Si le président Macron est sincère dans sa volonté de 'bâtir le socle de notre nouveau contrat pour la nation', la France a peut-être l'opportunité d'en proposer une version alternative. L'enjeu de la mutation en cours est d'organiser le retrait progressif mais franc de la puissance publique, afin que la société puisse s'exprimer, se déployer et redonner des perspectives positives aux citoyens.

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Erwan Le Noan, consultant en stratégie. Membre du conseil scientifique de la Fondation pour l'innovation politique (think-tank libéral). Maître de conférences à Sciences Po et auteur de La France des opportunités (Les Belles Lettres, 2017). Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 31/12/2018.

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SOURCE : Le Figaro

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13/02/2019

Renaud Camus & Philippe Muray - Entretien (En vivant en écrivant...)

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