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30/06/2014

Nul concept nouveau ne saurait être toléré

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« La seule chose qui pourrait nous sauver serait d'inventer un nouveau concept, celui d'une Universelle et Vibratoire Education, qui engloberait de façon constructive le goût du bonheur, le sens de la réalité et la nécessité du changement, mais qui ne profiterait qu'à nos petits-enfants, à condition qu'ils n'aient pas été, dans l'intervalle, assassinés. Mais ils le seront. je vous le parie à 25 contre 1, car nul concept nouveau ne saurait être toléré, vu qu'il signifierait la liquidation du gang au pouvoir. »

Charles Bukowski, Journal d'un vieux dégueulasse

 

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Les foules trahissent toujours

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« Ces temps-ci, j'ai vu trop d'intellos. J'en ai par-dessus la tête de ces précieuses intelligences qui s'obligent à vous aligner des pensées plaquées or. Et par-dessus la tête aussi de devoir batailler pour m'assurer un espace de liberté créatrice. C'est la raison pour laquelle je me suis si longtemps tenu à l'écart des masses, et maintenant que je recommunique avec mon prochain, je me dis que je ferais mieux de m'en retourner dans ma tanière. Il n'y a pas que l'intelligence : il y a les insectes et les palmiers et les moulins à poivre, et dans mon souterrain, marrez-vous, j'apporterai un moulin à poivre. Les foules trahissent toujours. Ne faites confiance à personne. »

Charles Bukowski, Journal d'un vieux dégueulasse

 

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Plongez-vous en priorité dans Céline

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« Plongez-vous en priorité dans Céline, le plus grand écrivain depuis 2000 ans, mais bien sûr sans négliger L'ÉTRANGER de Camus, que vous ferez suivre par CRIME ET CHÂTIMENT et les FRÈRES KARAMAZOV, tout Kafka également. Ainsi que les bouquins du méconnu John Fante. Ajoutez-y les nouvelles de Tourgueniev, évitez Faulkner, Shakespeare et surtout George Bernard Shaw, la plus abominable baudruche de notre Ère, un authentique con doré sur tranche qui ne s'est - promis, juré - imposé que grâce à ses relations politiques et littéraires. »

Charles Bukowski, Journal d'un vieux dégueulasse

 

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Conserves de fraises

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« Dieu terrasse l'homme ; l'homme déboulonne Dieu ; et alors que le mal étend son empire, les mères continuent de faire leur conserves de fraises. »

Charles Bukowski, Journal d'un vieux dégueulasse

 

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29/06/2014

Vrai, il était magique, ce cul !

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« Vrai, il était magique, ce cul ! elle avait le pouvoir d'envoyer un mec au tapis, de le transformer en tuyau percé, en pierre tombale, ou encore en agité du bocal. donc, à peine reprenait-elle place à mes côtés que je levais ma bouteille comme on lève un diadème, que je la lui offrais, qu'elle y goûtait avant de me la rendre, et qu'ensuite, me retournant vers la tribune du fond, je m'exclamais : "je m'en vais les tuer, ces bâtards gueulus qui t'ont manqué de politesse." »

Charles Bukowski, Journal d'un vieux dégueulasse

 

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A croire que les gens de cet acabit ne peuvent que flirter avec l'abîme

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« Où que l'on se trouve sur cette planète, on finit par se heurter à ses quatre murs et, alors que je me débats au plus profond de ma gueule de bois, me reviennent en mémoire deux de mes amis qui sont mes conseillers en matière de suicide, entre nous, existe-t-il une meilleure preuve de fraternité agissante? sur chaque veine de son bras gauche, le premier porte les marques indélébiles de la lame de rasoir. quant au second, énorme barbe noire, il préfère l'absorption à jets continus de comprimés. L'un et l'autre écrivent des poèmes. A croire que les gens de cet acabit ne peuvent que flirter avec l'abîme. mais je parierais fort que nous atteindrons, tous les trois, la quatre-vingt-dixième année. 2010. et alors, à quoi ressemblera 2010? tout sera fonction, bien sûr, de ce qu'on aura fait de la Bombe, mais je suppose qu'on mangera encore des œufs au petit déjeuner, que le sexe posera toujours autant de problèmes, et qu'on continuera à écrire des poèmes à se suicider. »

Charles Bukowski, Journal d'un vieux dégueulasse

 

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Une balle

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« Une balle a plus de pouvoir qu’un million de bulletins de vote. »

Charles Bukowski, Journal d'un vieux dégueulasse

 

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Trop de gens qui font dans leur froc

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« Il y a trop de gens qui redoutent de dire du mal des pédés - sur le plan des idées, bien sûr. Comme il y a trop de gens qui tremblent d'avoir à critiquer la gauche - toujours par rapport aux idées. Je me fous de savoir à quelle chapelle on cotise - je ne remarque qu'une chose : il y a trop de gens qui font dans leur froc. »

Charles Bukowski, Journal d'un vieux dégueulasse

 

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La chair seule, cette fois, appelait le néant comme un repos

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« Il courut à la fenêtre, l'ouvrit de nouveau, plongea son regard dans la nuit. A peine résista-t-il à la tentation de s'y jeter, d'y tomber les bras étendus, de s'y perdre enfin, avec son haïssable secret. Et, néanmoins, ce n'était pas ainsi qu'il avait désiré mourir jadis, quand il appuyait froidement, fermement, le canon de l'arme sur sa face.

La chair seule, cette fois, appelait le néant comme un repos, ou même n'appelait rien : elle fuyait. Il fuyait. Il fuyait devant un péril inconnu, dont la cause n'était pas en lui. Ou, pour mieux dire, il s'échappait. »

Georges Bernanos, La Joie

 

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La mort donnée peut aussi avoir sa beauté

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« La mort donnée peut aussi avoir sa beauté. C'est l'un des mystères de la chasse. Il y a une sorte de perfection et même de poésie grave dans un tir sans défaut, lorsque soudain le silence succède au rugissement de la carabine et que le gibier tombe, foudroyé, ayant accompli son destin de gibier. Au cours d'un affût en Ecosse , à la tombée de la nuit, je me tenais immobile à cent cinquante mètres environ de la lisière d'un bois. Un vent léger montait vers moi. La sensation fugitive d'un froissement dans les fourrés avait suggéré d'une présence. Quelques instants après, la silhouette gracile d'un brocard aux bois bien apparents se détacha en gris sur l'obscurité du taillis. Sa bouche gourmande se leva pour cueillir de jeunes pousses au-dessus de lui. La mort le surprit dans cette occupation agréable. Je n'en souhaiterais pas d'autre depuis qu'on ne meurt plus en dolman de hussard, les matins de charge, dans la fumée de la mousqueterie et le roulement des tambours... »

Dominique Venner, Le Coeur Rebelle

 

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28/06/2014

Aux lieux où brillent le soleil et la mer, où fructifient la vigne et l'olivier

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« Vous serez heureux avec votre compagne dans l'une de ces blanches villes insulaires que vous aimez ─ dans l'une de ces vieilles résidences marines, qui ne sont jamais sorties du mythe. Aux lieux où brillent le soleil et la mer, où fructifient la vigne et l'olivier, où les mendiants mêmes vivent dans une liberté royale, et lorsqu'un œil comme le vôtre embrasse ce spectacle, les sources anciennes jaillissent encore dans leur splendeur intacte, et les choses sont encore dignes qu'on les désire. »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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Tout État se doit de créer une utopie

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« Tout État se doit de créer une utopie, dès qu'il a perdu le contact avec le mythe. C'est en elle qu'il parvient à prendre conscience de sa mission. L'utopie est l'esquisse du plan idéal, qui sert à déterminer la réalité. Les utopies sont les tables de la Loi contenues dans la nouvelle Arche d'alliance; les armées les emportent, invisibles, avec elles. »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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La beauté, la vérité, le savoir sont intolérables pour le regard trouble

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« L’œil est créé pour un empire d'ombres, non pour la lumière incolore. La lumière, la grande puissance de l'univers, vous consumerait si elle s'approchait de vous sans voiles. La beauté, la vérité, le savoir sont intolérables pour le regard trouble ; c'est assez de leur ombre à tous. Pourquoi vous efforcer de dépasser votre cercle ? »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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Un agréable néant

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« Souvent, Lucius, étudiant les lointaines archives et les chroniques des régiments, avait été frappé par une différence dans les visages, qui reflétait cette rupture. Chez ces précurseurs, qui presque tous avaient trouvé la mort dans les flammes, il y avait encore un legs de la vieille aristocratie. Mais venaient ensuite des têtes dont on ne pouvait définir la nature que comme un agréable néant, et qui révélaient le vide des destructions dont elles étaient chargées. Elles n'étaient pas sans régularité, ni sans charme, mais on eût dit que la toile d'un bon portraitiste avait été remplacée par un écran de cinéma. »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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La technique prend un caractère d'enchantement

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« La technique entre insensiblement dans sa troisième phase. La première était titanesque ; elle visait à édifier le monde des machines. La seconde fut rationnelle, et aboutit à l'automatisme parfait. La troisième est magique, car elle donne vie aux automates en leur donnant un sens. La technique prend un caractère d'enchantement ; elle se plie aux désirs. »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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