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21/01/2015

Comme un baiser ou une hache

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« On trouve des centaines de religions de part le monde et chacune d’elles est persuadée détenir la vérité, mais la seule vérité est que nous sommes de la viande de boucherie parquée en prévision de l’abattoir. Nous sommes des animaux poétiques, certes, nous possédons une imagination intarissable, nous donnons une voix aux arbres, aux poissons, aux morts, au ciel, car le silence nous terrifie. »

« Seigneur, descends en moi comme un baiser ou une hache, fais-toi entendre, je suis si seule. »

Marco Lodoli, Les Promesses

 

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"Celui" qui n’était plus

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« Quand ils arrivèrent dans la cour d’honneur, elle était pleine de monde ; on avait entendu le galop des forts chevaux ; la foule s’écarta :
- Mes enfants ? cria Galart.
"Non, non !" secouèrent les têtes...
- Le feu ?
"Non, non..."
Il était tout près. Mme de Galart, prévenue, l’attendait sur le perron, vêtue de noir - en deuil ! Se contenir ! Il sauta de cheval ; elle l’entraîna, et elle lui dit. Galart leva les bras en croix ; puis, mettant ses mains sur son visage, il pleura, à sanglots.

*

Le valet entra :
- Les gens peuvent-ils venir ?
- Les gens ? interrogea Galart, en levant sa figure rougie... (Mais il comprit soudain, hocha la tête et acquiesça.) Dans un instant.
Lui aussi se vêtit de noir ; puis avec sa famille et ses enfants, ils se placèrent sur le perron.
Les bordiers, les paysans, les tâcherons, les voisins humbles et les petits propriétaires étaient venus. Ils défilèrent pour serrer les mains, ainsi qu’à l’enterrement. Leur loyalisme avait compris que le seigneur restait le plus proche de "Celui" qui n’était plus, dont on apprenait le trépas ; Celui qu’on avait mis à mort la veille, la veille de ce jour, qui était en effet le "22 janvier 1793". »

Jean de la Varende, Les Manants du Roi

 

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Ce nouveau commandement des sociétés transparentes : "Être joignable".

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« La lecture est un refuge par temps de laideur. -Les livres : bunkers de papier. Ils nous offrent d’échapper à cet impératif de la modernité, ce nouveau commandement des sociétés transparentes : "Être joignable". Rester joignable est une injonction que l’on devrait réserver aux détenus en liberté conditionnelle, aux porteurs de bracelets électroniques. Lire, c’est le contraire : on se coupe, on s’isole, on s’installe dans l’histoire et, si elle vous captive, le monde peut s’écrouler. Les seules personnes joignables, ce sont l’auteur et le lecteur. L’un parle : sa voix parvient parfois du fond des âges ou de très loin dans l’espace. L’autre reçoit cinq sur cinq. La communication est parfaite, ça capte ! Tout lecteur est coupable de préférer le commerce de ses petites stèles de papier au contact avec ses semblables. Le spectacle est réjouissant de ces gens enfouis dans leur livre. Ils l’ouvrent, le monde se ferme. Un général chouan est allé à la mort ainsi. Il était debout sur la charrette, la foule le conspuait, lui lisait. Au pied de l’échafaud, avant de monter les marches vers la guillotine, il a corné la page !  »

Sylvain Tesson, Géographie de l’instant

 

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The whole man must move at once

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« Tu me connais assez pour savoir que je n’ai guère de temps dans ma vie pour amasser une sagesse abstraite ou théorique. Plutôt une certaine habileté pratique à tirer des conclusions à partir des visages des hommes ou de ce qu’ils disent […] mais de savoir théorique, comme je l’ai dit, je n’en ai presque pas, pour ainsi dire point. Juste une ou deux ou trois phrases, ou des aphorismes, comme on voudra les nommer ; il y a des alliages de mots qu’on n’oublie pas; qui oublie le Notre Père ? "The whole man must move at once" : tu as là une de mes grandes vérités. »

Hugo von Hofmannsthal, Lettre de Lord Chandos

 

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Faire semblant de les aimer

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« Je m’aperçus que depuis longtemps je n’aimais plus les gens ni les choses, mais que je continuais tant bien que mal et machinalement à faire semblant de les aimer. Je m’aperçus que même l’amour que je portais à ceux qui m’étaient le plus proches était devenu tentative d’aimer, que mes rapport de hasard – avec un directeur de journal, un marchand de tabac, l’enfant d’un ami, se bornaient seulement à ce que je me rappelais qu’il fallait dire, d’après le passé. »

F. Scott Fitzgerald, La Fêlure

 

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20/01/2015

Pour que deux êtres puissent vivre heureusement ensemble, il faut que la disparité soit portée à la limite

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« Tout ce qui tend à entraver la différenciation des sexes est mauvais et nuisible à la civilisation, contraire à l’esthétique générale de la vie. Plus l’homme et la femme sont différents d’esprit, de goûts, de désirs, de besoins, plus leur rapprochement est harmonieux, plus leur union est solide et complète. Pour que deux êtres puissent vivre heureusement ensemble, il faut que la disparité soit portée à la limite. Sans étonnement, il n’y a pas d’amour ; il faudrait que l’homme et la femme fussent l’un pour l’autre une surprise perpétuelle. »

Remy de Gourmont, Epilogues

 

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19/01/2015

La beauté de la vie

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« Je m’intéresse à la beauté de la vie bien plus qu’au bonheur de l’humanité. »

Remy de Gourmont, Epilogues

 

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La mort avec les hommes libres

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« Et comme tout haut exemple nous convie à le suivre, je fis le serment devant cette tête, de préférer à jamais la solitude et la mort avec les hommes libres au triomphe parmi les esclaves. »

Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre

 

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La lutte pour ne pas mourir et la lutte pour vivre

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« Il y a une profonde différence entre la lutte pour ne pas mourir, et la lutte pour vivre. Les hommes qui luttent pour ne pas mourir gardent leur dignité, la défendent jalousement, tous, hommes, femmes, enfants, avec une farouche obstination. Les hommes ne baissaient pas la tête. Ils s’enfuyaient sur les montagnes, dans les bois, ils vivaient dans les cavernes, luttaient comme des loups contre les envahisseurs. Ils luttaient pour ne pas mourir. C’était une lutte noble, digne, loyale. Les femmes ne vendaient pas leur corps au marché noir pour s’acheter du rouge à lèvres, des bas de soie, des cigarettes ou du pain. Elles enduraient la faim, mais ne se vendaient pas. Elles ne vendaient pas leurs hommes à l’ennemi. Elles préféraient voir leurs enfants mourir de faim, plutôt que de se vendre, plutôt que de vendre leurs hommes. Seules les prostituées se vendaient à l’ennemi. Avant la libération, les peuples d’Europe souffraient avec une merveilleuse dignité. Ils luttaient le front haut. Ils luttaient pour ne pas mourir. Et les hommes, quand ils luttent pour ne pas mourir, s’accrochent avec la force du désespoir à tout ce qui constitue la partie vivante, éternelle, de la vie humaine, l’essence, l’élément le plus noble et le plus pur de la vie: la dignité, la fierté, la liberté de leur conscience. Ils luttent pour sauver leur âme.
Mais, après la libération, les hommes avaient dû lutter pour vivre. C’est une chose humiliante, horrible, c’est une nécessité honteuse que de lutter pour vivre, pour sauver sa peau. Ce n’est plus la lutte contre l’esclavage, la lutte pour la liberté, pour la dignité humaine, pour l’honneur. C’est la lutte contre la faim. C’est la lutte pour un morceau de pain, pour un peu de feu, pour une guenille avec laquelle couvrir ses enfants, pour un peu de paille sur quoi s’étendre. Quand les hommes luttent pour vivre, tout, même un pot vide, un mégot, un écorce d’orange, une croûte de pain sec ramassée dans les ordures, un os rongé, tout a pour eux une valeur décisive. Les hommes sont capables de n’importe quelle lâcheté, pour vivre: de toutes les infamies, de tous les crimes, pour vivre. Pour une croûte de pain chacun de nous est prêt à vendre sa femme, ses filles, à souiller sa propre mère, à sacrifier ses frères et ses amis, à se prostituer à un autre homme. Il est prêt à s’agenouiller, à se traîner par terre, à lécher les souliers de celui qui peut lui donner à manger, à essuyer en souriant les crachats sur sa joue: et son sourire est humble, doux, son regard plein d’une espérance famélique et bestiale, d’une espérance merveilleuse. »

Curzio Malaparte, La peau

 

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18/01/2015

J’aime ce pays

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« J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l’air lui-même. »

Guy de Maupassant, Le Horla

 

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Un monde que j’écarte de moi

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« Je suis indigné par le peu que je vois, le peu que je lis, le peu que j’entends du monde extérieur. Un monde que j’écarte de moi le plus possible, sinon je vivrais dans un dégoût perpétuel. »

Henry de Montherlant, Entretien au Journal "Matulu" - mars 1971

 

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L’émotion en Allemagne est guerrière et islamique

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« Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie ; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. »

Carl Gustav Jung, La vie symbolique (1939)

 

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La religion d'Hitler

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« La religion d'Hitler est la plus proche qui soit de l'islamisme, réaliste, terrestre, promettant le maximum de récompenses dans cette vie, mais avec ce Walhalla façon musulmane avec lequel les Allemands méritoires peuvent entrer et continuer à goûter le plaisir. Comme l'islamisme, elle prêche la vertu de l'épée. »

Carl Gustav Jung, Rencontres et interviews (1936)

 

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Le début de la tyrannie

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Il répugne à se voir tel qu’il est

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« L’hypocrite est avant tout un malheureux qui convient imprudemment de son attitude envers autrui avant d’avoir eu le courage de se définir soi-même exactement, car il répugne à se voir tel qu’il est ; il se cherche une sincérité, sacrifie à cette impossible gageure des avantages certains, et finit par se duper. Pour mentir utilement, avec efficace et sécurité plénière, il faut connaître son mensonge et s’exercer à l’aimer. »

Georges Bernanos, L’Imposture

 

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