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29/06/2014

La chair seule, cette fois, appelait le néant comme un repos

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« Il courut à la fenêtre, l'ouvrit de nouveau, plongea son regard dans la nuit. A peine résista-t-il à la tentation de s'y jeter, d'y tomber les bras étendus, de s'y perdre enfin, avec son haïssable secret. Et, néanmoins, ce n'était pas ainsi qu'il avait désiré mourir jadis, quand il appuyait froidement, fermement, le canon de l'arme sur sa face.

La chair seule, cette fois, appelait le néant comme un repos, ou même n'appelait rien : elle fuyait. Il fuyait. Il fuyait devant un péril inconnu, dont la cause n'était pas en lui. Ou, pour mieux dire, il s'échappait. »

Georges Bernanos, La Joie

 

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La mort donnée peut aussi avoir sa beauté

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« La mort donnée peut aussi avoir sa beauté. C'est l'un des mystères de la chasse. Il y a une sorte de perfection et même de poésie grave dans un tir sans défaut, lorsque soudain le silence succède au rugissement de la carabine et que le gibier tombe, foudroyé, ayant accompli son destin de gibier. Au cours d'un affût en Ecosse , à la tombée de la nuit, je me tenais immobile à cent cinquante mètres environ de la lisière d'un bois. Un vent léger montait vers moi. La sensation fugitive d'un froissement dans les fourrés avait suggéré d'une présence. Quelques instants après, la silhouette gracile d'un brocard aux bois bien apparents se détacha en gris sur l'obscurité du taillis. Sa bouche gourmande se leva pour cueillir de jeunes pousses au-dessus de lui. La mort le surprit dans cette occupation agréable. Je n'en souhaiterais pas d'autre depuis qu'on ne meurt plus en dolman de hussard, les matins de charge, dans la fumée de la mousqueterie et le roulement des tambours... »

Dominique Venner, Le Coeur Rebelle

 

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28/06/2014

Aux lieux où brillent le soleil et la mer, où fructifient la vigne et l'olivier

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« Vous serez heureux avec votre compagne dans l'une de ces blanches villes insulaires que vous aimez ─ dans l'une de ces vieilles résidences marines, qui ne sont jamais sorties du mythe. Aux lieux où brillent le soleil et la mer, où fructifient la vigne et l'olivier, où les mendiants mêmes vivent dans une liberté royale, et lorsqu'un œil comme le vôtre embrasse ce spectacle, les sources anciennes jaillissent encore dans leur splendeur intacte, et les choses sont encore dignes qu'on les désire. »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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Tout État se doit de créer une utopie

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« Tout État se doit de créer une utopie, dès qu'il a perdu le contact avec le mythe. C'est en elle qu'il parvient à prendre conscience de sa mission. L'utopie est l'esquisse du plan idéal, qui sert à déterminer la réalité. Les utopies sont les tables de la Loi contenues dans la nouvelle Arche d'alliance; les armées les emportent, invisibles, avec elles. »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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La beauté, la vérité, le savoir sont intolérables pour le regard trouble

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« L’œil est créé pour un empire d'ombres, non pour la lumière incolore. La lumière, la grande puissance de l'univers, vous consumerait si elle s'approchait de vous sans voiles. La beauté, la vérité, le savoir sont intolérables pour le regard trouble ; c'est assez de leur ombre à tous. Pourquoi vous efforcer de dépasser votre cercle ? »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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Un agréable néant

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« Souvent, Lucius, étudiant les lointaines archives et les chroniques des régiments, avait été frappé par une différence dans les visages, qui reflétait cette rupture. Chez ces précurseurs, qui presque tous avaient trouvé la mort dans les flammes, il y avait encore un legs de la vieille aristocratie. Mais venaient ensuite des têtes dont on ne pouvait définir la nature que comme un agréable néant, et qui révélaient le vide des destructions dont elles étaient chargées. Elles n'étaient pas sans régularité, ni sans charme, mais on eût dit que la toile d'un bon portraitiste avait été remplacée par un écran de cinéma. »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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La technique prend un caractère d'enchantement

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« La technique entre insensiblement dans sa troisième phase. La première était titanesque ; elle visait à édifier le monde des machines. La seconde fut rationnelle, et aboutit à l'automatisme parfait. La troisième est magique, car elle donne vie aux automates en leur donnant un sens. La technique prend un caractère d'enchantement ; elle se plie aux désirs. »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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Le rapport de l'intérieur à l'extérieur

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« Le monde est bâti sur le modèle de la Chambre double. De même que tous les êtres vivants sont formés de deux feuilles, il est fait de deux couches, qui sont entre elles dans le rapport de l'intérieur à l'extérieur, et dont l'une possède une réalité plus haute, l'autre une réalité moindre. Mais la réalité moindre est déterminée jusque dans ses plus petits détails par la plus haute. »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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27/06/2014

Elever un être collectif au rang d'État

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« Le bailli veut, hors de l'histoire, élever un être collectif au rang d'État ; nous, nous tendons à un ordre historique. Nous voulons la liberté de l'homme, de son être, de son esprit et de ce qu'il possède, et l'État dans la seule mesure où ces biens réclament une protection. De là résulte la différence entre nos moyens et méthodes et ceux du bailli. Il est obligé de niveler, d'atomiser et d'aplanir son matériel humain, au sein duquel doit régner un ordre abstrait. Chez nous, au contraire, c'est l'homme qui doit être le maître. Le bailli vise à la perfection de la technique, nous visons à la perfection de l'homme. »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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Des troupes sans cesse renouvelées de victimes

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« Il y a des lieux sur terre où se suivent des sanctuaires, du plus loin qu'on se souvienne ; il en est ainsi des lieux de violence. Ces endroits semblent frappés d'une malédiction, qui leur attire des troupes sans cesse renouvelées de victimes. Elles se succèdent à travers le flux et le reflux de l'histoire, et qu'importe qu'elles soient traînées sur l'ordre des tyrans ou au nom de la liberté dans ces lieux d'épouvante, où l'on entendra toujours leur murmure, comme une litanie qui jamais ne s'arrête ? Car nul ne saurait compter ceux qui à chaque instant languissent dans les geôles de ce monde. »

Ernst Jünger, Héliopolis

 

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L'Un et le Tout

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« Je l'aurai vue une fois, l'unique chose que cherchait mon âme, et la perfection que nous situons au-delà des astres, que nous repoussons à la fin du temps, je l'ai sentie présente. Le bien suprême était là, dans le cercle des choses et de la nature humaine.

Je ne demande plus où il est : il fut dans le monde, il y peut revenir, il n'y est maintenant qu'un peu plus caché. Je ne demande plus ce qu'il est : je l'ai vu et je l'ai connu.

Ô vous qui recherchez le meilleur et le plus haut, dans la profondeur du savoir, dans le tumulte de l'action, dans l'obscurité du passé ou le labyrinthe de l'avenir, dans les tombeaux ou au-dessus des astres, savez-vous son nom ? Le nom de ce qui constitue l'Un et le Tout ?

Son nom est Beauté. »

Friedrich Hölderlin, Hypérion

 

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Être libéral, c'est précisément le contraire d'être moderniste

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« Telles sont pourtant les mœurs de la véritable liberté. Être libéral, c'est précisément le contraire d'être moderniste et c'est par un incroyable abus du langage que l'on apparente ordinairement ces deux mots. Et ce qu'ils désignent. Mais les abus du langage les moins indiqués sont toujours ceux qui résistent le mieux. Et c'est ici une incroyable confusion. Et je ne hais rien tant que le modernisme. Et je n'aime rien tant que la liberté. (Et en elle-même, et n'est-elle pas la condition irrévocable de la grâce).

Disons les mots. Le modernisme est, le modernisme consiste à ne pas croire ce que l'on croit. La liberté consiste à croire ce que l'on croit et à admettre, (au fond, à exiger), que le voisin aussi croie ce qu'il croit. Le modernisme consiste à ne pas croire soi-même pour ne pas léser l'adversaire qui ne croit pas non plus. C'est un système de déclinaison mutuelle.
La liberté consiste à croire. Et à admettre, et à croire que l'adversaire croit.

Le modernisme est un système de complaisance. La liberté est un système de déférence.

Le modernisme est un système de politesse. La liberté est un système de respect.

Il ne faudrait pas dire les grands mots, mais enfin le modernisme est un système de lâcheté. La liberté est un système de courage.

Le modernisme est la vertu des gens du monde. La liberté est la vertu du pauvre. »

Charles Péguy, L'Argent

 

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Comme sous la période soviétique, on retouche les photos et on réécrit l’histoire

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« Il y eut une époque où papa-maman essayaient tant bien que mal de vivre ensemble sans s’interroger outre mesure sur les “problèmes de couples”, où les enfants jouaient tout nus dans le jardin sans qu’on se demande si ça n’allait pas donner des idées aux méchants prédateurs, tandis que grand-père tirait sur sa bouffarde sans qu’on brandisse devant lui des statistiques accusatrices sur la tabagie passive. Cette époque est révolue. On en est aujourd’hui à gommer les cigarettes apparaissant sur les photographies de Gainsbourg, d’André Malraux et du général de Gaulle. Churchill, c’était bien connu, était non-fumeur, et Shakespeare n’a jamais écrit “Le Marchand de Venise”. Comme sous la période soviétique, on retouche les photos et on réécrit l’histoire.

Le durcissement progressif des lois antifumeurs est particulièrement caractéristique de cette “correction” hystérique. Aux États-Unis, où les employés doivent se déclarer non-fumeurs pour être embauchés, la police peut perquisitionner chez eux à l’improviste pour voir s’ils n’ont pas laissé traîner des mégots. Depuis L’été 2008, il est interdit à San Marin de fumer au volant, sous le prétexte qu’en allumant une cigarette on pourrait pendant quelques secondes être distrait de sa conduite (logiquement, on devrait alors proscrire aussi le transport automobile d’animaux domestiques ou d’enfants). Le comble du grotesque a été atteint aux Pays-Bas, où les pouvoirs publics ont interdit l’usage du tabac dans les coffee shops où l’on fume le cannabis : les amateurs de haschisch qui avaient l’habitude de le mélanger avec du tabac pour le rendre un peu moins fort, sont désormais tenus de ne plus “couper” leurs stupéfiants. »

Alain de Benoist, Les démons du bien

 

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Il endommageait l’ordre moins qu’il ne le confirmait

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« S’opposer, c’est collaborer ; collaboration dont Dalin ne pouvait se dépêtrer, bien qu’il ne s’en doute point. Au fond il endommageait l’ordre moins qu’il ne le confirmait. La manifestation du nihiliste anarchique agit comme un aiguillon : elle rend la société consciente de son unité. 

L’anarque, tout au contraire, n’en discerne pas seulement de prime abord l’imperfection : il en reconnaît la valeur, même avec cette réserve. L’Etat et la société lui répugnent plus ou moins, mais il peut présenter des temps et des lieux où l’harmonie invisible transparaît dans l’harmonie visible. Ce qui ce révèle avant tout dans l’oeuvre d’art. En pareil cas, on sert joyeusement. 

La souffrance touche moins profondément l’anarque quand les choses sont en ordre, au sens dont je parlais. Elle se transmue en sacrifice. Le nihiliste anarchique se conduit de façon tout opposée. Le temple d’Artémis à Ephèse, pour prendre un exemple, provoquerait son acte incendiaire. Or, l’anarque n’hésiterait pas à y entrer pour y méditer, et à participer au culte par quelque sacrifice. Ce qui est possible en tout temple digne de ce nom. »

Ernst Jünger, Eumeswil

 

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26/06/2014

Verbe

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« Il n'y a d'idées qu'incarnées. Il n'y a de verbe que fait chair. »

Witold Gombrowicz, Journal, 1954

 

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