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01/01/2016

Marcher en forêt ou dans la nature

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« Ne laissez pas passer une semaine sans aller marcher en forêt ou dans la nature.  Toutes les régions de France et d’innombrables régions d’Europe sont propices à ces retraites dans la nature,loin des miasmes de la ville.Vous pouvez choisir une promenade même brève,ou une vrai randonnée,l’important est dans la rupture,l’odeur du bois,du sol,les couleurs,l’attention aux arbres et au plantes suivant les saisons,la présence éventuelle d’animaux sauvages dont vous respectez scrupuleusement la tranquillité. On ne parle pas en forêt. Pas de cris. L’immersion dans la splendeur, le silence et la poésie. »

Dominique Venner, Un Samouraï d'occident - Le Bréviaire des insoumis

 

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27/12/2015

C'est notre inquiétude qui gâte tout...

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21/12/2015

Celui qui dit oui au camp du progrès

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« Le nouveau rebelle est très facile à identifier : c’est celui qui dit oui. Oui à Delanoël. Oui aux initiatives qui vont dans le bon sens, aux marchés bio, au tramway nommé désert, aux haltes-garderies, au camp du progrès, aux quartiers qui avancent. Oui à tout. Sauf à la France d’en bas, bien sûr, et aux ploucs qui n’ont pas encore compris que la justice sociale ne débouche plus sur la révolution mais sur un séjour d’une semaine à Barcelone défiant toute concurrence. »

Philippe Muray, Exorcismes spirituels III

 

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Le politique rampe...

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« Nul besoin d’avoir un grand sens de l’État ni un sens excessif de votre dignité pour ne pas voir sans malaise, côté à côte, au Grand Journal, le président du Conseil constitutionnel et le président de l’Assemblée nationale se tortiller sur leur chaise pour se faire applaudir par des gamins fonctionnant au sifflet. Embarrassés, patauds, piquant des fards devant une Bimbo, humiliés par les lazzi d’un trio de montreurs d’ours auxquels ne manquent plus que la chambrière et le cerceau pour mettre leurs invités à quatre pattes et les faire sauter au travers (prochaine étape). Le politique ne se cabre même plus, il rampe. »

Régis Debray, Rêverie de gauche

 

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20/12/2015

Flatter les opinions

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« Le Journal au lieu d'être un sacerdoce est devenu un moyen pour les partis ; de moyen, il s'est fait commerce ; et comme tous les commerces, il est sans foi ni loi. Tout journal est une boutique où l'on vend au public des paroles de la couleur dont il veut. S'il existait un journal des bossus, il prouverait soir et matin la beauté, la bonté, la nécessité des bossus. Un journal n'est plus fait pour éclairer mais pour flatter les opinions. Ainsi, tous les journaux seront dans un temps donné lâches, hypocrites, infâmes, menteurs, assassins ; ils tueront les idées, les systèmes, les hommes, et fleuriront par cela même. Ils auront le bénéfice de tous les êtres de raison : le mal sera fait sans que personne en soit coupable. »

Honoré de Balzac, Illusions perdues

 

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Les étalages

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« L'art étant devenu une des occupations recherchées des riches, les expositions se suivent avec un égal succès, quelles que soient ce qu'on exhibe, pourvu que les négociants de la presse s'en mêlent et que les étalages aient lieu dans une galerie connue. »

Joris-Karl Huysmans, Certains

 

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19/12/2015

Empoisonnement grégaire

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« L'absence de pensée et l'idiotie morale ne sont pas des attributs caractéristiques de l'espèce humaine, ce sont des symptômes d'empoisonnement grégaire. »

Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes

 

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La masse et l'égalitaire

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« Dûment sevrés des fortes ivresses, nous avons pris en horreur toute puissance et virilité ; la masse et l'égalitaire, tels sont nos nouveaux dieux. Puisque la masse ne peut se modeler sur le petit nombre, qu'au moins le petit nombre se modèle sur la masse. »

Ernst Jünger, La guerre comme expérience intérieure

 

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18/12/2015

Quand les républicains étaient héroïques

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« Ce que nous voulons savoir, c'est ce que c'était, c'est quel était le tissu même de la bourgeoisie, de la République, du peuple, quand la bourgeoisie était grande, quand le peuple était grand, quand les républicains étaient héroïques et que la République avait les mains pures. Pour tout dire quand les républicains étaient républicains et que la république était la république. »

Charles Péguy, Notre Jeunesse

 

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Sa mollesse, son acceptation

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« Au premier mot qui révèle sa mollesse, son acceptation, je le hais. J'éprouve une sorte d'horreur physique, et je m'écarte. Ce pleutre, ce lâche ne peut pas être du même peuple dont je suis. Enfin je comprend trop bien de quoi pourrait naître la guerre civile. »

Jean Guéhenno, Journal des années noires

 

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17/12/2015

Car l’État ne connaît ni honneur ni justice

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« On a volé leur patrie aux Français, je veux dire qu'on la leur a rendue méconnaissable. Elle n'évoque même plus pour eux l'idée d'honneur ou de justice – car l’État ne connaît ni honneur ni justice […] La France ne ressemble plus aux Français, elle n'a ni leurs vertus, ni leurs vices, ni aucun de ces défauts qui leurs sont plus chers que leurs vices ou leurs vertus, elle ne parle même pas leur langage, elle ne dit rien, elle l'idole muette d'un peuple bavard. L’État s'est substitué à la Patrie comme l'administration cléricale se serait substituée depuis longtemps – si Dieu n'y mettait ordre – à la moribonde Chrétienté. »

Georges Bernanos, Les enfants humiliés

 

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Une matière esclave

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« À ce jeu en ce temps-ci une humanité est venue, un monde de barbares, de brutes et de mufles ; plus qu'une pambéotie, plus que la pambéotie redoutable annoncée, plus que la pambéotie redoutable constatée : une panmuflerie sans limites ; un règne de barbares, de brutes et de mufles ; une matière esclave ; sans personnalité, sans dignité ; sans ligne ; un monde non seulement qui fait des blagues, mais qui ne fait que des blagues, et qui fait toutes les blagues, qui fait blague de tout. »

Charles Péguy, Deuxième élégie XXX


Le buste de l’écrivain, square Charles Péguy (Orléans). Lors des bombardements de juin 1940, un éclat est venu frapper ce buste à l’endroit exact où Péguy fut atteint le 5 septembre 1914.

 

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16/12/2015

Ce bonheur "individuel" ou "collectif" fait de toutes les ruines de la splendeur d’antan

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« Il serait affreux et douloureux de penser que Moïse fit l’ascension du mont Sinaï, que les Hellènes bâtirent l’Acropole, que les Romains entreprirent les guerres Puniques, que le beau et génial Alexandre, coiffé de son casque empenné, franchit le Granique et combattit sous les murs d’Arbelles ; que les apôtres se vouèrent à la prédication, que les martyrs donnèrent leurs souffrances, les poètes leurs chants et les peintres leurs plus belles couleurs, que les chevaliers enfin brillèrent dans les tournois, pour que le bourgeois français, russe ou allemand, vêtu de son costume grotesque, pût se vautrer en fin de compte dans ce bonheur "individuel" ou "collectif" fait de toutes les ruines de la splendeur d’antan !... On rougirait d’être homme, si ce bas idéal de bien-être général, de travail mesquin et de prose ignominieuse, devait triompher pour toujours ! »

Constantin Léontiev, cité par Nicolas Berdiaev, in Constantin Léontiev, un penseur religieux russe du dix-neuvième siècle

 

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Dire adieu aux folles gratuités de l’adolescence

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« En ce temps là, avec tes dix-huit ans et un peu de pureté au coeur (car on peut avoir dix-huit ans et, déjà, être une ordure), tu ne doutais pas de la puissance absolue de la révolte. C’est que tu devinais les lendemains de l’Ordre où il faudrait dire adieu aux folles gratuités de l’adolescence, où il faudrait raisonner sans s’enivrer de contradictions et choisir enfin, entre mille costumes qui sentent l’aigre du sérieux, celui que tu endosserais. Alors tu rêvais, avant qu’il ne fut trop tard, d’un acte ou d’un livre qui, une fois pour toute, changerait ou détruirait le monde. Tu rêvais d’une franchise absolue, d’une révolte absolue, d’une révolte absolue, d’une impolitesse totale, d’une sorte de viol si enragé de la morale et des moralistes qu’après cela la terre ne serait plus peuplée que d’hommes nus. »

Jean Cau, Le meurtre d’un enfant

 

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15/12/2015

Ce à quoi nous nous sommes lâchement habitués

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« […] il était temps d’arracher les masques et de les piétiner, de lacérer les vêtements afin qu’éclatent les nudités, de griffer les idées jusqu’au sang et, plus généralement, d’estimer que tous les adultes étaient des misérables. En ce qui m’atterre, en la France d’aujourd’hui, c’est cette absence de méchanceté à l’égard de l’Ordre que je crois deviner chez les adolescents. On écoute, on tend l’oreille aux quatre vents, on attend qu’un jeune écrivain ou qu’un jeune poète de vingt-cinq ans se fasse le porte-parole et le porte-colère de sa génération et, l’injure à la bouche, vienne nous cracher sa jeunesse au visage. On attend qu’il démolisse… je ne sais pas, moi… ce à quoi nous nous sommes lâchement habitués, non, ce que nous avons fini par accepter… ce que nous ne voyons plus puisque de spectateurs qui chahutaient dans la salle nous sommes devenus acteurs qui s’agitent sur des tréteaux. Où est-il le jeune écrivain qui osera nous traiter de paillasses, de vendus, de marchands, de complices et qui, à grands coups de pied expédiés dans nos ventres vérifiera jusqu’où nous les avons matelassés de son? »

Jean Cau, Le meurtre d’un enfant

 

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