Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/02/2013

L’idiotie caractéristique des Temps modernes

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

 

 

 

« SALUS EX JUDÆIS EST. "Le Salut vient des Juifs !" J'ai perdu quelques heures précieuses de ma vie à lire, comme tant d'autres infortunés, les élucubrations antijuives de M. Drumont, et je ne me souviens pas qu'il ait cité cette parole simple et formidable de Notre-Seigneur Jésus-Christ, rapportée par saint Jean au chapitre quatrième de son Évangile. »

« Le Salut vient des Juifs ! Texte confondant qui nous met furieusement loin de M. Drumont ! À Dieu ne plaise que je lui déclare la guerre, à ce triomphant ! La lutte, vraiment, serait par trop inégale.

Le pamphlétaire de la France Juive peut se vanter d’avoir trouvé le bon coin et le bon endroit. Considérant avec une profonde sagesse et le sang-froid d’un chef subtil que le caillou philosophal de l’entregent consiste à donner précisément aux ventres humains la glandée dont ils raffolent, il inventa contre les Juifs la volcanique et pertinace revendication des pièces de cent sous.

C’était l’infaillible secret de tout dompter, de tout enfoncer et de jucher son individu sur les crêtes les plus altissimes.

Dire au passant, fût-ce le plus minable récipiendaire au pourrissoir des désespérés : — Ces perfides Hébreux, qui t’éclaboussent, t’ont volé tout ton argent ; reprends-le donc, ô Égyptien ! crève-leur la peau, si tu as du cœur, et poursuis-les dans la mer Rouge.

Ah ! dire cela perpétuellement, dire cela partout, le beugler sans trève dans des livres ou dans des journaux, se battre même quelquefois pour que cela retentisse plus noblement au-delà des monts et des fleuves ! mais surtout, oh ! surtout, ne jamais parler d’autre chose, — voilà la recette et l’arcane, le medium et le retentum de la balistique du grand succès. Qui donc, ô mon Dieu ! résisterait à cela ?

Ajoutons que ce grand homme revendiquait au nom du Catholicisme. Or, tout le monde connait le désintéressement sublime des catholiques actuels, leur mépris incassable pour les spéculations ou les manigances financières et le détachement céleste qu’ils arborent. J’ai fait des livres, moi-même, en vue d’exprimer l’admiration presque douloureuse dont me saturent ces écoliers de la charité divine et je sens bien qu’il m’eût été impossible de m’en empêcher.

Il est donc aisé de concevoir l’impétuosité de leur zèle, quand les tripotantes mains de l’Antisémite vinrent chatouiller en eux le pressentiment de la Justice. On peut même dire qu’en cette occasion, les écailles tombèrent d’un grand nombre d’yeux et le généreux Drumont apparut l’apôtre des tièdes qui ne savaient pas que la religion fût si profitable. »

Léon Bloy, Le salut par les juifs

 

 

« Ici, les riches, chrétiens ou non, sont atroces. Nos juifs eux-mêmes, nos puissants juifs n'ont pas compris que l'auteur du "Salut par les Juifs" avait poussé en faveur de leur nation le plus grand cri qu'on ait entendu depuis le commencement de l'ère chrétienne. »

Léon Bloy, Correspondance, 1900-1914, Léon Bloy Josef Florian, lettre du 2 décembre 1900

 

 

« Le Moyen Age avait le bon sens de les cantonner dans des chenils réservés et de leur imposer une défroque spéciale qui permît à chacun de les éviter. Quand on avait absolument affaire à ces puants, on s’en cachait comme d’une infamie et on se purifiait ensuite comme on pouvait. La honte et le péril de leur contact était l’antidote chrétien de leur pestilence, puisque Dieu tenait à la perpétuité d’une telle vermine. Aujourd’hui que le christianisme a l’air de râler sous les talons de ses propres croyants et que l’Eglise a perdu tout crédit, on s’indigne bêtement de voir en eux les maîtres du monde, et les contradicteurs enragés de la Tradition apostolique sont les premiers à s’en étonner. On prohibe le désinfectant et on se plaint d’avoir des punaises. Telle est l’idiotie caractéristique des Temps modernes. »

Léon Bloy, Le Désespéré

 

«... écrivant un livre sur le Pauvre, comment aurais-je pu ne pas parler des Juifs ? Quel peuple est aussi pauvre que le peuple juif ? Ah ! je sais bien, il y a les spéculateurs, les banquiers. La légende, la tradition veulent que tous les juifs soient des usuriers. On refuse de croire autre chose et cette légende est un mensonge. Il s'agit là de la lie du monde juif. Ceux qui le connaissent et le regardent sans préjugés savent que ce peuple a d'autres aspects et que, portant la misère de tous les siècles, il souffre infiniment. Quelques-unes des plus nobles âmes que j'ai rencontrées étaient des âmes juives. »

Léon Bloy, Journal, t. III, à la date du 2 janvier 1910


Certains clowns devraient fermer leur gueule... quand ils citent Léon Bloy...

 

Voir plus et mieux, ICI...

-------------------------

Je ne saurais trop vous inciter à lire, également, le Chapitre 37 du Livre d'Ezéchiel dans l'Ancien Testament, chapitre par lequel Léon Bloy met un point final, si j'ose m'exprimer ainsi, à son livre, "Le salut par les juifs", car il le cite intégralement (en latin), et de tenter de saisir l'importance prophétique abyssale de ce texte que bien des cestodes ayant l'outrecuidance de proclamer qu'ils honorent le Logos sont incapables d'en mesurer la profondeur et l'importance dans le positionnement ontologique du furieux écrivain. Il est des petits sociologues frustrés qui ne savent que postillonner et vociférer leurs ressentiments dans une lourdeur intégrale...

-------------------------

37:1
La main de l'Éternel fut sur moi, et l'Éternel me transporta en esprit, et me déposa dans le milieu d'une vallée remplie d'ossements.

37:2
Il me fit passer auprès d'eux, tout autour ; et voici, ils étaient fort nombreux, à la surface de la vallée, et ils étaient complètement secs. 
 
37:3
Il me dit : Fils de l'homme, ces os pourront-ils revivre ? Je répondis : Seigneur Éternel, tu le sais.
 
37:4
Il me dit : Prophétise sur ces os, et dis-leur : Ossements desséchés, écoutez la parole de l'Éternel !
 
37:5
Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel, à ces os : Voici, je vais faire entrer en vous un esprit, et vous vivrez ;
 
37:6
je vous donnerai des nerfs, je ferai croître sur vous de la chair, je vous couvrirai de peau, je mettrai en vous un esprit, et vous vivrez. Et vous saurez que je suis l'Éternel.
 
37:7
Je prophétisai, selon l'ordre que j'avais reçu. Et comme je prophétisais, il y eut un bruit, et voici, il se fit un mouvement, et les os s'approchèrent les uns des autres.
 
37:8
Je regardai, et voici, il leur vint des nerfs, la chair crût, et la peau les couvrit par-dessus ; mais il n'y avait point en eux d'esprit.
 
37:9
Il me dit : Prophétise, et parle à l'esprit ! prophétise, fils de l'homme, et dis à l'esprit : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu'ils revivent !
 
37:10
Je prophétisai, selon l'ordre qu'il m'avait donné. Et l'esprit entra en eux, et ils reprirent vie, et ils se tinrent sur leurs pieds : c'était une armée nombreuse, très nombreuse.
 
37:11
Il me dit : Fils de l'homme, ces os, c'est toute la maison d'Israël. Voici, ils disent : Nos os sont desséchés, notre espérance est détruite, nous sommes perdus !
 
37:12
Prophétise donc, et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, j'ouvrirai vos sépulcres, je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple, et je vous ramènerai dans le pays d'Israël.
 
37:13
Et vous saurez que je suis l'Éternel, lorsque j'ouvrirai vos sépulcres, et que je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple !
 
37:14
Je mettrai mon esprit en vous, et vous vivrez ; je vous rétablirai dans votre pays, et vous saurez que moi, l'Éternel, j'ai parlé et agi, dit l'Éternel.
 
37:15
La parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots :
 
37:16
Et toi, fils de l'homme, prends une pièce de bois, et écris dessus : Pour Juda et pour les enfants d'Israël qui lui sont associés. Prends une autre pièce de bois, et écris dessus : Pour Joseph, bois d'Éphraïm et de toute la maison d'Israël qui lui est associée.
 
37:17
Rapproche-les l'une et l'autre pour en former une seule pièce, en sorte qu'elles soient unies dans ta main.
 
37:18
Et lorsque les enfants de ton peuple te diront : Ne nous expliqueras-tu pas ce que cela signifie ?
 
37:19
réponds-leur : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, je prendrai le bois de Joseph qui est dans la main d'Éphraïm, et les tribus d'Israël qui lui sont associées ; je les joindrai au bois de Juda, et j'en formerai un seul bois, en sorte qu'ils ne soient qu'un dans ma main.
 
37:20
Les bois sur lesquels tu écriras seront dans ta main, sous leurs yeux.
 
37:21
Et tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, je prendrai les enfants d'Israël du milieu des nations où ils sont allés, je les rassemblerai de toutes parts, et je les ramènerai dans leur pays.
 
37:22
Je ferai d'eux une seule nation dans le pays, dans les montagnes d'Israël ; ils auront tous un même roi, ils ne formeront plus deux nations, et ne seront plus divisés en deux royaumes.
 
37:23
Ils ne se souilleront plus par leurs idoles, par leurs abominations, et par toutes leurs transgressions ; je les retirerai de tous les lieux qu'ils ont habités et où ils ont péché, et je les purifierai ; ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu.
 
37:24
Mon serviteur David sera leur roi, et ils auront tous un seul pasteur. Ils suivront mes ordonnances, ils observeront mes lois et les mettront en pratique.
 
37:25
Ils habiteront le pays que j'ai donné à mon serviteur Jacob, et qu'ont habité vos pères ; ils y habiteront, eux, leurs enfants, et les enfants de leurs enfants, à perpétuité ; et mon serviteur David sera leur prince pour toujours.
 
37:26
Je traiterai avec eux une alliance de paix, et il y aura une alliance éternelle avec eux ; je les établirai, je les multiplierai, et je placerai mon sanctuaire au milieu d'eux pour toujours.
 
37:27
Ma demeure sera parmi eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.
 
37:28
Et les nations sauront que je suis l'Éternel, qui sanctifie Israël, lorsque mon sanctuaire sera pour toujours au milieu d'eux.
 
 -------------------------

Qui est donc cet Ephraïm, fils de Joseph, qui se doit de s'unir à Juda selon la Parole des paroles ?

Du point de vue chrétien on le sait par la lecture de deux passages dont la nature prophétique semble échapper aux pseudos-intellectuels plus aptes à viser la face du Seigneur d'immondes crachats en s'en prenant au peuple de l'Alliance Première.

Jetons quelques clefs en pâture aux crétins théologiques...

En Génèse au Chapitre 48, Joseph amène ses deux fils à son père Israël, pour qu'il les bénisse. L'aîné Manassé et le jeune Ephraïm. Israël les bénit d'une bien curieuse façon :

48:8
Israël regarda les fils de Joseph, et dit : Qui sont ceux-ci ?

48:9
Joseph répondit à son père : Ce sont mes fils, que Dieu m'a donnés ici. Israël dit : Fais-les, je te prie, approcher de moi, pour que je les bénisse.

48:10
Les yeux d'Israël étaient appesantis par la vieillesse ; il ne pouvait plus voir. Joseph les fit approcher de lui ; et Israël leur donna un baiser, et les embrassa.

48:11
Israël dit à Joseph : Je ne pensais pas revoir ton visage, et voici que Dieu me fait voir même ta postérité.

48:12
Joseph les retira des genoux de son père, et il se prosterna en terre devant lui.

48:13
Puis Joseph les prit tous deux, Éphraïm de sa main droite à la gauche d'Israël, et Manassé de sa main gauche à la droite d'Israël, et il les fit approcher de lui.

48:14
Israël étendit sa main droite et la posa sur la tête d'Éphraïm qui était le plus jeune, et il posa sa main gauche sur la tête de Manassé : ce fut avec intention qu'il posa ses mains ainsi, car Manassé était le premier-né.

48:15
Il bénit Joseph, et dit : Que le Dieu en présence duquel ont marché mes pères, Abraham et Isaac, que le Dieu qui m'a conduit depuis que j'existe jusqu'à ce jour,

48:16
que l'ange qui m'a délivré de tout mal, bénisse ces enfants ! Qu'ils soient appelés de mon nom et du nom de mes pères, Abraham et Isaac, et qu'ils multiplient en abondance au milieu du pays !

48:17
Joseph vit avec déplaisir que son père posait sa main droite sur la tête d'Éphraïm ; il saisit la main de son père, pour la détourner de dessus la tête d'Éphraïm, et la diriger sur celle de Manassé.

48:18
Et Joseph dit à son père : Pas ainsi, mon père, car celui-ci est le premier-né ; pose ta main droite sur sa tête.

48:19
Son père refusa, et dit : Je le sais, mon fils, je le sais ; lui aussi deviendra un peuple, lui aussi sera grand ; mais son frère cadet sera plus grand que lui, et sa postérité deviendra une multitude de nations.

 

Notez cela : "son frère cadet sera plus grand que lui, et sa postérité deviendra une multitude de nations."

Ephraïm sera plus grand que Manassé et sa descendance formera, dans le texte en hébreu ancien, MELO HAGOYIM qui veut dire littéralement : "LA TOTALITE DES NATIONS"!

Et que dit l'Apôtre Paul dans l'Epître aux Romains dans laquelle il s'adonne à toute une exégèse afin de montrer que le texte Prophétique lie de façon inéluctable le sort des Nations païennes au sort d'Israël ?

11:12
Or, si leur chute a été la richesse du monde, et leur amoindrissement la richesse des païens, combien plus en sera-t-il ainsi quand ils se convertiront tous.

11:13
Je vous le dis à vous, païens : en tant que je suis apôtre des païens, je glorifie mon ministère, 11:14 afin, s'il est possible, d'exciter la jalousie de ceux de ma race, et d'en sauver quelques-uns.

11:15
Car si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon une vie d'entre les morts ?

11:16
Or, si les prémices sont saintes, la masse l'est aussi ; et si la racine est sainte, les branches le sont aussi.

11:17
Mais si quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi, qui était un olivier sauvage, tu as été enté à leur place, et rendu participant de la racine et de la graisse de l'olivier,

11:18
ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies, sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la racine qui te porte.

11:19
Tu diras donc : Les branches ont été retranchées, afin que moi je fusse enté.

11:20
Cela est vrai ; elles ont été retranchées pour cause d'incrédulité, et toi, tu subsistes par la foi. Ne t'abandonne pas à l'orgueil, mais crains ;

11:21
car si Dieu n'a pas épargné les branches naturelles, il ne t'épargnera pas non plus.

11:22
Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté ; autrement, tu seras aussi retranché.

11:23
Eux de même, s'ils ne persistent pas dans l'incrédulité, ils seront entés ; car Dieu est puissant pour les enter de nouveau.

11:24
Si toi, tu as été coupé de l'olivier naturellement sauvage, et enté contrairement à ta nature sur l'olivier franc, à plus forte raison eux seront-ils entés selon leur nature sur leur propre olivier.

11:25
Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages, c'est qu'une partie d'Israël est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des nations soit entrée.

11:26
Et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit : Le libérateur viendra de Sion, Et il détournera de Jacob les impiétés ;

11:27
Et ce sera mon alliance avec eux, Lorsque j'ôterai leurs péchés.

11:28
En ce qui concerne l'Évangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l'élection, ils sont aimés à cause de leurs pères.

11:29
Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel.

11:30
De même que vous avez autrefois désobéi à Dieu et que par leur désobéissance vous avez maintenant obtenu miséricorde,

11:31
de même ils ont maintenant désobéi, afin que, par la miséricorde qui vous a été faite, ils obtiennent aussi miséricorde.

11:32
Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous.

11:33
O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles ! Car

11:34
Qui a connu la pensée du Seigneur, Ou qui a été son conseiller ?

11:35
Qui lui a donné le premier, pour qu'il ait à recevoir en retour ?

11:36
C'est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles ! Amen !

 

Prenez note ici encore, "une partie d'Israël est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des nations soit entrée. Et ainsi tout Israël sera sauvé."

L'Apôtre Paul fait bien référence, ici, à la Prophétie qui est formulée en Génèse 48 : "MELO HAGOYIM", "LA TOTALITE DES NATIONS" !

C'est à nouveau à cette Prophétie que Léon Bloy fait référence en citant Ezéchiel 37 liant le sort d'Ephraïm (Le christianisme, "LA TOTALITE DES NATIONS" ) à celle de Juda, le peuple juif... 

 

Pour ce qui est de notre clown antisémite du moment, je le renvoie à l'Apôtre Paul, encore : "Ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies, sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la racine qui te porte."

23:58 Publié dans Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (10) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/02/2012

Le modèle privilégié utilisé pour le concept d’état nation se trouvait dans l’Ancien testament, dans la figure du peuple d’Israël

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

 

« Notre dessein est de démontrer à travers l'étude du cas français l’énorme dette du nationalisme européen naissant envers la conception judaïque d’une nation fondée sur les liens ethniques du sang, ayant contracté une alliance privilégiée avec Dieu et investie d’une mission providentielle. L’ardeur avec laquelle les instigateurs français de l’idée nationale à l’aube des temps modernes dressent le parallèle entre leur propre nation et le peuple hébreux ou le royaume de Judée démontre que dans le monde chrétien dominé par la notion universaliste de populus christianus, le modèle privilégié utilisé pour le concept d’état nation se trouvait dans l’Ancien testament, dans la figure du peuple d’Israël. »

Alexandre Yali Haran, Le lys et le globe

De Larges extraits du livre ICI !

07:00 Publié dans Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/01/2012

Ces habitants de l’irréel, les juifs imaginaires

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

 

« Ce qu’il y a de juif en eux ce n’est pas, comme ils voudraient le croire, la sagesse de l’errance et la tristesse de la persécution, mais l’impotence d’un gros bébé couvé, pomponné, choyé, talqué jusqu’à son plus vieil âge. Signe particulier : maman. Ils se prennent, ces petits poussahs joufflus et surnourris, pour Isrolik, le petit poucet du ghetto, le môme de la débrouille. Ils cachent leur mollesse native sous le courage du réprouvé. Mais c’est une bravoure postiche : l’histoire juive est la berceuse de ces enfants maternés, la chanson qui peuple leur sommeil de rêves héroïques et qui leur permet de vivre par procuration l’expérience de l’horreur. Trouillards dans la vie, martyrisés en songe - ils aiment se tromper d’époque et confondre le monde ouaté où ils évoluent avec le cataclysme qu’ont subi leurs parents. Parmi les Juifs, ils constituent une catégorie étrange mais répandue, et qui n’a pas encore reçu de nom. Ils ne sont pas religieux, du moins pour la plupart : ils ont beau chérir la culture juive, ils n’en possèdent que de pauvres reliques ; ils n’ont pas fait dans le regard de l’Autre l’apprentissage de leur judéité. Ni la définition ethnique, ni la définition confessionnelle, ni le schéma sartrien ne sauraient leur convenir. Ce sont des Juifs indéfectibles, mais ce sont des Juifs pour du beurre puisque, après la Catastrophe, le judaïsme ne peut pas recevoir pour eux d’autre contenu qu’un contenu de souffrance, et qu’eux-mêmes ils ne souffrent pas. Pour nier cette contradiction, ils ont choisi de séjourner dans un espace romanesque plein de bruit et de fureur et qui leur fait la part belle. Tels des fanatiques de l’imprimé qui fuient, par la lecture, l’ennui provincial où ils languissent ; tels des spectateurs qui précipitent leurs rêves, leurs désirs, leurs frustrations dans une intrigue haletante qu’ils ne vivront jamais -, ces jeunes gens hypnotisés procèdent par identification : ils ont pris pension dans la fable ; le judaïsme dont ils se réclament les ravit à eux-mêmes et les transporte magiquement sur une scène qui les élève et qui les sanctifie. Ces habitants de l’irréel, plus nombreux qu’on ne le pense, je propose de les nommer Juifs imaginaires. »

Alain Finkielkraut, Le Juif imaginaire

18:27 Publié dans Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/01/2012

Lettre ouverte à Stéphane Hessel et aux indignés de l'indignation

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

 

Stéphane Hessel fait, encore, parler de lui. Il compare, à présent, François Hollande au Général de Gaulle et à Mendès-France. On croit rêver. Gilles-William Goldnadel à effectué quelques mises au point. Cependant, l'été dernier, dans le numéro 31 du "Magazine des Livres" de Juillet/Août, Joseph Bialot avait publié une lettre fleuve au spécialiste en rebellitude, ainsi qu'aux moutons et matons de Panurge qui le suivent comme on suit une idole : pour se rassurer sans rien considérer de la réalité. Joseph Bialot n'est plus tout jeune. Il approche des 90 ans. Juif polonais, résistant, déporté à Auschwitz et survivant de la Shoah, écrivain... il n'a certainement pas de leçons à recevoir des nouveaux chiens de garde et autres moralisateurs qui ont le vent en poupe. Si je ne partage pas toutes ses positions dans l'argumentation qu'il développe à l'encontre de Saint-Hessel (de l'ordre de la nuance et du détail), force est de reconnaître qu'il ne manque ni de piquant ni de persuasion dans le registre qui est le sien. Je vous invite à prendre le temps de lire sa "Lettre ouverte à Stéphane Hessel et aux indignés de l'indignation"... où vous apprendrez que le vieux Stéphane, outre le fait qu'il enfonce des portes ouvertes, n'a, en vérité, rien rédigé de "La Déclaration des Droits de l'Homme" ni vraiment excellé dans la Résistance face aux allemands. Bon à savoir. De plus, Joseph Bialot rappelle quelques évidences concernant Israël qu'on a, un peu trop, tendance à oublier, puisque les temps sont à la vocifération antisémite antisioniste de circonstance et que l'on répète autant de bêtises que nos analystes et journalopes nous rapportent au quotidien.

-------------------

Je viens de lire avec beaucoup d’intérêt le libelle de Stéphane Hessel intitulé : "Indignez-vous !"
Bravo ! Qu’une "littérature" d’une telle platitude rencontre pareil écho montre, assez bien, la crise intellectuelle que traverse ce pays. La France a connu des pamphlétaires de génie, de gauche comme Vallès, Zola ou Berl, de droite tels Galtier-Boissière et Bernanos, ou d’extrême-droite comme Béraud ou Daudet. On approuvait ou on détestait leurs idées, mais c’était des idées, pas du vent.
La France n’est pas encore sortie d’une crise économique qui risque d’emporter tous les acquis humains depuis 1945, les problèmes sont innombrables, mais l’essentiel de l’actualité tient dans le triomphe d’un texte incroyable. Les bobos possèdent enfin un dieu, en contre-plaqué mais un dieu quand même. Le culte de Stéphane Hessel vient de naître ! Qu’on se le dise !

Depuis ma jeunesse, pour avoir connu les Führer, Duce, Caudillo, Conducator et autres chefs et Petits Pères des peuples, je déteste les idoles, les icônes et les hagiographies.
Mon séjour à Auschwitz a développé chez moi une répulsion pour tous les bavards, blablateurs, donneurs de leçons et autres penseurs en rond. Au camp, j’ai connu quelques salauds hors normes, mais j’ai aussi eu la chance de rencontrer des individus qui, par leur comportement, ont maintenu une étincelle de dignité dans le monde délirant du nazisme. Le nazisme militant a disparu. Subsiste un nazisme de pensée inconscient dans lequel l’affectif remplace la logique. On ne raisonne plus, on s’apitoie, se compassionne : sur les fumeurs, les alcooliques, sur les vierges attardées et celles qui sont folles, sur les familles recomposées ou celles qui sont en cours de décomposition, sur les filles-mères et les fils- pères, sur ceux qui n’ont pas assez d’argent et ceux qui en possèdent trop, bref, le temps est à l’attendrissement. Agréable position dominante sur tous les autres.
Confortablement installé dans un fauteuil, on souffre pour ceux qui sont atteints de tous les maux engendrés par un progrès sans contrôle dans un univers sans repères. Si chacun détient une évidente vérité universelle, personne ne propose la moindre solution pour en sortir. Les idéologies sont mortes et les religions se réfugient dans le fanatisme pour essayer de durer : Encore une minute, Messieurs, les bourreaux !
On lutte contre la faim dans tous les cafés branchés de Paris et dans les restaurants étoilés du guide Michelin, on pense dans les talk-shows de la télé, on défile et on revendique en tapant sur des tambours, bref la bonne conscience, les bonnes bouffes et le vacarme servent de passeport pour tous les voyages charitables.
C’est là qu’apparaît la nécessité d’un maître à penser pour justifier un immobilisme total.

Eugène Pottier, parolier de l’Internationale, à écrit :
"Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni dieu, ni césar, ni tribun."
Belle phrase en vérité. Dommage qu’il ait oublié d’ajouter :
"Ni idoles !"
Hosannah ! L’impossible n’existant plus à notre époque, nous l’avons enfin, notre prince de la bobologie, notre idole : J’ai nommé Herr Stéphane Hessel. J’emploie le terme de Herr pour dire Monsieur puisqu’il se proclame, lui-même, ein Berliner Kind, un enfant berlinois.
Herr S. Hessel vient de publier un opuscule intitulé Indignez-vous ! qui trouve un grand écho dans tous les médias. C’est le texte indispensable pour briller en société, un phare qui illumine le monde, du moins un certain monde, l’annonce d’un univers où le quotidien chantera, bref un nouvel évangile annonçant une planète pleine de rires et de vie, sous réserve, bien entendu, que l’on tienne compte des paroles de l’idole.
Enfin, les pseudo-intellectuels possèdent un "livre" de référence. Heureusement que cette bible bobologique ne fait qu’une vingtaine de pages. Ce n’est pas le poids de l’ouvrage qui le fait tomber des mains. Je crois que c’est la première fois que la pesanteur attire le vide. Je viens de le lire avec la plus grande attention et cette lecture m’a amené à écrire ce texte.

Il est temps de remettre certaines pendules à l’heure. J’entends par pseudo-intellectuels les différents titulaires d’un doctorat, d’une agrégation ou autres peaux d’âne qui sanctionnent des études diverses. Parchemins qui leur confèrent, pensent-ils, le droit de devenir des directeurs de conscience, alors qu’un diplôme n’est que la reconnaissance d’un cursus estudiantin. Il annonce, "urbi et orbi", que son titulaire n’est pas un illettré. Jamais une attestation de fin d’études n’a indiqué que son possesseur était un intellectuel. Pour moi (je peux me tromper, évidemment) un intellectuel (mâle ou femelle) est un individu qui essaye de trouver des réponses à des questions qui n’en possèdent peut-être pas. Les pseudos, au contraire, vous répondent avant même de connaître la question ! Les textes ? Ils connaissent ! Avec Wikipédia, on n’arrête pas le progrès. Tout le monde sait enfin tout sur rien. Et ils citent, étalent leur culture comme la confiture : c’est parfois bon, souvent gluant.
Ces hommes et ces femmes détiennent une vérité absolue qui s’exprime en général dans une pétition. Leur signature, en bas d’un texte qui enfonce les mêmes portes ouvertes que Herr Hessel, leur donne, enfin, une raison d’exister. La preuve ? Leur nom est imprimé dans une page de journal.
Qui est Stéphane Hessel ? Incontestablement un homme cultivé dont la vie a été passionnante. Bardé de respect parce que respectable, décoré parce que décorable, ambassadeur même s’il n’a pas d’ambassade, bref il possède la totalité des qualités qui vous mènent soit à une notoriété méritée soit à un siège dans ce "corps qu’académique l’on nomme" l’Académie française.
Immigré, d’origine allemande, Hessel entre à l’école sans connaître un mot de français. La "communale" des années 1920-1930, héritière directe de Jules Ferry, formait des masses de gamins dont les parents, venus des quatre coins de l’Europe pour réparer les dégâts de la guerre de 14, s’intégraient sans le secours bidon des cours de rattrapage tels qu’on les pratique de nos jours, les fameuses Zep ! Pour l’enfant étranger (et j’en étais un, je sais donc ce que cela voulait dire), c’était marche ou crève. Je peux certifier que si nombre de mes voisins de classe à Belleville sont morts dans les années 1940, ce n’était pas sous le poids de leur scolarité. Le Ministère de l’Instruction publique, comme on disait alors, instruisait et formait des citoyens. L’éducation appartenait aux familles. Aujourd’hui, les parents infantilisés demandent aux professeurs des écoles d’être des pédagogues, des psys, des papas et des mamans. Comment voulez que celui qui était l’instituteur, le maître d’école, s’en sorte ?
Né d’une mère luthérienne, Hessel n’est pas juif. Son père, converti au protestantisme, le reste selon les critères raciaux des nazis.
Intégration réussie, notre héros va faire un parcours hors norme. Aller d’une communale de banlieue jusqu’à Normale Sup’ mérite un coup de chapeau.
Sans ironie, bravo !
Mais, il n’est pas seul dans ce cas et d’anciens élèves de la rue d’Ulm se sont fait un nom autrement qu’en s’agitant ; je pense à Alain Finkielkraut, à Raymond Aron (le prototype de l’intello), à Jean-Paul Sartre, grand résistant en Mai 68 (mais intello malgré tout) alors qu’il a fait jouer, à Paris, Les Mouches en 1943. Si vous l’avez oublié, sachez qu’en ce temps- là, on ne pouvait éditer, monter un film ou un spectacle, jouer, publier des textes qu’avec l’accord de l’occupant.
Intello modèle, pur et sans tache, résistant, Albert Camus publie L’Étranger en 1942, mais va se racheter en se salissant les mains dans la résistance tandis que d’autres se préparaient à écrire "Les mains sales". Je crois que Camus n’a jamais passé l’agrégation. Dans la liste des intellos, je n’oublie pas François Mauriac et ses papiers dans "L’Express".
Sacha Guitry affirmait : "Les hommes mariés n’ont que ce qu’ils méritent !" Notre époque, particulièrement méritante, possède elle aussi les intellos qu’elle a sécrétés. La culture est sauve ! Nous détenons des trésors, avec un petit groupe bien soudé. Je ne citerai personne mais suivez mon regard, vous les connaissez tous. Sans eux, les médias n’existeraient plus. Ils permettent de combler, par le vide, un néant laissé par un siècle où tous les sous-produits, culturels et autres, sont récupérés. Ils feront l’affaire. Je ne citerai aucun nom, n’ayant aucune raison de faire plaisir à certains nombrilistes parisiens.
J’aimerais toutefois préciser un comportement infâme chez les compagnons de route de monsieur Hessel. Signalez-leur, cher ami, que lorsqu’ils demandent le boycott des universités et des universitaires israéliens, ils se comportent comme les amis de Goebbels. Dans les années 1930, le gamin que j’étais n’a jamais oublié le visage de son père lorsqu’un jour, au bord des larmes, il lui a dit : "C’est terrible ! À Berlin, ils brûlent les livres !"

Je reprends le chef d’œuvre de Herr S. Hessel : "Indignez-vous !" C’est un éblouissement d’apprendre que l’engagement politique de l’auteur est dû au programme du C.N.R, le Conseil National de la Résistance. Il semble que la non-réalisation du contenu de ce texte reste un des grands regrets de notre héros. Ce fut effectivement, à la fin de la guerre, un grand rêve pour changer les structures de base d’une société qui avait fait son temps.
Situons ce programme dans les faits à une époque où l’histoire bascule.
À partir de 1940, il y a un avant et un ensuite dans l’histoire du monde. Après une défaite incroyable, après avoir demandé un armistice qui a prolongé la guerre mondiale d’un temps que je ne puis définir, a commencé l’Occupation. C’est une discussion sans fin que d’essayer de savoir ce qui se serait passé si les futurs vichyssois avaient compris que "la France a perdu une bataille mais la France n’a pas perdu la guerre" !
Imaginons donc.
Simple retour en arrière : 1940 !
Ce qu’on appelait alors "l’Empire" comptait plus de cent cinquante millions d’hommes. Les premiers à rejoindre de Gaulle ont été les Calédoniens (me semble-t-il) et l’Afrique Équatoriale.
La flotte française, la plus belle de l’histoire de la Royale, était intacte. Rien n’empêchait Pétain de passer la Méditerranée et de continuer la lutte.
Première conséquence logique : Mers-el-Kébir n’aurait pas eu lieu. La bataille d’Angleterre serait devenue un évènement secondaire. Hitler ne pouvait pas passer la Manche si les Dunkerque, Strasbourg (je cite de mémoire) et autres cuirassés français avaient été là.
Rappelez-vous les millions de tonnes de navires coulés durant la bataille de l’Atlantique. La lutte sous-marine aurait pris une autre tournure. Il est vrai que toute la France aurait été occupée. Et alors… C’était la guerre, un conflit épouvantable avec des conséquences terrifiantes. Combien de pays ont été occupés ? Malgré des pertes terribles, tous ont survécu.
Stop ! Plus d’histoire-fiction. Revenons à l’indignation laïque, gratuite et obligatoire de Stéphane Hessel.
La France de 1945 est inimaginable pour la génération d’aujourd’hui.
Toutes les réformes n’étaient pas possibles en même temps dans un pays ravagé par la guerre. Il faut avoir vu la France en miettes à cette époque. Sans parler du désastre moral (lire : "La trahison des clercs" de Julien Benda), France la douce n’était plus qu’un amas de ruines : les ports détruits, les routes coupées avec les ponts envolés, les voies ferrées en morse… vingt kilomètres de rail et un blanc avant de retrouver un raccordement ferroviaire, le pays n’était qu’un puzzle terrifiant, sans parler des villes incendiées – en dehors d’Oradour, je ne citerai que Vassieux, Saint-Nizier, la Chapelle en Vercors, etc. Je n’oublie pas non plus la montagne de morts provoquée par le repli de la Wehrmacht. Il est évident que le programme du C.N.R était une gigantesque bouffée d’air pur dans ce chaos.
Je tiens à rappeler à Monsieur Hessel qu’une grande partie du programme du C.N.R a été réalisée. Sans le plan Marshall, il serait resté un chiffon de papier.
Je n’ignore pas que la reconstruction de l’Europe, que nous devons aux Américains, leur a servi aussi à reconvertir leur colossale industrie de guerre pour la rendre enfin aux civils. Je sais aussi que la préoccupation première du plan Marshall était un barrage contre l’avance du stalinisme dans notre continent. Il n’empêche que ce projet a permis au C.N.R de passer à l’action avec, entre autres, la création de la Sécu, les retraites, les grands groupes nationaux, EDF/GDF, les Charbonnages de France, etc.
Mais ce qui était vrai en 1945 ne l’est plus en 2011. Nous avons changé d’époque, d’éthique et même, jusqu’à un certain point, de civilisation. Pas plus que Marx ne pouvait concevoir la nouvelle société industrielle née, entre autres, de l’électrification, personne ne pouvait imaginer le prodigieux bond de toutes les techniques, sans oublier la nouvelle révolution créée par l’informatique dont les effets ne sont pas épuisés.
Le passéisme est une des constantes d’Hessel. Le programme du C.N.R aujourd’hui comme panacée... on croit rêver. Continuons notre lecture.

Après le classique vœu pieux concernant les sans-papiers, sans la moindre proposition de solution, Hessel voudrait une société dont nous puissions être fiers. Qui ne le désirerait pas ?
Pour avoir été un immigré en 1930 (j’avais 7 ans), pour avoir connu dans mon entourage la peur de l’expulsion, je comprends ce qu’Hessel raconte. Dans les années d’avant-guerre, la moindre infraction commise par un étranger le ramenait immédiatement à la frontière. Bien qu’enfant, j’ai assisté à pas mal de pleurs et de crises de désespoir.
Dans une longue rubrique que j’intitulerais "La chronique des portes ouvertes", Hessel montre une qualité très répandue, celle qui consiste à débiter des banalités sur un ton sentencieux :
"L’intérêt général doit primer sur l’intérêt particulier !"
"Une véritable démocratie a besoin d’une presse indépendante !"
"Les banques désormais privatisées se montrent d’abord soucieuses de leurs dividendes, et des très hauts salaires de leurs dirigeants !"
Comme c’est ma semaine de bonté, je ne citerai pas toutes les autres portes ouvertes et défoncées que franchit notre idole. Je terminerai sur celle-ci : "Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie."
On pourrait aussi parler d’un début de dictature financière créée par des pays comme, par exemple, la Chine où l’absence de lois de régulation sociale et une pression monétaire, due à sa dynamique progression industrielle, forment une menace plus grande que celle de Wall Street. Vous avez entendu parler du "Petit livre rouge" d’un certain Mao ? La Chine a réussi le miracle d’hériter des pires maux du capitalisme et du communisme. Un beau mariage de déraison.

Je continue d’éplucher la Bible des bobos.
Le tract intitulé "Indignez-vous !" continue à dérouler ses banalités. Je passe rapidement sur le noble désir de l’ami Hessel de voir la France en modèle de démocratie. Elle se doit d’avoir une presse indépendante, dit Hessel. Elle l’est, non ? La preuve ? Sans les subventions de l’État, bon nombre de nos quotidiens n’existeraient plus.
Sur l’école, Monsieur-je-sais-tout approuve le rejet par certains enseignants de la réforme de l’Éducation nationale en 2008. Sais-tu Stéphane – j’ai décidé de te tutoyer en tant qu’ancien déporté – que dans un pays de droit, la référence reste la loi, votée par un Parlement librement élu ? Nous ne vivons pas une période insurrectionnelle. Puisque tu parles de "la liberté incontrôlée du renard dans le poulailler", j’aimerais compléter ta citation. Elle est de Larcordaire qui affirmait que : "Dans une société inégalitaire, c’est la liberté qui opprime et la loi qui protège !" Sans la loi, c’est le bordel intégral, citoyen Stéphane, le sais- tu ? Même les anars en possèdent une : ne pas avoir de lois...
Sur la Résistance, tu écris : "La Résistance propose : une organisation rationnelle de l’économie… etc." Je crois, mon cher Hessel, que la lutte contre le fric n’était pas son but premier. En 1942-1943, ne comptait que l’ambition de survivre. Entre les bombardements, les Gestapos françaises et allemandes, la Milice, les Doriotistes, les adeptes du Francisme de Bucard et autres jobardises kollabos du même genre, s’occuper de problèmes économiques relevait d’un autre univers. Était en jeu un problème de vie au quotidien pour une dignité justement revendiquée dans un pays libre sans police stipendiée et sans occupants. Les maquisards n’étaient pas des indignés mais, dans leur immense majorité, seulement des jeunes hommes avides de vivre. La perspective d’aller travailler chez les nazis, sous les bombes alliées, à plus fait pour le recrutement maquisard que l’indignation ou le patriotisme.
Tu écris : "... tout ce qui est souhaitable est possible !" Non ! La guerre se serait terminée bien plus tôt si mon vœu de voir crever les SS, les Kapos et tout ce qui touchait à l’ordre brun s’était réalisé. Tu te dis hégélien... Je veux te faire part d’un scoop : Hegel est mort, l’histoire n’a aucun sens comme nous l’avons cru, mais correspond à ce que les scientifiques affirment : c’est "le hasard et la nécessité" qui commandent la destinée humaine et ils ne mènent pas fatalement à "un cheminement irrésistible de catastrophe en catastrophe" comme le croyait ton ami Walter Benjamin. À son propos, pourquoi passes-tu sous silence le travail prodigieux accompli, en 1940, par Varian Fry pour sauver les artistes et autres persécutés ? Parce qu’il était américain ? Fry a tout fait pour aider Benjamin lors de son passage en Espagne. Les choses ont, hélas, mal tourné. Fry était un indigné, un vrai !
Tu poses, parfois, une bonne question. "Qui commande, qui décide ?" Et naturellement, tu réponds par un lieu commun : "Je dis aux jeunes : cherchez un peu, vous allez trouver." Applique ta maxime au problème de l’emploi...
Je passe sur ton analyse de la richesse et de la pauvreté. On pourrait remonter à l’Antiquité et se heurter à "l’immense écart qui existe entre les pauvres et les riches", encore que pour toi, en bon tiers-mondain, le problème ne se pose que pour ceux qui gagnent à peine deux dollars par jour. Je ne serai pas méchant et je ne te demanderai pas à combien se monte ta retraite de diplomate.
Arrive le chapitre de ton activité à l’ONU, ce "machin" comme disait le Grand Charles. Là, nous nous rejoignons. Toi, tu travaillais dans cette énorme bâtisse plantée sur l’East river, et moi je la fréquentais en 1970 lors du seul voyage que j’ai fait aux USA. J’y allais régulièrement car c’était un des très rares endroits new-yorkais où je trouvais des Gitanes- filtres, dont je fumais, à l’époque, trois paquets par jour. Ce qui prouve bien que l’ONU est un "machin" utile et que tabac ne tue pas toujours.
Restons à l’ONU. J’aimerais savoir quel a été ton rôle exact dans la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Tu oses écrire : "Je ne saurais oublier, dans son élaboration, le rôle de René Cassin, etc." Comme disait un de mes instits à l’école communale : "Mon petit, tu as un culot qui frise le toupet !" Cassin, le juriste n° 1 de la France libre, a été l’instigateur et l’architecte de ce texte. Tous les travaux d’historiens le confirment. Qu’as-tu fait, toi, dans cette affaire ? Peut-être, après tout, as-tu tapé à la machine ces lignes révolutionnaires ? De toute façon, l’ONU s’est déshonorée en intronisant récemment un membre de la famille Kadhafi à la présidence de la commission des droits de l’homme. Tu as sûrement entendu parler de ce célèbre démocrate, dont les honnêtes fonctionnaires de l’ONU découvrent cinquante ans après qu’il a fait abattre l’avion de l’UTA, celui de Lockerbie, qu’il a kidnappé des infirmières, emprisonné des négociants suisses, tué, torturé, abruti son peuple avec ses délires. Peux-tu m’expliquer le pourquoi de cette nomination ?
Pour en finir avec les fonctionnaires (car ils ne sont que ça !) onusiens, tu t’extasies sur un de leurs avatars : les ONG.
1. Organisation Non Gouvernementale… Tu parles, Stéphane ! Aucune ne peut tenir financièrement sans l’aide d’un gouvernement.
2. Elles prétendent être "agissantes et performantes" selon tes propres termes, alors qu’elles ne représentent qu’elles-mêmes.
3. Instruments inconscients d’un néo-colonialisme anonyme, elles ne servent que de pansements aux blessures du tiers-monde. C’est bien, c’est charitable de développer l’enseignement, d’apporter des soins, etc. dans les coins le plus démunis de la planète, mais cela ne sert à rien si on pratique dans des déserts sans infrastructures techniques, morales, ouvertes à tous.

On en arrive à l’évènement clé de ta brochure : ton indignation à propos de la Palestine.
J’ai eu l’impression, après avoir pris connaissance de cette noble colère, que toute ton indignation ne sert en fait qu’à envelopper ce produit : la Palestine ou plutôt Israël.
Je reprends, dans l’ordre, ce que tu écris.
"Ce conflit est la source même d’une indignation." Qui a dit le contraire, ami ? Enchainer avec l’alibi du juge Goldstone est une malhonnêteté intellectuelle. Ce n’est pas la seule. Ce magistrat vient de faire machine arrière et a reconnu que lorsqu’il a donné son avis sur l’affaire de Gaza, il n’avait pas eu toutes les données de l’affaire. Je viens de lire sur Internet que le 2 avril 2011, il déclare dans une tribune du Washington Post : "Ce que nous savons aujourd’hui, n’a plus rien à voir avec ce que nous savions à l’époque." Il renvoie maintenant les deux boxeurs dans leur coin respectif.
Abordons ton problème, car tu en as un comme nombre de pourfendeurs des Israéliens. Certains (je crois sincèrement que cela ne te concerne pas) camouflent un antisémitisme plus ou moins conscient en s’abritant derrière un mythe : le sionisme. Ils sont antisionistes pas antisémites. Forcément ! La honte d’Auschwitz pèse encore sur certaines épaules sans empêcher certains juifs d’être de ce bord. Le masochisme existe chez tous les peuples. Or, vous semblez tous ignorer que le sionisme n’existe plus. Je ne dis pas une ânerie. Le sionisme a terminé sa course historique. Je crois que certains éclaircissements s’imposent. Quand les Palestiniens en seront conscients et qu’ils comprendront qu’ils ne jetteront pas les juifs à la mer, la paix sera enfin possible. Ni toi ni les soi-disant défenseurs de la Palestine n’avez pas la moindre idée de ce que le sionisme a représenté pour les juifs d’Europe de l’Est. Une colossale espérance, voilà ce qui a été ressenti à l’origine. Je précise que les Palestiniens devraient se méfier d’abord de leurs amis. "Seigneur, gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge !" Vieux diction. Chacun sait que c’est avec ses ennemis que l’on fait la paix… Tu vois, je deviens comme toi et j’enfonce, aussi, une porte ouverte.
En parlant des protecteurs des Palestiniens, je repense à ce que Churchill disait d’André Maurois. Cet écrivain, un peu oublié aujourd’hui, académicien bon teint, avait fait sa carrière sur des romans très anglomanes – Les silences du colonel Bramble, etc. En 1940, Maurois rejoint les États-Unis et adopte une position ambiguë à l’égard des gaullistes. Le vieux dogue anglais dit alors en parlant de l’écrivain : "Nous pensions avoir un ami, nous n’avions qu’un client !"
Palestiniens, faites attention ! Vous risquez de faire la même découverte, vous avez une clientèle innombrable et courrez vers la même déception. Et gare à vous si par malheur on trouve du pétrole du côté de Jéricho !
Ce sont les soi-disant pays frères qui ont causé le plus de morts dans vos rangs. Pour n’en citer qu’un, Septembre noir, ça vous dit quelque chose ? Ce jour-là, on a vu des Palestiniens se réfugier en Israël pour échapper aux tueries fraternelles. Les Syriens massacrent les opposants au gouvernement, le sais-tu ? Où est ton indignation ? Où est la flottille de secours ? Et n’oublie pas, citoyen Hessel, que la Transjordanie (création britannique), devenue la Jordanie, n’est, elle aussi, qu’une partie de la Palestine turque.
Ce n’est pas la Palestine qui intéresse vos amis, c’est la destruction d’Israël. Comment ? Voilà des hommes qui ont traversé vingt siècles d’expulsions, de massacres, d’humiliations, de calomnies, et ils osent réclamer le droit accordé à tous les peuples d’avoir une nation à eux ? Intolérable, mon cher Watson ! Intolérable !
La Palestine... Le mot fait bander tous ceux qui ne connaissent pas l’Histoire. Oh ! de combien d’orgasmes, de jouissances de tous genres ce mot n’est-il pas responsable ? Grâce à des hommes comme toi, Hessel, on a sanctifié un État qui n’est, en gestation, ni meilleur ni plus mauvais qu’un autre. Je me demande ce que le Pape attend pour canoniser ce pays.
Attention, monsieur Hessel, tu commets une immense erreur en pensant que les juifs d’aujourd’hui sont les mêmes que ceux des siècles précédents. En dehors de la Shoah, évènement hors norme, deux autres faits fantastiques ont eu lieu dans l’histoire du judaïsme :
1. Massada, en 73 après J.-C.
2. La révolte du ghetto de Varsovie en avril 1943.
Deux incroyables suicides collectifs. Durant l’insurrection de 1943, les squelettes encore vivants, mal armés mais armés, sont morts sous les applaudissements enthousiastes des Polonais sortant de la messe pascale et qui ont assisté, du haut de la passerelle surmontant la ville en ruines, à la mort des ennemis de leurs ennemis.
Rappelle-toi une conversation, paraît-il authentique, entre Mao (tu sais bien… l’homme au "Petit livre rouge") et Kroutchev (le gars à la godasse).
"Mao : L’impérialisme américain est un tigre de papier !
Kroutchev : C’est vrai, mais le tigre de papier a des crocs atomiques. Ne poussez pas les Israéliens au désespoir. Devenu “le juif des nations”, si Israël doit en arriver là, alors, mon cher ami, comme diraient les croyants de toutes obédiences : “Que Dieu garde !”"

Indignez-vous ! Gaza est le centre du monde. Indignez-vous, c’est un ordre ! Mais fermez les yeux !
Les peuples éthiopiens et érythréens s’étripent joyeusement.
Au Nigéria, les nordistes musulmans tuent les sudistes chrétiens.
Au Soudan, les animistes sont joyeusement massacrés.
En Égypte, on incendie les églises chrétiennes du rite copte.
En Irak, les chrétiens installés depuis deux millénaires dans le pays se font tuer.
Le Rwanda ? Tu connais ? Un truc raté, on n’a pas atteint le million de morts. On s’est arrêté à seulement huit cent mille.
Les Russes assassinent joyeusement les Tchétchènes et leurs voisins sont sur le pied de guerre.
Pakistanais et Indous s’entretuent par épisodes à propos du Cachemire.
Au Tibet, les Chinois intouchables, ce ne sont pas des Sri-lankais ou des Indonésiens, étranglent les Tibétains.
Je passe sur ce qui se passe dans l’Est africain, au Zimbabwe, en Côte d’Ivoire, en Guinée Bissau.
Tout le monde s’en fout. Pas s’il s’agit de Gaza ! C’est le Dantzig du XXIe siècle. Tous les intellos de la rive gauche sont prêts à mourir pour cette ville.
Etc.
Etc.
Etc.
Vieille habitude, le Vatican se tait...
Seul Israël et ses sept millions d’habitants focalisent l’énergie des médias, des politiques, de tous les m’as-tu-vu de la planète. Sept millions… sur sept milliards d’habitants, soit 1 ‰ de la population mondiale.
Incorrigibles, ces juifs... faut toujours qu’ils se mettent en avant !

Si l’Église s’en mêle, on aura un jour férié de plus : la Saint-Palestine. Journée œcuménique bien sûr. En oubliant la pourriture de certains de ses dirigeants. Je ne mets pas dans le même sac le Palestinien qui, en 1948, a été obligé de quitter sa maison sans comprendre ce qui lui arrivait, et certains politicards. Je repense au fondateur de l’OLP, l’ineffable Ahmed Choukeiry, qui combattait vaillamment les Israéliens dans les bordels de Beyrouth et du Caire.
Vient ensuite Arafat. À sa mort, le magazine américain Forbes estimait que sa fortune était la septième ou la neuvième du monde. Je n’ai plus le chiffre exact en tête et je n’ai pas envie de faire des recherches sur ce point, mais je crois que je suis dans le vrai. Pour mémoire, Arafat était un chimiste, au Caire, qui vivait avec un salaire égyptien, évidemment pas au même niveau que celui de madame Bettencourt. Félicitons cet homme de biens, sans oublier les Caisses d’épargne égyptiennes, pour la bonne gestion de ses dépôts. Dis-moi si je me trompe, ami, c’est bien dans les caisses d’épargne qu’Arafat déposait ses modestes avoirs, non ?
Sans la déliquescence de ces hommes, sans l’intérêt et les intérêts que certains tirent de cet effroyable conflit, le problème serait réglé depuis des dizaines d’années. Mais rien ne presse, les Européens, les Américains continuent à payer. À vos poches, citoyens ! Il faut aider un peuple en détresse. Et, en vérité, il est en détresse. Reste à savoir qui est le véritable responsable de ce gâchis.

Revenons à la fin du sionisme.
Né à Paris, il a terminé sa course après la guerre des Six Jours. Il est évident que jamais Eretz Israël ne retrouvera ses limites bibliques, jamais. Pas question d’aller jusqu’à Ur, patrie d’Abraham.
La création et l’existence d’un État juif est contraire à toute logique politique, religieuse, économique, militaire. Pour qu’une telle idée prenne forme, il a fallu les pogroms utilisés comme moyen de gouvernement par les tsars pour en arriver là. Lassés de voir les juifs spoliés, volés, tués, un beau jour, en 1898, un homme (T. Herzel) a dit : "Stop ! Fini de porter la rouelle en France imposée par Saint-Louis ou le chapeau jaune obligatoire en Allemagne, assez des ghettos même s’ils sont vénitiens d’origine, assez de voir les femmes violées, les enfants massacrés." Tu as été déporté, Hessel... N’as-tu jamais entendu parler des SS fracassant le crâne des bébés juifs sur l’encoignure des maisons ? Je ne te demande pas d’attendrissement, mais d’admettre qu’il fallait que cela cesse.
À propos de la rouelle, durant l’Occupation à Paris, lorsque le port de l’étoile jaune fut imposé aux juifs de France, le capitaine Sézille, antisémite notoire, a déclaré pour justifier cette mesure moyenâgeuse : "Si les juifs étaient de couleur bleue, on ne serait pas obligé de leur faire porter un signe distinctif !" Belle justification, comme tu le vois, des théories délirantes des nazis à propos des races.
Aujourd’hui, l’étoile figure sur le drapeau israélien, mais elle est de couleur bleu et l’hymne national s’appelle Hatikvah, l’espérance. Comme les résistants du ghetto de Varsovie qui chantaient : "Ne dis jamais que tu parcours ton dernier chemin..." L’espérance... la projection dans le futur, c’est ça le judaïsme et pas le culte de la carpe farcie ou un ramassis de recettes de cuisine datant de la préhistoire.
Ben Gourion a déclaré un jour : "Ici, en Israël, celui qui ne croit pas aux miracles n’est pas un réaliste."
Israël existe et ce n’est pas un miracle mais la concordance d’évènements historiques qui se sont imbriqués les uns dans les autres. Certains "sionistes" avaient pensé à l’Ouganda pour la création d’un État juif. Mais le Temple n’était pas à Kampala. Jérusalem s’imposait. Le problème du retour à Jérusalem n’était pas politique mais mythique et mystique. Tu es un lettré, Stéphane, tu connais donc le fameux : "Que ma main droite se dessèche si je t’oublie Jérusalem !"
Mieux, la prière de la Pâque se terminait pas cette phrase : "L’an prochain à Jérusalem !" J’ignore si elle fait toujours partie du rituel. Ces mots ont été répétés dans chaque famille pendant près de vingt siècles, 2000 ans, et tu veux que cela ne laisse pas de traces ?
Je suis un Français, juif, athée, non sioniste. Israël n’est pas ma patrie mais je suis membre à part entière du peuple juif, de ses grandeurs, de ses faiblesses et de ses hommes fabuleux dans le domaine de la pensée, en vrac : Moïse, Jésus, Maïmonide, Spinoza, Marx, Freud, Kafka, Einstein et autres… Par modestie, je n’ajouterai pas : "Et moi !" Je ne t’alignerai pas la liste des Nobel obtenus par les youtres, les youdis, et autre amabilités du même style. La page n’y suffirait pas. Je reste un juif, plus exactement attaché au yiddishisme des youpins polonais, cette fantastique culture dont il ne reste que des cendres.
Je n’ai jamais confondu peuple et nation. Je serai solidaire des Israéliens tant qu’ils seront menacés et resterai juif tant qu’il y aura un abruti antisémite dans le monde. Retour au sionisme : Tu n’ignores pas que le commencement du peuplement juif en Palestine contemporaine (car il y a toujours eu des juifs en Terre sainte) a débuté lorsque les effendis turcs ont vendu leurs marécages de Galilée aux premiers sionistes. Pour l’Empire ottoman, la province palestinienne ne présentait aucun intérêt. Dans La Tour d’Ezra d’Arthur Koestler, les pionniers (c’est ainsi qu’on les appelait) chantaient : "Nous refleurirons la Galilée !" Je n’ai fait qu’un voyage en Israël, c’était en 1968, un an après la guerre des Six Jours, et j’ai vu que la Galilée était en fleurs. Des plantations d’eucalyptus contribuaient encore à maintenir les marais à sec. Si les frères de Bagdad, ou d’ailleurs, avaient une autre vision de la vie, ne crois-tu pas que Gaza serait, elle aussi, aujourd’hui, un jardin fleuri ?
Je ne vais pas continuer mon cours d’histoire.
Tu sais fort bien que la crise du Moyen-Orient a été fomentée, après la Seconde Guerre mondiale, par le Royaume-Uni, soucieux de défendre ses routes stratégiques et de conserver les pétroles irakiens et iraniens encore sous sa dépendance. Rappelle-toi que tout a commencé pendant le conflit 14/18, lorsqu’en 1916 (à cette date rien ne dit que l’Allemagne ne sera pas le vainqueur de la tuerie) les accords secrets Sykes-Picot transforment en confettis les pays du sud de l’Empire ottoman. L’année suivante, arrivent la déclaration Balfour et la promesse britannique de créer, en Palestine, un foyer national juif pendant que Laurence essaye de créer un royaume arabe. Bonjour, les dégâts... Là aussi les pétroliers pointent leurs nez. L’"Irak Petroleum", compagnie créée après la Première Guerre mondiale, avait la composition suivante : environ 73 % à la Grande- Bretagne, 22 % à la France, sans oublier les 5 % de monsieur Gulbenkian pour son rôle d’intermédiaire.
L’État d’Israël, dans cette conjoncture, était un os intolérable dans les intérêts british. Tu connais la suite. On est encore en plein dedans. Et tout le monde a intérêt à ce que cela dure, les pétroliers, les marchands d’armes, les lumières au racisme sélectif, les agités des médias, etc. sans parler des saints dirigeants de la Palestine.

Nous en arrivons à tes voyages à Gaza. Je te signale que tout le monde ne rapporte pas exactement la même vision que toi de ce territoire. Il est évident que ce n’est pas un pays de Cocagne mais ce n’est pas non plus le bidonville que tu décris ou plutôt une prison à ciel ouvert.
Stimulus : L’État juif est proclamé.
Réponse : Sous l’impulsion britannique, la Légion arabe, formée, commandée par des Anglais, entre en guerre contre lui avec l’appui de l’Égypte, du Liban, de la Syrie, de l’Irak, sans compter l’Armée de libération arabe.
Diagnostic : En refusant le plan de partage de l’ONU, les Palestiniens sont condamnés à un exode dont les "pays frères" sont responsables. Je pèse mes mots : ce sont les radios arabes des pays voisins qui ont demandé aux Palestiniens de quitter leurs maisons en leur promettant un retour dans les deux semaines suivantes.
Je n’oublie par Deir Yassin et la tuerie dont l’imbécilité de l’Irgoun est la cause. On chiffre le nombre de victimes à environ deux cents personnes. Je ne suis pas comme toi lorsque tu écris à propos de la récente opération "Plomb durci" : "On nous a confirmé [à Gaza] qu’il y avait eu mille quatre cents morts arabes contre seulement cinquante blessés côté israélien." Te rends-tu compte à quel point ce "seulement" est odieux, monsieur l’humaniste ?
Deir Yassin est pire qu’un crime, c’est une faute, pourrais-je dire en plagiant Talleyrand, et je comprends que l’on puisse parler d’un acte terroriste.
Pour moi, le terrorisme n’est pas monolithique et je fais une différence entre l’Irgoun qui se bat pour bâtir une nation et Al-Qaïda dont l’objectif n’est autre que l’imposition de la charia au monde entier. Pourquoi n’as-tu jamais parlé des tours jumelles de New York, mon cher Hessel, pourquoi ?

Retour à Gaza.
J’adore ta description du lieu lorsque tu évoques l’amour des Gazaouis pour "la mer et les plages". C’est beau… on croit entendre Trenet ajouter : "le long des golfes clairs"... Ne manquent plus que des chaises longues pour en faire un club de vacances alors que cette ville vit un drame permanent du fait, avant tout, des fameux pays frères.
Les enfants de Gaza t’attendrissent ? Là, je te comprends. Mon plus grand stress moral auchwitzien vient du jour (en août 1944) où j’ai vu, à Birkenau, les bambins du ghetto de Lodz aller vers les chambres à gaz. De cet instant, j’ai gardé une haine sans nom pour tous ceux qui touchent à un enfant, de quelque façon que ce soit.
Tu parles de trois millions de réfugiés palestiniens. Je ne mettrai pas ton chiffre en doute, je ne possède qu’une seule donnée au sujet des réfugiés, un seul nombre : ils étaient environ sept cent mille lors de ce qu’ils appellent "la catastrophe". Je peux comprendre le terme. Pour eux, c’en était une. Ils n’avaient pas de responsabilités dans les pogroms ou dans la Shoah. Mais l’homme propose et l’Histoire dispose. C’est ici et maintenant qu’il faut reprendre le problème, pas s’attarder en 1948.
Donc, sept cent mille réfugiés qui vont évidemment se reproduire.
Là intervient ta seconde malhonnêteté intellectuelle. Tu ne parles pas des sept cent mille juifs chassés d’Égypte, de Syrie, d’Irak, etc.
Israël a fait l’effort colossal de les intégrer. Qu’ont fait les pays arabes pour les leurs ? Après la débâcle arabe de 1948, Gaza tombe sous la coupe de l’Égypte et Nasser, ce fin politique, va laisser croupir les réfugiés dans la misère avec l’espoir de s’en servir comme d’une monnaie d’échange ou un moyen de pression. Les Syriens, les Libanais, les Jordaniens font de même. Encore aujourd’hui, au Liban par exemple, un Palestinien ne peut pas acquérir la nationalité libanaise et sortir de son camp qu’il s’appelle Sabra, Chatila ou Tel El Zaatar. Je te rappelle que les auteurs du massacre de Sabra et Chatila sont les miliciens chrétiens.

Il suffirait d’un tout petit effort de ta chère ONU pour que les milliards détournés et planqués par les roitelets du Moyen-Orient, et autres profiteurs de la tragédie palestinienne, servent enfin à quelque chose, entre autres à redonner aux réfugiés une raison d’espérer. Mais je crois que c’est trop de demander cela à tes amis.
J’adore ton analyse sur la violence. Vive la non-violence systématisée. J’entends très bien Gandhi, sur l’escalier de Mauthausen ou dans un des tunnels de Dora, dire aux SS : "Oh, vilains ! Ce n’est pas bien ce que vous faites !"
Explique-moi, Stéphane, qui est pour la violence ? Roquettes sur des villes israéliennes... Réponse au canon... Tu crois vraiment que ça peut encore durer longtemps ? Nous n’avons, toi et moi, aucun pouvoir, mais je crois que ton comportement, au nom de la sacro-sainte charité, ajoute de l’huile sur le feu. J’ajoute que j’ai beaucoup aimé ton "... il ne faudrait pas ex-aspérer, il faudrait es-pérer !" Si tu mêles Lacan au conflit palestinien, tu vas faire le bonheur des coupeurs de cheveux en quatre, tu vas exciter Saint-Germain-des-Prés et tu ne résoudras rien mais tu deviendras célèbre chez les branchés, câblés et autres hommes attachés aux apparences, un décor humain pour masquer le néant qui les entoure.
En déportation, nous avons été supérieurs aux éphémères, ces insectes qui vivent une vie complète en une journée. Notre vie entière pouvait se résumer à une minute. Chaque instant vécu pouvait résumer toute la vie de n’importe quel humain.
Tu as été déporté, tu sais donc qu’il existe un point commun entre un affameur et un affamé : la faim. Quel est le point commun entre un oppresseur et un opprimé ? Qui est l’oppresseur ? Celui qui pose les bombes ou celui qui crève lorsqu’elles explosent ?
Je ne parlerai pas de ton dernier chapitre, "Pour une insurrection pacifique".
Tu en connais des révoltes paisibles ? Je suis sûr que tu n’ignores pas la phrase de Mao ou de Lénine (je ne sais plus et n’ai pas envie de chercher) : "La révolution n’est pas un dîner de gala", etc.
J’arrêterai là cette lecture insipide.

J’en arrive à la postface de l’éditeur.
Je ne discuterai pas ton travail dans la Résistance. Tu étais au sommet, au B.C.R.A. Pour ma part j’étais, à Grenoble, à la base, un résistant lambda. Mais je me sens heureux lorsque je sais qu’en faisant un boulot modeste, j’ai contribué, à mon échelle, à emmerder les nazis. Sur les cinq communes françaises Compagnons de la Libération, le Dauphiné en compte deux : Grenoble et Vassieux-en-Vercors. Encore là, tu m’épates. Dans un de tes bouquins, tu dis : "... j’ai donc monté une mission pour moi-même (1)..."
Là, tu m’apprends quelque chose, j’ignorais qu’au B.C.R.A chacun décidait seul de ce qu’il avait à faire.
Autre chose, ton arrestation. Tu écris, toujours dans "Citoyen sans frontières", que le jour de ton arrestation tu avais "... rendez-vous avec douze types à douze coins différents de Paris..." Si je compte deux heures par rencontre (trajets et entretiens), je ne peux que t’exprimer mon admiration : quand dormais-tu ? Je comprends qu’avec pareille résistance physique, tu sois arrivé à ton âge vénérable.

Je passe sur tes interrogatoires. Être nu, devant quatre hommes armés d’une matraque, je sais ce que c’est. Être ficelé au-dessus d’une baignoire remplie d’eau dégueulasse, je connais aussi. Ce qu’on ressent, la tête dans l’eau, les fesses nues face aux tortionnaires qui tapent sur tout ce qui émerge de la flotte n’est pas une chose inconnue pour moi. Je ne parlerai pas de l’étouffement, de la sensation de mort imminente qui monte en toi lorsque tu te noies.
Ta déportation m’intrigue. Tu cites "Les Bienveillantes" comme bouquin de référence. L’auteur n’étant pas un déporté n’a pu faire que de la compilation. Aucun intérêt, il n’a pas de souvenirs...
Mon convoi s’est baladé durant onze jours à travers la France et l’Allemagne. Comme toi, j’ai connu la crasse, la promiscuité, la peur et l’angoisse. Une chose m’intrigue dans tes aventures, et j’aimerais que tu éclaires ma lanterne sur tes évasions en déportation.
Je vais au préalable te raconter une anecdote authentique.
C’était à Marrakech en 1982. J’étais en vacances et j’attendais la navette qui devait ramener un petit groupe, dont j’étais, à l’hôtel. Durant ce séjour, j’avais rencontré un homme extraordinaire : Pierre... un médecin breton, déporté comme résistant à 18 ans. En attendant le bus, il m’a raconté comment un jour, à Saxo (2), il a fait la queue pour être pendu. À la suite d’une évasion, pour décourager d’autres candidats à la belle, les SS avaient décidé de pendre dix pyjamas. Pierre faisait partie du lot. On en pend un, deux... Et, miracle... Fliegeralarm ! Alerte aérienne. Le seul événement craint par les tueurs d’Himmler. Les exécutions s’arrêtent, tout le monde, gardes compris, court se mettre à l’abri.
Liens défaits, Pierre et les autres retrouvent une brève liberté. L’alerte se termine. Que font les SS ? Ils reprennent le nombre de déportés manquant pour arriver à dix et les pendent.
Toi aussi, tu t’es évadé. J’aimerais te féliciter pour ta chance. Ne pas être pendu après une évasion manquée d’un camp nazi est une chose fantastique. Ton éditeur décrit l’échange d’identité avec un mort, échange qui te sauve la vie. Semprun, me semble-t-il, raconte une histoire semblable. Félicitations : il fallait que tu sois un personnage considérable pour que l’organisation clandestine de Buchenwald te protège avec les risques que cela comportait. Tu étais gaulliste, eux appartenaient au Parti communiste clandestin depuis 1939.
Tu es transféré en usine. Nouvelle évasion. Repris, tu atterris à Dora- l’effroyable. Tu es affecté à la compagnie disciplinaire (3) et tu repars dans la nature. Là, tu deviens, pour moi, le Latude de la déportation. Pour ceux qui ne prennent pas leurs infos uniquement sur Médiapart, je précise que Latude est un aventurier du XVIII e siècle qui, pour un complot imaginaire contre la Pompadour, a passé trente-cinq années de sa vie en prison. Enfermé, il s’est évadé successivement de Vincennes, de la Bastille, de Charenton et de Bicêtre (4). Il file de la Bastille en fabriquant une échelle faite des fibres de ses vêtements (qu’il possédait dans une malle) avec des échelons créés dans le bois qu’il prélève sur les bûches de chauffage (5). On peut, paraît-il, la voir au musée Carnavalet à Paris.

J’arrête ici ma polémique avec toi. Tu m’épates vraiment. Tu te bats pour tes idées, bravo ! Mais fais-le en respectant les faits et en ne prenant pas tes désirs pour des réalités. Les Palestiniens ne sont pas tous des anges et les Israéliens pas tous des salauds. Avec ton vécu, tu devrais nuancer. Par pitié, cesse de faire partie de ceux que le génial, infâme et ordurier Céline appelait "les agités du bocal"... Tu vaux certainement mieux que ça. Fais-le, sinon c’est moi qui vais m’indigner.
Je te salue comme le faisaient les déportés : Servous, camarade !

Joseph Bialot, B 9718 à Birkenau,
193 143 à Auschwitz I

PS : Deux erreurs visibles dans tes souvenirs. Pierre Brossolette n’a jamais été le chef du B.C.R.A. (page 27 de ton chef-d’œuvre).
Le coup de main des Britanniques sur Dieppe a eu lieu en 1942 et pas en 1943.

(1) Citoyen sans frontières, Éditions Pluriel, 2008-2010.
(2) Sachsenhausen pour les non-initiés. J’ai repris ce "souvenir" dans un de mes bouquins mais j’ai oublié lequel.
(3) Straffkommando. Kommando disciplinaire SS. Il existe une énorme littérature sur les camps, je n’ai jamais rien lu sur les kommandos punitifs des SS. Je remercie d’avance celui qui m’indiquera un titre sur cet aspect de la déportation que je ne connais pas.
(4) Source : Le Robert encyclopédique des noms propres.
(5Source : Internet.

-------------------

23:00 Publié dans Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (8) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

24/11/2011

Que des bonnes Nouvelles !

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

 

En Israël, Salomon est assis à la terrasse d’un café, en train de lire un journal en arabe.

Moshé, un de ses amis qui se trouve dans la même brasserie, remarque cet étrange phénomène. Très contrarié, il s’approche de lui et dit :


« Salomon, avez-vous perdu votre esprit ? Pourquoi vous lisez un journal arabe ? »

- Salomon répond :

« Avant je lisais les journaux juifs, mais qu’ai-je trouvé ?

Juifs persécutés,

Israël est attaqué,

les Juifs disparaissent par l’assimilation,

les mariages mixtes,

et les Juifs vivent dans la pauvreté en Israël.



 Donc je suis passé au journal arabe

Maintenant je trouve : Les Juifs possèdent toutes les banques,

les Juifs contrôlent les médias,

les Juifs sont tous riches et puissants,

les Juifs gouvernent le monde,

50 % des «prix NOBEL» dans le monde ont été attribués à des Juifs...


Dans ce journal je ne trouve que de bonnes nouvelles !!! »

 

07:00 Publié dans Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05/11/2011

Golda Meir

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

 

« Nous pouvons pardonner aux palestiniens de tuer nos enfants, mais nous ne pourrons jamais leur pardonner de nous obliger à tuer leurs enfants. La Paix viendra quand les Arabes aimeront leurs enfants plus qu'ils ne nous haïssent. »

Golda Meir

07:00 Publié dans Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/01/2011

"Portrait de l'antisémite", par XP

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

Je vous invite à lire, toute affaire cessante, cette contribution de l'ami XP pour le site I Like Your Style  qui va encore donner des furoncles à Alain Soral, Dieudonné M'bala M'bala et Houria Bouteldja. Et moi ça me met la banane lorsque Soral, Dieudo ou Houria se chopent des furoncles à cause de l'intelligence d'un texte. Sorry, no offense. Et je dirai même, don't worry, be happy...

---------------------------------------------

 

Tous les dimanche matin, je me délecte.

J’écoute la tranche juive des émissions religieuses, sur la radio d’État France Culture,… Vous voulez entendre un extrait ? Le voici :

Un Rabbin :

-- Vous savez, ça fait vingt ans que j’étudie la Torah et le Talmud, et je crois que nos textes sacrés n’ont pas la moindre portée spirituelle, que leur intérêt n’est pas là… 

Un autre Rabbin (Il claque des mains comme un enfant) :

-- Mais c’est fantastique, ce que vous nous dites-là, continuez, continuez!

Le premier Rabbin (son air s’est assombri) :

--Je suis désolé, mais l’honnêteté m’oblige à modérer votre enthousiasme… Je vous rappelle que je suis Rabbin comme vous, et que ma lecture de nos textes est donc celle d’un juif pratiquant…

Le second Rabbin :

-- Ce n’est pas grave, continuez, continuez, mon cher ami !

Le premier Rabbin :

-- Ce n’est pas en athée qu’il m’a été donné d’approcher quelques uns des mystères de nos livres, je n’ai pas cet honneur…

Le second Rabbin :

- Tant pis ! ce n’est pas grave, continuez…

Aussitôt après avoir entendu ce genre de chose, je décroche pour m’accorder une digression et faire l’état des lieux de mon sentiment à l’égard des juifs… Je ne les aime pas spécialement, je n’ai rien contre eux, ne sortant que rarement de chez moi et de mon cercle je les connais à peine, et comme j’ai appris à tenir l’histoire pour une discipline de seconde main, je ne vibre pas spécialement au récit de leurs souffrances passées…. Les juifs, je n’en penserais rien de mal et rien de bien, si ce genre d’échange ne m’apprenait pas que je suis intrinsèquement le contraire d’un antisémite et que cette définition pourrait suffire à tracer dans les grandes lignes mon portrait intellectuel…

En vérité, le Juif aime moins la synagogue que le chemin qui mène à la synagogue. Aux définitions, il préfère les tâtonnements qui conduisent à la définition, et quand il la trouve, il la déchire pour recommencer… Le Talmud n’est fait que de ça, de définitions jetées à la poubelle sitôt la dernière lettre posée…. L’antisémite n’est pas celui qui déteste physiquement le Juif, mais celui qui est épidermiquement étranger à cette tournure d’esprit contre-nature, qui la rejette avec dégoût comme un éléphant repousse une carcasse de viande même quand il est au bord de l’anémie…. Parfois, le dimanche matin, derrière mon poste, je m’amuse à l’imaginer derrière le sien, l’antisémite métaphysique, et je pense à notre Alain Soral… Ce n’est pas n’importe qui, Alain Soral, c’est la Mona Lisa de quiconque veut faire le portrait de l’antisémite de ce début de troisième millénaire et se poser sérieusement la question juive… Le dimanche matin, je le vois suer à grosses gouttes devant la porte d’un cercle qui lui sera toujours fermée, s’affoler, lever le poing, ressentir physiquement qu’il n’est pas né pour l’exercice de la pensée en dépit des tonnes d’ouvrages savants qu’il a gloutonnement avalés dans les bibliothèques…. Il pressent qu’il se trouve par nature du côté de la connaissance et des sourates, qu’il ne s’est jamais informé d’une pensée que pour ne plus avoir à y penser, que la pensée lui pèse autant qu’elle excite nos deux Rabbins dans le poste, qu’il est de la race de ceux qui ont besoin de fixer, d’avoir des repères et des traditions-chaises roulantes, qu’il n’a pas les ailes.

Les faits sont là, le Juif incarne la pensée au marteau, la volonté de déconstruction permanente et cette aptitude à vivre dans l’inconfort, l’antisémite le ressent dans sa chair, et ce n’est pas le juif qu’il déteste mais tout ceux qui ont reçu à la naissance ce don d’aimer déconstruire, creuser et penser toujours. Flaubert disait que la bêtise, c’est de conclure, l’antisémite rêve de conclure, et ce qu’il veut, c’est la destruction de tous ceux qui sont taillés pour ne jamais conclure et dont la seule présence l’empêche de conclure en toute quiétude.

Le Juif affirme être issu du peuple élu, l’antisémite n’aime pas ça, mais ce ne ne sont pas des considérations morales ou le sentiment d’une injustice qui le rebute. Ce qui le rend fou, c’est qu’il s’agit d’une notion profondément irrationnelle, qui échappe à son radar. Pour lui, qui n’est pas fait pour la pensée mais pour les sourates et les définitions, il n’existe pas des peuples mais une notion peuple, un seul peuple multiplié par mille versions identiques, et quand l’antisémite refuse au juif le droit à la spécificité, ce n’est pas le Juif qu’il rejette mais la spécificité.

Les juifs, je ne les trouve ni aimables ni détestables, je les trouve intéressants…. Un peu comme les chinois dont je me moque de ce qu’ils pensent des faces de craie et s’ils seraient prêts à traverser un fleuve à la nage pour me sauver, mais qui me donnent quelque chose quand je les regarde faire… Je me fous que les gens soient câlins, qu’ils soient gentils, qu’ils veuillent vivre avec moi pour me coller, et tous les mongoliens aspirent à faire ça avec le premier venu… Ce que je veux, vraiment, c’est qu’ils me donnent quelque chose quand je les regarde faire… Pour le reste, ce qu’ils font de dégueulasse dans l’intimité d’une chambre ou la façon dont ils traitent leurs mères, la manière dont ils s’arrangent avec leurs petits tas de secrets, qu’un peuple intelligent et créatif soit par ailleurs égoïste et pingre, je m’en fous…. Qu’ils se démerdent avec Dieu, ça ne me regarde pas.

 

 

---------------------------------------------

Source 

---------------------------------------------

21:51 Publié dans Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (19) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/01/2011

"Pourquoi les juifs sont si puissants et les musulmans si impuissants ?" par le Dr Saleem Farrukh.

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

Un article qui va donner des furoncles à Alain Soral, Dieudonné et quelques autres...

Pourquoi les juifs sont si puissants et les musulmans si impuissants ?  par le Dr Saleem Farrukh.
L’auteur est le directeur exécutif pakistanais du Centre pour la recherche et les Etudes sur la sécurité, crée en 2007. Il est donc musulman lui-même. Il est aussi chroniqueur indépendant à Islamabad et, comme vous allez pouvoir le voir, c'est un esprit libre qui n'a pas peur.

----------------------------------------

Il y a seulement 14 millions de Juifs dans le monde, dont sept millions aux Etats-Unis d’Amérique, cinq millions en Asie, deux millions en Europe et 100.000 en Afrique. Pour chaque Juif dans le monde, il y a 100 musulmans. Pourtant, les Juifs sont cent fois plus puissants que tous les musulmans réunis. Vous êtes vous jamais demandé pourquoi ?

Jésus était juif. Albert Einstein, le savant le plus influent de tous les temps que le magazine TIME a désigné comme "personnalité du siècle » était juif, Sigmund Freud, le père de la psychanalyse, était Juif. C’était aussi le cas de Karl Marx, Samuelson Paul et Milton Friedman.

Voici d’autres Juifs, dont la production intellectuelle a enrichi l’ensemble de l’humanité :

* Benjamin Rubin a donné à l’humanité l’aiguille pour la vaccination.
* Jonas Salk a mis au point le premier vaccin antipoliomyélitique.
* Alerte Sabin a développé et améliorée le vaccin antipoliomyélitique.
* Gertrude Elion nous a donné un médicament contre la leucémie.
* Baruch Blumberg a développé le vaccin contre l’hépatite B.
* Paul Ehrlich découvre un traitement de la syphilis (une maladie sexuellement transmissible).
* Elie Metchnikoff a remporté un prix Nobel pour les maladies infectieuses.
* Bernard Katz a remporté un prix Nobel pour ses travaux sur la transmission neuromusculaire.
* Andrew Schally a remporté un prix Nobel en endocrinologie (troubles du système endocrinien, diabète, hyperthyroïdie).
* Aaron Beck a fondé la thérapie Cognitive (psychothérapie pour traiter les troubles mentaux, la dépression et les phobies).
* Gregory Pincus a développé la première pilule contraceptive.
* George Wald a remporté un prix Nobel pour son travail sur la compréhension de l’œil humain.
* Stanley Cohen a remporté un prix Nobel en embryologie (Étude des embryons et leur développement).
* Willem Kolff a crée la machine pour la dialyse rénale.

Au cours des 105 dernières années, 14 millions de Juifs ont remporté 180 prix Nobel tandis que seulement 3 prix Nobel ont été remportés par 1,4 milliard de musulmans (autres que le Prix pour la paix).

 Stanley Mezor a inventé la première puce micro-informatique. Leo Szilard mis au point le réacteur nucléaire de première génération. Peter Schultz, le câble à fibres optiques. Charles Adler les feux de circulation. Benno Strauss l’acier inoxydable. Isador Kisee les films sonores. Emile Berliner le téléphone et le microphone. Charles Ginsburg le magnétoscope.

Les financiers célèbres dans le monde des affaires appartiennent tous à la religion juive, incluant Ralph Lauren (Polo), Levi Strauss (Levi’s), Howard Schultz (Starbuck’s), Sergey Brin (Google), Michael Dell (Dell Computers), Larry Ellison (Oracle), Donna Karan (DKNY), Robbins Irv (Baskins & Robbins) et Rosenberg projet de loi (Dunkin Donuts).

 Richard Levin, président de l’Université de Yale, est un Juif.
 Il en est de même pour Henry Kissinger (secrétaire d’État américain), 
 Alan Greenspan (Président de la Banque fédérale sous Reagan, Bush, Clinton et Bush, Jr.), 
 Joseph Lieberman, Le sénateur, 
 Madeleine Albright (ancienne Secrétaire d’État), 
 Maxim Litvinov (ministre des Affaires étrangères de l’URSS), 
 David Maréchal (le premier ministre de Singapour), 
 Isaacs Issac (gouverneur général d’Australie), 
 Benjamin Disraeli (Homme d’État et auteur), 
 Yevgeny Primakov (Premier ministre russe), 
 Jorge Sampaio (Président du Portugal), 
 Herb Gray (plusieurs fois ministre et Vice premier Ministre du Canada), 
 Pierre Mendes (Premier ministre français), 
 Michael Howard (British Home Secretary), 
 Bruno Kreisky (Chancelier d’Autriche) et Robert Rubin (ancien Secrétaire au Trésor).

Dans les médias, les Juifs célèbres incluent Wolf Blitzer (CNN), 
 Barbara Walters (ABC Nouvelles), 
 Eugene Meyer (Washington Post), 
 Henry Grunwald (rédacteur en chef du Time Magazine), 
 Katherine Graham (éditeur du Washington Post), 
 Joseph Lelyyeld (rédacteur en chef, The New York Times), et Max Frankel (New York Times).

Pouvez-vous donner le nom du philanthrope le plus généreux dans l’histoire du monde ?

Il s'agit de George Soros, un Juif, qui a jusqu’à présent a fait des dons colossaux à hauteur de 4 milliards de dollars ; dont la majeure partie en aide à des scientifiques et des universités de par le monde.
 Le deuxième après George Soros est Walter Annenberg, un autre Juif, qui a construit une centaine de bibliothèques en donnant un montant estimé à 2 milliards.

Aux Jeux olympiques, Mark Spitz a établi un record du genre en remportant sept médailles d’or. Lenny Krayzelburg est médaillée d’or olympique à trois reprises. Spitz, Krayzelburg et Boris Becker (tennis) sont tous juifs.

Saviez-vous que Harrison Ford, George Burns, Tony Curtis, Charles Bronson, Sandra Bullock, Barbra Streisand, Billy Crystal, Woody Allen, Paul Newman, Peter Sellers, Dustin Hoffman, Michael Douglas, Ben Kingsley, Kirk Douglas, William Shatner, Jerry Lewis et Peter Falk sont tous juifs ?

Hollywood a été fondé par un Juif. Parmi les réalisateurs et producteurs, Steven Spielberg, Mel Brooks, Oliver Stone, Aaron Spelling (Beverly Hills 90210), Neil Simon (The Odd Couple), Vaina Andrew (Rambo 1, 2 et 3), Michael Mann (Starsky et Hutch), Milos Forman (Vol au-dessus d’un nid de coucou), Douglas Fairbanks (Le Voleur de Bagdad) et Ivan Reitman (Ghostbusters) sont tous Juifs.

Pour enfoncer le clou, Washington est la capitale qui compte et à Washington, le lobby qui compte, c’est l’American Israel Public Affairs Committee, ou AIPAC. A Washington on sait que si Ehud Olmert devait découvrir que la terre est plate, l'AIPAC ferait adopter une résolution par le congrès afin de féliciter Ehud Olmert.

William James Sidis, avec un QI de 250-300, est le plus brillant homme qui ait jamais existé. Devinez à quelle Foi il appartient ?

Alors, pourquoi les Juifs sont si puissants ?

Réponse : l’éducation.

Pourquoi les musulmans si impuissants ?

On estime à 1,476,233,470 musulmans sur la surface du globe : un milliard en Asie, 400 millions en Afrique, 44 millions en Europe et six millions en Amérique.Un cinquième du genre humain est musulman. Pour chaque hindou, il y a deux musulmans, pour chaque bouddhiste il ya deux musulmans, et pour chaque Juif il y a cent musulmans. Jamais on ne s’est demandé pourquoi les musulmans sont si impuissants ?

Voici pourquoi : Il ya 57 pays membres de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), et tous ensemble ont quelques 500 universités ; une université pour trois millions de musulmans. Les États-Unis ont 5758 universités et l'Inde en a 8407. En 2004, Shanghai Jiao Tong University a compilé les performances des universités dans le monde, et curieusement, pas une université d’un pays musulman ne se trouve dans le top 500.

Selon les données recueillies par le Programme des Nations Unies pour le Développement, l’alphabétisation dans le monde chrétien se situe à près de 90% et les 15 Etats à majorité chrétienne ont un taux d’alphabétisation de 100%.

Un état à majorité musulmane, a en moyenne un taux d’alphabétisation d’environ 40% et il n’y a pas un seul état à majorité musulmane avec un taux d’alphabétisation de 100%.

Quelque 98%des scolarisés dans le monde chrétien terminent l’école primaire, tandis que moins de 50% des « alphabètes » dans le monde musulman font de même.

Environ 40% des « lettrés » dans le monde chrétien fréquentent l’université alors que pas plus plus de 2% des « lettrés » en font autant dans le monde musulman.

Conclusion : le monde musulman pour ce qui est de la diffusion du savoir est dans l'échec.

Les pays à majorité musulmane ont 230 scientifiques pour un million de musulmans. Les États-Unis ont 4.000 scientifiques par million d'habitants et le Japon en a 5.000 par million d'habitants. Dans le monde arabe tout entier, le nombre total de chercheurs à plein temps est de 35.000 et il n’y a que 50 techniciens pour un million d’Arabes (dans le monde chrétien, il ya jusqu’à 1.000 techniciens pour un million d'habitants). En outre, le monde musulman dépense 0,2 pour cent de son PIB à la recherche et développement, tout le monde chrétien consacre environ cinq pour cent de ses PIB.

Conclusion : Le monde musulman n’a pas la capacité de produire des connaissances.

Les quotidiens pour 1000 habitants et le nombre de titres de livres par million sont deux indicateurs pour savoir si la connaissance est diffusée dans une société. Au Pakistan, il existe 23 quotidiens pour 1.000 Pakistanais tandis que le ratio est de 360 à Singapour. Au Royaume-Uni, le nombre de titres de livres par million d’habitants s’élève à 2.000 alors qu’il est de 20 en Egypte.

Conclusion : Le monde musulman ne parvient pas à la diffusion du savoir et de l'information.

Les exportations de produits de haute technologie en pourcentage du total des exportations sont un indicateur important pour l’application des connaissances.

Les exportations de produits de haute technologie du Pakistan s’élèvent à un pour cent du total de ses exportations. C’est pire pour l’Arabie saoudite, le Koweït, le Maroc et l’Algérie (tous à 0,3 p. cent) alors que Singapour est à 58 pour cent.

Conclusion : Le monde musulman ne parvient pas à mettre en application son savoir.

Pourquoi les musulmans sont impuissants ?

Parce que nous ne sommes pas capables de produire des connaissances.

Pourquoi les musulmans sont impuissants ?

Parce que nous ne sommes pas capables de diffuser le savoir.

Pourquoi les musulmans sont impuissants ?

Parce que nous ne sommes pas capables de trouver des applications à nos connaissances.

Et, l’avenir appartient aux sociétés du savoir.

Fait intéressant, le PIB combiné annuel des 57 pays de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) est de moins de 2 mille milliards de dollars. L’Amérique, juste à elle-seule, produit des biens et services pour une valeur de 12 mille milliards de $, la Chine 8 mille milliards de dollars, le Japon 3,8 mille milliards de $ et l’Allemagne 2,4 mille de milliards de dollars (en parité de pouvoir d’achat).

Les pays riche en pétrole à savoir l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Koweït et le Qatar collectivement produisent des biens et services (surtout en pétrole) pour une valeur de 500 milliards de dollars, alors que l’Espagne seule produit des biens et services d’une valeur de plus de 1000 milliards de $, la Pologne catholique de 489 milliards de $ et la Thaïlande bouddhiste de 545 milliards de dollars.

La part musulmane du PIB, en pourcentage du PIB mondial, est en baisse rapide.

Alors, pourquoi les musulmans sont si impuissants ?

Réponse : Le manque d’éducation.

Tout ce que nous faisons c’est prier Dieu toute la journée et blâmer tout le monde pour nos défaillances multiples.

----------------------------------------

Source

23:30 Publié dans Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (44) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/02/2010

Edom Guermania

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

Pourquoi les juifs ont-il été de tous temps attaqués, pourchassés, tués, mis à l'écart, haïs ? Pourquoi Hitler a voulu éliminer le peuple juif ? La réponse de Rav Ron Chaya... à voir absolument et, surtout de bout en bout... subjuguant.

Tout est, déjà, indiqué dans l'Ancien Testament...

Ou téléchargez le fichier "wmv"directement d'ICI

 

Source

21:24 Publié dans Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (3) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/05/2009

"L'horreur et la majesté des exigences infinies, des significations infinies"

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

 

et

 

=--=Publié dans la Catégorie "Friedrich Nietzsche"=--=

 

 

"Ce que l'Europe doit aux juifs ? Beaucoup de choses, bonnes et mauvaises, et surtout ceci, qui appartient au meilleur et au pire : le grand style dans la morale, l'horreur et la majesté des exigences infinies, des significations infinies, tout le romantisme sublime des problèmes moraux, et par conséquent ce qu'il y a de plus séduisant, de plus capiteux et de plus exquis dans ces jeux de lumière et ces invitations à la vie, au reflet desquels le ciel de notre civilisation européenne, son ciel vespéral, rougeoie aujourd'hui, peut-être de son ultime éclat. Nous qui assistons en artistes et en philosophes à ce spectacle, nous en sommes - reconnaissants aux juifs."

Friedrich Nietzsche, Par-delà Bien et Mal, (-250-, Peuples et Patries)

 

"Comment ? Vous avez choisi la vertu et les sentiments exaltés, et, en même temps vous lorgnez les privilèges des moins scrupuleux. - Mais, en choisissant la vertu,on renonce à tous les "privilèges"... (à l'intention d'un antisémite)"

Friedrich NietzscheCrépuscule des idoles, Maximes et traits §19

 

"Définition de l'antisémite : envie, ressentiment, rage impuissante comme leitmotiv de l'instinct, la prétention de l'« élu » : la plus parfaite manière moralisante de se mentir à soi-même - celle qui n'a à la bouche que la vertu et tous les grands mots. Et ce trait typique : ils ne remarquent même pas à qui ils ressemblent à s'y méprendre. Un antisémite est un juif envieux - c'est à dire le plus stupide de tous..."

Friedrich Nietzsche(Fragments Posthumes)

 

"Croyez-moi : cette invasion répugnante de dilettantes rébarbatifs qui prétendent avoir leur mot à dire sur la "valeur" des hommes et des races, cette soumission à des "autorités" que toutes les personnes sensées condamnent d'un froid mépris ("autorités" comme Eugen Dühring, Richard Wagner, Ebrard, Wahrmund, Paul de Lagarde - lequel d'entre eux est le moins autorisé et le plus injuste dans les questions de morale et d'histoire ?), ces continuelles et absurdes falsifications et distorsions de concepts aussi vagues que "germanique", "sémitique", "aryen", "chrétien", "allemand" - tout ceci pourrait finir par me mettre vraiment en colère et me faire perdre la bonhomie ironique, avec laquelle j'ai assisté jusqu'à présent aux velléités virtuoses et aux pharisaïsmes des Allemands d'aujourd'hui. - Et, pour conclure, que croyez-vous que je puisse éprouver quand des antisémites se permettent de prononcer le nom de Zarathoustra ?"

Friedrich Nietzsche, Lettre à Theodor Fritsch du 29 mars 1887

 

"Et disons le tout d'abord à l'oreille des psychologues, à supposer que l'envie leur vienne d'étudier le ressentiment de plus près : c'est aujourd'hui chez les anarchistes et les antisémites que cette plante fleurit le mieux, ainsi qu'elle a toujours fleuri d'ailleurs, dans l'ombre, comme la violette, mais son odeur est différente."  Friedrich NietzscheLa généalogie de la morale, la "faute", la "mauvaise conscience", §11

 

30/10/2008

Gainsbourg, Sioniste : Le Sable et le Soldat

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

Lorsque l'ignoble Etat de Vichy baissa sa culotte devant l'occupant nazi qui imposa le port obligatoire de l'étoile jaune aux juifs qui résidaient dans la France occupée, la légende dit que le jeune Lucien Ginzburg se présenta de bonne heure au commissariat de son quartier, au lendemain de la promulgation de la loi inique, en déclarant qu'il voulait être le premier juif à la porter. Le provocateur était déjà là.

Un jour alors que sa mère discute les prix de quelques légumes auprès d'un commerçant, un milicien l'interpelle et lui fait savoir qu'elle ne porte pas son étoile et qu'elle a l'obligation de le faire.... Lucien bondit s'interposant et dit à sa mère : "Maman, il faut que ton étoile brille, tu m'entends, comme une soeur du ciel !" Le poète était déjà là également

 Ce qui jette une autre lumière sur cette facette du chanteur, beaucoup moins connue, qui composa Le Sable et le Soldat en 1967, au lendemain de la guerre des 6 jours et fit don des droits de la chanson à l'Etat d'Israël.

 
 
"Le Sable et le Soldat (Paroles et Musique : Serge Gainsbourg)

Oui, je défendrai le sable d'Israël,
La terre d'Israël, les enfants d'Israël,
Quitte à mourir pour le sable d'Israël,
La terre d'Israël, les enfants d'Israël,

Je défendrai contre tout ennemi,
Le sable et la terre qui m'étaient promis.

Je défendrai le sable d'Israël,
Les villes d'Israël, le pays d'Israël,
Quitte à mourir pour le sable d'Israël,
Les villes d'Israël, le pays d'Israël.

Tous les Goliaths venus des pyramides,
Reculeront devant l'étoile de David.

Je défendrai le sable d'Israël,
La terre d'Israël, les enfants d'Israël,
Quitte à mourir pour le sable d'Israël,
La terre d'Israël, les enfants d'Israël.

Quitte à mourir pour le sable d'Israël,
La terre d'Israël, les enfants d'Israël."

 

 

Oui, je sais, ça va en emmerder plus d'un d'apprendre ça, mais Gainsbourg lui-même, cynique, aimait dire : "J'ai grandi sous une bonne étoile... jaune."

07:00 Publié dans Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (27) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/05/2008

Dieu a sauvé Benny Lévy

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

 

Je vole cet article du journal Le Monde vu chez Ilys... Ou comment la flamme de l'Être peut sauver les enfants perdus du Gauchisme quand ils se retrouvent face à leurs contradictions d'éclopés... Même ce pauvre Sartre s'est retrouvé désarçonné par le Saint Alphabet... lui qui par les mots avait constaté l'absurdité de l'existence.

 

"L’étincelle de la Torah LE MONDE | 02.05.08 | 12h36 • Mis à jour le 02.05.08 | 14h14

 

Ils sont tous là, ou presque. En cette soirée de novembre 2003, le Théâtre Hébertot, à Paris, accueille la foule des grands jours. Dans la salle, beaucoup d’anciens soixante-huitards, qui souvent s’étaient perdus de vue depuis l’époque des manifs et des meetings. Sur scène, une poignée d’”ex”, autrefois militants ou sympathisants de la Gauche prolétarienne (GP), principale organisation maoïste dans l’après-68 : les philosophes Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy et François Regnault, le linguiste Jean-Claude Milner et le psychanalyste Jacques-Alain Miller. Tous unis pour rendre hommage à leur camarade Benny Lévy, disparu trois semaines plus tôt à Jérusalem.

Au cours des années 1970, le chef charismatique de la GP avait progressivement troqué le Petit Livre rouge pour la Torah. Jetant un regard complice aux autres orateurs, Jacques-Alain Miller présente les choses ainsi : “Benny était une sorte de missionnaire, qui adressait un rappel à l’ordre aux infidèles, à la racaille que nous sommes.” Au fil des interventions, et tandis que claquent les nouveaux mots de passe (”Juif d’affirmation”, “horizon de la Torah”…), l’assistance plonge dans une atmosphère électrique. Certains s’étranglent en silence, comme l’écrivain Olivier Rolin. “Ils sont devenus fous”, murmure une femme installée au premier balcon. “C’est la deuxième autodissolution de la Gauche prolétarienne !”, fulmine depuis le poulailler l’islamologue Christian Jambet, qui fut l’un des rares maos français officiellement reçu à Pékin, en 1969. Autodissolution ? Le terme résume bien l’aventure de la GP, et d’emblée il est lié à la question juive.

Créé à l’automne 1968 afin de perpétuer le “miracle” de Mai, ce groupe se saborde dès 1973. A l’origine de cette décision, il y a un événement crucial : les attentats perpétrés aux Jeux olympiques de Munich contre les athlètes israéliens, le 5 septembre 1972. C’est le moment-clé : au lendemain de l’attaque, alors que Jean-Paul Sartre, leur ange gardien, justifie l’opération, les dirigeants de la GP, eux, la condamnent. Une prise de position d’autant plus inattendue que les jeunes “gardes rouges” ont fortement contribué à populariser la cause palestinienne au sein de la gauche française, à une époque où celle-ci ne s’en souciait guère. “Nous sommes tous des fedayins !”, martèle alors le journal de la GP, La Cause du peuple. Si bien qu’à la fin de sa vie, Benny Lévy ira jusqu’à lancer : “Les Palestiniens ? C’est moi qui les ai inventés !”… Une provocation que son camarade Alain Geismar, figure emblématique de Mai 68, explicite aujourd’hui ainsi : “Dans les foyers de travailleurs, on s’était aperçu qu’à cause de leurs rivalités nationales, les immigrés avaient du mal à militer ensemble. On cherchait un point capable de les unir. C’est comme ça qu’est apparue l’affaire de la Palestine, comme une figure apte à empêcher les immigrés de se taper dessus.”

Au lendemain de Munich, tout bascule. La GP, que sa rhétorique ultraviolente et son savoir-faire militaire prédisposaient à une dérive de type Brigades rouges, s’autodétruit. “Munich est déterminant, assure l’éditeur Gérard Bobillier, un ex-mao de Besançon. C’est là que la dissolution est pensée, quand on prend conscience que notre slogan “Geismar, Arafat, même combat !” débouche sur l’assassinat des athlètes israéliens.

Après des années d’activisme, d’affrontements, parfois de prison, le collectif s’éparpille et chacun essaie de retomber sur ses pieds. “A l’époque, 68 part dans le sable, il y a beaucoup de comportements d’échecs, sans parler des suicides, témoigne le sociologue Jean-Marc Salmon. Moi, je fume du hasch, je regarde ma vie passer. Une façon différente de s’en sortir est de revenir à l’absolu spirituel.”

Si quelques-uns sombrent dans la drogue, plus nombreux sont ceux qui plongent dans la métaphysique : “Notre besoin d’infini, on est allé le chercher dans d’ autres textes”, explique Gérard Bobillier, qui participe aux “cercles socratiques” fondés par Benny Lévy après la dissolution, pour tenter de penser le naufrage du politique. Réunis dans une bergerie de La Grasse (Hérault), les rescapés de la GP potassent Platon et Hobbes, mais aussi Foucault et Sartre. Avec ce dernier, dont il devient le secrétaire personnel, Benny Lévy noue très vite une relation forte, si intense qu’elle suscitera la jalousie de Beauvoir. Pour l’ancien chef maoïste, ce dialogue débouche sur une double métamorphose.

Par Sartre, Lévy devient français : en 1975, le philosophe appelle le président Giscard d’Estaing pour qu’il accorde enfin la nationalité française à son protégé, né au Caire et jusqu’alors apatride. Par Sartre, surtout, Lévy (re)devient juif : de fil en aiguille, dressant le bilan de l’espérance révolutionnaire, les deux hommes lisent non seulement les classiques de la philosophie politique, mais aussi les grands textes de la tradition biblique.

Un jour d’été, alors qu’ils passent leurs vacances ensemble, Benny Lévy tombe sur un passage du Sefer Yetzirah (Livre de la formation) : “Le monde, disait ce texte, était créé avec des lettres, racontera-t-il plus tard. Sartre regardait mon visage en feu : la vérité parlait, j’en étais sûr, et je ne comprenais pas un mot.” Voici donc Lévy à la recherche de maîtres capables de le guider jusqu’aux portes du messianisme.

Conjuguant prophétisme et philosophie, la pensée d’Emmanuel Levinas lui permet d’accomplir pour de bon sa conversion. Ou plutôt son “tournement”, comme il disait, qui l’amène peu à peu à devenir “observant” : “Quand Benny s’est mis à étudier la Torah, se souvient Alain Geismar, il expliquait qu’il n’était pas religieux pour autant. Et puis, un jour, il m’a dit que s’il mangeait casher, c’était parce qu’on ne pouvait pas comprendre la Bible sans vivre comme ceux qui l’ont écrite.”

Sur les camarades qui l’ont escorté après l’effondrement de la GP, Benny Lévy exerce toujours une vive fascination. Juifs ou non, qu’importe : ils sont quelques-uns à acquérir des rudiments d’hébreu avec Shmuel Trigano, à sillonner la Kabbale aux côtés de Charles Mopsik, et même à recevoir l’enseignement de Jean Zaklad, puis d’Eliahou Abitbol, deux religieux qui donnent des cours de Talmud aux soldats perdus du maoïsme français. “Parce qu’elle a un rapport essentiel à la pratique, la pensée juive est stimulante pour des gens qui font le deuil d’un engagement total, miraculeux”, s’enthousiasme Jacques Theureau, ancien dirigeant du comité de lutte Renault, toujours intarissable dès qu’il s’agit d’évoquer tel ou tel commentaire de la Torah.

Quand Lévy décide d’entrer à la yeshiva (académie talmudique) de Strasbourg, en 1984, il se dit toujours athée. Mais onze ans plus tard, c’est un “pur sujet de l’Alliance” qui franchit le pas ultime en “montant” en Israël. Désormais, ce normalien n’a plus de mots assez durs pour railler les “pitres” universitaires, la gauche parisienne, et surtout son propre passé maoïste : “J’étais un petit peu monstrueux”, ironise-t-il. Traduction : “J’étais, à ce moment-là, un juif oublieux de moi-même, mangeant n’importe quoi dans les restaurants.” Sur ce “chemin du Retour”, emprunté avec la même intransigeance que les sentiers d’autrefois, certains “ex” de la GP essaient tant bien que mal de suivre Benny Lévy. Une poignée va étudier avec lui à la yeshiva de Strasbourg - l’un d’entre eux y est encore aujourd’hui.

Plus tard, d’autres font le voyage de Jérusalem pour lui rendre visite. Une infime minorité se pose même la question de la conversion : “Si j’étais moins feignasse, j’irais étudier dans une yeshiva, je trouve cela absolument passionnant”, soupire Jean Schiavo, ancien “établi” aux usines Perrier, aujourd’hui directeur marketing d’une filiale de Wanadoo.

Mais tout en lui conservant leur amitié, nombreux sont ceux qui refusent d’accompagner Lévy jusqu’au bout de sa nouvelle radicalité : “Quand je lis les derniers textes de Benny, j’y trouve une violence monumentale, insupportable. J’ai l’impression de me couper aux pages !” souffle Denis Clodic, un ancien de chez Renault, sans doute le plus proche ami du chef mao juste après la dissolution. “Six mois avant sa mort, confie de son côté Alain Finkielkraut, Benny me bousculait encore : “Ecoute, Alain, toi et moi nous avons 120 ans. Que transmettras-tu à tes enfants ?” Et moi qui suis si étranger à la foi, je ne répondais rien…”

D’année en année, la petite troupe se disperse : “Il y a eu de la perte”, tranche Gérard Bobillier pour évoquer celles et ceux qui se sont éloignés. Lorsqu’il parle de “Benny”, ce fidèle d’entre les fidèles a des étincelles plein les yeux. Lui aussi a pensé se convertir, avant de renoncer. Patron des éditions Verdier, il a fait de sa maison une nouvelle structure de discipline et de dévouement : “J’ai décidé que mon rôle était de protéger ceux qui étudient plutôt que d’être moi-même au coeur du dispositif.” Editeur de Benny Lévy mais aussi de Jean-Claude Milner, Bobillier porte toujours le siècle sur ses épaules.

En 1968, il s’agissait d’”allumer l’étincelle qui mettra le feu à la plaine”, selon la formule de Mao. Quarante ans plus tard, c’est l’alphabet hébraïque qui constitue l’unique brasier : “Aujourd’hui, l’étincelle est dans l’étude des lettres carrées, assure Gérard Bobillier. J’ai la certitude que si cette étincelle venait à mourir, la notion d’espoir serait barrée. Le monde n’aurait plus de raison d’être.” "

 

------------------------------------

"J’ai la certitude que si cette étincelle venait à mourir, la notion d’espoir serait barrée. Le monde n’aurait plus de raison d’être." C'est qu'il me semble, aussi, que le destin de l'humanité est inextricablement lié au destin du peuple juif. Voir aussi, sur le site du nouveau réac' une série d'article avec Benny Lévy :

------------------------------------

 

19:03 Publié dans Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (6) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05/09/2007

Le Salut par les Juifs - V : Stefan Zweig

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=




"On suppose généralement que, dans la vie, le but propre et typique d’un Juif est la richesse. Rien n’est plus faux. La richesse n’est pour lui qu’un degré intermédiaire, un moyen d’atteindre son but véritable, et nullement une fin en soi. La volonté réelle du Juif, son idéal immanent, est de s’élever spirituellement, d’atteindre un niveau culturel supérieur. Déjà, dans le judaïsme orthodoxe de l’Est, où les faiblesses, comme aussi les avantages de toute la race, sont marquées avec plus d’intensité, cette suprématie de l’aspiration au spirituel sur le pur matériel trouve son illustration : le pieux, le savant versé dans la connaissance des Écritures, est mille fois plus estimé que le riche au sein de la communauté ; même le plus fortuné donnera sa fille à un homme vivant pour l’esprit, fut-il pauvre comme Job, plutôt qu’à un marchand. Cette prééminence du spirituel est commune aux Juifs de toutes les conditions ; même le plus misérable colporteur qui traîne sa charge par toutes les intempéries s’efforcera, au prix des plus lourds sacrifices, de faire étudier au moins un de ses fils, et l’on considère comme un titre de gloire pour toute la famille d’avoir en son sein un membre qui se distingue manifestement dans le domaine de l’esprit, un professeur, un savant, un musicien, comme si lui seul, par sa réussite, les anoblissait tous. Dans le Juif, quelque chose cherche inconsciemment à échapper à ce qui adhère de moralement douteux, de répugnant, de mesquin, de purement matériel, à tout commerce, à tout ce qui n’est que du monde des affaires, et à s’élever dans la sphère plus pure du spirituel, où l’argent ne compte plus, comme s’il voulait se racheter — pour parler en style wagnérien —, lui et toute sa race, de la malédiction de l’argent. C’est pourquoi, dans le monde juif, l’aspiration à la richesse s’épuise presque toujours après deux, tout au plus trois générations d’une même famille ; et les plus puissantes dynasties trouvent justement les fils peu enclins à reprendre les banques, les fabriques, les affaires prospères et douillettes de leurs pères. Si un Lord Rothschild est devenu ornithologiste, un Warburg historien de l’art, un Cassirer philosophe, un Sassoon poète, ce n’est pas un hasard ; ils ont tous obéi à la même tendance inconsciente à se libérer de ce qui a rétréci le judaïsme, de la froide quête de l’argent, et peut-être même que par là s’exprime la secrète aspiration à échapper, par la fuite dans le spirituel, à ce qui n’est que juif, pour se fondre dans la commune humanité. Une « bonne famille », en se désignant elle-même ainsi, prétend donc bien plus qu’à une simple position sociale ; elle se situe dans un judaïsme qui s’est affranchi ou commence de s’affranchir de tous les défauts, de toutes les étroitesses et petitesses que le ghetto lui a imposées, par son adaptation à une autre culture et, si possible, à une culture universelle. Que cette fuite dans le spirituel, en produisant un encombrement disproportionné des professions intellectuelles, soit ensuite devenue aussi fatale au judaïsme que, naguère, sa limitation aux choses matérielles, c’est là sans doute un de ces éternels paradoxes inhérents à la destinée des Juifs.

(…)

Or, l’adaptation au milieu — au pays — dans lequel ils vivent n’est pas seulement pour les Juifs une mesure de protection extérieure, mais un besoin intérieur. Leur aspiration à une patrie, à un repos, à une trêve, à une sécurité, à un lieu où ils ne soient pas étrangers les pousse à se rattacher avec passion à la culture du monde qui les entoure. Et — si l’on excepte l’Espagne du XVe siècle — jamais cette symbiose ne s’opéra de façon plus heureuse et plus féconde qu’en Autriche. Établis depuis plus de deux cents ans dans la ville impériale, les Juifs y rencontrèrent un peuple de mœurs faciles et d’humeur conciliante qu’habitait sous cette apparente légèreté le même instinct profond des valeurs esthétiques et spirituelles, si importantes pour eux-mêmes. Ils rencontrèrent même plus à Vienne : ils y trouvèrent une tâche personnelle à remplir. Au cours du siècle passé, le culte des arts avait perdu en Autriche ses gardiens et protecteurs traditionnels : la maison impériale et l’aristocratie. Tandis qu’au XVIIIe siècle Marie-Thérèse chargeait Gluck d’enseigner la musique à ses filles, que Joseph II discutait en connaisseur avec Mozart des opéras de celui-ci, que Léopold III composait lui-même, les empereurs qui vinrent ensuite, François II et Ferdinand, ne s’intéressaient plus du tout aux beaux-arts, et notre empereur François-Joseph qui, à quatre-vingts ans, n’avait jamais lu ni même pris entre ses mains aucun autre livre que son annuaire militaire, allait jusqu’à déclarer à l’égard de la musique une antipathie déclarée. Pareillement, la haute aristocratie avait renoncé à exercer son protectorat ; c’en était fini des temps glorieux où les Esterházy hébergeaient chez eux un Haydn, où les Lobkovitz, les Kinsky et les Waldstein rivalisaient à qui donnerait dans son palais la première exécution des œuvres de Beethoven, où une comtesse Thun se jetait à genoux devant le grand démon pour qu’il veuille bien ne pas retirer de l’Opéra son Fidelio. Déjà Wagner, Brahms et Johann Strauss ou Hugo Wolf ne trouvèrent plus auprès d’eux le moindre appui ; afin de maintenir les concerts philharmoniques à leur ancien niveau, de rendre l’existence possible aux peintres et aux sculpteurs, il fallut que la bourgeoisie sautât sur la brèche, et ce fut justement l’orgueil et l’ambition de la bourgeoisie juive de paraître là au premier rang afin de maintenir dans son ancien éclat la renommée de la culture viennoise. Les Juifs avaient toujours aimé cette ville et s’y étaient acclimatés de toute leur âme, mais seul leur amour de l’art viennois leur permit de sentir qu’ils avaient pleinement acquis droit de cité, qu’ils étaient véritablement devenus des Viennois. Ils exerçaient par ailleurs dans la vie publique une influence assez limitée ; l’éclat de la maison impériale reléguait dans l’ombre toutes les fortunes des particuliers, les hautes positions dans la conduite de l’État se transmettaient de père en fils, la diplomatie était réservée à l’aristocratie, l’armée et les fonctions civiles les plus élevées aux vieilles familles, et le Juifs ne cherchaient d’ailleurs pas du tout à se pousser ambitieusement dans ces cercles privilégies. Avec tact, ils respectaient comme allant de soi ces privilèges traditionnels ; je me souviens, par exemple, que mon père évita toute sa vie de dîner chez Sacher, non par économie, car la différence par rapport aux autres grands hôtels était ridicule, mais par ce sentiment naturel des distances à respecter ; il lui eût paru pénible ou inconvenant de s’asseoir à la table voisine de celle d’un prince Schwarzenberg ou Lobkovitz. Ce n’est que vis-à-vis de l’art que tout le monde à Vienne se sentait un droit égal, parce que l’amour de l’art passait pour une devoir de toute la communauté, et par la façon dont elle a aidé et favorisé la culture viennoise, c’est une part immense que la bourgeoisie juive a prise à son développement. Les Juifs constituaient le véritable public, ils remplissaient les théâtres, les salles de concert, ils achetaient les livres, les tableaux, ils visitaient les expositions, ils étaient partout, avec leur compréhension plus mobile et moins liée par la tradition, promoteurs et champions de toutes les nouveautés. Presque toutes les grandes collections d’œuvres d’art du XIXe siècle avaient été constituées par eux, presque toutes les recherches artistiques avaient été rendues possibles par eux ; sans l’intérêt stimulant que la bourgeoisie ne cessait d’accorder à ces choses, et compte tenu de l’indolence de la cour, de l’aristocratie et des millionnaires chrétiens — qui préféraient consacrer leur argent à leurs écuries de chevaux de course et à leurs chasses plutôt qu’à l’art — Vienne serait restée aussi en retard sur Berlin dans le domaine artistique que l’Autriche demeurait en retard sur l’Allemagne dans le domaine politique. Quiconque, à Vienne, voulait imposer une nouveauté, comme l’hôte étranger qui cherchait à être compris et à se gagner un public, en était réduit à s’adresser à cette bourgeoisie juive ; la seule fois où l’on essaya, au temps de l’antisémitisme, de fonder un théâtre « national », il ne se trouva ni auteurs, ni acteurs, ni public ; au bout de quelques mois ce « théâtre national » s’effondra lamentablement ; et cette tentative avortée illustra cette vérité : les neuf dixièmes de ce que le monde célébrait comme la culture viennoise du XIXe siècle avaient été favorisés, soutenus, voire parfois créés par la société juive de Vienne.
Car dans ces dernières années, justement — comme en Espagne avant un naufrage aussi tragique —, les Juifs de Vienne étaient devenus productifs dans le domaine des arts, non pas d’une manière spécifiquement juive, mais par un prodige d’harmonisation avec leur milieu, en donnant au génie autrichien, au génie viennois, son expression la plus intense. Goldmark, Gustav Mahler et Schoenberg s’acquirent une réputation internationale dans la création musicale, Oscar Strauss, Léo Fall, Kálmánn firent refleurir la tradition de la valse et de l’opéra, Hofmannsthal, Arthur Schnitzler, Beer-Hofmann, Peter Altenberg élevèrent les lettres viennoises à un rang dans la littérature européenne qu’elles n’avaient pas occupé même au temps de Grillparzer et de Stifter ; Sonnenthal, Max Reinhardt, restaurèrent dans le monde entier la gloire de la ville du théâtre, Freud et les grandes autorités scientifiques attirèrent tous les regards vers l’université de vieille renommée ; partout, savants, virtuoses, peintres, régisseurs, architectes et journalistes juifs s’affirmèrent en occupant de hautes positions, les positions les plus élevées, sans qu’on songeât à les leur contester dans la vie spirituelle de Vienne. Par leur amour passionné de cette ville, par leur volonté d’assimilation, ils y étaient parfaitement adaptés, et ils étaient heureux de servir la gloire de l’Autriche ; ils voyaient là une mission à remplir dans le monde, et — il faut le répéter dans l’intérêt de la vérité — une bonne part sinon la plus grande de ce que l’Europe, de ce que l’Amérique admirent aujourd’hui en musique, en littérature, au théâtre, dans les arts appliqués, comme étant l’expression d’une renaissance de la culture viennoise, a été créée par les Juifs de Vienne ; en se défaisant de leurs caractères spécifiques, ils atteignaient à un très haut accomplissement de l’élan millénaire qui les portait vers le spirituel. Une énergie intellectuelle qui, pendant des siècles, n’avait pas trouvé sa voie se liait à une tradition déjà un peu lasse, elle la nourrissait, la ranimait, l’exaltait, la rafraîchissait par l’apport d’une force neuve et grâce à une activité infatigable ; seules les prochaines décennies montreront le crime qu’on a commis contre Vienne en s’appliquant à nationaliser et à provincialiser par la violence une ville dont l’esprit et la culture consistaient justement dans la rencontre des éléments les plus hétérogènes, dans son caractère supranational. Car le génie de Vienne — génie proprement musical — a toujours été d’harmoniser en soi tous les contrastes ethniques et linguistiques, sa culture est une synthèse de toutes les cultures occidentales ; celui qui vivait et travaillait là se sentait libre de toute étroitesse et de tout préjugé. Nulle part il n’était plus facile d’être un Européen, et je sais que je dois principalement à cette ville, qui déjà au temps de Marc Aurèle avait défendu l’esprit romain d’universalisme, d’avoir de bonne heure appris à aimer l’idée de la communauté comme la plus noble que mon cœur eût en lui."


Stefan Zweig (Souvenirs d'un Européen)

19/07/2007

Le Salut par les Juifs - IV

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=



Cette note pour poursuivre une réflexion entamée précédemment :

Le Salut par les Juifs

Le Salut par les Juifs - II

Le Salut par les Juifs - III


Les dégarnis du bulbe (ou les "bas de plafond" comme les appelle Scheiro) qui considèrent Léon Bloy comme un simple réactionnaire pré-Nazi, sous prétexte qu'il afficha un Catholicisme convaincu devraient ré-apprendre à le lire. Léon Bloy, tout comme Joseph de Maistre, Georges Bernanos ou Pierre Boutang (tous de fieffés réacs) étaient aussi des Philosémites convaincus... ce qui en emmerde plus d'un... les Gôchistes névrosés comme les antisémites...

Dans Le Figaro du 20 septembre 1892, Rémy de Gourmont parlait de Léon Bloy et de son livre "Le Salut par les Juifs" selon ces termes...

_______________________________________________________________

"LE SALUT PAR LES JUIFS


« L'histoire des Juifs barre l'histoire du genre humain comme une digue barre un fleuve, pour en élever le niveau. Ils sont immobiles à jamais, et tout ce qu'on peut faire, c'est de les franchir en bondissant avec plus ou moins de fracas, sans aucun espoir de les démolir. »

Cet aphorisme, s'ils le comprennent, fera pâlir effroyablement tous les actionnaires de l'Antisémitisme, ligués contre l'Argent par l'Argent et qui, au fond, pas plus que de moins innocents spéculateurs, ne savent ce qu'ils font.

On est habitué, quand il s'agit des Juifs, à ne considérer la question qu'au point de vue économique ou social ; les uns craignent, les autres préparent une sorte de Jacquerie financière où le naïf peuple, ayant défoncé les coffres, se partageraient d'inutiles billets de banque et de vains coupons – inutiles et vains puisque le crédit qui leur fait valeur aurait été tué par la Jacquerie elle-même en sa furieuse innocence. Mais le vieux Janus a toujours ses deux faces, encore que ce dieu de jadis ait reçu quelques modifications selon sa forme et selon sa tenue : d'un visage, il se méduse et se penche vers la terre ; de l'autre, les yeux insatiablement ouverts, il contemple l'en-haut et médite sur les cryptogrammes que signifient les étoiles.

Bref, dans la question juive, il y a la question divine — et c'est celle-ci que M. Bloy veut résoudre en un volume qui voit le jour à la même heure que ce journal.

L'auteur détesté de tant de violences qui retombèrent sur ses épaules, le distillateur de tant de fatidiques poisons où il s'empoisonna lui-même — mais un peu à la manière de Mithridate – le pamphlétaire Bloy, enfin, n'a plus comme gourdin que le bâton d'olivier où s'enroulent en exergue les Sept Paroles, et c'est en biblique exégète qu'il s'avance, en interprète du Livre où tout fut dit une fois pour toutes.

Le titre de son grave opuscule, Ponderosus libellus, est tout d'abord effarant, et non moins pour Jérusalem que pour Rome : Le Salut par les Juifs ! Il semble qu'à cette clameur inattendue d'autres clameurs répondent, qui, montant des deux camps ennemis, se croisent en l'air et s'entrechoquent : « Nous ne voulons pas être sauvés par eux ! – Nous ne voulons pas les sauver ! » Ces cris, depuis le commencement du monde, retentissent dans les espaces, étouffant le verbe du Verbe, — et c'est pourquoi le Salut qui doit « descendre » d'Israël n'est pas encore venu, et c'est pourquoi l'intaille du Sceau de la Rédemption n'a pas encore mordu sur la cire molle Humanité.

C'est pourquoi... votre fille est muette, ajoutent ceux pour qui l'Histoire n'est qu'une succession de coups de bourse, mais il ne s'agit ici ni de les convaincre, ni de leur expliquer une théologie abstruse même pour les théologiens.

Disons pourtant : si la mission des Juifs n'est que de collectionner des pièces d'or à différentes effigies, des papiers bleus ou roses de différentes pâtes, de productives vignettes inconnues au Cabinet des Estampes, — si elle est cela et si elle n'est que cela, en vérité quelles objections faire à M. Drumont ? Comment lui répondre, si ce n'est par l'exhibition des loqueteuses banalités qui ont traîné dans tous les ruisseaux de l'argumentation vénale ? Pour éviter de se salir les doigts et l'intelligence, M. Bloy, qui n'est pas un flibustier de lieux communs, le prend de très haut et déploie, tout au sommet de la Tour, la candide oriflamme de la logique pure, où il nous fait lire cette conclusion : Israël est la croix même sur laquelle Jésus est éternellement cloué ; il est donc le peuple porte-salut, le peuple sacré dans la lumière et sacré dans l'abjection, tel que l'ignominieux et resplendissant gibet du Calvaire.

Le rôle des Juifs et leur fin sont donc de rester Juifs, de conserver tous les caractères de leur race et d'attendre la venue de l'Innomé qui purifiera tout par le feu...

Oui, c'est moins clair qu'un vaudeville et même cela devient assez obscur en telles pages du livre, lorsque M. Bloy, défendant les Juifs, les défend à peu près de la manière qu'on défend les tapis contre la poussière. Car il ne faudrait pas croire que « Le Salut par les Juifs » soit une apothéose.

Il est un argument, de bonne guerre, que l'on s'étonnerait de ne point lire en un volume où rien d'essentiel n'est omis. On le connaît, mais il fallait le redire en un style définitif : ce peuple sur lequel vous piétinez, vous catholiques, prêtres ou croyants, ignorez-vous donc que de lui sont sortis les patriarches, les prophètes, les évangélistes, les apôtres, les premiers martyrs, la Vierge et Jésus « le Juif par excellence de nature », le Juif indicible et qui sans doute avait employé toute une éternité préalable à convoiter cette extraction ? Tous les livres de M. Drumont se réfuteraient aisément en une seule ligne : « Notre Seigneur Jésus-Christ était Juif. »

A cette hauteur et théologiquement la question juive a un intérêt transcendant pour les quelques fous qui rêvent de savoir le dessous des cartes du Jeu divin ; pour les autres, le livre de M. Bloy aura, du moins, une valeur d'actualité, et les lecteurs de cette catégorie seront bien surpris que l'on traite un tel sujet en citant les Evangiles et non pas les « Archives israélites », en invitant le peuple, non pas à « prendre », mais à « comprendre », et en insinuant qu'au delà des petites querelles de pauvre à riche, il y a la grande querelle du Fini et de l'Infini, autrement insoluble encore, autrement « actuelle » que tout ce que les hommes peuvent inventer dans leur absurde rage d'être malheureux."


Remy de Gourmont




Léon Bloy

07/07/2007

Le Salut par les Juifs - III : Doc Gynéco, Christine Angot, entretien croisé avec David Reinharc

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=





Je n'aime ni la musique de Doc Gynéco, ni la littérature de Christine Angot. Angot me donne l'impression de s'adonner à une Catharsis continue dans ce qu'elle écrit et dit. De la névrose, de l'hystérie couchée sur papier. Écrire, à mon humble avis, ne peut se résumer à cela. Quant à Doc Gynéco, il manque singulièrement de structure intellectuelle, mais il a eu une grosse paire de couilles pour avoir osé soutenir Sarkozy, même si celui-ci est critiquable. Il n'empêche que dans cet entretien croisé ils assainent quelques vérités que peu de monde, par les misérables temps qui courent, ose évoquer.

Merci à mon pote Jean-Marc...... dit "Jean Jean", de m'avoir communiqué ce lien.

Bonne lecture...
______________________________________________________________

Entretien croisé de Doc Gynéco et Christine Angot
par David Reinharc / Israël magazine
dimanche 20 mai 2007 - 22:15


Cette défense des Juifs de la part de deux personnalités qui ne le sont pas - Christine Angot et Doc Gynéco - a quelque chose de très émouvant. Je crois que cette attitude - plus répandue qu'on ne le croit - a sa source dans le sens de la justice et de la vérité. Pour moi ce sont des Justes des nations. On ne mesure pas assez le courage qu'il faut à ces deux-là, et surtout à Doc Gynéco, pour ramer ainsi à contre-courant d'une opinion hostile à Israël et aux Juifs, ou trop lâche pour marquer leur différence en se distançant des propos antisémites et/ou anti-israéliens. (Menahem Macina).
"Le rap, c'est le bras armé du djihad" ; "Quand les jeunes de banlieue voient des fours et des charniers, ils adorent cela!" ….
 
Doc Gynéco ne tait rien de ce qu'il a envie de dire. Pour lui, né justement à la périphérie de Paris, les "jeunes de banlieue ont besoin de tuer en vrai. De voir le sang", tandis que pour Christine Angot [1], "nous sommes encore dans la France du Chagrin et de la Pitié" [2].
Après le meurtre d'Ilan Halimi, la vague d'antisémitisme, l'opprobre jeté au visage de la petite nation israélienne, il paraît clair que le monde, après lecture de cet entretien, a déclaré la guerre aux Juifs. Et chacun va devoir choisir son camp, le refus de choisir étant lui-même un engagement.
Sartre disait qu'"on n'avait jamais été aussi libre que sous l'Occupation".
On peut lire ces propos dérangeants avec détachement ou alors se dire : et si c'était vrai ? On n'a jamais été aussi libre.

David Reinharc [3] : Le rap est-il devenu un instrument de propagande ?

Doc Gynéco : En réalité, il ne milite plus ni pour le hip hop ni pour le public : le rap s’est aujourd’hui islamisé. Akhenaton est musulman, comme de plus en plus de rappeurs. Ils sont en guerre : le rap, c’est un peu le bras musical armé du djihad.

Christine Angot : Quand des gens prennent la parole, certains peuvent s’imaginer que le fait de dénoncer les met hors du processus violent…

Doc Gynéco : Ils gardent le sentiment d’être des artistes, même s’ils sont manipulés. Ils se sentent tous communistes, éducateurs du peuple, professeurs des jeunes de banlieue. Ils ne savent pas ce que parler veut dire. Ils portent un tee-shirt du GIA ou de Ben Laden comme on porte un tee-shirt du Che. Par contre les rappeurs qui s’en sont sortis ont conscience de cette manipulation.

David Reinharc : Diams, on a plutôt le sentiment que ce qu’elle pense est en adéquation avec ce qu’elle chante….

Doc Gynéco : Oui, elle y croit. Elle ne se rend pas compte de ce qu’elle dit. Mais I AM , il sait ce qu’il fait. Pourtant, ils font un art entièrement inspiré des Noirs Américains. Mais ça ne les intéresse plus depuis dix ans. Ils sont manipulés par la violence, par les films d’action, mais c’est une violence organisée et structurée de kamikazes, pas une violence de vrai révolutionnaire. Je baise la France : tous les rappeurs de Marseille à Paris chantent ça comme un seul homme.

David Reinharc : Se faire dynamiter s’apparente à de la résistance : le groupe de rap Sniper…

Doc Gynéco : Vous citez une phrase plutôt gentille. Ca me rend triste. Je suis contre l’islamisation du rap.

David Reinharc : Il existe malgré tout des groupes, doués et militants, qui savent très bien ce qu’ils font : Médine, l’album Jihad, Kamelancien, Keny Arkana, qui vient de l’extrême-gauche, instrumentalisent le rap à des fins de propagande politique…

Doc Gynéco : Moi, le terrorisme, j’ai fini d’y croire quand une bombe a explosé à Tati Barbès.

David Reinharc : Parce qu’avant, vous y croyiez ?

Doc Gynéco : Je pouvais croire, oui, à une forme de révolte par les armes.

David Reinharc : Contre qui ?

Doc Gynéco : Jean Moulin ! Vichy. « Pour plus de justice » etc. Mais l’attentat à Barbès m’a profondément heurté : des arabes tuaient des arabes. Ceux d’Algérie d’il y a pas longtemps. Je peux comprendre l’attentat de Port-Royal, même la prise d’otage des Juifs par les Palestiniens mais la bombe à Tati Barbès, là, je ne saisis plus.

David Reinharc : Des « victimes innocentes » ?

Doc Gynéco : On peut dire ça comme cela… On ne comprend plus leur combat.

Christine Angot : Dans un propos artistique, la question de la complaisance se pose toujours, mais je ne pense pas que les textes des artistes soient responsables des actes réels. Même la musique militaire n’est pas responsable des guerres.

David Reinharc : J’ai posé une allumette près d’une flaque d’essence, mais ce n’est pas moi qui ai mis le feu…?

Doc Gynéco : Médine, c’est pourtant le genre de personne qui poserait une bombe à Tati Barbès. L’Histoire, contrairement aux jeunes, il la connaît. Il sait, lui, ce que veut dire Jihad, pas les jeunes. Il utilise des moments essentiels pour les islamistes et il les met en musique. Cela a un impact latent, vicieux, sournois.

Christine Angot : Avoir un propos sur une réalité violente, c’est intéressant. En revanche, esthétiser cette réalité, ce n’est intéressant ni pour la société ni pour l’art.

Doc Gynéco : Sous couvert des idées communistes, le rap met en musique l’islamisme et les actions d’Al Qaïda.

David Reinharc: Dans le rap, on trouve le vocabulaire de l’islam contre l’Occident et aussi, paradoxalement, le culte de la société de consommation…

Doc Gynéco : C’est là qu’ils sont de droite. Ils ont oublié ce qu’est le rap américain. Mais c’est vrai que la tendance, dans le rap, est la conversion à l’islam. On se convertit à l’islam pour entrer dans le rap. Ce qu’ils aiment toujours, dans le rap des Noirs Américains, c’est la flambe et les femmes. Mais le message de paix s’est effacé. Le rap intello, ça n’existe pas.

David Reinharc : A l’exception d’Abd Al Malik – soufi, et qui n’est donc pas salafiste…

Doc Gynéco : Oui, lui je l’aime bien, mais il est arrivé en 2007.

David Reinharc : Vous-même, faites-vous un « rap de droite » ?

Doc Gynéco : Ce qui fait dire que tu es de droite quand tu es rappeur, c’est la façon dont tu vas gérer ton argent. Ne pas oublier qu’on n’en a jamais eu. On a donc un rapport avec l’argent, lié à la flambe.
Christine Angot : Oui, mais la flambe ce n’est pas une attitude bourgeoise…

Doc Gynéco : Les nouveaux rappeurs ont tous les codes des gens de droite : le cigare, le champagne, la bagnole…

David Reinharc : On trouve dans les textes de rap – Kamelancien, I AM, Sniper… - beaucoup de textes haineux contre Israël et les Juifs. Avec aussi un clip qui met en scène une liquidation d’Américains…

Doc Gynéco : On est en train de rendre les jeunes de banlieue complètement fous. Scorcese, les Affranchis, etc., ça pouvait se situer dans une esthétique qu’on n’aime pas, mais il y avait au moins des valeurs.

Christine Angot : Est-ce que c’est l’apanage du rap ? C’est l’ensemble de la société qui est concerné par l’antisémitisme.

David Reinharc : Mais pourquoi le rap est-il venu se cristalliser sur la question juive ?

Doc Gynéco : On utilise l’extrême gauche à de mauvaises fins. Ils critiquent l’argent, la bourgeoisie, les riches et donc, dans l’imaginaire collectif, les Juifs. On a réussi à opposer les Juifs à toutes les races : bientôt, même les Chinois seront de la partie. Avant, dans les quartiers, c’était Juifs versus Arabes. Maintenant, ça ne fait plus rire personne. Toutes les communautés sont en guerre contre les Juifs et je n’accepte pas ça.

Christine Angot : L’air du temps veut imposer l’idée que la violence faite aux Juifs n’est pas plus grave que la violence commise contre d’autres groupes. Sauf qu’il y a une spécificité particulière. Personne ne veut plus l’entendre. Cette volonté de nier la spécificité juive et la spécificité de la Shoah n’est pas propre au rap. Cette musique est juste un reflet de ce déni.

Doc Gynéco : Je veux en revenir à ce que représente la mort pour les jeunes de banlieue. Quand ils voient des fours et des charniers, ils adorent cela ! Dans leur portable, ils conservent les scènes d’égorgement, de tueries, de carnage. Il faut accompagner l’histoire de la Shoah du récit explicatif d’un professeur qui explique les images, sinon ça va finir sur les portables….

David Reinharc : Vous étiez le seul goy à la manifestation après la mort d’Ilan Halimi, premier meurtre antisémite après Auschwitz.

Doc Gynéco : Pas un rappeur n’a regretté cet acte de barbarie. Jamais Skyrock n’a fait passer un message. Ils utilisent tous ça : faites attention à eux. A cette époque, dans les banlieues, personne n’avait encore réussi à mobiliser les Noirs contre les Juifs. Mais dès le meurtre d’Ilan Halimi, j’ai su que ceux qui attisent la haine avaient gagné : ils ont montré le visage noir de Fofana, le «chef des Barbares».

David Reinharc : On connaît aussi votre attachement à Israël…

Doc Gynéco : On ne peut plus revendiquer dans un quartier l’attachement à la France, mais à Israël, c’est pire. C’est dur d’avoir un ami feuj en banlieue : tu vas te battre au moins dix fois pour lui….

Christine Angot : C’est dur dans un quartier mais aussi partout ailleurs. Dans toutes les situations difficiles, il y a un choix à faire : à chaque fois que des gens s’opposent, qu’il y a un conflit douloureux, il faut choisir son camp… Or, des tas de gens refusent de choisir. Mais on choisit quand même : les gens qui n’ont pas choisi Israël ont forcément choisi l’autre camp.

Doc Gynéco : Si dans un quartier, je marche avec un Juif qui répond à cette violence, s’il s’inscrit dans le rapport de force – je veux dire : il retire son tee-shirt et il se bat – c’est différent, ils le respectent. Dans les banlieues, ils ont besoin de te tuer en vrai quand ils ont un problème. De voir le sang. On n’est pas là-bas dans un salon littéraire…

David Reinharc : Vous préconisez la violence comme moyen légitime pour les Juifs de répondre à l’hostilité ?

Doc Gynéco : Pour avoir pratiqué ces gens-là, je peux vous dire qu’ils sont en guerre.

David Reinharc : C’est qui, « ces gens-là » ?

Doc Gynéco : Ceux qui ont besoin de tuer du Juif. Pour ceux-là, c’est la guerre à l’intérieur de nos frontières. Regardez Ilan : tout le monde savait. Des filles, des garçons : on va loin, là. Tous complices : des trentaines de personnes étaient là, personne n’a bronché. Les Juifs doivent savoir se défendre comme ils l’ont toujours fait : c’est la guerre, vous savez. A un moment donné, il faut se battre : il ne faut pas avoir peur de se montrer violent. J’ai connu des Juifs réputés parce qu’ils se sont défendus chaque fois. Tout le temps. Ils sont respectés.

Christine Angot : Si vous regardez "Le chagrin et la pitié", on est encore dans la même France.

David Reinharc : Il y aurait une violence plus légitime que la violence légale, celle de l’Etat ?

Doc Gynéco : Par exemple, au stade du Parc des Princes, lorsqu’ils ont trié les spectateurs et qu’ils se sont rangés en deux files pour les enserrer. Ils demandaient à chacun : « Êtes-vous Juif ? » ; et selon moi, il fallait dire : « oui ».

David Reinharc : « Oui », ça voulait dire se battre…

Doc Gynéco : Voilà. Mais je ne sais pas si c’est physiquement ou autrement. C’est les deux.

David Reinharc : C’est d’ailleurs un policier noir qui a sauvé un supporter Juif de la mort…

Doc Gynéco : Je suis fier de ça.

David Reinharc : Comment expliquer que les Juifs ont déserté la guerre qui leur est faite ?

Doc Gynéco : Il faut le savoir : les humains en face de vous n’ont pas nécessairement les mêmes données que vous dans le cerveau et sont peut-être plus portés sur la violence que vous…. Il faut revenir à l’époque du Roi David. Car, en face de vous, ils ont compris que vous parlementez, négociez, pinaillez. Il n’y a pas à se justifier. Il vaut mieux se battre, c’est certain. Ilan Halimi est mort, premier meurtre après Auschwitz, me disiez-vous. Mais si quelqu’un en banlieue avait été tué durant les émeutes, ils en auraient fait des chansons, des clips, des albums. Pour Ilan Halimi ? Pas une chanson, rien.

David Reinharc : En hébreu, face à la violence qui monte toujours d’un cran, on dit : on leur pisse dessus, ils disent qu’il pleut. C’est votre impression ?

Doc Gynéco : Après le meurtre d’Ilan Halimi, j’attendais au moins une chanson. Je pensais que les rappeurs allaient s’exprimer là-dessus. Rien. Omerta.

David Reinharc : Au lieu du « Jusqu’ici, tout va bien » des Juifs, concrètement, que feriez-vous ?

Doc Gynéco : C’est la guerre contre le silence.

David Reinharc : Sur Israël, vous pensez qu’il y a une paix possible avec le Hamas ? Ou bien qu’aujourd’hui comme hier et demain, la paix n’aura jamais lieu parce que le monde est en guerre contre les Juifs ?

Christine Angot : La vulgate, aujourd’hui, c’est d’être contre Israël. Dans une conversation ordinaire, le rejet d’Israël, c’est ce qu’on peut dire à haute voix, sans problème.

Doc Gynéco : Il fallait bien pour les Juifs un endroit pour se réfugier. Un terrain leur a été offert. C’est dommage que ce soit là, au niveau géographique, entouré de pays hostiles.

David Reinharc : Ailleurs que dans le berceau du peuple juif, ça aurait changé quelque chose...?

Doc Gynéco : C’est là qu’on voit qu’il faut se battre.

Christine Angot : Mais pourquoi les Juifs devraient se battre seuls, pour eux-mêmes? Les Juifs représentent tout le monde, toute spécificité, la spécificité de l’humain.

David Reinharc : Pourquoi les Juifs plus que les autres ?

Christine Angot : Parce que. C’est un peuple à part, que ça plaise ou non. Ils ne sont pas pareils, il y a une spécificité qui n’est pas comparable aux autres spécificités. Quelque chose d’unique qui nous représente tous.

David Reinharc : Et dès qu’ils ont voulu toucher à l’universel, ils ont accosté sur les rivages nauséeux du communisme…

Christine Angot : Nauséeux ! Quelle bizarre expression ! [4].

Doc Gynéco : Tous les peuples qui ont souffert ont commis cette erreur.

Christine Angot : Mais moi, je ne parle pas d’universel. Mais de spécificité. Il ne faut accepter ni le déni de la spécificité du peuple juif ni celui de la Shoah.

Doc Gynéco : Les Juifs sont un peu, par la force des choses, errants. Mais à un moment, ils se sont posés, parfois plus de trois cents ans. A un autre moment, ils ont trouvé Israël. Parfois, il fallait se battre, parfois ce n’était pas la peine. Aujourd’hui, c’est une époque où les Juifs doivent se battre. C’est clair. Sinon, vous reviendrez à l’époque de Salomon.

Christine Angot : Ce n’est quand même pas un hasard si le génocide intervient après l’invention de la psychanalyse par Freud. Tout s’est passé comme si c’était ça qu’on était venu punir. La découverte de l’inconscient. Ils n’ont pas supporté ça, pour le coup, ils ont voulu tous les tuer.

David Reinharc : C’est important de dire cela, car la vague d’antisémitisme actuel coïncide avec l’attaque en règle contre la psychanalyse. Le Livre noir de la psychanalyse se réfère au Livre noir, ce recueil de témoignages sur les atrocités nazies contre les Juifs d'URSS et de Pologne, rassemblés par Vassili Grossman. La boucle est bouclée.

Christine Angot : Je n’avais pas pensé au fait que le Livre noir de la psychanalyse se référait explicitement au Livre noir de Grossman. Donc, là, c’est la preuve.
 
David Reinharc
 
© Israël Magazine



*Texte libre est de droits si sont cités la source et l’auteur.


 
-----------------------
Notes

[1] Un blogue est consacré à cette écrivaine.

[2]Le Chagrin et la Pitié : Chronique d'une ville française sous l'Occupation, film documentaire épique de quatre heures et demie sur l'occupation allemande de la France pendant la seconde guerre mondiale, fut projeté récemment au festival du film de Sydney. Sorti il y a trente ans à Paris, ce film qui est maintenant distribué en DVD, est considéré à juste titre comme un des documentaires les plus importants du cinéma et parmi les rares films qui révèlent la collaboration de la classe dominante française avec l'Allemagne nazie de 1940 à 1944. (Extrait de Collaboration et Résistance dans la France de Vichy Le Chagrin et la Pitié, de Marcel 0phuls", sur le World Socialist Website). Voir aussi le bref article de Wikipedia sur ce film.

[3] David Reinharc est responsable, pour la France, d'Israël Magazine, correspondant du Jerusalem Post à Paris, directeur littéraire d'une maison d'édition parisienne, et journaliste.

[4] En effet, l'utilisation erronée de cet adjectif, au lieu de 'nauséabond', se répand de plus en plus, y compris chez des journalistes professionnels. En réalité, 'nauséeux' se dit de celui qui a la nausée ; 'nauséabond' se dit de quelqu'un ou d'une chose qui sent mauvais (étymologiquement, qui donne la nausée).


Source : Chez Arouts 7