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04/08/2015

Une âme habituée

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« Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C’est d’avoir une âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme même perverse. C’est d’avoir une âme habituée. »

Charles Péguy, Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne

 

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Pierre Porcon de la Bardinais

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« En 1665, un capitaine corsaire fut chargé par les armateurs malouins de protéger leurs navires des attaques barbaresques. Ayant été capturé, il se vit offrir par le dey d’Alger d’aller porter à Louis XIV des propositions de paix. La vie d’une centaine d’esclaves français cautionnait sa démarche et l’obligation de revenir reprendre ses chaînes en cas d’insuccès. Il alla à Versailles. L’offre du dey ayant été rejetée, il passa par Saint-Malo, mit ses affaires en ordre et fit ses adieux à sa famille. Puis il retourna en Afrique. Le dey le fit exécuter, attaché à la gueule d’un canon. Il s’appelait Pierre Porcon de la Bardinais. Son nom est oublié. »

Dominique Venner, Histoire et tradition des Européens

 

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Mûr pour l’isolement

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« Tel qu’un ermite, il était mûr pour l’isolement, harassé de la vie, n’attendant plus rien d’elle ; tel qu’un moine aussi, il était accablé d’une lassitude immense, d’un besoin de recueillement, d’un désir de ne plus avoir rien de commun avec les profanes qui étaient, pour lui, les utilitaires et les imbéciles. »

Joris-Karl Huysmans, A rebours

 

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Tout esprit critique, toute pensée personnelle sont détruits

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« Par une propagande permanente à sens unique, à laquelle chacun est soumis dès l’enfance, le régime, sous ses multiples aspects, a progressivement intoxiqué les Français. Toutes les nations à direction démocratique en sont là. Tout esprit critique, toute pensée personnelle sont détruits. Il suffit que soient prononcés les mots-clefs pour déclencher le réflexe conditionné prévu et supprimer tout raisonnement. »

Dominique Venner, Pour une critique positive

 

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03/08/2015

En broutant de l’herbe

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« Il a fallu les chambardements du XXe siècle pour qu’on écoute quelques toquées assurant qu’on ne naît pas femme, mais qu’on le devient. Sans doute pensaient-elles aussi qu’on ne naît pas cerf ou biche mais qu’on le devient en broutant de l’herbe... »

Dominique Venner, Le Choc de l’Histoire

 

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31/07/2015

Une petite partie bien déterminée du vaste monde inerte

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« Mon cousin semblait parfois ployer sous un poids énorme qui menaçait de le terrasser, et il lui fallait fuir, peut-être la canicule et l’incessante frénésie estivale, peut-être la migraine, le souvenir de nuits sordides ou quelque chose de plus sombre dont j’ignorais la nature. Il m’emmenait alors en montagne boire un café sur la terrasse d’un gîte d’étape, dans un ancien village de transhumance que traversait un sentier de randonnée. Nous y passions un moment, dans la fraîcheur des fougères, à l’ombre de grands pins. Mais son humeur restait maussade. Il ne m’adressait pas la parole. Nous reprenions sa voiture pour retourner en ville et soudain, sans que rien le laissât prévoir, au détour d’un virage, apparaissait la mer. Nous dominions le paysage, comme si nous étions suspendus dans l’air limpide, au-dessus de la route en lacets dévalant à pic à travers la forêt vers le golfe éblouissant qui s’étendait mille mètres en contrebas. Mon cousin ouvrait de grands yeux sur ce panorama qu’il connaissait depuis son enfance mais semblait découvrir à chaque fois comme si c’était la première. Il faisait une grimace incrédule, se mettait à sourire et me donnait des petits coups de poing sur la cuisse en disant, putain ! quand même, hein ? incapable d’exprimer avec davantage de clarté le sentiment qui le bouleversait et lui rendait aussi instantanément le goût de vivre, dans lequel il n’était pas difficile de reconnaître une curieuse forme d’amour qui aurait pris pour objet, non un autre être humain, mais une petite partie bien déterminée du vaste monde inerte, et dont, quoique je sois moi-même incapable de le ressentir, je devais cependant admettre l’incomparable puissance. »

Jérôme Ferrari, Le principe

 

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C’était son propre de ne pas savoir choisir

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« Déjà il se sentait pris par l’envie de retourner en arrière. C’était son propre de ne pas savoir choisir. Il avait toujours un geste de retard et un désir d’avance. Il ne pouvait pas compter sur soi. Son corps ne le suivait pas. De l’âme, il en avait à revendre ; vendre son âme, l’âme de Buridan... »

Antoine Blondin, L’Europe Buissonnière

 

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La Cynthia que avez fait naître de la mort même, avec la violence d’un accoucheur

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« Ma nouvelle existence, celle qui me donne le bonheur de respirer dans cette chambre, de voir ce soleil rose et votre visage près du mien, c’est vous qui me l’avez donnée. La Cynthia que avez fait naître de la mort même, avec la violence d’un accoucheur, peut-être n’est-elle pas aussi belle, ni aussi désirable que celle que vous avez rencontrée à Rome, un soir, mais tant pis pour vous. Une femme, je m’en rends compte maintenant, naît deux fois. L’homme qui la révèle à elle-même, par une preuve d’amour irrécusable, est le seul qui prenne la place de son père. Et c’est pour cela qu’il est aussi le seul auquel elle puisse obéir sans discuter. »

André Fraigneau, L’amour Vagabond

 

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30/07/2015

On souffre tant de l’absence de ce qu’on désire

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« Il me fallut rentrer dans ma chambre. Françoise m’y suivit. Elle trouvait, comme j’étais revenu de ma soirée, qu’il était inutile que que je gardasse la rose que j’avais à la boutonnière et vint pour me l’enlever. Son geste, en me rappelant qu’Albertine pouvait ne pas venir, et en m’obligeant aussi à confesser que je désirais être élégant pour elle, me causa une irritation qui fut redoublée du fait qu’en me dégageant violemment, je froissais la fleur et que Françoise me dit : "Il aurait mieux valu me la laisser ôter plutôt que non pas la gâter ainsi."

Dans l’attente, on souffre tant de l’absence de ce qu’on désire qu’on ne peut supporter une autre présence. »

Marcel Proust, La recherche du temps perdu vol. 4 – Sodome et Gomorrhe

 

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Amour régna sur mon âme

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« Dès lors je dis qu'Amour régna sur mon âme ; et celle-ci fut si tôt réduite à sa dévotion, et il commença à prendre sur moi tant d'assurance et tant d'empire, par la vertu que lui donnait mon imagination, qu'il me fallait faire complètement son bon plaisir. »

« Voyez combien pour cette dame le malheureux se consume en tout son être. »

Henry David Thoreau, Vita nova

 

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Une vie de tranquille désespoir

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« Qu'il est vain de s'asseoir pour écrire quand on ne s'est pas levé pour vivre. »

« Il n'est d'autre remède à l'amour que d'aimer davantage. »

« La majorité des hommes mènent une vie de tranquille désespoir. »

« L'amour est un critique sévère. La haine peut pardonner davantage que l'amour. Ceux qui aspirent à aimer ne font ni plus ni moins que se soumettre à une épreuve plus rude que n'importe quelle autre. »

« Les étoiles sont lointaines et discrètes, mais brillantes et impérissables, tout comme nos plus belles et nos plus mémorables expériences. »

Henry David Thoreau, La moelle de la vie

 

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La solitude

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« J'aime être seul. Je n'ai jamais trouvé de compagnon qui fût d'une société aussi agréable que la solitude. Pour la plupart, nous sommes plus seuls quand nous sortons parmi les hommes que quand nous restons dans notre chambre. Un homme qui pense ou travaille est toujours seul, où qu'il soit. On ne mesure pas la solitude en nombre de miles qui séparent un homme de ses semblables. »

Henry David Thoreau, La moelle de la vie

 

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29/07/2015

En rupture de ban

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« A mon rêve [...] avait succédé un rêve de claustration libre, de solitude champêtre. Il me semblait que j’avais [...] le cœur mort avant d’avoir vécu, et qu’ayant si bien découvert, par les yeux de Rousseau, de La Bruyère, de Molière même, dont le Misanthrope était devenu mon code, par les yeux enfin de tous ceux qui ont vécu, senti, pensé et écrit, la perversité et la sottise des hommes, je ne pourrais jamais en aimer un seul avec enthousiasme, à moins qu’il ne fût, comme moi, une espèce de sauvage, en rupture de ban avec cette société fausse et ce monde fourvoyé. »

George Sand, Histoire de ma vie

 

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Les hommes ont autant peur de l'amour que de la haine

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« Il doit être difficile, en effet, de rencontrer celle avec qui nous sommes idéalement prêts à nous unir, autant qu'il doit être difficile pour elle de nous rencontrer. Nous ne devrions faire montre d'aucune réserve, nous devrions nous donner entièrement à cette compagnie, nous ne devrions avoir d'autre obligation que celle-ci, la seule susceptible d'être aussi merveilleusement amplifiée chaque jour. Je ferai émerger mon amie de la partie inférieure de son être pour la mettre plus haut, infiniment plus haut, et une fois là, la connaître vraiment. Mais d'ordinaire, les hommes ont autant peur de l'amour que de la haine. Ils ont des engagements plus médiocres, des objectifs immédiats à atteindre. Ils n'ont pas assez d'imagination pour le consacrer à un être humain, mais en revanche, ils doivent réparer un tonneau, que diable ! »

Henry David Thoreau, Je suis simplement ce que je suis

 

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16/07/2015

Cette petite hésitation du destin, ce tremblement d’aiguille

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« — Oui, on ne peut qu’être saisi à l’idée de cette légère entaille par où passe la pointe du destin, de ce moment où ce qu’on appelle le fléau de la balance commence à pencher. Les hommes que l’on juge en ce moment, j’imagine qu’ils ont dû commencer à ressentir, assez horriblement, ce frisson-là, au cour d’un certain été, — et d’autant plus horriblement qu’il leur fallait supporter autour d’eux l’allégresse, le renouveau d’espoir de tout un peuple. c’est à partir de ce moment qu’on a pu faire la somme de leur courage. comme chaque date, comme chaque évènement résonnait au fond d’eux : le débarquement en Sicile, l’effondrement de l’Italie, Stalingrad !...
— Vous vous intéressez beaucoup à la psychologie... insinua Irène.
— Un siècle après, cela devient poésie. Je pense à ce moment précis où la "chance" tourne, où l’aiguillon commence à chatouiller la peau de ceux qui jusque-là l’avaient regardé s’enfoncer dans la peau des autres. Cela a la précision, la fatalité d’un mécanisme d’horlogerie. Rien de moins fatal, bien entendu. Je nous revois encore, Hersent et moi, écoutant l’étonnante scène de Richard III où... Ce partage entre les bons et les méchants, enfin reconnus pour ce qu’ils sont, cette alternance des voix : Vivez et fleurissez... Désespère et meurs... Oh, ce Despair and die ! Si vous aviez entendu cela comme nous !... Mais laissons le théâtre ; que cherchions nous ? La ligne de clivage entre l’ambition et la candeur. Supposons que l’homme ait réussi : le voici puissant, assis dans quelque ministère, à sa table d’acajou bordée de cuivre, devant l’inévitable vase de Sèvres qui trône au milieu de la cheminée et deux ou trois choses sur sa table, destines à impressionner, ou bien le vide complet et un tout petit bloc-notes sur lequel il laisse tomber de temps à autre un signe distrait. Il reçoit, éconduit, fait attendre, décide, change le monde, envoie d’autres hommes en prison, ou au gibet. Mais il y a eu cette petite hésitation du destin, ce tremblement d’aiguille. Le destin a tourné. L’homme n’y pouvait plus rien, dès l’instant où il avait choisi. En une nuit, il est devenu un traitre. On va le prendre, lui lier les mains, l’attacher à un poteau, fixer un bandeau sur ses yeux, — tandis qu’il pense aux petites photos d’amateur qu’il a glissées dans la poche de sa veste : tout ce qui lui reste d’une vie. »

Paul Gadenne, La Plage de Scheveningen

 

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