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19/02/2015

Le Confort...

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Ernst Jünger

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Sylvain Tesson

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Elle était si triste...

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« Elle était si triste, si triste, qu’à la voir debout sur le seuil de sa maison elle vous faisait l’effet d’un drap d’enterrement tendu devant la porte. Son mal, à ce qu’il paraît, était une manière de brouillard qu’elle avait dans la tête, et les médecins n’y pouvaient rien, ni le curé non plus. Quand ça la prenait trop fort, elle s’en allait toute seule sur le bord de la mer. »

Gustave Flaubert, Madame Bovary

 

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18/02/2015

L’embryon de la terreur

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« La loi est l’embryon de la terreur. »

« Seul est un catholique accompli celui qui élève la cathédrale de son âme sur des cryptes païennes. »

« Les jugements injustes d’un homme intelligent sont le plus souvent des vérités drapées dans la mauvaise humeur. »

« Ce qui était populaire est devenu vulgaire quand le peuple a renoncé à copier naïvement la culture aristocratique pour acheter la culture "populaire" que lui fabrique la bourgeoisie. »

Nicolás Gómez Dávila, Les horreurs de la démocratie - Scolies pour un texte implicite

 

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Ressembler à l’absolu

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« Tout ce qui nous reste, c’est la liberté du choix de la méthode que nous essaierons une fois rendus face à ce vide de l’action en cours, pendant cet entracte ou nous attendons "l’absolu". De façon ou d’autre nous devons faire nos préparatifs. Que l’on désigne préparatifs sous le nom de "progrès spirituel" est dû au désir qui hante plus ou moins tout être humain de se modeler, fût-ce sans y réussir le moins du monde, sur l’image de l’absolu à venir. De tous les désirs, c’est peut être là le plus naturel et le plus honnête, de souhaiter ainsi que tant le corps que l’esprit en viennent à ressembler à l’absolu. »

Yukio Mishima, Le soleil et l’acier

 

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Une secrète sympathie

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« Les préjugés ont ceci de bon, qu’ils préservent des idées stupides. »

« Entre adversaires intelligents il existe une secrète sympathie, car nous devons tous notre intelligence et nos qualités aux qualités et à l’intelligence de notre ennemi. »

« La tyrannie d’un individu est préférable au despotisme de la loi, parce que le tyran est vulnérable et la loi incorporelle. »

« Seules les éducations austères forment des âmes fines et délicates. »

Nicolás Gómez Dávila, Les horreurs de la démocratie - Scolies pour un texte implicite

 

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Notre incroyable légèreté, notre ironie provinciale...

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« Notre incroyable légèreté, notre ironie provinciale, notre inaptitude française à l’uniformisation européenne, notre mégalomanie encrassée, ont toujours exaspéré les peuples qui voulaient vraiment notre intérêt, et Dieu sait qu’ils sont nombreux. [...] Je sais la France et ses horreurs. Mais on ne m’empêchera jamais de me dire qu’un pays où le féminisme anglo-saxon et le déconstructivisme derridien n’ont jamais pu réellement adhérer, prendre racine en profondeur, ne peut être tout à fait mauvais. »

Philippe Muray, L’empire du bien

 

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Degré de civilisation

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« La phrase doit émerger de son habillement verbal, pulpeuse, limpide et fraîche, comme une adolescente qui se met nue. »

« Le christianisme dépasse toute éthique, parce qu’il ne demande pas d’être sans péchés, mais avide de pardon. »

« Rien n’attendrit plus le bourgeois que le révolutionnaire d’un pays étranger. »

« Le degré de civilisation d'une société se mesure au nombre de gestes usuels de politesse dans la vie quotidienne. »

Nicolás Gómez Dávila, Les horreurs de la démocratie - Scolies pour un texte implicite

 

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Le raciste s’exaspère, l’anti-raciste aussi

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« Le raciste s’exaspère, parce qu’il soupçonne en secret que les races sont égales ; l’anti-raciste aussi, parce qu’en secret, il soupçonne qu’elles ne le sont pas. »

Nicolás Gómez Dávila, Les horreurs de la démocratie - Scolies pour un texte implicite

 

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17/02/2015

Là seulement est la vraie égalité politique

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« Sans doute les talents naturels se trouvent en plus grand nombre dans la classe la plus nombreuse, je le crois ; et néanmoins on peut remarquer que ce sont, en général, les nobles qui ont le mieux écrit sur la politique et l'art militaire, comme les magistrats sur la jurisprudence, et les évêques sur les matières religieuses. Aux Etats-Généraux, où tant de forts esprits se trouvèrent en présence, la noblesse ne parut pas inférieure en talent aux autres ordres, et, s'il faut en juger par l'expérience, elle se montra supérieure à tous en connaissances politiques. Tous les autres arts, toutes les autres sciences, appartiennent à l'homme privé plus qu'à l'homme public, et meublent plutôt les académies qu'elles ne défendent la société ; elles peuvent être pour la noblesse un délassement, mais elles sont hors du cercle de ses devoirs.

(...)

Je le répète : la noblesse héréditaire n'est que le dévouement de la famille exclusivement au service de l'Etat. Ce qu'on appelle "la naissance, une haute naissance", n'est que l'ancienneté de ce dévouement ; et si la noblesse n'était pas cela, elle ne serait rien, et le nom même n'en serait pas dans la langue. Toutes les familles pouvaient, devaient même parvenir, avec le temps, à cet honorable engagement. La société  les y invitait, et aucune loi n'excluait aucune famille française même du trône, en cas d'extinction de la famille régnante.
Là seulement est la vraie égalité politique, dont le problème nous a si longtemps occupés. »

Louis de Bonald, Considérations sur la noblesse

 

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La noblesse n’est ni un ornement, ni une décoration, ni un préjugé, ni une usurpation

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« On a exagéré les vices ou les défauts dont les nobles ne sont pas plus exempts que les autres hommes ; jamais, que je sache, on n’a donné la véritable raison de la noblesse.
Les uns ont fait de la noblesse un meuble de la couronne, comme le sceptre ou le manteau royal ; les autres en ont fait une illusion de la vanité, ou une usurpation des temps féodaux. La noblesse n’est ni un ornement, ni une décoration, ni un préjugé, ni une usurpation : elle est une institution "naturelle" et nécessaire de la société publique, aussi nécessaire, aussi ancienne que le pouvoir lui-même ; et c’est par cette raison qu’elle existe, comme le pouvoir, sous une forme ou sous une autre, dans tout état de la société, et sous toutes les formes de gouvernement.

(...)

Ainsi, les nobles sont les serviteurs de l’Etat, et ne sont pas autre chose : ils n’exercent pas un droit, ils remplissent un devoir ; ils ne jouissent pas d’une prérogative, ils s’acquittent d’un "service". Le mot "service", employé à désigner les fonctions publiques, a passé de l’Evangile dans toutes les langues des peuples chrétiens, où l’on dit le "service", "faire son service", "servir", pour exprimer que l’on est occupé dans la magistrature ou dans l’armée. Quand Jésus-Christ dit à ses disciples : "Que le plus grand d’entre vous ne soit que le serviteur des autres ; - quel est le plus grand de celui qui sert ou de celui qui est servi ?" Il ne fait que révéler le principe de toute société, ou plutôt de toute sociabilité, et nous apprendre que tout dans le gouvernement de l’Etat, pouvoir et ministère, se rapporte à l’utilité des sujets, comme tout dans la famille, se rapporte au soin des enfants ; que les grands ne sont réellement que les serviteurs des petits, soit qu’ils les servent en jugeant leurs différents, en réprimant leurs passions, en défendant, les armes à la main, leurs propriétés, ou qu’ils les servent encore en instruisant leur ignorance, en redressant leurs erreurs, en aidant leur faiblesse : le pouvoir le plus éminent de la société chrétienne ne prend d’autre titre que "serviteur des serviteurs" ; et si la vanité s’offense des distinctions, la raison ne saurait méconnaître les services. »

Louis de Bonald, Considérations sur la noblesse

 

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16/02/2015

La première civilisation de l'Histoire sans repères

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« Nous sommes la première civilisation de l'Histoire sans repères. Sans repères sacrés, spirituels, sans respect pour le patrimoine culturel immatériel. Arthur Rimbaud l'avait annoncé: "Que les oiseaux et les sources sont loin ! Ce ne peut être que la fin du Monde, en avançant". »

Jean Malaurie, Terre mère

 

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Le rapport de l'homme au sacré

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« L'histoire des religions touche à ce qui est essentiellement humain : le rapport de l'homme au sacré. L'histoire des religions peut jouer un rôle extrêmement important dans la crise que nous connaissons. Les crises de l'homme moderne sont en partie "religieuses" dans la mesure où elles sont la prise de conscience d'une absence de sens. Lorsqu'on a le sentiment d'avoir perdu la clef de son existence, lorsqu'on ne sait plus quelle est la signification de la vie, il s'agit bien d'un phénomène religieux, puisque la religion est justement une réponse à la question fondamentale : quel est le sens de l'existence ?... Dans cette crise, dans ce désarroi, l'histoire des religions est au moins comme une arche de Noé des traditions mythiques et religieuses. Et c'est pourquoi je pense que cette "discipline totale" peut avoir une fonction royale. Les "publications scientifiques" constitueront peut-être une réserve où se "camoufleront" toutes les valeurs et les modèles religieux traditionnels. D'où mon effort constant pour mettre en évidence la signification des faits religieux. »

Mircea Eliade, L'épreuve du labyrinthe, Entretiens avec Claude-Henri Rocquet

 

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La noblesse ne doit pas être pouvoir

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« Si la noblesse doit être fonction, elle ne doit pas être pouvoir ; encore moins doit-elle être métier : donc elle ne doit pas commercer. Le désir d'acquérir des richesses est le désir d'en jouir ; le désir de jouir est le désir de vivre ; et le désir de vivre s'accorde mal avec une profession qui ordonne de compter la vie pour rien, et son devoir pour tout. »

Louis de Bonald, Théorie de l'éducation sociale

 

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Retourner à sa racine, c'est s'établir dans la quiétude

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« Devant l'agitation fourmillante des êtres ne contemple que leur retour.
De la multitude des êtres chacun fait retour à sa racine.
Retourner à sa racine, c'est s'établir dans la quiétude.
S'établir dans la quiétude, c'est revenir à sa condition originelle.
Revenir à sa condition originelle, telle est la loi commune. »

Lao Tseu, Tao Tö King - Chapitre 16

 

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