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25/06/2014

La parole et l'image

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« La parole et l'image sont un des instruments les plus puissants du contrôle exercé par les journaux, qui contiennent les deux. Si vous commencez à les découper et à les réarranger, vous détruisez le système de contrôle. »

William S. Burroughs, The Job

 

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J'aimais, j'étais aimé, je me portais bien

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« J'aimais, j'étais aimé, je me portais bien, j'avais beaucoup d'argent, je le prodiguais pour mon plaisir et j'étais heureux. J'aimais à me le dire, tout en riant des sots moralistes qui prétendent qu'il n'y a point de bonheur sur la terre. Et précisément c'est ce mot sur la terre qui excite mon hilarité, comme s'il était possible d'aller le chercher ailleurs ! »

Giacomo Casanova, Mémoires

 

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24/06/2014

Le progrès de l'humanité

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« Fataliste comme un Turc, je crois que tout ce que nous pouvons faire pour le progrès de l'humanité, ou rien, c'est exactement la même chose. »

Gustave Flaubert, Correspondance

 

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Les cosmopolites

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« Défiez vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu'ils dédaignent de remplir autour d'eux. Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d'aimer ses voisins. »

Jean-Jacques Rousseau, Emile, ou de l'éducation

 

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Un simulacre de virilité

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« Nous avons dénoncé la décadence de la femme moderne ; mais il ne faut pas oublier que le premier responsable de cette décadence, c'est l'homme. De même que la plèbe n'aurait jamais pu se répandre dans tous les domaines de la vie sociale et de la civilisation s'il y avait eu de vrais rois et de vrais aristocrates, ainsi dans une société gouvernée par des hommes vraiment virils, jamais la femme n'aurait voulu ni pu emprunter la voie sur laquelle elle chemine de nos jours. Les périodes où la femme a accédé à l'autonomie, où elle a exercé un rôle prédominant, ont toujours coïncidé, dans les cultures antiques, avec des époques d'incontestable décadence. Aussi la vraie réaction contre le féminisme et contre toute autre déviation féminine ne devrait-elle pas s'en prendre à la femme, mais à l'homme. On ne peut pas demander à la femme de revenir à ce qu'elle fut, au point de rétablir les conditions intérieures et extérieures nécessaires à la renaissance d'une race supérieure, si l'homme ne connaît plus qu'un simulacre de virilité. »

Julius Evola, Révolte contre le monde moderne

 

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L'ordre que nous servons a besoin de producteurs et de consommateurs, les hommes entiers l'incommodent

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« Nous appelons le chaos et la mort sur l'univers présent et nous applaudissons à leur venue, la perpétuité de l'ordre serait pire et s'il ne se désassemblait, il changerait les hommes en insectes. [...] L'ordre, que nous servons et qui nous envoie au supplice, l'ordre a besoin de producteurs et de consommateurs, non pas d'hommes entiers, les hommes entiers l'incommodent, il leur préfèrera toujours les avortons, les somnambules et les automates, son crime est là, l'ordre est pêcheur et criminel ensemble, nous ne lui devons que la flamme, c'est par le feu que l'ordre périra. »

Albert Caraco, Bréviaire du Chaos

 

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Le Jour du Jugement, ni l'espérance ni la foi ne seront pardonnées, au vue des morts qu'elles auront fait naître

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« Que si les hommes n'espéraient en rien, leur lot ne serait plus le même, que si les hommes ne croyaient en rien, leur condition changerait peut-être : ainsi l'espérance et la foi n'ajoutent qu'à leurs maux, mais font le bonheur de leurs maîtres et les spirituels, malgré leur sainteté, ne peuvent qu'ils n'en soient les chiens de garde. Le Jour du Jugement, ni l'espérance ni la foi ne seront pardonnées, au vue des morts qu'elles auront fait naître et des agonisants, qu'elles induisent à multiplier, jusqu'à leur dernier souffle, leur semence. »

Albert Caraco, Bréviaire du Chaos

 

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Quelques arpents de passé

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« Nous vivons avec quelques arpents de passé, les gais mensonges du présent et la cascade furieuse de l'avenir. Autant continuer à sauter à la corde, l'enfant-chimère à notre côté. »

René Char, Fenêtres dormantes et porte sur le toit

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Je vous écris en cours de chute

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« Le repos, la planche de vivre ? Nous tombons. Je vous écris en cours de chute. C'est ainsi que j'éprouve l'état d'être au monde. L'homme se défait aussi sûrement qu'il fut jadis composé. La roue du destin tourne à l'envers et ses dents nous déchiquettent. Nous prendrons feu bientôt du fait de l'accélération de la chute. L'amour, ce frein sublime, est rompu, hors d'usage.
Rien de cela n'est écrit sur le ciel assigné, ni dans le livre convoité qui se hâte au rythme des battements de notre cœur, puis se brise alors que notre cœur continue à battre. »

René Char, Fenêtres dormantes et porte sur le toit

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23/06/2014

De féroces rétiaires...

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« Dieu l'arrangeur, ne pouvait que faillir. Les dieux, ces beaux agités, uniquement occupés d'eux-mêmes et de leur partenaire danseuse, sont toniques. De féroces rétiaires refluant du premier, mais en relation avec lui, nous gâtent la vue des seconds, les oblitèrent. »

René Char, Fenêtres dormantes et porte sur le toit

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Révolte...

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« Il semble que l'on naît toujours à mi-chemin du commencement et de la fin du monde. Nous grandissons en révolte ouverte presque aussi furieusement contre ce qui nous entraine que contre ce qui nous retient. »

René Char, Les Matinaux

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Noeuds...

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« Imite le moins possible les hommes dans leur énigmatique maladie de faire des noeuds. »

René Char, "Les Matinaux" in "La parole en archipel"

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Nous restons gens d'inclémence

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« Obéissez à vos porcs qui existent. Je me soumets à mes dieux qui n’existent pas. Nous restons gens d'inclémence. »

« Nous ne jalousons pas les dieux, nous ne les servons pas, mais au péril de notre vie, nous attestons leur existence multiple et nous nous émouvons d'être de leur élevage aventureux lorsque cesse leur souvenir. »

René Char, Les Feuillets d’Hypnos

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Cime...

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« Sur les pas du héros que tu choisis toi-même, Monte sans te lasser vers la cime suprême. »

Johann Wolfgang von Goethe, Iphigénie en Tauride

 

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Quand nous avançâmes, une fureur guerrière s'empara de nous...

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« Le grand moment était venu. Le barrage roulant s'approchait des premières tranchées. Nous nous mîmes en marche... Ma main droite étreignait la crosse de mon pistolet et la main gauche une badine de bambou. Je portais encore, bien que j'eusse très chaud, ma longue capote et, comme le prescrivait le règlement, des gants. Quand nous avançâmes, une fureur guerrière s'empara de nous, comme si, de très loin, se déversait en nous la force de l'assaut. Elle arrivait avec tant de vigueur qu'un sentiment de bonheur, de sérénité me saisit.

L'immense volonté de destruction qui pesait sur ce champ de mort se concentrait dans les cerveaux, les plongeant dans une brume rouge. Sanglotant, balbutiant, nous nous lancions des phrases sans suite, et un spectateur non prévenu aurait peut-être imaginé que nous succombions sous l'excès de bonheur. »

Ernst Jünger, Orages d'acier

 

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