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17/04/2019

Élisabeth Lévy: « Les cathos ne peuvent pas être une minorité parmi d’autres ! »

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FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Si les actes anti-chrétiens représentent l’écrasante majorité des atteintes aux lieux de culte commises en France, on en parle trop peu au goût d’Élisabeth Lévy. La journaliste a décidé de remédier à ce silence médiatique et traite le sujet en Une du dernier numéro de Causeur.

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Élisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur.

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FIGAROVOX -- La Une de Causeur est consacrée ce mois-ci aux actes antichrétiens avec ce titre: « Ces victimes dont on ne parle pas ». Ne craignez-vous pas de nourrir et l’idéologie, et la concurrence victimaire ?

Élisabeth LÉVY -- C’est un risque, voilà pourquoi il faut lire Causeur, au-delà de notre Une… Car nous appelons au contraire les catholiques à ne pas tomber dans le piège victimaire . Pour autant, on peut comprendre que certains cathos en aient marre d’être les seuls exclus de la distribution de compassion publique offerte, non seulement à chaque groupe la réclamant au nom des avanies passées et présentes qu’il a subies, mais aussi à un boxeur de flics. Alors disons que cette Une est notre cagnotte pour les cathos. Les médias ont abondamment traité les turpitudes de certains prêtres et le silence de l’Église à leur sujet -- non, parfois, sans une pointe de joie mauvaise peut-être inconsciente. On a exprimé pour la tristesse des catholiques trahis par leurs guides une sollicitude bruyante. Tout cela est légitime. Reste que, si nombre de ceux qui s’indignaient hier que l’on parle des racines chrétiennes de la France câlinent aujourd’hui le catho malheureux, c’est peut-être parce que son malheur a été causé par d’autres catholiques - et non des moindres. On s’entre-accuse souvent, dans le débat public, de préférer certaines victimes à d’autres, mais peut-être choisit-on moins ses victimes que ses coupables. Il nous a donc semblé juste d’attirer l’attention sur un plus petit malheur, un malheur à bas bruit qui fait peu de victimes, mais dont l’ampleur nouvelle, et plus encore l’indifférence qu’il suscite, disent peut-être quelque chose de nous.

Sur les quelque mille atteintes aux lieux de culte (de gravité variable) recensées par le ministère de l’Intérieur, les églises et cimetières chrétiens représentent 75 à 90 % de l’ensemble. Or, quand le président se rend promptement sur des tombes juives profanées, et, dans un autre registre, quand tous les JT rendent compte de l’attaque d’un temple franc-maçon par des « gilets jaunes », seule la presse «de droite» évoque les profanations autrement que par des brèves, comme s’il était acquis que les cathos ne sont plus qu’une sous-tribu de la famille réac, dont on chante en même temps la disparition prochaine sous les coups bienveillants du progressisme et la force menaçante et montante sous les traits du populisme.

FIGAROVOX -- Les catholiques restent souvent discrets, pour se montrer dignes face à ces attaques. Cela change un peu des plaintifs...

Élisabeth LÉVY -- Certes, le chœur victimaire est déjà fort bien pourvu -- du reste, les cathos peuvent individuellement y participer à d’autres titres. Et l’initiative de députés qui veulent créer un délit de « cathophobie » était pour le moins désolante. Nous n’avons nullement besoin que les « cathophobes » viennent s’ajouter aux autres malfaisants dans la « cage aux phobes » cauchemardée par Philippe Muray et faite par les bons soins de la gauche terranoviste. En effet, au moment où les cathos deviennent concrètement minoritaires, comme le montre Jérôme Fourquet, la tentation est grande pour eux de se penser comme une minorité et de réclamer les égards afférents à ce statut. Mais s’ils sont, comme l’a dit Manuel Valls après l’assassinat du père Hamel, « l’âme de la France », ils ne peuvent pas être en même temps une minorité parmi d’autres. Le catholicisme n’est pas seulement une religion, il est notre terreau culturel -- il s’agit précisément de savoir s’il l’est toujours. C’est d’ailleurs en raison de son statut d’ancienneté et de majorité que les tribunaux l’ont longtemps prié d’avoir le cuir plus épais que les autres face à la caricature. Reste à savoir si, faute de remplir les églises, il doit aujourd’hui être dépouillé des derniers bénéfices symboliques de ce statut. Bref, devons-nous, parce que nous avons cessé d’être catholiques, oublier que nous l’avons été ?

FIGAROVOX -- On dirait que vous regrettez l’emprise de l’Église sur la société...

Élisabeth LÉVY -- Bien sûr, et aussi le temps où les honnêtes femmes se mariaient! Non, je ne regrette nullement le temps où nous vivions sous l’empire des diktats divins et je préfèrerais que toutes les sociétés vivent à leur tour la sortie de la religion. Le règne de l’Église sur les esprits est révolu et on ne s’en plaindra pas. Comme religion, cela fait longtemps que le catholicisme est devenu une affaire privée, autrement dit qu’il s’est adapté à la laïcité, et que les cathos vivent-ensemble avec les bouffeurs de curé. Aujourd’hui, alors que seulement une moitié des Français se déclare catholique et que 5 % de cette moitié (soit 2,5 % des Français) se rend à la messe au moins une fois par mois, notre ennemi, ce n’est plus vraiment le cléricalisme - enfin pas celui-là -, mais l’oubli de ce que nous sommes, l’effacement des traces (et parfois des pistes) léguées par les siècles passés. En somme, peut-être sommes-nous en train de cesser d’être des «catholiques-zombies», le nom désobligeant qu’Emmanuel Todd a donné à ce que j’appellerais les cathos culturels. Je ne suis pas sûre qu’il faille s’en réjouir. Nous avons besoin d’une culture de référence, d’un récit national qui accommode nos gènes gréco-latins, judéo-catholiques et révolutionnaires. Si nous y renonçons, ne doutons pas que des récits concurrents, et fallacieux, comme celui qui nous explique que l’islam est une religion aussi française que le catholicisme, occuperont le terrain déserté.

FIGAROVOX -- N’y a-t-il pas des raisons objectives au fait que la profanation des églises suscite moins d’indignation que celle des cimetières juifs, des synagogues ou même des mosquées ? D’après le ministère de l’Intérieur, cela est souvent l’œuvre de marginaux ou de petits délinquants: il n’y a pas dans ces actes la même charge idéologique...

Élisabeth LÉVY -- Évidemment, ce n’est pas la même chose et personne ne prétend le contraire, à commencer par l’Église qui fait profil bas. D’abord, dans la plupart des cas, les actes anti-chrétiens ne visent pas des personnes mais des bâtiments, ensuite ils traduisent plus souvent l’ennui ou le désœuvrement que la haine. On peut profaner une église sans éprouver de sentiment négatif pour les catholiques. On comprend aisément qu’il en va différemment d’attaques contre des synagogues ou des mosquées. L’église fait partie du paysage, ce n’est pas comme «pièce rapportée» qu’elle est agressée, mais parce qu’elle est, comme le dit le proverbe, au milieu du village. Toutefois, depuis les attentats avortés contre des églises et l’assassinat du père Hamel, nous savons que, si les chrétiens ne sont pas ici en première ligne du choc des civilisations dont ils sont les otages au Moyen Orient, ils sont eux aussi dans la ligne de mire des djihadistes qui appellent volontiers à tuer des juifs et des infidèles. Alors certes, aucun Merah n’est entré dans une école catholique et c’est tant mieux. Il ne s’agit pas de savoir qui sont les «chouchous du malheur», pour reprendre une expression d’Alain Finkielkraut, mais de s’interroger sur nos compassions sélectives. Pourquoi le spectacle de la cathédrale de Lavaur profanée (par des gamins) nous émeut-il infiniment moins que celui de la porte d’un ministère saccagé ?

FIGAROVOX -- Eh bien oui, pourquoi ?

Élisabeth LÉVY -- Pour le philosophe Olivier Rey et le théologien Jean-François Colosimo, l’absence de toute motivation idéologique des profanateurs d’églises et notre indifférence collective à leurs forfaits révèlent surtout que le sacré a déserté nos existences, ne serait-ce que comme adversaire à abattre. Rey estime que l’Église y a contribué en affadissant son discours. Il est vrai que, quand j’étais ado, l’aumônerie que fréquentaient mes copains était un endroit assez attirant où on draguait et jouait de la guitare. Pour ma part, j’ai du mal à adhérer à la déploration de notre vide spirituel, sans doute parce que j’ai une faiblesse coupable pour la société libérale. On peut en même temps se réjouir que l’humanité soit confrontée à cette vertigineuse liberté et regretter que nous ayons renoncé à tout sacré de substitution, sans lequel nous ne savons plus vraiment comment faire peuple. On pourrait penser que la République est désormais pour nous plus sacrée que l’Église, mais c’est de moins en moins vrai, comme le démontre mélancoliquement Régis Debray. Le seul sacré que connaît le progressisme, c’est celui des droits individuels.

FIGAROVOX -- Vous reprochez aux médias de se focaliser davantage sur les affaires de prêtres pédophiles. Mais là aussi, cela touche des personnes et non des pierres. Vous ne pouvez pas tout mettre sur le même plan !

Élisabeth LÉVY -- Et nous ne le faisons pas. Je me permets d’ironiser légèrement sur les grandes marques d’affection qui entourent aujourd’hui les catholiques déboussolés par ces affaires. On s’inquiète jusque sur le plateau de Yann Barthès du malaise de l’Église et de la crise des vocations qui ne va pas s’arranger avec tout ça. Il y a six ans, quand les mêmes paroissiens défilaient contre le «mariage pour tous», un tombereau d’injures et de sarcasmes se déversait sur eux. Peut-être espère-t-on secrètement, dans les curies médiatiques, que ces déboires vont en déciller quelques-uns et les convertir à la vraie religion - celle du Progrès.

FIGAROVOX --Une partie des catholiques refuse désormais de tendre l’autre joue et s’indigne d’un deux-poids, deux-mesures. Cela signifie-t-il qu’en dépit de vos appels, les catholiques sont en train de devenir une minorité comme les autres ?

Élisabeth LÉVY -- C’est une tendance, mais je n’ai pas le sentiment qu’elle soit majoritaire, même si certains députés surfent dessus dans un esprit vaguement clientéliste. C’est un piège. De surcroît, les flopées de déclarations, de mobilisations et de «nous ne céderons pas» n’ont pas fait reculer l’antisémitisme d’un iota. En réalité, le mimétisme victimaire ne ferait qu’accélérer le déclassement du catholicisme, de substrat culturel majoritaire en religion minoritaire. Les cathos auraient tort de troquer les vestiges de leur droit d’aînesse contre des nounours, des bougies et des grands discours.

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SOURCE : Le Figaro

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15/04/2019

Notre Dame

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Je suis chrétien orthodoxe... mais je suis dévasté par ce qui arrive... toute mon amitié et mes prières à mes frères et sœurs catholiques, en premier lieu...

Ce Drame arrive en début de Semaine Sainte Catholique et le jour même où le Président Macron devait faire une allocution... autant le dire, ça pousse à la suspicion (suivez mon regard)... mais sachons raison garder, attendons de voir ce que les chiens du système vont nous dire et, surtout, essayons de deviner ce qu'il ne nous dirons pas.

 


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Par les prières de nos saints pères, Seigneur Jésus Christ notre Dieu, aie Pitié de nous. Amen.

Gloire à Toi, notre Dieu, Gloire à Toi.

Roi Céleste, Consolateur, Esprit de Vérité, Toi qui Est partout présent et qui emplis tout, Trésor des Biens et Donateur de vie, viens et fais Ta demeure en nous. Purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, Toi qui es Bonté.

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous !
Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous !
Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous !

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen !

Très sainte Trinité, aie pitié de nous ; Seigneur, purifie-nous de nos péchés ; Maître, pardonne-nous nos iniquités ; Saint,visite-nous et guéris nos infirmités, à cause de ton Nom.

Kyrie eleison
Kyrie eleison
Kyrie eleison

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.

Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ; donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et ne nous laisse pas entrer dans l'épreuve mais délivre-nous du Malin. Amen !

Mère de Dieu et Vierge, Réjouis-toi pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes et béni est le fruit de ton sein, car tu as enfanté le sauveur de nos âmes. Très Sainte Mère de Dieu sauve-nous. Prie pour nous.

Toi, plus vénérable que les chérubins
et plus glorieuse incomparablement que les séraphins,
qui sans tache enfanta Dieu le Verbe,
Toi, véritablement Mère de Dieu, nous t'exaltons.

Seigneur Jésus Christ notre Dieu, Toi qui es venu, non pour juger le monde, mais pour le sauver ; Toi qui es monté librement sur la Croix pour tous les humains ; Toi qui, dans ton amour ineffable et ton indicible compassion, veilles au bien et au libre salut de chacun ; Toi qui es invisiblement présent dans ton monde et dans notre pays par le Corps de ta sainte Eglise, accepte les prières de supplication et de louange que nous t’adressons pour notre patrie la France, justement mais cruellement éprouvée.

Seigneur Jésus Christ notre Dieu, par les prières et la protection de ta Mère très pure et immaculée, du saint archange Michel, Protecteur de la France, des saints de notre pays, en particulier de notre mère parmi les saints Marie Madeleine Egale-aux-apôtres dont les reliques sanctifient notre sol, de son disciple saint Maximin, de saint Lazare ton ami, des saints Jean Cassien et Victor de Marseille, Martin de Tours, Irénée de Lyon, Hilaire de Poitiers, Germain d’Auxerre, Germain de Paris; de saint Cloud, sainte Geneviève et sainte Radegonde et de tous les saints moines et moniales de notre pays; des saints et victorieux martyrs Pothin et Blandine de Lyon et de tous les saints martyrs de France : éclaire, inspire, convertis et sauve notre patrie la France, ceux qui la gouvernent et tout son peuple.

A nous qui te supplions dans la vraie Foi, accorde la grâce du non-jugement, la conscience libre, la force du saint Esprit pour témoigner de ta vérité dans la paix qui vient de toi.
Accorde-nous la grâce de voir nos propres fautes et d’accueillir ton pardon. Donne-nous de te glorifier et de te célébrer pour la bienveillance que Tu manifestes à notre pays, à ceux qui le gouvernent et à tout son peuple. Inspire-nous de te célébrer en premier lieu pour la révélation que Tu as donnée de toi-même à nos Pères et à ceux qui, en ce jour, sur cette même terre bénie de France, te confessent avec foi, ainsi que ton Père coéternel et ton très saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen ! Nous t’en prions, écoute-nous et fais-nous miséricorde !

Kyrie eleison
Kyrie eleison
Kyrie eleison

 

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05/04/2019

Banlieue 1981 : c'était déjà la merde...

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01/04/2019

Seuls et sans femmes... Houellebecq avant Houellebecq...

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11/03/2019

Début du Grand Carême

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Prière de Saint Ephrem le syrien

"Seigneur et Maître de ma vie,
ne m'abandonne pas à l'esprit d'oisiveté, d'abattement,
de domination et de vaines paroles ! (Une métanie)

Mais accorde-moi un esprit d'intégrité, d'humilité,
de patience et d'amour, à moi ton serviteur ! (Une métanie)

Oui, Seigneur-Roi,
donne-moi de voir mes fautes
et de ne pas juger mon frère,
car Tu es béni dans les siècles des siècles ! Amen. (une métanie)

Ô Dieu, sois miséricordieux envers le pécheur que je suis. (Inclination)
Ô Dieu, purifie-moi pécheur. (Inclination)
Toi qui m'a créé, ô Dieu, sauve-moi. (Inclination)
J'ai commis des péchés innombrables, Seigneur, pardonne-moi. (Inclination)

Ô Dieu, sois miséricordieux envers le pécheur que je suis. (Inclination)
Ô Dieu, purifie-moi pécheur. (Inclination)
Toi qui m'a créé, ô Dieu, sauve-moi. (Inclination)
J'ai commis des péchés innombrables, Seigneur, pardonne-moi. (Inclination)

Ô Dieu, sois miséricordieux envers le pécheur que je suis. (Inclination)
Ô Dieu, purifie-moi pécheur. (Inclination)
Toi qui m'a créé, ô Dieu, sauve-moi. (Inclination)
J'ai commis des péchés innombrables, Seigneur, pardonne-moi. (Inclination)

Seigneur et Maître de ma vie,
ne m'abandonne pas à l'esprit d'oisiveté, d'abattement,
de domination et de vaines paroles !

Mais accorde-moi un esprit d'intégrité, d'humilité,
de patience et d'amour, à moi ton serviteur !

Oui, Seigneur-Roi,
donne-moi de voir mes fautes
et de ne pas juger mon frère,
car Tu es béni dans les siècles des siècles ! Amen. (une métanie finale)"

 


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03/03/2019

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23/02/2019

François Gervais : « On met cette histoire du réchauffement climatique à toutes les sauces. »

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Écologie. Le physicien, ancien membre du GIEC, dénonce le discours alarmiste sur l’urgence climatique.

C’est un livre d’actualité : tandis que les Gilets jaunes s’insurgent contre les taxes écologiques, le physicien François Gervais, ancien membre du GIEC, publie un ouvrage dans lequel il dénonce la propagande autour de l’urgence climatique. Selon lui, « la lutte contre le réchauffement climatique est vaine et l’impact de ces lois n’est pas mesurable pour la planète ». De plus, « toutes les annonces du GIEC ne reposent que sur des modélisations informatiques qui sont régulièrement démenties par les observations ». Ainsi, « la lutte contre le réchauffement climatique est une aubaine extraordinaire, la Banque mondiale a calculé le montant global des investissements destinés à la « lutte contre le réchauffement » : 89 000 milliards de dollars d’ici à 2030, qui seront payés par les contribuables. Le « green business » est déjà une très juteuse affaire pour tous ceux qui ont investi dans des « fermes » éoliennes et solaires dont le surcoût des prix de production est facturé aux consommateurs d’électricité ». François Gervais signale aussi que le CO2 n’est pas un poison, mais qu’il s’agit d’un composant essentiel du cycle de la vie et il souligne que l’augmentation du taux de CO2 constitue donc une chance pour tous les affamés de la planète, laquelle a déjà connu des taux de CO2 très supérieurs dans le passé.

François Gervais est physicien, professeur émérite à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université de Tours et expert reviewer du 5e rapport sur les changements climatiques du GIEC. Alors, pourquoi ne s’exprime-t-il que maintenant ? Il apparaît que le poids du politiquement correct et les pressions politiques empêchent de nombreux spécialistes de prendre la parole et, si lui-même peut le faire, c’est parce qu’il est professeur émérite. Son livre, qui n’a pas été beaucoup présenté par les médias institutionnels, se retrouve pourtant en ce début d’année en tête des ventes sur Amazon.

« L’urgence climatique est un leurre » de François Gervais est publié aux Éditions L’Artilleur.

Kernews : De plus en plus de scientifiques démontent le mythe de l’urgence climatique, mais souvent en off, en confiant qu’ils ne peuvent pas le déclarer publiquement, par crainte des pressions qu’ils pourraient subir après… Alors, pourquoi avez-vous pris un tel risque ?

François Gervais : L’essentiel des scientifiques qui peuvent s’exprimer sur cette question sont souvent des professeurs émérites : c’est-à-dire qu’ils sont déjà retraités, ils continuent de travailler bénévolement et ils n’ont plus à se soucier, comme cela a été mon cas pendant plusieurs années, de mettre leur laboratoire en danger. J’imagine que bien d’autres scientifiques sont dans le même cas de figure car, hélas, il est très difficile de s’exprimer sur ce sujet si vous n’êtes pas déjà dégagé des contraintes budgétaires et de toutes les autres contraintes que l’on peut avoir quand on dirige un laboratoire. Quelques jeunes courageux qui ont fait l’impasse sur un certain nombre de choses – je pense à mon collègue Benoît Rittaud, qui est maître de conférences et mathématicien, qui s’est vraiment engagé, mais en sachant que c’est au détriment d’un certain nombre de choses – constituent une exception. Il y a le courage vis-à-vis de soi-même, c’est à chacun de l’apprécier, mais je parle surtout du fait d’engager un laboratoire, c’est-à-dire toute une communauté.

On a le sentiment que tout ce que l’on nous raconte dans les médias sur ce sujet est souvent fantaisiste. D’abord, un premier point : vous ne niez pas le réchauffement climatique…

Il y a une variabilité naturelle du climat dont l’amplitude est plus importante que les faits anthropiques liés aux activités humaines. C’est surtout depuis la sortie du quatrième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) que les choses ont commencé. Auparavant, le GIEC était quand même plus prudent, mais à partir du quatrième rapport, qui a valu au GIEC un prix Nobel de la paix, en même temps qu’Al Gore, effectivement les choses ont commencé et je me demande si les journalistes des médias institutionnels pratiquent vraiment l’investigation, car il y a un défaut de culture scientifique dans notre pays qui explique pourquoi on en arrive là. Les journalistes se contentent de répéter ce que disent l’Agence France Presse, Reuters ou d’autres, sans la moindre investigation. J’invite tous les journalistes à consulter le corpus de plus de 3000 publications dans les revues internationales qui tiennent justement un discours qui n’a rien d’alarmiste et qui n’adhèrent pas au prétendu consensus catastrophiste : à ce moment-là, ils commenceraient à faire œuvre utile…

On nous assène à longueur de temps qu’il faut économiser du CO2. Dans les transports en commun, on vous dit que notre voyage a permis d’économiser tant de taux de CO2 par rapport à l’automobile, mais vous nous expliquez que cela ne sert à rien puisque le CO2 n’est pas nuisible…

Le CO2 n’est pas nuisible. Toutes les politiques qui visent à implanter des éoliennes et des panneaux photovoltaïques, avec plusieurs milliards de subventions chaque année, quand on fait le calcul, même en reprenant le chiffre du GIEC sur le doublement du taux de CO2 dans l’atmosphère qui entraînerait une hausse de la température entre 1 et 2,5 degrés, c’est déjà une énorme incertitude qui est avouée et, même si on fait le calcul avec cela, toutes les politiques françaises ne changeraient pas la température de la planète de plus de l’ordre d’un millième de degré. Donc, tout cela ne sert strictement à rien puisque, dans le même temps, l’Inde et la Chine, qui ont besoin de ressources fossiles, construisent pratiquement une centrale à charbon chaque semaine et ils investissent dans ce dont ils ont besoin pour développer leur économie. De toute façon, toutes les réductions que l’on peut imaginer en France, non seulement ne changeront pas la température de la planète de plus de l’ordre d’un millième de degré mais, en plus, ces mesures se retrouvent contrariées par un facteur 100 par les politiques indiennes, chinoises et d’autres pays.

Ainsi, même si nous étions les meilleurs élèves du monde, cela ne changerait rien au sort de la planète… N’est-ce pas là une forme de prétention très française ?

Oui, on prétend donner le « bon exemple » aux autres ! Il faut aussi rappeler que le CO2 que nous expirons, cela fait tout de même partie de la vie, pour tous les animaux et tous les êtres humains. Nous inspirons de l’oxygène et nous expirons du gaz carbonique et, dans notre haleine, au moment de l’expiration, il y a une trentaine de fois plus de CO2 que dans l’air ! Sur l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, si l’on fait un micro-trottoir, rares sont les gens qui connaissent la réponse, il faut savoir que le taux de CO2 dans l’air est passé en un siècle de 0,03 % à 0,04 % ! Enfin, il faut savoir que s’il n’y avait pas de CO2 dans l’atmosphère, il n’y aurait pas de végétation sur Terre… C’est aussi simple que cela.

Vous démontrez dans votre livre, non seulement l’inefficacité des éoliennes, mais vous allez plus loin en estimant qu’elles sont même nuisibles et qu’elles ne visent qu’à servir quelques intérêts financiers…

Tout à fait, nous en sommes là… Dans l’énergie dépensée pour se déplacer, pour se chauffer et avoir une activité économique basée sur l’énergie, il faut bien savoir que l’on utilise l’énergie électrique à hauteur d’un quart. Or, les éoliennes et les panneaux photovoltaïques ne fabriquent que de l’énergie électrique. Cette énergie est fournie à 85 % environ par le nucléaire et l’hydroélectrique. Donc, la part de l’éolien et du photovoltaïque n’est pas près de devenir dominante. En plus, cela ne représente qu’un quart de l’énergie. D’ailleurs, la Cour des comptes a dénoncé cela dans un rapport d’avril dernier, en expliquant que ce n’est pas là qu’il faut mettre l’effort, mais ailleurs.

Votre livre a été boycotté par de nombreux médias institutionnels, or il figure pratiquement en tête des ventes de ce début d’année… Alors, on nous raconte tout cela pour augmenter la fiscalité et nous faire investir dans des énergies vertes. À qui profite le crime ?

C’est une question que je me pose depuis plus d’une dizaine d’années et je ne pense pas qu’il y ait une réponse unique. Il y a bien évidemment, derrière, un énorme business économique, mais il ne faut pas oublier, en ce qui concerne la France, que les éoliennes sont importées d’Allemagne et que les panneaux photovoltaïques sont essentiellement importés de Chine. Derrière, il y a un énorme business financier. Je reçois un papier de ma banque qui m’incite à acheter des obligations vertes, je ne vois pas ce qu’elles peuvent avoir de vert en l’occurrence, mais il s’agit d’investir toujours plus d’argent dans ces choses alors que l’on sait déjà que c’est plus que discutable. Mais cela dépasse ma compétence de physicien.

Vous dénoncez le discours alarmiste sur la montée des océans. On nous présente toujours des films avec des îles qui disparaissent, or vous estimez que, contrairement aux idées reçues, l’élévation du niveau des mers n’est pas mesurable et, par ailleurs, que la planète est de plus en plus verte…

Tout à fait. On peut le chiffrer au cours de ces 33 dernières années. On a observé un verdissement de la planète qui a été évalué à l’équivalent d’un sixième continent vert de 18 millions de kilomètres carrés, c’est-à-dire plus de 30 fois la superficie de la France métropolitaine, d’autre part, cela se recoupe très bien, puisqu’une partie du CO2 que nous émettons va dans la végétation qui se jette là-dessus avec avidité. Dans l’histoire de la planète, il y a des époques où il y a eu beaucoup plus de CO2, la végétation était luxuriante et c’est ce qui a créé ce que l’on appelle aujourd’hui les gisements fossiles. Il y avait plus de CO2 dans l’air à ce moment-là et cela a pu permettre cette végétation luxuriante.

Dans le contexte de l’immigration, on évoque maintenant le réchauffement climatique : est-ce aussi un prétexte, selon vous ?

On met cette histoire du réchauffement climatique à toutes les sauces. Depuis le début de l’accélération des émissions de CO2, que l’on peut situer à 1945, la température de la planète a augmenté de 0,4 degré ! Est-ce que 0,4 degré provoque des migrations ? Il y a des tas de raisons économiques, mais dire que c’est la faute de 0,4 degré, permettez-moi d’en douter ! De la même façon, il y a eu une hausse des océans il y a 12 000 ans, avec une fonte des glaces et le niveau des mers qui a augmenté de 120 mètres. Cela a beaucoup ralenti depuis. Maintenant, quand on regarde tous les marégraphes, sur toutes les côtes de la planète, on observe une hausse de 1 millimètre par an ! Cela représente 8 centimètres d’ici à la fin du siècle… Là encore, quand on regarde l’amplitude des marées au moment des grandes marées, c’est complètement noyé… On monte en épingle quelque chose qui est un non-événement.

Vous rappelez que l’on nous parle aujourd’hui du réchauffement climatique, mais qu’il y a 40 ans, les scientifiques se plaignaient du refroidissement climatique… Vous avez même retrouvé une couverture de Time Magazine annonçant, dans les années 70, que la Terre allait mourir de froid…

Il y a eu plusieurs couvertures… Cela montre bien qu’à l’époque, le catastrophisme allait dans le sens inverse et c’est ce qui est intéressant. Lorsqu’en 1945 les émissions de CO2 se sont mises à accélérer, la température de la planète a baissé pendant 30 ans, de 1945 à 1975. Cela procède de la variabilité naturelle, bien sûr.

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Source : Kernews

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22/02/2019

Sylvain Tesson : Une liberté vertigineuse (documentaire, 2013)

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Quel bonheur que cette intelligence, cette sensibilité...

 

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Le capitalisme vert utilise Greta Thunberg

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Quand des écolos t'expliquent qu'il y a un business avec l'écologie...

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Notre chroniqueuse a vécu plusieurs années en Laponie suédoise et a présidé le groupe d’amitiés France-Suède à l’Assemblée nationale. C’est donc avec un regard attendri qu’elle s’est penchée sur l’histoire de la jeune militante écologiste Greta Thunberg...

Isabelle Attard a été députée écologiste du Calvados. Elle se présente comme « écoanarchiste ».


Isabelle Attard.


Depuis environ cinq mois, une jeune Suédoise de 16 ans, autiste Asperger, se retrouve sous les projecteurs médiatiques du monde entier. Elle fait la « grève de l’école » pour se faire entendre et son combat est juste. Il s’agit pour elle de passer un message aux milliardaires, aux décideurs politiques, que ce soit à la COP24 en Pologne ou dernièrement à Davos afin qu’ils respectent leurs engagements sur le climat. Son dernier discours a ému quasiment tous les militants écologistes de la planète :

Je ne veux pas que vous soyez désespérés, je veux que vous paniquiez. Je veux que vous ressentiez la peur qui m’habite chaque jour et que vous agissiez, comme s’il y avait le feu, parce que c’est le cas. […] Il y a encore une petite chance de stopper les émissions de gaz à effet de serre afin d’éviter des souffrances pour une grande partie de la population de la planète. »

Derrière ces moments forts, on trouve un petit génie suédois des « public-relations », Ingmar Rentzhog. L’envers du conte de fées est moins joli, mais plus intéressant.

Le journaliste d’investigation suédois Andreas Henriksson est, d’après mes recherches, le premier à avoir enquêté sur ce sujet et son article a été publié sur le blog de Rebecca Weidmo Uvell, le 11 décembre 2018.

Tout a été finement programmé pour transformer la jeune Suédoise en héroïne internationale


Greta Thunberg en grève devant le Parlement suédois.

La belle histoire de Greta Thunberg commence le 20 août 2018. Ingmar Rentzhog cofondateur de la start-up We Don’t Have Time (Nous n’avons pas le temps) croise Greta Thunberg devant le Parlement suédois et publie un post émouvant sur sa page Facebook. Nous sommes le 1er jour de la grève commencée par Greta. Le 24 août, sort en librairie une autobiographie mêlant crise familiale et crise climatique, Scener ur hjärtat, corédigée par Malena Ernman la mère de Greta, Svante Thunberg son père, Beata, sa sœur, et Greta. Les parents artistes - chanteuse lyrique et acteur - sont très connus en Suède ; Greta, pas encore.

En fait Ingmar Rentzhog et la famille de Greta se connaissent déjà et on participé ensemble à une conférence sur le climat le 4 mai 2018. Peu de place au hasard donc, dans la rencontre à Stockholm, sur le trottoir devant le Parlement entre Ingmar et Greta.

Tout a été finement programmé pour transformer la jeune Suédoise en héroïne internationale, et ce, dès le 1er article paru dans le quotidien le plus lu dans le pays, Aftonbladet, quelques heures seulement après le post Facebook de Rentzhog.

We Don’t Have Time, la start-up qu’il a cofondée en 2016, a l’ambition de créer un réseau social de plus de 100 millions de membres, qui influencera les hommes et femmes politiques et les chefs d’entreprise pour qu’ils agissent davantage contre le réchauffement climatique. C’est ce qui apparaît en tout cas dans leur plaquette web.

C’est la que ça se complique. Parmi les actionnaires de la start-up, on trouve les membres de deux familles interconnectées : les Persson, enfants du milliardaire Sven Olof Persson, qui a fait fortune, entre autres, dans la vente de voitures (Bilbolaget Nord AB) et les Rentzhog. Les deux familles d’investisseurs, qui se sont rencontrées dans la région du Jämtland, n’ont aucun lien avec l’écologie, ce sont des spécialistes de la finance.

Sauver la planète tout en maintenant la croissance économique et en réclamant encore plus de mondialisation


Ingmar Rentzhog, ou comment utiliser Greta Thunberg pour promouvoir la croissance verte.

En mai 2018, Ingmar Rentzhog est recruté comme président-directeur du think tank Global Utmaning, faisant la promotion du développement durable et se déclarant politiquement indépendant. Sa fondatrice n’est autre que Kristina Persson, fille du milliardaire et ex-ministre social-démocrate chargée du développement stratégique et de la coopération nordique entre 2014 et 2016. Via l’analyse des tweets du think tank, on observe un engagement politique fort, à l’aube des élections européennes, envers une alliance qui irait des sociaux-démocrates à la droite suédoise. L’ennemi étant « les nationalismes » émergeant partout en Europe et dans le monde. Des idées qui ne déplairaient pas à notre cher président Macron.

Le 16 janvier 2019, Global Utmaning était fière d’annoncer sur les réseaux sociaux sa nouvelle collaboration avec Global Shapers, une communauté de jeunes dirigeants de 20 à 30 ans « dotés d’un grand potentiel pour jouer un rôle dans l’avenir de la société et qui travaillent à améliorer la situation des populations autour d’eux ». Ce réseau a été créé de toutes pièces par le Forum économique mondial en 2011. Ses leaders entendent bien sauver la planète tout en maintenant la croissance économique et en réclamant encore plus de mondialisation. Tout un programme.

Je résume. Nous avons d’un côté une plateforme numérique en construction, We Don’t Have Time, qui a pris un réel essor il y a quelques mois grâce à Greta Thunberg, « jeune conseillère » de la fondation dirigeant cette plateforme. J’ai oublié de préciser au passage que les centaines de milliers d’adresses mail collectées par Rentzhog valent de l’or. Et de l’autre, nous avons une famille de milliardaires comptant une ex-ministre qui investit dans cette start-up, puis qui embauche Ingmar Rentzhog dans un think tank développant les thèmes de la croissance verte, de l’économie circulaire, bref, de greenwashing.

Ce greenwashing qui permet au capitalisme de perdurer. Greta Thunberg se retrouve à conseiller ceux qu’elle fustige. Comme disait l’auteur du Guépard, « si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change » (Guiseppe Tomasi Di Lampedusa).

  • Post-scriptum : Que les choses soient claires : le combat de cette adolescente et de tous les jeunes qui lui emboitent le pas, partout dans le monde, est sain et une formidable source d’espoir pour la prise de conscience écologiste.
    Par contre, je pense qu’il ne faut pas être dupe du rôle de certains adultes autour d’elle, spindoctor, mentor, spécialistes du greenwashing, de la croissance verte et du capitalisme. Pour lutter efficacement, ne pas être dupe est une nécessité.

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Source : Reporterre

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21/02/2019

Nouvelle génération : les djihadistes nés depuis les années 1980 ne veulent plus être kamikazes

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GÉNÉRATION Y
Nouvelle génération : les djihadistes nés depuis les années 1980 ne veulent plus être kamikazes

Une étude du King Faisal Center for Research and Islamic Studies, en Arabie saoudite, s'est penchée sur plus de 700 personnes ayant rejoint l'Etat islamique, principalement entre 2013 et 2014.

Atlantico : Une étude du King Faisal Center for Research and Islamic Studies, en Arabie saoudite, s'est penchée sur plus de 700 personnes ayant rejoint l'Etat islamique, principalement entre 2013 et 2014. Cette explique que les djihadistes saoudiens sont plutôt éduqués. Comment l'expliquer ? Est-ce une différence avec les djihadistes français ?

Jean-Marc Lafon : L'Arabie Saoudite est une société islamique sunnite et wahhabite. L'une des raisons pour lesquelles Ben Laden a rompu avec la famille royale des Saoud, c'est la question de l'alliance avec les Etats-Unis et la présence "d'infidèles" en terre sainte. Cette idée demeure prégnantedans la population, il y a une connexion entre cela et le nombre de jeunes diplômés qui partent. Le djihadisme est une idéologie, un projet révolutionnaire qui rencontre une forte adhésion en Arabie Saoudite.Certains chercheurs ont affirmé qu'à cause d'internet, un djihadiste arabe et un djihadiste français, c'était la même chose. En réalité, il y a une différence importante entre un diplômé saoudien qui part faire le djihad, et un trafiquant de drogue français qui "cherche un sens à sa vie". [Les diplômés sont plus rares chez les djihadistes occidentaux].

Comment expliquer que seulement 9% de ces combattants aient choisi de devenir kamikazes, et que la majorité ait choisi de devenir combattants ? Ne souhaitent-ils pas mourir en martyrs ?

9%, ce n'est pas si faible que ça. Le but d'un djihadiste n'est pas de mourir en martyr mais de vivre en moudjahid, et la vie d'un moudjahid c'est d'abord de se battre, ce n'est pas lui qui décide de mourir, c'est Allah qui l'appelle. Ces données ne sont pas faciles à interpréter : ceux qui se portent volontaire pour des attentats-suicides sont-ils moins éduqués ? [L'étude ne le précise pas, ndlr] Les études qui se sont basées sur les documents internes de l'Etat islamique montrent que les djihadistes qui ont été orientés vers l'attentat-suicide, c'étaient ceux qui n'étaient pas vraiment capables de faire autre chose. En revanche, parmi les kamikazes, on trouve aussi des combattants endurcis qui se portent volontaires après avoir été au front, mais ne ils ne sont pas kamikazes "en première intention" [à l'inverse des 9% cités ici, ndlr].

Quelles sont les spécificités du contexte saoudien ? Cette étude contient-elle des informations intéressantes pour la compréhension du djihad global, notamment en occident ?

Ce que cette étude nous enseigne, c'est que les cadres des organisations djihadistes sont plus proches de cet échantillon saoudien que des djihadistes occidentaux. La société saoudienne est en quelque sorte plus proche des organisations djihadistes pour des raisons culturelles, religieuses et géographiques. Il existe une parenté entre la société saoudienne et les organisations djihadistes : leurs cadres sont majoritairement desindividus diplômés issus de cette région. On ne peut pas dissocier Oussama Ben Laden de l'éducation qu'il a reçue en Arabie Saoudite, de l'islam wahhabite. La mouvance djihadiste internationale est l'héritière des Saoudiens qui sont partis combattre les Soviétiquesen Afghanistan à partir de 1979. Nombre de cadres djihadistes puisent leurs références et religieuses et culturelles en Arabie Saoudite, comme Iyad Ag Ghali [chef de l'organisation djihadiste sahélienne GSIM, ndlr].

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Source : Atlantico

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20/02/2019

"Que les nations arabo-musulmanes se penchent enfin sur leurs traites négrières"...

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Chercheur, anthropologue, économiste et écrivain franco-sénégalais, Tidiane N’Diaye a publié de nombreux essais sur l’esclavage des Noirs. L’un d’eux, Le Génocide voilé (2008), est une brillante enquête historique sur les traites négrières arabo-musulmanes

 

Entretien avec l'auteur du "Génocide voilé", Tidiane N'diaye
par Alexis Brunet

-- Dans Mémoire d’errance (1998), vous aviez écrit que « malgré son isolement, l’Afrique a vu de grandes civilisations se développer sur son sol. Mais elle est longtemps restée méconnue de l’Europe et plus généralement du monde ». En savons-nous maintenant plus sur ces civilisations ?

-- Tidiane N’Diaye : Avant d’être asservie, l’Afrique fut le siège de civilisations grandioses. Selon certains scientifiques, qui font de l’Afrique le berceau de l’humanité, l’histoire des peuples noirs commence même bien avant celle des peuples indo-européens. Il est temps de revisiter ces remarquables civilisations que sont les royaumes du Grand Zimbabwe, de l’Egypte négro-africaine (25ème dynastie nubienne des pharaons noirs), d’Ethiopie, du Ghana, du Mali. L’Empire du Ghana est considéré comme le premier Etat structuré de l’Afrique de l’Ouest. L’Empire du Mali a été fondé au XIIe siècle. Tombouctou, ville du Mali, a connu un âge d’or au cours duquel des milliers de livres auraient été écrits. Ces livres, près de 100 000 manuscrits qui commencent à être exhumés, vont permettre de mieux connaître l’histoire de l’Afrique. Leurs contenus, qui couvrent les domaines de l’astronomie, de la musique, de la botanique, du droit, des sciences, de l’histoire, de la religion, du commerce, témoignent d’une Afrique qui écrit sa propre histoire. Hélas, l’histoire des royaumes subsahariens des deux derniers millénaires, est mal connue par manque de sources écrites ou de vestiges archéologiques.

-- Au début du VIIe siècle, dans quel état se trouve l’Afrique ?

-- Tidiane N’Diaye : Pendant plusieurs siècles, le continent noir a vécu en quasi-autarcie. Il fut coupé du reste du monde du néolithique à l’âge de fer. Grecs et Romains n’avaient visité que les régions de la partie nord, sans pousser plus en avant leurs entreprises. L’usage de l’oralité n’a jamais empêché la pratique de bon nombre de disciplines scientifiques au sein des civilisations africaines. Pendant très longtemps, cette tradition orale a également servi de vecteur naturel dans la transmission des connaissances en Europe où, jusqu’au XIIIe siècle, seule une minorité d’aristocrates savait lire et écrire. À Tombouctou, haut lieu de culture, dès le XIIe siècle l’université de Sankoré soutenait avantageusement la comparaison avec les universités européennes. Là s’enseignait depuis bien longtemps la géométrie, l’astronomie et l’arithmétique.

-- Dans Le Génocide voilé (2008), vous situez le début de la traite négrière arabo-musulmane au moment de l’islamisation du continent. Vous évoquez l’année 711, où les Arabes reviennent de la péninsule ibérique pour islamiser les peuples africains…

-- Tidiane N’Diaye : La conquête arabe du continent s’était déroulée à l’Est et au Nord. Selon des sources orales que nous avons difficilement vérifiées, il semblerait qu’au moment où, sous le commandement du gouverneur Hasan, les Arabes occupaient l’Afrique du Nord en 703, une autre tentative d’invasion militaire ait eu lieu vers le Sud du continent. Mais elle fut stoppée par la mouche tsé-tsé, qui sévit dans les forêts. Si cette bestiole a la particularité de transmettre la maladie du sommeil à l’homme, elle tue les chevaux. Ainsi, l’action des forces d’invasion arabes s’arrêtera, dans un premier temps, aux territoires situés à la limite du Sahara et, d’une façon marginale, à l’Est africain. Par la suite, les Arabes, ayant conquis l’Égypte, allaient y asservir de nombreux peuples venant de la Nubie, de Somalie et du Mozambique ou d’ailleurs, au cours de la première expansion islamique.

Pour les soldats de la guerre sainte islamique, le monde est divisé en deux parties : il y a les territoires de l’Islam et le reste. Pour ces fous de Dieux, il était du devoir des musulmans de soumettre et de convertir tous ceux qui ne l’étaient pas. Aussi, devant les assauts répétés des « djihadistes » arabes, les Nubiens préférèrent négocier la paix en concluant en 652 un traité connu sous le nom de « Bakht ». Ce traité inaugurait une traite négrière en grand, car l’émir et général Abdallah ben Saïd imposa aux Nubiens, par ce « Bakht », la livraison annuelle et forcée de 360 esclaves. La majorité des hommes objets de ce contrat, était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d’une énorme ponction humaine, qui sera effectuée non seulement dans toute la bande soudanaise, mais aussi de l’océan Atlantique à la mer Rouge passant par l’Afrique orientale. Cette ponction se répartira soit localement, soit beaucoup plus loin que toutes les régions du monde musulman et ce, du VIIe au XXe siècle.

-- Dix-sept millions de victimes tuées, castrées ou asservies pendant plus de treize siècles sans interruption. Le Génocide voilé contient de nombreuses horreurs qui font froid dans le dos. Comment se fait-il que cette page sombre de l’Histoire reste encore peu connue ?

-- Tidiane N’Diaye : Un tel génocide, chose curieuse, très nombreux sont ceux qui souhaiteraient le voir recouvert à jamais du voile de l’oubli, souvent au nom d’une certaine solidarité religieuse voire politique. L’Afrique compte aujourd’hui entre 500 et 600 millions de musulmans. Raison pour laquelle la plupart des historiens africains ou autres, ont restreint le champ de leurs recherches sur les traites négrières à celle pratiquée par les nations occidentales. Notre propos n’a rien de moralisateur, car comment comparer ce qui fut, compte tenu des mentalités et des sensibilités de l’époque, avec notre présent. Le souhait est que les générations futures soient informées de l’antériorité et de la dimension de la traite transsaharienne et orientale. Et que les nations arabo-musulmanes se penchent enfin sur cette sinistre page de leur histoire, assument leur responsabilité pleine, entière et prononcent un jour leur aggiornamento comme les autres et c’est cela aussi, l’Histoire.

-- Vous avez écrit trois ouvrages sur la traite transatlantique. On ne peut donc absolument pas vous soupçonner de complaisance envers cette dernière. Mais vous racontez dans Le Génocide voilé que c’est la colonisation européenne, notamment française, qui a mis fin à la traite arabo-musulmane…

-- Tidiane N’Diaye : Après les abolitions occidentales, des traités furent signés pour éradiquer cette ignominie. Au congrès de Vienne, en 1815, et à celui de Vérone, en 1822, l’horreur de la traite négrière fut dénoncée comme « un fléau qui a longtemps désolé l’Afrique, dégradé l’Europe et affligé l’humanité ». Par la suite, la publication des récits de voyages de David Livingstone et de Henry Stanley incita sans doute le roi des Belges, Léopold II, à agir. Du moment que la traite arabe ne pouvait plus trouver de débouchés sur l’océan Indien, le souverain belge se proposait d’en extirper les dernières racines dans l’Est du Congo. Il entreprit d’inviter à Bruxelles la Conférence internationale de Géographie. Préparée par Émile Banning, cette rencontre se déroula du 12 au 19 septembre 1876 et rassemblait des personnalités aussi éminentes que Georg Schweinfurth (Allemagne), Verney Cameron (Grande-Bretagne) et le vice-amiral de la Roncière-le Noury (France). Une « Association Internationale pour l’Exploration et la Civilisation de l’Afrique centrale » fut créée. Les Arabes seront battus et chassés du Congo. Le 1er aout 1890, les Anglais poussèrent officiellement – comme les Français en Afrique du Nord – le sultan de Zanzibar à promulguer un décret, interdisant la traite et l’esclavage.

-- Ceci étant, l’abolition de la traite transatlantique n’a pas mis fin à des rapports pervers et déshumanisants entre colons français et colonisés africains. Sans même se référer à des études historiques, il suffit de relire l’aventure coloniale de Céline en Afrique relatée dans Voyage au bout de la nuit pour en avoir le cœur net…

-- Tidiane N’Diaye : Au XIXe siècle, l’Europe était en pleine révolution industrielle et urbaine. Ses puissances tentaient de convaincre qu’un tel tournant dans l’histoire de l’humanité était lié au triomphe de leur civilisation. Du fait de la toute nouvelle industrialisation, comme des avancées scientifiques et techniques, elles prétendaient apporter le progrès à des « peuples attardés ». Alors qu’après l’abolition de l’esclavage, l’intérêt que ces pays portaient encore à l’Afrique, était éminemment mercantile. L’horreur passée, que des raisons économiques avaient engendrée, les mêmes raisons aidèrent tout simplement à la défaire. L’abolition de l’esclavage devait beaucoup plus à l’économie qu’à la morale. Elle intervenait, à un moment où la révolution industrielle opérait une grande mutation. Et les industries de transformations nées de cette révolution avaient besoin d’autres choses que de bras serviles à mener par le fouet. Elles étaient tributaires d’un nouveau type de main-d’œuvre, de matières premières et de débouchés. Comme par malédiction, tous ces éléments indispensables à la nouvelle économie se trouvaient encore en Afrique. Les rapports entre Européens et Africains seront donc pendant longtemps ceux de dominants à dominés.

-- L’actuel racisme anti-noirs des pays du Maghreb est-il lié aux très longues traites arabo-musulmane auxquelles ces pays ont participé ?

-- Tidiane N’Diaye : Dans l’inconscient des Maghrébins, cette histoire a laissé tellement de traces que, pour eux, un « nègre » reste un esclave. Ils ne peuvent pas concevoir de noirs chez eux. Regardons ce qui se passe en Lybie, au Maroc ou ailleurs dans les pays du Golfe. On retrouve des marchés d’esclaves en Libye ! Seul le débat permettrait de dépasser cette situation-là. En France, pendant la traite et l’esclavage, il y a eu des philosophes des Lumières, comme l’abbé Grégoire ou même Montesquieu, qui ont pris la défense des noirs alors que, dans le monde arabo-musulman, les intellectuels les plus respectés, comme Ibn Khaldoun, étaient aussi des plus obscurantistes et affirmaient que les « nègres » étaient des animaux. Cette posture a survécu au temps et dans l’esprit des arabo-musulmans en général.

-- Revenons chez nous : le 7 novembre 2018, la Cour de Cassation de Paris a rejeté une demande de réparation et d’indemnisation des descendants d’esclaves de la traite transatlantique. Que vous inspire le rejet de cette demande ?

-- Tidiane N’Diaye : Les Antilles françaises ont enregistré un boom économique sans précédent grâce aux esclaves africains. Le travail de ces déportés a fait la fortune des colons et des maîtres créoles mais aussi de la France. À la fin du XVIIIe siècle, les échanges de la Martinique, de la Guadeloupe et de Saint-Domingue avec l’étranger, constituaient les deux tiers du commerce extérieur français. Grâce à l’économie des îles antillaises, la France des négociants de 1787 était le plus grand distributeur d’Europe de produits exotiques. Après l’abolition, en compensation de leur « perte de main d’œuvre », la France a versé aux anciens maîtres esclavagistes, la somme de 6 millions de francs, ce qui, en franc constant converti à l’Euro actuel, est énorme. Dans le même temps, les noirs ou « nouveaux libres », seront jetés dans la rue comme si la liberté seule pouvait gommer toutes les horreurs du passé. A ces esclaves libérés, rien ne fut accordé. Au demeurant, si réparations il doit y avoir, cela devrait concerner avant tout les descendants de ces enfants, de ces femmes et de ces hommes, dont la vie a basculé sans retour dans l’horreur et la désolation. Ils vivent aujourd’hui aux Antilles, en Guyane et à la Réunion. Quelles formes pourraient prendre ces réparations ? Aux autorités françaises d’examiner un jour la question.

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SOURCE : CAUSEUR

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19/02/2019

Annick de Souzenelle : "Le Seigneur et le Satan - Au-delà du Bien et du Mal

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18/02/2019

Matzneff - Les intellos et leurs généreuses illusions

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CHRONIQUE. « Je n'ai converti personne, éclairé personne. » L'écrivain ne se fait plus d'illusions sur l'utilité de l'engagement politique des intellectuels.
Par Gabriel Matzneff

De même que le désir d'avoir bonne conscience nous pousse à nous convaincre que nos mauvaises actions ne sont pas si coupables que ça, de même nous sommes maîtres dans l'art de nous persuader, tant nous les croyons justes, que les idées qui nous sont chères sont partagées par un très grand nombre de nos compatriotes. Nos généreuses illusions sont tenaces, elles nous collent à l'âme comme la tunique de Déjanire à la peau d'Hercule. J'en donnerai ici deux illustrations.

La première est la spectaculaire naïveté des hommes politiques de droite et de gauche qui, ces derniers jours, font de belles phrases sur l'amour que le peuple français porte à Simone Veil, sur l'immense popularité dont celle-ci a joui de son vivant, dont elle jouit depuis sa mort. Je ne crois ni à cette popularité ni à cet amour. Que nous soyons tous écœurés, indignés par la bassesse, l'infamie des profanations néonazies dont les portraits de Simone Weil ont été souillés, cela va de soi ; mais que le peuple français nourrisse pour cette femme courageuse un amour vif et serait transporté de joie si celle-ci devait servir de modèle à une prochaine Marianne, je ne le crois pas.

C'est sans doute regrettable, mais c'est ainsi. Les personnages officiels, blanc-bleu, admirés et honorés par la bourgeoisie bon chic bon genre, suscitent rarement la ferveur. On les respecte, on les honore, mais la ferveur, elle, est le privilège des irréguliers, des scandaleux, des maudits. Si le Bon Dieu existe, il aura illico accueilli Simone Veil dans son paradis, j'en suis certain, mais le charmeur, l'enchanteur, le tentateur, ce n'est pas Dieu, c'est le Diable. Les Français de sept à soixante-dix-sept ans furent jadis enchantés d'avoir une Marianne qui avait la bouille de Brigitte Bardot ; Simone Veil, franchement, cela ne leur fera ni chaud ni froid.

J'avais l'ingénuité de croire que mon témoignage était utile, fécond

Autre illustration de mon propos. Dès l'âge le plus tendre, élevé comme tous les enfants d'émigrés russes dans le culte de l'amitié franco-russe, j'ai cru dur comme fer aux liens particuliers qui unissaient mon pays et celui de mes ancêtres. Jusqu'à une date récente, je rompais des lances passionnées en faveur de l'alliance entre la Russie et la France, l'Europe orientale et l'Europe occidentale, si indispensable à l'équilibre européen ; j'exaltais les trésors esthétiques, théologiques, spirituels dont, par sa lumineuse présence, l'Église orthodoxe enrichit le patrimoine religieux de la France. Je le faisais dans mon travail d'écrivain, dans ma vie de laïc militant (la création du Comité de coordination de la jeunesse orthodoxe, celle de l'émission Orthodoxie à la télévision), et j'avais l'ingénuité de croire que mon témoignage était utile, fécond.

Aujourd'hui, mes illusions se sont dissipées. Je n'ai converti personne, éclairé personne. Qu'ils soient de droite ou de gauche les intellos et les politiciens français demeurent étrangers à l'univers et à la sensibilité slavophiles ; ils n'aiment pas la Russie, ils lui sont déterminément hostiles, et leur obstiné aveuglement (si j'étais méchant j'écrirais « leur mauvaise foi », mais je ne crois pas qu'il s'agisse toujours de mauvaise foi, j'ai au moins deux proches amis qui refusent sincèrement d'admettre que la Russie de Poutine est un paradis de liberté comparée à l'Union soviétique totalitaire de Brejnev) me persuade que – c'est le mot de Bolivar sur son lit de mort – j'ai labouré la mer.

Du point de vue de l'art, cela est certes sans importance : si une page est belle, c'est l'essentiel ; mais du point de vue de l'engagement politique et métaphysique, c'est décourageant. Être irrémédiablement la Vox clamantis in deserto évoquée dans l'Ancien Testament par le prophète Isaïe, quelle barbe ! Mieux vaut revisser le capuchon de notre stylo et aller au cinéma, soit pour revoir un vieux et génial Lubitsch soit pour découvrir la nouvelle comédie de Fabien Onteniente. Bref, se réciter à mi-voix le « Suave mari magno » de Lucrèce. Au vestiaire, notre absurde envie de convaincre qui que ce soit de quoi que ce soit !

 

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SOURCE : Le Point

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Russie : l'influence de l'Église orthodoxe

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Reportage suivi d'un débat sur la chaîne Public Sénat...

C’est une religion dont on parle peu. Pourtant, au cœur de l’Europe, la Russie compte 80% d’orthodoxes, également majoritaires dans de nombreux pays de l’Est. Aidée par un Poutine qui a vu en elle le ciment utile d´une Russie en quête d’identité après la chute de l’URSS, en 2009, l’Eglise russe porte à sa tête, Kirill, patriarche de Moscou et de toute la Russie… Quelle est la nature des liens entre ces deux hommes qui partagent un goût prononcé pour les valeurs traditionnelles ? Quel poids pour l’Eglise orthodoxe dans les sociétés russe et européenne ? Quels jeux d’influence le patriarche de Moscou opère-t-il dans les relations diplomatiques de la Russie ? Jérôme Chapuis et ses invités ouvrent le débat.

Avec :

Cécile VAISSIÉ : Professeure des universités en études russes et soviétiques
Christophe LEVALOIS : Rédacteur en chef de Orthodoxie.com
Antoine ARJAKOVSKY : Historien spécialiste de l’Eglise orthodoxe, de la Russie et de l’Ukraine
Galia ACKERMAN : Essayiste et historienne, spécialiste de la Russie et de l’Ukraine
Présenté par Jérôme CHAPUIS

 

 

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17/02/2019

Racisme autorisé...

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« Le blanc est stupide... » : chroniques du racisme anti-blanc tristement ordinaire

 

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur le passage de Nell Irvin Painter, écrivain américaine, dans l'émission Quotidien, expliquant que «le blanc est stupide, il ment, il est corrompu, il harcèle les femmes…» (sic).

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Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox. Son dernier ouvrage, Névroses Médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée, vient de paraître chez Plon.

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Le racisme anti-blanc, ou la détestation anti-occidentale, pour l'appeler moins crûment, présente une triple spécificité.

La première, il est nié telle une pure chimère.

La deuxième, celui qui l'évoque est réprouvé et frôlerait le racisme.

La troisième, est qu'il est véhiculé largement par les blancs eux-mêmes.

Dans mes derniers ouvrages (« Réflexions sur la Question Blanche », « Névroses Médiatiques »), j'ai tenté de montrer que cette spécificité a pour fondement la redoutable croyance moderne que l'homme blanc, couleur d'Adolf Hitler, avait inventé le racisme et qu'il ne pouvait donc en être la victime puisqu'il en était l'unique auteur. J'ai également suggéré que ladite croyance, d'origine traumatique, avait pénétré profondément l'inconscient collectif occidental.

Deux événements médiatiques de la semaine écoulée sont de nature à donner quelque chair à mon ingrate thèse.

La dernière fois que je tentais une telle démonstration appuyée sur un exemple, il s'agissait de ce rappeur nommé Nick Conrad qui se proposait en chantant de pendre les enfants blancs.

Mais un journaliste du soir, sans doute rebuté par ma thèse, me fit le reproche d'avoir rendu public un geste isolé commis par un total inconnu. Étrange reproche de la part de gens qui ne répugnent pas à publiciser le moindre tag raciste ou les éructations antisémites de deux gilets jaunes avinés dans le métropolitain.

En réalité, qu'il s'agisse de Nick Conrad ou de « Nique la France », tous les prétextes sont bons pour ne pas les entendre et interpréter les indignations qu'ils suscitent pour les fantasmes pervers de la fâcheuse sphère.

Au passage, on remarquera que la justice française, une fois encore, semble bonne fille avec les méchants propos sur les blancs, puisque le rappeur lyncheur se voit menacé par le parquet de la condamnation très platonique à 500 € d'amende avec sursis.

Mais cette fois, mes détracteurs vespéraux auront quelques difficultés à prétendre que les exemples que je vais prendre auront été commis en catimini.

Le premier dévoiement médiatique à décrire se situe en effet le 8 février dans le cadre de l'émission télévisée à succès « Quotidien » animée , on le sait, par Yann Barthès.

Celui-ci recevait Nell Irvin Painter, écrivaine noire américaine et auteur d'une « Histoire des Blancs ».

Dans un français bien châtié, la dame noire fustigea bien les blancs.

À partir de sa description de Donald Trump et des nombreuses turpitudes qu'elle lui prête, elle en déduisit expressément qu'on pourrait en conclure que : « le blanc est stupide, il ment, il est corrompu, il harcèle les femmes… »

Mon imagination est impuissante à décrire la réaction médiatique, politique ou intellectuelle si, à partir des actes reprochés à l'acteur noir américain Bill Cosby ou plus récemment encore à l'élu démocrate afro-américain Justin Fairfax, tous deux poursuivis pour viols, une personnalité blanche prêtait les mêmes turpitudes à l'ensemble des noirs.

Je gage, qu'à bon droit, sa réputation serait perdue à jamais.

Or le plus terrible, le plus consternant, habite dans le fait que les animateurs et le public se pâmaient extatiquement.

Pour faire bonne mesure, l'écrivaine célébrée expliqua ensuite tranquillement à son public acquis que les blancs, aux visages trop pâles pour se protéger du réchauffement climatique, devaient impérativement se croiser sans tarder avec des êtres à la peau plus brune.

Et le gentil public, antiraciste forcément antiraciste, s'interdisant ordinairement d'accorder quelque importance à la couleur de peau ou à toute notion de race interdite de cité ou même d'être citée, d'applaudir à tout rompre cette injonction thérapeutique à la disparition d'une vile espèce humaine devenue trop fragile pour nos temps difficiles.

En réalité, et à ce degré d'indigence intellectuelle et morale, cette scène tristement ridicule aura au moins le mérite de mettre le doigt très exactement sur le mal névrotique de l'époque présente.

Une époque qui à la fois et en même temps traque le moindre soupçon, la moindre imputation d'a priori raciste lorsqu'il s'agit des peuples supposés victimes du racisme blanc et s'autorise les préjugés les plus grossiers et stéréotypés jusqu'à l'appel à la disparition lorsqu'il s'agit de ces gens supposément détenir le monopole du racisme pour l'avoir inventé.

La même semaine, un autre exemple montre que cette pathologie névrotique de la dilection pour l'altérité ne concerne pas, loin s'en faut, la télévision populaire mais que le monde intellectuel ou qui se prétend tel est également frappé. C'est ainsi que France Culture considère désormais que le racialisme est une pensée politique dont on devait débattre tranquillement le 7 février, y compris avec cette dame noire d'Amérique qui n'aime pas trop les blancs. Mieux encore: sur son Twitter notre radio culturelle de service public reprenait à son compte la théorie racialiste : « Penser la question Blanche, c'est être capable de se questionner sur une partie de l'identité française. Prendre conscience par exemple qu'être blanc est un privilège, le blanc n'ayant jamais eu à se poser la question de la couleur de sa peau. ».

Racialisme obsessionnel, racisme anti blanc stupide sur la radio d'État: un « babtou » qui se fait frapper en banlieue ou des policiers blancs lynchés comme cela est arrivé un 31 décembre à Champigny, des fermiers blancs assassinés en Afrique du Sud ou au Zimbabwe, des privilégiés, vraiment ?

Et inversement, un noir au Togo, se pose donc tous les jours la question de sa couleur de peau ?

Bref, pour mesurer cet indigénisme indigent qui s'étend, je recommande la lecture édifiante de l'article publié le 6 décembre 2018 par Matthieu Aron dans l'Obs et intitulé « Menace décoloniale à l'université ». Je citerai l'introduction : « "Racialisé", "Racialisation" "Islamophobie"… Ce vocabulaire qui s'est installé dans le débat public, est issu d'une mouvance qui gagne du terrain dans les facs. À tel point que les opinions divergentes n'osent plus s'exprimer…»

D'évidence, cette menace « décoloniale » a pris confortablement ses quartiers à Radio France.

Mais le pire, dans ces théâtres de la sottise populaire ou prétentieuse, n'est pas que telle raciste noire anti- blanc ou telle militante islamo-gauchiste des Indigènes de la République puisse exprimer ses méchancetés.

Le pire du pire, ce sont ces sombres idiots à la peau pâle qui tirent un masochiste et raciste plaisir à se haïr la peau.

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Source : Le Figaro

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23:07 Publié dans Parenthèse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook