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11/11/2015

Leur résignation me dégoûte

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« Je n'aime pas les pauvres. Leur existence, qu'ils acceptent, qu'ils chérissent, me déplaît ; leur résignation me dégoûte. A tel point que c'est, je crois, l'antipathie, la répugnance qu'ils m'inspirent, qui m'a fait devenir révolutionnaire. Je voudrais voir l'abolition de la souffrance humaine afin de n'être plus obligé de contempler le repoussant spectacle qu'elle présente.
Je ferais beaucoup pour cela. Je ne sais pas si j'irais jusqu'à sacrifier ma peau ; mais je sacrifierais sans hésitation celles d'un grand nombre de mes contemporains. Qu'on ne se récrie pas. La férocité est beaucoup plus rare que le dévouement. »

Georges Darien, La Belle France

 

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Le ciel, l'amour en Dieu… La révolte, le massacre…

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« Deux garçons se succèdent dans ma vie : le premier me chante le ciel, l'amour en Dieu, pour me lâcher à la porte d'une religion encore plus imbécile que la justice. Le second me prêche pendant un an la révolte, le massacre, et quand il a tout démoli, tout retourné, mon magnifique petit furibond me propose les douceurs bourgeoises, une descente de lit pour la vie. »

Lucien Rebatet, Les Deux Etendards

 

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10/11/2015

La folle vanité de la jeunesse

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« Ce qu’il y avait en moi de plus difficile à détruire était une orgueilleuse misanthropie, une certaine aigreur contre les riches et les heureux du monde, comme s’ils l’eussent été à mes dépens, et que leur prétendu bonheur eût été usurpé sur le mien. La folle vanité de la jeunesse, qui regimbe contre l’humiliation, ne me donnait que trop de penchant à cette humeur colère, et l’amour-propre, que mon mentor tâchait de réveiller en moi, me portant à la fierté, rendait les hommes encore plus vils à mes yeux, et ne faisait qu’ajouter pour eux le mépris à la haine. »

Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’éducation

 

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Dictature invulnérable, inentamable…

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« Et par exemple en politique : ce qui crève les yeux, c'est le jeu qui se joue ouvertement, sans vergogne. Un très petit nombre d'hommes, sont dans le coup, se passent le ballon, et même s'ils se haïssent, restent complices. Qu'il y ait ou non crise ministérielle, le pouvoir appartient à l'équipe. La crise toujours se dénoue au-dedans de l'équipe. Dictature invulnérable, inentamable jusqu'aux élections. Et alors la loi électorale jouera, et la remettra en selle, à moins que... »

François Mauriac, Bloc-notes

 

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09/11/2015

Le Raskol...

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« Le raskol est le seul schisme majeur dans l'histoire de l’Église orthodoxe en Russie. Ce fut, sur un point essentiel, l'exact opposé de la Réforme en occident : là, les chrétiens se révoltaient contre l'autorité ecclésiastique parce qu'ils voulaient des changements ; en Russie, les fidèles se révoltaient parce qu'ils refusaient toute modification, même mineure, de la tradition. »

Nicholas V. Riasanovsky, Histoire de la Russie

 

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Ancêtres et postérité...

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« Les gens qui ne regardent jamais en arrière vers leurs ancêtres ne regarderont jamais en avant vers leur postérité. »

Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France

 

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08/11/2015

Aïeux et descendants…

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« Non seulement la démocratie fait oublier à chaque homme ses aïeux, mais elle lui cache ses descendants. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique

 

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Deux littératures

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« Chacun sait qu'il y a, de nos jours, deux littératures : la mauvaise, qui est proprement illisible (on la lit beaucoup). Et la bonne, qui ne se lit pas. »

Jean Paulhan, Les Fleurs de Tarbes

 

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07/11/2015

Vous détruisez la Nuit ; vous ne connaissez plus l’Aube...

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« Vous détruisez la Nuit ; vous ne connaissez plus l’Aube, dit-elle d’une voix triste. Autrefois, le spectacle des lueurs du matin était la récompense des longues veilles épuisantes. Maintenant, vous passez votre vie dans une lumière monotone et vous ne savez même plus regarder les Ténèbres. »

Pierre Louÿs, Une Volupté nouvelle

 

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Plénitude

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« La ville, ce n'est pas la solitude parce que la ville anéantit tout ce qui peuple la solitude. La ville, c'est le vide. Or, la vraie solitude est plénitude. »

Pierre Drieu la Rochelle, Gilles

 

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06/11/2015

Car il avaient en vérité souillé leur propre terre et jusqu'à leur ciel...

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« Ce n'est pas une métaphore de dire qu'il fallait à ces hommes un ciel nouveau et une terre nouvelle ; car il avaient en vérité souillé leur propre terre et jusqu'à leur ciel... Nous savons quelles sortes de visions sentimentales suscite en nous le mot "jardin", et qu'il évoque surtout le souvenir de romans mélancoliques et innocents... Or qui sait un peu de poésie latine se rappellera peut-être brusquement ce qui se fût dressé jadis, à la place du cadran solaire ou de la fontaine, et de quelle sorte était le dieu de leurs jardins... Il n'eût servi à rien d'exhorter ce peuple à se faire une religion naturelle ; il n'y avait pas une fleur ni même une étoile qui n'eût été souillée. »

Gilbert Keith Chesterton, Saint François d'Assise

 

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J’éprouve la terreur qu'avaient les contemporains de Noé

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« Ô France ! Bien que ce soit notre pays, c'est un triste pays, avouons-le ! Je me sens submergé par le flot de bêtise qui la couvre, par l'inondation de crétinisme sous laquelle peu à peu elle disparaît. Et j'éprouve la terreur qu'avaient les contemporains de Noé, quand ils voyaient la mer monter toujours. [...] Je voudrais disparaître de ce monde pendant 500 ans, puis revenir pour voir "comment ça se passe". Ça sera peut-être drôle. »

Gustave Flaubert, Correspondance

 

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05/11/2015

Les peuples ont un vif besoin d’ordre

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« Les masses ont un bon sens qu’elles ne désertent qu’au moment où les gens de mauvaise foi les passionnent. Ce bon sens repose sur des vérités d’un ordre général, vraies à Moscou comme à Londres, vraies à Genève comme à Calcutta. Partout, lorsque vous rassemblerez des familles d’inégale fortune sur un espace donné, vous verrez se former des cercles supérieurs, des patriciens, des première, seconde et troisième sociétés. L’égalité sera peut-être un droit, mais aucune puissance humaine ne saura le convertir en fait. Il serait bien utile pour le bonheur de la France d’y populariser cette pensée. Aux masses les moins intelligentes se révèlent encore les bienfaits de l’harmonie politique. L’harmonie est la poésie de l’ordre, et les peuples ont un vif besoin d’ordre.La concordance des choses entre elles, l’unité, pour tout dire en un mot, n’est-elle pas la plus simple expression de l’ordre ? L’Architecture, la musique, la poésie, tout dans la France s’appuie, plus qu’en aucun autre pays, sur ce principe, qui d’ailleurs est écrit au fond de son clair et pur langage, et la langue sera toujours la plus infaillible formule d’une nation. »

Honoré de Balzac, La duchesse de Langeais

 

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Un principe suprême et parfait dont ce monde n’est que la vaine apparence

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« Je t’aimais profondément, tu le savais, en frère et en ami et je regrette de te faire une grande peine. Mais je suis obligé de faire ce que je vais faire, et tu le comprendras.
[…] Je me tue : cela n’est défendu par aucune loi supérieure, bien au contraire. Ma mort est un sacrifice librement consenti qui m’évitera certaines salissures, certaines faiblesses. Et surtout, je ne m’intéresse pas assez à la politique pour en encombrer (prison, etc.) mes derniers jours.
Cela m’ennuierait et me distrairait des suprêmes pensées dont je veux m’occuper seulement aux derniers moments.
Je ne crois ni à l’âme ni à Dieu, je crois à l’éternité d’un principe suprême et parfait dont ce monde n’est que la vaine apparence. Apparence ravissante et dont je me suis réjoui autant qu’aucun. J’ai joui des hommes, des femmes, des animaux, des plantes, surtout des arbres, de tout – et des maisons, cher architecte -, mais depuis quelques années encore bien mieux de l’essence qui est derrière tout. Cela m’a enivré merveilleusement et je ne me tiens pas de joie d’aller enfin à cela.
Je n’ai aucune contrainte en moi ni autour de moi : je suis saturé des apparences et j’aspire à l’essence et au-delà de l’essence à l’indicible.
Je saute sur l’occasion qui m’est offerte. La menace de mort depuis cinq ans a décuplé ma vie et m’a fait goûter et comprendre tout comme je n’aurais fait si je n’avais pas choisi la voie dangereuse, la voie de l’âpre audace.
J’espère que tu te portes bien, que tu reprendras bien ton métier, que tu n’auras pas d’ennuis à cause de moi, que tu développeras ta conscience et ta mesure comme tu faisais.
Je suis heureux de penser que tu auras ma bibliothèque, mes livres et que tu t’occuperas de mon œuvre.
[…] Cher vieux, j’aurais aimé vieillir près de toi, mais le sort en a décidé autrement.
Je t’embrasse du fond du cœur et du fond de l’être.

Ton frère Pierre »

Pierre Drieu la Rochelle, "Dernière lettre à son frère", Journal 1939 – 1945

 

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04/11/2015

Je ne suis pas un paladin de mon époque

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« Non, j’accorde que je ne suis pas un paladin de mon époque, pas plus un "guide", ni ne veux l’être. Je n’aime pas les guides, les Führer, ni non plus les "professeurs", par exemple, les "professeurs de démocratie". J’aime et j’estime encore moins ces petits, ces médiocres, ces nez creux qui vivent d’informations récoltées et de pistes flairées, cette racaille de valets et d’estafettes du temps qui trottent aux côtés de tout ce qui est nouveau, en manifestant sans cesse leur dédain pour ceux qui sont moins dispos et moins agiles. Ou encore les freluquets et conformistes de leur époque, ces gens chics, ces élégants intellectuels, qui portent les dernières idées et les dernières paroles à la mode comme ils portent leur monocle, qui, par exemple, manient les concepts "esprit, amour, démocratie" – en sorte qu’il est aujourd’hui déjà difficile d’entendre ce jargon sans avoir la nausée. »

Thomas Mann, Considérations d'un apolitique

 

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