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17/09/2015

Salvador Allende, 40 ans plus tard

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À chaque date anniversaire, la gauche ne manque jamais de célébrer le régime de Salvador Allende et la « voie chilienne vers le socialisme », et de conspuer dans la foulée son renversement par l’armée. Ce 11 septembre ne faillira pas à la tradition. L’occasion, pour nous également, de revenir sur cette catastrophe.

Certes, la chute des pays soviétiques et autres affidés a définitivement prouvé que le socialisme, ça ne marche pas, même pas un peu, même pas une fois, même pas par hasard. Jamais. Mais la nostalgie étant ce qu’elle est, la gauche reste attachée à ses mythes. Comme on peut le voir à l’occasion du 40e anniversaire du coup d’État du 11 septembre 1973 au Chili. S’accrochant à ses dernières icônes encore relativement présentables, la gauche abuse de la mauvaise foi, déforme les événements, tentant de réécrire l’Histoire afin de s’accommoder d’un passé illusoire au lieu de prendre connaissance des faits et d’essayer de comprendre la réalité.

Parce que, dans les faits, la réalité du gouvernement d’Allende a été beaucoup plus sinistre que ne le laisse supposer l’hagiographie entretenue depuis les années 70. Le 16 septembre 1973, le New York Times résumait parfaitement ce que furent ces mille jours où Allende gouverna le Chili :

« L’expérience du docteur Allende a échoué parce que sa coalition d’Unité Populaire, dominée par les socialistes et les communistes, a tout fait pour installer au Chili un système socialiste radical auquel était farouchement opposée plus de la moitié de la population. Il avait été élu en 1970 avec seulement 36,3% des voix, à peine 39.000 votes de plus que son concurrent conservateur arrivé en deuxième place. Lors des élections législatives du début de cette année, l’Unité Populaire n’a seulement obtenu que 44%. Pourtant, en dépit d’un parlement dominé par l’opposition, souvent en méprisant les tribunaux et face au chaos économique et à une inflation qui faisait rage, le régime a continué de « réquisitionner » des entreprises, grandes et petites. Ces actions ont polarisé le Chili comme jamais auparavant, provoquant une opposition tous azimuts, non seulement de la part du riche ou d’une frange fasciste, mais bien de la classe moyenne qui représente la moitié de la population et qui se voyait affronter sa propre destruction. Si le docteur Allende avait progressé de manière plus réfléchie, s’il avait fait une pause pour consolider après la nationalisation des industries de base du Chili et posé des limites raisonnables à son programme socialiste, il aurait probablement terminé son mandat avec de grandes chances de succès. »

Il est utile, voire nécessaire de bien se rappeler ces faits, alors même qu’aujourd’hui dans plusieurs endroits du monde, on peut voir comment un gouvernement légal peut détruire les institutions d’un pays et, partant, perdre toute légitimité à son pouvoir. C’est pourquoi aujourd’hui et demain, Contrepoints publie un dossier autour de la figure d’Allende, de sa politique et du Chili sous son gouvernement.

10 septembre

Salvador Allende et la voie chilienne vers le socialisme : Très loin d’un projet progressiste mais modéré utilisant la voie démocratique, le programme politique de l’Unité Populaire mené par Allende relevait de la classique ligne marxiste-léniniste. Avec toutes ses désastreuses conséquences politiques, économiques et sociales. Une expérience catastrophique pour le Chili à laquelle l’armée mettra dramatiquement fin, à la demande du parlement.

Cybersyn, le rêve mouillé du socialisme : Cybersyn (projet du gouvernement Allende visant à créer une économie planifiée contrôlée en temps réel par ordinateur) était inutile pour atteindre son objectif, et redondant pour la simple communication. Malgré la propagande qui faisait étalage du haut niveau de sophistication du système, il fallait en réalité une armée d’exécutants pour traiter les données. Au final, le plus grand succès du cybersocialisme a été de faire échouer une grève.

11 septembre

Les mille jours d’Allende : Chronique du gouvernement d’Unité Populaire, du 4 novembre 1970 au 11 septembre 1973.

Les textes cachés de Pablo Neruda : En 1971, Pablo Neruda reçoit le prix Nobel de littérature. Il serait injuste de nier la valeur littéraire de sa poésie. Des livres comme Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée, les séries de Résidence sur la terre et d’autres attachants recueils de poèmes forment une trajectoire lyrique clé du 20e siècle. Mais il serait également injuste de cacher certains textes de Neruda ; textes que la critique a occultés pour maquiller l’image de celui-ci ; textes qui reflètent sa servilité envers quelques-uns des dictateurs les plus néfastes du 20e siècle, comme, par exemple, une élégie au dictateur cubain Fulgencio Batista.

« El ladrillo », le programme économique des Chicago Boys : Le programme de développement économique élaboré par les Chicago Boys avant et pendant la présidence d’Allende a fait du Chili le premier pays d’Amérique du Sud à intégrer l’OCDE, le 7e le plus libre économiquement au monde en 2013, en offrant aux Chiliens les meilleurs indices de développement humain et le plus haut PIB par habitant de toute l’Amérique latine, ainsi que les taux de pauvreté les plus bas de toute leur histoire. Un bien beau résultat pour une aventure qui commença, il y a près de 60 ans, par un accord de coopération entre l’Université de Chicago et l’Université catholique du Chili.

 

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SOURCE : CONTREPOINTS

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Vincent Moscato dénonce l'hypocrisie face aux migrants

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16/09/2015

Quelle position face aux islamistes ? Céline Pina dénonce le "silence" de la France

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06/09/2015

Henry Kissinger : briser la Russie est devenu l’objectif, alors que l’intégrer devrait être le but…

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Jacob Heilbrunn : Pourquoi le réalisme serait-il aujourd’hui une approche plus difficile des affaires étrangères, ou en tout cas plus aussi importante que lorsqu’il y avait des personnages d’envergure tels que Hans Morgenthau, George F. Kennan, Dean Acheson, puis vous-même dans les années 70 – qu’est-ce qui a changé ?

Henry Kissinger : Je ne pense pas avoir beaucoup changé d’avis sur ce sujet depuis les années 70. J’ai toujours eu une large vision de l’intérêt national, et une grande part du débat opposant réalisme et idéalisme est artificielle. La manière dont le débat est habituellement présenté se divise en un groupe qui voit le pouvoir comme un facteur déterminant des politiques internationales et un autre, les idéalistes, qui pense que les valeurs de la société sont primordiales. Kennan, Acheson ou aucune des personnes que vous avez citées n’avaient un point de vue aussi simplifié. Le point de vue des différents réalistes est que, en analyse de politique extérieure, vous devez commencer par évaluer les éléments qui sont pertinents à la situation étudiée. Et, bien entendu, les valeurs font partie de ces éléments. Le vrai débat se situe entre la priorité relative et l’équilibre.

Heilbrunn : Une des choses qui m’a frappé dans votre nouvelle biographie écrite par Niall Ferguson est sa citation tirée de votre journal personnel en 1964. Vous y suggériez plutôt prophétiquement que “la victoire de Goldwater est un phénomène nouveau dans la politique américaine – le triomphe du parti idéologique dans le sens européen du terme. Personne ne peut prédire comment cela va se finir, puisque c’est sans précédent.”

Kissinger : Lors de la convention, il semblait réaliste, pour quelqu’un comme moi, qui était plus familier avec les politiques de Washington. Plus tard, j’ai eu à connaître Goldwater et l’ai respecté comme un homme intègre et de grandes convictions morales.

Heilbrunn : Certes, mais je m’interroge sur votre interprétation de cette force idéologique qui a émergé en 1964.

Kissinger : Il s’agissait d’une nouvelle force idéologique dans le parti Républicain. Jusqu’alors, le point de vue de Washington fondé sur les modèles européens édictés par l’Histoire dominait la politique des affaires étrangères, insistant sur la mission de l’Amérique d’imposer la démocratie – en employant la force si nécessaire. Ce point de vue n’admettait pas vraiment d’opposition. C’est devenu ensuite la caractéristique des extrémistes, de la gauche comme de la droite, changeant même de camp de temps à autre.

Heilbrunn : Ces extrêmes attaquèrent tous les deux avec véhémence l’administration Nixon.

Kissinger : Oui.

Heilbrunn : Je me souviens que vous avez indiqué dans vos mémoires que vous étiez encore plus étonné d’être ainsi attaqué par la droite…

Kissinger : J’étais complètement désemparé.

Heilbrunn : Pour prétendument ménager l’URSS.

Kissinger : Et certains comme Norman Podhorezt – qui est devenu un bon ami aujourd’hui – m’ont attaqué de la gauche et de la droite successivement.

Heilbrunn : J’avais oublié qu’il avait commis cet exploit. Au bout du compte, la détente a joué un rôle majeur dans le renversement de l’URSS, n’est-ce pas ?

Kissinger : C’est mon opinion. Nous considérions la détente comme une stratégie dans la conduite du conflit avec l’URSS.

Heilbrunn : Je suis surpris que cela n’ait pas suscité plus d’attention – en Europe la détente était vécue comme devant apaiser l’Europe de l’est et l’URSS, et surmonter le souvenir de la seconde guerre mondiale, alors qu’aux États-Unis nous avons une vision plus triomphaliste.

Kissinger : Vous gardez en tête Reagan qui commence ce processus avec son discours sur l’Empire du mal qui, à mon avis, a eu lieu alors que l’URSS était déjà bien sur la voie de la défaite. Nous étions engagés dans une lutte à long terme, faisant émerger des analyses qui s’opposaient. J’étais dans le courant dur de ces analyses. Mais je me rendais aussi compte de leur dimension diplomatique et psychologique. Nous devions mener cette guerre froide depuis une position dans laquelle nous n’étions pas isolés et depuis laquelle nous profitions des meilleures bases pour conduire des conflits inévitables. Nous avions l’obligation suprême d’éviter la guerre nucléaire qui menaçait la civilisation. Nous cherchions une position nous permettant d’utiliser la force si nécessaire mais toujours en dernier recours et ce de façon évidente (pour tous). Les néoconservateurs, eux, optèrent pour une politique plus absolutiste. Reagan a su exploiter tout le temps qui lui fut alloué à faire preuve de tactique avec talent, et je ne suis pas sûr que tout était planifié ou préconçu. Mais les résultats furent impressionnants. Je crois que la détente (en français dans le texte) fut un prélude indispensable.

Heilbrunn : La Chine est-elle aujourd’hui la nouvelle Allemagne de Guillaume II [1870-1918, NdT] ? Richard Nixon, peu de temps avant sa mort, dit à William Safire qu’il était nécessaire de s’ouvrir à la Chine, mais que nous avions peut-être enfanté un Frankenstein.

Kissinger : On peut dire d’un pays qui a dominé sa région depuis 3 000 ans qu’il est une réalité inhérente. L’alternative aurait été de laisser la Chine être de façon permanente soumise et de connivence avec l’URSS, faisant ainsi de l’Union soviétique – déjà un pays nucléaire de haut niveau – le pays dominant de l’Eurasie avec l’accord tacite de l’Amérique. Cependant, la Chine représente un défi fondamental à la stratégie américaine.

Heilbrunn : Et pensez-vous qu’ils agissent pour un monde centré sur la Chine, ou bien peuvent-ils être intégrés dans une sorte de cadre westphalien, comme vous l’avez souligné dans votre dernier livre, “L’ordre mondial”

Kissinger : Voilà le défi. C’est une question ouverte. C’est notre travail. Nous n’y brillons pas, parce que nous ne comprenons pas leur Histoire et leur culture. Je pense que le fondement de leur pensée est sino-centré. Mais cela peut avoir des conséquences aux répercussions mondiales. Par conséquent, le défi chinois est un problème bien plus subtil que celui de l’URSS. Le problème soviétique était principalement stratégique. Ceci est un enjeu culturel : est-ce que deux civilisations qui, pour l’instant du moins, n’ont pas la même façon de penser, peuvent arriver à un modus vivendi qui générerait un ordre mondial ?

heilbrunn : Comment estimez-vous les chances d’un véritable rapprochement sino-russe ?

Kissinger : Ce n’est pas dans leur nature, ni l’un ni l’autre -

Heilbrunn : Parce que les Russes souhaiteraient clairement développer des relations plus étroites.

Kissinger : Mais c’est en partie parce que nous ne leur avons pas laissé le choix.

Heilbrunn : Comment pensez-vous que les États-Unis puissent s’extirper de l’impasse ukrainienne – les États-Unis et l’Europe évidemment ?

Kissinger : L’enjeu n’est pas tant pour les USA de s’extirper de cette impasse ukrainienne que de résoudre cette crise en satisfaisant l’ordre international. Un certain nombre de choses doivent être reconnues. Premièrement, la relation entre l’Ukraine et la Russie revêtira toujours un aspect important dans l’esprit russe. Elle ne pourra jamais se réduire à des rapports ordinaires entre deux états souverains ; certainement pas du point de vue russe et probablement pas non plus du côté ukrainien. Donc ce qui se passe en Ukraine ne peut être résumé selon des principes qui fonctionnent en Europe occidentale, pas si près de Stalingrad ou de Moscou. Dans ce contexte, il convient d’analyser de quelle manière cette crise ukrainienne a émergé. Il est inconcevable que Poutine ait consacré 60 milliards d’euros à la transformation d’une station balnéaire en village olympique d’hiver pour ensuite déclencher une crise militaire une semaine après avoir, lors de la cérémonie de clôture, dépeint la Russie comme partie de la civilisation occidentale.

Nous devons donc nous demander comment cela a-t-il pu arriver ? J’ai vu Poutine fin novembre 2013. Il a évoqué beaucoup de problèmes. Il a évoqué l’Ukraine en dernier, en tant que problème économique, que la Russie résoudrait par le biais des taxes et des prix pétroliers. La première erreur fut l’attitude inconséquente de l’Union Européenne. Ils n’ont pas compris les conséquences de certaines de leurs propres exigences. La politique intérieure ukrainienne était telle qu’il était impossible pour Ianoukovich d’accepter les conditions de l’Europe et de pouvoir être réélu, et la Russie ne pouvait pas considérer ces conditions comme purement économiques. Donc le président ukrainien a rejeté les conditions de l’UE. Les Européens ont paniqué et Poutine s’est senti trop sûr de lui. Il a vu cette impasse comme l’occasion idéale pour mettre en œuvre immédiatement ce qui jusqu’alors n’était qu’un objectif à long terme. Il a offert 15 milliards de dollars à l’Ukraine pour qu’elle rejoigne son Union Eurasiatique. Pendant ce temps l’Amérique est restée passive. Il n’y a eu aucune discussion politique d’envergure avec la Russie ou avec l’Europe quant à ce qui se préparait. Chaque camp a agi de façon plus ou moins rationnelle, en fonction de sa petite conception personnelle et erronée de l’autre, pendant que l’Ukraine sombrait dans l’insurrection de la place Maïdan, exactement là où Poutine avait passé dix ans à faire reconnaître le statut de la Russie. Depuis Moscou cela donnait sans aucun doute l’impression que l’Occident avait exploité ce qui avait été conçu comme un festival russe pour extraire l’Ukraine de la sphère d’influence russe. Puis Poutine a commencé à jouer les tsars – comme Nicolas Ier il y a plus d’un siècle [sic]. Je ne veux pas justifier ces tactiques, mais juste les replacer dans le contexte.

Heilbrunn : Un autre pays semble avoir pris le leadership à l’évidence en Europe, et c’est l’Allemagne – par rapport à l’Ukraine comme pour la Grèce -

Kissinger : Ils ne souhaitent pas vraiment assumer ce rôle. Il est paradoxal de constater que 70 ans après avoir défait l’Allemagne et ses velléités de domination de l’Europe, ses vainqueurs semblent maintenant souhaiter que l’Allemagne, en grande partie à cause de ses résultats économiques, dirige l’Europe. L’Allemagne peut et doit jouer un rôle important dans la construction de l’Europe et au sein de l’ordre mondial. Mais ce n’est pas le partenaire idéal, à propos de la sécurité de l’Europe, pour négocier des frontières se trouvant à moins de 300 km de Stalingrad. Les États-Unis n’ont avancé aucun concept de leur propre chef, hormis celui qui voudrait que la Russie intégrât en fin de compte le concert des nations par une sorte de conversion automatique. Le rôle de l’Allemagne est déterminant mais la contribution américaine à la diplomatie ukrainienne est essentielle pour recadrer ce problème dans un contexte mondial.

Heilbrunn : Cette position est-elle une erreur ?

Kissinger : Si nous considérons la Russie comme une grande nation, nous avons d’abord besoin de vérifier si leurs préoccupations peuvent être conciliables avec nos impératifs. Nous devrions explorer les possibilités de créer un statut établissant une zone démilitarisée entre la Russie et les frontières actuelles de l’OTAN.

L’Occident hésite déjà à assumer le rétablissement de l’économie grecque. Ce n’est sûrement pas pour intégrer l’Ukraine unilatéralement. On devrait donc étudier l’éventualité d’une coopération entre l’Ouest et la Russie pour une Ukraine non alignée militairement. La crise ukrainienne tourne à la tragédie parce qu’on confond le besoin de l’Ukraine de restaurer à court terme son identité avec des intérêts internationaux à long terme. Je serais partisan d’une Ukraine indépendante dans les frontières actuelles. Je plaide pour ça depuis la chute du mur. Quand on entend que des escadrons musulmans se battent sous le drapeau ukrainien, on constate qu’on a perdu le sens des proportions.

Heilbrunn : C’est un désastre, à l’évidence

Kissinger : Pour moi ça l’est. Ça veut dire que briser la Russie est devenu l’objectif, alors que l’intégrer devrait être le but à long terme.

Heilbrunn : Mais nous observons plutôt un retour des néoconservateurs et des faucons libéraux, au moins à Washington DC, qui sont déterminés à briser le gouvernement russe.

Kissinger : Jusqu’à ce qu’ils en assument les conséquences. L’erreur de toutes les guerres américaines depuis la seconde guerre mondiale consiste en cette incapacité à penser une stratégie acceptable chez nous. Depuis la seconde guerre mondiale nous avons démarré cinq guerres avec un grand enthousiasme. Mais les faucons ne gagnent pas à la fin. A la fin ils sont minoritaires. Nous ne devrions pas nous engager dans des conflits internationaux sans être en mesure, dès le début, d’en décrire une conclusion et sans la volonté de soutenir l’effort nécessaire à l’accomplissement de cette conclusion.

Heilbrunn : Mais nous semblons plutôt ne jamais cesser de commettre cette erreur.

Kissinger : Parce que nous refusons d’apprendre de nos expériences. Parce que ces guerres sont déclarées par des personnes qui ne respectent pas les faits historiques. A l’école on n’apprend plus l’Histoire mais seulement une succession d’évènements. Ils traitent ces faits selon des thèmes, hors de leur contexte.

Heilbrunn : Ils les extirpent de tout contexte.

Kissinger : Plutôt de ce qui était le contexte alors – ils les replacent dans un contexte entièrement nouveau.

Heilbrunn : Le genre de livre que vous écrivez – par exemple votre premier ouvrage – ne passerait jamais dans un cours de sciences politiques aujourd’hui parce qu’il n’est pas rempli de théories abstraites. Il enseigne en fait une leçon sur le mode narratif.

Kissinger: C’est pourquoi on m’attaque à droite comme à gauche – parce que je ne corresponds à aucune de leurs catégorisations.

Heilbrunn : Restons dans l’Histoire, quelle est votre opinion sur le rôle de l’Allemagne en Europe aujourd’hui ? Vivons-nous le retour d’un nouveau “problème allemand”, l’Europe du sud la voit comme une puissance occupante, et des relents de nationalisme émergent en Allemagne même – cela ne voudrait-il pas dire qu’il y a une certaine résurgence ?

Kissinger : Eh bien, il y a des indices. Certaines classes d’âge en Allemagne, les classes d’âge en dessous de cinquante ans, se comportent parfois comme si le pays qui avait voulu refaçonner l’Europe par la force revendiquait à présent le droit de la redessiner par le jugement moral le plus absolu. Ce n’est pas juste d’induire en tentation l’Allemagne de cette façon. Rejeter la faute sur l’Allemagne plutôt que sur soi-même, c’est faire de la politique intérieure facile pour les pays d’Europe du sud. Quel est donc le péché des Allemands en Grèce ? Les Allemands affirment que sous couvert de plan de sauvetage, on perpétue l’irresponsabilité. Ils tentent d’établir un procédé responsable de redressement. Quand je considère le cauchemar qu’a constitué l’inflation dans leur Histoire, j’éprouve de la sympathie pour leur point de vue. Depuis le début de leur Histoire nationale en 1871, l’Allemagne n’a jamais eu à diriger un système international. De 1871 à 1890, Bismarck a réussi un tour de force [en français dans le texte] spectaculaire, mais qui n’était pas viable sur le long terme. Vous ne pouvez pas établir de grande politique si cela requiert un génie à chaque génération. Mais de 1890 à la fin de la seconde guerre mondiale – soit près d’un siècle – l’Allemagne s’est perçue comme assiégée par le monde qui l’entourait. L’Angleterre et la France ont bien plus d’expérience en matière de diplomatie internationale. J’ai donc de la sympathie pour les Allemands et leur dilemme. Ils peuvent aider, leur aide peut être décisive, mais ils ont besoin d’une infrastructure bien plus grande, bien plus mondialisée, à laquelle nous devons contribuer.

Heilbrunn : La génération atlantiste en Allemagne, et la vision qu’elle incarnait a pratiquement disparu.

Kissinger : Et c’est bien dommage.

Heilbrunn : Les plus jeunes hommes politiques de la CDU [Union Chrétienne-Démocrate] que j’ai pu rencontrer ne s’intéressent pas aux États-Unis, ce qui est un tournant spectaculaire, étant donné que toute la politique d’Adenauer était fondée sur l’ancrage à l’Ouest.

Kissinger : C’est en partie leur faute, et en partie la nôtre.

Heilbrunn : J’ai vu Robert McFarlane il y a peu, qui a travaillé pour vous, et sous Reagan également. Il m’a dit : « Le dernier président à avoir fait preuve de pensée stratégique était Richard Nixon. » Est-ce vrai ?

Kissinger : Je pense que c’est vrai. Il avait une vision stratégique d’envergure. A la fin du premier volume des mes mémoires, White House Years, j’ai posé la question ainsi : Que se serait-il passé si l’establishment que Nixon admirait et craignait tout à la fois lui avait montré un peu d’amour ? Se serait-il encore davantage replié sur le désert de sa rancœur, ou cela l’aurait-il libéré ? Je laisse la question ouverte.

Heilbrunn : Faites-vous remonter la plupart des problèmes de la politique étrangère américaine au Viêtnam, à cette fêlure dans le consensus en matière de politique étrangère ?

Kissinger : Je pense que le Viêtnam a été un prétexte. Cela a donné une légitimité à la contestation. Parce qu’après tout, il y a bien eu des manifestations aux Pays-Bas, qui n’avait aucun Viêtnam, et en France.

Heilbrunn : Nixon possédait clairement une énorme expérience en matière de politique étrangère avant de devenir président en 1969.

Kissinger : Et il faisait preuve de réflexion, et son profil psychologique le rendait réticent à avoir affaire à trop de personnes à la fois, il lui a donc fallu réfléchir, lire – il ne pouvait pas appuyer sur un bouton et obtenir une réponse de Google – et voyager. Il n’y avait aucune menace sur sa personne lorsqu’il voyageait à l’étranger, il était donc à l’aise dans nombre d’entretiens avec des chefs d’état étrangers.

Heilbrunn : Il a dû apprendre beaucoup d’Eisenhower également, je présume.

Kissinger : Vous savez, comme toujours chez Nixon, c’était un savant mélange de rancœur et d’admiration, donc rien n’était exempt d’ambiguïté.

Heilbrunn : Jugez-vous Barack Obama comme un réaliste – il renâcle à l’idée de s’impliquer en Ukraine, par exemple – ou pensez-vous qu’une telle réputation est surfaite ?

Kissinger : Eh bien, en ce qui concerne le niveau de vigilance, c’est un réaliste. Mais sa vision est bien plus idéologique que stratégique.

 

Source : The National Interest, le 19/08/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

 

 

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Dhimmitude...

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Le leader de l’État islamique demande aux chrétiens de signer un contrat stipulant leur statut d’infériorité (dhimmi) en échange d’une "sécurité" conditionnelle

 

L’Observatoire syrien des droits de la personne a reçu une copie du contrat de dhimmitude (c’est la reconnaissance de l’incroyance des infidèles en échange du paiement de la jizya et de leur engagement à se conformer aux prescriptions du Coran) émis par l’État islamique pour les chrétiens de la ville d’Al-Qaryatayn qu’il contrôle au sud-est de Homs.

Le texte de l’entente stipule que : « Voici ce que Abdullah Abo Baker al-Baghdadi Amir al-Mueminin donne aux chrétiens de secteur d’Al-Qaryatayn, dans l’État de Damas. Il garantit leur argent, leur âme, il ne les obligera pas à changer de religion et il ne fera pas de mal à aucun d’entre eux ».

Le document stipule un certain nombre de conditions que les chrétiens de la ville d’Al-Qaryatayn doivent respecter :

– Ne pas établir d’église, de monastère ou d’ermitage ;
– Ne pas afficher de croix, ni quoi que ce soit provenant de leurs livres sur les rues des musulmans ou dans leurs marchés et ne pas utiliser d’amplificateurs durant les prières ;
– Ne pas faire entendre aux musulmans la récitation de leurs livres, ni le son de leurs cloches et utiliser les cloches seulement à l’intérieur des églises ;
– Ne faire aucun acte hostile à l’État islamique, tel cacher des espions ou des personnes recherchées et rapporter tous les complots contre les musulmans dont ils pourraient être informés ;
– S’engager à ne pratiquer aucun rituel de culte en public ;
– Respecter l’islam et les musulmans et ne rien dénigrer de leur religion ;
– Les chrétiens doivent payer la jizya (un tribut imposé aux non-musulmans par la loi islamique). Elle en coûte quatre dinars d’or (le dinar d’or contient 4,25 grammes d’or pur) aux riches, la moitié de cette somme à la classe moyenne et la moitié de ce montant aux pauvres. Ils peuvent payer en deux versements annuels ;
– Ils ne peuvent pas posséder d’armes ;
– Ne pas transiger de porc ou de vin avec les musulmans, ni dans leurs marchés et ne pas boire de vin en public ;
– Ils peuvent avoir leurs propres cimetières comme auparavant ;
– Ils doivent se conformer aux règles de l’État islamique sur le port de vêtements modestes et celles concernant l’achat et la vente, etc...

Le document conclut que «S’ils respectent ces conditions, leur argent, leur âme et eux-mêmes seront en sécurité sur leur territoire et ils n’auront pas à payer un dixième [de leurs avoirs], sauf s’ils amènent de l’argent de l’extérieur des territoires de l’État islamique. Aucun d’entre eux ne sera puni pour un crime commis par un autre [chrétien]. S’ils violent les conditions de ce document, alors l’État islamique les traitera comme des personnes qui lui ont déclaré la guerre.

Hier, des sources fiables ont informé l’Observatoire syrien des droits de la personne que, dans les dernières 48 heures, l’État islamique a reçu de l’argent de fonctionnaires chrétiens de la ville d’Al-Qaryatayn au sud-est de Homs […] après leur avoir proposé trois options : payer la jizya, se convertir à l’islam ou quitter la ville. Pendant ce temps, l’État islamique garde toujours en sa possession les pièces d’identité des citoyens chrétiens. Des contacts affirment que la plupart des gens vont quitter la ville lorsqu’ils auront recouvré leurs pièces d’identité.

Le 20 août, l’État islamique a démoli un monastère appartenant aux chrétiens au sud-est de Homs. Selon ce qu’a appris l’Observatoire syrien des droits de la personne, il s’agirait du monastère de Saint-Elian situé dans la ville d’Al-Qaryatayn sous contrôle de l’État islamique depuis le 6 août. Ils l’ont détruit avec des bulldozers après avoir affirmé que [les chrétiens] «vénèrent le monastère plutôt que de vénérer Allah». Cette démolition a coïncidé avec une vingtaine de raids aériens du régime [Al-Assad] sur la ville.

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SOURCE : POINT DE BASCULE

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Migrants syriens, à qui la faute ?

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Interview de Bassam Tahhan, spécialiste de l'islam et du Moyen-Orient, réalisée le 3 septembre 2015 par Frédéric Saillot pour Eurasie Express...

 

 

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Le petit Aylan... et les autres...

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Un petit corps échoué sur une plage... et la sphère médiatique s'enflamme...

Seulement le petit corps fut découvert tout autrement...

 


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...avant la sordide Mise en Scène pour avoir une portée cordicole...

 


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Aussitôt Taubira fait sa ridicule poétesse... on a le niveau qu'on mérite, n'est-ce pas ?...

 


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Il y a quelques mois de cela... quelques semaines... d'autres corps laissèrent (et laissent encore) nos médias comme nos ministres indifférents...

 

Cet enfant du Donbass, mort sous les bombardements, n'a aucune valeur pour la journaloperie... probablement parce que, comme Poutine, russophone et chrétien orthodoxe...

 


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Ou tous ces enfants en Syrie/Irak... victimes de l'ETAT ISLAMIQUE parce que chrétiens, Kurdes ou Yazidies...

 


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Alors les "migrants" débarquent... en masse... donnant raison à 100% à Jean Raspail et son "Camp des Saints"... Ne vous inquiétez pas... le Cancer s'est déjà infiltré... d'ailleurs le Calife de DAESH nous avait, par la menace, prévenus...

 


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Pourtant y'aurait largement de quoi faire chez nous... déjà...

 


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14/08/2015

Cri de Détresse de Calais...

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Les médias ? Silence Radio !

Ce pays est à l'abandon... il n'est plus que l'ombre de lui-même...

 

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13/08/2015

Michel Onfray en mutation...

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Des instants brillants dans cette vidéo...

Forcément... Michel Onfray est lecteur de Nietzsche (on le savait)... et, je l'apprends, de Spengler... alors il y a de l'espoir...

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04/08/2015

Les temps sont durs...

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Les temps sont durs, le pays est très endetté, tout le monde vit à crédit.

Arrive un riche touriste. Il arrête sa belle grosse voiture devant l'hôtel de la ville et entre.
Il pose un billet de 200 €uros sur le comptoir et demande à voir les chambres disponibles afin d'en choisir une pour la nuit.
Pour 200 €uros, le propriétaire de l'établissement lui donne toutes les clés et lui dit de choisir celle qui lui plaira.

Dès que le touriste a disparu dans l'escalier, l'hôtelier prend le billet de 200 €uros  file chez le boucher voisin et règle la dette qu'il a envers celui-ci.

Le boucher se rend immédiatement chez l'éleveur de bêtes à qui il doit 200 €uros et rembourse sa dette.

L'éleveur, à son tour, s'empresse de régler sa facture à la coopérative agricole où il se ravitaille en aliments pour le bétail.

Le directeur de la coopérative se précipite au café régler son ardoise.

Le propriétaire du café glisse le billet à la prostituée qui lui fournit ses services à crédit déjà depuis un moment.

La fille, qui occupe à crédit les chambres de l'hôtel avec ses clients, court acquitter sa facture chez notre hôtelier qui pose le billet sur le comptoir, là où le touriste l'avait posé auparavant.

Le touriste redescend l'escalier, annonce qu'il ne trouve pas les chambres à son goût, ramasse son billet et s'en va.

Personne n'a rien produit ! personne n'a rien gagné ! mais plus personne n'a de dette...

Voilà pourquoi, en ce moment, les banques n'ont aucun intérêt à vous prêter de l'argent.
Les banques s'enrichissent tant que vous êtes endettés... Vous ou votre pays...

 

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02/08/2015

Le dentiste, Mugabe et Daesh...

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Un abruti de riche dentiste américain s'est offert un safari au Zimbabwe et a pu tuer un brave Lion dans sa savane (routine en Afrique, où les Safaris se monnaient à prix d'or)... or il se trouve que le Lion en question était un Symbole pour les habitants du pays.

Du coup, les réseaux sociaux se sont déchaînés contre le dentiste avec une violence inouïe (le petit bourgeois derrière son écran est un spécialiste de l'igorance crasse)... et, bien entendu, cette vieille raclure de Mugabe (91 ans... la vieillesse est un naufrage, mais lui est sur son radeau idéologique depuis l'accession du Zimbabwe à l'indépendance et il s'accroche à son poste comme une lente à un poil de cul... Google est votre ami... vous allez halluciner... mais vous y retrouverez toute la platitude de l'Afrique, qui est capable de profondeur, mais -- décidément -- en d'autres domaines que celui du Pouvoir Politique) exige l'extradition du dentiste histoire de se payer un blanc de plus (les fermiers blancs du Zimbabwe ne lui suffisent pas)... mais en même temps il vient de fêter son anniversaire avec moult plats culinaires locaux qui feraient vomir le moins fervent des défenseurs de la nature sauvage des quatre points cardinaux...

Pendant ce temps le massacre des chrétiens du Moyen-Orient se poursuit dans un assourdissant silence...

 

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25/07/2015

On ne va pas vous le répéter sans cesse : c'est une Religion d'Amour, de Tolérance et de Paix...

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WikiLeaks. Comment l’Arabie Saoudite promeut l’islamisme à l’échelle planétaire

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- Par Philippe Mischkowsky pour Courrier International -

The New York Times a trié et vérifié 60 000 câbles diplomatiques saoudiens révélés par WikiLeaks. Conclusion : le royaume wahhabite a mis en place un redoutable système de prosélytisme à échelle planétaire pour faire la promotion d’un islamisme rigoriste.

Depuis des dizaines d’années, l’Arabie Saoudite injecte "des milliards de pétrodollars dans des organisations islamiques à travers le monde, pratiquant une diplomatie du chéquier", révèle le journal américain New York Times.

Pour arriver à cette conclusion, le journal a trié et analysé 60 000 documents diplomatiques saoudiens dont les fuites ont été orchestrées par le site WikiLeaks. Le SaoudiLeaks ne fait que commencer. D’autres informations pourraient être bientôt révélées : WikiLeaks a révélé que quelque 400 000 autres documents étaient en attente de publication.

On sait que l’une des priorités de Riyad est de répandre une vision rigoriste de l’islam sunnite. Ce que l’on sait moins, c’est que l’Arabie Saoudite investit également énormément d’argent pour combattre son principal ennemi : l’Iran chiite.

"[Les Saoudiens] craignaient que la levée des sanctions internationales contre l’Iran après la signature de l’accord nucléaire [le 16 juillet] donne davantage de moyens à Téhéran pour soutenir des groupes [chiites et pro-iraniens]. Mais les documents révèlent une compétition qui va bien au-delà, avec de profondes racines idéologico-religieuses", écrit le quotidien américain.

Un soft power efficace C’est tout un système d’influence que les autorités saoudiennes ont mis en place et financé par l’argent des pétrodollars, montre l’enquête du quotidien américain. Riyad a notamment accordé des moyens financiers à des prédicateurs à l’étranger, construit des mosquées, des écoles, des centres et soutenu des campagnes pour "contrer des responsables et des médias à l’étranger qui étaient susceptibles de s’opposer à l’agenda du Royaume".

"Dans la seule région du Kerala [en Inde], les Saoudiens ont donné 4,5 millions de riyals [1,1 million d’euros] à différents organismes", rapporte par exemple le site India TV en réaction aux informations révélées par Wikileaks.

De même, le quotidien de Toronto The Globe and Mail a relevé un "don de 211 000 dollars canadiens [150 000 euros] à une école d’Ottawa et un autre de 134 000 dollars [96 000 euros] à une école de Mississauga" gérée par la Muslim Association of Canada, qui gère également des mosquées et d’autres écoles.

Si les sommes peuvent paraître relativement modestes pour chacun des cas pris isolément, elles deviennent énormes une fois additionnées les unes aux autres. Tout le mérite du New York Times est précisément d’avoir fait cette addition. "Il s’agit de milliers et de milliers d’organisations militantes et religieuses (...) directement ou indirectement financées par eux", explique Usama Hasan, chercheur en études islamiques à la fondation Quilliam à Londres, cité par le journal.

L’organisation mise en place consistait globalement à identifier les personnalités et les associations étrangères à aider ou financer. "Le ministère des Affaires étrangères transmettait les demandes de financement à des officiels de Riyad, parfois les services de renseignements donnaient leur accord après examen des bénéficiaires potentiels et la Ligue islamique mondiale contribuait à avoir une stratégie coordonnée, tandis que les diplomates saoudiens supervisaient le projet à travers le monde", explique encore le New York Times.

Les pays concernés ne sont pas seulement ceux du Moyen-Orient où la lutte fait rage entre l’Arabie Saoudite et l’Iran pour l’influence régionale, mais aussi les pays africains, notamment le Mali, où des acteurs locaux ont fait référence à la "menace du chiisme iranien" pour appuyer leurs demandes de fonds auprès des Saoudiens. "La peur de l’influence chiite allait jusqu’à englober des pays dotés de minorités musulmanes aussi réduites qu’en Chine. Aux Philippines, où seulement 5 % de la population est musulmane, des documents présentent également des propositions pour ‘restreindre l’influence iranienne’."

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SOURCE : COURRIER INTERNATIONAL

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A la guerre comme à la guerre !

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- Par Benoît Rayski, pour ATLANTICO -

"Si tu fermes pas ta gueule, on te la fait à la Merah", la Marseillaise du groupe de rap "3 Zone"...

Jamais autant de haine n’avait été distillée en un laps de temps aussi court. Un clip "made in banlieue" de quelques minutes.

Toutes les nations, tous les peuples ont leurs chants guerriers. La France, pour ne parler que d’elle, a la Marseillaise, promettant un sort peu enviable à ceux qui viennent « dans nos campagnes [...] égorger nos fils et nos compagnes ». Elle a aussi le Chant des partisans où grenades et dynamite sont convoquées pour chasser l’occupant nazi. Dans les deux cas, la France était envahie.

Mais qui a envahi les « jeunes » du groupe 3 Zone ? Et quel occupant est venu prendre possession de leurs HLM ? Quelqu’un veut-il les égorger, les tuer ? Pourtant c’est bien un chant de guerre qu’ils entonnent dans leur dernier clip, « Kadhafi ». La guerre avec des battes de base-ball et des flingues. On entend : « Si tu fermes pas ta gueule, on te la fait à la Merah ! » Merah est ce héros, leur héros, qui froidement, à bout portant, a tué des enfants juifs. Autres héros mentionnés dans le clip, Kadhafi évidemment, un des plus sanglants dictateurs de la planète, et Ben Laden qui programma soigneusement l’assassinat collectif de milliers de civils américains.

Le clip est disponible sur YouTube. Il a été vu des dizaines de milliers de fois. Ça plaît. En tout cas ça plaît à beaucoup, sinon 3 Zone serait depuis longtemps sur la paille. Aucune loi n’interdit sa diffusion. La France est un pays libre. Mais on est libre aussi de vomir...

Une partie de la jeunesse de banlieue se shoote avec ce genre de clips. Extase garantie, autant, sinon plus, qu’avec un joint. Mais qu’est-ce qu’ils ont dans la tête ? Juste de la haine, de la haine à l’état brut. Mais c’est peut-être la faute de la colonisation ? De la ghettoïsation ? De la ségrégation ? C’est aussi pertinent que de s’interroger sur la responsabilité du traité de Versailles dans l’accession d’Hitler au pouvoir. Des sociologues, des ethnologues, des démographes se penchent sur ces « jeunes » qu’ils considèrent comme des laissés-pour-compte et donc des victimes. Ils publient des livres, écrivent des rapports. Toujours les mêmes : il faut comprendre leur détresse. Sur leur recommandation, des milliards ont été déversés depuis des années sur les cités et leurs habitants. On attend d’autres clips que celui de 3 Zone pour juger de leurs résultats.

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SOURCE : ATLANTICO

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23/07/2015

Transhumanisme...

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