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27/03/2015

Il n’est pas simplement question de morale

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« Le paganisme et le christianisme me plaisent dans leur imbrication, leur mélange (...) Mon christianisme ne perd jamais de vue le monde sensible, la célébration du monde, il n’est pas simplement question de morale. La seule préoccupation morale est un rétrécissement et une réduction (…) J’ai grandi dans cette conscience que la religion chrétienne s’adossait à un avant. A Rumengol, près de mon village natal du Faou, j’admirais les retables baroques, la verrière qui raconte l’édification du sanctuaire sur les vestiges d’un lieu de culte druidique et je sentais la présence de l forêt toute proche, lambeau de la primitive Brocéliande. Il n’y a pour moi aucune incompatibilité entre ces mondes, mon christianisme celtique se nourrit du génie du lieu, de tout ce qui l’a devancé (...) Le substrat de la création appelle la célébration. »

Philippe Le Guillou, in Magazine Eléments n°154

 

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26/03/2015

La sauvagerie était sans doute une explication suffisante

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« On retrouvait son christianisme dans ce goût des extrêmes : d’un coté les aventures, le hasard, la pauvreté, les poulovers à col roulé, les gros mots, une atmosphère d’ivresse et de génie ; de l’autre, l’élégance, la perfection, la fadeur qui empestent, endorment les beaux quartiers. Après tout; nul besoin peut-être d’invoquer le christianisme ; la sauvagerie était sans doute une explication suffisante. Le Christ et le dieu des Iroquois travaillaient ensemble, pour une fois. »

Roger Nimier, Les Enfants Tristes

 

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Une restauration des autres facultés de l’homme

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« C’est l’avènement de l’automatisation qui, en quelques décennies, probablement videra les usines et libérera l’humanité de son fardeau le plus ancien et le plus naturel, le fardeau du travail, l’asservissement à la nécessité. Là encore, c’est un aspect fondamental de la condition humaine qui est en jeu, mais la révolte, le désir d’être délivré des peines du labeur, ne sont pas modernes, ils sont aussi vieux que l’histoire. Le fait même d’être affranchi du travail n’est pas nouveau non plus ; il comptait jadis parmi les privilèges les plus solidement établis de la minorité. A cet égard, il semblerait que l’on s’est simplement servi du progrès scientifique et technique pour accomplir ce dont toutes les époques avaient rêvé sans jamais pouvoir y parvenir.

Cela n’est vrai, toutefois qu’en apparence. L’époque moderne s’accompagne de la glorification théorique du travail et elle arrive en fait à transformer la société tout entière en une société de travailleurs. Le souhait se réalise donc, comme dans les contes de fées, au moment où il ne peut que mystifier. C’est une société de travailleurs que l’on va délivrer des chaînes du travail, et cette société ne sait plus rien des activités plus hautes et plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette liberté. Dans cette société qui est égalitaire, car c’est ainsi que le travail fait vivre ensemble les hommes, il ne reste plus de classe, plus d’aristocratie politique ou spirituelle, qui puisse provoquer une restauration des autres facultés de l’homme. Même les présidents, les rois, les premiers ministres voient dans leurs fonctions des emplois nécessaires à la vie de la société, et parmi les intellectuels il ne reste que quelques solitaires pour considérer ce qu’ils font comme des œuvres et non comme des moyens de gagner leur vie. Ce que nous avons devant nous, c’est la perspective d’une société de travailleurs sans travail, c’est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire. »

Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne

 

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Redoutable aux faibles et inaccessible à la pitié

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« Déesse de la sylve et de la nuit, dea silvarum, comme la nomme Ovide, portant dans ses cheveux d’or un croissant de lune, Diane-Artémis est toujours accompagnée d’un cerf ou de biches. Elle est à la fois la protectrice de la nature sauvage et l’incarnation de la chasse. Deux fonctions complémentaires dont la juxtaposition antique est constante. Contrairement à Aphrodite, Artémis n’est pas associée à l’amour et à la fécondité. Elle est en revanche la déesse des enfantements, la protectrice des femmes enceintes, des femelles pleines, des enfants vigoureux, des jeunes animaux, et pour tout dire, de la vie avant les souillures de l’âge. Son image s’accorde avec l’idée que les Anciens se faisaient de la nature. Ils ne la voyaient pas à la façon doucereuse de Jean-Jacques Rousseau ou des promeneurs du dimanche. Ils la savaient redoutable aux faibles et inaccessible à la pitié. C’est par la force que Diane-Artémis défend sa pudeur et sa virginité, c’est-à-dire le royaume inviolable de la sauvagerie. Elle tuait férocement tous les mortels qui l’offensaient ou négligeaient ses rites […] La pudeur et la virginité d’Artémis sont une allégorie des interdits qui protègent la nature. La vengeance de la dea silvarum est celle de l’ordre du monde mis en péril par une pulsion excessive, l’hubris, la démesure. »

Dominique Venner, Dictionnaire amoureux de la chasse

 

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Ils étaient un symbole, celui de la virilité, de la loi, du monde...

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« C’est ce décalage entre le couple rêvé et le couple réel qui pousse les femmes à divorcer. Ce décalage a toujours existé.De la princesse de Clèves à Madame Bovary, les femmes ont rêvé du couple idéal. Les fantasmes des hommes étaient différents, dans la conquête et la collection. Tant que l’idéologie masculine s’im­posait à la société, le mariage demeura un arrangement commercial. Et les affaires ont besoin de la durée et de tranquillité. À partir du moment où la société se féminise, c’est le couple et non le mariage qui devient la grande quête. L’affaire commerciale devient histoire de passion, d’amour. Le couple est exalté, déifié. C’est justement pour cette raison qu’il devient fragile. Dans une société patriarcale, qui interdit le divorce et confine les femmes à la maison, l’irrépressible bovarysme féminin est dans les fers. Il souffre, meurtri, frustré.

Au tournant des années 70 du XXe siècle, la conjonction du divorce facile et de l’accès des femmes au salariat libère soudainement cet étemel bovarysme, lui donne une puissance insoupçonnée, qui va tout emporter sur son passage. De rare et mal vu, le divorce entre dans l’ère des masses. Au lieu de contrecarrer les effets de cette passion incontrôlée, comme le fit Napoléon avec le Code civil, nos politiques, de droite comme de gauche, ont choisi d’accompagner, d’accélérer, d’amplifier le phénomène. C’est que toute la société, hommes et femmes, est emportée par le romantisme du couple. C’est toute la société, hommes et femmes, qui rêve de devenir femme. Les hommes ne restent pas souvent seuls. Les femmes, si. Une vieille habitude de l’introspection les garantit contre l’illusion. Elles sont plus exi­geantes. Elles rêvent toujours du prince charmant, même si elles le nient. Surtout si elles le nient. Les plus fines découvrent, mais un peu tard, que ren­contre après rencontre, histoire après histoire, c’est toujours la même chose, les mêmes désillusions, les mêmes contraintes.

Si, comme l’a dit Lacan, l’amour est la rencontre de deux névroses, il ne peut pas en être autrement. Chacun rencontrera celui dont la névrose s’encastrera au mieux dans la sienne. Elles découvrent donc, mais un peu tard, que le rêve de "refaire sa vie" relève largement du mythe, que leur divorce a été vain. Comme la plupart des divorces. Elles sont seules. Avec leurs enfants.
Tous les journaux féminins ont décrit à satiété la fusion entre la mère divorcée et le fils. C’est encore pire que cela. Les hommes sont loin. Leur rôle de père était ingrat : ils devaient séparer la mère de son fils, le sortir de la fusion originelle, l’ouvrir au monde. Ils devaient subir la fureur du fils et de la mère. Être le salaud. Longtemps ils l’ont fait, tenant leur rôle stoïquement. Les femmes les ont libérés de ce rôle de méchant. Ils exultent en silence. La plupart ont déserté. Ce rôle de père leur pesait depuis des millénaires sans qu’ils osent le dire. Pour une poignée qui prend son rôle à cœur, com­bien de pères absents, qui disparaissent carrément de la vie de leurs enfants ? L’aubaine. Jadis, ils ne s’en occupaient pas beaucoup, mais ils les nourrissaient, et puis ils étaient un symbole, celui de la virilité, de la loi, du monde. C’était fatigant. Les nouveaux hommes en ont eu assez d’incarner la loi. La répression.

D’abord, ils ont voulu incarner l’amour, la vie. Des papas poules. Et puis ils s’en sont lassés aussi. Adieu couches, biberons, pous­sette. Maintenant, les femmes restent seules avec leur progéniture. Au mieux, les hommes paient pour se débarrasser de leurs responsabilités. Au pire, ils ne paient pas. Les mères célibataires n’ont jamais été aussi nombreuses ; jamais aussi pauvres. Devant ce déni de responsabilité, devant cette fuite jubilatoire des hommes, les femmes s’affolent, fulminent, vindicatives souvent. Comme elles se sont elles-mêmes dépouillées des liens anciens que tissaient la religion, le devoir, le sentiment de pro­tection que l’on avait inculqué aux hommes, elles sont obligées de faire appel à la société, à la loi, au pouvoir coercitif, en somme à une nouvelle forme de contrainte pour rattraper des hommes égaillés dans la pampa joyeuse de l’irresponsabilité. Tout est bon pour ça. Les juges, le plus souvent des femmes, font saisir les comptes des maris indélicats. Les lois empilent les obligations "alimentaires" du mari. La société est confrontée à une contradiction majeure : prônant une liberté individuelle exclusive, elle favorise de plus en plus le divorce en self-service. Mais pour corriger les effets dévastateurs de ce divorce massifié, elle accumule les contraintes pour encadrer les débordements de la sexualité masculine. Au nom du progrès et de l’égalité évidemment. »

Eric Zemmour, Le Premier Sexe

 

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25/03/2015

Hors de l’histoire pour plusieurs générations

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« Et le lecteur méditatif songera que la tentation est forte, pour l’Européen lucide de se réfugier dans la posture de l’anarque. Ayant été privé de son rôle d’acteur historique, il s’est replié sur la position du spectateur froid et distancié. L’allégorie est limpide. L’immense catastrophe des deux guerres mondiales a rejeté les Européens hors de l’histoire pour plusieurs générations. Les excès de la brutalité les ont brisés pour longtemps. Comme les Achéens après la guerre de Troie, un certain nihilisme de la volonté, grandeur et malédiction des Européens, les a fait entrer en dormition. A la façon d’Ulysse, il leur faudra longtemps naviguer, souffrir et beaucoup apprendre avant de reconquérir leur patrie perdue, celle de leur âme et de leur tradition. »

Dominique Venner, Ernst Jünger, Un autre destin européen

 

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Tenir le monde extérieur à bonne distance

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« Tandis que des critères liés à l’esthétique et au divertissement sont pris en compte dans l’aménagement des lieux de la vie quotidienne, du moins dans les pays développés, les lieux touristiques sont organisés pour enfermer leur clientèle dans de véritables dispositifs de capture bien éloignés des "grands espaces" du voyage. Ainsi ces tout-inclus, clubs de vacances, campings hermétiques, résidences ou parcs, insularisent les pratiques touristiques de manière à proposer des refuges où la détente et le divertissement entre personnes de même condition touristique servent de règlement intérieur. L’analogie entre ces lieux de loisirs et les espaces résidentiels urbains sécurisés par des grilles et des digicodes est inévitable. Parmi les arguments régulièrement avancés par leurs usagers, la sécurité s’affiche en première ligne, laquelle revient dans les faits à tenir le monde extérieur à bonne distance. Ainsi la liberté d’aller et venir, de laisser les enfants jouer en autonomie (autonomie du même coup accordée aux parents délivrés de leur tâches de surveillance) se déploie dans un cadre délimité par des signes extérieurs visibles: murs d’enceinte, barrières, clôtures, haies impénétrables...
Dans les pays en voie de développement, il suffit d’observer les différences de standing entre les hôtels pour touristes et leur environnement social pour comprendre combien ces lieux confortables doivent faire oublier le monde environnant marqué par la pauvreté, voir la misère. Les murs arbitrent transats, piscines, jardins fleuris, pelouses verdoyantes et chambres climatisées. À l’extérieur se disséminent les cabanes en parpaings aux toits de tôle ondulée; les sacs plastiques pendent aux branches des arbres et les enfants pataugent dans la boue des rues non goudronnées, parmi les poules, les moutons et les détritus que personnes ne ramasse. Cachez-moi ce monde que je ne veux pas voir, et vivre encore moins: le milieu touristique sert ainsi d’isoloir. Découvrir la réalité, non. L’oublier, oui. »

Rodolphe Christin, L'usure du monde - Critique de la déraison touristique

 

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Un corps puissant et des muscles bien trempés

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« Le cynisme, qui estime comique tout culte des héros, s’accompagne toujours du sentiment d’une infériorité physique. Invariablement, c’est celui qui se croit lui-même dépourvu d’attributs héroïques qui parle du héros avec dérision [...] Le cynisme facile va de pair [...] avec des muscles mous ou l’obésité, tandis que le culte des héros et un nihilisme puissant s’accompagnent toujours d’un corps puissant et de muscles bien trempés. »

Yukio Mishima, Le Soleil et l’Acier

 

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De sourds désirs de châtiments

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« Dans la plupart des sociétés policées modernes, les ministres, les banquiers, les directeurs de journaux, les hauts fonctionnaires, les puissants échappent, sauf exception, aux conséquences des fautes ou des indélicatesses qui enverraient aux assises ou en correctionnelle des citoyens de moindre rang. Cette impunité apparemment acceptée par le grand nombre n’en laisse pas moins subsister de sourds désirs de châtiments. L’éveil imprévisible de tels sentiments peut faire flamber des rancœurs d’une force volcanique. Des régimes apparemment bien assis peuvent subitement s’effondrer dans l’indifférence générale, faute de défenseurs, ou dans l’allégresse, en raison du grand nombre de mécontents. »

Dominique Venner, Le cœur rebelle

 

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24/03/2015

Rien ne saurait prévaloir finalement contre la puissance de la vérité

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« Ceux qui seraient tentés de céder au découragement doivent penser que rien de ce qui est accompli dans cet ordre ne peut jamais être perdu, que le désordre, l’erreur et l’obscurité ne peuvent l’emporter qu’en apparence et d’une façon toute momentanée, que tous les déséquilibres partiels et transitoires doivent nécessairement concourir au grand équilibre total, et que rien ne saurait prévaloir finalement contre la puissance de la vérité ; leur devise doit être celle qu’avaient adoptée autrefois certaines organisations initiatiques de l’Occident : Vincit omnia Veritas. »

René Guénon, La crise du monde moderne

 

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23/03/2015

Retourner dans l'ancienne demeure

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« Nous voulons retourner dans l'ancienne demeure
Où nos pères ont vécu sous l'aile d'un archange,
Nous voulons retrouver cette morale étrange
Qui sanctifiait la vie jusqu'à la dernière heure.
Comme un enlacement de douces dépendances
Quelque chose qui dépasse et contienne l'existence ;
Nous ne pouvons plus vivre loin de l'éternité. »

Michel Houellebecq, La Poursuite du Bonheur

 

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Louis-Ferdinand Céline

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et

 

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Ils ont ravagé les choses profanes

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« Les laïcs n'ont pas ravagé les choses divines ; ils ont ravagé les choses profanes, si cela peut les consoler. Les Titans n'ont pas escaladé le ciel, mais ils ont saccagé le monde. »

Gilbert Keith Chesterton, Orthodoxie

 

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L’amplification de l’impénétrable secret

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« Le plaisir que procure l’étude n’est pas la fin de la connaissance. Mais l’accroissement infini de l’ignoré est la tâche, et l’amplification de l’impénétrable secret la récompense. »

Nicolas Krebs, Cardinal de Cues, Le Traité du dieu abscons

 

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Quel est le Dieu que tu adores ?

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« – Je te vois prostré, en train de verser des larmes. Qui adores-tu ?
– Dieu.
– Quel est le Dieu que tu adores ?

– Je l'ignore.

– Comment peux-tu adorer jusqu'aux larmes ce que tu ignores ?

– Ignorer adore.

– C'est une chose qui me paraît étonnante, qu'un homme éprouve de l'affection pour ce qu'il ignore.

– C'est une chose qui me paraît encore plus étonnante, qu'un homme éprouve de l'affection pour ce qu'il pense savoir.
– Pourquoi cela ?
– Parce qu’il sait moins ce qu’il pense savoir, qu’il sait qu’il ignore.
– Explique-toi, je te le demande.
– Quiconque pense qu’il sait quelque chose, rien ne pouvant être su, me paraît être un homme sans tête. »

Nicolas Krebs, Cardinal de Cues, Le Traité du dieu abscons

 

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