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13/11/2015

Phobie...

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« Je suis frappé depuis quelques années par l’opération de médicalisation systématique dont sont l’objet tous ceux qui ne pensent pas dans la juste ligne : on les taxe de phobie. Et personne n’ose seulement délégitimer cette expression en la problématisant (c’est-à-dire en disant ce que se devrait de dire à tout propos un intellectuel : qu’est ce que, au fait, ça signifie ?). Il y a maintenant des phobes pour tout, des homophobes, des gynophobes (encore appelés machistes ou sexistes), des europhobes, etc. Une phobie, c’est une névrose : est-ce qu’on va discuter, débattre, avec un névrosé au dernier degré ? Non, on va l’envoyer se faire soigner, on va le fourrer à l’asile, on va le mettre en cage. Dans la cage aux phobes. »

Philippe Muray, Exorcismes spirituels III

 

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Des degrés

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« Il s'agit ici de marquer des différences : l'amour est anarchique, le mariage non. Le guerrier est anarchique, le soldat non. L'homicide est anarchique, non l'assassinat. Le Christ est anarchique, saint Paul ne l'est pas. Comme cependant l'anarchie, c'est la normale, elle existe aussi en saint Paul et explose parfois violemment en lui. Ce ne sont pas là des antithèses, mais des degrés. L'histoire mondiale est mue par l'anarchie. En un mot : l'homme libre est anarchique, l'anarchiste ne l'est pas. »

Ernst Jünger, Eumeswil

 

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12/11/2015

L’Envie est devenue le vice universel...

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« Python énorme d’un temps qu’il dévore, et qui, malheureusement, hélas ! pour le tuer n’a plus de dieu, l’Envie, qui n’existait que dans quelques âmes comme la vipère dans son trou, est devenue le vice universel. Ce n’est pas - comme elle le dit - la fille de l’Orgueil parce qu’elle en est sortie. Elle n’en est sortie que parce qu’elle est son excrément. Mais venue d’en bas, elle a, grâce à nos mœurs modernes, exaltatrices de toutes nos vanités, contracté l’intensité d’un fanatisme dans nos âmes appauvries de tout, mais puissantes encore par là - scélératement puissantes !

Principe des révolutions dernières de notre histoire, l’Envie a pris des proportions tellement incommensurables qu’on peut la comprimer… peut-être, mais l’étouffer, impossible ! Elle a grandi comme les chiens de la lice. Elle est devenue menaçante et plus que menaçante, puisqu’elle a commencé de mordre… Elle tuera les nobles et les riches, elle tuera les beaux, elle tuera les heureux, elle tuera les spirituels, elle tuera enfin tout ce qui a une supériorité quelconque dans la vie ! Elle a dit un jour, par la plume de Proudhon, qu’un savetier est plus qu’Homère, et par la bouche d’un communard, incendiaire de Paris, à qui moi-même je l’ai entendu dire : "Que l’incendie du Louvre n’était qu’un coup manqué, mais qu’on recommencerait", parce que la gloire des faiseurs de chefs-d’oeuvre, comme Raphaël et Michel-Ange, n’avait pas le droit d’exister dans la société égalitaire que ces fanatiques de l’Envie promettent à l’avenir ! »

Jules Amédée Barbey d’Aurevilly, Dernières polémiques

 

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L’empire de la servitude

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« La décadence générale est un moyen au service de l’empire de la servitude ; et c’est seulement en tant qu’elle est ce moyen qu’il lui est permis de se faire appeler progrès. »

Guy Debord, Panégyrique

 

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11/11/2015

Leur résignation me dégoûte

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« Je n'aime pas les pauvres. Leur existence, qu'ils acceptent, qu'ils chérissent, me déplaît ; leur résignation me dégoûte. A tel point que c'est, je crois, l'antipathie, la répugnance qu'ils m'inspirent, qui m'a fait devenir révolutionnaire. Je voudrais voir l'abolition de la souffrance humaine afin de n'être plus obligé de contempler le repoussant spectacle qu'elle présente.
Je ferais beaucoup pour cela. Je ne sais pas si j'irais jusqu'à sacrifier ma peau ; mais je sacrifierais sans hésitation celles d'un grand nombre de mes contemporains. Qu'on ne se récrie pas. La férocité est beaucoup plus rare que le dévouement. »

Georges Darien, La Belle France

 

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Le ciel, l'amour en Dieu… La révolte, le massacre…

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« Deux garçons se succèdent dans ma vie : le premier me chante le ciel, l'amour en Dieu, pour me lâcher à la porte d'une religion encore plus imbécile que la justice. Le second me prêche pendant un an la révolte, le massacre, et quand il a tout démoli, tout retourné, mon magnifique petit furibond me propose les douceurs bourgeoises, une descente de lit pour la vie. »

Lucien Rebatet, Les Deux Etendards

 

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10/11/2015

La folle vanité de la jeunesse

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« Ce qu’il y avait en moi de plus difficile à détruire était une orgueilleuse misanthropie, une certaine aigreur contre les riches et les heureux du monde, comme s’ils l’eussent été à mes dépens, et que leur prétendu bonheur eût été usurpé sur le mien. La folle vanité de la jeunesse, qui regimbe contre l’humiliation, ne me donnait que trop de penchant à cette humeur colère, et l’amour-propre, que mon mentor tâchait de réveiller en moi, me portant à la fierté, rendait les hommes encore plus vils à mes yeux, et ne faisait qu’ajouter pour eux le mépris à la haine. »

Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’éducation

 

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Dictature invulnérable, inentamable…

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« Et par exemple en politique : ce qui crève les yeux, c'est le jeu qui se joue ouvertement, sans vergogne. Un très petit nombre d'hommes, sont dans le coup, se passent le ballon, et même s'ils se haïssent, restent complices. Qu'il y ait ou non crise ministérielle, le pouvoir appartient à l'équipe. La crise toujours se dénoue au-dedans de l'équipe. Dictature invulnérable, inentamable jusqu'aux élections. Et alors la loi électorale jouera, et la remettra en selle, à moins que... »

François Mauriac, Bloc-notes

 

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09/11/2015

Le Raskol...

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« Le raskol est le seul schisme majeur dans l'histoire de l’Église orthodoxe en Russie. Ce fut, sur un point essentiel, l'exact opposé de la Réforme en occident : là, les chrétiens se révoltaient contre l'autorité ecclésiastique parce qu'ils voulaient des changements ; en Russie, les fidèles se révoltaient parce qu'ils refusaient toute modification, même mineure, de la tradition. »

Nicholas V. Riasanovsky, Histoire de la Russie

 

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Ancêtres et postérité...

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« Les gens qui ne regardent jamais en arrière vers leurs ancêtres ne regarderont jamais en avant vers leur postérité. »

Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France

 

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08/11/2015

Aïeux et descendants…

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« Non seulement la démocratie fait oublier à chaque homme ses aïeux, mais elle lui cache ses descendants. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique

 

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Deux littératures

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« Chacun sait qu'il y a, de nos jours, deux littératures : la mauvaise, qui est proprement illisible (on la lit beaucoup). Et la bonne, qui ne se lit pas. »

Jean Paulhan, Les Fleurs de Tarbes

 

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07/11/2015

Vous détruisez la Nuit ; vous ne connaissez plus l’Aube...

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« Vous détruisez la Nuit ; vous ne connaissez plus l’Aube, dit-elle d’une voix triste. Autrefois, le spectacle des lueurs du matin était la récompense des longues veilles épuisantes. Maintenant, vous passez votre vie dans une lumière monotone et vous ne savez même plus regarder les Ténèbres. »

Pierre Louÿs, Une Volupté nouvelle

 

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Plénitude

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« La ville, ce n'est pas la solitude parce que la ville anéantit tout ce qui peuple la solitude. La ville, c'est le vide. Or, la vraie solitude est plénitude. »

Pierre Drieu la Rochelle, Gilles

 

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06/11/2015

Car il avaient en vérité souillé leur propre terre et jusqu'à leur ciel...

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« Ce n'est pas une métaphore de dire qu'il fallait à ces hommes un ciel nouveau et une terre nouvelle ; car il avaient en vérité souillé leur propre terre et jusqu'à leur ciel... Nous savons quelles sortes de visions sentimentales suscite en nous le mot "jardin", et qu'il évoque surtout le souvenir de romans mélancoliques et innocents... Or qui sait un peu de poésie latine se rappellera peut-être brusquement ce qui se fût dressé jadis, à la place du cadran solaire ou de la fontaine, et de quelle sorte était le dieu de leurs jardins... Il n'eût servi à rien d'exhorter ce peuple à se faire une religion naturelle ; il n'y avait pas une fleur ni même une étoile qui n'eût été souillée. »

Gilbert Keith Chesterton, Saint François d'Assise

 

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