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27/06/2014

L'Un et le Tout

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« Je l'aurai vue une fois, l'unique chose que cherchait mon âme, et la perfection que nous situons au-delà des astres, que nous repoussons à la fin du temps, je l'ai sentie présente. Le bien suprême était là, dans le cercle des choses et de la nature humaine.

Je ne demande plus où il est : il fut dans le monde, il y peut revenir, il n'y est maintenant qu'un peu plus caché. Je ne demande plus ce qu'il est : je l'ai vu et je l'ai connu.

Ô vous qui recherchez le meilleur et le plus haut, dans la profondeur du savoir, dans le tumulte de l'action, dans l'obscurité du passé ou le labyrinthe de l'avenir, dans les tombeaux ou au-dessus des astres, savez-vous son nom ? Le nom de ce qui constitue l'Un et le Tout ?

Son nom est Beauté. »

Friedrich Hölderlin, Hypérion

 

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Être libéral, c'est précisément le contraire d'être moderniste

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« Telles sont pourtant les mœurs de la véritable liberté. Être libéral, c'est précisément le contraire d'être moderniste et c'est par un incroyable abus du langage que l'on apparente ordinairement ces deux mots. Et ce qu'ils désignent. Mais les abus du langage les moins indiqués sont toujours ceux qui résistent le mieux. Et c'est ici une incroyable confusion. Et je ne hais rien tant que le modernisme. Et je n'aime rien tant que la liberté. (Et en elle-même, et n'est-elle pas la condition irrévocable de la grâce).

Disons les mots. Le modernisme est, le modernisme consiste à ne pas croire ce que l'on croit. La liberté consiste à croire ce que l'on croit et à admettre, (au fond, à exiger), que le voisin aussi croie ce qu'il croit. Le modernisme consiste à ne pas croire soi-même pour ne pas léser l'adversaire qui ne croit pas non plus. C'est un système de déclinaison mutuelle.
La liberté consiste à croire. Et à admettre, et à croire que l'adversaire croit.

Le modernisme est un système de complaisance. La liberté est un système de déférence.

Le modernisme est un système de politesse. La liberté est un système de respect.

Il ne faudrait pas dire les grands mots, mais enfin le modernisme est un système de lâcheté. La liberté est un système de courage.

Le modernisme est la vertu des gens du monde. La liberté est la vertu du pauvre. »

Charles Péguy, L'Argent

 

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Comme sous la période soviétique, on retouche les photos et on réécrit l’histoire

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« Il y eut une époque où papa-maman essayaient tant bien que mal de vivre ensemble sans s’interroger outre mesure sur les “problèmes de couples”, où les enfants jouaient tout nus dans le jardin sans qu’on se demande si ça n’allait pas donner des idées aux méchants prédateurs, tandis que grand-père tirait sur sa bouffarde sans qu’on brandisse devant lui des statistiques accusatrices sur la tabagie passive. Cette époque est révolue. On en est aujourd’hui à gommer les cigarettes apparaissant sur les photographies de Gainsbourg, d’André Malraux et du général de Gaulle. Churchill, c’était bien connu, était non-fumeur, et Shakespeare n’a jamais écrit “Le Marchand de Venise”. Comme sous la période soviétique, on retouche les photos et on réécrit l’histoire.

Le durcissement progressif des lois antifumeurs est particulièrement caractéristique de cette “correction” hystérique. Aux États-Unis, où les employés doivent se déclarer non-fumeurs pour être embauchés, la police peut perquisitionner chez eux à l’improviste pour voir s’ils n’ont pas laissé traîner des mégots. Depuis L’été 2008, il est interdit à San Marin de fumer au volant, sous le prétexte qu’en allumant une cigarette on pourrait pendant quelques secondes être distrait de sa conduite (logiquement, on devrait alors proscrire aussi le transport automobile d’animaux domestiques ou d’enfants). Le comble du grotesque a été atteint aux Pays-Bas, où les pouvoirs publics ont interdit l’usage du tabac dans les coffee shops où l’on fume le cannabis : les amateurs de haschisch qui avaient l’habitude de le mélanger avec du tabac pour le rendre un peu moins fort, sont désormais tenus de ne plus “couper” leurs stupéfiants. »

Alain de Benoist, Les démons du bien

 

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Il endommageait l’ordre moins qu’il ne le confirmait

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« S’opposer, c’est collaborer ; collaboration dont Dalin ne pouvait se dépêtrer, bien qu’il ne s’en doute point. Au fond il endommageait l’ordre moins qu’il ne le confirmait. La manifestation du nihiliste anarchique agit comme un aiguillon : elle rend la société consciente de son unité. 

L’anarque, tout au contraire, n’en discerne pas seulement de prime abord l’imperfection : il en reconnaît la valeur, même avec cette réserve. L’Etat et la société lui répugnent plus ou moins, mais il peut présenter des temps et des lieux où l’harmonie invisible transparaît dans l’harmonie visible. Ce qui ce révèle avant tout dans l’oeuvre d’art. En pareil cas, on sert joyeusement. 

La souffrance touche moins profondément l’anarque quand les choses sont en ordre, au sens dont je parlais. Elle se transmue en sacrifice. Le nihiliste anarchique se conduit de façon tout opposée. Le temple d’Artémis à Ephèse, pour prendre un exemple, provoquerait son acte incendiaire. Or, l’anarque n’hésiterait pas à y entrer pour y méditer, et à participer au culte par quelque sacrifice. Ce qui est possible en tout temple digne de ce nom. »

Ernst Jünger, Eumeswil

 

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26/06/2014

Verbe

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« Il n'y a d'idées qu'incarnées. Il n'y a de verbe que fait chair. »

Witold Gombrowicz, Journal, 1954

 

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L'espérance se conquiert

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« L'optimisme est un ersatz de l'espérance, qu'on peut rencontrer facilement partout, et même, tenez par exemple, au fond de la bouteille. Mais l'espérance se conquiert. On ne va jusqu'à l'espérance qu'à travers la vérité, au prix de grands efforts et d'une longue patience. Pour rencontrer l'espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va au bout de la nuit, on rencontre une aurore.

Mais l'espoir lui-même ne saurait suffire à tout. Lorsque vous parlez de "courage optimiste", vous n'ignorez pas le sens exact de cette expression dans notre langue et qu'un "courage optimiste" ne saurait convenir qu'à des difficultés moyennes. Au lieu que si vous pensez à des circonstances capitales, l'expression qui vient naturellement à vos lèvres est celle de courage désespéré, d'énergie désespérée. Je dis que c'est précisément cette sorte d'énergie et de courage que le pays attend de nous. »

Georges Bernanos, La liberté, pour quoi faire ?

 

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Deviens capable d’aimer sans souvenir

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« Ton secret, on le voit toujours sur ton visage et dans ton oeil. Perds le visage. Deviens capable d’aimer sans souvenir, sans fantasme et sans interprétation, sans faire le point. Qu’il y ait seulement des flux, qui tantôt tarissent, se glacent ou débordent, tantôt se conjuguent ou s’écartent. »

Gilles Deleuze, Dialogues

 

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Micro-société élective

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« Or le Jardin me semble un genre de personnage conceptuel, une configuration, une communauté dans laquelle s’incarnent les idées qu’un philosophe digne de ce nom pratique pour l’au-delà d’elles-mêmes. Si l’Académie enseigne une parole, une théorie qui paraissent bien éloignées de produire des effets sur le terrain concret, le Jardin laisse de côté le discours sur lui-même pour exceller dans la preuve de l’excellence des thèses formulées en amont. Moins soucieux de changer l’ordre du monde que de se changer, le disciple d’Epicure rompt avec le monde trivial de la famille, du travail, de la patrie, il prend le contre-pied de toute société qui vante les mérites de l’argent, des richesses, des honneurs et du pouvoir. Ce qui fait courir l’homme du commun et génère une vie mutilée, voilà ce qui répugne à l’aspirant sage. Mais vivre dans le monde comme si l’on était hors du monde pose problème : la communauté le résout en offrant ici et maintenant une solution viable.
Le Jardin renvoie au paradis terrestre, situé pour certains Anciens du côté du Tigre et de l’Euphrate. Résumé du monde, il propose un laboratoire, un exemple, ce que pourrait être une société, une cité, une planète inspirées de ce modèle. S’il existe dans la mythologie - Zeus épouse Héra dans le jardin des Hespérides... -, les Grecs en découvrent le charme après les conquêtes d’Alexandre en Asie (début IVe siècle). Or Epicure crée son Jardin une vingtaine d’armées plus tard en 305-306, dans une période où la conjoncture politique sombre peut trouver son antidote dans la sécession effectuée à l’abri, dans cette micro-société élective. »

Michel Onfray, Les sagesses antiques

 

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La mémoire n’est pas l’histoire

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« La mémoire n’est pas l’histoire. Elle en est même parfois le contraire. L’histoire reste extérieure à l’évènement. Elle n’a de chances d’atteindre à la vérité des faits qu’à la condition de se situer au cœur de l’événement. Elle entretient le souvenir qui, par définition, doit toujours rester identique à lui-même. Son affaire n’est pas la vérité mais la fidélité. Or, cette fidélité au passé peut être cause d’une cécité sur le présent… Une société amnésique est mal partie, mais une société qui passe son temps à se souvenir ne vaut pas mieux. La mémoire, enfin, peut être dangereuse et destructive. Tel est le cas quand elle est utilisée à des fins immédiates, quand elle est instrumentalisée au service de l’esprit de vengeance ou des polémiques du moment présent. Elle n’est plus alors conservation du souvenir mais simple instrument au service des passions et des fins subjectives. »

Alain de Benoist, in le Magazine Eléments, du 06 Décembre 2008

 

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Les "politiques identitaires" multiculturelles postmodernes

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« D'un côté, ce que l'on appelle les "fondamentalismes", dont la formule de base est celle de l'identité de groupe (...). De l'autre, les "politiques identitaires" multiculturelles postmodernes, visant à la coexistence tolérante de groupes aux manières de vivre "hybrides", et même changeantes, divisés à l'infini en sous-groupes (femmes hispaniques, gays noirs, malades du SIDA mâles blancs, mère lesbiennes...). Cette floraison perpétuellement jaillissante de groupes et sous-groupes dans leurs identités hybrides, fluides et mouvantes, chacun insistant sur le droit d'affirmer son mode spécifique de vie et/ou de culture, cette incessante diversification, n'est possible et pensable qu'adossée au socle de la globalisation capitaliste ; elle est la manière même par laquelle la globalisation capitaliste affecte notre sentiment d'appartenance ethnique et les autres formes d'appartenance communautaires : le seul lien reliant ces multiples groupes est le lien du Capital lui-même, toujours prêt à satisfaire les demandes spécifiques de chaque groupe et sous-groupe (tourisme gay, musique hispano…).
L'opposition entre le fondamentalisme et les politiques identitaires pluralistes postmodernes est en définitive un simulacre, dissimulant une profonde complicité (ou, pour le dire à la Hegel, une identité spéculative) : un défenseur du multiculturalisme peut aisément trouver attractive même l'idée ethnique la plus fondamentaliste, à la seule condition qu'elle soit l'identité du prétendu authentique Autre ; un groupe fondamentaliste peut facilement adopter, dans son fonctionnement social, les stratégies postmodernes de la politique identitaire, en se présentant comme l'une des minorités menacées luttant simplement pour conserver son mode de vie spécifique et son identité culturelle. La ligne de démarcation entre la politique identitaire du multiculturalisme et le fondamentalisme est de cette façon purement formelle ; elle ne dépend souvent que de la perspective différente à partir de laquelle l'observateur scrute un mouvement destiné à maintenir une identité de groupe. »

Slavoj Žižek, Plaidoyer en faveur de l'intolérance

 

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25/06/2014

La garantie sacrée du pouvoir que possédait ses vers

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« Jaromil voit si rarement son père qu’il ne s’aperçoit même plus de son absence et il songe à ses poèmes dans sa chambre : pour qu’un poème soit un poème, il faut qu’il soit lu par quelqu’un d’autre ; alors seulement on a la preuve que le poème est autre chose qu’un simple journal intime chiffré et qu’il est capable de vivre d’une vie propre, indépendante de celui qui l’a écrit. Sa première idée fut de montrer ses vers au peintre, mais il y attachait trop d’importance pour prendre le risque de les soumettre à un juge aussi sévère. Il lui fallait quelqu’un que ses vers enthousiasmerait tout autant que lui-même et il comprit bien vite qui était ce premier lecteur, ce lecteur prédestiné de sa poésie ; il le vit se promener dans la maison, les yeux tristes et la voix douloureuse, comme s’il marchait à la rencontre de ses vers ; en proie à une grande émotion, il donna donc à maman plusieurs poèmes soigneusement tapés à la machine et courut se réfugier dans sa chambre pour attendre qu’elle les lise et qu’elle l’appelle.
      Elle lut et elle pleura. Elle ne savait peut-être pas pourquoi elle pleurait, mais il n’est pas difficile de le deviner ; il coulait d’elle quatre sortes de larmes :
      tout d’abord, elle fut frappée par la ressemblance qu’il y avait entre les vers de Jaromil et les poèmes que lui prêtait le peintre, et des larmes jaillirent de ses yeux, les larmes de l’amour perdu ;
      ensuite elle ressentit une tristesse indéterminée qui émanait des vers de son fils, elle se souvint que son mari était absent de la maison depuis deux jours sans lui avoir rien dit, et elle versa des larmes d’humiliation ;
      mais bientôt ce furent des larmes de consolation qui coulaient de ses yeux, car son fils qui était accouru avec tant de confiance et d’émotions pour lui montrer ses poèmes répandait un baume sur toutes ses blessures ;
      et enfin, après avoir relu plusieurs fois les poèmes, elle versa des larmes d’admiration, parce que les vers de Jaromil lui paraissaient inintelligibles et elle se dit qu’il y avait donc dans ses vers plus de choses qu’elle n’en pouvait comprendre et qu’elle était par conséquent la mère d’un enfant prodige.
      Ensuite elle l’appela, mais quand il fut devant elle, ce fut pour elle comme de se trouver devant le peintre quand il l’interrogeait sur les livres qu’il lui prêtait ; elle ne savait pas quoi lui dire au sujet de ses poèmes ; elle voyait sa tête baissée qui attendait avidement et elle ne sut que se presser contre lui et lui donner un baiser. Jaromil avait le trac et il se réjouit de pouvoir cacher sa tête sur l’épaule maternelle, et maman, quand elle sentit dans ses bras la fragilité de son corps enfantin, repoussa loin d’elle le fantôme oppressant du peintre, reprit courage et commença à parler. Mais elle ne pouvait libérer sa voix de son chevrotement et ses yeux de leur humidité et, pour Jaromil, c’était plus important que les paroles qu’elle prononçait ; ce tremblement et ce larmoiement lui apportaient la garantie sacrée du pouvoir que possédait ses vers ; de leur pouvoir réel et physique. »

Milan Kundera, La vie est ailleurs

 

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Le sceptique

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« Le sceptique voudrait bien souffrir, comme le reste des hommes, pour les chimères qui font vivre. Il n'y parvient pas : c'est un martyr du bon sens. »

Emil Cioran, Syllogismes de l'amertume

 

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La parole et l'image

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« La parole et l'image sont un des instruments les plus puissants du contrôle exercé par les journaux, qui contiennent les deux. Si vous commencez à les découper et à les réarranger, vous détruisez le système de contrôle. »

William S. Burroughs, The Job

 

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J'aimais, j'étais aimé, je me portais bien

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« J'aimais, j'étais aimé, je me portais bien, j'avais beaucoup d'argent, je le prodiguais pour mon plaisir et j'étais heureux. J'aimais à me le dire, tout en riant des sots moralistes qui prétendent qu'il n'y a point de bonheur sur la terre. Et précisément c'est ce mot sur la terre qui excite mon hilarité, comme s'il était possible d'aller le chercher ailleurs ! »

Giacomo Casanova, Mémoires

 

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24/06/2014

Le progrès de l'humanité

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« Fataliste comme un Turc, je crois que tout ce que nous pouvons faire pour le progrès de l'humanité, ou rien, c'est exactement la même chose. »

Gustave Flaubert, Correspondance

 

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