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09/02/2015

Les actions que nous faisons ne comptent pas, ce qui compte c’est l’esprit dans lequel nous les faisons

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« Pensée consolante : les actions que nous faisons ne comptent pas, ce qui compte c’est l’esprit dans lequel nous les faisons. C’est-à-dire : les autres souffrent aussi, d’autant qu’il n’y a pas autre chose au monde que la souffrance : le problème est seulement comment avoir la conscience pure. Et ce serait ça la morale.

Idiot et sinistre Kant — si Dieu n’est pas, tout est permis. Assez de morale. Seule la charité est respectable. Le Christ et Dostoïevski, tout le reste c’est des conneries.

La morale est le monde de l’habileté. Seule la charité est bonne pour toi. Mais "charité" est un euphémisme pour dire "anéantissement". »

Cesare Pavese, Le métier de Vivre

 

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08/02/2015

Le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l'Islam...

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06/02/2015

Europe éteinte

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« Le siècle de la chevalerie est passé. Celui des sophistes, des économistes et des calculateurs lui a succédé ; et la gloire de l’Europe est à jamais éteinte. »

Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de la France

 

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Une destinée

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« Nous ne luttons pas pour que le peuple devienne heureux. Nous luttons pour lui imposer une destinée. »

Ernst von Salomon, Les Réprouvés

 

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Haute vie

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« Vivre dans un certain siècle et s’apercevoir qu’on était mieux fait pour un autre, cela ne doit pas désespérer, car ce malheur n’est point sans quelque remède. Nous atteignons par magie l’époque où nous ne nous sommes pas trouvés matériellement ; nous la saisissons par son art. Être cultivé, cela ne signifie pas autre chose que d’avoir le choix entre tous les moments de l’humanité et d’aller, à notre gré, de l’un à l’autre, comme un archipel, un navire heureux se promène d’île en île. Toute haute vie a ses évasions sereines. »

Abel Bonnard, Ce monde et moi

 

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La dure nécessité de la guerre

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« La dure nécessité de la guerre dresse des hommes. C’est grâce à des peuples et contre des peuples que des peuples atteignent leur stature de grandeur intérieure. »

Oswald Spengler, Ecrits historiques et philosophiques - Pensées

 

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"Où est l’issue ? Où est le bon chemin ?"

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« Il existe, dans les annales de l’humanité, bien des siècles que l’on voudrait effacer, faire disparaître comme inutiles. Tant d’erreurs ont été commises qu’un enfant, semble-t-il, éviterait aujourd’hui ! Quels chemins étroits, tortueux, détournés, impraticables, a choisis l’humanité en quête de l’éternelle vérité, alors que devant elle s’ouvrait une royale avenue, large et droite comme celles qui mènent aux demeures souveraines. Ensoleillée le jour, illuminée la nuit, cette voie dépasse toutes les autres en splendeur ; cependant les hommes ont toujours cheminé dans les ténèbres sans l’apercevoir. Si parfois, obéissant à une inspiration d’en haut, ils s’y engageaient, ils s’égaraient bientôt à nouveau, se rejetaient en plein jour dans d’inextricables fourrés, prenaient plaisir à s’aveugler mutuellement et, se guidant sur des feux follets, arrivaient au bord de l’abîme pour se demander avec effroi les uns aux autres : "Où est l’issue ? Où est le bon chemin ?" L’actuelle génération comprend maintenant tout cela, elle s’étonne, se moque des égarements de ses ancêtres, mais elle ne voit pas que cette histoire est tracée avec le feu du ciel, que chaque lettre en est claire, que de partout un doigt impérieux la désigne, elle, l’actuelle génération : elle se complaît en sa raillerie et commet fièrement de nouvelles erreurs, dont se moquera à son tour la postérité. »

Nicolas Gogol, Les âmes mortes

 

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Le courage

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« Le courage est le vent qui nous porte vers les rivages les plus lointains ; c’est la clef de tous les trésors, le marteau qui forge les vastes empires, le bouclier sans lequel aucune civilisation ne saurait durer. Le courage, c’est l’enjeu illimité de sa propre personne, c’est l’assaut que l’idée livre à la matière sans se soucier des conséquences. Etre courageux, c’est être prêt à se faire crucifier pour une conviction, c’est affirmer, même dans le dernier frémissement des nerfs, même dans le dernier soupir, l’idée dont on vivait et pour laquelle on meurt. Maudit soit le temps qui méprise le courage et les hommes courageux ! »

Ernst Jünger, La Guerre notre Mère

 

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Dans la joie, dans la dureté, dans les choses qui sont au dessus des mots

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« Mais en réalité, me disais-je, ces gens si assurés n’étaient-ils pas en quelque sorte enchaînés eux aussi ? Sortaient-ils jamais de leurs étroites limites ? Etait-ce là la liberté dont j’avais tant rêvé ? Au fond tout ce que disait ces gens n’était-il pas vu sous un faux angle, oui, déformé et étroit dans sa diversité même ? Lequel d’entre eux avait conscience du moment qui passait ? Lequel d’entre eux s’était construit sa vie, comme on pouvait la construire lorsqu’on était libre, véritablement libre ? Sous leur aspect repu on devinait un mécontentement apitoyant mais plein de suffisance. Tandis que mon mécontentement à moi me brûlait, me harcelait.

Lorsque je faisais le bilan des cinq années passées il me restait un excédent. Comment aurais-je pu le supporter s’il en avait été autrement !
Mais surtout il ne fallait pas que je me laisse envahir par l’esprit bourgeois, car il est inerte ; agile peut-être, mais non pas vivant. Et il fallait que je vive, que je vive ! Trop longtemps j’étais resté inerte pour avoir le droit d’attendre plus longtemps de vivre. Cette loi de la régularité qui m’avait dominé pendant cinq ans, ces hommes malins, intelligents, remuants, lui était soumis eux aussi. Mais en moi des tensions agissaient qui ne pouvaient me permettre d’échanger des chaînes contre d’autres et qui me poussaient à sortir de l’inertie pour me lancer dans l’espace infini, dans la joie, dans la dureté, dans les choses qui sont au dessus des mots. »

Ernst Von SALOMON, Les réprouvés

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05/02/2015

Rien de cette obstination, de cet orgueil des réprouvés ne les animait

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« Il n’y avait pas une de mes idées qui ne fut une attaque contre les mœurs et la morale existantes, qui seules justifiaient cette maison et son règlement. Il n’y avait chez moi aucune résolution qui, tout au fond, ne renfermât pas déjà l’embryon de la révolte. Mais la masse des incarcérés s’était soumise. Elle vivait dans une léthargie sourde et animale. Les quelques-uns qui parfois s’élançaient pleins d’une haine féroce, qui répondaient à un mot humiliant en brisant tout ce qui se trouvait à leur portée, étaient cependant liés à cette masse, soit qu’elle les soutînt dans un bref hurlement de rage, soit qu’elle les trahît et les vendît avec une humilité rampante de chiens, en échange de menus et honteux avantages. Ceux qui végétaient autours de moi dans les cellules et les salles de travail n’étaient pas tellement la lie d’un monde bourgeois bien ordonné, mais plutôt eux-mêmes des bourgeois jusqu’aux dernières conséquences : ils aimaient leur confort, ils étaient attachés à l’ordre, ils avaient une crainte mesquine devant chaque décision à prendre, ils étaient bien trop semblables à la société d’où était sortie cette espèce de criminels et qui maintenant les broyait entre la pierre et le fer, oui ils lui étaient bien trop semblables pour oser l’attaquer de front. Dans ces êtres il n’y avait pas la moindre parcelle d’une force révolutionnaire, aucune idée ne possédait leur cerveau, rien de cette obstination, de cet orgueil des réprouvés ne les animait. »

Ernst Von SALOMON, Les réprouvés

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Une atrophie, une absence

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« Qu’avais-je, pour ma part, à reprocher à l’Occident ? Pas grand-chose, mais je n’y étais pas spécialement attaché (et j’arrivais de moins en moins à comprendre qu’on soit attaché à une idée, un pays, à autre chose en général qu’à un individu). Je pris soudain conscience avec gêne que je considérais la société où je vivais à peu près comme un milieu naturel – disons une savane, ou une jungle – aux lois duquel j’aurais dû m’adapter. L’idée que j’étais solidaire de ce milieu ne m’avait jamais effleuré ; c’était comme une atrophie chez moi, une absence. »

Michel Houellebecq, Plateforme

 

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04/02/2015

L’illusion égalitaire

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« L’illusion égalitaire des démagogues est encore plus dangereuse que la brutalité des traîneurs de sabre… Pour l’anarque, constatation théorique, puisqu’il les évite les uns comme les autres. Qu’on vous opprime : on peut se redresser, à condition de n’y avoir pas perdu la vie. La victime de l’égalisation est ruinée, physiquement et moralement. »

Ernst Jünger, Eumeswil

 

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"L'homme est quelque chose qui peut être dépassé" !

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« L'axiome de tout le yoga, du sâdhana tantrique et des disciplines analogues est nietzschéen : "L'homme est quelque chose qui peut être dépassé", mais il est pris très au sérieux. De même que, dans l'initiation en général, on n'admet pas que la condition humaine soit un destin, on n'accepte pas de n'être qu'un homme. Le dépassement de la condition humaine qu'envisagent ces disciplines est aussi, à des degrés divers, la condition nécessaire pour l'obtention d'une puissance authentique, pour l'acquisition des siddhi. »

Julius Evola, Le Yoga tantrique

 

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La nécessité

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« C'est un mal que la nécessité, mais il n'y a aucune nécessité de vivre avec la nécessité. »

Épicure, Sentences vaticanes

 

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Sous votre administration distraite, de très obscurs poètes étaient les seuls qui parussent vouloir dire quelque chose

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« Même les jeunes filles ont sombré dans le cloaque qui bruit toujours plus calamiteusement autour de nos regards et de nos pas.

Les jeunes filles, pourtant, avaient résisté plus longtemps, sans le savoir seulement.

On aurait dit que la putride ignominie de ce qu'ils osent parer maintenant des beaux noms de simplicité, de naturel, de nature, même, peut-être, n'osait pas s'attaquer aux jeunes filles.

Elles ont gardé longtemps, beaucoup d'entre elles, les dernières entre les Français – nous sommes quelques-uns à nous en souvenir –, un peu de cette réserve où se lisait encore, en effet, qu'elles étaient parmi nous le lieu préservé du sacré, que dans leur silence daignaient se taire audiblement pour nous les dieux, que par leur distance souriante et leur frémissement se mesuraient encore à notre âme l'âme des sources et celle des fontaines ; et que dans leur rire ombreux résonnait à notre cœur, pour un enchantement préservé par grâce ou par miracle, le rire, le rire sauvage comme un faon, vif et comme lui craintif, de la jeunesse émerveillée du monde.

Jeunes filles ! Jeunes filles !

Il y avait encore, grâce à vous, même au cœur de nos villes, de possibles rencontres sur la margelle des puits, dans les déserts de la sotte raison.

Vous étiez, avec vos regards détournés, le dernier signe que le sens et sa bourbe n'avaient pas tout emporté ; vos chevelures dénouées figuraient à nos yeux, à nos doigts, les ultimes roseaux du mythe ; et cette cambrure nerveuse du cou qui vous prenait dans le refus, fût-il feint, il nous plaisait mortellement d'y reconnaître, fous d'amour, l'ultime sursaut d'honneur d'une inadéquation farouche au cours blême des choses, d'une insoumission dédaigneuse à l'évidence, et de l'honneur.

D'un quart de vos sourires volés vous nous rassuriez, avec une science de sauvageonne, de vestale ou de vouivre, et nous promettiez que les phrases n'adhéraient pas tout à fait encore à leurs mots, ni les mots à leur signification, ni les jours à la somme de leurs heures.

Leur quotidienneté, disait cet éclat de vos dents, ne tenait pas entière à leur pauvre flagrance.

Sages, dures, ou bien trop bonnes avec nos lèvres, avec nos pensées et nos mains : nous étions sûrs, à cette façon que vous aviez de vous dérober sans disparaître à notre bouche au creux de votre épaule (oh ! jeunes filles ! le creux de votre épaule !) – et vous nous laissiez croire négligemment –, que la nuit vous sortiez par on ne sait quelles fenêtres de vos pavillons clos dans des banlieues feuillues pour monter à chaque fois sur les murailles de Truie, pour vous faire enlever par des taureaux blancs, dans de grasses prairies inondées par la lune, et pour nous mentir doucement, si doucement, en nous racontant que votre père était notaire, ou boucher, que vous alliez partir en vacances à Hossegor ou que vous prépariez vos examens de grec.

Comme si nous ne vous avions pas reconnues !

Ô jeunes filles, par vous seules, par les frisottis de votre nuque et par nos livres dont vous étiez les images, les incipit et les plus beaux passages, nous échappions à nous-mêmes, au ridicule de nos lacets, de nos érubescences et de nos cols, à nos veilles, nos stupides espérances, nos serviles sagesses et nos livres ! Quand bien même vous vous donniez à nous, vous ne nous étiez jamais plus dérobées, plus absconses et plus étrangères ; et sans jamais nous rapprocher de vous, de votre totalité par défaut, de votre essence qui semblait être de n'avoir pas d'essence, vous ne daigniez nous conférer, par abandon, qu'un peu de votre étrangeté, de votre anachronisme adorable, de ce génie que vous aviez pour l'inappartenance. Vous criiez, et dans ce cri que croyait vous arracher notre pataude vanité, nous étions précipités vers l'absence, vers des sabbats sur des collines au milieu de l'été, vers la terrible poigne du bonheur et vers la nuit des temps.

Grâce à vous, nous ne comprenions plus tien à nos chiffres, rien à nos jeux, rien à l'amour que nous avions pour vous.

Vous acheviez, d'un mot pour un autre, d'une infime discrépance de l'aine, de la hanche, d'un bouton pas tout à fait passé dans sa boutonnière, d'un simple rendez-vous déplacé d'une heure, de nous rendre absolument opaques nos familles, les plus chèrement acquises de nos convictions dogmatiques, le fonctionnement de notre glotte et la marche du monde.

Sous votre administration distraite, de très obscurs poètes étaient les seuls qui parussent vouloir dire quelque chose.

Ce n'est pas, maintenant, que tout soit clair, bien loin de là. Mais tous les signes paraissent avoir rejoint leurs messages, et même les constituer seuls. Il n'y a plus de signes, il n'y a plus que de l'être : et nous l'éprouvons peu de chose, sous l'ongle et le concept. Les panneaux se confondent avec les villes qu'ils annoncent, il n'y a plus de campagne entre eux, les marques sont tout le prestige de leurs objets, la coupe est froide contre nos lèvres, nous manquons d'air, de protocole et de littérature.

Jeunes filles, jeunes filles, pourquoi nous avez-vous abandonnés ? »

Renaud Camus, 22 379 signes 
(Les bonnes, l'excrément, les jeunes filles), extrait de "7 667 222 signes", roman inédit - in "Revue L'infini, n°52, Gallimard - 1995

 

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