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18/09/2015

L’écœurante mollesse des bons sentiments

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« L’écœurante mollesse des bons sentiments fabrique des bourreaux à la chaîne, car ne vous y trompez pas, les bourreaux sont pleins d’idéalisme et d’humanité. C’est toujours au nom de l’humanisme et de l’humanité que se font les génocides. [...] Crevez la panse de l’idéalisme, tordez le cou aux bons sentiments, videz les émotions les plus généreuses, faites exploser le message de l’humanisme, apprenez à regarder la vérité en face, pratiquez le scepticisme ascétique, alors peut-être aurez-vous rendu quelques services, dont vous ne serez récompensé que par les insultes des braves gars du monde. »

Jacques Ellul, Exégèse des nouveaux lieux communs

 

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17/09/2015

Matzneff - Migrants, émigrés, immigrés

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Les mots ont un sens et une histoire. Gabriel Matzneff, fils d'exilés, recommande un usage modéré du mot "migrant" utilisé à tort et à travers.

Quand nous sommes dans le doute, l'incertitude et en quête d'une réponse, nous ouvrons, si nous sommes d'humeur religieuse, la Bible (ou le Coran, à la mode ces temps derniers), si nous sommes d'humeur philosophique, Sénèque, nous en lisons une page au hasard et dans l'un et l'autre cas nous sommes éclairés.

Il existe cependant une troisième source de lumière, qui n'est ni monothéiste, ni polythéiste, mais résolument laïque (vous le voyez, je ne perds pas une occasion de faire ma cour à notre vénéré Premier ministre Manuel Valls), ce sont les dictionnaires.

Un ami, le libraire Bernard Le Borgne, éminent spécialiste de manuscrits rarissimes et de livres anciens, m'a récemment offert, dans la belle édition de 1849, les quatre tomes du Dictionnaire universel de la langue française de Bescherelle.

Depuis que j'ai reçu ce magnifique cadeau, c'est sans remords que je fais de fréquentes infidélités à mon bien aimé Littré. Avoir plusieurs dictionnaires, c'est comme avoir plusieurs amantes : immoral mais diablement agréable. Et la supériorité des dictionnaires sur les jeunes personnes, c'est qu'ils souffrent silencieusement ; ne nous font jamais de scènes de jalousie.

Migrant, mot né en 1960

Bref, c'est en me plongeant dans Bescherelle que j'ai appris que cet hideux mot de migrant que depuis quelques jours la presse écrite et parlée nous sert à toutes les sauces est un néologisme récent. Pour Bescherelle, migration, oui, migratoire, oui, mais migrant est inconnu au bataillon. Je ne suis pas hostile aux néologismes lorsqu'ils sont beaux, ou drôles ; mais ce migrant, qu'un autre dictionnaire, le Petit Robert, fait naître en 1960, est irrémédiablement affreux.

L'utiliser est d'autant plus idiot que la langue française a d'autres mots, plus élégants et poétiques, pour exprimer la même réalité. Je sais ce dont je parle. Petit-fils et fils de Russes qui durent quitter leur patrie après la révolution de 1917, les horreurs de la guerre civile, la victoire de l'armée bolchevique sur l'armée impériale, je n'ai jamais dans mon enfance entendu utiliser ni le mot migrants ni le mot immigrés pour désigner ceux-ci. Les journalistes, les écrivains, lorsqu'ils évoquaient ces nouveaux venus sur le sol français, ont toujours dit l'émigration russe, ou les émigrés russes, où les exilés russes, ou les Russes blancs, ou encore la colonie russe de Paris (ou de Nice, ou de Menton).

Mes grands-parents, mes parents étaient des exilés, des émigrés, non des immigrés, et moins encore des migrants. Voici l'excellente définition que donne Bescherelle du mot émigration : « Action de quitter son pays pour aller s'établir dans un autre. Émigration volontaire. Émigration forcée. L'émigration des nobles et des prêtres pendant la Révolution française. L'invasion de l'empire de Byzance par les Turcs causa l'émigration d'une foule de Grecs. » Cette invasion de Byzance par les Turcs peut être appelée une immigration, mais l'exil des Grecs en Italie, en France, en Russie est, elle, une émigration.

Vive la précision du vocabulaire !

Le jour où les troupes du vaillant calife de l'État islamique envahiront la molle Europe et planteront leur drapeau noir sur la coupole de Saint-Pierre, ce sera une immigration. De ce mot, Bescherelle donne cet exemple : « Les Germains sont arrivés successivement en Europe, et par trois immigrations distinctes. » En revanche, les infortunés Syriens qui, fuyant leur pays en guerre, ayant tout perdu, le cul nu, se réfugient en 2015 à Paris, comme, dans les années vingt du siècle dernier, le firent les infortunés Russes, ont le droit d'être appelés des émigrés, des exilés.

On m'objectera que je chicane, que cette querelle de mots n'a aucune importance. Moi, je crois au contraire que la précision du vocabulaire est une des plus puissantes armes que la civilisation possède pour résister à la barbarie. La droite se gargarise avec l'identité française, grand bien lui fasse, mais je lui signale que l'usage du charabia, du baragouin qu'aujourd'hui on lit partout, on entend partout, menace l'âme et le génie de la France de manière infiniment plus pernicieuse que l'accueil des malheureux qui frappent à notre porte.

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SOURCE : LE POINT

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11/09/2015

Les hommes ne peuvent rien faire au monde que mourir

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« Terrible insuffisance de nos cœurs et de nos esprits devant le cri, la prière qu’était la tienne. Je te voyais jeté à la rue avec la valise vide et qu’est-ce que je t’offrais pour la remplir. Je te reprochais de ne rien trouver dans le monde si riche, si plein pour te faire un viatique. Mais je ne te donnai rien. Car enfin peut-être ceux qui ne trouvent rien et qui restent là, ne sachant quoi faire, il faut avouer qu’ils demandent, et il n’y a qu’une chose à faire c’est de leur donner. J’ai pleuré quand une femme au téléphone a dit : "Je vous téléphone pour vous dire que Gonzague est mort." Hypo­crisie infecte de ces larmes. Toujours la lâcheté de l’aumône. On donne deux sous et on se sauve. Et demain matin avec quelle facilité je me lèverai à 5 heures pour aller à ton enterre­ment. Je suis toujours si gentil aux enterrements.

A travers une banlieue - les banlieues c’est la fin du monde - puis une campagne d’automne vert de légume cuit et or pâle de chambre à coucher, sous une pluie battante, avec un chauffeur qui me parlait de son moteur, je suis arrivé dans une de ces terribles pensions de famille où l’on voit que la mélan­colie et la folie peuvent faire bon ménage avec toute la médiocrité.

Elle était là, sous ton lit, la valise béante où tu ne pouvais finalement mettre qu’une chose, la plus précieuse qu’ait un homme: sa mort. (...) Tu es mort pour rien mais enfin ta mort prouve que les hommes ne peuvent rien faire au monde que mourir, que s’il y a quelque chose qui justifie leur orgueil, le sentiment qu’ils ont de leur dignité - comme tu l’avais ce sentiment-là toi qui as été sans cesse humilié, offensé - c’est qu’ils sont toujours prêts à jeter leur vie, à la jouer d’un coup sur une pensée, sur une émotion. »

Pierre Drieu la Rochelle, L’adieu à Gonzague

 

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L'imagination condensée du siècle

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« Le tombeau de l'Empereur, pour des Français de vingt ans, ce n'est point le lieu de la paix, le philosophique fossé où un pauvre corps qui s'est tant agité se défait ; c'est le carrefour de toutes les énergies qu'on nomme audace, volonté, appétit. Depuis cent ans, l'imagination partout dispersée se concentre sur ce point. Comblez par la pensée cette crypte où du sublime est déposé ; nivelez l'histoire, supprimez Napoléon : vous anéantissez l'imagination condensée du siècle. On n'entend pas ici le silence des morts, mais une rumeur héroïque ; ce puits sous le dôme, c'est le clairon épique où tournoie le souffle dont toute la jeunesse a le poil hérissé. »

Maurice Barrès, Les Déracinés

 

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10/09/2015

Il n’est rien dont l’homme ait aussi peur que la liberté

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« On voit s’élever une race de bûcheurs, des gens qui n’ont jamais le temps de rien. Or, tout type supérieur se reconnaît à ce qu’il a du temps, donc est maître souverain des heures. Placé devant ce dilemme, il préfèrera l’existence de raté à celle de cuistre. Au reste, le règne des cuistres est sans cesse à nouveau interrompu par la révolte des ratés de génie. C’est l’une des révolutions qui se reproduisent toujours, et, fait remarquable, dans une totale indépendance envers les arguments qui se trouvaient être à la mode. Ainsi s’expliquent l’aristocrate parmi les jacobins, et d’autres types que chacun connaît. [...] Pour ceux qui sont grandement doués, l’échec dans le métier fait bien plutôt partie des débuts favorables, pour autant que, traversant le rideau de la société, ils peuvent se colleter avec la liberté [...]. Au fond, il n’est rien dont l’homme ait aussi peur que la liberté - d’où l’affluence qui règne devant les casernes de notre époque. »

Ernst Jünger, Le contemplateur solitaire

 

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Il serait vain de se détourner du passé pour ne penser qu'à l'avenir...

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« Il serait vain de se détourner du passé pour ne penser qu'à l'avenir. C'est une illusion dangereuse de croire qu'il y ait même là une possibilité. L'opposition entre l'avenir et le passé est absurde. L'avenir ne nous apporte rien, ne nous donne rien ; c'est nous qui pour le construire devons tout lui donner, lui donner notre vie elle-même. Mais pour donner il faut posséder, et nous ne possédons d'autre vie, d'autre sève, que les trésors hérités du passé et digérés, assimilés, recréés par nous. De tous les besoins de l'âme humaine, il n'y en a pas de plus vital que le passé. »

Simone Weil, L'enracinement

 

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Quand tu recevras cette lettre je me sentirai bien mieux qu'avant...

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Le 22 février 1942, Stefan Zweig, ne voyant plus ce qu'il pouvait encore faire dans un monde livré à la barbarie nazie, préfère le quitter, en compagnie de son épouse, en absorbant du Véronal.

On retrouva leurs corps sans vie dans la petite maison qu'ils habitaient, quartier de Valparaiso à Petrópolis, dans l'État de Rio de Janeiro. La lettre qu'il laissa avant de se donner la mort, donne une idée de son extrême désarroi...

« Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec lucidité, j'éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m'a procuré ainsi qu'à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j'ai appris à l'aimer davantage et nulle part ailleurs je n'aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l'Europe, s'est détruite elle-même. Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d'errance. Aussi, je pense qu'il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde. Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l'aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux. »

 

Écrite le même jour : Lettre à Friderike Maria Zweig (sa précédente épouse)...

 

« Petropolis 22.11.1942

Chère Friderike,

Quand tu recevras cette lettre je me sentirai bien mieux qu'avant. Tu m'as vu à Ossining, et après une bonne période paisible, ma dépression est devenue bien plus aiguë — je souffrais tant que je ne pouvais plus me concentrer. Et puis, la certitude — la seule que nous ayons eue — que cette guerre allait prendre des années, qu'il faudrait une éternité avant que nous, dans notre position spécifique, nous puissions nous installer à nouveau dans notre maison, était trop déprimante, j'aimais beaucoup Petropolis, mais je n'avais pas les livres que je voulais et la solitude, qui dans un premier temps avait un tel effet apaisant, a commencé à devenir oppressante — l'idée que mon travail central, le Balzac, ne serait jamais terminé sans deux années de vie paisible et que tous les livres aient été très difficiles à obtenir, et puis cette guerre, cette guerre éternelle qui n'est pas encore à son apogée. J'étais trop fatigué pour tout cela (et pauvre Lotte… elle n'avait pas une belle vie avec moi, en particulier parce que sa santé n'était pas des meilleures). Toi tu as tes enfants et avec eux le devoir de tenir bon, tu as un vaste champ d'intérêts et une activité intacte. Je suis sûr que tu verras encore une époque meilleure et que tu me donneras raison de ne pas avoir attendu plus longtemps, moi qui ai le « foie noir ». Je t'envoie ces lignes dans les dernières heures, tu ne peux imaginer à quel point je suis heureux depuis que j'ai pris cette décision. Dis toute mon affection à tes enfants et ne me plains pas — rappelle-toi ce bon Joseph Roth et Rieger, combien j'étais heureux pour eux qu'ils n'aient pas eu à traverser ces épreuves. Avec toute mon affection et mon amitié, et courage, tu sais que je suis paisible et heureux. »

Stefan Zweig, Correspondance 1932-1942

 

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09/09/2015

Vos "âmes éclairées"

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« Pour la fumée qui sort d’une chaudière, vous avez renié toutes les croyances que tant de millions de héros, de penseurs et de martyrs vous avaient léguées depuis plus de six mille années, vous qui ne datez que d’un sempiternel Demain dont le soleil pourrait fort bien ne se lever jamais.

À quoi donc avez-vous préféré, depuis hier à peine, les prétendus principes immuables de vos devanciers, sur la planète, ― rois, dieux, famille, patries ? À ce peu de fumée qui les emporte, en sifflant, et les dissipe, au gré du vent, sur tous les sillons de la terre, entre toutes les vagues de la mer ! En vingt-cinq années, cinq cent mille haleines de locomotives ont suffi pour plonger vos "âmes éclairées" dans le doute le plus profond de tout ce qui fut la foi de plus de six mille ans d’Humanité.

Souffrez que je me défie quelque peu des subites et prétendues clairvoyances d’un être collectif dont l’erreur aurait si longtemps duré ! »

Auguste Villiers de l'Isle-Adam, L'Eve future

 

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La seule vie réellement vécue

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« La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature. »

Marcel Proust, Le temps retrouvé

 

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Celui qui versera son sang avec moi sera mon frère

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« Et la Saint-Crépin ne reviendra jamais, d'aujourd'hui à la fin du monde, sans qu'on se souvienne de nous, de notre petite bande, de notre heureuse petite bande de frères !
Car celui qui aujourd'hui versera son sang avec moi sera mon frère ; si vile que soit sa condition, ce jour l'anoblira. »

William Shakespeare, Henry V

 

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08/09/2015

Une chose solennelle et grandiose

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« Tout cela nous a fait de la guerre une chose solennelle et grandiose. Nous nous sentions les héritiers et les supports d'idées transmises à travers les siècles, portées de génération en génération vers leur accomplissement. Sur toute pensée, sur tout acte pesait l'obligation la plus lourde, honneur suprême et terme radieux : la mort pour son pays et sa grandeur. »

Ernst Jünger, La guerre comme expérience intérieure

 

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Ce retour au réel leur est scandale

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« Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de "Touche pas à mon pote". Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part.

Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre. L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse.

Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de mœurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposant l’atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore.

Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. Osons dire que c’est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre. »

Louis Pauwels, Le Monome des zombies. Éditorial du Figaro Magazine, 6 décembre 1986

 

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07/09/2015

Dans l’ignorance des choses

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« De ce dîner par un beau soir profond sous les arbres des Champs-Élysées, Sturel emporta le pressentiment que jusqu’alors il avait vécu dans une convention dans l’ignorance des choses. C’est un thème banal, l’opposition qu’il y a entre la vie, telle qu’on se l’imagine, et sa réalité, mais cette banalité soudain pour Sturel devint douloureusement vivante et agissante. Elle infecta toutes les opinions qu’il s’était composé des hommes et des choses. Chaque jour de cette semaine, il fut plus déniaisé, mais plus sombre. Il apprit que si toutes les convictions ne sont pas déterminées par l’argent, presque toutes du moins en rapportent, ce qui atténua leur beauté à ses yeux. Il constata que si certains hommes prenant certaines attitudes sans subvention, certains autres sont subventionnés pour les prendre, et qu’ainsi le plus désintéressé, toujours suspect aux malveillants, n’a même pas la pleine satisfaction de se savoir en dehors des combinaisons pécuniaires : sans en profiter, il les sert. »

Maurice Barrès, Les déracinés

 

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Je n’estime que le courage sans mesure

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« Il n’est rien au monde que je vomisse autant que le pessimisme, qui représente à la fois, pour l’horreur de ma pensée, toutes les impuissances imaginables (...). Je n’estime que le courage sans mesure et je n’accepterai jamais d’être vaincu, - moi ! »

Léon Bloy, Le Mendiant ingrat

 

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06/09/2015

Sur un canapé

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« Les temps nouveaux ont à ce point perdu le sens des grandes fins que Jésus, aujourd'hui, mourrait sur un canapé. »

Emil Cioran, Le crépuscule des pensées

 

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