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20/08/2015

Des cages

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« Le souci d'aimer ou de dire la vérité vous place tantôt à droite, tantôt à gauche. On reconnaît les hommes malhonnêtes à ce qu'ils sont constamment à gauche ou constamment à droite. Inscrit à un parti, fidèle à ce parti et à ses chefs, vous acceptez implicitement de truquer ou de mentir par omission. La gauche et la droite ne sont plus des notions abstraites, ce sont des cages, des prisons et il se pourrait bien que la plus sectaire des deux soit la gauche, celle-là même qui s'est élevé autrefois avec le plus grand courage contre le sectarisme de la droite appuyée par le clergé et l'armée. »

Michel Déon, Les Poneys sauvages

 

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19/08/2015

L’épreuve

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« La comédie humaine me hérisse. C'est l'épreuve qui révèle le salaud et l'honnête homme. Tel est devenu l'un des principes qui ont guidé ma vie. »

Hélie de Saint Marc, L'aventure et l'espérance

 

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Savoir, tuer et créer

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« "Il n'existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer. Les autres hommes sont taillables et corvéables, faits pour l'écurie, c'est-à-dire pour exercer ce qu'on appelle des professions." (Baudelaire, Mon cœur mis à nu (1864)… il n'y a de grand parmi les hommes que le poète, le prêtre et le soldat. L'homme qui chante, l'homme qui bénit, l'homme qui sacrifie et se sacrifie. »

Richard Millet, La Confession négative

 

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Celui qui nous a placé ici les plaça là-bas

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 « Il serait d’un orgueil insensé de prétendre que les habitants de toutes les parties du monde devraient être des Européens pour vivre heureux ; car serions-nous devenus nous-mêmes ce que nous sommes hors d’Europe ? Celui qui nous a placé ici les plaça là-bas et leur a donné le même droit à jouir de la vie terrestre. Comme la félicité est un état intérieur, elle a son critère et sa définition non en dehors, mais au-dedans de chaque être individuel. »

Johann Gottfried von Herder, Histoire et Cultures

 

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17/08/2015

Vouloir ce que je voudrais voir se reproduire tout le temps

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« Vouloir ce que je voudrais voir se reproduire tout le temps : voilà ce qui définit une vie philosophique. Certes, il y a d’abord vie philosophique quand il y a coïncidence entre ce que l’on pense, ce que l’on croit, ce que l’on enseigne, ce que l’on professe et ce que l’on vit au quotidien ; mais il y a aussi vie philosophique quand il y a production d’instants vivants, accumulation de ces durées sublimes, juxtaposition de ces accumulations dans le temps, le tout finissant par architecturer une vie construite selon ces principes. Qui voudrait voir se reproduire sans cesse les moments ternes et tristes, sombres et lugubres qui remplissent sa vie de temps morts ? Qui ne voudrait d’une vie faite de ces moments d’un contre-temps hédoniste ? »

Michel Onfray, Cosmos

 

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Un instant sans lien avec l’avant et l’après

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« Cette étrange dilution des temps vrais dans un faux temps nie le passé autant que l’avenir. Ce qui fut, tout comme ce qui sera, n’a pas été et ne sera pas, donc n’est pas. Ce qui est ? Juste un instant sans lien avec l’avant et l’après. Un point incapable de prendre place dans le processus qui jadis faisait une ligne.

(…)

Ce temps dissocié de ses attaches avec le passé et le futur, ce temps non dialectique, ce temps intemporel définit le temps mort. Nous vivons dans le temps mort construit par les machines à virtualiser le réel. Le téléphone abolit les distances, la radio aussi ; la télévision, quant à elle, abolit les distances mais aussi le temps. L’instant du tweet et du texto n s’inscrit dans aucun mouvement. Temps mort présenté comme temps vif, temps décomposé qu’on imagine quintessence du temps postmoderne, temps déracine d’un monde hors sol.

Comment, dés lors, saisir : le temps du vin et le temps des paysans, le temps du géologie et celui du spéléologue, le temps des nomades et celui des sédentaires, le temps des ruraux et celui des urbains, le temps des plantes et celui des pierres, le temps des vivants et celui des morts ? La confusion des temps empêche de partir à la recherche du temps perdu et de jouir du temps retrouvé, elle interdit qu’on connaisse la douceur de la nostalgie et la violence du désir des choses à venir. Cette dilution dommageable transforme en sourds ceux qui ne peuvent plus entendre une symphonie dans sa longue durée, en illettré le lecteur incapable de lire de longs livres, en crétin l’individu qui ne sait plus soutenir son attention et sa concentration au-delà de cinq pages d’un essai, en demeuré celui qu’on a habitué aux temps brefs des pastilles radiophoniques et télévisés. La mort du temps tue ceux qui vivent dans ce temps.

Ce temps mort ne permet donc rien d’autre que la mort. Il n’est pas le temps suspendu du mystique païen ou du sage qui sait parvenir au sublime, à l’extase et au sentiment océanique, mais la présence vide et creuse à l’ici-bas comme s’il s’agissait déjà d’un néant.»

Michel Onfray, Cosmos

 

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16/08/2015

Le réel de nos temps nihilistes

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« Le temps du cosmos, un ordre plurimillénaire, a disparu au profit du temps des machines à produire de la virtualité. Le virtuel est devenu le réel de nos temps nihilistes ; le réel, le virtuel de ces mêmes temps. Dans la configuration de ce temps de leurre, le réel n’a pas eu lieu ; et ce qui a eu lieu de façon virtuelle devient le réel. »

Michel Onfray, Cosmos

 

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Ils vivent parce qu’ils vivent… ils meurent parce qu’ils meurent…

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« Mes articles étaient nets, incisifs, brillants ; ils étaient généralement appréciés, d’autant que je n’avais jamais de retard sur les dates de remise. Mais cela suffisait-il à justifier une vie ? Et en quoi une vie a-t-elle besoin d’être justifiée ? La totalité des animaux, l’écrasante majorité des hommes vivent sans jamais éprouver le moindre besoin de justification. Ils vivent parce qu’ils vivent, et voilà tout, c’est comme ça qu’ils raisonnent ; ensuite je suppose qu’ils meurent parce qu’ils meurent, et que ceci, à leur yeux, termine l’analyse. »

Michel Houellebecq, Soumission

 

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15/08/2015

Exigeants héros qui invitent au dépassement de soi

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« [La] mythologie [de la France] est la mienne, et j'aime qu’au contraire des anciens Grecs qui peuplaient la leur de dieux mesquins et fourbes à l'image des hommes, elle soit habitée par d'exigeants héros qui invitent au dépassement de soi : sainte jeune fille en armes délivrant la patrie, saint roi mourant au retour de la Croisade, mécènes princiers accumulant sur leur tête une splendeur qu'ils lèguent à la nation, poètes maudits, Chouans fous de Dieu et d'Honneur, chevaliers sans reproches, ermites émaciés aux visages brûlés par les vents de sable, savants innocents qui se laissent dépouiller de leurs inventions, aristocrates, musiciens, peintres, sculpteurs, architectes qui ont le mieux compris leur temps, marins ivres d'espace, penseurs qui ont traité la métaphysique noblement, d'égal à égal, sans lui faire d’horribles enfants comme les philosophes allemands. »

Michel Déon, Bagages pour Vancouver

 

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13/08/2015

Dans l’enceinte sacrée d’Aphrodite

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« La plus honteuse des lois de Babylone est celle qui oblige toutes les femmes du pays à se rendre une fois dans leur vie au temple d’Aphrodite pour s’y livrer à un inconnu. Beaucoup d’entre elles, fières de leur richesse, refusent de se mêler aux autres femmes et se font conduire au temple dans des voitures couvertes où elles demeurent, avec de nombreux serviteurs autour d’elles. Mais en général cela se passe ainsi : les femmes sont assises dans l’enceinte sacrée d’Aphrodite, la tête ceinte d’une corde, toujours nombreuses, car si les unes se retirent, il en vient d’autres. Des allées tracées en tous sens par des cordes tendues permettent aux visiteurs de circuler au milieu d’elles et de faire leur choix. La femme qui s’est assise en ce lieu ne peut retourner chez elle avant qu’un des passants n’ait jeté quelque argent sur ses genoux, pour avoir commerce avec elle en dehors du temple. Il doit, en lui jetant l’argent, prononcer uniquement la formule : « J’invoque la déesse Mylitta » (Mylitta est le nom assyrien d’Aphrodite). Quelle que soit la somme offerte, la femme ne refuse jamais : elle n’en a pas le droit, et cet argent est sacré. Elle suit le premier qui lui jette de l’argent et ne peut repousser personne. Mais, ceci fait, libérée de son devoir envers la déesse, elle retourne chez elle et, par la suite, on ne saurait lui offrir assez d’argent pour la séduire. Celles qui sont belles et bien faites sont vite de retour chez elles, les laides attendent longtemps sans pouvoir satisfaire à la loi ; certaines restent dans le temple pendant trois ou quatre ans. »

Hérodote, L’Enquête, I, 196

 

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04/08/2015

Une âme habituée

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« Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C’est d’avoir une âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme même perverse. C’est d’avoir une âme habituée. »

Charles Péguy, Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne

 

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Pierre Porcon de la Bardinais

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« En 1665, un capitaine corsaire fut chargé par les armateurs malouins de protéger leurs navires des attaques barbaresques. Ayant été capturé, il se vit offrir par le dey d’Alger d’aller porter à Louis XIV des propositions de paix. La vie d’une centaine d’esclaves français cautionnait sa démarche et l’obligation de revenir reprendre ses chaînes en cas d’insuccès. Il alla à Versailles. L’offre du dey ayant été rejetée, il passa par Saint-Malo, mit ses affaires en ordre et fit ses adieux à sa famille. Puis il retourna en Afrique. Le dey le fit exécuter, attaché à la gueule d’un canon. Il s’appelait Pierre Porcon de la Bardinais. Son nom est oublié. »

Dominique Venner, Histoire et tradition des Européens

 

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Mûr pour l’isolement

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« Tel qu’un ermite, il était mûr pour l’isolement, harassé de la vie, n’attendant plus rien d’elle ; tel qu’un moine aussi, il était accablé d’une lassitude immense, d’un besoin de recueillement, d’un désir de ne plus avoir rien de commun avec les profanes qui étaient, pour lui, les utilitaires et les imbéciles. »

Joris-Karl Huysmans, A rebours

 

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Tout esprit critique, toute pensée personnelle sont détruits

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« Par une propagande permanente à sens unique, à laquelle chacun est soumis dès l’enfance, le régime, sous ses multiples aspects, a progressivement intoxiqué les Français. Toutes les nations à direction démocratique en sont là. Tout esprit critique, toute pensée personnelle sont détruits. Il suffit que soient prononcés les mots-clefs pour déclencher le réflexe conditionné prévu et supprimer tout raisonnement. »

Dominique Venner, Pour une critique positive

 

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03/08/2015

En broutant de l’herbe

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« Il a fallu les chambardements du XXe siècle pour qu’on écoute quelques toquées assurant qu’on ne naît pas femme, mais qu’on le devient. Sans doute pensaient-elles aussi qu’on ne naît pas cerf ou biche mais qu’on le devient en broutant de l’herbe... »

Dominique Venner, Le Choc de l’Histoire

 

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