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19/07/2018

L’Intelligence, elle, sera avilie pour longtemps

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« Le Sang et l'Or seront recombinés dans une proportion inconnue. Mais l'Intelligence, elle, sera avilie pour longtemps ; notre monde lettré, qui paraît si haut aujourd'hui, aura fait la chute complète, et, devant la puissante oligarchie qui syndiquera les énergies de l'ordre matériel, un immense prolétariat intellectuel, une classe de mendiants lettrés comme en a vu le moyen âge, traînera sur les routes de malheureux lambeaux ce qu'auront été notre pensée, nos littératures, nos arts. »

Charles Maurras, L'avenir de l'Intelligence

 

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18/07/2018

Le mal et la souffrance

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« Dieu existe justement parce que le mal et la souffrance existent dans le monde, l'existence du mal est une preuve de l'existence de Dieu. Si le monde consistait uniquement dans le bon et dans le bien, alors Dieu ne serait plus utile, le monde lui-même serait Dieu. Dieu est parce que le mal est. Ce qui signifie que Dieu est parce que la liberté est. »

Nicolas Berdiaev, L'esprit de Dostoïevski

 

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On confond souvent le sens historique avec le culte de la tradition ou le goût du passé

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« La vie n'a pas pour essence et pour but la réconciliation totale, mais une action sans cesse renouvelée, un effort jamais achevé. La nouveauté du devenir n'est que la forme élémentaire, pour ainsi dire la condition de la liberté proprement humaine, qui se déploie à travers les contradictions et les luttes. Opposition qui se rattache à l'antinomie fondamentale entre durée et temps historique, définie non par l'actualité, mais par la tension entre un double au-delà.

On confond souvent le sens historique avec le culte de la tradition ou le goût du passé. En vérité, pour l'individu comme pour les collectivités, l'avenir est la catégorie première. Le vieillard qui n'a plus que des souvenirs est aussi étranger à l'histoire que l'enfant absorbé dans un présent sans mémoire. Pour se connaître soi-même comme pour connaître l'évolution collective, l'acte décisif est celui qui transcende le réel, qui rend à ce qui n'est plus une sorte de réalité en lui donnant une suite et un but.
Le présent historique n'a donc pas la richesse de la contemplation ou de l'accord total, mais il ne se réduit pas non plus au point insaisissable d'une représentation abstraite. Il se confond d'abord avec le vécu, ce qui n'est pas pensé et reste par nature inaccessible à toute pensée. Pour la réflexion, il est intermédiaire, le dernier terme de ce qui n'est plus, un acheminement vers ce qui sera. L'époque que nous vivons se définit à nos yeux par les tendances que nous y discernons : jadis peut-être, pour les peuples sans conscience historique, totalité close, aujourd'hui elle est moment d'une évolution, moyen d'une conquête, origine d'une volonté. Vivre historiquement, c'est se situer par rapport à une double transcendance. Chacune des dimensions temporelles est l'objet des sentiments les plus divers. Mon passé est encore partie intégrante de mon moi, non pas seulement parce qu'il m'a formé, mais parce qu'il est transfiguré par les sentiments que j'éprouve à son égard. Tantôt il me rappelle un autre être qu'à peine je reconnais, tantôt il éveille des émotions que je croyais éteintes ou des souffrances ensevelies. Appauvri, puisque je ne suis plus ce que j'ai été, ou enrichi par mes expériences, je n'apprends par le souvenir du temps perdu, ni la fuite, ni la permanence des choses, ni la fécondité de la durée ; ou du moins ces valeurs contradictoires dépendent de la vie actuelle.
Chaque dimension n'en est pas moins caractérisée et comme définie par une attitude humaine. Le passé relève du savoir, le futur de la volonté, il n'est pas à observer mais à créer. Une seule affection est essentiellement liée à notre destinée temporelle, le remords qui me montre mon acte à la fois comme un fait, c'est-à-dire réel définitivement, et comme un devoir, c'est-à-dire libre. En une impuissance tragique, j'éprouve encore l'obligation à laquelle je me suis soustrait. La faute appartient à ce qui n'est plus, puisqu'elle est objet de connaissance, et je continue à la nier comme si elle n'était pas encore. »

Raymond Aron, Introduction à la Philosophie de l'Histoire, 1948, édition augmentée 1981

 

 

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15/07/2018

Tourisme de masse...

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« Une rage froide nous prend à voir ces étrangers se chauffer au soleil sur nos places. Après quoi, il nous faut laver et lustrer les rayons pour en ôter la saleté et la rouille qu’y laissent ces gros sacs de suif, suants et poussiéreux. Et il nous semble chose impossible, il nous semble traîtrise que le soleil, au lieu de se retirer avec dégoût, touche de ses rayons ces étrangers, les réchauffe, les sèche, les dore.

(...)

Le premier mouvement de ces étrangers, c'était l'envie. Ils avaient laissé derrière eux des forêts sauvages, des campagnes boueuses, des ciels nébuleux, des villes mornes, renfermées, moisies, des lacs et des rivières embuées par le souffle de vents glacés, des paysans abrutis dans la crainte des seigneurs, de grasses femmes blondes sans piquant, des marchands gonflés de bière. Et à peine les montagnes franchies, ils trouvaient un pays ensoleillé, le ciel bleu, des champs pareils à des jardins, de belles maisons soignées, des merveilles d'églises luisantes d'ors et de marbres précieux, des places qu'on eût prises pour des salles de spectacles, avec de belles statues nues sur des piédestaux de porphyre, des fontaines aux eaux chantantes, des portiques peints à fresque par des peintres heureux et gais et, tout juste hors les murs, sur quelque petite hauteur à portée de main, les ruines d'un temple antique avec ses belles colonnes corinthiennes aux riches chapitaux de fleurs et de fruits, témoignage importun de la vieille noblesse de ces italiens, encore nobles et gracieux jusque dans le malheur. »

Curzio Malaparte, Ces chers italiens (Benedetti Italiani)

 

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Un exil intérieur

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« Que signifie l'apartheid volontaire? Un exil intérieur, une solitude absolue, un refus de mettre sur le même plan le sang et le droit. Je marche au milieu d'une multitude de néo-Français en m'abstrayant mentalement de leur nombre, sachant que je n'ai rien de commun avec ces gens, dont l'ignorance des qualités françaises rejoint celles des Français de souche : étrange communauté de destin que cette ignorance programmatique de la servitude volontaire… Dans ce climat d'apocalypse libérale, je me garde bien d'identifier l'ennemi et l'immigré ; moi qui n'ai pas d'amis et ne me compte que d'éphémères alliés, je sais que l'ennemi n'est pas un visage (une race, une ethnie, une religion) mais un état d'esprit, une condition: la servilité volontaire des masses occidentales, dans lesquelles il faut inclure celles du Tiers-Monde en tant que candidates à la servilité consumériste occidentale. Autrement dit, l'ennemi peut me ressembler, et c'est cette apparence (qui peut aller jusqu'au simulacre ou à la tentative de falsification de mes façons de penser) dont je dois me méfier, car elle s'avance masquée. Dans l'état de guerre civile où nous vivons (et dont l'apartheid volontaire constitue la révélation), le fait que celle-ci ne soit jamais reconnue pour telle constitue un argument en faveur de la guerre; n'étant pas déclarée, la terreur devient légitime parce qu'elle vise à préserver le consensus; d'où l'état d'urgence de l'apartheid volontaire. »

Richard Millet, Fatigue du sens

 

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14/07/2018

L'horloge du monde

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« Une habitude idiote s'est imposée dans le débat moderne, qui consiste à dire que telle ou telle croyance a sa raison d'être à une époque et non à une autre. Un dogme digne de foi au XIIème siècle, nous dit-on, ne l'est plus au XXème. Autant dire de telle philosophie qu'elle est plausible le lundi, mais pas le mardi. Autant dire qu'une certaine vision du cosmos convient à trois heures et demie, mais pas à quatre heures et demie. Ce qu'un homme peut croire dépend de sa philosophie et non de l'horloge du siècle. Si l'on croit que la loi naturelle est immuable, on ne peut croire à aucun miracle, quelle que soit l'époque. Si l'on croit à une volonté derrière la loi, on peut croire à tous les miracles, quelle que soit l'époque. Supposons, à titre d'exemple, que nous traitions d'un cas de guérison thaumaturgique. Un matérialiste du XIIème siècle n'y aurait pas cru davantage qu'un matérialiste du XXème siècle. Mais un scientifique chrétien du XXème siècle y croirait autant qu'un chrétien du XIIème siècle. Cela ne tient qu'à la théorie personelle que l'on met en application. C'est pourquoi, dans le cas d'une réponse historique, il ne s'agit pas de savoir si elle s'est présentée à notre époque, mais si elle nous a été donnée pour répondre à notre question. Et plus je songeais aux circonstances dans lesquelles le christianisme est venu au monde, plus je sentais qu'il était venu précisément pour répondre à cette question. »

Gilbert Keith Chesterton, Orthodoxie

 

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Être l'homme des racines

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« Je devais être sa "boussole", son "capteur", sa baguette de sourcier, le spécialiste de la tectonique des plaques électorales chargé de repérer les gisements de voix et d'évaluer la probabilité et la magnitude d'éventuelles secousses. Mais aussi et surtout l'homme de la radicalité, ce que j'entendais non pas au sens courant des médias, mais celui strict de l'étymologie : le latin "radix" désigne l'axe de la plante qui croît du sol au sommet pour mieux renvoyer figurativement au fondement sans lequel aucune existence ne saurait subsister. Avant même de passer au vocabulaire du jardinage et de la bouture, le désuet "raciner" ne s'employait-il pas, dés le XIIème siècle, pour décrire la manière dont un peuple se fixe en un lieu à partir duquel il s'ébauche en communauté de vie ? (Jean Rey, "Dictionnaire historique de la langue française", Le Robert, 1992) Être l'homme des racines, faire preuve de radicalité, c'était littéralement ne pas se satisfaire du paraître, ne pas donner quitus du phénomène, creuser pour plonger à la source. Rien à voir donc avec l'extrémisme ou l'ultraracisme. Il s'agissait au contraire de renouer les fils du temps, nécessité de toujours qui tournait désormais à l'urgence. »

Patrick Buisson, La cause du peuple

 

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13/07/2018

Radix...

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« L’extrémisme consiste à pousser jusqu’à l’absurde même les idées les plus justes… il est réducteur, simpliste, borné. […] La radicalité est tout autre chose. Elle implique de chercher toujours à comprendre plus loin, en remontant à la racine (radix) […]. Être radical, ce n’est pas seulement refuser le compromis, c’est s’intéresser aux causes lointaines […]. La recherche des principes premiers, la méditation sur les choses ultimes font partie de la radicalité. Ce qui exige d’être intellectuellement structuré. »

Alain de Benoist, Mémoire vive

 

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Ceux qui n'en finissaient pas de survivre n'en finissaient pas non plus de payer le prix de leur prudence

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« Le hussard bleu n'était pas un hussard de la mort, suicidé d'honneur de la ligue noire de Drieu, comme osait l'affirmer la dégueulasserie de Kanters, comme pouvait le donner à croire l'hommage ambigu d'un Chardonne sans mémoire, oublieux des anciennes gratitudes. Mauriac, bourgeois provincial et malingre, n'en revenait pas d'avoir survécu au dandy parisien, costaud comme un pilier de mêlée, qui éperonnait le pas de charge de ses heures et de ses mots. "C'est pourtant moi, si faible, qui avais dominé la vie et lui, si fort, qui paraissait déjà vaincu par elle.” L'arrogance de cette papelardise était intolérable. Nimier avait vécu comme il le devait, en esprit fort et en écrivain de race (les borniols qui l'avaient enterré furent surpris d'assister à sa résurrection, le critique - le premier de son temps, dira Sollers - prenant la relève du romancier) selon l'instinct de son enfance insurgée, de sa nature noble et de l'ordre rigoureux d'une civilisation. Ceux qui n'en finissaient pas de survivre n'en finissaient pas non plus de payer le prix de leur prudence, radotant les illusions de leur sécurité, s'enfonçant dans leur sommeil d'abouliques. Je me remémorais le mot de Nietzsche, qui justifiait l'honneur, la grâce et le risque d'exister de Nimier : “L'amour de la vie est presque toujours le contraire de l'amour d'une longue vie. »

Pol Vandromme, Bivouacs d'un hussard

 

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12/07/2018

Quand je vois peu à peu disparaître sur terre tout ce qui est charmant

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« Je doute du progrès, quand je vois peu à peu disparaître sur terre tout ce qui est charmant. Mais ces progrès ne me sont pas destinés : ils intéressent la foule des hommes de demain qui, sûrement, ne seront pas faits comme moi. »

Jacques Chardonne, Claire

 

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L’expo, on n’y va pas tellement pour y aller que pour y être allé...

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« Expos, musées, manifestations : on est saisi par le spectacle des spectateurs bien plus que par ce qu’il y a à voir ou à entendre. Ce qui rend presque impossible la jouissance des lieux et des oeuvres, car le non-sens innombrable de la masse s’y oppose - autrement plus significatif, mais de quoi ? (…) L’expo, on n’y va pas tellement pour y aller que pour y être allé. Certaines contrées lointaines, on les visite moins pour les voir que pour les avoir vues. Bien des choses, on ne les fait que pour les avoir faites. Et nombre d’entreprises visent moins à atteindre leur but qu’à se débarrasser de leur fin. We dit it ! »

Jean Baudrillard, Cool Memories IV

 

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10/07/2018

Hémiplégie

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« Je suis allergique à l’hémiplégie en matière de culture politique. Sur le plan des idées, j’ai d’abord acquis une culture de droite. Elle s’est ajoutée à ma culture philosophique, en se combinant plus ou moins bien avec elle. Je me suis ensuite employé à acquérir une culture de gauche. Une telle démarche me paraît toute naturelle : comment peut-on trancher autrement que de manière arbitraire quand on ne connaît pas les points de vue en présence ? Prendre position, c’est se situer par rapport aux arguments et aux contre-arguments, ce qui implique de les connaître. Avoir à la fois une culture de droite et de gauche permet en outre d’identifier dans toute doctrine ce qui peut être sa par de vérité (et aussi sa part d’erreur). L’esprit partisan veut ignorer cela. La plupart des gens ne lisent que ce avec quoi ils se sentent en accord. Cela leur donne du plaisir et cela les rassure. Ils ont besoin d’être confortés dans ce qu’ils pensent déjà. Il ne leur vient pas à l’idée de chercher à savoir, objectivement, ce que pensent leurs adversaires. Ils pressentent obscurément qu’ils ne sauraient pas quoi répondre. Cela risquerait d’entamer leurs certitudes, de contredire leur aspiration à de petits catéchismes simplificateurs. Combien de gens de droite connaissent le contenu du débat théorique engagé dans les années 1930 entre Walter Benjamin et Theodor W. Adorno sur la question du statut de l’art à l’époque de la technique ? Combien de gens de gauche savent en quoi les idées de Gobineau sont incompatibles avec celles de Houston Stewart Chamberlain ? Qui a lu Ernst Bloch et Gustav Landauer à droite ? Qui a lu Joseph de Maistre, Donoso Cortés et Moeller va den Bruck à gauche ? Je trouve détestable cette hémiplégie qu’avait déjà dénoncée José Ortega y Gasset. J’y vois, en dernière analyse, une indifférence à la vérité. »

Alain de Benoist, Mémoire vive

 

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Le Diable

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« La plus grande erreur moderne, ce n'est pas d'annoncer que Dieu est mort, mais de croire que le diable est mort. »

Nicolás Gómez Dávila, Les horreurs de la démocratie

 

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09/07/2018

Au profit de l'orthodoxie

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« Plus elle [la Russie] deviendra forte, plus elle prendra conscience de ses racines, dont, en une certaine manière, le marxisme l'aura éloignée ; après une cure forcée d'universalisme, elle se rerussifiera, au profit de l'orthodoxie. Du reste, elle a marqué d'une telle empreinte le marxisme qu'elle l'aura slavisé. Tout peuple de quelque envergure qui adopte une idéologie étrangère à ses traditions l'assimile et la dénature, l'infléchit dans le sens de sa destinée nationale, la fausse à son avantage, au point de la rendre indiscernable de son propre génie. »

E. M. Cioran, Histoire et utopie

 

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08/07/2018

Je construirai, et ensuite je détruirai  ce que j’ai construit

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« L’action et la non-action se rejoindront dans l’éternité, et elles s’y éteindront éternellement. Mais quid du présent ? Le moine-soldat ! C’est autour de cette figure un peu déroutante que tourne aujourd’hui ma pensée, dans la mesure où je pense. Soldat, il dresse l’action. Moine, il la sape. Aedificado et destruam : je construirai, et ensuite je détruirai  ce que j’ai construit. Une épigraphe pour ce livre. Une épigraphe pour ma vie. »

Henry de Montherlant, Service inutile — Avant-propos

 

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