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02/07/2018

L'Europe ne se fera pas dans la négation de soi au nom de l'accueil de l'Autre

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01/07/2018

Hannah Arendt : "C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal"

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La pensée d'Hannah Arendt nous permet de réfléchir à ce que nous vivons aujourd'hui et prend une acuité exceptionnelle sur certains thèmes : les frontières, le futur de l'Europe, la fragilité de la démocratie, l'exil... Éclairer l'actualité de sa pensée intempestive.

 

 

Mieux connaitre cette pensée qui n’est pas si facile, cette pensée qui peut être finalement un peu trop schématisée, cette pensée qui est convoquée, y compris par les politiques en ce moment. C’est une pensée qui est utilisée en termes de communication politique et idéologique, or c’est une pensée d’une complexité intense, qu’il faut essayer de décrypter à plusieurs niveaux : philosophique, intellectuel… C’est une pensée qu’il faut contextualiser historiquement, car Hannah Arendt s’est alimentée aux grands drames de l’Histoire ; elle a pensé ce qu’elle a vécu. Une vénéneuse coïncidence entre sa vie et la pensée de ce qu’elle a enduré dans sa chaire et dans son esprit. Vivre avec Hannah Arendt. Comment vivre avec Hannah Arendt, avec les pensées fulgurantes qu’elle a eues, les concepts qu’elle a développés, les hésitations, les volte-face ?

"Hannah Arendt est l'une des intellectuelles les plus importantes du XXe siècle. Son oeuvre irrigue tant la philosophie que la politique et l'éthique. Penseuse des chaos du monde et militante antinazie de la première heure, elle fut à la fois une combattante des droits de l'homme, une théoricienne des périls qui menacent la démocratie, une penseuse de l'antitotalitarisme et une femme engagée dans les principaux combats du siècle. Penseuse de l'événement, philosophe de la fragilité humaine, elle a vécu dans sa chair ce qu'elle a théorisé. C'est sans doute aussi pour cette raison que son oeuvre nous bouleverse plus de quarante ans après sa mort." Laure Adler

 

Un débat du cycle "SUPRAMUROS" enregistré en juillet 2017 dans le cadre du Festival d'Avignon, images fournies par Théâtre Contemporain. Laure Adler, journaliste, productrice de "L'heure bleue" sur France Inter

Eric Fassin, sociologue, professeur, Université Paris 8

Christiane Cohendy, comédienne et metteuse en scène

Michaël Fœssel, philosophe, professeur, École polytechnique

Valérie Gérard, philosophe, directrice de programme, Collège International de Philosophie

Yves Jeanneret, professeur émérite, Université Paris-Sorbonne

Thierry Ternisien d’Ouville, auteur de Réinventer la politique avec Hannah Arendt.

 

 

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SOURCE : France Culture

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"Je ne suis pas un homme, MONSIEUR"...

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A écouter... pour mesurer le fond du gouffre ontologique dans lequel ces sinistres olibrius cherchent à nous enchaîner...

 

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25/06/2018

Olivier Clément, un théologien orthodoxe...

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Olivier Clément

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Erdogan aime la France, par Kamel Daoud

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L’écrivain Kamel Daoud explique les raisons pour lesquelles le dictateur turc a choisi la France comme ennemie, jusqu’à en faire la cible favorite de son expansion.

Le vrai architecte d'un état islamique futur est Erdogan. Il fera la guerre pour le construire, tôt ou tard.

Pourquoi Erdogan a-t-il besoin de la France comme ennemie ? Les raisons sont multiples. D’abord ce pays incarne, dans la littérature islamiste, l’antithèse utile : sa laïcité est le contraire du califat. Autrefois, l’ennemi des peuples émancipés était « l’Amérique impérialiste », aujourd’hui, l’ennemi de l’islam, c’est la France, selon la propagande en vogue. On est passé, lentement, des harangues sur le socialisme des opprimés et ses supposées vertus à l’islamisme des exclus et ses « droits ». Au sud du monde, dans la planète d’Allah, le mot « laïcité » est synonyme d’athée, de mécréant, d’agent de l’Occident, de traître. Des années auparavant, la propagande islamiste a même réussi son premier attentat étymologique sur ce mot, et les défenseurs de la liberté dans le monde dit arabe passent désormais pour des agents de la main étrangère. Attaquer la France, c’est donc exacerber cette opposition et se faire passer pour l’avocat des musulmans contre ceux qui veulent leur voler leurs âmes, c’est-à-dire leur religion. Erdogan le sait et en use. Sans la France laïque, le califat turc manquera de passion et de cible.

Erdogan a aussi besoin de la France comme ennemie, car c’est le cœur de la question communautaire en Occident. Si la France trouve une solution pour ses Français exogènes et ses communautés musulmanes, l’Occident suivra. Si la France réussit à imposer des lois républicaines malgré les radicalismes, l’Europe suivra. Le dictateur turc sait que les communautés sont le cœur de ce pays, sa faiblesse, son angoisse, son échec et sa possibilité de dépasser ses crises. Exacerber les tensions, récupérer les exclus, se faire passer pour l’avocat des communautarismes et le héros de la réparation de leur « humiliation » est un puissant levier. Erdogan joue sur la carte des musulmans d’Europe en Allemagne, mais c’est en France qu’il peut espérer un échec et mat symbolique sur cette question. Les Maghrébins sont orphelins de figures fortes, en rupture avec les régimes de leur pays d’origine, déçus ou frustrés ? Le Turc s’y présentera comme l’homme fort de leur faiblesse.

Erdogan a aussi besoin de la France car il peut y jouer sur la mémoire du trauma colonial. Rien de mieux que la France pour parler de colonisation et donc recruter les décolonisés, leurs fils et arrière-petits-fils à qui on a transmis, dans l’indistinct, le souvenir collectif. Les Ottomans ont affaibli le Maghreb, l’ont spolié, l’ont saccagé et taxé, ils l’ont soumis, mais c’est de la France coloniale qu’Erdogan aime discourir quand il veut parler de l’Algérie. Tout autant que les islamistes algériens qui le voient comme protecteur et se représentent le saccage ottoman comme le souvenir d’une heureuse soumission à un autre musulman. Le dictateur use de cette mémoire pour contrer celle du génocide arménien, il en use pour répondre aux présidents français, pour se faire moqueur, donneur de leçons, magnanime libérateur et décolonisateur rétroactif.

Erdogan aime la France parce que ce pays ne sait pas quoi faire avec ses musulmans, qui sont nombreux. Alors il vient leur parler de colonisation pour les rassembler, d’islam pour les recruter et de la laïcité pour qu’ils se sentent différents et attaqués.

L’homme a su tirer profit de trois autres segments de recrutement internationaux : le financement des mosquées, que l’Arabie tend à délaisser pour raisons internes ; la cause palestinienne, dont il fait commerce en convoquant les « musulmans » du monde selon ses besoins, usant des morts comme on use de petite monnaie ; l’internationale des « frères musulmans » qu’il a su récupérer et contrôler.Au final ? Pour parler de « l’Etat islamique », on parle tous de Daech, ses vidéos, ses massacres et horreurs. Pourtant, cela reste un spectacle. Le vrai architecte d’un Etat islamique futur est Erdogan. Il fera la guerre pour le construire, tôt ou tard. Son projet n’est pas le délire sanguinaire de groupes armés en Irak et en Syrie, mais une lente construction, une mainmise sur une partie du monde. Ses « brigades » peuvent vous attaquer en Algérie si vous en dites du mal et il peut aller haranguer ses foules en Allemagne et en Bosnie. Un jour, ces « brigades » seront armées et la guerre sera « sainte ».

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SOURCE : Le Point du 7 Juin 2018

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12/06/2018

No Milk Today...

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Cliquez sur la photo...

La PMA ? Pas de problème... En revanche, allaiter son enfant au sein ? C'est discriminatoire ! Ce monde est de plus en plus taré !

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En avril dernier, une femme qui allaitait dans un local de l’université de Parme, en toute discrétion, a été éloignée. Car son allaitement était discriminant !

L’Ordre des Obstétriciens italiens a défendu cette femme : « Un geste physiologique et naturel qui doit être protégé, promu et soutenu. » Mais pas selon la revue Pediatrics qui en fait une critique que l’on pourrait qualifier de loufoque si le sujet n’était si grave : « Associer la nature à la maternité peut par inadvertance soutenir des argumentations biologiquement déterministes sur le rôle des hommes et des femmes dans la famille (par exemple, que se devrait être principalement les femmes qui devraient prendre soin des enfants). […] Faire référence au "naturel" dans la promotion de l’allaitement au sein peut par inadvertance soutenir une série de valeurs sur la vie familiale et sur le rôle des genres, qui serait éthiquement inappropriée. »

En bref, allaiter au sein est un geste que peuvent seulement faire les femmes et non les transsexuels ; allaiter au sein fait appel au rôle naturel établi par mère nature. Donc il faut l’interdire parce que source de discriminations !

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SOURCE

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Mère Nature est vraiment dégueulasse !

Il n'y a rien de plus beau qu'une maman qui allaite son enfant... ça devrait nous plonger dans une élévation d'âme et de coeur... il n'y a que des esprits tordus (fabriqués à la pelle par notre sinistre époque) pour y voir quelque chose de choquant, de supposé "discriminant", ou autre... Dans ma Serbie campagnarde (même au temps du communisme) une mère sortait son nichon en public, à la gare, dans un train, sur un banc, n'importe où... pour nourrir son enfant et à part quelque regard attendri cela ne provoquait pas le moindre remous... quelqu'un qui lui aurait fait une remarque se serait fait admonester par la grande majorité des personnes présentes qui, d'ailleurs, détournaient la tête par courtoisie pour laisser la maman et son enfant dans leur sublime intimité en cet instant personnel et empli d'amour...

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23/05/2018

La plupart des chrétiens baptisés flottent dans le siècle au petit bonheur des remous, comme des choses mortes

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ENTRETIEN AVEC LE PÈRE DÉSIRÉ BONVENT, DOMINICAIN

 



 

 

P. Bonvent : – Dans votre préface au recueil anthologique Le Verbe dans le sang, où vous présentez l’écrivain argentin Leonardo Castellani et son oeuvre, vous affirmez que l’apocalypse a déjà commencé. Si nous sommes entrés dans l’apocalypse, comme vous dîtes, quelles sont les choses dévoilées et révélées, puisque le mot « apocalypse » ne signifie pas seulement « catastrophe », mais aussi « dévoilement » ou « révélation » ?

– Parmi les révélations en cours, il y a en a une qui concerne le PÉCHÉ. L’apparition de nouveaux mots pour désigner ce qu’on appelait autrefois les péchés capitaux nous en dit beaucoup plus sur la régression morale de notre temps que sur son évolution scientifique. Le terme d’ »addiction », qui a tant de succès, est un exemple frappant. Il est plus facile de s’asseoir dans la salle d’attente d’un addictologue que de s’agenouiller dans un confessionnal pour reconnaître qu’on est une canaille. Exit l’orgueil, exit l’envie, exit la paresse, exit la colère, exit l’avarice, exit la paresse, exit la gourmandise, etc. Un grand nombre des maladies psychiques recensées par la nomenclature actuelle, qui en rajoute chaque semaine une nouvelle, répondent à cette même volonté d’approcher les travers de l’homme, ses vices, ses perversions et ses ignominies millénaires – connues et combattues comme telles par la morale de toutes les sagesses du monde jusqu’à nos jours –, sous un angle « nouveau » et dans des termes « inédits », qui permettent au praticien et au patient d’entretenir un pacte de non-agression mutuelle quant à la vérité. Le patient se ment à lui-même, le praticien entretient le mensonge, et en retour le patient ne dénonce pas l’imposture du praticien: statu quo ante bellum. La médecine n’est pas la seule touchée: le phénomène a envahi toutes les autres disciplines, de la littérature aux sciences dites « humaines ».

La vérité sur l’être humain ne doit plus être dite. L’unique objectif est d’éradiquer la souffrance, pour adapter l’individu au système. Ce qui revient à amputer l’homme des signaux naturels qui l’informent de sa misère, et donc à transformer l’homme en un misérable qui s’ignore.

Longtemps après avoir été expulsés du Paradis originel, nous aurons donc fini par nous débarrasser de l’antique malédiction qui pesait sur notre race : nous avons expulsé l’idée même du péché, et tout se passe maintenant comme s’il n’existait plus, car nous en avons décidé ainsi. Puisque nous avons supprimé le mot péché, plus personne ne devrait pécher ; puisque la notion de péché a été abandonnée à cause des victimes qu’elle a faites, il ne devrait plus y avoir de victimes. Mais voilà, les faits s’entêtent et la réalité récalcitre.

L’une des choses que nous commençons à voir, c’est qu’en abandonnant la notion de péché, nous n’avons pas du tout éradiqué les travers de l’homme ni sa violence. Bien au contraire, cette violence n’a cessé d’augmenter et de se rapprocher de nous : il n’y a qu’à constater le déchaînement d’hostilité et d’acrimonie de tous contre tous, ces furieuses croisades du ressentiment, ces campagnes inquisitoriales permanentes, à toute heure du jour et de la nuit, à l’échelle du globe comme à l’intérieur même des familles, qui sont en train de rendre impossible jusqu’au simple exercice de la réflexion. Conclusion : en privant l’homme de la notion de péché originel, non seulement on a déchaîné la violence et la persécution, mais on a privé les hommes de la rédemption et des moyens du salut qui lui étaient attachés.

L’apparition récente d’une formule telle que l' »ère de la post-vérité » s’inscrit dans la même volonté. « Post-vérité », n’est-ce pas pimpant et printanier, avec un je ne sais de quoi de leste et portatif, qui caractérise les gadgets qu’on garde sur soi en toutes circonstances ? Quand j’achevais Le Verbe dans le sang en 2016, le dictionnaire d’Oxford décernait au nouveau « concept » le titre de mot de l’année. Je crois qu’il est entré dans le Larousse et le Robert depuis. Il s’agissait au départ d’un vocable critique, désignant l’empire de l’émotion et de l’opinion, mais il incarne à lui seul toute notre époque, dont les principaux progrès dans l’hypocrisie et la veulerie se font au nom de la correction « éthique et responsable ». Cette fois, il s’agit d’enregistrer définitivement la disparition de la notion de MENSONGE. Mentir, dissimuler, tromper, se duper soi-même, tricher, trahir, truquer, travestir, fausser, falsifier, déformer, dénaturer, pervertir, corrompre, euphémiser, sophistiquer, calomnier, porter un faux témoignage contre son prochain: ce sont des péchés, et des péchés graves. Mais les hommes ne veulent plus discerner le vrai du faux, ni le bien du mal. Or discerner le vrai du faux et le bien du mal, c’est la définition générique de toute pensée depuis qu’il y a des hommes, et qui pensent.

La pensée, – ce que nous appelions autrefois le discernement, l’entendement, le jugement –, est sur le point d’être abolie. Comme la pensée est un effort vers la vérité, et que la vérité est la condition sine qua none de la liberté, la liberté de l’homme se trouve elle-même en voie d’abolition programmée.

Tout doit entrer dans la grande fiction universelle, et comme l’ont seriné à loisir les Foucault et les Deleuze, la vérité est un « récit comme un autre », plus ou moins efficient, plus ou moins divertissant, etc. Le Consentement Général à l’Erreur, que prophétisait Pascal, est sur le point de s’achever. Et comme l’ajoutait le même Pascal, c’est le consentement général à l’erreur qui précipitera la fin.

P. Bonvent :Où sont les derniers chrétiens, et que font-ils face à ce « consentement général à l’erreur »?

Ce qu’il faut d’abord comprendre, c’est que le christianisme historique a été emporté par le courant. Et la plupart des chrétiens baptisés flottent dans le siècle au petit bonheur des remous, comme des choses mortes. En moins de deux cents ans, nous sommes passés du chrétien comme membre du Corps du Christ à l’individu chrétien comme membre de la Société, puis de l’individu chrétien au chrétien militant, puis du chrétien militant au militant chrétien, puis du militant chrétien au militant tout court. Et qu’est devenu le militant tout court? Un profil facebook, un usager télématique qui répond mimétiquement à toutes les provocations mondaines, qui obéit aux impératifs collectifs de reconnaissance, de réussite, de mobilisation et de sollicitude terrestre, avec la peur d’être exclu de la foule.

Moralité : le chrétien, de persécuté qu’il était, a rejoint la foule des persécuteurs.

C’est ce que la Tradition appelle la Grande Apostasie. Et cette apostasie générale nous apprend que nous sommes encore moins braves que Pierre, – lequel eut au moins le cran de revenir sur ses pas avant de renier trois fois son Maître.

P. Bonvent : – Ne trouvez-vous rien d’intéressant dans les dernières encycliques papales, notamment dans l’idée d’une « Ecologie Intégrale », qui fait la place au besoin de spiritualité à côté des autres nécessités matérielles?

– A son époque, Charles Péguy redoutait la chute du mystique dans le politique. Ne devons-nous pas redouter maintenant la chute du mystico-politique dans l’écologique ? Il semble que le mystique ne fasse plus que chuter, désormais. Les lois de la gravitation fonctionnent aussi dans le domaine de l’esprit, et elles sont sans pitié. Il en va de l’idée d' »Ecologie Intégrale » comme de la « Justice Sociale » et du « Progrès technique », dont elle semble, par certains aspects, une forme de fusion rêvée et idéalement conçue pour s’agréger au programme de la dictature « éclairée » qui s’annonce. Aussi, répondons avec Castellani sans tourner autour du pot : « Il ne suffit pas que les Papes produisent de grandes encycliques pour défendre la Justice Sociale -(ou « l’Ecologie Intégrale » dirions-nous) -; il faut que des hommes d’obédience catholique, doués d’une authentique vocation politique, incarnent leurs doctrines dans les institutions, au prix de leur vie, si besoin est ».

Quels risques prend-ton à répéter ce que tout le monde veut entendre ? Personnellement, je n’ai jamais éprouvé un quelconque « besoin de spiritualité » ; ce serait plutôt la spiritualité qui a besoin de moi. Dieu a besoin d’être soutenu dans ce monde ; son Esprit a besoin d’hommes qui veuillent bien de lui. Et ceci plus que jamais, car nous ne souffrons pas du tout d’une « fatigue du sens », – même si le Sens aurait quelques raisons de sentir une lassitude infinie à notre égard –, mais d’une fatigue du sang. Ce sang qui est toute notre ardeur à dire vrai et à être vrai, au prix coûtant. On ne sait pas très bien ce qui coule dans les veines des hommes aujourd’hui; il semble qu’il s’agisse d’un liquide au petit débit et à la température assez basse.

Le monde peut se raconter ce qui lui chante, se faire croire que des solutions inédites et des remèdes nouveaux vont enfin faire descendre le Bonheur sur la Terre : le monde est monde, et c’est sa nature de monde de s’illusionner et de se duper lui-même. Demain, ah, demain, tout ira mieux ! Quant au don de l’Éternel présent, il peut attendre. Au fond, la guitare change, mais on joue toujours la même petite chanson lamentable : « All you need is love »… alors qu’en réalité c’est exactement l’inverse : « All love need is you ». Qui a dit que nous avions besoin d’amour ? C’est l’Amour qui a besoin de nous, et pas plus tard que tout de suite.

P. Bonvent: – Ne pensez-vous pas qu’un grande partie de nos maux trouvent leur origine dans des mouvements « révolutionnaires » comme mai 1968, par exemple, à commencer par l’effondrement de l’autorité paternelle ?

Nous sommes entrés dans l’ère des révolutions perpétuelles; les dernières en date sont la révolution numérique et la révolution bio-technologique, et il en vient d’autres, encore plus cocasses; c’est-à-dire que nous sommes entrés dans l’ère du définitivement révolu. Ce qui est définitivement révolu, c’est notre colossale prétention à maîtriser le monde et à y vivre en paix. Les révolutions signifient l’absence d’ordre stable, l’absence d’ordre stable signifie la croissance indéfinie du chaos, qui signifie l’auto-destruction de l’humanité, à brève ou moyenne échéance. Tout comme Leonardo Castellani, je ne suis pas plus révolutionnaire que réactionnaire ou partisan du conservatisme. Mais surtout, je ne suis pas un adepte des causes fallacieuses. Sauf le respect que je vous dois, juger que nos problèmes ont pour origine la crise de 68 n’est pas très sérieux. Nos « problèmes » ont commencé avec Adam et Ève, c’est-à-dire avec la première tentation de l’orgueil ; ils se sont aggravés avec Caïn et Abel, c’est-à-dire avec le premier meurtre. Et depuis, comme disait Jacques Bainville, tout a toujours très mal marché.

Voilà des lustres et même des siècles qu’on parle de la crise de l’autorité, comme si la remise en cause de l’autorité était la cause de la crise. La cause de la crise, c’est le contraire de l’autorité, et le contraire de l’autorité, c’est la fausse autorité. En 68, le contraire de l’autorité ne se trouvait pas dans la horde de jeunes chevelus en col Mao, mais dans une fausse autorité qui s’était substituée à la vraie. Et l’on peut penser à bon droit avec Castellani qu’il en fut ainsi pour la Révolution Française ; la disparation de la noblesse ne vint pas de la revendication de la plèbe, mais de l’apparition d’une fausse noblesse : « Le plébéien n’est pas le contraire du noble ; le contraire du noble, c’est le faux noble. Ce ne sont pas les plébéiens qui furent la cause de la Révolution Française, mais les fils de la noblesse et les curés corrompus du genre de Talleyrand et Philippe Egalité, eux qui se servirent du ressentiment de la populace parisienne comme d’un levier – que ce ressentiment fut justifié ou non ».

En passant, observez que si l’autorité n’était pas plus ou moins devenue une bouffonnerie après la Seconde Guerre Mondiale, un bouffon comme Louis de Funès n’aurait jamais pu parodier les comportements « autoritaires » avec une justesse aussi saisissante. En tant que petit employé, il avait longtemps subi les caprices de quantité de patrons et de sous-chefs, et savait très bien à quoi s’en tenir sur la dignité de leur caporalisme. On ne parodie bien que ce qui a commencé à se parodier tout seul.

L’effondrement de l’autorité paternelle est un désastre, mais prendre les effets pour les causes en est un autre. Qu’étaient devenus beaucoup des pères de la grande bourgeoisie au début des Trente Glorieuse ? Des rivaux de leurs fils, aspirant aux mêmes objets et aux mêmes plaisirs qu’eux, ne voulant renoncer à aucune des promesses hédonistes de la société de consommation. Autrement dit, ils étaient devenus de faux pères. Ils avaient cessé d’être des modèles avant que leurs enfants ne s’avisent de leur désobéir, et ils n’étaient déjà pas respectables quand leur progéniture leur a manqué de respect. Cette progéniture a parfaitement compris la leçon, d’ailleurs, de la façon la plus simple qui soit: en général, elle n’a pas eu d’enfants. Du coup, vous pouvez vous rassurer: comme cette solution s’est propagée et que l’absence d’enfants ne cesse d’augmenter (si je puis dire), notre horizon se présentera bientôt absolument vierge de tout problème d' »autorité paternelle ».

P. Bonvent : – Quelle serait la position de Leonardo Castellani par rapport à la brûlante question des « migrants » qui menacent d’envahir l’Europe ?

Cette question concerne la pauvreté. La PAUVRETÉ: encore une notion que la religion chrétienne a pensée comme nulle autre religion avant elle. C’est un état que le christianisme a élevé au rang de vertu. Castellani observait dans l’histoire de l’Eglise l’abandon progressif de la pauvreté évangélique et de ce que cette pauvreté signifie dans sa radicalité. Aujourd’hui, il ne dirait pas aux « migrants » de venir chez les riches pour fuir la pauvreté. Il ne leur dirait pas non plus de rester chez eux pour devenir riches là-bas. Il leur dirait que la pauvreté les sanctifie et qu’ils sont plus proches du Royaume de Dieu que tous les riches du monde. Il leur dirait que, de toutes les conditions terrestres, la pauvreté est la meilleure condition pour s’entraider et pour s’aimer les uns les autres. Il leur dirait que le Ciel appartient aux Pauvres et aux Simples. Bien sûr, il prendrait en compte tous les facteurs socio-économiques et géopolitiques, les guerres et les injustices, la propagande et les manipulations oligarchiques, et la misère qui n’est pas la pauvreté, etc., mais en définitive, voilà ce qu’il dirait, sans aucun doute. Et il croirait ce qu’il dit. Le Christ lui-même dirait-il autre chose ? Non. Ce pourquoi on le crucifierait à nouveau, avec une bonne conscience impeccable, car sa Parole demeure « scandale pour les juifs » et « folie pour les païens ».

Je n’ignore pas que cette Parole est impossible à entendre de nos jours; mais il faut préciser que tel a toujours été le cas. Et puis, en effet, qui sommes-nous pour fermer notre porte aux pauvres, nous qui sommes si riches et si heureux d’être riches ? Enfin, qu’allons-nous devenir si notre horreur de la pauvreté ne nous permet plus de masquer notre misère dans les richesses? Les Européens sont tellement malheureux qu’ils ont un besoin vital qu’on les envie et qu’on les prenne pour des modèles : ergo, ils sont piégés par leur propre vanité, et il est logique qu’ils le soient.

Nous n’allons pas refaire le débat sur l’Eglise et la question migratoire dont Laurent Dandrieu a posé les termes récemment (Voir "L'Eglise et Immigration"). Ce que je veux dire, c’est que nous autres chrétiens, nous nous tirons d’affaire à bon compte en nous contentant de penser dans ces termes-là. Si quelqu’un interpellait tout à coup les pauvres du sud en leur brossant un tableau réaliste de ce qui les attend au nord, – c’est-à-dire rien d’autre qu’une existence de cochon parmi d’autres cochons qui rêvent de mourir vieux, voire de ne plus mourir du tout –, on peut s’interroger sur l’accueil que cette personne recevrait. Et en disant cela, je pense moins aux pauvres du sud qu’aux « riches » du nord.

P. Bonvent : – Vous êtes injuste et cruel ! Des cochons…

– Quand je dis qu’il n’y a que des cochons, je simplifie. Il y a aussi des araignées, des hyènes et des crotales. Et des vers solitaires…

P. Bonvent: – Vous êtes un ver solitaire ?

– Si c’est être perçu et se vivre soi-même comme une espèce de parasite indésirable dans cette grande machine dont l’abjection ne cesse de se perfectionner, certainement. Chaque nouvelle « avancée technologique » et chaque nouveau « progrès social » nous font sentir à quelle profondeur l’ancienne trinité occidentale, – qui unissait le Vrai, le Beau, le Bien, souvenez-vous ! –, a été condamnée. La liquidation de ce qui reste, par la purge éducative, sociale, institutionnelle, linguistique et machinique, n’est plus qu’une question d’heures, ou de minutes.

Et peut-être moins… Je viens d’apprendre qu’un metteur-en-scène italien, sur la suggestion du directeur de l’Opéra de Florence, a « corrigé » la fin tragique et violente de Carmen de Bizet, pour la rendre « plus conforme à la cause féminine » (sic). Nous y sommes, donc. Le faux corrige le Vrai, les ténèbres illuminent la Lumière. Ayant besoin d’argent, je propose aux éditeurs intéressés par la « cause » de réécrire tout le final de Madame Bovary (à partir du chap. VIII de la dernière partie); Flaubert, qui était un vrai phallocrate, pousse son héroïne au suicide et se délecte dans la description d’une agonie qui n’est pas très respectueuse de l’image de la femme et de ses droits; je crois que la jeune épouse frustrée de Yonville mérite d’obtenir un prêt bancaire à taux zéro, pour satisfaire enfin toutes ses « envies de femme » ; et je lui assurerai une carrière heureuse à Paris, dans la défense de l' »écriture inclusive » par exemple, ou dans la mode. Il y a aussi Andromaque, au veuvage névrotique et puritain, ou Phèdre, dont Jean Racine (J’enracine, quel vilain nom) a méchamment culpabilisé le très innocent désir sexuel qu’elle éprouve pour son beau-fils. Ou Madame Verdurin, dans A la Recherche du temps perdu, dont le portrait féroce et carrément odieux, disons-le, nécessiterait une bonne refonte, dans un esprit plus girl friendly… Bien sûr, dans le cas de Proust, ce serait un peu plus cher, car ses chapitres sont longs et son bouquin compte vraiment beaucoup (trop) de pages.

 

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SOURCE : Chez ERICK AUDOUARD

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29/04/2018

Rapport Borloo, "une erreur de diagnostic"

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L'ancien élu PS et président de SOS-Racisme appelle à "rétablir l'ordre républicain", avant l'adoption de toute mesure.

"L'heure n'est plus aux rapports d'experts, l'heure est à l'action". Les premières lignes du rapport sur les banlieues de Jean-Louis Borloo, remis ce matin au Premier ministre Edouard Philippe, annoncent 19 "programmes" pour réparer et redynamiser les quartiers oubliés de la République. Sans convaincre pour autant Malek Boutih, ancien député PS de l'Essonne, ex-président de SOS-Racisme et récent auteur lui-même d'un rapport sur la radicalisation de la jeunesse.

Dix-neuf programmes pour l'éducation, l'emploi, les transports, la sécurité... Après lecture du rapport, diriez-vous que les quartiers ont enfin des raisons d'espérer ?

Ce rapport porte la marque de l'ingéniosité et de l'esprit de Jean-Louis Borloo, mais il est voué, comme tout ce qui a été entrepris précédemment, à un échec profond. Parce qu'il est basé sur une erreur d'analyse fondamentale, qui consiste à penser que la banlieue dysfonctionne sur l'encadrement, le social, l'économie, alors que dans ces territoires, c'est la République qui est en train de s'effondrer. Le temps passant, l'accumulation des erreurs politiques a changé la nature de certains territoires où règne désormais le désordre social. Ce sont des territoires en marge de la République.

Ces quartiers "en marge" doivent-ils bénéficier d'un traitement différent des autres territoires, ce qui semble être la philosophie profonde du plan Borloo ?

Le rapport préconise une sorte de "Make banlieue great again". Mais ce temps est révolu. Soit la banlieue rejoint la France, soit la fracture qui est déjà terrible va continuer à s'aggraver. La banlieue est vue dans ce texte comme une start-up potentielle pour la France. Il s'agirait plutôt de renouer avec une tradition très ancrée : celle d'une République garante du traitement égalitaire de tous les citoyens, pas seulement les plus géniaux ou les plus excentriques. Nous devons normaliser ces quartiers. Oui, il peut y avoir des réalités sociales différentes, mais pas de "pays" dans le pays.

Quitte à renoncer à toute discrimination "positive", comme la création de cette "académie des leaders" qui serait réservée, dans un premier temps, aux jeunes des quartiers ciblés ?

L'objectif, c'est d'envoyer ces jeunes à l'ENA, pas dans la sous-ENA. Je préfère avoir cinq jeunes issus de ces quartiers à l'ENA plutôt que mille dans une sous-ENA. Parce que la lecture, en creux, c'est que l'on considère que la population et ces zones territoriales ne peuvent plus avoir une espérance dans ce pays. C'est de la charité politique, pas une politique républicaine.

Qu'entendez-vous exactement par une "politique républicaine" ?

Commencer par rétablir un ordre républicain social. Le "gangrénage" par la violence détruit tous les efforts de ceux qui continuent à se battre dans ces territoires. Prenons le cas de l'Education nationale : le rapport s'appuie sur des stéréotypes complètement faux. Certes, il s'agit de milieux populaires et pauvres, mais aujourd'hui, c'est la violence qui empêche les gosses de pouvoir étudier, et qui conduit les parents à les envoyer dans des écoles privées. Il y a une rupture de confiance totale. Les gens ne croient plus à l'Etat pour assurer la sécurité et l'avenir de leurs enfants. L'éducation, c'est un problème de décomposition sociale, mais aussi de violence. Il y a urgence à faire de toutes les écoles de la République des bastions de tranquillité, à l'abri des voyous et de tous ceux qui veulent faire du mal à la jeunesse. La police est donc une priorité, une condition sine qua non au lancement de tout processus. Le rapport n'en parle pas beaucoup, car il a été pensé à côté de la société. Une fois que l'ordre républicain est rétabli, vous pouvez engager des mesures. Ca doit être l'objectif prioritaire. Un objectif simple, mais qui paraît aujourd'hui inatteignable. Et c'est cela qui est inquiétant.

Pour vous, ces 48 milliards d'euros promis par le rapport ne serviront donc à rien ?

Ce rapport est une boîte à idées, plus ou moins neuves. Avec quelques gadgets dans l'air du temps comme le développement du numérique. Le dispositif va finir comme une petite poire financière, pour étancher la soif pour les villes en difficulté et répondre aux cris d'alarme des élus, comme Stéphane Gatignon. On tend un filet pour retenir ces zones sous contrôle. Au final, il restera une petite enveloppe de 500 millions d'euros par an. Il y aura trois ou quatre expériences pilotes, du grain à moudre pour les éditorialistes, mais la décomposition, elle, va suivre son cours.

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SOURCE : L'Express

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28/04/2018

« Plan banlieues » de Borloo : Rachida Dati sort la sulfateuse

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LE SCAN POLITIQUE - La maire du VIIe arrondissement de Paris estime que l'ancien ministre « veut sauver les banlieues avec les vieilles recettes » qui « ont pourtant déjà échoué ».

Ne parlez pas à Rachida Dati du « plan banlieues » de Jean-Louis Borloo. « Des vieilles recettes », juge la maire LR du VIIe arrondissement de Paris, au lendemain de la présentation à Matignon du rapport de l'ancien ministre. Dans un communiqué, l'ex-garde des Sceaux estime vendredi que Jean-Louis Borloo « veut sauver les banlieues » après « avoir échoué à électrifier l'Afrique », réféfence à la fondation « Energies pour l'Afrique » lancée en 2015.

« Le fil conducteur de ce plan, c'est encore des milliards supplémentaires à fonds perdus pour de l'assistanat. Et ce alors que depuis 2004 et la création de l'ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine, NDLR) plus de 60 milliards d'euros ont été déversés sur ces quartiers dits populaires », attaque l'eurodéputée qui estime que les résultats ne sont pas au rendez-vous malgré les fonds débloqués. « Alors à quoi vont servir ces 48 milliards (le montant des investissements réclamés par Jean-Louis Borloo, NDLR) d'impôts supplémentaires ? À financer une École Nationale d'Administration pour banlieusards, alors que le décrochage scolaire intervient dès le collège, que la violence et la désintégration républicaine gangrènent une partie de ces territoires. Et ce n'est pas la tarte à la crème "du numérique" qui empêchera les fractures », fustige Rachida Dati, en écho à certaines des propositions formulées jeudi.

C'est aussi sur le terrain de la sécurité que l'ancienne ministre de la Justice éreinte Jean-Louis Borloo : « Il est proposé de remplacer les “grands frères” des années 90 par ce qu'il qualifie de “nouvelles Marianne”, les mères comme femme-relais en les assignant au pied des immeubles », note-t-elle. Et de glisser : « Quel mépris et quel sexisme ! » « Ce plan ne comporte ni responsabilité, ni devoir, ni sécurité. Alors non, les impôts des Français ne doivent pas contribuer à notre affaiblissement, pour la seule bonne conscience de ceux qui méprisent ou victimisent les habitants de ces territoires », tance Rachida Dati.

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SOURCE : Tristan Quinault-Maupoil, pour Le Figaro

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5 milliards d’euros !

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Une amie sur Facebook, qui n'a pas sa langue dans sa poche; a déclaré : "Le prix de la Djizîa a été fixé par Borloo à 5 milliards d’euros !"

 



 

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15/04/2018

Jean Louis Caccomo, le cas édifiant d’un prof interné pour ses idées...

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L'hallucinant témoignage de Jean-Louis Caccomo, un professeur d'Université interné psychiatriquement, en France (!!!!!!!), en raison de ses idées Libérales... A regarder de bout en bout... et à faire circuler.

Son témoignage démarre à 7min17sec... 

 

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13/04/2018

Le Gauchisme en Action à l'Université Paul Valéry (Montpellier)...

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10/04/2018

Gaza : autopsie d'un mensonge hystérique

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Tribune. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l'actualité.

L'hystérique est allergique au fait.

Il ne réagit qu'aux cris et à la fureur.L'hystérique aime la foule et la foule est hystérique. C’est dans ce cadre délirant qu’ont donc réagi les gauchistes hystériques à propos des manifestations de Gaza.
Le titre d’un article publié par Mediapart en résume bien toute la stupide folie : « La Shoah des palestiniens » … D'abord les mensonges et ensuite les faits. Le mensonge, éhonté, est que la « société civile » de Gaza, pour reprendre l'expression de la correspondante de la radio active de service public France Inter, a souhaité organiser une manifestation pacifique à la frontière avec Israël pour promouvoir le droit au retour des palestiniens sur leurs terres desquelles ils ont été expulsés il y a 70 ans par les sionistes détestés. Les soldats israéliens auraient tiré sans raison en tuant 17 manifestants pacifiques et en en blessant plus d'un millier. C'est sur la base de ce mensonge qu'une partie des médias idéologisés et l'ensemble de la gauche française a réagi sans aucun besoin de vérification, tant le mensonge était délicieux.

Les faits à présent. Ces manifestations étaient encadrées par le Hamas islamiste, considéré par l'Europe et les États-Unis comme une organisation terroriste et qui gouverne impitoyablement à Gaza.

La notion de « société civile » indépendante à Gaza est une triste plaisanterie pour amuser la galerie. Le but était annoncé à l'avance : franchir la frontière israélienne dans le cadre du retour pour les terres volées par l'entité sioniste. Cependant, parmi les 17 tués, se trouve 11 membres des organisations terroristes Hamas et Jihad islamique dont on pouvait aisément deviner les intentions pacifiques, la frontière une fois passée. Les autorités israéliennes ont montré les photos et conservent le corps de l'un de ceux-ci en espérant un jour l’échanger contre les dépouilles de soldats israéliens que le Hamas refuse de restituer sinon contre des terroristes emprisonnés. Quant aux blessés, les Israéliens estiment leur nombre à une douzaine en comparaison avec le millier dont le chiffre a été accepté sans barguigner par les médias internationaux confiants dans le sérieux et la bonne foi du Hamas. Pour être complet, il faut reconnaître qu'il n'y avait pas que des terroristes à l'intérieur de la foule Gazaouie : Il y avait aussi des enfants en bas âge. Il n'est de bonne action terroriste sans l'utilisation de boucliers humains.

Quand le bouclier a cinq ans, c'est bien. Six mois, c’est mieux.
C'est donc dans ce cadre factuel et politique que la gauche médiatique a sur-réagi comme à sa délicieuse habitude.

Trop heureuse, inconsciemment sans doute, de faire oublier le dernier assassinat sur une vieille dame juive commis par l'antisémitisme d’origine islamique sur le territoire français.

Il aurait fallu sans doute, qu'à la fois, Israël, militairement, accepte le risque terroriste et tolère le franchissement de sa frontière incontestée depuis qu'il a évacué unilatéralement Gaza et , politiquement , entérine ce droit au retour de descendants de descendants, qui signifie sa mort, évidemment.

À la décharge de la gauche médiatique et politique française, il faut reconnaître que la notion de frontière et d'existence nationale est une notion barbare dès lors qu'il s'agit d'un État occidental à défendre.

Les mêmes en effet acceptent pour les peuples non occidentaux, les revendications identitaires et nationales les plus intransigeantes.

C'est ainsi par exemple qu'ils comprennent parfaitement l'exigence palestinienne de ne plus voir traîner le moindre juif… en Judée.

C'est donc dans ce cadre idéologique hystérique qu'on a assisté dimanche à Paris à d'étranges comportements. Ainsi, Olivier Faure, président tout frais d'un parti socialiste refroidi, n'a pas craint de comparer très pieusement et très intelligemment en ce jour de la pâque juive, La marche du Hamas à l'ouverture de la mer rouge par Moïse…

Il n'était évidemment pas question que les Insoumis soient en reste dans cette compétition pour les voix de certaines cités insoumises. Afin sans doute de faire pardonner leur tentative de rendre hommage à une survivante de la Shoah assassinée, une centaine se sera rassemblé pour conspuer les autorités de l'État juif.

Il sera donc acté que ceux qui n'auront pas organisé la moindre manifestation en solidarité des 500 000 Syriens assassinés par l'islamisme, ou en faveur des opposants démocrates vénézuéliens fusillés en pleine rue par un régime communiste, se seront déplacés pour soutenir au moins indirectement un mouvement terroriste islamiste. On peut reprocher tout aux islamo-gauchistes, sauf d'être incohérents dans leur inepte inhumanité.

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SOURCE : Valeurs Actuelles

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09/04/2018

L'homme idéal existe (et il est ennuyeux)

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FIGAROVOX/TRIBUNE - Sophie Perrier est allée à la rencontre de l'homme parfait : il vit en Hollande, ne siffle personne dans la rue, s'occupe des enfants, fait le repassage et écoute sa partenaire en toutes circonstances. Le rêve !

Sophie Perrier est l'auteur de L'Anti-Macho, un livre drôle et décomplexé dans lequel elle dresse le portrait type de l'homme idéal dont rêve le féminisme.

Après l'affaire Weinstein, il est devenu clair que l'homme dont nous voulons est un homme respectueux, qui considère les femmes avant tout comme des êtres humains, ne les harcèle pas dans l'espace public et, surtout, n'insiste pas quand l'une d'elles lui fait signe qu'elle ne veut pas de lui.

Il est un pays où ces hommes-là sont légion: les Pays-Bas. Là, les hommes se sont adaptés à la nouvelle donne imposée par le féminisme particulièrement virulent des années 70. Ils travaillent désormais un jour de moins par semaine pour s'occuper des enfants et des tâches ménagères, tiennent compte de l'avis de leur compagne dans toutes les décisions, les traitent d'égal à égal au travail, ne les importunent pas dans la rue ou en soirée et s'assurent toujours des conséquences d'un rapport sexuel avant de l'entreprendre.

Respect, égalité et responsabilité sont les maîtres mots qui caractérisent l'attitude des hommes néerlandais envers la gent féminine. Les femmes d'autres pays auraient-elles intérêt à émigrer pour épouser cet homme idéal que toutes semblent appeler de leurs vœux aujourd'hui ?

Lorsque j'ai recueilli pour mon livre « L'Anti-macho » les témoignages d'une quarantaine de femmes entre 25 et 35 ans venues de tous les continents et installées aux Pays-Bas, j'ai entendu autant de rires que de pleurs. Certes, elles ne tarissaient pas d'éloges sur l'honnêteté, la fidélité, la véritable confiance qu'inspire l'homme hollandais et la profonde égalité qui régit les deux sexes dans toute la société. Mais la majorité d'entre elles étaient aussi perplexes devant le peu d'attentions qu'elles recevaient de la gent masculine: les hommes à Amsterdam ne leur proposent pas de porter leur valise, ne les raccompagnent pas le soir tard après une fête, ne tendent pas leur briquet lorsqu'elles sortent une cigarette et ne payent pas les additions pour deux. Si quelqu'un leur manque de respect, ils assistent à la scène et ne prennent pas leur défense. Égalité oblige, ils ne jouent pas le rôle de mâle protecteur, la femme étant censée s'assumer et se défendre elle-même.

À leur arrivée aux Pays-Bas, ces femmes étrangères se sont extasiées de pouvoir rester seules à lire pendant des heures dans un café sans se sentir la proie de regards masculins, de marcher dans la rue vêtue d'une minijupe sans se faire siffler. Et surtout, de ne plus connaître le phénomène dégoûtant des mains baladeuses dans les transports. Mais par ailleurs, elles regrettent l'absence d'interaction et de jeu avec les hommes dans les soirées ou les bars et se souviennent avec nostalgie de l'époque où elles se sentaient désirées et désirables. Celle où elles attendaient tranquillement que les hommes viennent à elles, au lieu de devoir prendre elles-mêmes l'initiative. Au bout de quelques années, elles arrêtent de mettre des jupes et de se maquiller, déçues du peu d'effet que ces efforts produisent. Elles trouvent les hommes « froids » et s'ennuient.

Elles apprécient sincèrement que le Hollandais ne les brusque pas et qu'il s'assure longuement que le désir est partagé des deux côtés avant d'en arriver au moment fatidique. Mais lorsqu'elles ne disent pas « oui » tout de suite, elles se retrouvent penaudes de le voir abandonner si vite et lui en veulent de ne pas avoir su lire entre les lignes : leur « non » était en fait un « demi-non » ou même peut-être un « oui » pour plus tard. Et lorsque le moment crucial arrive et que l'homme hollandais leur demande, encore, si elles sont vraiment sûres de vouloir « ça », elles s'impatientent et lèvent les yeux au ciel.

Ces témoignages lèvent le voile sur une réalité taboue : de nombreuses femmes ne sont pas prêtes à des relations qui se vivraient dans l'égalité parfaite. Sans qu'elles en aient toujours conscience, l'altérité entre les sexes, la séduction ambiante, le flirt même au boulot, font partie de leur mode de fonctionnement depuis toujours. Lorsque cela s'évanouit, elles ressentent d'abord un soulagement, puis un manque indéfinissable, ce « sel » dont elles avaient l'habitude et dont l'absence leur fait aujourd'hui trouver leur vie bien fade.

De nombreuses femmes crient aujourd'hui haut et fort qu'elles en ont assez d'être considérées comme des proies sexuelles. Mais celles qui se sentent opprimées ne comprennent pas qu'elles jouissent aussi, sans le savoir, d'un privilège énorme: celui d'être valorisées par les hommes pour le seul fait de leur féminité et d'être les bénéficiaires de milles petites attentions masculines. Celui d'attirer les potentiels partenaires à elles comme des aimants, d'être en mesure de choisir le bon et de repousser tous les autres. Celui d'obtenir d'eux des faveurs petites et grandes grâce à un regard ravageur, ou de se faire tout pardonner par quelques larmes attendrissantes.

En France, pays du romantisme où le charme régit encore profondément les relations entre les deux sexes, de nombreuses femmes, dont je fais partie, sont secrètement partagées. Sommes-nous vraiment prêtes, comme les Néerlandaises, à faire une croix sur le piquant d'une société où les relations entre hommes et femmes ne sont pas neutres ? Voulons-nous renoncer à la banquette au restaurant et ne pas rechigner à manier une perceuse ? Allons-nous, comme elles, expliciter nos désirs ou notre absence d'envie fermement et sans équivoque, quitte à casser un peu l'ambiance ? Ne plus nous penser avant tout comme des femmes délicates qui apprécient la protection des hommes, mais en premier lieu comme des êtres humains affirmés et autonomes ? Bref, sommes-nous prêtes à assumer, nous aussi, notre part vers le chemin de l'égalité ?

Mais au fait, est-ce bien cela que nous voulons ?

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SOURCE : Le Figaro

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25/03/2018

Pourquoi les végans ont tout faux

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Ils prônent une rupture totale avec le monde animal, alors que manger de la viande a toujours fait partie de l’histoire humaine, un moment essentiel de partage. Cette relation doit reposer sur un élevage raisonné et bio, respectueux des sols et des terroirs. La meilleure façon d’échapper à l’alimentation industrielle.

Ils sont peu nombreux, mais ils ont une audience impressionnante. Comme ce qu’ils disent semble frappé au coin du bon sens, celui de l’émotionnel et d’une morale binaire, le bien, le mal, c’est que ça doit être vrai. D’où le succès de la propagande végane, version politique et extrémiste de l’abolitionnisme de l’élevage et de la viande, que l’on mesure simplement : aujourd’hui, les opinions contraires, pourtant majoritaires, doivent se justifier par rapport à elle. Nous dénonçons d’autant plus le mauvais coup que porte le véganisme à notre mode de vie, à l’agriculture, à nos relations aux animaux et même aux courants végétariens traditionnels, que nous sommes convaincus de la nécessité d’en finir au plus vite avec les conditions imposées par les systèmes industriels et d’aller vers une alimentation relocalisée, préservant la biodiversité et le paysan, moins carnée, aussi. L’Occident et les riches des pays du Sud consomment trop de viandes, et surtout de la mauvaise viande. Au Nord comme au Sud, les systèmes industriels ont changé l’animal en machine à transformer la cellulose des plantes en protéines bon marché pour le plus grand profit des multinationales et au détriment des paysans, des consommateurs, des sols, de l’eau et des animaux. Le bilan sanitaire et écologique de ces rapports de travail indignes aux animaux est tout aussi mauvais que celui du reste de l’agriculture productiviste : on empoisonne les consommateurs avec de la mauvaise viande, de mauvais légumes et fruits, en dégradant l’environnement et la condition paysanne. Ceci étant dit, regardons un peu les arguments avancés par les végans.

 

Les végans vont sauver les animaux

Depuis douze mille ans, nous travaillons et vivons avec des animaux parce que nous avons des intérêts respectifs à vivre ensemble plutôt que séparés. Les animaux domestiques ne sont plus, et depuis longtemps, des animaux «naturels». Ils sont partie prenante du monde humain autant que de leur propre monde. Et, grâce au travail que nous réalisons ensemble, ils ont acquis une seconde nature qui fait qu’ils nous comprennent, bien mieux sans doute que nous les comprenons. Ainsi est-il probable qu’ils ne demandent pas à être «libérés». Ils ne demandent pas à retourner à la sauvagerie. Ils ne demandent pas à être stérilisés afin de peu à peu disparaître, ainsi que le réclament certains végans. Ils demandent à vivre avec nous, et nous avec eux, ils demandent à vivre une existence intéressante, intelligente et digne.

 

Le véganisme va nous sauver de la famine

Jusqu’à il y a peu, rappelons-le, les hommes et les femmes mouraient vite de trois causes possibles : les maladies infectieuses, la guerre et la faim. Or, depuis la fin du XVIIIe siècle, dans nos pays européens, et depuis les années 60 dans l’ensemble du monde, il n’existe plus de famines liées à un manque de ressources. Quel progrès ! Les famines qui adviennent sont des armes politiques. Quand des gens meurent de faim quelque part, c’est parce que d’autres l’ont décidé. On ne voit pas en quoi le véganisme changerait quoi que ce soit à cette réalité.

Le véganisme va sauver l’agriculture

Ce serait même exactement l’inverse. Si les famines ont disparu de notre sol, c’est parce que le XVIIIe siècle a connu la plus grande révolution agricole après celle de son invention : l’agronomie. Et la polyculture-élevage, pourvoyeuse de ce qui se fait de mieux pour nourrir un sol, le fumier. Une des meilleures idées que l’homme ait jamais eue. Quant à l’industrialisation de l’élevage, elle n’est pas née après la Seconde Guerre mondiale avec le productivisme agricole. Elle a été pensée bien en amont, au milieu du XIXe siècle avec le développement du capitalisme industriel. Les animaux sont alors devenus des machines dont la seule utilité est de générer des profits, aux dépens des paysans et de l’environnement.

 

Le véganisme va sauver notre alimentation

Le véganisme propose de se passer des animaux, pour les sauver. Retour à la case départ : l’agriculture sans élevage, c’est l’agriculture famineuse parce qu’elle épuise les sols. Ce sont des rendements ridicules pour un travail de forçat car le compost de légumes est bien moins efficace pour faire pousser des légumes que le fumier animal. A moins de forcer le sol par de la chimie, évidemment. Et de labourer bien profondément. Mais, dans ce cas, on abîme les sols, en désorganisant l’écosystème qu’il est en réalité.

Le véganisme sauvera notre santé

Tuer l’animal, c’est mal, manger de la viande, c’est destructeur. Car les études montrent que la consommation de viandes est corrélée au cancer. Sauf que ces études ont été principalement menées aux Etats-Unis et en Chine, où l’on consomme bien plus de viande, encore plus gavée d’hormones et d’antibiotiques, encore plus transformée. Quant aux études démontrant la longévité supérieure des végétariens qui - rappelons-le - consomment des produits animaux, lait et œufs, et dépendent donc de l’élevage, elles sont biaisées par le constat que ces publics consomment aussi très peu de produits transformés, peu de sucres, ils font du sport, boivent peu, ils ont une bonne assurance sociale, etc. Quelle est la responsabilité des légumes dans leur bonne santé ? Difficile à dire ! Ce qui importe, c’est le régime alimentaire et le mode de vie équilibrés. En comparaison, manger végan, l’absolu des régimes «sans», c’est se condamner à ingurgiter beaucoup de produits transformés, c’est-à-dire des assemblages de molécules pour mimer ce qu’on a supprimé. Sans omettre d’ajouter la précieuse vitamine B12 à son alimentation. Car sans elle, comme le montrent de nombreux témoignages d’ex-végans, ce régime ultra-sans détruit irrémédiablement la santé, à commencer par celle de l’esprit.

Le véganisme va sauver l’écologie

Avec ce retour au naturel, l’écologie est sauvée. Et bien non. Car ayant expulsé les animaux domestiques, il n’y a plus rien pour maintenir les paysages ouverts, ceux des prairies, des zones humides, des montagnes et des bocages. Sauf à obliger chômeurs, prisonniers et clochards à faucher et à couper les herbes, ou à produire des robots brouteurs. Les vaches et moutons sont les garants de l’extraordinaire diversité paysagère qui fait la France, qui est aussi celle de notre assiette. Les animaux et leurs éleveurs sont les premiers aménageurs du territoire.

Le véganisme est une position politique émancipatrice

Non, contrairement à ce que croient de nombreux jeunes, fiers de dire «je suis végan», comme s’ils participaient à une action révolutionnaire, ou si leurs actions contre les abattoirs ou les paysans vendant leurs fromages sur les marchés relevaient de la résistance à l’ordre établi, le véganisme ne participe pas à l’émancipation des animaux et encore moins à celle des humains. Au contraire, en défendant une agriculture sans élevage et un monde sans animaux domestiques, c’est-à-dire sans vaches, ni chevaux, ni chiens, ce mouvement nous met encore plus dans les serres des multinationales et accroît notre dépendance alimentaire et notre aliénation. Les théoriciens et militants végans ne sont pas des révolutionnaires, ils sont, au contraire, clairement les idiots utiles du capitalisme.

Le véganisme est l’ambassadeur de l’industrie 4.0

Le grand danger de ce début du XXIe siècle est bien l’invention d’une agriculture sans élevage. On ne compte plus les investissements et brevets déposés pour produire de la «viande» en cultivant en laboratoire des cellules musculaires de poulet, de bœuf ou de porc ou produire du lait et des œufs à partir de levures OGM. Les promoteurs de cette agriculture cellulaire se recrutent au sein des grandes firmes (Gafa, milliardaires et fonds d’investissements puissants). Les premières viandes artificielles pourraient être introduites sur le marché sous forme de carpaccio avant que soient commercialisés avant dix ans de «vrais-faux» morceaux produits in vitro. Des amas de protéines qui auront poussé à grands jets d’hormones pour favoriser la croissance et d’antibiotiques pour éviter les contaminations.

En vérité, le véganisme ne va pas nous sauver

Le véganisme est dangereux. Il participe à la rupture programmée de nos liens avec les animaux domestiques. Il menace de nous condamner à la disette en nous ramenant à l’agriculture prédatrice des temps anciens. Il menace de ruiner les pratiques alternatives, comme le bio, en annihilant la polyculture-élevage qui est son fondement. Il menace de nous condamner à dépendre d’une alimentation industrielle 4.0. Il menace d’uniformiser nos paysages. Il menace paradoxalement de nous faire perdre notre humanité incarnée et notre animalité en nous coupant des réalités naturelles par des zoos virtuels, des paysages transformés en sanctuaires, avec des chiens et chats remplacés par des robots. Le véganisme est l’allié objectif d’une menace plus grande encore. Car, après tout, la meilleure façon de ne plus abîmer la nature est de s’en couper totalement. De s’enfermer dans des villes, alimentées par des flux de molécules et des flux de données. Plus de sale, plus de propre, que de l’esprit sain tourné vers une morale ultime, l’amélioration de l’homme par son isolement total de la nature que l’on ne peut maîtriser et qui nous renvoie sans cesse à notre animalité. Oui, véganisme rime avec transhumanisme.

Un monde terrifiant. La consommation de la viande a introduit, dès la préhistoire, l’obligation du partage, l’invention de la logique du don et du contre-don car un chasseur ne consomme jamais son propre gibier. Don et contre-don sont aussi au fondement de nos rapports sociaux avec les animaux. Donner - recevoir - rendre est le triptyque de nos liens. Que sera l’humanité sans cet échange fondamental ?

Paul Ariès auteur de : Une histoire politique de l'alimentation du Paléolithique à nos jours, Max Milo, 2017.


Frédéric Denhez auteur de : le Bio, au risque de se perdre, Buchet-Chastel, 2018.


Jocelyne Porcher auteure de : Encore carnivores demain ? Quae, 2017 (avec Olivier Néron de Surgy).

 

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Source : Libération

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