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09/09/2015

Vos "âmes éclairées"

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« Pour la fumée qui sort d’une chaudière, vous avez renié toutes les croyances que tant de millions de héros, de penseurs et de martyrs vous avaient léguées depuis plus de six mille années, vous qui ne datez que d’un sempiternel Demain dont le soleil pourrait fort bien ne se lever jamais.

À quoi donc avez-vous préféré, depuis hier à peine, les prétendus principes immuables de vos devanciers, sur la planète, ― rois, dieux, famille, patries ? À ce peu de fumée qui les emporte, en sifflant, et les dissipe, au gré du vent, sur tous les sillons de la terre, entre toutes les vagues de la mer ! En vingt-cinq années, cinq cent mille haleines de locomotives ont suffi pour plonger vos "âmes éclairées" dans le doute le plus profond de tout ce qui fut la foi de plus de six mille ans d’Humanité.

Souffrez que je me défie quelque peu des subites et prétendues clairvoyances d’un être collectif dont l’erreur aurait si longtemps duré ! »

Auguste Villiers de l'Isle-Adam, L'Eve future

 

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La seule vie réellement vécue

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« La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature. »

Marcel Proust, Le temps retrouvé

 

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Celui qui versera son sang avec moi sera mon frère

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« Et la Saint-Crépin ne reviendra jamais, d'aujourd'hui à la fin du monde, sans qu'on se souvienne de nous, de notre petite bande, de notre heureuse petite bande de frères !
Car celui qui aujourd'hui versera son sang avec moi sera mon frère ; si vile que soit sa condition, ce jour l'anoblira. »

William Shakespeare, Henry V

 

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08/09/2015

Une chose solennelle et grandiose

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« Tout cela nous a fait de la guerre une chose solennelle et grandiose. Nous nous sentions les héritiers et les supports d'idées transmises à travers les siècles, portées de génération en génération vers leur accomplissement. Sur toute pensée, sur tout acte pesait l'obligation la plus lourde, honneur suprême et terme radieux : la mort pour son pays et sa grandeur. »

Ernst Jünger, La guerre comme expérience intérieure

 

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Ce retour au réel leur est scandale

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« Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de "Touche pas à mon pote". Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part.

Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre. L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse.

Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de mœurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposant l’atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore.

Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. Osons dire que c’est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre. »

Louis Pauwels, Le Monome des zombies. Éditorial du Figaro Magazine, 6 décembre 1986

 

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07/09/2015

Dans l’ignorance des choses

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« De ce dîner par un beau soir profond sous les arbres des Champs-Élysées, Sturel emporta le pressentiment que jusqu’alors il avait vécu dans une convention dans l’ignorance des choses. C’est un thème banal, l’opposition qu’il y a entre la vie, telle qu’on se l’imagine, et sa réalité, mais cette banalité soudain pour Sturel devint douloureusement vivante et agissante. Elle infecta toutes les opinions qu’il s’était composé des hommes et des choses. Chaque jour de cette semaine, il fut plus déniaisé, mais plus sombre. Il apprit que si toutes les convictions ne sont pas déterminées par l’argent, presque toutes du moins en rapportent, ce qui atténua leur beauté à ses yeux. Il constata que si certains hommes prenant certaines attitudes sans subvention, certains autres sont subventionnés pour les prendre, et qu’ainsi le plus désintéressé, toujours suspect aux malveillants, n’a même pas la pleine satisfaction de se savoir en dehors des combinaisons pécuniaires : sans en profiter, il les sert. »

Maurice Barrès, Les déracinés

 

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Je n’estime que le courage sans mesure

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« Il n’est rien au monde que je vomisse autant que le pessimisme, qui représente à la fois, pour l’horreur de ma pensée, toutes les impuissances imaginables (...). Je n’estime que le courage sans mesure et je n’accepterai jamais d’être vaincu, - moi ! »

Léon Bloy, Le Mendiant ingrat

 

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06/09/2015

Sur un canapé

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« Les temps nouveaux ont à ce point perdu le sens des grandes fins que Jésus, aujourd'hui, mourrait sur un canapé. »

Emil Cioran, Le crépuscule des pensées

 

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Les êtres nobles aiment rarement la vie

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« Les êtres nobles aiment rarement la vie, ils lui préfèrent les raisons de vivre, et ceux qui se contentent de la vie sont toujours des ignobles. La vie qu'a-t-elle de si désirable, lorsqu'elle n'est sublime ? »

Albert Caraco, Post-Mortem

 

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Passéiste

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« Quand "être absolument moderne" est devenu une loi spéciale proclamée par le tyran, ce que l’honnête esclave craint plus que tout, c’est que l’on puisse le soupçonner d’être passéiste. »

Guy Debord, Panégyrique

 

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05/09/2015

Tout cela finira très mal

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« Quand l'auteur de "Mein Kampf", qui recommande l'extermination de l'ennemi héréditaire, devient Führer, puis Reichführer à vie, je crains qu'il y ait excès d'optimisme à espérer que ces fonctions lui sont conferées en vue d'une églogue.
Ce sont de telles évidences que tout le monde reconnaît. Au bout de cinq minutes, elles sont oubliées et l'on se livre à d'autres combats. Je commence à croire aussi que tout cela finira très mal. »

Jacques Bainville, Doit-on le dire ? (Chroniques dans l'hebdomadaire "Candide")

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Socialistes

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« On se moquait autrefois du paysan qui disait avec naïveté lorsqu'on lui demandait ce que faisait son fils :
- Mon fils, il a une bonne place de curé.
- Il y a maintenant de bonnes places de socialistes. »

Jacques Bainville, Doit-on le dire ? (Chroniques dans l'hebdomadaire "Candide")

 

 

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04/09/2015

La sociologie

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« L’étincelle a jailli à Nanterre, faculté consacrée, pour une large part, à des enseignements particulièrement destructeurs, la sociologie notamment, science balbutiante dont beaucoup de spécialistes ont d’autant plus d’assurance que leurs connaissances sont plus incertaines et bien souvent, en France au moins, mal assimilées. Comme les sophistes de Platon, les scolastiques du XVe siècle, ou les médecins de Molière, ils cherchent leur autorité et leur prestige dans un jargon spécifique, inaccessible au profane, et appliquent leur intelligence et les détours de leur esprit à critiquer une société où de fait ils n’ont aucune utilité clairement définie. »

Georges Pompidou, Le Nœud gordien

 

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Partir, marcher droit, arriver quelque part

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Dessin de Péguy

« Toute la question est précisément de savoir si la pensée aussi n’est pas mieux n’importe où que dans le milieu d’une forêt. Ce que je dis, c’est que justement parce que sa morale était provisoire, justement parce qu’elle n’entrait pas dans son système, parce qu’elle n’était pas arrêtée, parce que pour ainsi dire elle n’était pas officielle, justement parce qu’il s’y est moins défendu, moins observé, c’est elle qui nous livre son secret. Son secret c’est bien d’aller toujours dans le même sens et, le soir, d’arriver quelque part.
Toute la question est en effet de savoir si la pensée elle-même n’entre point dans de certaines conditions, si elle n’est point soumise à de certaines conditions générales de l’homme et de l’être, qui sont des conditions organiques, et dont l’une précisément serait que tout vaut mieux que de tourner en rond.

Partir, marcher droit, arriver quelque part. Arriver ailleurs plutôt que de ne pas arriver. Arriver où on n’allait pas plutôt que de ne pas arriver. Avant tout arriver. Tout, plutôt que de vaguer. Et que la plus grande erreur c’est encore d’"errer" : voilà sa nature même et la race de son secret. »

Charles Péguy, Note sur M. Bergson

 

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03/09/2015

La philosophie ne va pas en classe de philosophie

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« Une grande philosophie n'est pas celle qui est le premier en composition. Ce n'est pas celle qui est le premier en dissertation. C'est dans les classes de philosophie que l'on vainc par des raisonnements. Mais la philosophie ne va pas en classe de philosophie. Une philosophie aussi n'est point une chambre de justice. Il ne s'agit pas d'avoir raison ou d'avoir tort. C'est une marque de grande grossièreté (en philosophie), que de vouloir avoir raison ; et encore plus, que de vouloir avoir raison contre quelqu'un. Et c'est une marque de la même grossièreté que d'assister à un débat de philosophie avec la pensée de voir un des deux adversaires avoir tort ou avoir raison. Contre l'autre. »

Charles Péguy, Note sur M. Bergson

 

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