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15/07/2014

La Douleur n'est pas notre fin dernière

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« La Douleur n'est pas notre fin dernière, c'est la béatitude qui est notre fin dernière. La Douleur nous conduit par la main au seuil de la Vie éternelle. Là elle nous quitte, ce seuil lui étant interdit. Vous-même l'entendez ainsi quand vous écrivez : "Le fondement solide de tout grand édifice moral est le désespoir" parole qui se contredirait dans les termes si vous n'aviez pas en vue le seul désespoir philosophique, lequel consiste à attendre Rien des hommes et Tout de Dieu, "le grand désespoir étoilé", comme vous dites avec magnificence. "C'est de là que l'espérance et la religion prennent leur essor vers les cieux." Nous voilà donc tout à fait ensemble. La prochaine réédition de mon "Désespéré" aura cette épigraphe tirée de Carlyle : "Le désespoir porté assez loin, complète le cercle et redevient une sorte d'espérance ardente et féconde". Pour ce qui est de l'autre désespoir, le théologique, celui qui n'attend rien de Dieu, nous l'abandonnerons aux bourgeois qui cherchent la joie de leurs tripes. »

Léon Bloy, Lettre à Emile Godefroy, reprise dans "Journal inédit III, 1903-1907 - Jeudi 8 Février 1906"

 

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14/07/2014

Combiner l'innocence et la confiance des tout petits avec le détachement et la résignation des tout vieux

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« Ce qui importe pour l'homme virtuellement libéré de la chute, c'est de rester dans la sainte enfance. D'une certaine manière, Adam et Eve étaient "enfants" avant la chute et ne sont devenus "adultes" que par elle et après elle ; l'âge adulte reflète en effet le règne de la chute ; la vieillesse, dans laquelle les passions se sont tues, rapproche de nouveau de l'enfance et du paradis, dans les conditions spirituelles normales tout au moins. Il faut combiner l'innocence et la confiance des tout petits avec le détachement et la résignation des tout vieux ; les deux âges se rencontrent dans la contemplativité, puis dans la proximité de Dieu : l'enfance est "encore" proche de Lui, et la vieillesse l'est "déjà". L'enfant peut trouver son bonheur dans une fleur, et de même le vieillard ; les extrêmes se touchent, et le cercle spiroïdal se referme dans la Miséricorde. »

Frithjof Schuon, Regards sur les Mondes Anciens

 

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La majorité pacifique des musulmans n'a aucune espèce d'importance

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Brigitte Gabriel, une Américaine d’origine libanaise, explique pourquoi la majorité pacifique et modérée des musulmans n’a aucune espèce d’importance.

 

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L'âne de Rabbi Pinchas ben Yaïr

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«"Si nos ancêtres étaient des anges, nous ne sommes que des êtres humains ; mais si nos ancêtres étaient des êtres humains, alors nous ne sommes plus que des ânes. Et si tel est le cas, nous sommes loin de soutenir la comparaison avec l'âne de Rabbi Pinchas ben Yaïr". L'âme d'Ismaël, l'ancêtre du peuple arabe, était incarnée dans l'âne de Rabbi Pinchas ben Yaïr. Et cela explique pourquoi l'âne était si sage, car Ismaël était fils de notre père Abraham. »

Jiri Langer, Les neufs portes du Ciel

 

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Combattre n’est pas forcément haïr

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« Les musulmans, je les avais autrefois combattus, à Beyrouth, pendant la guerre civile. Combattre n’est pas forcément haïr, et les choses paraissaient plus simples, alors, dans ce Proche-Orient réputé compliqué – la guerre du moins les simplifiant provisoirement. Les musulmans étaient chez eux, et les métastases du conflit israélo-palestinien, tout comme l’idéologie tiers-mondiste, n’avaient atteint l’Europe que sous la forme du terrorisme palestinien, pas encore sous celle de l’immigration massive et fortement islamisée dont il faut bien admettre qu’elle entraîne une guerre civile innommée, aux formes diverses, sournoises, sordides ou éclatantes, émeutes de banlieues ou batailles juridiques, seuls les aveugles ou les collabos pouvant prétendre encore que l’islam ne s’est pas lancé à la conquête de l’Europe, avec l’aide financière que les émirats du Golfe persique, l’Iran et l’Arabie saoudite déversent sur ces miséreux, ou prétendus tels, qui arrivent chaque jour dans des pays dont ils ne peuvent que haïr les coutumes ou la religion, ou ce qui en reste, et qui ne rencontrent que le peu de foi des Occidentaux, en Dieu comme en eux-mêmes. »

Richard Millet, Intérieur avec deux femmes

 

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Le Style

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« Le style n’est nullement un enjolivement comme croient certaines personnes, ce n’est même pas une question de technique, c’est – comme la couleur chez les peintres –, une qualité de la vision, la révélation de l’univers particulier que chacun de nous voit, et que ne voient pas les autres. Le plaisir que nous donne un artiste, c’est de nous faire découvrir un univers de plus. »

Marcel Proust, entretien avec le journal "Le Temps", 1913

 

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13/07/2014

Revendiquer la nullité, l’insignifiance, le non-sens, viser la nullité alors qu’on est déjà nul

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« Toute la duplicité de l’art contemporain est là : revendiquer la nullité, l’insignifiance, le non-sens, viser la nullité alors qu’on est déjà nul. Viser le non-sens alors qu’on est déjà insignifiant. Prétendre à la superficialité en des termes superficiels. Or la nullité est une qualité secrète qui ne saurait être revendiquée par n’importe qui. L’insignifiance,­ la vraie, le défi victorieux au sens, le dénuement du sens, l’art de la disparition du sens­ est une qualité exceptionnelle de quelques œuvres rares, et qui n’y prétendent jamais. Il y a une forme initiatique de la nullité, comme il y a une forme initiatique du rien, ou une forme initiatique du Mal. Et puis, il y a le délit d’initié, les faussaires de la nullité, le snobisme de la nullité, de tous ceux qui prostituent le Rien à la valeur, qui prostituent le Mal à des fins utiles. Il ne faut pas laisser faire les faussaires. »

Jean Baudrillard, Le Complot de l'Art

 

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La laideur totale

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« La transformation de la musique en bruit est un processus planétaire, qui fait entrer l'humanité dans la phase historique de la laideur totale. »

Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être

 

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Il met soudain de l’ordre autour de lui

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« Un homme désordonné qui va mourir et ne s’en doute pas met soudain de l’ordre autour de lui. Sa vie change. Il classe des papiers. Il se lève tôt, il se couche de bonne heure. Il renonce à ses vices. Son entourage se félicite. Aussi sa mort brutale semble-t-elle d’autant plus injuste. Il allait vivre heureux. »

Raymond Radiguet, Le Diable au corps

 

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12/07/2014

Il y a des hommes qui se vantent d’aimer la liberté parce qu’ils en jouissent

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« Je ne me lasserai pas de répéter qu’il y a des hommes qui se vantent d’aimer la liberté parce qu’ils en jouissent. Loin de vouloir lui sacrifier quoi que ce soit, ils entendent bien qu’elle leur épargne tout sacrifice, qu’elle leur permette de s’engraisser en paix, et même qu’elle facilite leur engraissement. »

Georges Bernanos, Le lendemain c’est vous

 

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Là où il n'y a pas de patrie, les mercenaires ou l'étranger deviennent les maitres

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« On a beau ironiser sur le concept de patrie et concevoir l'humanité sur le mode anarchique et abstrait comme composée uniquement d'individus isolés aspirant à une seule liberté personnelle, il n'empêche que la patrie est une réalité sociale concrète, introduisant l'homogénéité et le sens de la collaboration entre les hommes. Elle est même une des sources essentielles du dynamisme collectif, de la stabilité et de la continuité d'une unité politique dans le temps. Sans elle, il n'y a ni puissance ni grandeur ni gloire, mais non plus de solidarité entre ceux qui vivent sur un même territoire. On ne saurait donc dire avec Voltaire, à l'article Patrie de son Dictionnaire philosophique que "souhaiter la grandeur de son pays, c'est souhaiter du mal à ses voisins". En effet, si le patriotisme est un sentiment normal de l'être humain au même titre que la piété familiale, tout homme raisonnable comprend aisément que l'étranger puisse éprouver le même sentiment. Pas plus que l'on ne saurait conclure de la persistance de crimes passionnels à l'inanité de l'amour, on ne saurait prendre prétexte de certains abus du chauvinisme pour dénigrer le patriotisme. Il est même une forme de la justice morale. C'est avec raison qu'Auguste Comte a vu dans la patrie la médiation entre la forme la plus immédiate du groupement, la famille et la forme le plus universelle de la collectivité, l'humanité. Elle a pour raison le particularisme qui est inhérent au politique. Dans la mesure où la patrie cesse d'être une réalité vivante, la société se délabre non pas comme le croient les uns au profit de la liberté de l'individu ni non plus comme le croient d'autres à celui de l'humanité; une collectivité politique qui n'est plus une patrie pour ses membres cesse d'être défendue pour tomber plus ou moins rapidement sous la dépendance d'une autre unité politique. Là où il n'y a pas de patrie, les mercenaires ou l'étranger deviennent les maitres. Sans doute devons-nous notre patrie au hasard de la naissance, mais il s'agit d'un hasard qui nous délivre d'autres. »

Julien Freund, L'essence du Politique

 

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Un fréquent caractère d'artifice politique très pur

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Maurras se battant en duel contre Jacques Landau (1909)

 

« Ici ou là, peuple maigre, peuple gras peuvent se chamailler un temps. Partout le peuple gras s'est fait la guerre à lui-même. Partout et dans tous les temps, il suffit que s'élèvent de grandes maisons, les voilà au prises : l'univers des oligarchies est une Vérone éternelle que ses Montaigus et ses Capulets se disputent avec une constante fureur. On n'y voit de paix que par la force, et qui vient du dehors, sauf dans les circonstances extrêmement rares qui ont permis la naissance des Patriciats impériaux de l'histoire. Qu'elles soient de l'Or, du Sang ou de l'Intelligence, les élites ont cette propriété de se déchirer jusqu'à ce que mort s'ensuive. La lutte des classes ne saurait expliquer la continuelle bataille intestine que se livre cette classe. C'est au contraire sa propre bataille, la bataille interne des patriciats, qui suscite l'action des plèbes contre elle-même. Ces soulèvements sont presque toujours conduits par des patriciens déserteurs de leur classe et animés contre leurs pairs des rancunes féroces que leur guerre de frères a déjà semées ou stimulées. Les Gracques  étaient la fleur du patriciat de Rome. Le dernier dictateur populaire, Jules César, descendait d'Iule, d'Énée, de Vénus. Cela s'était montré dans Clisthène et dans Péricles. Cela se retrouve dans tous nos Rois des Halles, dans tous nos Mirabeau. Cela se continue sous nos yeux dans tous ce mauvais petit peuple de ploutocrates démagogues, d'avocaillons radicaux, socialistes et communistes, nés de bourgeois et de bourgeoises que leurs convoitises et leurs jalousies de bourgeois ont mobilisés contre leur bourgeoisie. Ainsi considérées, les luttes des classes paraissent beaucoup moins spontanées qu'elles n'en ont l'air : l'initiative leur vient d'ailleurs et elle accuse un fréquent caractère d'artifice politique très pur... »

Charles Maurras, La Politique Naturelle, Préface de Mes idées politiques

 

 

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11/07/2014

Rêves de conquérant, de saint ou de découvreur de monde

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« Des rêves trop grands pour notre carrure pèsent parfois sur nos épaules, rêves de conquérant, de saint ou de découvreur de monde, rêves qui furent ceux réalisés d’un Mermoz, d’un Gengis Khan ou d’un François d’Assise. Il ne faut pas nous désoler d’être seulement ce que nous sommes. L’aventure la plus prodigieuse est notre propre vie et celle-là est à notre taille. Aventure brève: trente, cinquante, quatre-vingts ans peut-être qu’il faut franchir durement, gréé comme un voilier cinglant vers cette étoile au grand large qui est notre repaire unique et notre unique espérance. Qu’importent coups de chien, tempêtes ou calme plat, puisqu’il y a cette étoile. Sans elle, il n’y aurait plus qu’à cracher son âme et à se détruire de désespérance. Mais sa lumière est là et sa recherche et sa poursuite font d’une vie humaine une aventure plus merveilleuse que la conquête d’un monde ou la course d’une nébuleuse. Cette aventure-là ne dépasse pas notre carrure. Il nous suffit de marcher vers notre Dieu pour être à la taille de l’Infini, et cela légitime tous nos rêves. »

Guy de Larigaudie, Étoile au grand large

 

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Des prières et des vœux perpendiculaires

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« C’est embêtant, dit Dieu, quand il n’y aura plus ces Français,

Il y a des choses que je fais, il n’y aura plus personne pour les comprendre.

Peuple, les peuples de la terre te disent léger parce que tu es un peuple prompt.

Les peuples pharisiens te disent léger parce que tu es un peuple vite.

Tu es arrivé avant que les autres soient partis.

Mais moi je t’ai pesé, dit Dieu, et je ne t’ai point trouvé léger.

O peuple inventeur de la cathédrale, je ne t’ai point trouvé léger en foi.

O peuple inventeur de la croisade je ne t’ai point trouvé léger en charité.

Quant à l’espérance, il vaut mieux ne pas en parler, il n’y en a que pour eux.


 Tels sont nos Français, dit Dieu. Ils ne sont pas sans défauts. Il s’en faut. Ils ont même beaucoup de défauts.

Ils ont plus de défauts que les autres.

Mais avec tous leurs défauts je les aime encore mieux que tous les autres avec censément moins de défauts.

Je les aime comme ils sont. Il n’y a que moi, dit Dieu, qui suis sans défaut.Mon fils et moi. Un Dieu avait
un fils.

(…)


Nos Français sont comme tout le monde, dit Dieu. Peu de saints, beaucoup de pécheurs.

Un saint, trois pécheurs. Et trente pécheurs. Et trois cents pécheurs. Et plus.

Mais j’aime mieux un saint qui a des défauts qu’un pécheur qui n’en a pas. Non, je veux dire :


J’aime mieux un saint qui a des défauts qu’un neutre qui n’en a pas.

Or ces Français, comme ils sont, ce sont mes meilleurs serviteurs.

Ils ont été, ils seront toujours mes meilleurs soldats dans la croisade.

Or il y aura toujours la croisade.

Enfin ils me plaisent. C’est tout dire. Ils ont du bon et du mauvais.

Ils ont du pour et du contre. Je connais l’homme.

Je sais trop ce qu’il faut demander à l’homme.

Et surtout ce qu’il ne faut pas lui demander. Si quelqu'un le sait, c'est moi.
Depuis que l'ayant créé à mon image et à ma ressemblance.
Par le mystère de cette liberté ma créature
Je lui abandonnai dans mon royaume
Une part de mon gouvernement même.
Une part de mon invention.
Il faut le dire une part de ma création.
Il faut les prendre comme ils sont. Si quelqu'un le sait, c'est moi. Et aussi savez-vous
Combien une seule goutte de sang de Jésus
Pèse dans mes balances éternelles.

(…)


O mon peuple français, dit Dieu, tu es le seul qui ne fasses point des contorsions.

Ni des contorsions de raideur, ni des contorsions de mollesse.
Et dans ton péché même tu fais moins de contorsions Que les autres n'en font dans leurs exercices.
Quand tu pries, agenouillé tu as le buste droit.
Et les jambes bien jointes bien droites au ras du sol.
Et les deux pieds bien joints.
Et les deux mains bien jointes bien appliquées bien droites.
Et les deux regards des deux yeux bien parallèlement
montants droit au ciel.
seul peuple qui regardes en face.
Et qui regardes en face la fortune et lépreuve
Et le péché même.
Et qui moi-même me regardes en face.
Et quand tu es couché sur la pierre des tombeaux
L'homme et la femme se tiennent bien droits lun à côté de l'autre.
Sans raideur et sans aucune contorsion .
Bien couchés droits l'un à côté de l'autre sans faute.
Sans manque et sans erreur.
Bien pareils. Bien parallèlement.
Les mains jointes, les corps joints et séparés parallèles.
Les regards joints.
Les destinées jointes. Joints dans le jugement et dans l'éternité.
Et le noble lévrier bien aux pieds.
Peuple, le seul qui pries et le seul qui pleures sans
contorsion.

Le seul qui ne verses que des larmes décentes.
Et des larmes perpendiculaires.
Le seul qui ne fasses monter que des prières décentes. Et des prières et des vœux perpendiculaires. »

Charles Péguy, Le Mystère des Saints Innocents

 

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Un homme théorique

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« L'utopie de la démocratie a été de dépouiller l'individu de ses qualités sensibles, de le réduire à l'état abstrait de citoyen.  De l'homme concret de chair et d'os, qui a un métier, un milieu, une personnalité, elle a fait un être irréel, un personnage allégorique en dehors du temps et de l'espace, et le même à tous les étages de la société.

Ni ouvrier ni paysan, ni industriel ni commerçant, ni du Nord ni du Midi, ni savant ni ignorant : un homme théorique. »

Hubert Lagardelle, Magazine "Plans" n° : 1, janvier 1931

 

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