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11/01/2017

La principale menace n'est pas le terrorisme mais la sécession culturelle de l'islam de France

=--=Publié dans la Catégorie "PARENTHÈSE"=--=

 

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Deux ans après le massacre de Charlie Hebdo, le magazine Causeur a enquêté sur les «Molenbeek» français. Pour Elisabeth Lévy, « Les Français, y compris musulmans, veulent que l'islam s'adapte à la République, pas le contraire ».

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Le dernier numéro de Causeur s'intitule, «Au coin de la rue la charia». En photo, une femme entièrement voilée. Pourquoi cette couverture choc? Ne cédez-vous pas à une forme de sensationnalisme ?

Elisabeth Lévy : Ce serait sensationnel si ce n'était pas réel! Or, cette photo n'est pas un montage, elle a été prise à Paris il y a quelques années et depuis, ce genre de présence fantomatique est devenu encore plus courant dans certains quartiers, lisez Rue Jean-Pierre Timbaud, de Géraldine Smith. Et si on peut voir cela dans le centre de la capitale, imaginez ce qui se passe dans nombre de nos banlieues, la loi des Frères devient la règle. Comme le montre notre reportage à Sevran, effectué dans la foulée de celui de France 2, les femmes sont amenées à se cacher toujours plus, et, finalement, à limiter leur présence dans l'espace public au strict minimum, soit par conviction, soit pour avoir la paix. Nous n'avons pas choisi une image violente, qui suscite la peur, mais une image devenue banale. Et ce qui fait peur, c'est qu'elle soit banale.

Peut-être, mais les femmes voilées ne menacent pas la sécurité publique...

Elisabeth Lévy : Oui, mais vous vous trompez lourdement en postulant que nous avons d'abord un problème de sécurité. S'il nous fallait seulement neutraliser quelques milliers de djihadistes violents, on y arriverait. Mais il n'y a pas un mur étanche entre l'islamisme pacifique et l'islamisme violent. Et aussi douloureuses soient les pertes que nous inflige le terrorisme islamiste, ce n'est pas lui qui menace à long terme la cohésion et l'existence même de notre pays, c'est la sécession culturelle dans laquelle est engagée une partie de l'islam de France et d'Europe. Le problème n'est pas seulement l'arbre mais la forêt dans laquelle il a grandi, cette contre-société islamiste qui s'est constituée au fil des ans, vit dans un entre-soi que brisent seulement les impératifs du travail et voue une hostilité croissante au mode de vie majoritaire. Pendant ce temps, le président nous complimente comme si nous étions des enfants, pour être restés bien gentils les uns avec les autres. Admettez que c'est un peu court.

Ce n'est pas une infime minorité mais une fraction notable des musulmans français qui n'habitent plus mentalement le même temps et le même espace que nous.

Après tout François Hollande a raison de se féliciter que la France soit restée unie...

Elisabeth Lévy : Eh bien pendant que François Hollande se félicite, que d'autres proclament que nous ne céderons pas et que d'autres encore font la chasse aux islamophobes, un nombre croissant de quartiers passent sous la férule d'une idéologie séparatiste érigeant une barrière entre purs et impurs, fidèles et kouffars, putes et soumises, des enfants juifs sont exfiltrés de l'école publique (pour leur sécurité, bien sûr), des collégiennes condamnées au jogging informe, des lycéens obligés d'observer le ramadan ou de faire semblant, des populations entières contraintes de se soumettre à la loi des Frères, au nom de la solidarité entre musulmans supposée prévaloir sur toute autre allégeance. Sans oublier les caricatures qu'on n'ose plus publier, les vérités qu'on n'ose plus dire, les libertés qu'on n'ose plus exercer. Or, ce que nous avons découvert, c'est que cette emprise s'exerce non seulement dans certains territoires mais aussi dans certains milieux comme le foot amateur, dans certaines entreprises: permettez-moi d'attirer votre attention sur l'enquête passionnante qu'Olivier Prévôt, auteur et critique cinéma de Causeur décédé le 25 décembre, consacre à la RATP. On y voit comment l'heureuse politique des grands frères, assaisonnée de lamento victimaire, a permis d'installer les salafistes dans la place. Et le jour même où notre numéro paraissait, on apprenait de Jean-Claude Lagarde que la fermeture de PSA à Aulnay avait été en partie due à la volonté d'échapper aux revendications islamistes.

N'exagérez-vous pas l'ampleur du problème ? Tout cela est très impressionniste…

Elisabeth Lévy : Les témoignages de professeurs enseignant dans les «territoires perdus de la République» sur l'antisémitisme, le sexisme et l'homophobie d'un grand nombre de leurs élèves, en 2002, n'étaient pas impressionnistes. Ceux que nous publions sur la RATP, les stades, l'exclusion des femmes non plus. Pas impressionnistes non plus, les travaux de Kepel ou ceux du chercheur Tarik Yildiz que nous interrogeons dans ce numéro. D'ailleurs, quand bien même ils le seraient, si autant d'impressions convergent, cela doit avoir un sens, non? Même la sociologie découvre la lune après avoir déployé toute son énergie à dénoncer le doigt, tout comme ces prétendus savants et autres idiots utiles de l'islam politique qui répétaient que le problème ne venait pas de l'antisémitisme mais de ceux qui le dénonçaient, pas du séparatisme musulman mais du racisme français, pas de l'islam mais de l'islamophobie. Le soir du 7 janvier 2015, après l'attentat de Charlie Hebdo, Edwy Plenel et Laurent Joffrin expliquaient que le problème de la France s'appelait Finkielkraut, Zemmour ou Houellebecq.

D'accord, mais les éditos de Plenel ou Joffrin ne sauraient constituer une anti-preuve…

Elisabeth Lévy : Si cela ne vous suffit pas, en deux ans on a publié plus de témoignages, d'enquêtes, de reportages, d'études, de sondages sur l'islam radical et ses diverses manifestations, que durant les treize années précédentes. Le tableau d'ensemble est de moins en moins conjectural et de plus en plus effrayant. Ce n'est pas une infime minorité mais une fraction notable (entre un quart et un tiers selon les critères retenus) des musulmans français qui n'habitent plus mentalement le même temps et le même espace que nous. Beaucoup d'autres musulmans sont les premiers surpris et l'effroi de certains responsables comme Tareq Oubrou, Kabtane et d'autres, qui ont pourtant constitué la première génération islamiste, n'est pas feint, devant le monstre qu'ils ont enfanté ou laissé prospérer - une jeunesse en colère née dans un pays qu'elle dit exécrer et qui divise le monde entre «eux» et «nous», le «eux» comprenant l'essentiel de ses compatriotes. Alors non, je ne crois pas que nous exagérions le problème.

Ainsi a-t-on recruté les barbus dans des structures locales associatives ou parapubliques, qui leur ont permis de quadriller les quartiers avec des animateurs acquis à la cause.

Comment en est-on arrivé là ?

Elisabeth Lévy : Difficile de résumer l'incroyable accumulation de bons sentiments dévoyés, de complaisances intéressées, de lâchetés inavouées, d'aveuglement volontaire et d'une énorme dose d'imbécillité à visée électoraliste, qui a permis à cet islam de s'implanter, souvent avec l'aide de l'argent public. Il faut remonter au tournant idéologique des années 1980. La droite ayant ouvert les vannes à l'immigration de masse, la gauche, se trouvant fort dépourvue quand la bise individualiste et libérale fut venue, recycla alors les immigrés en damnés de la terre avec l'antiracisme en guise de lutte des classes et l'exaltation des différences comme mantra. Ces excellentes intentions antiracistes ont finalement empêché les nouveaux arrivants de s'assimiler et même de s'intégrer. La mise en musique de ces sottises idéologiques a été réalisée par un clientélisme local parfaitement œcuménique sur le plan politique, qui assignait les descendants d'immigrés à leur culture d'origine puisque c'est cette assignation qui permettait d'obtenir leurs voix. Ainsi a-t-on recruté les barbus dans des structures locales associatives ou parapubliques, qui leur ont permis de quadriller les quartiers avec des animateurs acquis à la cause. Ensuite, la pression a fait le reste. Selon le vieil adage, les plus gênés s'en vont et une fois qu'on est entre musulmans ou presque, la conception la plus étroite c'est-à-dire celle qui permet le plus facilement au croyant d'enquiquiner ses contemporains s'impose à tous.

En somme, c'est arrivé sans que personne ne le veuille ?

Elisabeth Lévy : Je ne dirais pas tout-à-fait cela. Chez beaucoup, l'idéologie a agi comme un voile qui les empêchait de voir ce qui se passait: la jeunesse immigrée était victime des Dupond Lajoie et autres beaufs franchouillards, quand elle sombrait dans la délinquance c'était bien normal à cause du racisme si répandu. Mais d'autres n'ont pas l'excuse de l'inconscience ou de l'aveuglement. Il y a en France un parti de l'islam, que Finkielkraut appelle justement le parti de l'Autre, qui s'est prêté à toutes sortes d'accommodements avec «les Frères», représentants de la «religion des pauvres», comme disait Emmanuel Todd, non pas par cynisme électoral mais parce qu'il comprend, dans le fond, que seul l'islam pourrait effectivement le débarrasser de ce peuple qui vote de plus en plus mal et demeure, on se demande pourquoi, rétif aux séductions très relatives du multiculturalisme réel. Ramadan, les Frères musulmans de l'UOIF, et plus encore leurs alliés de l'islamo-gauche, comme Edwy Plenel ou Clémentine Autain et pas mal d'autres ont clairement encouragé la sécession que j'ai évoquée en lui fournissant des visages présentables, une panoplie idéologique de légitimation et des relais médiatiques. Et ce sont les mêmes qui ont seriné aux jeunes nés sur notre sol que nous étions coupables de tout et eux responsables de rien. On ne saura jamais à quel point ce discours victimaire a contribué à faire haïr la France par des Français.

Il y a tout juste deux ans, les attentats de Paris contre la rédaction de Charlie Hebdo puis l'Hypercacher ensanglantaient la France. Depuis rien n'a changé ?

Elisabeth Lévy : Si évidemment ! Maintenant non seulement tout le monde voit mais on a le droit de dire. Même dans Le Monde, qui a publié cette semaine une excellente enquête sur Stains où l'imam, très républicain, n'a pas vu que sa mosquée était un vivier de recrutement pour l'EI. Et même à France Télévision où on a pu voir au 20 heures de David Pujadas, le reportage sur Sevran dans lequel on voit un patron de bistrot lancer «Ici, c'est le bled!» (comprenez qu'il est normal qu'on n'y voie pas les femmes). Aujourd'hui, seule une minorité continue à nier le problème et à radoter sur les méchants islamophobes qui sont à l'origine de tout le mal. Même la lutte sacrée contre le populisme fait de moins en moins recette. Quoi qu'on pense du FN, il est difficile de prétendre qu'il est plus dangereux pour la République que l'islam radical.

Les propos de Vincent Peillon qui compare les musulmans aux juifs des années 30 laissent penser que l'influence politique des islamo-gauchistes n'a jamais été aussi grande…

Elisabeth Lévy : Ah bon, expliquez-moi en quoi. Ce qui prouverait que cette influence est grande, c'est que Vincent Peillon gagne la primaire - et l'élection présidentielle. On n'en est pas là et quelque chose me dit au contraire qu'il risque de payer fort son ânerie historique et politique. Reste une aberration que je ne m'explique pas. Sauf à croire que les électeurs de gauche vivent dans un monde enchanté protégé de tous les maux de l'époque, je ne comprends pas que les candidats à la primaire cherchent à flatter une fibre multiculti qui est plutôt chancelante, même chez les meilleurs croyants. Et s'il semble que Manuel Valls conserve un certain socle électoral, je suis convaincue que la fermeté qu'on lui prête face à cet islam y est pour beaucoup.

Sur le plan intellectuel, certaines digues ont sauté. En revanche, sur le plan politique, c'est toujours le règne de l'impuissance …

Elisabeth Lévy : Sur le plan intellectuel, il est urgent d'améliorer notre connaissance objective des faits et d'y réfléchir calmement, sans minimiser ni exagérer. L'enquête CNRS/CEVIPOF en chantier ainsi que d'autres travaux devraient nous y aider. Seulement, plus on sait qu'il faut agir, moins on sait comment agir. En effet, les enjeux sécuritaires sont infiniment moins complexes que les fractures culturelles et idéologiques. On peut traquer des criminels, couper leurs sources d'approvisionnement et de financement, les juger, les condamner ou les abattre. On peut combattre les discours de haine, en tout cas quand ils sont tenus publiquement, même si c'est plus compliqué et en grande partie vain. En revanche, on ne sait pas comment lutter contre les idées fausses qui s'emparent de certains esprits. Ou plutôt on sait que c'est une guerre de trente ans qu'il faudrait mener sans relâche sur tous les fronts où se fabrique l'esprit public: école, université, médias, justice. Tout en s'employant par ailleurs à réduire le plus possible des flux migratoires que plus personne n'est aujourd'hui en état d'accueillir, ni les issus-de ni les de-souche.

Surtout, ne laissons pas tomber ceux et surtout celles qui, dans les quartiers, refusent de céder.

Vous écrivez, "on ne saurait tout attendre des gouvernants ou de la loi". Mais les Français victimes de cette terreur lente, souvent les plus pauvres, attendent que l'Etat les protège...

Elisabeth Lévy : Il ne vous a pas échappé que nous entrons en campagne électorale? Par ailleurs, il paraît que nous vivons dans le monde merveilleux des réseaux sociaux et de la participation citoyenne. Alors, que la majorité silencieuse profite de ces quelques mois où on va la courtiser pour faire savoir à ceux qui briguent ses faveurs ce qu'elle veut - en l'occurrence rester un peuple, un peuple, divers, et même chatoyant, accueillant aux individus, mais qui n'entend pas accueillir un autre peuple, poursuivant un autre projet, et encore moins un contre-peuple poursuivant un contre-projet. Les Français, y compris musulmans, veulent que l'islam s'adapte à la République, pas le contraire.

Vous expliquez que la reconquête des territoires perdus ne se fera pas par la force. Mais le recours à l'autorité de l'Etat et du politique, y compris en prenant le risque de nouvelles émeutes, n'est-il pas le meilleur moyen d'éviter à terme la guerre civile que certains redoutent ?

Elisabeth Lévy : Quand la sécession prend des formes violentes, l'Etat doit répliquer par la force et, de mon point de vue, en faisant un tout petit peu moins de chichis - d'ailleurs c'est déjà le cas avec l'assouplissement des règles de tir pour les policiers. Je ne vois pas aujourd'hui de foyers d'émeutes tels que vous semblez les décrire, mais si des événements du type de 2005 devaient se reproduire, j'espère que la réaction serait rapide et ferme. Cependant, pour l'essentiel, la sécession qui met la République au défi est en apparence, sinon pacifique, du moins non-violente. C'est dans les esprits qu'il faut mener la reconquête des territoires perdus - ce qui veut dire à la dure, sans céder sur ce que nous sommes, pas par la force. Nous ne gagnerons pas cette guerre si la majorité silencieuse des musulmans ne choisit pas bruyamment la loi de la République contre celle des «Frères» et la majorité silencieuse le restera tant qu'elle aura plus peur du jugement des siens que besoin de l'approbation de ses concitoyens. Surtout, ne laissons pas tomber ceux et surtout celles qui, dans les quartiers, refusent de céder. Salman Rushdie dit que, si la fatwa contre lui était prononcée aujourd'hui, il serait beaucoup moins soutenu qu'à l'époque. Je veux croire qu'il se trompe et que nous sommes collectivement déterminés à résister, calmement mais fermement, à l'emprise islamiste. Faute de quoi, dans quelques décennies, on recensera les quartiers de France où il est permis de se promener en mini-jupe et de s'embrasser dans la rue.

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SOURCE : Le Figaro

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"Si on ne ralentit pas l'immigration, ce sera la soumission ou la guerre civile"...

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Alain Finkielkraut, Interview

 

Alain Finkielkraut a conservé toute la capacité d’indignation de sa jeunesse. Et une certaine propension à l’inquiétude. Le philosophe et essayiste français, membre de l’Académie française, est habité par une subtile nostalgie pour un passé qui n’est plus.

Respecté à travers le monde bien que parfois contesté en France, Alain Finkielkraut ne cesse d’égrener et d’analyser les menaces qui mettent aujourd’hui en péril les équilibres des sociétés européennes. Il le fait en cherchant méticuleusement les mots justes, dans un effort de lecture de la réalité qui semble lui paraître à la fois essentiel et très douloureux.

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De nombreux intellectuels rejettent la théorie de Samuel Huntington se basant sur le présupposé "choc des civilisations". Le font-ils parce qu’ils la considèrent infondée d’un point de vue historico-scientifique ou parce qu’elle est si intrinsèquement en contraste avec leur vision d’une société égalitaire et pacifiée ?

Alain Finkielkraut - De nombreux intellectuels européens sont encore hantés par l’histoire du vingtième siècle et particulièrement par la Seconde Guerre mondiale. La religion qu’ils professent est la religion de l’humanité. Par peur de réveiller les vieux démons, ils refusent de prendre en compte la division de l’humanité en civilisations. Or, le multiculturalisme qui est souvent proposé aujourd’hui n’est que le simple métissage des musiques et des cuisines. On célèbre d’un côté le multiculturalisme et de l’autre on ne prend plus les cultures au sérieux.

L’identité, lue à travers le prisme de la culture, n’est donc pas morte ?

Alain Finkielkraut - Le grand penseur polonais Czesław Miłosz, dans son livre "Une autre Europe", déclarait que le XXe siècle, pris de panique devant les sottises des nationalistes et des racistes, s’est efforcé de combler les abîmes du temps par des statistiques de production et quelques noms de systèmes politico-économiques. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. Pourtant, comme l’a précisé Huntington, l’individu n’est pas seulement la somme de ses besoins et de ses désirs. L’homo oeconomicus n’est pas une définition qui peut expliquer la nature humaine dans sa complexité.

Vous avez déclaré qu’"une société multiculturelle est une société multiconflictuelle". Une nation, aujourd’hui, n’est-elle pas condamnée à l’ouverture ?

Alain Finkielkraut - Je n’aime pas l’idée qu’une nation soit condamnée à quoi que ce soit: c’est la preuve qu’elle n’est plus maîtresse de son destin. Prenons le cas français. La France a choisi la voie de l’assimilation. Elle voulait offrir aux nouveaux arrivants la possibilité de s’imprégner de l’histoire et de la culture nationales, pas les fondre dans le même moule. Or, cette assimilation est remise en question par un nombre grandissant d’immigrés et d’enfants d’immigrés qui s’insurgent contre la civilisation française.

Le résultat: la société crispée et violente et le séparatisme culturel croissant d’aujourd’hui. Les Français autochtones des classes moyennes ou pauvres se sentent devenir minoritaires. Ils ne se sentent plus chez eux. Je ne sais pas si une société multiculturelle est toujours multiconflictuelle mais je ne peux qu’être inquiet de la fragmentation et de la dislocation du tissu social, en France comme dans d’autres pays européens.

Le Brexit et la victoire de Donald Trump soulignent-ils une intolérance croissante d’une partie des opinions publiques occidentales vis-à-vis de la mondialisation ?

Alain Finkielkraut - Il faut distinguer les deux phénomènes. Certes, dans les deux cas, on a à faire à la colère des peuples contre l’abolition des frontières et une mondialisation qui ne tient pas ses promesses et qui, au contraire, fait beaucoup de dégâts. Les Britanniques ont voulu, face à une Europe à la fois tatillonne et lointaine, retrouver la maîtrise de leur destin. C’est tout à fait compréhensible et légitime puisque l’Union européenne ne se soucie absolument pas de perpétuer la civilisation européenne telle qu’elle a été façonnée par la diversité de ses nations. L’Union est fondée sur la détestation de toute forme de nationalisme, c’est une Europe des normes, des procédures et du marché. Les Britanniques ne sont pas anti-européens mais veulent que l’Europe et la Grande-Bretagne restent elles-mêmes.

Et dans le cas des États-Unis ?

Alain Finkielkraut - Les Américains qui ont voté pour Trump ont toutes les raisons d’exprimer leur fureur. La majorité blanche se sent devenir inéluctablement minoritaire; des régions entières se désindustrialisent et les gagnants de la mondialisation ont vis-à-vis des perdants, aux États-Unis comme en Grande-Bretagne, une attitude stupidement arrogante. La différence est que Trump, celui qui a su canaliser ce désespoir, est un pitre, un histrion, un homme violent et pulsionnel. Avec le prétexte de combattre le politiquement correct, il combat le tact, la nuance, la complexité, le savoir, la civilisation elle-même. C’est un très dangereux démagogue.

Pourquoi la victoire de Trump a été si difficile à prévoir ?

Alain Finkielkraut - Je ne partage absolument pas la jubilation de ceux qui se réjouissent de la déconfiture des grands médias dans leurs prévisions erronées de ces élections. Les journalistes qui n’ont pas su prévoir la victoire de Trump ne méprisaient pas nécessairement les électeurs qui ont voté pour lui mais ne pouvaient pas imaginer qu’un homme aussi grossier et brutal puisse être élu Président des États-Unis.

Comment expliquer alors ce succès inattendu ?

Alain Finkielkraut - Une telle élection ne pouvait être possible qu’au temps où triomphent les jeux vidéos et la téléréalité. Elle est, pour parler comme Régis Debray, l’une des conséquences du passage de la graphosphère à la vidéosphère et même à la numérosphère. Aujourd’hui la seule chose que l’on puisse espérer est que Trump soit entouré de conseillers qui le calment et l’empêchent de mettre en pratique son programme politique complètement délirant.

L’Italie et la Grèce, pour des raisons essentiellement géographiques, sont en train de porter le poids des récentes vagues migratoires alors que plusieurs pays de l’Union refusent la répartition des migrants selon le système de quotas établi. Que faire ?

Alain Finkielkraut - C’est une question extrêmement délicate. Il faut absolument ralentir l’immigration et se donner même pour objectif de l’arrêter. Certes, le droit d’asile doit continuer d’être appliqué mais l’immigration économique ne doit plus être favorisée de quelque façon que ce soit. Sinon nous avons deux avenirs possibles: la soumission, pour parler comme Houellebecq, ou la guerre civile. Il faut un ressaisissement de l’Europe. Elle se pensait comme une sorte de processus en expansion indéfini, elle doit maintenant tracer ses frontières et savoir les défendre.

Peut-on raisonnablement espérer en Europe une intégration des communautés musulmanes qui soit entière, pacifique et pleinement égalitaire ?

Alain Finkielkraut - On peut l’espérer mais à condition que les règles du jeu soient fixées de la manière la plus claire. Il faut demander aux musulmans d’accepter l’apostasie, c’est-à-dire le droit pour chaque musulman de changer de religion ou de ne plus en avoir du tout, et leur demander, dans le même cadre, d’admettre le mariage avec des non-musulmans. Si ces conditions sont respectées, la preuve sera faite de la volonté des musulmans de vivre dans les sociétés européennes en acceptant leurs principes et leurs règles.

Vous ne cessez de déclarer qu’une École laïque et la formation qu’elle doit offrir sont les vrais instruments d’une pleine intégration. Pourquoi en êtes-vous si convaincu ?

Alain Finkielkraut - Je ne suis convaincu de rien parce que l’École française par exemple s’effondre. L’École, qui m’a permis d’assimiler une partie de la culture française, a révoqué cette promesse et aujourd’hui, loin d’assimiler les nouveaux arrivants, elle désassimile tout le monde. La seule chose que les membres de la nation partagent est la culture de masse, ce n’est plus la culture nationale. Et actuellement rien ne semble remplacer l’École dans sa tâche de transmission de l’héritage national, ou plutôt le rien la remplace.

Croyez-vous que l’Occident, après avoir influencé pendant des siècles le reste du monde avec sa vision, sa technique et sa volonté de puissance est en train de s’engager sur la pente descendante de son histoire ?

Alain Finkielkraut - Il est clair que l’Occident aujourd’hui bat en retraite et qu’il est de plus en plus contesté. Une minorité au sein de l’Islam pense que, l’Islam ayant été à l’origine une religion conquérante, l’heure est venue aujourd’hui de la reconquête. Et cet islamisme joue sur le sentiment de culpabilité d’un Occident naguère encore colonialiste et impérialiste. Ce que je vois se développer en France est un islamo-gauchisme qui ne promet rien de bon.

À quels espoirs se rattacher pour l’avenir ?

Alain Finkielkraut - L’espoir ne peut venir que d’un diagnostic lucide. Ce qui est particulièrement désespérant c’est l’aveuglement, le déni. Or, quand on ne sait pas faire face à une réalité inquiétante et déconcertante, celle-ci se développe et les seules incarnations de l’opposition, comme le montre le cas de Trump, sont des tribuns populistes eux-mêmes dangereux et inquiétants.

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SOURCE : L'ECHO

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27/12/2016

La domination masculine n'existe pas...

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26/12/2016

10 siècles de frontières françaises...

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23/12/2016

Tournée Générale...

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Alain Soral entre dans un bistrot , au bout du bar il avise un mec avec une Kippa sur la tête. Alors il annonce très fort à la cantonade : "Tournée générale... sauf pour le Juif !"

Quand tout le monde a reçu sa consommation le Juif le regarde avec un grand sourire et lui dit : "Merci beaucoup !"

Cette réaction a pour effet d’énerver Alain Soral qui répète plus fort encore : "Re-tournée générale sauf pour le Juif !"

On sert tout le monde à nouveau et le Juif remercie avec encore plus d’ostentation.

Alain Soral se penche alors vers le barman et lui demande : "Il est con ou quoi ce mec ? Chaque fois il me remercie !


-- Normal
, répond le barman, c’est lui le patron !!!"

 


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04/12/2016

Le réchauffement de la planète, une escroquerie

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21/11/2016

Truffaut - Godard, scénario d'une rupture

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Il y a plein de coupures de Publicité... mais c'est le prix à payer pour voir le déroulement de cette confrontation sublime... 

 



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11/09/2016

15 Years...

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« Le 11 Septembre a été l’actualisation d’une schize - sans doute terminale - dans l’histoire humaine. Voici la première guerre mondiale CIVILE. Des appareils civils frappent des tours civiles, des civils détournent des avions remplis de civils pour accomplir leur "mission" purement "symbolique". C’est l’évacuation du militaire hors de la sphère de la guerre, c’est non pas le choc des civilisations, mais leur disjonction absolue, car "synthétique", "globale". »

Maurice G. Dantec - 15 novembre 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23/08/2016

Faux Départ

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Enfin, un reportage dense et précis sur les expériences de mort imminente. Un peu plus d'une heure vingt... 

intéressant.

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22/08/2016

L'islam est le plus grave dé posé à l'Europe

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L'Europe peut-elle rester la même dès lors que sa population se modifie ? L'introduction massive de l'islam sur le Vieux Continent est-elle sans conséquence ? A ces questions, le journaliste américain Christopher Caldwell répond par la néga tive dans un livre choc. Rencontre avec un esprit libre.

L'homme n'est pas un excité, un boutefeu, un prêcheur de croisade. De manières policées, cet Américain presque quinquagénaire, diplômé de Harvard, appartient à un milieu social nourri de références culturelles européennes. De passage à Paris, il s'exprime d'une voix douce, en pesant ses mots et dans un français châtié. Journaliste, spécialiste des affaires politiques du Vieux Continent, Christopher Caldwell est éditorialiste au Financial Times et rédacteur au Weekly Standard et au New York Times Magazine.

En 2009, il publiait aux Etats-Unis un livre choc : Reflections on the Revolution in Europe: Immigration, Islam and the West. Voici cet ouvrage traduit en français, avec un titre légèrement adapté : Une révolution sous nos yeux. Comment l'islam va transformer la France et l'Europe. La préface de cette édition est signée de la démographe Michèle Tribalat, une spécialiste de l'immigration. « Les Français, et les Européens en général, écrit-elle, doivent lire ce livre car c'est d'eux qu'il est question et jamais on ne leur a parlé comme le fait Christopher Caldwell. »

Est-ce pour cette raison que plusieurs grandes maisons d'édition ont d'abord refusé de publier l'ouvrage ? Décrivant la progression de l'immigration dans tous les pays européens, spécifiquement de l'immigration musulmane, l'auteur pose une question résumée par le sous-titre de l'édition américaine : « L'Europe peut-elle rester la même avec en son sein des peuples différents ? » Question cruciale, que le politiquement correct à la française voudrait enterrer. Il faut donc se féliciter qu'un esprit libre, venu du Nouveau Monde, apporte sa contribution à un débat essentiel pour notre avenir.

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-- Comment avez-vous été amené à vous pencher sur la question de l'immigration en Europe ?

Christopher Caldwell -- Né en Nouvelle-Angleterre en 1962, j'appartiens à une génération où 80 % des bons éléments apprenaient le français au lycée, les autres étudiant l'allemand ou l'espagnol. Même si les Etats-Unis étaient le pays le plus puissant du monde, notre éducation était liée à l'Europe, dont la prééminence culturelle était reconnue. J'ai toujours voulu être écrivain. Si j'ai publié quelques romans, ce n'était pas vraiment ma vocation. Je suis devenu journaliste et, dès ce moment, les questions touchant à l'immigration et à la confrontation des cultures m'ont intéressé. L'immigration, quelles que soient les circonstances historiques, produit toujours des conflits économiques, sociaux ou culturels, or le journalisme se nourrit de conflits. J'avais idée d'écrire un livre sur Tijuana. Située à la frontière des Etats-Unis et du Mexique, cette localité était un village il y a soixante-dix ans ; aujourd'hui, c'est une métropole de 3 millions d'habitants, ville-frontière dont la population change tout le temps. Mais mes recherches en vue de ce projet m'ont donné envie d'écrire sur l'Europe, que je connais mieux que le Mexique ou même que la Californie. J'ai donc publié des articles sur l'immigration en Europe, et je pense que j'ai été parmi les premiers à le faire. C'était à la fin des années 1990, et par conséquent avant le 11 Septembre. Après le choc de 2001, les journaux américains ont été nombreux à me commander des articles sur l'immigration en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne ou en Italie. En enquêtant sur place, j'ai découvert qu'il y avait des problèmes communs à tous les pays européens confrontés au phénomène migratoire. Afin d'aborder le sujet de manière globale, j'ai décidé alors d'écrire un livre.

-- En quoi le phénomène migratoire en Europe concerne-t-il les Américains ?

Christopher Caldwell -- Aux Etats-Unis, nous connaissons aussi le phénomène de l'immigration. Si certains le considèrent comme un problème, ce n'est pas mon cas. La grande vague migratoire, au cours des dernières décennies, est surgie du Mexique, d'Amérique centrale ou d'Amérique du Sud. Ces migrants étaient porteurs de la culture catholique latino-américaine. Or cette culture n'est pas étrangère aux Etats-Unis, pays qui compte depuis l'origine une forte minorité catholique. Les gens qui viennent d'Amérique du Sud sont très pauvres, mais leurs références et leurs façons de vivre sont à peu près similaires à celles des Siciliens, dont descendent la grande majorité des citoyens italo-américains. C'est une culture fondée sur la solidarité familiale, avec des taux de divorce beaucoup plus bas que les nôtres, sur une grande piété et sur des valeurs morales affirmées. Pour la société américaine, une telle population n'est pas un problème : c'est au contraire un atout. Avec nos immigrés, nous n'avons donc pas un problème culturel comme vous.

Le débat européen sur l'immigration tourne autour de la distinction entre l'assimilation et l'intégration. Chez nous, nous avons une bonne tradition d'assimilation. Il y a cependant une chose qui ne s'assimile jamais : c'est la religion. Tout le monde, aux Etats-Unis, a la religion de la mère de la mère de sa mère. On peut avoir une ascendance irlandaise lointaine, mais on reste un catholique irlandais. Ce n'est pas une difficulté dans un pays qui possède tous les éléments pour faire vivre ensemble les protestants, les catholiques et les juifs. Toutefois, il ne va pas de soi que les religions puissent coexister. Donc cette question de la croyance religieuse est une vraie question en Europe, car l'islam est une culture religieuse qui veut structurer la société. Est-ce compatible avec la tradition européenne ? Vous me demandez en quoi l'immigration en Europe concerne les Américains. Ce n'est pas pour en tirer des leçons pour les Etats-Unis, car la situation est très différente. En fait, les Américains s'y intéressent pour des raisons géostratégiques : leur interrogation porte sur les populations non assimilées de l'Europe, vues comme des sources potentielles de terrorisme ou d'antiaméricanisme. Personnellement, ce n'est pas là que se situe ma préoccupation. Mon livre s'attache à réfléchir aux conséquences de l'immigration d'origine musulmane sur la société européenne en tant que telle.

-- L'Islam représente une anthropologie différente de celle de la civilisation judéo-chrétienne. N'est-ce pas là que commence la difficulté ?

Christopher Caldwell -- C'est une bonne question, mais ce n'est pas la mienne. Je ne cherche nullement à démontrer la valeur comparée de la culture occidentale ou de la culture islamo-arabe. Mon objectif est le suivant. Dans une démocratie, il faut partager des règles. Or deux cultures incarnant des visions différentes du monde ont du mal à s'accorder sur de telles règles. Cela ne veut pas dire qu'il est impossible d'y parvenir, mais que c'est difficile. Je crois que l'Islam et le monde chrétien représentent des visions différentes de la société. Est-ce circonstanciel ? Verrons-nous un jour un féminisme musulman ? Je ne sais pas. Ce que je sais, aujourd'hui, c'est que la conception occidentale de la femme ne s'accorde pas avec la conception arabo-musulmane de la femme.

-- Votre livre traite de l'ensemble de l'Europe. Mais n'y a-t-il pas des situations dissemblables selon les pays ?

Christopher Caldwell -- Je me suis concentré sur les pays où j'ai effectué des reportages et que je pense connaître assez bien : la France, l'Allemagne, l'Italie, la Grande-Bretagne, le Danemark, l'Espagne, les Pays-Bas, la Suède. Certes, selon les pays que j'ai étudiés, des différences sont perceptibles dans les rapports entre la société d'accueil et la population immigrée. Cependant, ce sont les mêmes problèmes qui reviennent d'une manière ou d'une autre. Pour commencer, l'inté gration des immigrés s'apparente globalement à un échec. Et les mêmes questions sont posées partout : les taux de chômage et de délinquance supérieurs à la moyenne dans les quartiers peuplés de migrants, les reven dications concernant les prescriptions alimentaires islamiques, les demandes de séparation des sexes à l'hôpi tal ou dans les activités sportives, la recherche d'inter locuteurs musulmans modérés... Quand on voyage d'un pays européen à l'autre, comme je l'ai fait pendant plusieurs années, on entend les mêmes préoccupations, les mêmes mots, et jusqu'aux mêmes blagues.

-- Aux lecteurs français, votre livre paraîtra d'une grande liberté de ton, parce qu'ici, ce sujet ne se manie qu'avec la plus grande prudence...

Christopher Caldwell -- Je sais que chez vous, ce thème est entouré de tabous et de non-dits. Mais je suis journaliste, et le plus grand service que puisse rendre un journaliste est d'ouvrir un débat. Si l'on cherche une différence entre pays européens quant au traitement de l'immigration, elle est précisément là : en France, la parole est verrouillée, contrairement à la Grande-Bretagne, à l'Italie ou à l'Allemagne. Pierre-André Taguieff a raison quand il évoque l'idéologie de l'« immigrationnisme ». Chez vous, il est presque illégal d'avoir une réflexion négative sur un phénomène qui, comme tout fait de société, ne devrait pas échapper à l'esprit critique. Ce que mon regard peut apporter, en tant qu'étranger, c'est un peu de distance. Citoyen américain, c'est de l'extérieur et sans passion personnelle que j'observe la société européenne.

Les Etats-Unis, comparativement à l'Europe, sont un pays jeune. Mais notre histoire nous a confrontés au choc interethnique. Ce qui m'inquiète pour vous, c'est que la situation européenne commence à ressembler au problème racial qui a longtemps empoisonné la vie américaine. Cela ne veut pas dire qu'il n'existe aucune solution pour l'Europe, ni que deux groupes ethniques ne peuvent pas travailler ensemble pour bâtir quelque chose qui soit mutuellement satisfaisant. Mais il faut avoir conscience que l'Europe fait désormais face à un problème durable. Chez nous, il a duré trois cent cinquante ans... Je pense que les enjeux de ce problème sont encore plus grands que ne le pensent les Européens. La conclusion de votre livre est peu optimiste. Entre une culture qui doute d'elle-même et une culture forte, écrivez-vous, c'est la culture forte qui va l'emporter...

Ce que je voulais montrer à la fin de mon livre, c'était qu'une culture religieuse forte et un système contractuel basé sur la tolérance sont difficiles à concilier parce que, dans une telle rencontre, c'est toujours le côté qui ne veut pas négocier qui a l'avantage. Une religion qui ne doute pas de soi et qui prétend structurer toute l'organisation sociale, comme l'islam, n'est pas prête à transiger.

-- Qu'attendez-vous de l'édition française de votre ouvrage ?

Christopher Caldwell -- Je suis journaliste et écrivain. Ce n'est pas un livre politique. Les problèmes que je décris ont évidemment une dimension politique, mais mon ouvrage n'est pas un manifeste politique, encore moins une déclaration de guerre à l'islam. C'est une description, un état des lieux, dans toutes ses facettes, de ce que je considère comme le plus grave défi posé à l'Europe.

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« Une révolution sous nos yeux. Comment l'islam va transformer la France et l'Europe », de Christopher Caldwell, préface de Michèle Tribalat, Editions du Toucan, Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Johan Frederik Hel Guedj.

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De Vienne à Bruxelles, une jeunesse musulmane

L'Autriche est un pays propice à l'étude du différentiel de croissance de la population entre autochtones et nouveaux arrivants. C'est l'un des rares pays à forte immigration non-européenne qui recueille la religion lors des recensements. L'indicateur conjoncturel de fécondité des catholiques y est de 1,32 enfant par femme. Il est de 1,21 enfant chez les protestantes et de 0,86 chez les femmes sans religion. Cet indicateur est de 2,34 chez les musulmanes. Les écarts peuvent paraître modestes, mais leurs effets vont s'accentuer au fil du temps. Selon quatre démographes de l'Institut viennois de la démographie, d'ici le milieu du siècle, l'islam pourrait être la religion majoritaire chez les Autrichiens de moins de 15 ans. En Belgique, la communauté belgo-marocaine, relativement bien intégrée, affiche un indicateur conjoncturel de fécondité deux fois et demie plus élevé que celui des Belges autochtones. A Bruxelles, où le quart des habitants sont des citoyens étrangers et où plus de la moitié des enfants nés en 2006 étaient nés de musulmans (56 %), les sept prénoms de garçons les plus courants parmi ces nouveau-nés étaient Mohamed, Adam, Rayan, Ayoub, Mehdi, Amine et Hamza.

A Duisbourg, en Rhénanie, un minaret de 34m de haut

L'établissement d'institutions religieuses est une étape habituelle, prévisible de la vie immigrée, mais les autochtones qui habitent l'ouest d'Amsterdam, de Munich et Cologne - qui ont tous assisté à de vraies batailles rangées autour de la construction de mosquées - ne voyaient pas les choses du même oeil. Le complexe de la mosquée de Duisbourg/Marxloh, le plus grand d'Allemagne, rencontra lui aussi de la résistance, alors même qu'il s'agissait d'un établissement religieux moderne, un modèle, avec ses fidèles appartenant à la moyenne bourgeoisie et ses millions d'euros de financement de l'Union européenne et des pouvoirs locaux. La demande d'autorisation de la mosquée pour l'édification d'un minaret de trente-quatre mètres de haut fut approuvée, mais celle d'un muezzin (l'appel à la prière) une fois par semaine fut d'emblée rejetée. La chaîne de télévision ZDF diffusa des déclarations à sensation selon lesquelles les Allemands devaient maintenant parler turc quand ils vaquaient à leurs occupations quotidiennes dans Marxloh. Cette grande mosquée destinée à faire entrer la communauté turque de Duisbourg dans l'ère moderne provoqua plus de craintes qu'aucune des quarante-quatre autres mosquées de la ville auparavant, même celles qui se trouvaient abritées dans des garages, des sous-sols ou des ruelles - et certaines d'entre elles étaient pourtant dirigées par des musulmans purs et durs. La raison en est évidente : la grande mosquée signifiait que l'islam était arrivé en Allemagne pour y rester.

Pour l'heure, l'avantage est à l'Islam

Le problème fondamental de l'Europe avec l'islam, et avec l'immigration en général, c'est qu'en Europe, les communautés les plus fortes ne sont, culturellement parlant, pas du tout européennes. Malgré la grande variété de mesures prises pour le résoudre - multiculturalisme en Hollande, laïcité en France, laisser-faire en Grande-Bretagne, pointillisme constitutionnel en Allemagne -, ce problème existe dans tous les pays européens. C'est avec l'islam et l'immigration que l'Europe a un problème et non avec l'usage impropre de certains moyens mis en place pour le traiter. L'islam est une religion magnifique qui a aussi été, parfois, au cours des siècles, une culture brillante et généreuse. Mais malgré toutes les protestations du contraire, ce n'est en aucun cas la religion ou la culture de l'Europe.

Il est sûr que l'Europe sortira changée de sa confrontation avec l'islam. Il est bien moins sûr que ce dernier se révèle assimilable. L'Europe se retrouve à devoir disputer à l'islam l'allégeance de ses nouveaux arrivants. Pour l'heure, l'islam est en meilleure position pour l'emporter à la fois démographiquement, c'est une évidence, et philosophiquement, même si cet avantage paraît moins net. En effet, en de telles circonstances, des mots comme « majorité » et « minorité » ont peu de sens. Quand une culture peu sûre d'elle, malléable et relativiste, rencontre une culture ancrée, confiante et renforcée par des doctrines communes, c'est généralement la première qui change pour s'adapter à la seconde.

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Par Jean Sévilla pour Le Figaro

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Le Coran questionné

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Avec Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh, traducteur et commentateur en plusieurs langues du Coran. Chrétien arabe d'origine palestinienne et de nationalité suisse, Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh est licencié et docteur en droit de l'Université de Fribourg, diplômé en sciences politiques de l'Institut universitaire de hautes études internationales de Genève, responsable du droit musulman et arabe à l'Institut suisse de droit comparé à Lausanne depuis 1980 et professeur invité aux Facultés de droit d'Aix-en-Provence et de Palerme.

Sa traduction française, parue en version bilingue aux éditions de l'Aire (Vevey, Suisse), suit l'ordre chronologique des révélations du Coran et se veut aussi fidèle que possible au texte arabe. Par souci de clarté et de pédagogie, elle indique aussi les variantes les plus importantes du Coran ainsi que les versets abrogés et ceux qui les abrogent. Enfin elle renvoie aux écrits juifs et chrétiens, tant reconnus qu'apocryphes, pour mieux comprendre leur influence sur le livre sacré des musulmans.

 

29 minutes pour y voir un peu clair... 

 


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21/08/2016

Ces Allemands qui quittent l'Allemagne pour fuir les migrants...

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Comme on dit, de par chez moi, dans ma Cité : "Spéciale Dédicace à mon poto Larkens ! Yo !"

 

 

L'Europe de l'Ouest peut marcher sur la tête... c'est la Mittel Europa qui sauvera tout le continent...

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C'est à l'Islam de s'adapter...

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03/08/2016

La Taqiya ou le concept coranique qui permet aux musulmans radicaux de dissimuler leurs véritables croyances

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Historiquement, cette pratique devait permettre aux musulmans de survivre et de conserver leurs convictions dans des régions où ils étaient minoritaires, qu'il s'agisse des morisques qui vivaient dans la très chrétienne Espagne ou des chiites en terre d'islam, alors que le sunnisme est majoritaire.

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Atlantico : Utilisée à plusieurs reprises pour planifier des attentats, la Taqiya est un concept du djihad. Comment cela permet-il à nos agresseurs entre deux assauts ?

Annie Laurent : La Taqiya est effectivement une technique visant à dissimuler un djihadiste entre deux attentats.

C'est une évidence. C'est une pratique de tapis qui consiste à revêtir un masque de modernité pour mieux se mêler à la foule. Ainsi, le djihadiste fera semblant de vivre comme tout le monde, ira danser et boire, s'habillera comme la plupart des gens… C'est une tactique qui implique de faire tapis, de se dissimuler.

C'est une stratégie qu'on a constaté à Montauban mais également à Toulouse : après les attentats et pendant l'enquête, l'ensemble des proches et le voisinage tendaient à dire que rien ne laissait soupçonner une radicalisation, des projets terroristes… Extérieurement, les djihadistes donnaient unanimement le sentiment d'être bien intégrés. A Saint-Denis, par exemple, on entend dire que les djihadistes mangeaient des pizzas. C'est un procédé utilisé régulièrement pour planifier des attentats sans être repéré et qui permet, si la cause le justifie, d'enfreindre la loi islamique et les prescriptions concernant l'alimentation notamment. La fin justifie les moyens. Cela ne signifie bien évidemment pas que chaque musulman qui s'est intégré se cache et complote un attentat, loin de là. Mais on ne peut malheureusement découvrir qu'après coup qu'un djihadiste se cachait derrière une façade occidentalisée.

Atlantico : Comment peut-on définir la taqiya et que dit le Coran sur ce sujet ?

Annie Laurent : L’islam interdit formellement aux musulmans de renoncer à leur religion, sous peine de châtiments divins et de malédictions éternelles (cf. Coran 2, 217 ; 3, 87 ; 4, 115 et 16, 106). Les musulmans ne peuvent donc en principe dissimuler leur identité religieuse et travestir leurs croyances. Cependant, le Coran et la Tradition prophétique (Sunna) ouvrent la voie à des dérogations quant au caractère absolu de la croyance dans le Dieu de l’islam et surtout quant à l’obligation de son attestation publique, ainsi qu’à l’observance du culte ou de la loi islamique (charia). De tout temps et selon des formes variées, des oulémas (docteurs de la Loi) ont légitimé la pratique de la taqiya (dissimulation) que l’on appelle aussi ketman (secret ou restriction mentale). Ces agissements se sont manifestés en diverses circonstances historiques et retrouvent une certaine actualité de nos jours.

Le Coran contient deux passages sur lesquels s’appuient les théoriciens de la taqiya. Ils correspondent à deux types de situations particulières.

- "Celui qui renie Dieu après avoir eu foi en Lui – excepté celui qui a subi la contrainte et dont le cœur reste paisible en sa foi -, ceux dont la poitrine s’est ouverte à l’impiété, sur ceux-là tomberont le courroux de Dieu et un tourment terrible" (16, 106). Dans ce verset, pour notre sujet, c’est l’incise qui compte (italique). La taqiya est donc autorisée en cas de contrainte extérieure, quelle qu’en soit la forme : persécution, menace sur la vie, absence de liberté religieuse (de conscience et de culte), etc.

- "Que les croyants ne prennent pas pour alliés des infidèles au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d’Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux. Allah vous met en garde à l’égard de Lui-même. Et c’est à Allah le retour. Dis : Que vous cachiez ce qui est dans vos poitrines ou bien que vous le divulguiez, Allah le sait. Il connaît tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Allah est omnipotent" (3, 28-29).

Deux membres de phrases (italique) sont importants. Comme ailleurs dans le Coran, Dieu recommande ici aux musulmans (eux seuls sont qualifiés de "croyants") de ne pas entretenir de relations d’amitié ou de sujétion avec les non-musulmans (cf. 3, 118 ; 5, 51 ; 9, 23 ; 60, 13), mais il autorise des dérogations au principe lorsque le fait de s’opposer à ces derniers les met en danger. La sécurité ou le besoin de se faire accepter priment alors sur l’affirmation de la religion.

En fait, dans ces situations, ce qui compte c’est l’intention du musulman ou la réalité intime de sa croyance. Peu importe alors la profession de foi publique puisque Dieu connaît les dispositions des cœurs et les pensées. Telles sont les sources qui fondent la doctrine de la dissimulation, en matière de religion et de tout ce qui peut lui être connexe. La validité du recours à la taqiya a été confirmée et précisée par les oulémas (docteurs de la Loi) dès les débuts de l’islam, notamment par Tabarî (m. 923).

Il en résulte qu’un musulman peut abjurer extérieurement ses croyances, professer publiquement une autre religion, accepter d’être réputé non-musulman ou renoncer aux exigences cultuelles et législatives conformes à l’islam, tout cela s’il se trouve dans des conditions qu’il estime être de contrainte justifiant une telle attitude. Si l’on veut comparer avec la position chrétienne sur ce sujet, il convient de se référer à une parole de Jésus-Christ dans l’Evangile : "Qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera" (Mc 8, 35).

Atlantico : Quelles en sont les applications historiques et contemporaines ?

Annie Laurent : La taqiya a toujours existé dans l’Oumma (la Communauté des musulmans), mais elle s’est d’abord surtout développée en milieu chiite, ceci pour des raisons de nécessité, suite à la "Grande discorde" (Fitna) qui a engendré au VIIè siècle le clivage avec l’islam sunnite.

Dans le chiisme :

Depuis cette rupture, les sunnites ont le plus souvent gouverné l’Oumma. Dans ces périodes, les chiites, minoritaires, ont recouru à lataqiya pour défendre leur identité, souvent niée par l’autorité qui les assimilait au sunnisme, ou pour échapper aux persécutions.

Les imams chiites ont justifié, et même conceptualisé, cette pratique, qui a dès lors été comprise comme une obligation de conscience, donc comme faisant partie de la religion. Tous les traités chiites contiennent un chapitre spécial, intitulé "Livre de la taqiya".

Selon Sami Aldeeb Abou-Sahlieh, professeur de droit islamique à l’Université de Lausanne, la tradition chiite rapporte trois cents récits dans ce sens. En voici un aperçu. "La dissimulation fait partie de ma religion et de la religion de mes ancêtres" ; "Si tu agis par dissimulation, ils ne pourront rien contre toi. La dissimulation sera une forteresse pour toi et servira de digue entre toi et les ennemis de Dieu qu’ils ne pourront jamais percer. Si tu dis que celui qui abandonne la dissimulation est comme celui qui abandonne la prière, alors tu dis la vérité" ;"La dissimulation est le meilleur des actes du croyant parce qu’elle sert à le sauvegarder et à sauvegarder ses frères des impies" (Cf. Le secret entre droit et religion, 2004, diffusion Internet).

Henri Lammens (1862-1937), jésuite belge, orientaliste arabisant de renom établi au Liban, a écrit à ce sujet : "Parmi les adversaires de ses croyances, il [le chiite] peut parler et se conduire comme s’il était un des leurs. En agissant de la sorte, en prêtant, s’il le faut, des faux témoignages et des faux serments, quand l’intérêt de la communauté l’exige, ou simplement un avantage personnel, il croit obéir à l’ordre de l’imam suprême."

Et de commenter :"Inutile de relever les conséquences morales de cette théorie, de cette loi du secret, laquelle entretient et légitime une perpétuelle équivoque et rend les chiites impénétrables" (L’Islam, croyances et institutions, Imprimerie catholique, Beyrouth, 1943, p. 190-191 ; livre réédité en France aux éditions du Trident).

A l’instar des chiites, les adeptes de confessions dissidentes du chiisme (alaouites, alévis, druzes, ismaéliens) ressortissants d’un califat ou d’un Etat sunnite, parce que minoritaires, ésotériques, considérés comme hérétiques et donc maltraités pour ces motifs, ont le devoir de pratiquer la taqiya pour se protéger, en tant qu’individus et communautés. On retrouve cette situation chez les bahaïs dans la République islamique d’Iran, chiite.

Ces minorités recourent par ailleurs à la taqiya lorsqu’elles ont besoin de légitimer une position dominante qu’elles ont pu acquérir. Ainsi, quand Hafez El-Assad (père de Bachar, l’actuel président syrien), membre de la communauté alaouite, s’est emparé du pouvoir à Damas, en 1970, il a multiplié les gestes destinés à se faire passer pour un musulman orthodoxe aux yeux du monde sunnite (prière rituelle à la Mosquée des Omeyyades à Damas, fatoua de l’imam libanais chiite Moussa Sadr reconnaissant l’appartenance des alaouites à l’islam, construction d’une mosquée à Qardaha, le village natal des Assad, alors que traditionnellement les alaouites ne prient pas dans des mosquées, etc.).La taqiya existe donc en milieu islamique, et pas seulement en contexte non-musulman.

Dans le sunnisme :

Les musulmans sunnites ne rejettent pas la taqiya, mais elle n’est pour eux qu’une permission. Ils s’appuient sur des enseignements dispensés par certains de leurs oulémas, tel que celui-ci :"El-Chawkani dit que celui qui devient mécréant sous la menace de mort ne commet point de péché si son cœur est tranquille dans la foi" (S.-A. Abou-Sahlieh, op. cit.). La taqiya a été observée légitimement par les Morisques vivant sous un pouvoir chrétien en Andalousie. Ainsi, en 1504, le mufti Ahmed Ibn Jumaïra publia une fatoua (avis juridique) donnant des consignes précises à ce sujet. Si les chrétiens obligeaient les musulmans à injurier Mahomet, ils devaient le faire en pensant que cette parole était prononcée par Satan. S’ils étaient obligés de boire du vin ou de manger du porc, ils pouvaient le faire mais en sachant que c’était un acte impur et à condition de le condamner mentalement.

S’ils étaient forcés de renier leur foi, ils devaient essayer d’être évasifs ; si on les pressait, ils devaient intérieurement nier ce qu’on les obligeait à dire. De nos jours, les musulmans sont présents sur tous les continents. Vivant en dehors de leurs territoires traditionnels, ils sont donc sur des "terres de mécréance" (Dar el-Kufr) où il leur est permis, voire recommandé, de pratiquer la taqiya, mais sous une autre forme, à titre individuel ou collectif. Il s’agit de s’adapter extérieurement au contexte en respectant les lois, principes et habitudes des pays concernés tant que les circonstances ne sont pas favorables à l’instauration de l’islam comme religion dominante et à la pleine application de la charia.

Atlantico : Quand on aborde le sujet de la Taqiya, on entend régulièrement le terme "esquive". De quoi s’agit-il ?

Annie Laurent : L’esquive consiste à utiliser un vocabulaire qui plaît aux Occidentaux pour décrire l’islam comme une religion inoffensive, apportant "la paix, la tolérance et l’amour". Certaines personnalités musulmanes profitent de l’ignorance de leurs interlocuteurs non musulmans pour faire passer des messages tronqués quant à l’enseignement véritable de l’islam, en particulier sur certains sujets sensibles (violence, liberté de conscience, droits de l’homme, statut de la femme, respect des non-musulmans, égalité entre les hommes, etc.). Ces personnalités utilisent dans ce but les tribunes qui leur sont ouvertes dans la presse ou même les rencontres de dialogue interreligieux. Il s’agit en fait de rassurer les non-musulmans quant aux valeurs libérales et pacifiques de l’islam, en présentant des comportements moralement inacceptables comme des dérives, des déformations, voire des trahisons de la religion. On peut comparer cette attitude avec la parole du Christ : "Que votre langage soit : “Oui ? oui”, “Non ? non” "(Mt 5, 37).

Il faut enfin souligner que, face aux horreurs commises par des djihadistes, dont souffrent également d’autres fidèles de l’islam, certains intellectuels, dirigeants politiques et responsables religieux musulmans dénoncent aujourd’hui l’utilisation de la taqiya, demandant un examen lucide des textes sacrés sur lesquels se fondent les adeptes de la violence.

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SOURCE : ATLANTICO

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Sainte-Rita : cette gauche qui regarde les églises tomber

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FIGAROVOX/HUMEUR - L'évacuation musclée par douze cars de CRS de l'église Sainte-Rita à Paris, promise à destruction, n'était certainement pas une manière de faire quelques jours après le martyr du père Hamel, remarque Eloïse Lenesley.

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Eloïse Lenesley est journaliste. Elle collabore notamment à Causeur.

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En ce matin nuageux de juillet, les belles paroles de François Hollande résonnent comme une insulte à la clairvoyance: « Attaquer une église, tuer un prêtre, c'est profaner la République », confiait-il quelques jours plus tôt, après le sauvage assassinat du père Jacques Hamel. Et démolir la paroisse Sainte-Rita, nichée dans le 15e arrondissement, pour y construire des logements privés et sociaux, avec un parking en bonus, qu'est-ce donc ? Violenter un abbé et ses ouailles pour les jeter dehors en plein messe, qu'est-ce donc ?

Les recours juridiques, la lutte des riverains, le soutien actif de la municipalité LR du 15e, s'ils ont pu retarder l'échéance, ne sont, pour l'heure, pas parvenus à vaincre l'inexorable: la cause de Sainte-Rita semble bel et bien désespérée. Pas moins de douze cars de CRS ont débarqué pour massacrer la porte à la tronçonneuse, puis expulser les occupants protégeant l'édifice, depuis des mois, de l'épée de Damoclès qui plane au-dessus de sa voûte de béton, première du genre à avoir été érigée en France. Elle n'aura hélas pas suffi à justifier une classification « bâtiment remarquable » qui l'aurait sauvée des pelleteuses.

Sur place, Olivier Rigaud, conseiller délégué chargé de l'habitat, exceptionnellement cintré de l'écharpe du maire, nous explique avoir assisté à « l'évacuation violente », au cours de laquelle le prêtre et plusieurs paroissiens ont été «traînés par terre» et où «des élus ont été malmenés». Le procédé a de quoi choquer. « J'ai été prévenu à la dernière minute, hier soir à 21h00 par la préfecture qui a manifestement attendu que je sois absent et en congés », précise le député-maire du 15e Philippe Goujon, scandalisé, qui estime, de plus, que la police a autre chose à faire en cette période d'état d'urgence. En outre, c'est le directeur de cabinet du préfet, et non le préfet lui-même, qui l'a contacté. Pas très classe. « J'ai eu honte de voir traîner un prêtre au sol, interrompre une messe, j'ai honte pour mon pays », ajoute le député Frédéric Lefebvre. De son côté, la gauche pratique la politique de l'autruche, s'appuyant sur une décision de justice confirmée par le Conseil d'État, à la demande du propriétaire, l'association des Chapelles Catholiques et Apostoliques, et du promoteur.

Quid des revendications des riverains, farouchement opposés à la destruction, et des efforts constants de Philippe Goujon pour trouver un repreneur susceptible de perpétuer ce lieu de culte? Frédéric Lefebvre dénonce « une volonté manifeste de saborder toute tentative de reprise de l'église ». Pourtant, des orthodoxes ou des coptes égyptiens, entre autres, seraient intéressés. Une partie de la classe politique et médiatique de gauche s'ingénie à discréditer les défenseurs de la petite église en insistant sur le profil « catho tradi d'extrême-droite » de ses « squatteurs », et s'empressant d'oublier que bon nombre d'habitants de l'arrondissement, croyants ou pas, voient d'un très mauvais œil qu'une église néogothique datant de 1900 soit rasée. Le fait que des groupuscules radicaux se révèlent particulièrement mobilisés sur le terrain ne saurait ternir la noblesse de la bataille, celle qui veille à la sauvegarde d'un patrimoine culturel de plus en plus menacé par les idéologies et les basses manœuvres électorales ambiantes. Église gallicane, échappant au cadre de la loi de 1905, et non reconnue comme monument historique, célèbre pour les bénédictions pittoresques qu'elle accorde aux animaux chaque année, Sainte-Rita ne pourra compter que sur la pugnacité de ses partisans pour rester debout.

Au moment où la France s'émeut du martyr de Jacques Hamel, où Manuel Valls parle de financer les mosquées et la formation des imams, où Bernard Cazeneuve rêve de concordat, où François Hollande prétend adresser sa compassion aux chrétiens et honore de sa présence la messe de Notre-Dame - lui qui avait royalement snobé celle de l'intronisation du Pape François en 2013 -, on ne comprend pas que des églises soient abandonnées à leur triste sort et démolies, évacuées avec brutalité par les forces publiques, rayées de l'Histoire, broyées en tas de gravats, dans une indifférence qui tutoie le cynisme. On ne pouvait tomber plus mal.

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Source : Le Figaro

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