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21/06/2015

La seule déviance intellectuelle réprimée par la loi

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« Il est en effet curieux que la contestation des crimes nazis soit la seule déviance intellectuelle réprimée par la loi alors que des tonnes d'œuvres littéraires ou historiques contestant les crimes de la Révolution française, de l’Église catholique, du colonialisme européen, du communisme soviétique ou chinois, et de multiples autres horreurs de l'histoire, ont valu à leurs auteurs des palmes académiques ou des prix Nobel. »

Robert_Ménard, (avec Emmanuelle Duverger), La Censure des bien-pensants

 

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La beauté

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« La beauté on sait que ça meurt, et comme ça on sait que ça existe. »

Louis-Ferdinand Céline, L’Eglise


Zoltán Glass- Nude woman in snow

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20/06/2015

Partout l’homme-masse a surgi...

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« Sur toute la surface de l’Occident triomphe aujourd’hui une forme d’homogénéité qui menace de consumer ce trésor. Partout l’homme-masse a surgi... un type d’homme hâtivement bâti, monté sur quelques abstractions et qui pour cela se retrouve d’un bout à l’autre de l’Europe. C’est à lui qu’est dû le morne aspect, l’étouffante monotonie que prend la vie dans tout le continent. Cet homme-masse, c’est l’homme vidé au préalable de sa propre histoire, sans entrailles de passé, et qui, par cela même, est docile à toutes les disciplines “internationales”. Plutôt qu’un homme, c’est une carapace d’homme faite de simples idola fori. Il lui manque un "dedans", une intimité inexorablement, inaliénablement sienne, un moi irrévocable. Il est donc toujours en disponibilité pour feindre qu’il est ceci ou cela. Il n’a que des appétits ; il ne se suppose que des droits ; il ne se croit pas d’obligations. C’est l’homme sans noblesse qui oblige – sine nobilitate –, le snob...

L’homme supérieur, au contraire, l’homme d’élite, est caractérisé par l’intime nécessité d’en appeler de lui-même à une règle qui lui est extérieure, qui lui est supérieure, et au service de laquelle il s’enrôle librement... Contrairement à ce que l’on croit habituellement, c’est la créature d’élite et non la masse qui vit "essentiellement" dans la servitude. Sa vie lui paraît sans but s’il ne la consacre pas au service de quelque obligation supérieure. Aussi la nécessité de servir ne lui apparaît pas comme une oppression, mais au contraire, lorsque cette nécessité lui fait défaut, il se sent inquiet, et invente de nouvelles règles plus difficiles, plus exigeantes, qui l’oppriment. Telle est la vie-discipline, la vie noble. La noblesse se définit par l’exigence, par les obligations et non par les droits. Noblesse oblige. "Vivre à son gré est plébéien ; le noble aspire à l’ordre et à la loi"(Goethe)...

La dégénérescence dont a souffert dans le vocabulaire un mot aussi évocateur que "noblesse" est irritante. Car, en signifiant pour beaucoup "noblesse de sang", héréditaire, elle se convertit en quelque chose de semblable aux droits communs, en une qualité statique et passive, qui se reçoit et se transmet comme une chose inerte. Mais le sens propre, étymologique, du mot "noblesse" est essentiellement dynamique. Noble signifie "connu", c’est-à-dire celui qui est fameux, celui qui s’est fait connaître en se distinguant de la masse anonyme. Il implique un effort insolite qui justifie sa renommée...

Pour moi, noblesse est synonyme d’une vie vouée à l’effort ; elle doit être toujours préoccupée à se dépasser d’elle-même, à hausser ce qu’elle est déjà vers ce qu’elle se propose comme devoir et comme exigence.

De cette manière la vie noble reste opposée à la vie médiocre ou inerte, qui, statiquement, se referme sur elle-même, se condamne à une perpétuelle immanence tant qu’une force extérieure ne l’oblige à sortir d’elle-même. C’est pourquoi nous appelons "masse" ce type d’homme, non pas tant parce qu’il est multitudinaire que parce qu’il est inerte. »

José Ortega y Gasset, La Révolte des masses

 

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Je suis l’un des prophètes de ces temps...

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« Notre avenir est au carnage et ce que nous verrons au cours de la prochaine guerre dépassera de loin ce que nous éprouvâmes de plus désolant autour de 1940. »

« Les peuples de couleur se vengent de l’Europe, l’Europe achèvera par être leur prostituée au nom du catholicisme et du communisme, on lui prendra ses femmes et son or, l’invasion prélude sous nos yeux, nous allons à la catastrophe. La France n’eut jamais de gouvernants plus méprisables, ils l’ont réduite à l’hexagone, en l’emplissant de Nègres et d’Arabes, ils ne lui laissent que le choix du métissage ou du racisme, en l’un et l’autre cas elle sera diminuée d’autant. L’Europe ne s’étant unie au moment le plus favorable, l’Europe n’est plus rien, l’Histoire dira que c’est l’œuvre de la France, la France a manqué son destin par sécheresse d’âme et placée entre l’Europe et l’Afrique, elle a choisi l’Afrique, ce crime ne lui sera jamais pardonné... »

« L’Europe est devenue l’enclume des Africains et des Asiatiques, la Gauche européenne est aussi méprisable que la Droite, ce sont deux fesses où les Noirs mettront leurs cierges sainement bénits par Mère Église. Je me demande si je rêve en mesurant la déchéance de ces hommes, qui possédaient la Terre avant trois générations et qui demain verront leurs femmes peut-être violées en leur présence. »

« Sous plus d’un rapport les Français manquent de virilité, Paris aura sans doute efféminé la France, la France est femme et les Arabes l’ont compris, la France sera leur enclume, ils l’humilient déjà de plus d’une façon, en ne laissant que de la flagorner... Trop malheureuse Europe, livrée en proie aux Nègres, moquée par les Arabes, minée par la Subversion et trahie par l’Église ! »

« Voici que les Européens se fellahisent et que les moins dégénérés soupirent après l’homme providentiel. Ainsi les prévisions de Spengler menaceront de s’accomplir. Si l’Europe avait l’énergie de l’État d’Israël, elle aurait gardé ses Empires, elle ne serait pas réduite à mendier la faveur des Arabes ou des Nègres, en recevant avec humilité leurs crachats et leurs coups... »

« Non ! la démocratie est impossible désormais, les droits de l’homme deviendront inconcevables, la masse des humains n’est qu’une masse de perdition et qui va disparaître au cours de l’hécatombe la plus monstrueuse qui se sera vue... le monde sera l’Enfer même et nous n’en sortirons qu’anéantis. Je suis l’un des prophètes de ces temps... »

« [L’avenir de la France] se confond avec son éclipse, un nombre grandissant de Français admirables s’exileront, le mouvement a déjà préludé, mais il est vrai que les Arabes et les Nègres consoleront la France de ces pertes, ils susciteront avec les Françaises une nouvelle race. Un peuple qui défend si mal son pays et sa langue, comment défendrait-il ses filles et ses femmes ?... Les Français ne seront plus rien aux yeux des autres... »

« Il suffit de deux millions de Juifs [en Israël] pour tenir l’Islam en échec et les Européens n’ont toujours pas compris cette leçon de choses, au lieu de dégainer et de courir sus aux Arabes, ils vont jusques à ménager cette vermine, leurs hommes politiques et leurs gazetiers se laissent suborner et l’or de quelques roitelets, issus eux-mêmes de brigands pouilleux, fait désormais la loi tant dans nos assemblées que dans nos ministères... »

« Les Africains et les Asiatiques sèment le chaos en Europe et les partis de Gauche éprouvent les effets du désordre idéologique, étant à la merci de la confusion verbale où les sophistes du Tiers-Monde excellent. La Gauche professant l’unicité du genre humain comme l’égalité des rames, s’oblige à garder ses principes et fussent-ils indéfendables, à la lumière de notre évidence, elle est la proie en somme désignée de mille vengeurs bruns, jaunes et noirs, qui s’arment de ses faibles et qui pénètrent dans ses lignes, la prenant à revers. L’une des conséquences de cette défaite, niée en paroles, me paraît le repli sur la réaction où tous les hommes courageux finiront par se rencontrer, abandonnant les lâches au viol, qui les attend sans faute, au nom de la fraternité (...). »

« S’il faut choisir entre les fanatiques et les maquignons, et ce sera demain le choix suprême, les Français ayant moins de vingt-cinq ans se décideront pour les fanatiques, les fanatiques seuls feront l’Europe, l’Europe que les maquignons amorcent inlassablement et désassemblent à mesure. »

« Reste l’Europe des SS et je crains fort que plus nous attendons, plus nous achèverons, malgré nous-mêmes, par nous en rapprocher, faute d’avoir su trouver mieux durant les années qui nous en séparent... »

« Je ne serais pas étonné que le dépeuplement, auquel nous refusons de recourir, prît forme de fatalité ; je ne serais pas étonné que l’univers, au lieu des trente milliards d’humains qu’on lui suppose dans cent ans, en nombrât cent fois moins, je dis bien trois cents millions. »

« Il est des moments dans l’Histoire où la destruction paraît la marque de la Grâce et nous touchons à ces moments prédestinés. »

« [Les Français préparent à leurs descendants] un lot de problèmes insolubles et le problème racial ne serait pas le moindre, nous vivons nos derniers moments d’insouciance, ces années sont aussi des années folles, le plus étrange est qu’elles passeront demain pour enviables, parce que le malheur y sera sans limites. Car il en est des peuples comme des filles, que les libertins endorment pour les abuser : ils se réveilleront toujours déshonorés. »

Albert Caraco, Ma confession

 

Oui... je sais... ça dérange ce que vous lisez là... mais la lecture, la vraie, doit déranger... et encore, j'ai choisi les propos les moins choquants, croyez-moi... Les Prophètes (même laïcs) n'ont jamais la langue dans leur poche ! Ils incendient et vocifèrent... pour réveiller qui peut l'être... et sauver ce qui se peut sauver. 

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17/06/2015

Tu as déjà vu une éclipse ?

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« Il souffrait de mélancolie. Tu sais ce que c'est la mélancolie ? Tu as déjà vu une éclipse ? Et bien c'est ça : la lune qui se glisse devant le cœur, et le cœur qui ne donne plus sa lumière. La nuit en plein jour. La mélancolie c'est doux et noir. Il en a guéri à moitié : le noir est parti, le doux est resté.
Tu sais, la pâtisserie et l'amour, c'est pareil - une question de fraîcheur et que tous les ingrédients, même les plus amers, tournent au délice. »

Christian Bobin, La folle allure

 

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Le feu couve en attendant le jet d'essence

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« L.A. brûle, et dans tant d'autres villes, le feu couve en attendant le jet d'essence qui arrosera les braises, et nous écoutons des politiciens qui alimentent notre haine et notre étroitesse d'esprit, qui nous disent qu'il s'agit simplement de revenir aux vraies valeurs, alors qu'eux sont assis dans leurs propriétés de bord de mer à écouter les vagues pour ne pas avoir à entendre le cri des noyés »

Dennis Lehane, Un dernier verre avant la guerre

 

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C’est pour faire œuvre d’homme que je m’éveille

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« – Au petit jour, lorsqu’il t’en coûte de te réveiller, aie cette pensée à ta disposition : c’est pour faire œuvre d’homme que je m’éveille. Serai-je donc encore de méchante humeur, si je vais faire ce pour quoi je suis né, et ce en vue de quoi j’ai été mis dans ce monde ? Ou bien, ai-je été formé pour rester couché et me tenir au chaud sous mes couvertures ?
- Mais c’est plus agréable !
- Es-tu donc né pour te donner de l’agrément ? Et, somme toute, es-tu fait pour la passivité ou pour l’activité ? Ne vois-tu pas que les arbustes, les moineaux, les fourmis, les araignées, les abeilles remplissent leur tâche respective et contribuent pour leur part à l’ordre du monde ? Et toi, après cela, tu ne veux pas faire ce qui convient à l’homme ? Tu ne cours point à la tâche qui est confirme à la nature ?
- Mais il faut aussi se reposer.
- Il le faut, j’en conviens. La nature cependant a mis des bornes à ce besoin, comme elle en a mis au manger et au boire. Mais toi pourtant, ne dépasses-tu pas ces bornes, et ne vas-tu pas au-delà du nécessaire ? Des tes actions, il n’en est plus ainsi, mais tu restes en deçà du possible ? C’est qu’en effet, tu ne t’aimes point toi-même, puisque tu aimerais alors, et ta nature et sa volonté. Les autres, qui aiment leur métier, s’épuisent aux travaux qu’il exige, oubliant bains et repas. Toi, estimes-tu moins ta nature que le ciseleur la ciselure, le danseur la danse, l’avare l’argent, et le vaniteux la gloriole ? Ceux-ci, lorsqu’ils sont en goût pour ce qui les intéresse, ne veulent ni manger ni dormir avant d’avoir avancé l’ouvrage pour auquel ils s’adonnent. Pour toi, les actions les plus utiles au bien commun te paraissent-elles d’un moindre prix, et dignes d’un moindre zèle ? »

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même – Livre V – I

 

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Le maintien d’un rapport invariant

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« La seule chose qui puisse faire de la légitimité pure, idée absolument dépourvue de force, quelque chose de souverain, c’est la pensée : cela a toujours été, cela sera toujours. C’est pourquoi une réforme doit toujours apparaître, soit comme retour à un passé qu’on avait laissé dégrader, soit comme adaptation d’une institution à des conditions nouvelles, adaptation ayant pour objet non pas un changement, mais au contraire le maintien d’un rapport invariant, comme si l’on a le rapport 12/4 et que 4 devienne 5, le vrai conservateur n’est pas celui qui veut 12/5, mais celui qui de 12 fait 15. »

Simone Weil, La pesanteur et la grâce

 

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Les caractères originaux des peuples, s’effaçant de jour en jour, deviennent en même raison plus difficiles à saisir

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« Les anciens voyageaient peu, lisaient peu, faisaient peu de livres ; et pourtant on voit, dans ceux qui nous restent d’eux, qu’ils s’observaient mieux les uns les autres que nous n’observons nos contemporains. Sans remonter aux écrits d’Homère, le seul poète qui nous transporte dans les pays qu’il décrit, on ne peut refuser à Hérodote l’honneur d’avoir peint les mœurs dans son histoire, quoiqu’elle soit plus en narrations qu’en réflexions, mieux que ne font tous nos historiens en chargeant leurs livres de portraits et de caractères. Tacite a mieux décrit les Germains de son temps qu’aucun écrivain n’a décrit les Allemands d’aujourd’hui. Incontestablement ceux qui sont versés dans l’histoire ancienne connaissent mieux les Grecs, les Carthaginois, les Romains, les Gaulois, les Perses, qu’aucun peuple de nos jours ne connaît ses voisins.

Il faut avouer aussi que les caractères originaux des peuples, s’effaçant de jour en jour, deviennent en même raison plus difficiles à saisir. À mesure que les races se mêlent, et que les peuples se confondent, on voit peu à peu disparaître ces différences nationales qui frappaient jadis au premier coup d’œil. Autrefois chaque nation restait plus renfermée en elle-même ; il y avait moins de communications, moins de voyages, moins d’intérêts communs ou contraires, moins de liaisons politiques et civiles de peuple à peuple, point tant de ces tracasseries royales appelées négociations, point d’ambassadeurs ordinaires ou résidant continuellement ; les grandes navigations étaient rares ; il y avait peu de commerce éloigné ; et le peu qu’il y en avait était fait ou par le prince même, qui s’y servait d’étrangers, ou par des gens méprisés, qui ne donnaient le ton à personne et ne rapprochaient point les nations. Il y a cent fois plus de liaisons maintenant entre l’Europe et l’Asie qu’il n’y en avait jadis entre la Gaule et l’Espagne : l’Europe seule était plus éparse que la terre entière ne l’est aujourd’hui.

Ajoutez à cela que les anciens peuples, se regardant la plupart comme autochtones ou originaires de leur propre pays, l’occupaient depuis assez longtemps pour avoir perdu la mémoire des siècles reculés où leurs ancêtres s’y étaient établis, et pour avoir laissé le temps au climat de faire sur eux des impressions durables : au lieu que, parmi nous, après les invasions des Romains, les récentes émigrations des barbares ont tout mêlé, tout confondu. Les Français d’aujourd’hui ne sont plus ces grands corps blonds et blancs d’autrefois ; les Grecs ne sont plus ces beaux hommes faits pour servir de modèles à l’art ; la figure des Romains eux-mêmes a changé de caractère, ainsi que leur naturel ; les Persans, originaires de Tartarie, perdent chaque jour de leur laideur primitive par le mélange du sang circassien ; les Européens ne sont plus Gaulois, Germains, Ibériens, Allobroges ; ils ne sont tous que des Scythes diversement dégénérés quant à la figure, et encore plus quant aux mœurs.

Voilà pourquoi les antiques distinctions des races, les qualités de l’air et du terroir marquaient plus fortement de peuple à peuple les tempéraments, les figures, les mœurs, les caractères, que tout cela ne peut se marquer de nos jours, où l’inconstance européenne ne laisse à nulle cause naturelle le temps de faire ses impressions, et où les forêts abattues, les marais desséchés, la terre plus uniformément, quoique plus mal cultivée, ne laisse plus, même au physique, la même différence de terre à terre et de pays à pays. »

Jean-Jacques Rousseau, Emile, livre V

 

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15/06/2015

L'adjudant Bonnin a sauté sur une mine

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« L'adjudant Bonnin a sauté sur une mine, dans les lacets du col de Kem, sur la route d'Hoa Binh. L'explosion a soufflé ses jambes et son bassin. Nous sommes restés autour de lui quelques minutes qui resteront gravées en moi jusqu'au dernier jour. La piste était noire de sang. Il est mort comme un Templier, perdu dans un pays lointain, porté par ses camarades. »

Hélie de Saint Marc, Les champs de braises

 

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11/06/2015

Oui, j'ai bien connu ma France

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« J’ai bien connu la France. J’ai connu ses villages. Le dimanche, l’église était pleine à craquer et, à la fin de la messe, une foule se répandait dans la rue principale en direction des boulangeries et des boucheries. J'ai connu les banlieues quand elles étaient la campagne du pauvre, le repos du citadin, l’excursion des amoureux. J’ai vu, de mes yeux vu, derrière les pavillons en meulière, des cultures et des champs en friche. J’ai bien connu cette France-là, quand on apprenait l’orthographe aux enfants, quand des générations entières s’écrivaient de longues lettres pour se donner mutuellement des nouvelles. Oui, j'ai bien connu ma France. »

Alain Paucard, La crétinisation par la culture

 

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Des crises de vie

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« La crise de l'enseignement n'est pas une crise de l'enseignement ; il n'y a pas de crise de l'enseignement ; il n'y a jamais eu de crise de l'enseignement ; les crises de l'enseignement ne sont pas des crises de l'enseignement ; elles sont des crises de vie ; elles dénoncent, elles représentent des crises de vie et sont des crises de vie elles-mêmes ; elles sont des crises de vie partielles, éminentes, qui annoncent et accusent des crises de la vie générales ; ou si l’on veut les crises de vie générales, les crises de vie sociales s'aggravent, se ramassent, culminent en crises de l'enseignement, qui semblent particulières ou partielles, mais qui en réalité sont totales, parce qu'elles représentent le tout de la vie sociale ; c’est en effet à l’enseignement que les épreuves éternelles attendent, pour ainsi dire, les changeantes humanités ; le reste d’une société peut passer, truqué, maquillé ; l’enseignement ne passe point ; quand une société ne peut pas enseigner, ce n’est point qu’elle manque accidentellement d’un appareil ou d’une industrie ; quand une société ne peut pas enseigner, c'est que cette société ne peut pas s'enseigner ; c'est qu'elle a honte, c'est qu'elle a peur de s'enseigner elle-même ; pour toute humanité, enseigner, au fond, c'est s'enseigner ; une société qui n'enseigne pas est une société qui ne s'aime pas ; qui ne s'estime pas ; et tel est précisément le cas de la société moderne. »

Roger Nimier, Pour la rentrée (1904), in La Pléiade, Œuvres en prose complètes, tome I

 

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La tragique volupté de l’admiration

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« C’est qu’en effet, dans l’Art, est beau uniquement ce qui a du caractère.
Le caractère, c’est la vérité intense d’un spectacle naturel quelconque, beau ou laid : et même c’est ce qu’on pourrait appeler une vérité double: car c’est celle du dedans traduite par celle du dehors; c’est l’âme, le sentiment, l’idée, qu’expriment les traits d’un visage, les gestes et les actions d’un être humain, les tons d’un ciel, la ligne d’un horizon.
Or pour le grand artiste, tout dans la Nature offre du caractère: car l’intransigeante franchise de son observation pénètre le sens caché de toute chose.
Et ce qui est considéré comme laid dans la Nature présente souvent plus de caractère que ce qui est qualifié beau, parce que dans la crispation d’une physionomie maladive, dans le ravinement d’un masque vicieux, dans toute déformation, dans toute flétrissure, la vérité intérieure éclate plus aisément que sur des traits réguliers et sains.
Et comme c’est uniquement la puissance du caractère qui fait la beauté de l’Art, il arrive souvent que plus un être est laid dans la Nature, plus il est beau dans l’Art.Il n’y a de laid dans l’Art que ce qui est sans caractère, c’est-à-dire ce qui n’offre aucune vérité extérieure ni intérieure.

Est laid dans l’Art ce qui est faux, ce qui est artificiel, ce qui cherche à être joli ou beau au lieu d’être expressif, ce qui est mièvre et précieux, ce qui sourit sans motif, ce qui se manière sans raison, ce qui se cambre et se carre sans cause, tout ce qui est sans âme et sans vérité, tout ce qui n’est que parade de beauté ou de grâce, tout ce qui ment.
Quand un artiste, dans l’intention d’embellir la Nature, ajoute du vert au printemps, du rose à l’aurore, du pourpre à de jeunes lèvres, il crée de la laideur parce qu’il ment.
Quand il atténue la grimace de la douleur, l’avachissement de la vieillesse, la hideur de la perversité, quand il arrange la Nature, quand il la gaze, la déguise, la tempère pour plaire au public ignorant, il crée de la laideur, parce qu’il a peur de la vérité.
Pour l’artiste digne de ce nom, tout est beau dans la Nature, parce que ses yeux, acceptant intrépidement toute vérité extérieure, y lisent sans peine, comme à livre ouvert, toute vérité intérieure.
Il n’a qu’à regarder un visage humain pour déchiffrer une âme; aucun trait ne le trompe, l’hypocrisie est pour lui aussi transparente que la sincérité; l’inclinaison d’un front, le moindre froncement de sourcils, la fuite d’un regard lui révèle les secrets d’un coeur. Il scrute l’esprit replié de l’animal. Ebauche de sentiments et de pensées, sourde intelligence, rudiments de tendresse, il perçoit toute l’humble vie morale de la bête dans ses regards et dans ses mouvements.
Il est de même le confident de la Nature insensible. Les arbres, les plantes lui parlent comme des amis.
Les vieux chênes noueux lui disent leur bienveillance pour l’humanité qu’ils protègent de leurs branches éployées.
Les fleurs s’entretiennent avec lui par la courbe gracieuse de leur tige, par les nuances chantantes de leurs pétales : chaque corolle dans l’herbe est un mot affectueux que lui adresse la Nature.
Pour lui la vie est une infinie jouissance, un ravissement perpétuel, un enivrement éperdu.
Non pas que tout lui paraisse bon, car la souffrance qui s’attaque si souvent à ceux qu’il chérit et à lui-même démentirait cruellement cet optimisme.
Mais pour lui tout est beau, parce qu’il marche sans cesse dans la lumière de la vérité spirituelle. 

Oui, même dans la souffrance, même dans la mort d’êtres aimés et jusque dans la trahison d’un ami, le grand artiste, et j’entends par ce mot le poète aussi bien que le peintre ou le sculpteur, trouve la tragique volupté de l’admiration. Il a parfois le coeur à la torture, mais plus fortement encore que sa peine, il éprouve l’âpre joie de comprendre et d’exprimer. Dans tout ce qu’il voit, il saisit clairement les intentions du destin. Sur ses propres angoisses, sur ses pires blessures, il fixe le regard enthousiaste de l’homme qui a deviné les arrêts du sort. Trompé par un être cher, il chancelle sous le coup, puis, se raffermissant, il contemple le perfide comme un bel exemple de bassesse, il salue l’ingratitude comme une expérience dont s’enrichit son âme. Son extase est parfois terrifiante, mais c’est du bonheur encore parce que c’est la continuelle adoration de la vérité.
Quand il aperçoit les êtres qui se détruisent les uns les autres, toute jeunesse qui se fane, toute vigueur qui fléchit, tout génie qui s’éteint, quand il voit face à face la volonté qui décréta toutes ces sombres lois, plus que jamais il jouit de savoir et, rassasié de vérité, il est formidablement heureux. »

Auguste Rodin, L’Art

 

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Un Baiser...

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« Lis mon âme, beau guerrier :
Tu es parti loin. J'ai vu les vagues... avaler tes vaisseaux,
Et rouler mon coeur au fond des eaux.
Je voudrais t'envoyer un baiser
Déchirant comme un coup de dague. »

Virgile, "Mort de Didon"in L’Enéide

 

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09/06/2015

Je voudrais me pencher sur l’instinct, en son sens de lumière...

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« Je me sens attiré avant tout par les gestes inconscients de l’être, qui passent leurs mains lumineuses à travers les créneaux de cette enceinte d’artifice où nous sommes enfermés. Je voudrais étudier tout ce qui est informulé dans une existence, tout ce qui n’a pas d’expression dans la mort et dans la vie, tout ce qui cherche une voix dans un cœur. Je voudrais me pencher sur l’instinct, en son sens de lumière, sur les pressentiments, sur les facultés et les notions inexpliquées, négligées ou éteintes, sur les mobiles irraisonnés, sur les merveilles de la mort, sur les mystères du sommeil, où malgré la trop puissante influence des souvenirs diurnes, il nous est donné d’entrevoir, par moments, une lueur de l’être énigmatique, réel et primitif ; sur toutes les puissances inconnues de notre âme ; sur tous les moments où l’homme échappe à sa propre garde ; sur tous les secrets de l’enfance, si étrangement spiritualiste avec sa croyance au surnaturel, et si inquiétante avec ses rêves de terreur spontanée, comme si réellement nous venions d’une source d’épouvante. »

Novalis, Fragments

 

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