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27/02/2015

L’ennemi politique ne se réduit pas au seul ennemi militaire

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« Il faut considérer comme sans fondement toutes les doctrines qui voient dans l’âge industriel ou économique le successeur pacifique de l’âge militaire, non seulement parce que l’ennemi politique ne se réduit pas au seul ennemi militaire, mais encore parce que la politique pénètre d’inimitié l’économie, la science, la morale et la technique aussi bien que les armées.
Il est fort probable que la violence durera aussi longtemps que l’homme ; elle est de tous les temps, encore qu’elle se montre plus virulente à certaines époques qu’à d’autres, quand l’idéologie lui prépare le terrain. De ce point de vue il est indiscutable que le socialisme révolutionnaire (Blanqui, Marx, Sorel, Lénine) a été, avant le fascisme, le propagateur de la violence dans le monde contemporain. Il est naïf de croire que le progrès de la civilisation pourrait substituer l’ère de la sérénité à celle de la violence. Au contraire, les nouveaux moyens que le progrès met à la disposition de l’homme, celui-ci les utilise non seulement au service de la guerre (nous le constatons tous les jours), mais de toutes les formes de la violence, révolutionnaire, psychologique, etc. Loin de décroître en intensité elle s’adapte sans cesse aux nouvelles conditions. Pour les mêmes raisons on ne saurait parler de peuples doux. Il se trouve seulement qu’à certaines époques de l’histoire la civilisation d’une collectivité parvient à limiter l’usage de la violence. »

Julien Freund, L’essence du politique

 

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Des heures lénitives au fond d’un cloître

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« Par instants, après certaines lectures, alors que le dégoût de la vie ambiante s’accentuait, il enviait des heures lénitives au fond d’un cloître, des somnolences de prières éparses dans des fumées d’encens, des épuisements d’idées voguant à la dérive dans le chant des psaumes. »

Joris-Karl Huysmans, Là-Bas

 

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26/02/2015

"Vous n’êtes qu’un lâche, un jean-foutre" !

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« En 1808, au cours de son voyage dans l’Ouest, Napoléon rencontra aux Quatre-Chemins-de-l’Oie une héroïne de la grande révolte vendéenne. A vingt ans, elle avait combattu les Bleus pistolet au poing. On la présenta à l’Empereur qui l’embrassa et la fit embrasser par l’Impératrice. A ce moment, un homme s’avança. Napoléon l’interrogea :
– Et vous, monsieur qui saluez si bas, qui êtes-vous ?
– Mais, répondit l’autre, je suis le maire de Saint-Florent, le frère de mademoiselle Regrenil.
– Que faisiez-vous, interrogea l’Empereur, pendant que votre sœur se battait si bien ?
Et le maire, se croyant habile, répondit :
– Sire, moi, j’étais neutre.
– Neutre ! éclata Napoléon, alors vous n’êtes qu’un lâche, un jean-foutre.
Et il le chassa de sa vue. »

Dominique Venner, Le cœur rebelle

 

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Austérité, abnégation, maîtrise des sentiments, soumission au devoir

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« Aussi loin que l’on regarde dans l’histoire des cités, des royaumes et des nations d’Europe, l’esprit militaire, dans sa structure masculine, en a été le cœur vivant étroitement associé à la souveraineté. La plupart de ceux qui se sont révoltés, toutes catégories sociales confondues, hommes et femmes, oui, femmes aussi, avaient en commun, souvent par tradition familiale, un attachement quasi liturgique au contenu de l’ordre militaire. Non pour l’armée de leur temps qui, à bien des égards, était peu défendable, mais pour ce que l’esprit et la formation authentiquement militaire apportent d’unique et d’irremplaçable au sein de la société civile : austérité, abnégation, maîtrise des sentiments, soumission au devoir. Dispositions viriles, foncièrement anti-utilitaires et antibourgeoises, même quand elles sont honorées, ce qui est fréquent, par des familles appartenant socialement à la bourgeoisie. Elles étaient tout ce qui subsistait de l’ancienne armature humaine qui, depuis plus de trois mille ans, avait fait de l’Europe ce qu’elle avait été. »

Dominique Venner, Le cœur rebelle

 

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Une prodigieuse entreprise de falsification

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« Le journalisme n’est qu’une prodigieuse entreprise de falsification, voire d’éradication de la réalité, sous couvert d’informer et d’analyser, l’information ne parlant en vérité que d’elle-même et l’analyse servant des intérêts propres à renforcer l’ignorance et la déchéance spirituelle des hommes. De là mon souci, qui irait croissant, de n’être plus informé. »

Richard Millet, La confession négative

 

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L’honneur

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« La notion qui fonde toute coutume vivante, c’est l’honneur. Tout le reste, fidélité, humilité, bravoure, esprit chevaleresque, maîtrise de soi, résolution, en découle. Et l’honneur est une question de sang, non de raison. On ne réfléchit pas – sinon, on a déjà perdu l’honneur. Perdre l’honneur, c’est être effacé de la vie, du temps, de l’Histoire. L’honneur de l’ordre, de la famille, de l’homme et de la femme, du peuple et de la patrie, l’honneur du paysan, du soldat, et même du bandit : l’honneur signifie que la vie, en une certaine personne, vaut quelque chose, possède un rang historique, sa distance, sa noblesse. »

Oswald Spengler, Ecrits historiques et philosophiques

 

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L’héroïsme...

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« L’héroïsme n’affronte pas seulement des ennemis concrets, mais aussi des états de l’âme. »

Oswald Spengler, Ecrits historiques et philosophiques

 

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Le fruit d’une ascèse

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« Toute grande impulsion nouvelle, toute révolution et toute réforme, toute élite nouvelle est le fruit d’une ascèse et de la pauvreté volontaire ou imposée, celle-ci étant avant tout renoncement à la sécurité du statu quo. »

Carl Schmitt, La notion de politique

 

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25/02/2015

Je n’ai rien contre la "décontraction", je ne supporte pas l’avachissement

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« Si, bien que le mot m’horripile, je n’ai rien contre la "décontraction", je ne supporte pas l’avachissement. C’est signe de mauvaise santé, pour une société.
Somerset Maugham a écrit, sur ce sujet, une nouvelle qui mérite d’être lue et méditée. C’est l’histoire d’un jeune fonctionnaire colonial anglais, nommé à Bornéo, au fin fond de la jungle. Il est le seul Blanc, et commande à une demi-douzaine d’ "indigènes". Soucieux de tenir son rang, il revêt tous les soirs son smoking et, après avoir levé son verre de whisky à la santé de Sa Majesté, il dîne, en solitaire, servi par ses deux boys. Les semaines passent. Il commence à trouver le temps long. La chaleur, les moustiques, le travail fastidieux... Il se laisse aller. Il ne se rase plus, se lave à peine, se met à pinter, et quand, le soir, il se traîne jusqu’à la table, il garde sa tenue de brousse qui, peu à peu, prend un aspect lamentable. Il sent monter autour de lui le mépris de ses boys, et bientôt, ce sera la chute. 
Mais, non : dans un sursaut de dignité, il réapparaît un soir dans son costume blanc et lève son verre à la santé du roi. Il sera à nouveau respecté et sa vie, aussi pénible soit-elle, retrouvera son sens.
C’est sans doute idiot, mais cela porte un nom qui ne l’est pas : le respect de soi. »

Christian Millau, Journal impoli

 

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Être courageux...

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« Il convient d’être courageux, non par nécessité mais parce que c’est beau. »

Aristote, Ethique à Nicomaque

 

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Illusions d’optique

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« Les longues périodes de paix favorisent certaines illusions d’optique. L’une d’elles est la croyance que l’inviolabilité du domicile se fonde sur la Constitution, est garantie par elle. En fait, elle se fonde sur le père de famille qui se dresse au seuil de sa porte, entouré de ses fils, la cognée à la main. »

Ernst Jünger, Traité du rebelle ou le recours aux forêts

 

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Cette allure de pantins, criarde, clownesque et souvent sinistre

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« La destruction du monde ancien, telle qu’elle se manifeste dans la Révolution française et, au fond, dès la Renaissance, rappelle le dépérissement des tissus organiques, des nerfs et des artères. Lorsque le processus est arrivé à son terme, les hommes de la violence entre en scène ; ils passent des fils artificiels dans le cadavre, des liens de métal, et l’agite des secousses d’une comédie politique plus violente, mais plus grotesque aussi. Eux-mêmes ont cette allure de pantins, criarde, clownesque et souvent sinistre. Les nouveaux Etats ont des tendances voraces. Ils ne peuvent prospérer que s’il subsiste un héritage. Une fois celui-ci dilapidé, la faim devient insupportable ; comme Saturne, ils dévorent leur propres enfants. C’est pourquoi l’on doit, ne fût-ce que par instinct de conservation, songer à une autre organisation que celle de 1789. »

Ernst Jünger, La cabane dans la vigne

 

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Il reste les livres

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« Pour consolation, comme toujours, il reste les livres, vaisseaux légers et sûrs en vue des errances à travers le temps et l’espace, voire au-delà d’eux. »

Ernst_Jünger, La cabane dans la vigne

 

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Les circonstances

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« Il y a naïveté et imprudence à attendre que les circonstances travaillent toutes seules et conspirent bénévolement en faveur de notre pays. »

Jacques Bainville, Réflexions sur la politique

 

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24/02/2015

Des lendemains furtifs

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« Il faudra bientôt, je le soupçonne, que nous nous cachions pour lire, comme le temps est venu de se cacher pour boire. Rendre hommage au vin loyal confine à l'insoumission et invite à la clandestinité. Nous sommes quelques-uns à nous préparer à des lendemains furtifs. »

Jean-Claude Pirotte, Expédition nocturne autour de ma cave

 

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