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17/05/2015

Chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies

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« Je lis des vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies. Les livres devraient rester sans surveillance dans les endroits publics pour se déplacer avec les passants qui les emporteraient un moment avec eux, puis ils devraient mourir comme eux, usés par les malheurs, contaminés, noyés en tombant d'un pont avec les suicidés, fourrés dans un poêle l'hiver, déchirés par les enfants pour en faire des petits bateaux, bref ils devraient mourir n'importe comment sauf d'ennui et de propriété privée, condamnés à vie à l'étagère. »

Erri De Luca, Trois chevaux

 

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Des créatures destinées les unes aux autres qui n'arrivent jamais à se rencontrer

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« Il y a des créatures destinées les unes aux autres qui n'arrivent jamais à se rencontrer et qui se résignent à aimer une autre personne pour raccommoder l'absence. Elles sont sages. »

« Je t'aime par amour et par dégoût des hommes, je t'aime parce que tu es intègre même si tu es le reste d'une autre vie, je t'aime parce que le bout qui subsiste vaut la totalité et je t'aime par exclusion des autres bouts perdus. »

Erri De Luca, Trois chevaux

 

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Un long trait continu

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« Je vois la mer qui râpe les rochers, et le blanc d’ongle des vagues est la ligne qui la sépare de la terre. Je vois la ligne rouge du coucher de soleil qui sépare le jour de la nuit, je pense que le monde est l’œuvre du roi du verbe diviser et j’attends la ligne qui viendra me détacher des jours.
La vie est un long trait continu et mourir, c’est aller à la ligne sans le corps. »

Erri De Luca, Trois chevaux

 

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Substance et beauté

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« Un arbre a besoin de deux choses : de substance sous terre et de beauté extérieure. Ce sont des créatures concrètes mais poussées par une force d'élégance. La beauté qui leur est nécessaire c'est du vent, de la lumière, des grillons, des fourmis et une visée d'étoiles vers lesquelles pointer la formule des branches. »

« Un arbre écoute les comètes, les planètes, les amas et les essaims. Il sent les tempêtes sur le soleil et les cigales sur lui avec une attention de veilleur. Un arbre est une alliance entre le proche et le lointain parfait. »

Erri De Luca, Trois chevaux

 

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Se savoir perdus tous les jours

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« Il y a des erreurs qui contiennent une autre vérité. »

« Je ne sais rien sur trop de choses pour en tenir compte, mais par moments mon ignorance affleure et me rend nostalgique. »

« Il est étrange de se savoir perdus tous les jours sans jamais se dire adieu. »

« Il y a des humilités qui grandissent un homme. »

Erri De Luca, Trois chevaux

 

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16/05/2015

Une contrefaçon pour vous plaire

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« Tout ce que l’on trouve de beau, de pur, de bon, chez certaines femmes, n’est jamais qu’une imitation, une contrefaçon pour vous plaire. Et celle-là que vous vous acharnez à défendre parce que, dites-vous, “elle n’est pas comme les autres”, voyez-là avec d’autres garçons : elle est pire. Elle a simplement senti — diaboliquement bien senti — ce qu’il fallait qu’elle parût pour vous plaire. Tout ce qui tend vers le paraître est féminin par essence même. Ce qui tend vers l’être est seul viril. Tout ce qui est féminin en nous est mauvais et corrompu : c’est avec nos vices que nous séduisons les femmes. »

Jean-René Huguenin, Journal

 

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Un rêve de mammifère

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« Il n'y a pas de dieux. La croyance est un rêve de mammifère. »

« Il y eu un temps, un long temps, où les hommes et les femmes ne laissaient sur la terre que des excréments, du gaz carbonique, un peu d'eau, quelques images et l'empreinte de leurs pieds. »

Pascal Quignard, Les Ombres errantes

 

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Nul ne saute par-dessus sa source

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« Nul ne saute par-dessus son ombre.
Nul ne saute par-dessus sa source.
Nul ne saute par-dessus la vulve de sa mère. »

« Je me suis dit : “Je vais aller y voir. Je vais aller voir ce que j'ignore. Mes lèvres vont trembler. Je vais souffrir. Pourquoi pas ? »

Pascal Quignard, Les Ombres errantes

 

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Lire c'est errer

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« Un morceau de la pomme originaire est resté coincé au centre de ma gorge. »

« Il y a dans lire une attente qui ne cherche pas à aboutir. Lire c'est errer. La lecture c'est l'errance. »

« Roue du paon est le monde. »

Pascal Quignard, Les Ombres errantes

 

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Me cramponner à ce qui subsiste de moi-même

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« J’essaie de me cramponner à ce qui subsiste de moi-même pour ne pas crier et déjà je crie. Je crie je ne sais quoi, avec une force insupportable. C’est mon corps, c’est ma vie tout entière qui crient et souvent me font tomber. Alors je sens la terre, je la mords, je deviens la terre et c’est son cri que je pousse. »

Henry Bauchau, Antigone

 

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L'existence farouche

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« Enfin je ne danse plus pour personne et, de toutes mes forces, je célèbre l'existence. Rien, rien d'autre que l'existence farouche, son grand corps unanime et son immense matière mortelle. »

Henry Bauchau, Antigone

 

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Ce noir ardent, qui me nie...

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« Le temps s'écoule dans la profondeur du regard et du cœur apaisé mais le soleil continue d'avancer dans le ciel et il est temps de songer au départ. »

« Les sentiments comme les dieux sont sauvages, quand ils se civilisent, ils meurent. »

« Il ne faut pas trop questionner l'espérance. »

« Ce noir ardent, qui me nie, ne cesse pas de grandir et de me consumer. »

« Est-ce qu'il ne faut pas être rejeté pour devenir soi-même ? »

Henry Bauchau, Antigone

 

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Ils ne sont pas

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« Il se trouve que les hommes oublient qu'ils ne sont pas avant d'être. »

Pascal Quignard, Les Ombres errantes

 

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14/05/2015

Se mettre à genoux devant l’or et devant la merde !

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« Que demande toute la foule moderne ? Elle demande à se mettre à genoux devant l’or et devant la merde !… Elle a le goût du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n’eut jamais dans toutes les pires antiquités… Du coup, on la gave, elle en crève… Et plus nulle, plus insignifiante est l’idole choisie au départ, plus elle a de chances de triompher dans le coeur des foules… mieux la publicité s’accroche à sa nullité, pénètre, entraîne toute l’idolâtrie… Ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture. »

Louis-Ferdinand Céline, Bagatelles pour un massacre

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Plus c’est cul et creux, mieux ça porte

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« N’importe quel trou du cul peut devenir, bien enculé de publicité, un immense n’importe quoi, l’objet d’un culte, une suprêmissime vedette, un criminel horriblissime, une léviathane catastrophe, un film dantesque, une pâte à rasoir cosmique, un transatlantique qui fait déborder la mer, un apéritif qui fait tourner la terre, le plus grand Lépidaure des Ages, le Président du Conseil qui bouffe les casquettes vivantes. Plus c’est cul et creux, mieux ça porte. Le goût du commun est à ce prix. Le “bon sens” des foules c’est : toujours plus cons.  »

Louis-Ferdinand Céline , Bagatelles pour un massacre

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